Egypte : cela continue. Nouvelle nuit d'affrontements au Caire

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27012011

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Egypte : cela continue. Nouvelle nuit d'affrontements au Caire




Des milliers d'Egyptiens réclamant le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, ont bravé dans la nuit de mercredi à jeudi une interdiction de manifester et ont affronté la police, comme ils l'avaient fait depuis mardi s'inspirant de la révolution tunisienne, qui a abouti le 14 janvier à la chute de Ben Ali après un mois de manifestations. Comme en Tunisie, les opposants égyptiens dénoncent la pauvreté, le chômage, la corruption et la répression.


Les opposants au régime Moubarak ont poursuivi leurs manifestations mercredi jusque tard dans la nuit, affrontant parfois la police au Caire et dans d'autres villes comme Suez
Malgré les interdictions et l'important dispositif policier, de nouvelles manifestations se déroulent au Caire et en province ce mercredi après-midi contre le président Hosni Moubarak. Comme mardi, des affrontements ont lieu entre forces de l'ordre et protestataires.

Le groupe à l'initiative des cortèges de mardi, qui ont vu s'affronter police et manifestants réclamant le départ de Moubarak, appelle à redescendre dans la rue. Le gouvernement durcit le ton. Etats-Unis et France exhortent à éviter la violence et respecter les aspirations du peuple égyptien.

Mercredi jusque tard dans la nuit, des rassemblements d'opposants au régime Moubarak se sont tenus dans la capitale du Caire et dans d'autres villes, notamment à Suez, à l'est du Caire, où des manifestants ont incendié un bâtiment public. Il est fait état de 2 nouvelles victimes au Caire, un policier et un civil, ce qui porterait à six morts le bilan des émeutes. Mais la thèse d'un accident de la route a également été évoquée. Selon des témoins, la police a tiré des coups de feu en l'air près du palais de justice dans le centre du Caire. Dans un autre quartier, elle aurait précipité des camions dans une foule d'environ 3000 personnes pour la disperser.
A Suez, des affrontements ont eu lieu devant la morgue entre la police et des centaines de manifestants qui réclamaient les corps des trois manifestants tués la veille.

Peut-être plus de 1000 arrestations

Un responsable de la sécurité a assuré mercredi qu'au moins mille personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations. D'après des témoins cités par Reuters, des policiers, certains en civil, interceptent des manifestants et les entraînent dans des camionnettes non immatriculées. Certains contestataires sont alors battus à coups de matraques.

Twitter et Facebook au cœur de la contestation

Comme en Tunisie, les manifestants se servent des réseaux sociaux Twitter et Facebook sur internet pour communiquer entre eux. Le site Facebook a indiqué mercredi qu'il n'avait pas constaté de changement dans son trafic en Egypte alors que des opposants accusaient le gouvernement égyptien d'empêcher les connexions. Twitter en revanche a confirmé avaoir été bloqué mardi. Un nouveau groupe Facebook appelle à de nouvelles manifestations vendredi.

Déclarations d'intention...

Le Premier ministre Ahmed Nazif a assuré que son gouvernement entendait "garantir la liberté d'expression par des moyens légitimes" et que sa police faisait preuve de retenue. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a incité le gouvernement du Caire à saisir "cette occasion importante" pour mettre en oeuvre des réformes politiques, économiques et sociales.

Le retour d'El Baradei ?

Mohamed ElBaradeï, partisan de réformes politiques en Egypte, va revenir jeudi dans son pays, a annoncé son frère mercredi. Ex directeur de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), ElBaradeï est respecté par une grande partie des manifestants.
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Message le Dim 3 Fév 2013 - 11:40 par Mister Cyril

Les "Black bloc", nouveau visage de la contestation égyptienne

Sous une tente aux allures de campement militaire, une quinzaine de jeunes hommes reçoivent cagoulés et masqués. Droits dans leurs baskets, ils écoutent dans un silence monacal les ordres donnés par le chef de bande. Bottes et treillis, c'est lui qui attribue les missions aux membres de ce groupuscule, devenu en une semaine aussi célèbre pour la mise en scène que pour le secret dont il entoure ses actions.
"Tout a commencé le 19 novembre pendant les manifestations rue Mahmoud-Salem, au Caire. Beaucoup de nos amis ont été tués. Les officiers de police et les militaires portaient des masques. On s'est dit qu'on allait faire pareil", indique, vendredi 1er février, leur porte-parole. Après quelques recherches sur Internet, ils se choisissent pour modèle les "Black bloc", des groupes radicaux européens. Ils sont étudiants, employés ou chômeurs, ont de 20 à 30 ans, et appartiennent à une "génération issue du sang des martyrs", comme le proclame leur vidéo sur YouTube.

LA BÊTE NOIRE DES AUTORITÉS ÉGYPTIENNES

Après avoir fait une entrée remarquée lors de la manifestation du deuxième anniversaire de la révolution, le 25 janvier, les Black bloc sont devenus la bête noire des autorités égyptiennes. Leurs codes et modes d'action directe alimentent les craintes de voir le pays sombrer davantage dans la violence.
"L'action défensive est privilégiée. Une infime partie d'actions offensives est menée en réaction à des attaques, assure le porte-parole. Notre but est de protéger les bâtiments publics, les manifestants et les femmes victimes de harcèlement sexuel." Ils auraient assuré la protection de l'hôtel Semiramis, attaqué mardi soir par des jeunes casseurs, selon les témoignages de clients.

La discrétion entretenue par ses membres et les mesures de sécurité dont ils accompagnent toute prise de contact extérieure, ne font qu'alimenter rumeurs et fantasmes. Les Black bloc ont gagné la réputation de "casseurs de flics". Armés de bâtons et de cocktails Molotov, ils sont de tous les affrontements. Ils assurent que leur "vengeance" serait de voir "les policiers qui ont été jugés pour avoir tué des manifestants et qui ont tous été acquittés, rejugés. On a leur nom. On les a donnés au procureur général." Place Tahrir, on les dit armés pour intervenir sur des actions éclair contre les forces de l'ordre.

