Où l'on reparle des retraites... pour parler d'autre chose...

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13102010

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Où l'on reparle des retraites... pour parler d'autre chose...




Nous sommes devant un choix de société, et le problème va bien au delà des retraites.

Cela fait déjà longtemps que nous aurions du prendre conscience de la défection conjointe du système et de nos politiques. La réforme des retraites, de part son caractère cynique, cruel, et insultant pour l'ensemble des travailleurs de notre pays, n'est finalement qu'un vecteur cristallisant les sentiments que la plupart d'entre nous se refusent à regarder, à propos du monde dans lequel on vit.

Il est bien facile, lorsqu'on a une situation stable, et relativement "aisée" de ne pas voir ce qui se prépare et de ne pas prendre en compte la réalité du système. Il peut être naturel, lorsque tout va bien pour soi même de ne pas mesurer la détresse de tous ceux pour qui cela ne va pas. Il est commode, lorsqu'on travaille, de montrer du doigt celui qui ne travaille pas et de l'accuser de dilapider nos impôts en bon fainéant dûment estampillé comme tel. Commode parce que cela permet de se dédouaner de sa part de responsabilité dans la construction de la folie néolibérale... commode parce que cela permet de désigner un responsable, commode parce que ce responsable n'a pas les moyens de se défendre, puisqu'on le culpabilise à longueur de journée. Le non travailleur est celui qui ne participe pas à la croissance, il est celui qui met un frein au développement de la société productiviste. Comme par ailleurs il n'a pas suffisamment de moyens, il n'est pas non plus le consommateur attentionné que la société attend de lui, et il est de surcroit celui qui est responsable du soit-disant gouffre déficitaire des prestations sociales.

Le retraité est donc la cible idéale... à la fois non productif et coûteux de part la simple perception de ses allocations, il est de plus, un virulent consommateur de soins en tout genre. Le retraité en 2010 vit plus vieux, donc il faut lui payer sa pension plus longtemps, mais en plus il est fragile et souvent malade, ce qui accroit encore son impact sur les finances publiques.

Qu'ils aillent jusqu'au bout de leur logique, qu'ils le disent clairement ... on en fait quoi des retraités et des improductifs ? On en fait quoi des malades et des handicapés ? On les exécute tout de suite ? A partir de "n" jours non travaillés ne doit-t'on pas faire disparaitre ce qui n'est qu'une charge pour la société néolibérale ? Est ce qu'il faut ré-ouvrir des camps d'extermination où va-t'on faire cela en milieu hospitalier ? Et pourquoi pas à domicile via un service privé pudiquement dédié à l'éradication des coûts sociaux ?

Il est temps de mettre un terme à cette folie. Il n'est pas question que nous continuons sur ce chemin. Il faut refuser intégralement la réforme des retraites, et lutter jusqu'à son abandon. Nous refusons de discuter d'un problème qui n'en est pas un. Si nous cédons aujourd'hui, les limites qu'ils n'ont déjà plus, n'auront cesse de s'étendre encore et encore pour nous aliéner chaque jour un peu plus au modèle dominant, destructeur de vie, d'intelligence et de raison.

Certains se demandent "mais que fait le PS"...

Le PS est un parti de gouvernement, il n'a plus de socialiste que le nom, il ne désire pas changer le système mais simplement essayer d'en contenir les excés pour nous les diffuser à petites doses sur la durée. Peut importe, que les dirigeants socialistes soient sincères ou non. Peut importe de savoir si ils se sont laissés convaincre que le modèle existant est le seul possible et qu'il faut juste essayer de limiter la casse ou qu'au contraire ils aient finalement adhéré à son idéologie. A l'arrivée, nous avons des gens qui ne contestent pas le système dans son ensemble, qui sont résignés et qui n'ont plus aucune imagination pour essayer de bâtir et proposer les bases d'un nouveau modèle de société.

