Une fois n'est pas coutume : un petit sondage ... le baromètre politique

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28092010

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Une fois n'est pas coutume : un petit sondage ... le baromètre politique




Barometre du 28 septembre 2010 (BVA Orange L’EXPRESS FRANCE INTER)
Rentrée difficile pour l'exécutif

1 - Loin d'améliorer l'image du Président, y compris au FN, le tournant sécuritaire de l'été est perçu comme une instrumentalisation politicienne

Mauvaise stratégie estivale pour Nicolas Sarkozy. La séquence Roms + insécurité aboutit en septembre à la même impopularité qu'avant l'été - 64% de mauvaises opinions contre 32% de " bonnes " - soit le record absolu d'impopularité pour un Président en 3 décennies de mesures BVA. En outre, le Président n'enregistre aucun gain sur l'électorat FN et une belle chute auprès de l'électorat centriste. Ainsi, alors que les sympathisants du Modem et du Nouveau Centre sont aujourd'hui 63% à avoir une mauvaise opinion du chef de l'Etat, ils sont plus des trois-quarts (76%) à avoir une bonne de son Premier ministre. Parallèlement, Nicolas Sarkozy ne dispose que de 35% de bonnes opinions auprès des sympathisants du FN, soit 5 points de moins qu'en juin dernier et 6 points de moins que son Premier ministre. Contredisant de récents sondages qui montreraient une amélioration estivale de la cote du Président auprès de cet électorat, notre baromètre montre que sur un temps plus long (juin-septembre plutôt que juillet-fin août) le Président n'a rien gagné pour le moment sur cet électorat après Grenoble et les Roms. Cela confirme nos dernières intentions de vote qui témoignent de bons scores du centre et du FN et de mauvais reports des uns comme des autres sur Sarkozy au second tour (ce qui ne serait pas le cas dans une hypothèse Fillon).
Cet échec s'explique : les Français (60%), y compris les sympathisants du FN (55%) et de l'UMP (56%) ont clairement le sentiment d'une instrumentalisation de ces thématiques dans un but partisan, estimant " qu'en France on exagère beaucoup le problème de l'immigration ". Cette perception est partagée par toutes les catégories de la population, y compris les ouvriers (54%), les bas revenus (64%) et les retraités (63%) qui étaient clairement identifiés comme des cibles de reconquête par l'Elysée. Si ce phénomène d'instrumentalisation n'est à leurs yeux pas si nouveau - nous posions déjà cette question en 1985 - il a nettement progressé depuis 25 ans (+9 points d'adhésion à cette idée). Un sondage que BVA a publié la semaine dernière dans la Matinale de Canal+ montrait d'ailleurs que les deux-tiers des Français estimaient que le gouvernement essayait de se rapprocher du Front National sur les thématiques d'immigration et d'insécurité.


2 - François Fillon devient, de peu, impopulaire mais l'hostilité des Français à la réforme des retraites ne donne pas crédit pour autant au PS sur ce sujet