"ILS ONT VOLÉ NOTRE RÉVOLUTION"

Mais leur véritable ennemi, assurent-ils, ce sont les Frères. "Depuis le premier jour, ils ont volé notre révolution", dit le jeune homme. Ils tiennent à l'œil ces milices, lourdement armées, qui viennent parfois attaquer les manifestants. "S'ils nous attaquent, on réagit. On n'a pas les armes, mais on a la foi. On continuera jusqu'à la victoire : que le président Morsi et le régime partent. Après, ça nous est égal qui sera président, du moment qu'il s'occupe du pays."

Bien que minoritaire, cette forme de contestation inédite en Egypte commence à faire des émules. Ce qui n'a pas tardé à inquiéter les autorités. Le procureur général, Talaat Ibrahim Abdallah, a ordonné mardi l'arrestation de toute personne soupçonnée d'appartenir au groupe. Une enquête a été ouverte après le dépôt d'une plainte les accusant d'avoir mis le feu à des locaux appartenant aux Frères musulmans. Ce dont ils se défendent. Une vingtaine de membres présumés ont été arrêtés depuis. "Groupe terroriste", "sabotage, émeute et intimidation", "financements occultes", "lien avec Israël" : les autorités disent détenir de nombreux éléments à charge.

Depuis, les Black bloc se sont faits très discrets, voire quasiment invisibles. Vendredi, les spéculations étaient ouvertes sur leur participation aux manifestations. En signe de soutien, des centaines de manifestants avaient décidé de défiler cagoulés.

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Message le Sam 28 Jan 2012 - 11:18 par Mister Cyril

Portrait désabusé d’une révolution égyptienne

Place Tahrir, le 25 janvier 2012 : "Merci aux jeunes d'Egypte. Gloire aux martyrs"
Islamistes, libéraux, partisans de gauche et citoyens ordinaires : des dizaines de milliers d'Egyptiens affluaient, mercredi 25 janvier, sur la place Tahrir au Caire pour célébrer le premier anniversaire du soulèvement égyptien. Un soulèvement qui, avec le départ de l'ancien président Hosni Moubarak le 11 février et l'ouverture de son procès en août, a accouché d'une nouvelle ère. L'an I de la révolution égyptienne est dans toutes les bouches, célébré au travers de dizaines d'événements dans le pays, que ce soit à l'initiative du Conseil suprême des forces armées (CSFA), des partis politiques ou des coalitions révolutionnaires (voir la liste des événements diffusée par le mouvement du 6 avril, en arabe).

Ces célébrations ne revêtent pas, pour tous, la même signification. Elles pourraient même révéler les fortes divisions qui se font jour au sein de la société égyptienne (écouter le podcast en anglais du blog The Arabist sur ce thème). Pour les islamistes, au premier rang desquels la confrérie des Frères musulmans, elles ont un goût de victoire. Après une longue marche vers le pouvoir semée d'embûches, l'an I de la révolution égyptienne est synonyme pour elle de consécration. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu de ses rangs, a obtenu près de la majorité des sièges (47 %) aux élections législatives. Une majorité suffisamment confortable pour ne pas l'obliger à contracter une alliance délicate avec les partis salafistes, autres grands vainqueurs du scrutin (24 %).


"Prochainement, le 25 janvier 2012"
Pour les mouvements pro-démocratie, qui étaient les moteurs de la révolte, ces célébrations ont, en revanche, des airs de lendemains qui déchantent. Aujourd'hui, ils sont à nouveau réunis place Tahrir pour raviver l'esprit d'une révolution qu'ils estiment inachevée et demander le départ du Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute de l'ancien raïs. La portion congrue dévolue à leurs représentants au sein de la nouvelle Assemblée du peuple n'est pas à même d'apaiser leurs craintes sur l'ère qui s'ouvre en Egypte.

Sur la Toile circule une vidéo réalisée par Safwan Nasser Al-Din, intitulée "Portrait d'une révolution égyptienne". Peut-être aurait-il du l'appeler "Portrait désabusé d'une révolution égyptienne". Pour Issandr El-Amrani, auteur du blog The Arabist, cette vidéo illustre "le sentiment des révolutionnaires égyptiens envers les partis politiques, l'armée et l'idée même de s'être fait voler la révolution". Car, pour beaucoup de jeunes révolutionnaires à l'instar de l'auteur du blog Just an Egyptian, "rien n'a changé, en fait tout est pire". Pour eux, aucune de leurs demandes n'a été réalisée et l'ancien régime reste en place.


Dans cette vidéo, face à un jeune révolutionnaire, couvert du drapeau égyptien, qui porte dans ses bras son frère mort et continue à réclamer ses droits, apparaît, omniprésente et menaçante, la figure du maréchal Hussein Tantaoui, chef du pouvoir militaire. En chef d'orchestre d'un véritable jeu de dupes. Manipulant, tour à tour, les salafistes contre ceux qui appellent à la démocratie sous couvert de droits homosexuels et de désobéissance ; les Frères musulmans contre les salafistes qui veulent prendre le pouvoir ; et les progressistes contre ceux qui veulent voiler leurs femmes. Tous s'entendront finalement contre ces jeunes révolutionnaires, voyous et "ennemis de Dieu", jusqu'à se déchirer pour accéder au trône laissé vacant par Moubarak. L'ombre de ce dernier plane pourtant encore sur l'Egypte, orchestrant depuis sa prison les troubles qui secouent l'Egypte de façon sporadique. "La révolution continue" contre ceux qui ont vendu l'Egypte, conclut Safwan Nasser Al-Din.

Une vision pour le moins pessimiste de la jeune démocratie égyptienne. Or, "le fossé qui s'est creusé entre ceux qui épousent cette vision du monde et le reste du pays est inquiétant", commente Issandr El-Amrani. Les espoirs des jeunes révolutionnaires se réduisent jour après jour comme peau de chagrin, laissant place à la frustration de devoir s'accommoder des réformes. Il est temps, estime le blogueur, de "transformer toute cette frustration en de nouvelles voies plus effectives de s'organiser, de faire du lobbying et de faire campagne".