Les partis politiques et les syndicats font partis du système. Ils vivent par et pour le système qui les alimentent et les fait vivre, ils sont parties prenantes. Il n'est rien à attendre d'eux.

Les élus sont censés représenter le peuple et défendre ses intérêts et non pas ceux d'une caste financière ou industrielle. Ils ne sont pas dévolus à défendre un système que le peuple réfute. Ils trahissent leur engagement, ils trahissent la Nation, la République, la Démocratie, ils trahissent chacun d'entre nous.

C'est donc à nous qu'il appartient de faire bouger les choses. C'est nous qui devons lutter pour la défense de nos acquis sociaux et la construction d'un monde cohérent et humain, c'est nous qui devons nous opposer à la folie consumériste et productiviste.

Eux... ils ne le feront pas.

Mais devant l'ampleur de la mobilisation, devant la force du peuple qui dit "NON", qui se mobilise et qui se met en marche pour sa propre défense, les élus réellement démocrates et républicains, qu'ils soient de droite, de gauche, du centre, finiront par retrouver le sens de leur engagement et nous rejoindre dans notre lutte. Là, il nous appartiendra de trier les opportunistes de ceux qui auront enfin le droit d'exprimer, ce qui était au départ la réelle nature de leur investissement politique.

On nous parle de droite, de gauche, mais ces concepts anciens n'existent plus. Ils servent de paravent et d'épouvantail, ils sont la muleta que chaque groupe agite pour faire diversion et entretenir des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

Aujourd'hui il y a ce qui est démocratique et ce qui ne l'est pas, ce qui est républicain et ce qui ne l'est pas, il y a la défense du bien commun et des intérêts de tous qui s'oppose à un système reléguant l'intérêt général à la défense particulière des mieux nantis.

Aujourd'hui, il y a ceux qui s'opposent au système néolibéral oligarchique et ceux qui ne s'y opposent pas.

Peut importe "l'origine" politique, peut importe les antagonismes "droite/gauche", ils ne sont plus valides. Il s'agit simplement de s'opposer à un système qui n'a, ni plus ni moins, pour objectif, que l'asservissement planétaire des peuples au dogme productiviste et consumériste.

Plus ils sont riches, et plus ils exigent de nous d'être pauvre. Plus ils sont libres, plus ils nous imposent d'entraves, plus ils sont puissants, plus ils exigent la soumission.

Serions nous devenus si pleutres, serions nous si aliénés, que nous ne saurions nous battre pour l'avenir de nos enfants ? Nous avons, pour certains d'entre nous, profité des trente glorieuses. Nous avons bénéficié des prodiges d'un monde en mutation, où tout nous semblait permis. Nous avons jouis de protections sociales que nos pères et mères avaient acquis parfois par le sang versé. Allons nous regarder nos enfants dans les yeux, pour leur dire "désolé pour toi mon grand, mais il va falloir que tu trimes, que tu courbes l'échine, que tu te soumettes au dogme" ?

Il n'en est pas question !

Nous refusons ce monde que vous voulez nous imposer et nous allons nous atteler à vous obliger d'agir.


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Message le Ven 15 Oct 2010 - 9:44 par Donald11

