L'oubli de la société est produit par l'idéologie du Libéralisme

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25042011

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L'oubli de la société est produit par l'idéologie du Libéralisme




Le découragement et la passivité qui s’expriment dans la crise relèvent d’un conflit de rationalité. La rationalité financière a pour finalité la maximisation de la plus-value par la spéculation sur le prix en monnaie. La rationalité non-financière a pour finalité un bien-être humain non monétisable dont l’objet est devenu sans rapport avec les objets économiques abstraits sous-jacents aux prix de la finance. L’objet du bien-être humain n’étant pas jugé monétisable puisque la monnaie est captée par la spéculation financière, il en résulte que ce bien-être ne peut plus facilement se verbaliser, s’échanger et se partager. Il est donc dissipé par la spéculation financière qui fixe l’appréciation de toute chose. Le langage et la raison n’existent plus hors de la spéculation financière. Hors de l’objet financier motif du prix, les hommes ne croient plus qu’ils puissent être personnellement sujets de l’existence d’une rationalité. L’aliénation humaine dans la spéculation est totale et irrémédiable.

Je persiste à croire ce qui dans un univers totalement spéculatif apparaît pour de la crédulité insensée : la monnaie peut redevenir la propriété de son sujet humain. La finance spéculative utilise la monnaie pour capter les sujets par le prix des objets. Ayant constaté que l’activité humaine porte sur des objets qui mettent en relation les sujets, la finance interpose la monnaie attachée à l’objet entre les sujets en négociation d’échange. Pour échanger, les sujets doivent se mettre d’accord sur un même prix de l’objet. Ce prix exprimé par un même nombre donne existence à la monnaie qui fait la contrepartie objective de la vente. La monnaie est contrepartie de l’objet dans l’échange parce que le vendeur qui la reçoit devient créancier d’une société irrévocablement engagée. La monnaie est un engagement social à produire dans le futur de nouveaux objets d’échange. L’intermédiaire financier a la possibilité de casser le lien rationnel entre la société et l’individu porteur de la monnaie en focalisant l’attention individuelle sur le prix en lieu et place de l’objet du prix promis par la société.

L’outil du détournement de l’attention humaine de l’objet relié au sujet vers un prix exclusivement relié à la monnaie est le produit dérivé. Le produit financier dérivé est un prix futur d’un objet, qui n’existe pas nécessairement, relié mathématiquement et non réellement à un prix présent en monnaie. Un objet n’est pas réellement échangé quand il n’est pas effectivement relié à ses sujets acheteur et vendeur. Le prix dérivé appartient totalement au spéculateur financier qui n’est pas obligé de relier son calcul portant sur le futur à une transaction réelle effective engagée au présent et livrable au futur. Le produit dérivé dévoie l’attention subjective de la rationalité humaine vers la rationalité de l’objet en cassant par l’abstraction mathématique et juridique la réalité de la relation entre l’objet et le sujet. La destruction de la relation de réalité entre l’objet et le sujet est possible en faisant oublier l’existence de la société humaine qui relie les individus entre eux indépendamment de tout objet. L’oubli de la société est produit par l’idéologie de l’individualisme libéral.

Pour échapper à l’aliénation spéculative, il faut commettre un acte de crédulité rationnelle : croire que la société existe alors qu’on ne voit que des individus juxtaposés mus par des intérêts apparemment égoïstes. Si l’on croit que la société existe des sujets en relation directe de reconnaissance réciproque, alors la conception qu’on se fait de la monnaie change radicalement. L’émission du signe monétaire n’est plus exclusivement une quantification mathématique normative mais la matérialisation par le temps d’un engagement entre sujets sur des objets. Le conflit de rationalité entre l’objectivité pure et la subjectivité pure est médiatisé par la réalité subjective de la société qui engage ses objets d’échange. Négocié à l’intérieur d’une société constituée par un marché qui rende visibles les relations entre les sujets par les objets, le produit dérivé prend un autre sens.

Le prix dérivé constitue toujours une anticipation quantitative d’un objet futur ; mais d’un objet engagé dans la réalité de l’accord d’un acheteur et d’un vendeur qui échangeront effectivement quelque chose de visible. Le prix dérivé n’est plus la finalité de l’intermédiaire financier sans être la modalité d’un échange futur réel entre un acheteur et un vendeur. Si la règle de marché est instituée que l’intermédiaire financier ne peut pas avoir d’intérêt dans l’objet du prix dérivé mais seulement dans la réalisation du prix à terme de l’objet échangé, alors l’intermédiation financière de marché devient la garantie de la réalité objective à terme évaluée en monnaie par le prix nominal. Et si la règle d’émission monétaire est de s’interdire tout prix exprimé en monnaie en dehors du marché de la couverture des échanges à terme par les intermédiaires financiers du prix nominal bien distingué de la réalité concrète, alors la monnaie issue d’un tel marché devient strictement objective non manipulable par ses sujets d’émission en relation d’engagement réciproque.

Si la fourberie humaine est prolifique, la rationalité l’est tout autant. Cette rationalité a produit les dérivés financiers de prix et la discussion de la justice dans les régimes de démocratie politique. Si plusieurs régimes concurrents de démocratie et plusieurs producteurs de dérivés financiers se réunissent dans un même marché où toute décision de droit est couverte par un prix dérivé et tout prix dérivé s’adosse à un sujet de droit engagé par la réalité visible et jugée par différentes démocraties, alors la monnaie issue exclusivement de ce marché est la matérialité rationnelle en droit et en anticipation financière de tous les objets échangés par un prix dans cette monnaie. La séparation matérielle de tous les intérêts possibles au prix par un même marché peut produire une monnaie qui exprime à la fois l’existence de la société et des individus subjectivement engagés à des objets de réalité. La rationalité de la relation subjective peut réconcilier la rationalité de l’objet dans la rationalité du sujet : du sujet réintégré dans la société par un marché réel.

L’option de la rationalité offerte par la démocratie peut-elle être une raison d’espérer ?

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Mister Cyril

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