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Message le Sam 17 Déc 2011 - 13:11 par Mister Cyril

Egypte: huit morts au Caire, le Premier ministre parle de «contre révolution»

Les affrontements au Caire entre forces de l'ordre égyptiennes et manifestants anti-armée se sont étendus samedi en fin de matinée aux alentours de la place Tahrir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les violents heurts entre militaires et quelques centaines de manifestants qui leur jetaient des pierres se sont étendus de la place, foyer de la mobilisation contre le président déchu Hosni Moubarak, puis contre le pouvoir militaire qui lui a succédé, à un pont sur le Nil à proximité, selon la même source.

Un épais nuage de fumée noire s'élevait de la place, où des incendies se sont déclarés dans deux bâtiments ministériels. Des militaires poursuivaient des manifestants dans les rues avoisinantes et en ont interpellé plusieurs, selon un photographe de l'AFP.

Ces affrontements dans le centre du Caire ont fait huit morts et 299 blessés, selon un bilan diffusé samedi par le ministère de la Santé, tandis que les accrochages reprenaient dans la matinée.

«Le bilan des incidents de vendredi devant le siège du gouvernement est passé à huit morts et 299 blessés», a déclaré Adel Adaoui, adjoint du ministre de la Santé, cité par l'agence officielle Mena. Un précédent bilan faisait état de 3 morts et 257 blessés.

«Contre révolution»
Les manifestants qui affrontent les forces de l'ordre au Caire depuis vendredi ne veulent pas une «révolution» mais une «contre-révolution», a déclaré samedi le Premier ministre Kamal el-Ganzouri dans une conférence de presse.

«Ceux qui sont à Tahrir ne sont pas les jeunes de la révolution», a-t-il dit en allusion à la révolte qui a débouché sur la chute de Hosni Moubarak. «Ce n'est pas une révolution, mais une contre-révolution», a-t-il dit en référence aux accrochages qui ont fait officiellement huit morts et près de 300 blessés.

Le chef du gouvernement a indiqué que 18 personnes avaient été blessées par balles, mais a assuré que ni la police ni l'armée n'avaient ouvert le feu. Il a mis en cause des «éléments infiltrés» qui «ne veulent pas de bien à l'Egypte», sans être plus précis.

Premier ministre sous Moubarak
M. Ganzouri, nommé fin novembre par l'armée et dont le gouvernement a été investi le 7 décembre, est lui-même mis en cause par les manifestants pour avoir déjà été Premier ministre sous Hosni Moubarak.

Les forces de l'ordre ont repris le contrôle samedi tôt dans la matinée des abords du siège du gouvernement, où les violents affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

D'importants effectifs de soldats et de policiers ont barré les accès à ce secteur, en déployant notamment des barbelés, à quelques centaines de mètres de la place Tahrir.

Après quelques heures de calme des heurts sporadiques ont toutefois repris dans le courant de la matinée avec des groupes de manifestants jetant des pierres et des cocktails Molotov, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces affrontements avaient débuté vendredi matin entre les forces de l'ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination de M. Ganzouri.

Ces heurts sont survenus alors que le pays est engagé depuis le 28 novembre dans des élections législatives, jusqu'à présent largement dominées par les formations islamistes.

Ces violences sont les plus importantes depuis des affrontements entre manifestants anti-armée et forces de l'ordre qui avaient fait 42 morts en novembre dans le même quartier du Caire, quelques jours avant le début du scrutin.

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Message le Mar 22 Nov 2011 - 10:37 par Mister Cyril

Ce qui est intéressant c'est que les frères musulmans préfèrent discuter avec le pouvoir en place (oligarchie+militaire)...c'est donc bien un mouvement révolutionnaire...





"Egypte : le gouvernement démissionne, les manifestants rempilent
Une manifestation, qui s'annonce massive, est prévue mardi après-midi place Tahrir pour réclamer la fin du pouvoir militaire. Le dernier bilan fait état de 26 morts.


Le gouvernement égyptien a annoncé sa démission au troisième jour d’affrontements meurtriers opposant forces de l’ordre et manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire en Egypte. Il a présenté sa démission au Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir depuis le départ du président Moubarak en février «au vu des circonstances difficiles que traverse actuellement le pays», a annoncé son porte-parole Mohamed Hijazi.

Cette démission intervient à une semaine des premières élections législatives depuis le départ de Moubarak, chassé du pouvoir par une révolte populaire le 11 février, alors que les heurts font craindre que le scrutin, prévu sur plusieurs mois, soit émaillé de violences.

Selon le ministère de la Santé, 24 personnes – 23 au Caire, une à Alexandrie (nord) – ont été tuées et 1.900 blessées depuis samedi, notamment sur la place Tahrir au Caire, épicentre du soulèvement populaire du début de l’année. Mais dans la nuit de lundi à mardi, deux autres personnes ont été tuées à Ismaïliya, portant à 26 le bilan des décès.

Le CSFA a appelé lundi soir les forces politiques à une réunion d’urgence «pour examiner les causes qui ont aggravé la crise actuelle et les moyens d’en sortir le plus rapidement possible». Le Conseil suprême a en outre annoncé avoir chargé le ministère de la Justice de mettre en place un comité chargé de faire la lumière sur les violences. Le ministère de l’Intérieur a accusé dans un communiqué les manifestants d’avoir lancé des cocktails molotov et tiré avec des fusils de chasse sur les forces de l’ordre, en blessant 112. Le communiqué fait état de «116 émeutiers arrêtés au Caire, 46 à Alexandrie et 29 à Suez».

La colère vise le conseil militaire accusé de vouloir se maintenir au pouvoir, de ne pas tenir ses promesses de réformes et de poursuivre la politique de répression de l’ère Moubarak. Selon Amnesty international, le CSFA «a étouffé la révolution» et certaines violations des droits de l’Homme commises depuis qu’il est au pouvoir sont pires que sous le régime Moubarak.