Toujours nettement plus apprécié que le Président (47% vs 32%), le Premier ministre subit tout de même en cette rentrée une baisse sensible (-2 points) dans la lignée d'une tendance lourde amorcée depuis le début de l'année (-9 points), et s'accélérant depuis le débat sur la réforme des retraites. Plus populaire que le Président auprès de toutes les catégories de population, y compris, les sympathisants de l'UMP (87% vs 82%), ceux du centre (76% vs 37%) et même ceux du FN (41% vs 35%), le Premier ministre pâtit clairement de la réforme des retraites qu'il porte plus encore qu'avant l'été depuis la polémique Woerth. Celle-ci, impopulaire auprès des Français est très largement rejetée par tous les actifs de 25 à 64 ans, et tout particulièrement les ouvriers, les bas revenus, les salariés du secteur public et les sympathisants d'extrême-gauche. Ce sont justement ces catégories de population où la cote de François Fillon est au plus bas et/ou subit parmi les plus fortes baisses : 40% auprès des 25-64 ans (-6 points depuis juin) ; 39% auprès des ouvriers (-4 points), 46% auprès des bas revenus (-6 points), 31% auprès des salariés du public (-2 points) et 28% auprès des sympathisants d'extrême-gauche (-5 points).
Pas de doute, la réforme des retraites fait très mal au couple exécutif. Mais l'opposition farouche du PS à cette réforme ne lui permet pas pour autant d'être jugé plus crédible que le gouvernement dans ce domaine.
Les Français renvoient toujours dos à dos le PS et le gouvernement quant à leur capacité respective à traiter ce problème : seulement 37% des Français estiment ainsi que le PS " ferait mieux " que le gouvernement actuel s'il était au pouvoir, contre 35% qui estiment qu'il ferait " moins bien " et près d'un quart (23%) qu'il ne ferait " ni mieux ni moins bien ". Petite satisfaction pour les socialistes tout de même, au-delà des sympathisants de gauche, des pans entiers de la société, et notamment, " la France qui se lève tôt " leur font déjà nettement plus confiance qu'au gouvernement à ce sujet : le rapport " ferait mieux " vs " ferait moins bien " est ainsi de 38/26 auprès des ouvriers, de 45/30 auprès des bas revenus, de 44/25 auprès des salariés du public, et, plus globalement de 41/31 auprès de l'ensemble des Français en âge de travailler (25-64 ans).
Martine Aubry à tout de même du " pain sur la planche " pour convaincre de la crédibilité de gouvernement du PS sur ces questions.


GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA

Le baromètre politique est ici
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Message le Jeu 30 Sep 2010 - 10:27 par Donald11

brusyl a écrit:well done duck !
Les franchouillards ne sont pas aussi cons que nos gouvernants le croient !
C'est la raison pour laquelle je n'ai pas perdu tout espoir. Y'a les franchouillards de TF1, certes tres nombreux, et pis y'a les Francais, toutes origines confondues.

Enfin, il me semble que le barometre politique va au dela des sondages d'opinion (way) bacles pour corroborer la propagande gouvernementale.

Mais bon, ca reste quand meme du sondage a la con !!!

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Message le Mer 29 Sep 2010 - 13:19 par brusyl

well done duck !
Les franchouillards ne sont pas aussi cons que nos gouvernants le croient !

Pour creuser un peu la question :


Livraisons sondagières sur un septembre social : petites et grosses arnaques


Publié le 27 septembre 2010

D’un commentateur inspiré par les journées de grèves et de manifestations, nous avons appris, non sans stupeur, que « les sondages contribuent davantage à éclairer sur l’humeur sociale » que « les défilés » (Lire : « Remplacer les manifestations par les sondages »). Reste à savoir si les commentaires des sondages ne contribuent pas à éclairer davantage sur l’humeur éditoriale de certains médias que leurs enquêtes sociales souvent rachitiques.

Ce sont moins les sondages eux-mêmes que leur instrumentalisation, voire leur manipulation, qui justifie le florilège qui suit.

I. Rentrée sondagière (du 4 au 6 septembre)


À quoi bon attendre la journée de grèves et de mobilisations du 7 septembre, quand l’opinion sondée permet de mieux comprendre les mobilisations sociales que l’opinion mobilisée ?

- 4 septembre : Ça balance

Un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France « montre » que « 70% des Français approuvent la journée de mobilisation ». Sondage signalé dans une dépêche AFP reprise partout, avec un commentaire de Jérôme Fourquet (de l’Ifop) : C’est un « tableau balancé et contradictoire : les Français trouvent le projet courageux et nécessaire mais pas juste, et soutiennent majoritairement le mouvement qui s’y oppose ». Et nos commentateurs de commenter savamment ce « tableau contradictoire » [1] – en général pour se féliciter que « malgré tout », les Français se résignaient à cette contre-réforme.

Mais bien peu ont commenté le sondage et son commentaire : « un projet courageux et nécessaire », vraiment ? Certes, cela peut paraître courageux de maintenir une réforme à laquelle s’opposent 70% de Français. Mais où a-t-on vu que « les Français » jugeaient cette réforme-là nécessaire ?

- 5 septembre : Et Woerth dans tout ça ?

