Chiant...mais pédégogique; après promis j'arrête les articles écos!

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18052010

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Chiant...mais pédégogique; après promis j'arrête les articles écos!




Que vaut une action quand les marchés sont nerveux ?

Dans un autre moment fort de la crise, en septembre 2008, la question s’est posée : que vaut une reconnaissance de dette ? En principe, bien sûr, elle vaut le montant qu’elle mentionne, mais quand les choses tournent mal, ceux qui ont promis de rembourser cessent de disposer nécessairement des sommes promises. S’ils ne remboursent pas, la reconnaissance de dette se révèle a posteriori valoir tout simplement zéro franc, zéro centime. Ou bien, on « restructure » – c’est l’option qui a souvent été évoquée récemment à propos de la Grèce – le débiteur se retrouve devant ses créanciers et leur dit : « Je vous dois autant, mais la somme dont je dispose est beaucoup plus faible. Je vous propose de vous rembourser au prorata de ce que j’ai ». Une reconnaissance de dette se renégocie alors comme une fraction de la somme due, « soixante-sept centimes de l’euro », par exemple. La valeur d’une reconnaissance de dette, c’est donc un montant qui se situe entre celui de la somme prêtée et zéro. Et ce qu’elle valait effectivement ne sera connu qu’a posteriori.

On se souvient que quand AIG, la compagnie d’assurance américaine, remboursa rubis sur l’ongle les banques qui avaient contracté auprès d’elle des CDS, des Credit-Default Swaps, cela suscita un beau scandale. C’est que c’était maintenant le contribuable américain qui réglait l’ardoise, et qu’il lui semblait logique que les banques créditrices doivent se contenter seulement d’une fraction des sommes promises. C’est à la même époque d’ailleurs que certains déposants fortunés découvrirent avec horreur que leur banque ne leur avait offert en échange de leur dépôt qu’une reconnaissance de dette et qu’en cas de pépin le montant qui leur serait remboursé était plafonné à 70.000 et ensuite à 100.000 euros.

Demandons-nous alors – dans la même optique – ce que vaut une action. La question n’est pas sans intérêt : on pouvait la lire en filigrane dans les auditions qui ont eu lieu au Congrès américain la semaine dernière à propos du « flash crash », le krach-éclair du 6 mai à la Bourse de New York. Une action est une reconnaissance de dette d’un type particulier. Je rappelle en deux mots que l’indice Dow Jones perdit en quelques minutes près de 1.000 points, avant de rebondir de près de 700. Aucune anomalie n’a pu être décelée dans le fonctionnement du marché : la baisse était simplement la conséquence des mauvaises nouvelles de la journée. Le NASDAQ, le marché des sociétés technologiques, a quand même décidé d’annuler les transactions portant sur 286 compagnies dont le cours, après 14h40, avait baissé de plus de 60 %. Eric Noll, « executive vice-president » du NASDAQ, expliquait devant la Commission du Congrès qu’il était de leur devoir d’annuler les transactions quand, je le cite : « le prix d’exécution cesse de refléter un marché authentique ». On peut en déduire que le seuil entre un marché authentique et un marché de contrefaçon se situe sur cette barre des 60 %. On ne sait pas ce qu’en penseront ceux dont la vente à – 59 % a été confirmée ou ceux dont l’achat à – 61 % a été invalidé – enfin eux, ou leurs avocats

Quand le cours grimpe, les nouveaux acheteurs drainent l’argent de l’économie pour le placer là. Quand il baisse, ceux qui ont vendu cher comptent leurs sous avec délectation et ceux qui ont acheté cher, eux, se mordent les doigts. Le prototype de toutes les bulles financières, c’est donc bien la Bourse. Quand le cours des actions est élevé, tous ceux qui en possèdent sont contents : leur fortune, c’est la cote la plus récente multipliée par le nombre de titres qu’il détiennent. Est-ce que ce calcul est valide ? Non : la vraie valeur de leurs actions, c’est le cours auquel ils revendront chacune d’elle (et pas nécessairement au même prix) et ceci, c’est beaucoup plus vague : cela se situe quelque part entre zéro et l’infini. Quand les marchés sont nerveux et comme les événements du 6 mai l’ont bien mis en lumière, la valeur réelle d’un portefeuille boursier est très difficile à déterminer.
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Mister Cyril

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Chiant...mais pédégogique; après promis j'arrête les articles écos! :: Commentaires

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Message le Mer 19 Mai 2010 - 14:52 par Mister Cyril

Donald a écrit: "Deviendrais-tu un vieil anar de salon ?"
moua moua cela demande une riposte à la hauteur de l'invective mon ratounet, ceci dit ta métaphore légumière est un peu bisounours...un article pour Okapi junior???