Dans la nuit de lundi à mardi, de violents affrontements se poursuivaient dans des rues adjacentes à Tahrir menant au ministère de l’Intérieur, cible privilégiée des manifestants et sous forte garde des forces anti-émeutes. La télévision publique a continué de retransmettre ces scènes en direct, comme elle le fait depuis le début des affrontements. Sur la place Tahrir, lundi, les dizaines de milliers de manifestants scandaient «Le peuple veut la chute du maréchal» Hussein Tantaoui, à la tête du conseil militaire et dirigeant de facto de l’Egypte. Ailleurs dans le pays, police et manifestants s’opposaient à Alexandrie et Qena (centre), Ismaïliya et Suez, sur la mer Rouge, et el-Arich dans le Sinaï.

Des mouvements égyptiens, dont la Coalition des jeunes de la révolution et le mouvement du 6 avril, ont appelé à une manifestation massive mardi à 16 heures (15 heures en France) sur Tahrir pour réclamer la fin du pouvoir militaire et la formation d’un «gouvernement de salut national». Et des dizaines de diplomates égyptiens ont appelé à «la fin immédiate des attaques contre les manifestants pacifiques». Les Frères musulmans d'Egypte, la force politique la mieux organisée du pays, ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à cette manifestation. Le Parti de la liberté et la justice, issu des Frères musulmans, a annoncé que cette décision émanait du "souci de ne pas entraîner le peuple vers de nouveaux affrontements sanglants avec des parties qui cherchent davantage de tensions", selon un communiqué posté lundi soir sur son site internet.

L’armée s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils après une élection présidentielle qui doit suivre les législatives mais dont la date n’est toujours pas connue. L’armée a dit «regretter» les violences, tout en réaffirmant s’en tenir au calendrier électoral établi.

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Message le Dim 20 Nov 2011 - 21:44 par Mister Cyril

Egypte: 7 morts place Tahrir, dont 4 par balles réelles
Les affrontements entre police et manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire ont fait quatre morts dimanche au Caire, portant à six le bilan des décès après deux jours d'affrontements en Egypte, à une semaine du premier scrutin législatif depuis le départ d'Hosni Moubarak.

En début de soirée, des milliers d'Egyptiens occupaient la place Tahrir après avoir repoussé la police, tandis que les affrontements se poursuivaient dans les rues adjacentes à la place emblématique, foyer de la révolte qui a provoqué le départ du président Moubarak en février, où un homme a péri samedi.

Des médecins dans des hôpitaux de campagne installés sur la place Tahrir ont annoncé la mort de quatre personnes, dont trois morts par asphyxie après les tirs répétés de gaz lacrymogènes par la police et un par balle réelle.

Une vidéo publiée sur YouTube a par ailleurs montré des policiers traînant le corps d'un manifestant avant de l'abandonner dans un caniveau, au milieu de détritus flottant dans une flaque d'eau.

cinquante-cinq personnes arrêtées
Des protestataires ont également défilé dans la ville d'Ismaïlia, sur le canal de Suez, selon une source des services de sécurité, tandis que des affrontements ont éclaté à l'issue des funérailles d'un jeune homme tué samedi à Alexandrie (nord), selon l'agence officielle Mena.

A Suez, des militaires tiraient en l'air pour disperser des manifestants, au lendemain d'affrontements dans cette ville située sur la mer Rouge, selon un correspondant de l'AFP.

Des défilés réclamant que le pouvoir, aux mains de l'armée depuis plus de neuf mois, soit rendu aux civils, avaient également lieu dans le centre du pays à Qena et Assiout, selon des responsables de la sécurité.

Cinquante-cinq personnes ont été arrêtées dimanche, selon la même source.

Ces affrontements, rappelant les scènes de la révolte anti-régime du début de l'année, avec toutefois une moindre ampleur, ont débuté au lendemain d'une manifestation sur la même place de dizaines de milliers d'Egyptiens.

«Rien n'a changé après la révolution»

Les heurts qui avaient commencé samedi matin se sont poursuivi dans la nuit avant de reprendre dimanche matin et s'insensifier dans l'après-midi, notamment aux abords du ministère de l'Intérieur, proche de Tahrir, rappelant les scènes de la révolte anti-régime du début de l'année, avec toutefois une moindre ampleur.

Un appel à une manifestation de masse a également été lancé pour la fin de l'après-midi dans la ville de Suez, sur la mer Rouge, où des affrontements ont déjà eu lieu samedi, selon un correspondant de l'AFP.

Des manifestants ont également défilé dans la ville d'Ismaïlia (nord), sur le canal de Suez, selon une source des services de sécurité, tandis que des milliers de personnes ont participé aux funérailles d'un jeune homme tué samedi à Alexandrie (nord), selon l'agence officielle Mena. Un autre avait également été tué au Caire.

Sur la place Tahrir, des groupes de manifestants scandaient des slogans hostiles au pouvoir militaire, réclamant la chute du maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis le départ du président Moubarak.

«Le Conseil des forces armées poursuit la politique de Moubarak, rien n'a changé après la révolution», a déclaré à l'AFP Khaled, 29 ans, alors qu'il installait une tente au centre de la place Tahrir. Dans l'après-midi, les forces de l'ordre ont détruit les campements au centre de la place.

Législatives prévues à partir du 28 novembre
«Le sang des Egyptiens ne sera pas versé en vain» et «A bas Tantaoui», scandaient également des manifestants hostiles à ce militaire septuagénaire, qui fut pendant vingt ans le ministre de la Défense de Hosni Moubarak et l'un de ses plus proches collaborateurs.

Au milieu des manifestants, un homme brandissait une pancarte couverte de sang.

Ces troubles ont relancé les craintes que les législatives qui doivent débuter le 28 novembre et s'étaler sur plusieurs mois ne soient marquées par des incidents et des violences.

Un membre du CSFA, le général Mohsen al-Fangari, a assuré que ces élections se tiendraient comme prévu.

L'armée contre un report des élections
«Nous n'allons pas céder aux appels pour reporter le scrutin. Les forces armées et le ministère de l'Intérieur sont capables d'assurer la sécurité des bureaux de vote», a-t-il déclaré.

Plusieurs personnalités politiques et des intellectuels, parmi lesquels l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei, ont publié un document demandant un délai supplémentaire pour ces élections, dans le cadre d'une révision du calendrier politique du pays.

