bof c'est juste pour marquer mon retour!

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10032010

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bof c'est juste pour marquer mon retour!




A quoi attribue-t-on aujourd’hui l’émergence et le développement des bulles financières ?

Jusqu’à très récemment, la théorie orthodoxe économique considérait que les bulles n’existaient pas. Et des études, même assez récentes – avant le début de la crise – continuaient à essayer de le prouver. L’idée, c’est qu’il n’était pas possible de distinguer un prix spéculatif d’un prix fondamental (c’est à dire, fondé sur l’addition des différents éléments constituant le prix). Seuls certains Keynésiens avaient développé d’autres théories, en particulier la théorie des bulles de l’économiste américain Hyman Minsky dans les années 80. Quand la crise a éclaté, il est devenu impossible de dire que les bulles n’existaient pas, puisque la bulle était en train de se dégonfler devant tout le monde… Les théories de Hyman Minsky ont alors été remises au goût du jour. Chez lui, toute économie est soit dans un processus de création de bulle ou d’éclatement de bulle, en raison même de certains défauts du système capitaliste.

Croyez-vous que la nature humaine est à l’origine de la crise, comme l’a estimé l’ancien président de la Réserve fédérale Alan Greenspan ?

C’est une autre erreur de la science économique, liée à un a priori appelé individualisme méthodologique, de penser que rien ne se passe au niveau économique dont on ne puisse rendre compte simplement en additionnant les comportements individuels. Or, dans cette crise, les acteurs individuels, en suivant simplement leur propre intérêt, n’avaient pas la possibilité d’agir à un niveau global. J’ai travaillé dans une de ces entreprises au centre de la tourmente, qui a fini par disparaître, Countrywide. Lorsque les dirigeants – que je n’essaie pas d’exonérer car ils ont eu une attitude égocentrique et égoïste – se sont aperçus que l’entreprise périclitait, ils ont progressivement retiré leurs investissements. Ils n’ont pas essayé d’agir au niveau global. Ceci dit, ils n’en avaient pas la possibilité. Il fallait une concertation à un niveau plus élevé. C’est au niveau du gouvernement, et du Congrès ou du Sénat, et non au niveau individuel des dirigeants, qu’on aurait pu agir. Or, l’illusion d’Alan Greenspan et des économistes a été de croire que l’individu aurait pu faire quelque chose, le niveau global n’existant pas pour eux.

Goldman Sachs est soupçonné d’avoir aidé la Grèce à maquiller ses comptes. Quel est, selon vous, le rôle joué par les grandes banques mondiales dans la dérive de certains états ?

Goldman Sachs a effectivement proposé un arrangement à la Grèce ; les prospectus à valeur légale de ces opérations sont accessibles sur internet. Mais la responsabilité de la banque n’est pas là. En fait, l’industrie financière a, par une action de lobby, permis que ce type d’opérations soit autorisé par la Communauté européenne. Ainsi, il peut uniquement être reproché à Goldman Sachs d’avoir mis de l’argent dans le groupe de pression pour influencer les politiques. Il s’agit d’une entreprise financière, elle ne s’occupe pas de moralité. Elle n’est pas non plus dans la philanthropie. Elle décide au jour le jour des opérations rentables : aider la Grèce en 2002 est rentable, et parier sur la chute de la Grèce en 2010 l’est également. La finance ne fait pas de sentiment, mais du profit pour ses dirigeants, ses actionnaires et pour ses traders qui touchent des commissions. Cependant, en période de crise, ce que j’appelle l’extraterritorialité morale de la finance devient beaucoup plus visible car elle fait la une des journaux. Dans les périodes d’euphorie, l’absence de moralité apparaît en page 19 et l’on n’en parle pas.

Comment analysez-vous le non à plus de 93% des Islandais au remboursement de la dette de la banque Icesave à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ?

Il y a un vrai contraste entre la Grèce et l’Islande. La rébellion a lieu dans ces deux pays face à la question de la dette publique, mais la responsabilité de chacun est très différente. La Grèce a été incapable de mettre en place un système fiscal “ étanche ”, elle a peut-être falsifié ses chiffres, elle semble avoir été » fantaisiste » dans l’allocation de certains privilèges. Elle apparaît donc condamnable. En Islande, la population a la taille d’un département français. Or, dans ce tout petit pays, les banques se sont spécialisées dans la spéculation financière, prenant des risques extraordinaires. Le seul lien entre les Islandais et une responsabilité quelconque dans cette affaire, est d’avoir élu des parlementaires qui ont laissé faire. Mais leur responsabilité individuelle vis-à-vis des sommes perdues paraît très minime. D’un point de vue éthique, leur réaction paraît tout à fait logique, ils ne s’estiment pas concernés. Les citoyens ordinaires d’un pays n’ont pas nécessairement une responsabilité par rapport à la gestion de risque des entreprises existant sur leur territoire. Ce sont les politiques qui choisissent d’autoriser ou non ce type de pratiques.