Nouveau sondage – cette fois, Harris Interactive pour RTL : on apprend ainsi que « 60% des Français ne veulent plus de Woerth », ce qui va donner du « grain à moudre » aux journalistes « politiques » qui en ont bien besoin- car il n’est pas toujours facile d’éviter le fond d’un dossier pendant une interview qui peut durer quelques dizaines de minutes.

Autre information capitale : les partisans de la mobilisation ont (scientifiquement) perdu 8% de leurs effectifs. En effet, selon le sondage, effectué sur la même période (du 2 au 3 septembre), avec la même méthode (scientifique) des quotas, « 62% des Français soutiennent la mobilisation ».

- 6 septembre : « Résignés »

Sondage à l’appui, Le Figaro, dès le 6 juin, savait que « Les Français approuvent la retraite à 62 ans » (et, recensait, le 2 juillet, « 88% des Français partisans de la rigueur »). Nous l’avions relevé dans un article précédent (« Sondages à la “Une” du Figaro d’hier et de bientôt), « Le Figaro est ce délicat quotidien qui commande et obtient des sondages taillés sur mesure dont il se hâte de mettre en « une » les résultats les plus favorables à son orientation éditoriale (et ceux-là seulement) ». Confirmation.

- « Retraites : Les Français résignés », annonce triomphalement Le Figaro.fr en titre d’un article présentant la lecture figaresque d’un sondage Obea/Infra Forces réalisé pour France Info et 20 Minutes. Cette fois ce sont « 73% des sondés (qui) trouvent « justifiée » la journée de mobilisation de mardi ». Mais « surtout, cette enquête montre combien les Français semblent résignés sur le sujet », poursuit le Figaro. Et il faut attendre la dernière phrase de l’article pour découvrir des résultats qui sont tous défavorables à « la réforme Sarkozy » [2] : « Enfin, une large majorité de Français interrogés pense que la réforme, telle que présentée actuellement, ne résout pas le problème des retraites sur le long terme (68%), qu’elle est injuste (63,5%) et inéquitable (79%). »

Mais « surtout », ils sont résignés !

- Pour une fois, Le Figaro, peut-être en panne d’imagination, n’a fait que suivre la pente prise par France Info qui titrait ainsi l’analyse de « son » sondage : « Retraites : les Français préoccupés mais résignés (sondage France Info) ». Et de commenter savamment : « Pour les deux-tiers des Français (65%), cette nouvelle journée de grève, quelle que soit son ampleur, n’aura aucun impact sur les projets du gouvernement. Guère plus d’illusions sur la capacité d’action de la gauche : ils sont moins de 40% (39%) à penser que l’opposition reviendra sur cette réforme si elle remporte la prochaine présidentielle. »

Estimer un rapport de forces ne signifie pas nécessairement qu’on s’y résout. Et penser que l’on va réussir – ou échouer – ne veut pas dire pour autant qu’on s’y « résigne ». Mais qu’importe, puisque c’est le dernier refrain à la mode.

- 6 septembre, toujours : « Partagés »

Un autre sondage, mais quel sondage ! Cette fois, c’est France Soir qui s’est tourné vers l’Ifop, pour apporter de conserve une contribution au débat médiatico-politique, pourtant déjà de haute volée, sur « la » réforme des retraites : « Votre retraite – dans peu de temps ou dans très longtemps – l’attendez-vous “avec impatience” ou la redoutez-vous ? ».

Et les résultats nous sont fournis avec une brillante analyse de Dominique de Montvalon, qui a du mal à s’en remettre : « La surprise, c’est que la France, grosso modo, est coupée en deux. [...] Bref, la retraite est crainte par ceux qui pensent n’avoir pas les moyens de la vivre correctement. Elle est espérée par ceux qui, ayant les « moyens », ont hâte, par ce biais, d’échapper à la crise ».

Étonnant, non ? Mais c’est à la conclusion de l’article que l’on reconnaît l’éditorialiste de talent, qui sait mêler rigueur et subtilité : « Sans compter ceux, probablement nombreux, qui, à la fois, espèrent et redoutent la retraite . Une évidence : les Français sont partagés . »

Et on remet le couvert pour la journée de grèves et de manifestations suivante.