Ils proposent d'avoir d'abord une assemblée constituante, puis une élection présidentielle et enfin des législatives.

Les militaires quant à eux ont décidé de mettre la présidentielle -à une date non encore décidée- à la fin de ce processus politique, et de ne rendre le pouvoir aux civils qu'une fois élu un nouveau chef de l'Etat.

A l'étranger, les ministres italien et allemand des Affaires étrangères, Giulio Terzi di Sant'Agata et Guido Westerwelle, ont exprimé leur «profonde préoccupation» face à cette situation et «invité toutes les parties à mettre un terme immédiatement aux actes de violences».

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Message le Lun 31 Jan 2011 - 21:03 par Mister Cyril

Mais ça semble pas être l'opinion d'Israël...

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Message le Lun 31 Jan 2011 - 21:02 par Mister Cyril

L'armée égyptienne assure qu'elle n'emploiera pas la force contre les manifestants
Les forces armées egyptiennes ont annoncé, lundi 31 janvier, que, d'une part, elles n'utiliseraient pas la force contre les manifestants et que, d'autre part, elles jugeaient "légitimes" les revendications du "grand peuple d'Egypte", qui manifeste depuis une semaine contre le gouvernement.


Ces annonces ont été faites par voie de communiqué officiel et via la télévision d'Etat, à la veille d'une "marche d'un million" de personnes prévue mardi pour réclamer la chute du président Hosni Moubarak. "La liberté d'expression de forme pacifique est garantie pour tous", affirme le porte-parole de l'armée, cité par l'agence officielle Mena et la télévision d'Etat.

La prise de position de l'armée est cruciale dans ce bras de fer qui oppose le président égyptien à son peuple, et elle seule détient les clés de la suite des évènements. "L'armée doit choisir entre l'Egypte et Moubarak", affirmait une banderole déployée lundi sur la place Tahrir, dans le centre de la capitale, où les manifestants partageaient de la nourriture avec les soldats déployés pour rétablir l'ordre.

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Message le Lun 31 Jan 2011 - 12:35 par brusyl

aujourd'hui (lundi 1 février) petites nouvelles inquiétantes piochées au gré des articles sur le sujet

7 h 40. Israël a fait parvenir un message confidentiel aux Etats-Unis et à des pays européens leur demandant de soutenir la stabilité du régime égyptien d'Hosni Moubarak en butte à une vague de contestation, a indiqué lundi le quotidien Haaretz. Dans ce message, les responsables israéliens auraient souligné qu'il est de «l'intérêt de l'occident» et de «l'ensemble du Moyen Orient de maintenir la stabilité du régime en Egypte», a ajouté le journal. Interrogé par l'AFP, un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est refusé à confirmer ou démentir ces informations, tandis que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères n'était pas joignable dans l'immédiat.


8h50. L'agence de notation Moody's dégrade d'un cran la note de l'Egypte, et pourrait l'abaisser encore.

Sûr que les organisations internationales économiques et politiques vont se mettre à penser que la démocratie, "cela commence à bien faire" ! L'Egypte, au niveau realpolitik, c'est autre chose que la Tunisie...

Et puis cet article que j'ai trouvé marrant et intéressant parce que révélateur de l'ingéniosité des peuples pour contourner les mesures liberticides (et le plus marrant ici est qu'ils utilisent le réseau réservé au grand capital) ... la communication entre un peuple résolu à continuer la lutte trouvera toujours son chemin : signaux de fumée si nécessaire..

En Egypte, le contournement du black-out du Web s'organise

Quatre jours sans Internet : depuis le blocage quasi total décrété dans la nuit de jeudi à vendredi par les autorités égyptiennes, les défenseurs de la liberté d'expression se sont organisés pour tenter de fournir des solutions alternatives aux Egyptiens, afin qu'ils puissent recevoir et diffuser des informations.



La première et la plus simple des parades a été... un petit saut en arrière technologique. Les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) égyptiens ont été contraints de bloquer les connexions à haut débit, mais les lignes téléphoniques fixes fonctionnent toujours. Rien n'empêche donc les accès à Internet en bas débit, via un modem 56K. La connexion est faible, mais fonctionne : plusieurs FAI étrangers, dont FDN en France, ont donc mis en place un numéro de connexion pour les internautes égyptiens.

"C'est la méthode la plus efficace de contourner le blocage", détaille Fo0, un informaticien qui participe au projet Telecomix, une organisation de défense de la liberté d'expression qui propose également, depuis ce week-end, un service d'accès en bas débit. "Cela fonctionne très bien ; avec la généralisation du haut débit, on a un peu oublié que c'était possible, mais l'Internet à bas débit est parfaitement opérationnel." La ligne de secours mise en place par FDN fonctionne normalement depuis vendredi, mais le FAI préfère ne pas communiquer de chiffres d'utilisation, afin de ne pas attirer l'attention des autorités égyptiennes, qui pourraient décider de couper le service.

DES ASTUCES EFFICACES

Tous les Egyptiens ne sont pas logés à la même enseigne : une poignée d'internautes ont encore accès au réseau. Le FAI Noor, qui alimente principalement de grandes entreprises comme Coca-Cola, Lafarge et surtout la Bourse du Caire, est encore en activité, malgré une phase de déconnexion de deux heures dimanche après-midi. Depuis samedi, le numéro d'appel de la connexion de secours proposée par ce FAI circule également sur les réseaux sociaux.

D'autres solutions existent pour pallier le blocage de l'Internet à haut débit, mais restent pour l'instant moins efficaces. Les ondes radio n'étant pas bloquées, les militants de la liberté d'expression se sont également tournés vers les radioamateurs. Le logiciel Hamsphere, par exemple, permet de transformer son ordinateur en CB, et donc, pour les internautes situés à proximité de l'Egypte, de capter des transmissions. "Nous avons eu quelques contacts en émission, mais c'est un peu plus compliqué", détaille Fo0. "La bonne nouvelle, c'est que les radioamateurs ont compris qu'ils avaient un rôle à jouer ; si un autre pays décide de couper l'accès à Internet, ils seront prêts."