La création d’un Fonds monétaire européen permettrait-elle de neutraliser les spéculations sur un éventuel défaut de paiement d’un pays de la zone euro ?

Cette idée date de quelques jours. C’est, selon moi, une réaction un peu infantile à la proposition du directeur général du FMI, d’intervenir si l’Europe ne parvenait pas à se mettre d’accord concernant une aide à la Grèce. Dominique Strauss-Kahn s’est posé en sage au dessus de la mêlée. Je ne crois pas que cela va se faire, car je pense qu’il s’agit d’une réaction réflexe. Il en est de même pour l’idée de créer une agence de notation européenne. Nous n’avons pas besoin d’instances supplémentaires. Il faudrait que les pays européens se mettent à réfléchir sur cet engagement pris avec le Traité de Lisbonne, difficilement adopté. Il ne suffit pas de l’avoir signé en forçant la main des peuples concernées, il faut maintenant faire fonctionner cette institution, notamment la solidarité européenne inscrite, même de manière hypocrite dans le Traité (on ne viendra pas en aide aux Etats sur le plan financier, mais on les aidera en période de crise exceptionnelle). La solution doit se trouver au niveau de la politique intérieure de l’Allemagne, qui est en effet le pays le plus riche de la zone euro. Mais c’est très difficile dans un gouvernement de coalition tel que celui de Angela Merkel. Je rappelle toutefois que l’Allemagne a bénéficié de la solidarité européenne au moment de sa réunification.

La régulation des produits dérivés, souhaitée notamment par l’Allemagne et la France, peut-elle vraiment limiter la spéculation contre les Etats ?

Je suis très content. Je suis parmi les deux ou trois personnes à avoir lancé cette idée. J’ai proposé depuis longtemps ce que j’appelle l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Dans ce cas particulier, des positions nues sur les CDS (Credit Default Swap). C’est une excellente chose d’utiliser un instrument financier comme le CDS pour permettre de réduire le risque, de le distribuer de manière à ce qu’il soit plus facile à gérer globalement. C’en est une autre de laisser quelqu’un qui n’est pas exposé à un risque en créer de toute pièce, artificiellement, en s’assurant contre un risque auquel il n’est pas exposé – donc un pur pari. Ces personnes auront un poids sur la détermination du prix du swap – si la demande augmente, le prix va augmenter. Cette hausse du prix va être interprétée par les marchés comme étant une analyse objective du risque de ces pays et, par conséquent, va les pousser à la chute. Je n’ai jamais réclamé la suppression des CDS, je recommande de les interdire dans leur fonction spéculative. Pour utiliser une image : interdire que l’on puisse prendre une assurance automobile sur la voiture du voisin. Si vous assurez la voiture du voisin, il y a un conflit d’intérêt : vous avez intérêt à ce qu’il ait un accident.

Finalement, comprend-on mieux le comportement des marchés aujourd’hui qu’en 1929 ?

En 1929, on comprenait bien les sources de la crise. Celle-ci a été très bien interprétée à l ‘époque. Si vous lisez le discours de Roosevelt en 1933, l’analyse de la crise y est excellente. Dans les années 40, la compréhension de cette crise restait bonne, mais dans les années 60 et 70, on s’est mis à réinterpréter la crise en introduisant des interprétations monétaristes, essentiellement destinées à faire disparaître les facteurs politiques qui jouaient (la mauvaise répartition du patrimoine dans la société notamment). Des auteurs comme Milton Friedman, Ben Bernanke… ont produit des analyses purement monétaristes de la crise, qui sont devenues les interprétations dominantes dans les années 2000. Donc, quand une crise identique à celle de 1929 est réapparue, le discours plus ou moins idéologique qui prévalait a expliqué la nouvelle crise en terme de masse monétaire, et non selon les mécanismes bien compris de la Grande Dépression. C’est un processus d’effacement délibéré.