Augure a écrit:En effet, j'ai hésité à employer ces termes parce qu'ils sont effectivement galvaudés et en les voyant cote à cote j'ai très exactement pensé à ce que tu soulignes. Mais quels termes utiliser ? Je l'ignore. Les mots ne sont que des mots, ils n'ont que la valeur et le sens qu'on leur accorde.
Bien entendu, cette remarque ne t'etait pas destinee personnellement, tu t'en doutes. Est-il inutile de rappeler que les mots servent aussi a la propagande. Et puis le meme mot, prononce par deux personnes aux aspirations differentes, n'aura pas le meme sens, ni le meme impact, autrement dit, dans la bouche d'un politique, d'un financier ou d'un clochard, ce qui est "democratique" n'a pas le meme sens, meme s'il a une definition unique dans tous les dictionnaires du monde ... Question sous-jacente : serions-nous differents, et nos idees differentes, de ce que nous sommes si nous n'occupions pas la meme place que celle que nous avons actuellement dans la societe ? Par exemple, en caricaturant un peu, si Augure s'appelait Nicolas ou si j'habitais le XVI eme ?
La pauvreté et la misère ne prennent pas de vacances.
Ni la maladie ...
Les mots... quand je dis à une personne d'appeler le 115... me brûlent la bouche. Je ne peux m'empêcher de leur dire qu'il n'y a pas de place, et qu'il ne faut pas qu'ils espèrent de trop. Malgré tout, je les enjoins à appeler, pour qu'il prenne place ... dans la liste d'attente... et quand je m'entends parler, mon cœur se déchire.
Ben oui, mais toi tu t'adresses personnellement a une personne, tandis que la democratie s'adresse a une foule anonyme, inconnue, et percue parfois comme son ennemi ...
Ai grija de tine.
Bon week-end.

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Message le Jeu 14 Oct 2010 - 21:20 par Invité

Ce n'est pas ainsi que se definissent les deux grands partis de l'autre cote de l'Atlantique, pour le plus grand bonheur de la planete ? Meme ces deux termes, "democratique et republicain", sont galvaudes et foules au pied par tous ...

En effet, j'ai hésité à employer ces termes parce qu'ils sont effectivement galvaudés et en les voyant cote à cote j'ai très exactement pensé à ce que tu soulignes. Mais quels termes utiliser ? Je l'ignore. Les mots ne sont que des mots, ils n'ont que la valeur et le sens qu'on leur accorde.

Regarde, pas plus tard que tout à l'heure, une amie m'appelle pour me dire qu'elle est tombée sur une personne qui vient, ce jour, de perdre son logement et de se retrouver à la rue. Elle me dit qu'elle l'a orienté vers le 115 qui lui a dit qu'il n'y avait pas de place, et qu'elle me l'envoyait demain à l'accueil de jour... je lui ai répondu que j'étais en vacances...

La pauvreté et la misère ne prennent pas de vacances. Les mots... quand je dis à une personne d'appeler le 115... me brûlent la bouche. Je ne peux m'empêcher de leur dire qu'il n'y a pas de place, et qu'il ne faut pas qu'ils espèrent de trop. Malgré tout, je les enjoins à appeler, pour qu'il prenne place ... dans la liste d'attente... et quand je m'entends parler, mon cœur se déchire.

il m'arrive de rêver d'une terre qui soit comme un jardin, à la fois sauvage, et apprivoisée, comme un cœur que l'on sent palpiter dans le creux de la main, où les pas qui m'accompagnent, rythmés aux miens, chantent comme oiseau dans un ciel incertain, qui guettant l'orage, qui voyant mirage, comprend qu'il n'a nul besoin de guide pour atteindre demain

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Message le Jeu 14 Oct 2010 - 10:26 par Donald11

Aujourd'hui il y a ce qui est démocratique et ce qui ne l'est pas, ce qui est républicain et ce qui ne l'est pas, il y a la défense du bien commun et des intérêts de tous qui s'oppose à un système reléguant l'intérêt général à la défense particulière des mieux nantis.
Ce n'est pas ainsi que se definissent les deux grands partis de l'autre cote de l'Atlantique, pour le plus grand bonheur de la planete ? Meme ces deux termes, "democratique et republicain", sont galvaudes et foules au pied par tous ...

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Message le Mer 13 Oct 2010 - 13:38 par Mister Cyril

Clap, clap....à un détail près...

"les antagonismes "droite/gauche", ils ne sont plus valides."
au sens propre du terme peut être (et encore) mais derrière se cachent (pas très loin) d'autres antagonismes issus d'un processus historique directement liés à l'antagonisme droite/gauche au moins bi-centenaire...j'espère que nous aurons l'occasion d'en parler un de ces 4...

Sincères salutations Augure!!!

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