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Message le Lun 31 Jan 2011 - 9:25 par Mister Cyril

Une "marche d'un million" de personnes est prévue mardi. Mohamed ElBaradei promet "une ère nouvelle". Le président Hosni Moubarak, lui, espère encore pouvoir rétablir la confiance.


"Il a été décidé dans la nuit qu'il y aura une marche d'un million de personnes mardi", a déclaré Eid Mohammad, membre du mouvement et un des organisateurs.
"Nous avons également décidé de lancer une grève générale ouverte", a-t-il dit.
L'appel à la grève a été lancé à l'origine tard dimanche par des travailleurs de la ville de Suez, une des trois grandes villes, avec le Caire et Alexandrie ayant connu des manifestations et émeutes particulièrement violentes, et soumises à un couvre-feu.

"Nous nous joindrons aux travailleurs de Suez et commencerons une grève générale jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites", a précisé un organisateur, Mohamed Waked.




Désigné dimanche 30 janvier par l'opposition égyptienne pour "négocier" avec le régime du président Hosni Moubarak après six jours de révolte, Mohamed ElBaradei est allé au-devant des manifestants au Caire en promettant "une ère nouvelle".
Hosni Moubarak a riposté en chargeant son nouveau Premier ministre Ahmad Chafic de promouvoir la démocratie en dialoguant avec l'opposition et de rétablir la confiance dans l'économie du pays, dans une déclaration lue dimanche à la télévision.
Il a également dit au Premier ministre désigné que le nouveau gouvernement devait "lutter de manière décisive contre toutes les formes de corruption".
Malgré les nominations annoncées samedi et les violences qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi, la mobilisation ne semblait pas faiblir.
Le gouvernement égyptien a ordonné à la police de retourner dans les rues du pays, qu'elle avait subitement désertées vendredi. Le couvre-feu en vigueur au Caire, à Suez et Alexandrie a été prolongé d'une heure, de 15h à 8h.


Appel d'Obama à la "transition"

Le président américain Barack Obama a appelé à "transition vers un gouvernement répondant aux aspirations" des Egyptiens. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a toutefois assuré qu'il n'était pas question de suspendre l'aide à l'Egypte, principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe.
Le secrétaire à la Défense Robert Gates et le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, se sont entretenus au téléphone avec leurs homologues égyptiens de la crise, selon le Pentagone.
L'ancien président américain Jimmy Carter, un des principaux artisans de l'accord de paix israélo-égyptien, a prédit dimanche que Hosni Moubarak sera contraint de démissionner car "le peuple l'a décidé", selon une déclaration faite à Plains (Géorgie, sud-est) diffusée par un journal local.
Pour Mohamed ElBaradei, qui s'adressait par haut-parleur aux milliers de manifestants réunis place Tahrir, dans le centre-ville, le pays est "au début d'une ère nouvelle". "Je vous demande de patienter, le changement arrive", a-t-il déclaré aux manifestants qui scandaient : "Le peuple veut la chute du président !".


Au rythme de la contestation

Cernée par les chars, la place Tahrir vit depuis mardi au rythme d'une contestation sans pareil depuis l'arrivée de Hosni Moubarak en 1981. Sur le sol, les manifestants ont peint en énormes caractères : "Va-t-en, espèce de lâche, agent des Américains !".
La chaîne satellitaire al-Jazira, qui fait trembler certains gouvernements arabes par sa couverture des protestations, a été interdite dimanche en Egypte, une "violation du droit à l'information", a déploré Human Rights Watch.
Hosni Moubarak a visité le centre opérationnel de l'armée au lendemain de la nomination d'un vice-président, le premier en 30 ans, le chef des Renseignements Omar Souleimane, et du nouveau Premier ministre.
Malgré ces mesures, la Coalition nationale pour le changement, groupement de plusieurs formations d'opposition, dont les Frères musulmans, a chargé Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), de "négocier avec le pouvoir".
Le président de l'Assemblée, Fathi Sorour, a annoncé que les résultats des élections législatives de fin 2010 seraient bientôt "corrigés". Le scrutin avait été boycotté par les principales forces d'opposition qui avaient dénoncé des fraudes.


Comités de citoyens armés

Dans la nuit de samedi à dimanche, des milliers de détenus se sont échappés après des émeutes et l'armée a annoncé l'arrestation de plus de 3.000 évadés et fauteurs de troubles.
Dimanche, la protestation paralysait en partie le pays : de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse sont restées fermées.
Après de nombreux pillages au Caire, des comités de citoyens armés de fusils ou de gourdins surveillaient les quartiers de la métropole de 20 millions d'habitants.
La révolte, qui a commencé le 25 janvier, 11 jours après la fuite de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, continuait à susciter l'inquiétude.
Les Etats-Unis se préparent ainsi à évacuer d'Egypte dès lundi des milliers de ressortissants par vols charters organisés par le gouvernement, a déclaré dimanche un haut responsable à Washington.
Le roi Abdallah II de Jordanie a contacté dimanche Hosni Moubarak pour "s'enquérir de la situation".


Quitter le pays

De nombreux voyagistes ont suspendu les départs des vacanciers, au plus fort de la saison touristique. L'Arabie saoudite, la Libye, le Liban, l'Inde, la Grèce, la Turquie, l'Irak et l'Azerbaïdjan, dont un citoyen, employé de l'ambassade, a été tué samedi au Caire, ont dépêché des avions pour assurer le rapatriement de leurs ressortissants.
Le groupe français de matériaux de constructions Lafarge a décidé d'évacuer une centaine de personnes et la banque Crédit Agricole organisait le retour en France des familles de ses employés.
A l'aéroport du Caire, la confusion régnait, des hordes de touristes, d'expatriés et d'Egyptiens angoissés tentant à tout prix de quitter le pays.
L'acteur égyptien Omar Sharif, présent au Caire, s'est dit "solidaire du peuple" égyptien.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays voulait préserver la paix avec l'Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec l'Etat hébreu.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé la fermeture du terminal de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, provoquant des craintes de pénuries dans le territoire palestinien.
Au Soudan, des milliers d'étudiants ont bravé les forces de sécurité pour manifester sur le modèle égyptien.