Tags : 1929, Alan Greenspan, Angela Merkel, bulles financières, CDS, DSK, FME, FMI, Goldman Sachs, Grèce, Hyman Minsky, individualisme méthodologique, Islande, Roosevelt, spéculation
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Mister Cyril

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Message le Lun 15 Mar 2010 - 15:31 par Donald11

country skinner a écrit:Il a forcément été mis en place par des humains... Mais une fois en place, il a développé (de par conviction ou machiavelisme de certains et par opportunisme ou conjonction d'intérêt pour d'autres) des mécanislmes intellectuels (idéologies) pour empêcher sa remise en cause.
La dessus je te suis. Mais ce qu'ont fait des humains, d'autres peuvent le defaire, ou le reguler s'ils en ont la volonte, non ? Le probleme du politique francais qui pilote aujourd'hui (mais je ne suis pas tres confiant dans ceux qui ne pilotent pas), c'est qu'il a le culte du fric et de la rolex, et celui du tout repressif. Prenons un mauvais exemple, les radars fixes : ils ont permis a quelques industriels et a quelques actionnaires de se faire des couilles en or sur le dos des "assassins au volant" en puissance que nous sommes tous, culpabilite comme cerise sur le gateau, cela sans que le nombre d'accidents diminue de maniere significative. Mais personne ne se pose la question qui derange. Et je ne suis pas certain que si on faisait un bilan financier de l'operation, on arriverait a un equilibre. Mais bon ....
Il y a d'autres exemples, comme les reconduites a nos frontieres. Et je ne te parlerai meme pas de la vente des km de bitumes a peage aux coquins d'industriels et d'actionnaires !!!
Ce pourquoi il ne suffit pas de décréter que le capitalisme doit être réformé pour qu'il change effectivement. Ce pourquoi il faut être très circonspects sur certains discours de bon sens qui camouflent des machines de guerre idéologiques. Par exemple, la crise financière, c'est l'effet de la cupidité intrinsèque et immorale des hommes (donc rien à voir avec une mécanique d'endettement généralisé utile à une financiarisation du capitalisme)
La encore je te suis et ne dis pas autre chose. C'est bien parce que le contre-pouvoir politique est en phase (ou pilote par) avec les requins de la finance et les porteurs de rolex que rien ne bouge. Ce sont bien des choix humains dictes par des volontes humaines.
Alors apres le contre-pet, le circons-pect !!!
Religion et patriotisme, ça peut mener loin dans le temps. La déviation du parlementarisme (tu votes donc tu diriges la politique menée) pour le début du siècle dernier. Ta réflexion me fait réaliser que dans le même ordre d'escroquerie morale à la représentation, j'ai oublié la représentation syndicale...
La encore, je suis d'accord avec toi. Mais la ou on aurait pu esperer un changement, voire un bouleversement, c'est avec l'apport culturel de l'ecole de la Republique. Je viens justement de lire dans la revue "Lire" que le grand Albert Camus aurait pu ne jamais exister sans un instituteur genial qui lui a permis d'exercer des talents qui n'auraient sans doute jamais vu le jour du temps de notre sombre moyen-age remplis de bouseux analphabetes massacres par les Huns et les epidemies. D'ailleurs, dans ta liste, il y manque une grande absente : la tele et ses faiseurs de programmes et d'opinions !
Vieux débat entre trotskystes, anars et léninistes. Une "avant garde éclairée" suffit elle à déclencher l'insurrection si le seuil insurrectionnel n'est pas atteint ? Et ce seuil insurrectionnel atteint, le mouvement ne suscite-t-il pas tout seul les individualités nécessaires pour le mener ? "Ils courent devant la révolution pour donner l'illusion qu'ils la dirigent (RI. Mogard - Cours vieux monde, les camarades sont derrière toi)
Y-avaient-ils des anars, des trotskos et des leninistes du temps de Cleopatre ? Pourtant, y'a bien eu des revolutions, des revoltes, des insurrections ! Tout ramener au XIX eme ou au XX eme siecle me fait l'effet d'une escroquerie intellectuelle !!!
Je suis lucissimiste...
Et moi optimiste contrariant, a la maniere de Desproges !!!