"Est-ce que tous ces gens (très intelligents par ailleurs) sont tous devenus fous de cupidité (auri sacra fames) ou est-ce précisément ce système qui les force (concurrence de tous contre tous) à courir toujours plus vite pour rester devant (vae victis)"

Bein un peu des 2 mon caporal, tout en sachant que le système prime bien entendu sur tout le reste...mais ça tu le sais mieux que moi escroc! D'où ma lassitude envers ceux qui pensent que sortir le nabot résoudrait nos problèmes (attaques ad hominem) ou que c'est l'individu qui est au centre de tout (humanistes...je balance Bru est à l'autre bout du planisphère!).

Allez mon Country retrouve ta plume rouge et noire (si possible sans les citations de V. ou M....si possible...)

A+ camarades!!!

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Message le Mer 19 Mai 2010 - 11:15 par Donald11

country skinner a écrit:A quoi ca sert ? A rien... comme la place du marché du village.
C'est pas tout à fait vrai pour la place du marché du village, surtout quand y'a un bistrot et une pharmacie, ainsi qu'un marchand de choux et de carottes ! Et pis moi, je connais plein de places de marché de village très sympa, où on peut flâner au soleil quand il y en a. Mais j'ai jamais flâné au soleil d'une place de marchés boursiers !

Quant à ton histoire de "libre concurrence", laisse moi pouffer !!! Tu peux me dire où on en trouve sur les places de marchés boursiers ?

Que tous ces gens (très intelligents par ailleurs) crèvent dans leur cupidité !!! Je rêve d'une maladie incurable du riche et de l'oppresseur !!!

Sur ce coup là, tu me déçois ... Deviendrais-tu un vieil anar de salon ?

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Message le Mer 19 Mai 2010 - 9:05 par country skinner

La question que je pose régulièrement et à laquelle je n'ai jamais eu de réponse est la suivante : A quoi servent les places boursières et les boursicoteurs ?
A quoi ca sert ? A rien... comme la place du marché du village. Après tout, on peut très bien aller acheter ses choux chez un paysan à six bornes, et ses carottes chez un autre à quatre bornes à l'opposé, du moins tant qu'on n'est pas en situation de pénurie-concurrence, ou il faut aller plus vite que son voisin (sinon il n'y a plus de choux ni de carottes quand on arrive chez le paysan)
C'est juste un lieu central de rencontres pour trouver des acheteurs ou des vendeurs. En soi c'est totalement neutre. C'est la "marchandise" échangée qui pose problème, des reconnaissances de dettes financières, dont la majeure partie est basée sur du néant économiquement parlant. Pourquoi ?
Parce que la "libre concurrence" pousse à considérer que avoir des choux quand le prix des carottes monte, c'est rater une opportunité de vendre, donc on t'invente la possibilité de vendre des carottes sans en avoir pour le moment (achat vente à découvert) ou qu'acheter des choux, c'est se bloquer l'opportunité d'acheter aussi des carottes, alors on te vend des "droits" à acheter des carottes (options) que tu peux bien sur revendre à d'autres, ou encore qu'avoir des choux c'est manquer un bénéfice sur les carottes. Alors on fabrique des produits mixtes choux carottes (CDO), et quand on découvre que dans le mélange il y a des carottes pourries (subprimes) on fabrique des assurances contre ce risque (CDS), assurances que tu peux acheter ou vendre à titre spéculatif (sans détenir de ce mélange) et dont on va prendre les variations de prix comme indice de la "santé" financières des paysans du coin (PIGS)
La question a cent balles : Est-ce que tous ces gens (très intelligents par ailleurs) sont tous devenus fous de cupidité (auri sacra fames) ou est-ce précisément ce système qui les force (concurrence de tous contre tous) à courir toujours plus vite pour rester devant (vae victis - même question d'ailleurs pour les entreprises qui face à la "concurrence" sont condamnées à toujours grossir)

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Message le Mar 18 Mai 2010 - 23:53 par Donald11

Salut mon Poussinet,

La question que je pose régulièrement et à laquelle je n'ai jamais eu de réponse est la suivante :
A quoi servent les places boursières et les boursicoteurs ? A quoi servent le CACA40, le Dove Jaune, le Nase d'ac, le Yéti jaune et que sais je encore ?
On m'a longtemps fait miroiter que ça permettait aux entreprises de récupérer du cash auprès des porteurs de portefeuilles boursiers, une sorte de prêt en quelque sorte, en version casino. J'ai bien vu qu'on essayait de me prendre pour un con !!!

Bonne semaine à tous. Je prends ma semaine pour visiter mes petits enfants ... et leurs parents ...

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Message le Mar 18 Mai 2010 - 13:58 par Mister Cyril

Vous connaissez ma finesse de frappe; il faut bien sûr lire pédAgogique...j'aime pas ce mot!!!

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