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Message le Lun 31 Jan 2011 - 9:00 par Mister Cyril

Egypte : la révolte continue, la confusion règne

Les opposants à Hosni Moubarak ont passé une nouvelle nuit dans le centre du Caire lundi et ont promis de manifester jusqu'au départ du président égyptien, dont le sort semble désormais dépendre de l'armée. "L'armée doit choisir entre l'Egypte et Moubarak", affirmait une banderole déployée sur la place Tahrir, dans le centre de la capitale, où les manifestants partageaient de la nourriture avec les soldats déployés pour rétablir l'ordre.

Appel à la grève générale. Les violentes protestations qui se déroulent depuis six jours en Egypte ont fait plus de cent morts et les deux camps se trouvent désormais dans une impasse. Plus la contestation dure et plus la situation de Moubarak paraît intenable. Les nominations d'un premier ministre et d'un vice-président n'ont pas été jugées comme des réponses suffisantes par les manifestants, qui réclament simplement le départ du président au pouvoir depuis trente ans. Ses promesses en faveur de réformes économiques, visant à contenir l'inflation, créer des emplois et réduire le fossé entre riches et pauvres, n'ont pas eu l'effet escompté. Les manifestants ont appelé à une grève générale lundi et ont annoncé une marche baptisée "manifestation des millions" mardi afin de faire aboutir leurs exigences en faveur de la démocratie.

"Rétablir la confiance". Dans une déclaration lue à la télévision dimanche soir, M. Moubarak, 82 ans, a réclamé "de nouvelles mesures, durables, pour plus de réformes politiques, constitutionnelles et législatives par le dialogue avec toutes les parties", a appelé le nouveau gouvernement à "rétablir la confiance" dans l'économie et à "lutter de manière décisive contre toutes les formes de corruption".

Maintien de la pression. Au sixième jour de la révolte populaire en Egypte, la rue a maintenu la pression sur le président Hosni Moubarak, et l'armée, déployée dans le pays, n'arrive pas à faire respecter le couvre-feu. Des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées, dimanche 30 janvier, sur la place Tahrir du Caire, pour demander le départ du président Hosni Moubarak. Faisant fi du couvre feu et des menaces de l'armée, les Cairotes ont commencé à affluer à la mi-journée sur la place.

Dans la matinée, l'armée s'était déployée en masse dans les rues du Caire alors qu'aucun policier n'était visible – ils étaient jusqu'alors omniprésents. Une fois que la place s'est remplie, des hélicoptères et des avions de chasse ont survolé à très basse altitude la place. Selon une journaliste du Monde présente sur place, l'armée à tiré sur la foule, touchant plusieurs personnes qui ont été évacuées par une ambulance. Elle n'a pu savoir si elles étaient blessées ou tuées.

D'autres grandes villes ont connu des manifestations importantes, à Alexandrie, à Suez, à Mahalla ou Ismaïlya. Le rôle de l'armée continue de susciter des interrogations et les informations qui circulent sont contradictoires. A-t-elle reçu l'ordre de tirer sur la foule ? A-t-elle refusé de le faire ?

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Message le Dim 30 Jan 2011 - 12:40 par brusyl

Allez jeter un petit coup d'oeil sur cette page de l'ambassade de France en Egypte....

http://www.ambafrance-eg.org/france_egypte/spip.php?article2866

Résultat : une centaine de morts en cinq jours...

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Message le Dim 30 Jan 2011 - 2:14 par Donald11

Je n'ai aucun souvenir d'avoir lu ou entendu qu'après la Tunisie, ce serait l'Egypte ... Mais que font tous ces espions de l'ouest, de l'est, du nord et du sud ? Et la CIA, elle en est où ?
Putaing cong, la révolte-lution s'éloigne de la France ...

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Message le Sam 29 Jan 2011 - 15:09 par Mister Cyril

La journée où l’Egypte a vacillé
Après d’imposantes manifestations vendredi, les Egyptiens ont bravé le couvre-feu. Moubarak a limogé le gouvernement dans la nuit et annoncé des «mesures» pour la démocratie.


Moubarak est-il encore le seul maître de l’Egypte ? La question se pose alors que l’armée a remplacé, vendredi soir, la police, chargée du maintien de l’ordre, dans les grandes villes du pays, que le chef d’état-major, Sami Anan, qui, à la tête d’une délégation, se trouvait aux Etats-Unis, en est revenu précipitamment, et que le président égyptien a finalement annoncé dans la nuit que, à la suite des manifestations, il limogeait l’actuel gouvernement par une nouvelle équipe, qu’il entendait désigner dès samedi.

Le président égyptien a eu beau annoncé qu’il ne quitterait pas le pouvoir, c’est de l’armée égyptienne dont il dépend désormais. Une armée qui s’est abstenue d’affronter les manifestants qui ont pris le contrôle de la rue, fraternisant même à l’occasion. Elle s’est notamment employée à sauvegarder le célèbre musée du Caire, menacé par les pillards.

sans précédent. Face à la montée des protestations contre son régime, le président égyptien avait employé la manière forte et imposé un couvre-feu au Caire, à Alexandrie et Suez. Les forces de l’ordre ont même tiré à balles réelles sur les manifestants, selon plusieurs témoignages. Un bilan était très difficile à établir vendredi soir alors qu’Internet et les réseaux mobiles avaient été coupés par le pouvoir. Des sources hospitalières faisaient état de 20 morts vendredi (5 au Caire et 15 en province) et au moins 1 000 blessés, dont certains très grièvement par balles.

Toutes les villes du pays ont connu vendredi, jour de congé en Egypte, des dizaines de manifestations durement réprimées par la police. Hosni Moubarak, dont les manifestants réclament le départ après presque trente ans au pouvoir, a ordonné, par décret, à l’armée de se déployer dans les villes au côté de la police, qui apparaît débordée par cette mobilisation populaire sans précédent. Des convois de véhicules blindés sont apparus dans les rues du Caire, d’Alexandrie et de Suez, siège d’incidents très violents depuis le début des manifestations.