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Message le Ven 12 Mar 2010 - 12:50 par country skinner

Ce systeme, il est ne spontanement, ou il a ete instaure par des hommes
Il a forcément été mis en place par des humains... Mais une fois en place, il a développé (de par conviction ou machiavelisme de certains et par opportunisme ou conjonction d'intérêt pour d'autres) des mécanislmes intellectuels (idéologies) pour empêcher sa remise en cause. Ce pourquoi il ne suffit pas de décréter que le capitalisme doit être réformé pour qu'il change effectivement. Ce pourquoi il faut être très circonspects sur certains discours de bon sens qui camouflent des machines de guerre idéologiques. Par exemple, la crise financière, c'est l'effet de la cupidité intrinsèque et immorale des hommes (donc rien à voir avec une mécanique d'endettement généralisé utile à une financiarisation du capitalisme)

Et quand tu dis que ces appareils ne datent pas d'hier, tu remontes jusqu'a quand
Religion et patriotisme, ça peut mener loin dans le temps. La déviation du parlementarisme (tu votes donc tu diriges la politique menée) pour le début du siècle dernier. Ta réflexion me fait réaliser que dans le même ordre d'escroquerie morale à la représentation, j'ai oublié la représentation syndicale...

les revoltes des esclaves les plus esclavagises se sont faites a partir d'un petit groupe de meneurs
. Vieux débat entre trotskystes, anars et léninistes. Une "avant garde éclairée" suffit elle à déclencher l'insurrection si le seuil insurrectionnel n'est pas atteint ? Et ce seuil insurrectionnel atteint, le mouvement ne suscite-t-il pas tout seul les individualités nécessaires pour le mener ? "Ils courent devant la révolution pour donner l'illusion qu'ils la dirigent (RI. Mogard - Cours vieux monde, les camarades sont derrière toi)

Mais toi-meme, tu te consideres pessimiste ou lucide
? Je suis lucissimiste...

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Message le Ven 12 Mar 2010 - 11:52 par Donald11

country skinner a écrit:C'est ce que démontrent nombre d'expériences sur le comportement des rats. Les conclusions sont extrapolables au moins à la gent financière, quant à l'espèce humaine ?...
J'ai bien aime ta comparaison de la gent financiere avec des rats !!! J'espere que tu l'as faite volontairement. Pour le reste, je parlerais plutot d'une espece inhumaine, car meme les rats ne se bouffent pas entre eux !!!

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Message le Ven 12 Mar 2010 - 11:45 par Donald11

country skinner a écrit:Ca c'est un constat que je partage à l'évidence. Mais loin d'interpréter sournoisement ce propos, je tente juste de le prolonger par la question "Pourquoi ne le font-ils pas ?".
Cette question, pourquoi, il faudrait commencer par l'eradiquer du vocabulaire courant. La reponse est trop simple : parce que ... Tu ne veux pas preciser ta question ?
Et c'est là qu'on peut, soit considérer que ce sont des déviances individuelles (d'où mes remarques sur la difficulté de moraliser le capitalisme - même en coupant des têtes obstinées) soit que c'est le système lui même qui secrète des comportements individuels cupides par un certain nombre d'appareils économiques ou idéologiques (économie de marché, concurrence généralisée, distractions de masse).
Ce systeme, il est ne spontanement, ou il a ete instaure par des hommes (ou des femmes) ? (C'est pour ca que je prefere l'expression "etres humains" a l'ambiguite du terme "hommes")....
Quand on considère que ces appareils ne datent pas d'hier (pour ne citer que les distractions de masse, religion, patriotisme, parlementarisme, consommation, spectacle...) on peut penser qu'ils se perpétueront en devenant de plus en plus efficaces...
Dans ma grande naivete, je pensais que justement, les "mauvaises" experiences pouvaient nous guider vers des choix de societe plus judicieux, plus humains !!! Putain, quel con je fais !!! Pourtant, il me semblait que l'ecole rendue obligatoire, malgre toutes ses lacunes (je pense a nos ancetres les gaulois distribue gracieusement sur le continent africain), avait plutot tendance a donner a chacun les moyens de faire des choix mieux reflechis, et de sortir de la misere intellectuelle ou le peuple-paysan a ete enferme pendant des siecles. Il est vrai qu'une des theses pretend que l'ecole a ete rendue obligatoire pour permettre a la chair a canon de mieux comprendre les ordres donnes par la hierarchie militaire, tous ces cul-terreux parlant chacun un dialecte incomprehensible allant du Breton au Basque en passant par le corse, l'alsacien et le savoyard !!!
Et quand tu dis que ces appareils ne datent pas d'hier, tu remontes jusqu'a quand ? 1980 avant ou apres JC ?
sauf si la grande majorité n'ayant plus rien à perdre (que ses chaines disait Marx) se décide à remettre en cause l'organisation même de cette société (marché, concurrence). Mais pour cela il faudra (malheureusement) une immense désespérance...
Je ne te suis pas sur ce terrain. Meme les revoltes des esclaves les plus esclavagises se sont faites a partir d'un petit groupe de meneurs. Dans ce domaine, comme dans d'autres, point de generation spontanee. Ceci explique peut-etre le pourquoi de la fluidification des dirigeants des grands syndicats ouvriers par des organisations patronales. Peut-etre aussi un debut de reponse a ta question "pourquoi" ...
Est-ce être pessimiste ou lucide de constater qu'on en a pris le chemin ? Comme le notait R.I. Mogard dans ses "Réflexions sur l'an et le né-être", il est illusoire de vouloir composer avec une société en décomposition...
Quel beau sujet de reflexion !!! Mais toi-meme, tu te consideres pessimiste ou lucide ?