II. Deux semaines plus tard…


Le Figaro poursuit son dur labeur d’information

- 21-22 (septembre), rev’la Le Figaro

La veille de la journée de grèves et de manifestations, Le Figaro, toujours en pointe, s’offre un sondage Opinionway, dont il tire deux précieux enseignements, qui font la « Une » du journal le 22 septembre.

Le premier enseignement est livré par le titre de l’article mis en ligne dès le 21 : « Retraites : la promesse du PS ne convainc pas les Français », et explicité dès les premières lignes : « L’engagement solennel du PS, par la voix de Ségolène Royal, à rétablir la retraite à 60 ans en 2012, ne convainc pas les Français. C’est l’enseignement principal de l’enquête OpinionWay réalisée pour Le Figaro ».

Dans sa version imprimée du lendemain, le quotidien, qui sait à quel point la réforme du gouvernement emporte l’adhésion des « Français », titre, quant à lui, que ces derniers « ne croient pas aux promesses du PS ».

Et tout le reste de l’article joue sur l’ambiguïté entre croire ou non à la promesse du P.S. et adhérer ou non à sa proposition : « Seules 36% des personnes interrogées semblent croire à la promesse des ténors socialistes de revenir sur les 62 ans », précise le préposé aux commentaires, qui rappelle, en citant François Fillon, les « promesses non tenues par le PS de revenir sur les précédentes réformes des retraites »… avant de poursuivre : « L’adhésion à cette promesse est moins forte chez les Verts (53%) et carrément absente chez les amis de François Bayrou. Seuls 12% des électeurs du MoDem croient possible un retour aux 60 ans ».

- L’incrédulité de « l’opinion » face aux promesses du P.S. est peut-être « l’enseignement principal de l’enquête », mais celui qui a droit à un graphique en « Une », est non moins essentiel : 70% des personnes interrogées « trouvent la réforme nécessaire ». Une réforme ou cette réforme ? Ni le titre ni le sondage ne permettent de savoir comment les sondés ont compris la question [3]. En revanche, c’est seulement dans l’article en page intérieure que l’on aura connaissance d’un enseignement beaucoup moins digne d’intérêt : « 32% seulement estiment que le projet du gouvernement est juste ».

« À la veille de la seconde journée de mobilisation syndicale, voilà des résultats qui ne rassureront pas les partenaires sociaux », conclut logiquement l’article. Mais tout cela est de bonne guerre sociale.

- 23 (septembre) : Le Figaro est encore là

Le titre de « Une » du lendemain – le jour même des grèves et des manifestations - ne laisse aucun doute sur la nature des enseignements que Le Figaro est en mesure de tirer de n’importe quel sondage.

- 22 septembre : « Étonnant » (vu du Monde )

Étonnant : Le Monde choisit de publier la veille d’une journée de grèves et de manifestations qui contestent, notamment, le financement de « la réforme », les résultats d’un sondage TNS-Sofres sur la fiscalité.

Étonnant, ce titre de « Une » qui, comme le relève, entre autres remarques, l’Observatoire des sondages [4] est tellement vague qu’il ne veut rien dire : « « 79% des Français souhaitent une réforme fiscale ». Mais quelle réforme ???

Étonnant, cet étonnement du Monde qui met à la « Une » son « enseignement principal », comme dirait Le Figaro : « Seuls 54% des français sont opposés au bouclier fiscal ». Pourtant, à 54%, on peut ne pas se sentir si « seul ». Mais qu’importe, aux yeux du Monde, ce n’est manifestement pas beaucoup. C’est même si peu que le journal de référence cite, en intertitre de son article en page 8, Carine Macé (directrice associée chez Tns-Sofres) pour qui « l’idée selon laquelle pas plus de 50% des revenus doit aller à l’impôt semble admise ». Or, « seuls » 37% des sondés (et non des Français) se déclarent favorables au bouclier fiscal. Et dans tous les cas, rien ne permet de déterminer ce que les sondés entendent par « bouclier fiscal » et s’ils savent en quoi il consiste. Mais son « idée » semble si bien admise que, poursuit Le Monde, « …chez les sympathisants Verts, une forte minorité (45%) se dit hostile à la remise en cause du plafonnement et chez les sympathisants socialistes, ils sont 36% à penser la même chose ».