Les Etats-Unis, alliés du président Moubarak, ont jugé la situation «profondément inquiétante», et demandé au régime de «respecter les droits fondamentaux, éviter la violence, et autoriser les communications». Washington pourrait revoir son aide au pays, notamment militaire, en fonction de la réponse des autorités égyptiennes aux manifestations. La France, elle, a appelé à «la retenue et au dialogue» et recommandé aux voyagistes de suspendre les départs, samedi.

Transition. Au Caire, au quatrième jour des plus importantes protestations depuis l’arrivée au pouvoir de Moubarak en 1981, les manifestants sont descendus dans la rue dès la fin des prières musulmanes, à l’appel du Mouvement du 6 avril, un groupe de jeunes pro-démocratie qui s’est inspiré de la révolution ayant chassé Ben Ali de Tunisie. A Suez, un manifestant a été tué, vendredi, d’une balle lors d’accrochages avec la police, portant à au moins treize le nombre de morts dans le pays depuis le début des troubles, selon des chiffres provisoires. Des centaines de manifestants ont été arrêtés, dont les principaux leaders des Frères musulmans.

Aux cris d’«A bas Hosni Moubarak» ou «Moubarak dégage» (en français, à la manière tunisienne), les manifestations se sont étendues à toute la capitale, et ont gagné les principales villes du pays, selon l’AFP.

L’opposant le plus en vue, Mohamed el-Baradei, l’ex-chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, s’est dit prêt à mener une transition au pouvoir après le départ de Moubarak. Selon Al-Arabiya, les manifestants ont envahi le bâtiment de la télévision d’Etat. Les protestataires, auxquels se sont joints les Frères musulmans, se sont attaqués aux symboles du pouvoir, incendiant des commissariats ainsi que le siège du parti présidentiel au Caire ou le siège du gouvernorat à Alexandrie. A Mansourah, dans le delta du Nil, les imams ont appelé à «sortir et demander le changement». Les tensions en Egypte ont fait bondir les prix du pétrole : le baril gagne 3,70 dollars à 89,34 dollars à New York, tandis qu’à Londres le Brent s’est approché des 100 dollars.

Le régime de Hosni Moubarak, contesté par des centaines de milliers de manifestants vendredi, a fait appel à l'armée et décrété le couvre-feu dans plusieurs villes d'Egypte dont le Caire pour faire face à un mouvement de contestation qui ne cesse de s'amplifier.

M. Moubarak, dont les manifestants réclament le départ après 29 ans au pouvoir, a demandé à l'armée, épine dorsale de son régime, de faire respecter la sécurité avec la police qui a semblé débordée par la mobilisation populaire sans précédent qui a fait huit morts depuis mardi.

Le couvre-feu a été décrété au Caire, à Alexandrie (nord) et à Suez (est) à partir de ce jour de 16H00 à 05H00 GMT, et ce jusqu'à nouvel ordre, conformément à un décret présidentiel.

Les Etats-Unis, alliés de M. Moubarak, ont jugé la situation "profondément inquiétante", appelant à "respecter les droits fondamentaux, éviter la violence, et permettre les communications".

Au quatrième jour des plus importantes protestations depuis l'arrivée au pouvoir de M. Moubarak en 1981, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes, des balles caoutchoutées en l'air et des canons à eau pour disperser les manifestants.

Dès la fin des prières musulmanes, les protestataires sont descendus dans la rue pour ce "vendredi de la colère", à l'appel du Mouvement du 6 avril, un groupe de jeunes pro-démocratie qui s'est inspiré de la "révolution du jasmin" ayant chassé le président Zine El Abidine Ben Ali de Tunisie.

Un manifestant a été tué d'une balle lors d'accrochages avec la police à Suez, portant à huit le nombre de morts -2 policiers et 6 manifestants depuis le début du mouvement. Des dizaines de personnes ont été blessées et un millier arrêtées.

Aux cris d'"A bas Hosni Moubarak" et "le peuple veut la chute du régime", les manifestations se sont étendues à tout le Caire, une métropole de 20 millions d'habitants, et on gagné les principales villes du pays, selon des journalistes de l'AFP sur place.

L'opposant le plus en vue, Mohamed ElBaradei l'ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui s'est dit prêt à mener une transition au pouvoir après un éventuel départ de M. Moubarak, et les Frères musulmans (opposition), ont participé aux manifestations.

"Liberté! liberté! liberté", ont scandé les manifestants sous les regards ahuris de policiers déployés avec boucliers et casques à visière, près de la célèbre mosquée al-Azhar. Les protestataires ont mis le feu à deux commissariats.

"Moubarak est un dictateur, nous voulons sa chute. Ce n'est plus le temps des réformes. Les gens en ont marre. La situation économique devient intenable", souffle Ahmed, un manifestant.

Plus au nord, à Alexandrie, deuxième ville d'Egypte, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles caoutchoutées pour disperser des milliers de manifestants qui ont incendié le siège du gouvernorat.

A Mansoura, dans le delta du Nil, certains imams ont appelé à "sortir et demander le changement". Des affiches du parti au pouvoir ont été arrachées et des bâtiments officiels attaqués et endommagés.

Entretemps, l'internet et les services de téléphonie mobile, qui ont joué un rôle-clé dans la mobilisation populaire, étaient coupés dans le pays. Une première par son ampleur pour l'internet, selon des experts.

Face à l'escalade, le chef de la commission parlementaire des Affaires étrangères et membre du parti de M. Moubarak, Moustapha al-Fekki, a appelé à "des réformes sans précédent" pour éviter une "révolution".

M. Moubarak, 82 ans, qui s'est appuyé pendant près de 30 ans sur un redoutable appareil policier et un système dominé par un parti qui lui est entièrement dévoué, s'est illustré par son silence depuis le début de la contestation.

Les manifestants réclament de meilleures conditions de vie dans un pays où l'état d'urgence est imposé depuis près de 30 ans et où plus des 40% des 80 millions d'habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour et par personne. Ils veulent aussi le départ du ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli.

Conséquence des troubles, les matchs du championnat de football prévus vendredi et samedi ont été reportés. Et l'agence de notation financière Fitch pourrait abaisser la note souveraine de l'Egypte, actuellement de BB+.

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