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 15:32 par brusyl

et là :
"C’est une autre erreur de la science économique, liée à un a priori appelé individualisme méthodologique, de penser que rien ne se passe au niveau économique dont on ne puisse rendre compte simplement en additionnant les comportements individuels. Or, dans cette crise, les acteurs individuels, en suivant simplement leur propre intérêt, n’avaient pas la possibilité d’agir à un niveau global"

En raisonnant à contrario bien sûr !

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 15:29 par brusyl

là :
Lorsque les dirigeants – que je n’essaie pas d’exonérer car ils ont eu une attitude égocentrique et égoïste – se sont aperçus que l’entreprise périclitait, ils ont progressivement retiré leurs investissements. Ils n’ont pas essayé d’agir au niveau global.
et là :

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 15:11 par country skinner

tu crois l'homme bon de nature, c'est un choix philosophique
Au contraire, je suis très pessimiste sur la nature humaine mais je pense simplement que l'économie de marché et la concurrence généralisée exacerbent les défauts humains, et qu'une société organisée de façon convaincante sur le partage et l'absence de contrainte compétitive rendrait ces mêmes défauts moins nocifs pour tous... C'est ce que démontrent nombre d'expériences sur le comportement des rats. Les conclusions sont extrapolables au moins à la gent financière, quant à l'espèce humaine ?...
l'analyse du texte original qui impute à l'esprit individualiste et à l'absence d'une morale collective le pourrissement de l'économie actuelle
Dans quelle partie du texte tu trouves cette conclusion ?

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 14:58 par brusyl

@ country post 5:43
outche t'as bouffé quoi ce matin ? quelle agressivité !!
ben je vais t'étonner, pas vraiment en désaccord avec ce que tu dis, à part l'aspect angélique de ton analyse de l'homme qui te fait croire qu'une fois que la bête aura été mise à terre, nous nous aimerons tous les uns les autres mon frère !
Pourquoi pas... tu crois l'homme bon de nature, c'est un choix philosophique.

Par contre je partage tout à fait l'analyse du texte original qui impute à l'esprit individualiste et à l'absence d'une morale collective le pourrissement de l'économie actuelle

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 10:03 par country skinner

En résumé, je dis que les politiques qui devraient jouer les régulateurs ne font pas leur boulot pour lequel ils sont élus
Ca c'est un constat que je partage à l'évidence. Mais loin d'interpréter sournoisement ce propos, je tente juste de le prolonger par la question "Pourquoi ne le font-ils pas ?". Et c'est là qu'on peut, soit considérer que ce sont des déviances individuelles (d'où mes remarques sur la difficulté de moraliser le capitalisme - même en coupant des têtes obstinées) soit que c'est le système lui même qui secrète des comportements individuels cupides par un certain nombre d'appareils économiques ou idéologiques (économie de marché, concurrence généralisée, distractions de masse). Quand on considère que ces appareils ne datent pas d'hier (pour ne citer que les distractions de masse, religion, patriotisme, parlementarisme, consommation, spectacle...) on peut penser qu'ils se perpétueront en devenant de plus en plus efficaces... sauf si la grande majorité n'ayant plus rien à perdre (que ses chaines disait Marx) se décide à remettre en cause l'organisation même de cette société (marché, concurrence). Mais pour cela il faudra (malheureusement) une immense désespérance... Est-ce être pessimiste ou lucide de constater qu'on en a pris le chemin ? Comme le notait R.I. Mogard dans ses "Réflexions sur l'an et le né-être", il est illusoire de vouloir composer avec une société en décomposition...

