Le gouvernement veut obliger les mairies à installer des caméras de surveillance

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29012010

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Le gouvernement veut obliger les mairies à installer des caméras de surveillance




Guillaume Champeau - publié le Mercredi 27 Janvier 2010 à 12h40

http://www.numerama.com/magazine/14937-le-gouvernement-veut-obliger-les-mairies-a-installer-des-cameras-de-surveillance.html?utm_medium=bt.io-twitter&utm_source=direct-bt.io&utm_content=backtype-tweetcount

Le gouvernement veut tripler en un an le nombre de caméras de surveillance installées sur la voie publique. Pour aller vite contre les réticences des élus locaux, un amendement au projet de loi Loppsi prévoit de donner aux préfets le pouvoir d'ordonner l'installation de caméras et d'envoyer la facture aux maires.

Entre autres choses, le projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) prévoit d'intensifier la vidéosurveillance, rebaptisée "vidéoprotection" pour rassurer le citoyen lambda sur les intentions étatiques. Lorsqu'il était encore dirigé par Michèle Alliot-Marie, le ministère de l'intérieur avait révélé son grand plan pour "un nouvel élan de la vidéoprotection", qui prévoit de faire passer le nombre de caméras sur la voie publique de 20.000 à 60.000 d'ici 2011. "La vidéoprotection, c’est un instrument efficace pour prévenir les actes de délinquance et dissuader les délinquants", assure le ministère, selon lequel "il s’agit de protéger les Français de la délinquance et en aucun cas de les surveiller !".

Mais le gouvernement est face à un léger problème pratique. Beaucoup de communes sont réticentes à l'idée d'installer des systèmes de vidéosurveillance dans la rue, notamment parce que ces systèmes coûtent très chers à mettre en place et à entretenir, mais aussi parce qu'ils sont inefficaces voire contre-productifs. "Depuis quinze ans, toutes les études britanniques disent la même chose. La vidéosurveillance n'a aucun effet sur les délits et les crimes les plus graves, notamment les agressions et les violences aux personnes", indiquait récemment dans Ouest-France Eric Heilmann, sociologue et professeur à l'université de Bourgogne à Dijon, et spécialiste de la vidéosurveillance.

"Aucune étude sérieuse n'a jamais été menée en France" sur l'efficacité de la vidéosurveillance, prévient-il. Un rapport qu'avait produit le ministère début 2009 semblait justifier la vidéosurveillance, mais il "ne prouve rien car il mesure l'impact des caméras sur la délinquance générale enregistrée. Cela recouvre un tas de délits comme les violences familiales, l'usage de chèque volé ou les infractions économiques, sur lesquels la vidéo n'a aucun effet". De plus, "le rapport, qui compare des villes équipées avec celles qui ne le sont pas, ne tient pas compte de variables tels que l'évolution de l'éclairage et des effectifs de police ou encore un changement de leur mode d'action".

Certains conseils municipaux se posent même, incroyable, des questions éthiques ! L'objectif de sécurité justifie-t-il d'en arriver à surveiller l'ensemble de ses concitoyens ?

Face à la réticence des élus de terrain, le gouvernement propose un amendement à la loi Loppsi qui pourrait leur forcer la main. L'amendement CL160 (.pdf) proposé par Brice Hortefeux prévoit en effet de donner aux préfectures le pouvoir d'ordonner la réalisation d'études de sécurité sur les besoins des communes en matière de vidéoprotection, lorsque les conseils municipaux rejettent de telles études. Mieux, si l'étude conclut à la nécessité d'installer des caméras de surveillance, la préfecture pourra les faire installer de force contre l'avis des élus locaux. "Le préfet est habilité à passer, pour le compte de la commune et en se substituant au maire et au conseil municipal, les marchés nécessaires à cette installation", indique ainsi l'amendement.

"L’objet du présent amendement est de favoriser le développement de la vidéoprotection dans
les communes où son implantation se justifie. Il convient que l’Etat puisse passer outre à leur inertie en la matière lorsque celle-ci conduit à ne pas recourir à cette technique alors que son intérêt est pourtant établi au regard des circonstances locales", explique le gouvernement.

Qui paiera la facture indésirée ? La commune, bien sûr. En effet, "les dépenses de vidéoprotection arrêtées par le préfet, après mise en demeure du conseil municipal, constituent une dépense obligatoire pour le budget de la commune".
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Message le Lun 22 Mar 2010 - 13:14 par country skinner

Enquête sur les dessous et les mystères de "l’erreur" de lecture de la vidéosurveillance confondant l’ETA avec des pompiers catalans
par Claude-Marie Vadrot

http://www.politis.fr/Enquete-sur-les-dessous-de-l,9957.html

En offrant à la France, à l’Espagne et l’Europe entière le plus faux scoop des dix dernières années, en présentant quelques inoffensifs pompiers catalans comme de dangereux terroriste de l’ETA « grâce » à un vidéo diffusée devant des dizaines de millions de téléspectateurs, la police a enfin ridiculisé la soi-disant efficacité de la vidéosurveillance rebaptisée vidéoprotection pour faire oublier par le vocabulaire qu’elle ne sert à rien s’agissant de protection. Elle se borne à protéger les ego des maires, PS ou UMP, et à appuyer les vantardises sécuritaires du Président ; et évidemment celles de ses camarades essayant de ne pas couler (provisoirement ?) comme le Titanic en chantant à tue-tête « Plus prés de toi mon dieu » espérant ainsi figurer dans le nouveau casting gouvernemental que prépare Nicolas Sarkozy tandis que ses affidés chantent aussi « Tout va très bien madame La Marquise ». Pas de bol ou panique : un faux mort et de faux terroristes en deux jours, ça fait beaucoup.