Mais, curieusement, Le Monde ne cite pas les pourcentages qui sont le plus favorables à son interprétation. En effet, quand on consulte l’intégralité du sondage, publié sur le site de la Tns-Sofres en fichier pdf (« Baromètre du moral économique des Français. Vague 4 »), on peut lire des résultats encore plus étonnants : les sympathisants de LO et du NPA sont 48% à être favorables au bouclier fiscal (juste en dessous du Front national et de l’UMP à 49%) et parmi les catégories socioprofessionnelles, ce sont les ouvriers et les employés qui sont le plus favorables au maintien de ce bouclier (43%, soit plus que les « Commerçants, artisans, chefs d’entreprise » à 40%). Pourquoi Le Monde ne cite-t-il pas ces chiffres hautement significatifs qui soutiennent fermement sa thèse ? Serait-ce que même à ses yeux, ils manqueraient de quelque vraisemblance ? L’extrême gauche et les ouvriers quasiment en tête du soutien à la politique sarkozyste de réduction des impôts des riches… voilà un scoop scientifiquement prouvé qui aurait pourtant mérité la « Une » !

- 23 septembre : Libération sonde le climat (de la révolte)

Libération aussi devait se livrer aux délices de la sondomanie. « Près de 45% des sondés choisissent le terme fort de “révoltés” pour définir leur état d’esprit, 21% se disent “résignés” […] Ils sont, par ailleurs, 11% à se dire “indifférents, 18% “confiant”, contre 3% à rester « enthousiastes”. » Sur la foi de ce baromètre scientifique (préférable à ce que montrent les mobilisations et disent les mobilisés ?), la « Une » de Libération annonce ce que nul jusqu’alors n’avait senti : « Un climat de révolte ».

« Révolte » ? Cet « état d’esprit », scientifiquement mesuré, témoigne - bouleversante découverte… - d’un « malaise » diagnostiqué par l’incontournable commentaire de l’inévitable commentateur : « "Il y a une polarisation sur le report de la retraite à 60 ans, comme le symbole d’un désenchantement économique et social beaucoup plus profond", note François-Miquet-Marty. "Les voies d’extériorisation de ce malaise ne sont pas si nombreuses, la réforme des retraites en est une". Car le ressenti global sur la situation économique et sociale est très loin d’être rose. "Un agrégat colossal, 66% des Français disent un malaise", observe le directeur de Viavoice ». Une observation colossale, et absolument inédite : le rejet de cette réforme est le signe d’un malaise plus profond…

« Révolte » ? Un « terme fort » que Laurent Joffrin s’emploie à commenter dans un « éditorial » poétiquement intitulé « Souvenir amer » : « Une révolution ? Non, sire, une révolte. La réponse des Français au sondage réalisé par Viavoice est impressionnante. Ils sont donc 45% parmi les personnes interrogées à juger révoltante la conjoncture économique et sociale. » Ouf ! Une révolte seulement, dont Joffrin s’empresse de développer les conséquences, non pas pour le mouvement social, mais… pour le gouvernement et son avenir électoral : « Tel est le vrai risque couru par le gouvernement. Non pas celui d’un blocage, que les partenaires sociaux ne souhaitent pas organiser. Mais le souvenir amer et persistant, le jour du prochain scrutin, d’une réforme dure aux faibles et indolore aux forts ».

- L’Humanité sonde le soutien populaire

Décidément, les sondages se prêtent à tous les commentaires et à toutes les instrumentalisations. Les sondages favorables à la mobilisation aussi. Ainsi, L’Humanité cède aussi aux sirènes sondagières, commande « son » sondage et titre en « Une », jeudi 23 septembre « 68% des Français nous soutiennent – C’est ce que montre notre sondage CSA ». N’y a-t-il pas meilleur moyen, pour soutenir un mouvement social, que de légitimer, en y faisant appel, ces « enquêtes d’opinion » qui tendent à se substituer, dans les médias dominants, aux enquêtes sociales ? C’est en tout cas ne pas se mettre dans la meilleure position pour pouvoir contester le recours aux sondages d’opinion autant qu’ils le méritent.

http://www.acrimed.org/article3449.html

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