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 9:38 par Donald11

Je n'ai pas le temps de te répondre, mon cher Ratounet, car je m'envoie en l'air dans quelques heures pour d'autres horizons, mais tu interprètes sournoisement mes propos pour me faire dire autre chose. En résumé, je dis que les politiques qui devraient jouer les régulateurs ne font pas leur boulot pour lequel ils sont élus. Mais je ne dis pas que le quidam du coin est moins avide que les 20 plus riches de la planète.
D'ailleurs, à ce propos, voici le dernier classement :

Carlos Slim l'homme le plus riche du monde, Bernard Arnault 7e et 1er européen
Le Mexicain Carlos Slim est devenu l'homme le plus riche du monde, battant Bill Gates, et le Français Bernard Arnault domine l'Europe, selon le classement 2010 des milliardaires de la planète établi par le magazine Forbes et rendu public mercredi à New York.
"L'économie mondiale se remet, les marchés financiers sont de retour, particulièrement les marchés émergents", a annoncé le rédacteur en chef Steve Forbes au cours d'une conférence de presse.
Après le choc de l'an dernier consécutif à la crise financière de l'automne 2008, les milliardaires sont revenus: 154 de ceux qui avaient été éliminés, notamment les Russes, remontent en selle, et 97 nouveaux font leur apparition, dont 62 viennent d'Asie.
Mark Zuckerberg, 25 ans, co-fondateur du réseau social Facebook (fesse-bouc), exclu de la liste en 2009, refait surface, et est classé 212e avec 4 milliards de dollars.
Au total, le monde compte aujourd'hui 1.011 milliardaires originaires de 55 pays. Le club des super-riches n'atteint pas encore le record de 2008 (1.125), mais est en nette récupération après s'être réduit à 793 membres l'an dernier. (vive la crise ! NDCanard)

Avec une fortune estimée à 53,5 milliards de dollars, le septuagénaire Carlos Slim, magnat mexicain des télécommunications qui fait partie du peloton de tête depuis quelques années, bat de 500 millions Bill Gates, le cofondateur de Microsoft, qui doit se contenter du second rang.

Les Américains se taillent toujours la part du lion avec 403 milliardaires. Mais ils passent de 45% à 40% du total, ont perdu la première place pour la première fois depuis 1994 et ne sont que deux parmi les cinq premiers, les Indiens Mukesh Ambani et Lakshmi Mittal arrivant aux 4e et 5e rangs.

New York reste la ville au monde qui compte le plus de milliardaires (60), talonnée par Moscou (50) et suivie de loin par Londres (32). Le maire de New York Michael Bloomberg passe du 17e au 23e rang, mais s'est enrichi de 2 milliards cette année, passant de 16 à 18 milliards de dollars. (Putain, en France, on a que des tocards !!! NDC)

Pour la première fois, la Chine continentale devient la deuxième pépinière à milliardaires après les Etats-Unis, avec 64 membres du club dont 27 nouveaux. Et Forbes a souligné "l'importance des femmes d'affaire chinoises", dont sept ont accédé au cercle des super-riches. En incluant Hong Kong, la Chine compte 89 milliardaires.

Vient ensuite la Russie (62), où les oligarques ont vu les matières premières repartir à la hausse.

L'Europe dénombre 248 milliardaires. Le Français Bernard Arnault, 61 ans, propriétaire du groupe de luxe LVMH (Louis Vuitton, Moet & Chandon notamment), détrône l'Allemand Karl Albrecht, prend la septième place et devient l'homme le plus riche d'Europe avec une fortune estimée à 27,5 milliards de dollars, en hausse de 11 milliards en un an (Quel talent !!! NDC).

"Le luxe se vend de nouveau", a souligné Steve Forbes.

Un autre Européen arrive en 9e position, le patron de la marque de vêtements et de magasins Zara, l'Espagnol Amancio Ortega, avec une fortune de 25 milliards de dollars. Et la Française Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal, monte du 21e au 17e rang avec une fortune estimée à 20 milliards, en hausse de 6,5 milliards.

Enfin, il ne manque plus que 14 milliardaires à l'Asie pour rejoindre l'Europe, et le montant total des fortunes de la région, estimé à 729 milliards de dollars, a doublé en un an. Un premier Pakistanais figure sur la liste, Mian Muhammad Mansha, classé 937e avec 1 milliard de dollars.