L’affaire des « terroristes » repérés en quelques heures par les géniales caméras de la majorité sécuritaire tombait à point : du pain béni, une image du destin prouvant au bon peuple que, heureusement, nous sommes tous filmés et que nous pouvons continuer de sourire. Ceci étant rappelé, cette séquence n’est pas seulement ridicule, à en croire l’enquête rapidement menée, elle est inquiétante pour plusieurs raisons.

D’abord qui a alerté la police sur cette séquence perdue au milieu de milliers d’images banales d’une grande surface ? Il se trouve simplement que parmi les vigiles de ce Carrefour, il y a, pour des raisons non élucidées, un policier « infiltré » et que c’est lui qui a suggéré le visionnage des bandes du supermarché. Il avait, parait-il, des « soupçons ». Lesquels, nul ne le sait. Et l’histoire de la personne qui (après l’appel à témoins présentée comme un modèle de collaboration opinion-police) aurait alerté la police est une fable inventée après coup.

Ensuite comme ils n’avaient aucun élément sérieux pour repérer qui que ce soit, les policiers ont demandé à utiliser un logiciel de reconnaissance expérimental. Logiciel (élaboré à Sophia-Antipolis, dans le sud de la France) qui permet au moins deux choses. D’abord de « reconnaître » des individus dont les photos et les profils anthropométriques de quelques milliers de suspects figurent dans la base de données. Ce qui a permis d’isoler rapidement les faux suspects simplement parce qu’ils ont à peu prés le même âge et le même aspect. Il ne suffisait plus aux policiers français qu’à les « reconnaître » une fois désignés. Au point que la police a immédiatement fourni le nom d’un suspect (Arkaitz Agirrebiria) qui, effectivement, figurait dans la base de données du logiciel de reconnaissance. La police espagnole a immédiatement confirmé, partant du principe que les collègues français ne pouvaient se tromper. D’autre part, ce logiciel de reconnaissance ou un autre (ce point reste obscur) a été appliqué également aux images. Sa particularité : il fait partie de ceux, mis notamment au point en Allemagne, permettent de « mesurer » (sic), le degré d’inquiétude, le degré d’agitation, les mimiques suspectes des personnes filmées. Double Bingo !

A partir de cette belle série d’erreurs liées à la foi aveugle dans une technique dont il faut dénoncer l’usage, les polices françaises et espagnoles ont construit une belle histoire rendant service à la fois au gouvernement français et au gouvernement espagnol qui partagent un sérieux divorce avec une grande partie de leurs opinions publiques.

Cette affaire qui, par chance, se termine bien, montre clairement l’usage à la fois imprudent et dangereux dont la vidéosurveillance commence à faire l’objet. Tout simplement parce que rien ni personne n’empêche un maire, un patron de boite, un gérant de supermarché de stocker les images, d’isoler celles qui leur conviennent ou bien de les soumettre à un complexe (mais pas coûteux) logiciel de reconnaissance et d’identification. C’est, par exemple, avec ce type de logiciel (en vente libre) que des vigiles de grande surface repèrent en direct les « suspects ». Autrement soit des gens qui ont déjà eu des problèmes dans le magasin à un moment ou un autre et figurent dans la base, soit des gens dont la tenue n’est pas conforme aux standards de respectabilité définis par les auteurs du logiciel, notamment ceux qui travaillent pour la grande distribution. Quand tous ces suspects sont identifiés, soit la base de donnée alerte le responsable informatique, soit les « nouveaux » sont immédiatement intégrés dans cette base de donnée. Cela s’appelle du fichage informatique et la CNIL, Commission Nationale Informatique et Liberté, devrait d’autant s’y intéresser que, dans une même ville ou une même zone de chalandise, les responsables des grandes surfaces concurrentes s’échangent volontiers ces fichages vidéo. Il existe d’ailleurs des municipalités dont les informaticiens ou les polices municipales procèdent également à ce type de repérage qui aboutit à la création d’une nouvelle catégorie de Français : le citoyen à comportements suspects.

Tout ceci ne relève pas du fantasme. Pas plus que le piochage illégal d’une escouade parisienne et provinciale d’une cinquantaine de policiers proches de l’UMP dans la base de données de STIC pour y chercher des éléments « intéressant » : sur Ali Soumaré candidat du PS et également sur des centaines d’autres candidats de gauche et des Verts qui ont été passés systématiquement au crible. La vidéosurveillance, cette affaire le prouve, fait chaque jour la preuve de son inefficacité. Mais ce n’est pas pour son utilité sur la petite délinquance que le gouvernement perfectionne sans cesse la loi de 1995 : la progression, le perfectionnement des techniques permettent à ses promoteurs d’espérer (preuve est faite que non, mais les erreurs n’écartent pas les dangers) que les réseaux de caméras deviennent rapidement des instruments de contrôle et de fichage parfait. D’autant plus parfait que la CNIL, grâce à la loi proposée il y a quinze ans aux parlementaires par un Patrick Balkany et Nicolas Sarkozy, déjà amis politiques et sécuritaires, n’a aucun droit de contrôle de vérification sur l’installation et le fonctionnement des caméras. Qui ne sont de « protection » que pour les pouvoirs en place...

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