Voici les vingt plus grandes fortunes mondiales, selon l'édition 2010 du classement Forbes des milliardaires, avec le montant en milliards de dollars, l'âge et l'évolution d'une année sur l'autre (+ ou -) :
1. Carlos Slim (Mexique)
3. Warren Buffett (USA)
4. Mukesh Ambani (Inde)
5. Lakshmi Mittal (Inde)
6. Lawrence Ellison (USA)
7. Bernard Arnault (France)
8. Eike Batista (Brésil)
9. Amancio Ortega (Espagne)
10. Karl Albrecht (Allemagne)
11. Ingvar Kamprad (Suède)
12. Christy Walton (USA)
13. Stefan Persson (Suède)
14. Li Ka-shing (Hong Kong)
15. Jim Walton (USA)
16. Alice Walton (USA)
17. Liliane Bettencourt (France)
18. S. Robson Walton (USA)
19. Prince Al Walid ben Talal Al Saoud (Arabie Saoudite)
20. David Thomson (Canada)

D'ailleurs, on ne meurt pas de faim dans ce monde, mais de jalousie !!!
Sacré bisounours !!!

Les milliardaires

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Message le Jeu 11 Mar 2010 - 5:43 par country skinner

Le canard a écrit:Ne suffirait-il pas de les réformer, ces objectifs, pour en faire des outils moins destructeurs ?
Bien sur mon canard... Si comme tu le penses tous nos malheurs viennent d'une poignée de prédateurs financiers, si on leur dit "c'est pas beau ce que vous faites et vous allez finir en prison si vous continuez", tout le système financier va se transformer immédiatement en monde de bisounours : "Vous avez pas assez de sous ma peuvre ? Tenez en voila ! Non non vous ne me devez rien, ca me fait tellement plaisir". C'est d'ailleurs une théorie partagée par Bayrou, Aubry, et même le nain (il faut moraliser le capitalisme)
On peut aussi couper la tête aux financiers (ca je suis sur que le poussinet serait pas contre). Mais je te fiche mon billet que celui qui fera monter le dernier financier sur la veuve postulera dans l'instant qui suit au poste de patron de banque, en se disputant avec les milliers d'autres qui voudront aussi cette place...
Sinon on peut aussi expliquer tout ça comme Saint Augustin par l'esprit du Mal en nous (meliorem video pejoremque facio) c'est très tendance le gothique en ce moment, et puis après la mort tout le monde ira au ciel (sauf les quatre cinquièmes de l'humanité qui n'auront pas eu l'intelligence d'être chrétiens)
A défaut de recourir à l'hypothèse de lézards extraterrestres déguisés en financiers, il y a même une certain nombre de doux rêveurs qui pensent comme moi que les choses ne changeront que quand on mettra fin à ces deux règles du jeu absurdes d'économie de marché et de concurrence de tous contre tous, qui font que personne ne peut s'arrêter pour réfléchir. Faudrait juste qu'on soit plus nombreux (la majorité dont je parlais) mais tant que les autres continueont à chercher des têtes coupables, on reste une minorité et le grand jeu perdure (mais si, mon canard, c'est ludique dans le fond de monter sur le voisin)

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Message le Mer 10 Mar 2010 - 23:52 par Donald11

Mister Cyril a écrit:Bonjour tous les 2, bande de malpoli, on vous a rien appris dans votre jeunesse...plus de respect les vieux, tout fout le camp!!! (j'aime bien "arme de distraction masive").
Moi à ta place, je ne ferai pas le fierot. A la hauteur où tu portes tes coucougnettes, si tu passes à portée d'un humanoïde prédateur, elles sont bonnes comme la romaine pour passer à la casserole. Et puis évite aussi de sauter les clotures barbelées ...
Et si dois y avoir du respect pour les vieux, qu'attends-tu pour t'y mettre, jeune blanc-bec ?

Bonne nuit mon Poussinet (à) doré !!!

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Message le Mer 10 Mar 2010 - 23:48 par Donald11

country skinner a écrit:Tu as tort mon canard de ramener le comportement prédateur des entreprises financières à une accumulation de comportements individuels effectivement motivés par l'esprit de lucre.
Je ne sais pas où tu as lu ça dans ce que j'ai écrit. J'ai simplement voulu dire que ces entreprises financières n'ont pas été créées et ne sont pas gérées par des extra-terrestres, mais bien par des humanoïdes prédateurs guidés par leur seul goût du fric et de son pote le pouvoir. Je pense par ailleurs que les "politiques" ne sont que des mario(malho)nettes dont les ficelles sont tirées par les mêmes humanoïdes prédateurs. Et notre Naboléon en est une caricature vivante. Et ne viens pas me parler de complot car je ne pense pas un seul instant qu'il y en ait un. Non, c'est un groupe ouvert de clampins qui ont le pouvoir. Et dans l'hexagone, tous les chefs d'état de la 5ème, hormis peut-être le Grand Charles pour des raisons historiques, je dis bien tous, de gré ou de force, ont subi la loi des financiers. Même François en 1983. Et que dire d'Obama aujourd'hui de l'autre côté de l'Atlantique !!!
L'article démonte d'ailleurs bien cet a priori d'individualisme méthodologique. C'est en fait le système qui est organisé pour que les individus n'aient pas la possibilité de modifier les règles du jeu... sauf s'ils décident de ne plus jouer le jeu... tous ensemble ouais, ouais !
C'est pas un jeu, c'est la lutte pour le pouvoir, voire pour le pouvoir suprème. C'est même une guerre fratricide. Et qui a organisé le système ? A moins qu'il ne se soit créé spontanément, sorti d'un néant quelconque ...
Ou alors le jour où la majorité n'aura plus rien à perdre (si les armes de distraction massive du capitalisme ne les ont pas transformés en consommateurs zombie avant)
C'est qui cette majorité dont tu parles ? Je pense que le problème, c'est que la survie de l'espèce humaine ne dépend pas que des seuls humanoïdes prédateurs, et qu'ils ont même besoin de tout ce populo esclavagisé et qui pue pour asseoir leurs pouvoirs d'une part, et pour décrotter leurs palaces d'autre part, ou faire tourner les jolies centrales qui les illuminent et les chauffent, leurs palaces. Dans le cas contraire, ils auraient déjà éradiqué de la planète tout le bois mort ... et nous avec. Pour l'instant on peut encore admirer le feu d'artifice. Attendons simplement le bouquet final.

Bon maintenant que t'as commenté une des trois questions, il te reste les deux autres ...

Bonne nuit Ratounet prédateur ....

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Message le Mer 10 Mar 2010 - 22:50 par Mister Cyril

Bonjour tous les 2, bande de malpoli, on vous a rien appris dans votre jeunesse...plus de respect les vieux, tout fout le camp!!! (j'aime bien "arme de distraction masive").

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Message le Mer 10 Mar 2010 - 19:28 par country skinner

Canardos a écrit:qui se cache derrière une entreprise financière ? Des martiens, ou des extra-terrestres venus d'une autre galaxie ?
Tu as tort mon canard de ramener le comportement prédateur des entreprises financières à une accumulation de comportements individuels effectivement motivés par l'esprit de lucre. L'article démonte d'ailleurs bien cet a priori d'individualisme méthodologique. C'est en fait le système qui est organisé pour que les individus n'aient pas la possibilité de modifier les règles du jeu... sauf s'ils décident de ne plus jouer le jeu... tous ensemble ouais, ouais !
Ou alors le jour où la majorité n'aura plus rien à perdre (si les armes de distraction massive du capitalisme ne les ont pas transformés en consommateurs zombie avant)

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Message le Mer 10 Mar 2010 - 19:16 par Donald11

Mister Cyril a écrit:Le titre était
"Un entretien avec Muryel Jacque :« L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE » "
L'eau ça mouille...disons qu'en lisant entre les lignes certains admettent que le MARCHE nous amène droit dans un mur...en klaxonnant et en accélérant comme dirait le canard!
Ne peut-on pas légitimement se poser la question de "à quoi sert une entreprise financière" ? Une deuxième question c'est "qu'apporte-t-elle à l'humanité" ? Et la dernière, c'est qui se cache derrière une entreprise financière ? Des martiens, ou des extra-terrestres venus d'une autre galaxie ?
Ces entreprises pas tout à fait comme les autres ont aussi des objectifs. Ne suffirait-il pas de les réformer, ces objectifs, pour en faire des outils moins destructeurs ? Ou bien peut-on dire qu'elles sont tenues par des tyrans, des salauds, des dictateurs, des pourris, des anges aussi, exterminateurs ceux-là !!!?
Enfin, tant qu'il y aura des candidats pour le million à la téloche !!!

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Message le Mer 10 Mar 2010 - 18:30 par Mister Cyril

Le titre était
"Un entretien avec Muryel Jacque :« L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE » "

L'eau ça mouille...disons qu'en lisant entre les lignes certains admettent que le MARCHE nous amène droit dans un mur...en klaxonnant et en accélérant comme dirait le canard!

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