Manifestations monstres en Espagne

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Manifestations monstres en Espagne




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Manifestations monstres en Espagne :: Commentaires

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Message le Dim 29 Avr 2012 - 15:43 par Mister Cyril

Les Espagnols mobilisés pour défendre l'éducation et la santé

Sous le mot d'ordre "on ne joue pas avec l'éducation et la santé", des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Madrid et dans plusieurs villes d'Espagne contre les nouvelles mesures d'austérité du gouvernement qui visent ces domaines très sensibles.

"Les coupes dans la santé et l'éducation, c'est la dernière chose que nous pouvions supporter, nous la classe des travailleurs. Sans ça, qu'est-ce qu'il nous reste ? Nous n'avons même plus de travail", s'indigne Domingo Zamora, 60 ans, employé du secteur public, qui défile à Madrid.

"Ils nous pressent jusqu'à l'asphyxie", renchérit Pilar Logales, 60 ans, employée dans une mutuelle de santé.

"C'est criminel de couper dans la santé", "Peuples d'Europe, levez-vous" et "NON", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants sous la pluie.

La plupart des slogans étaient accompagnés du dessin d'une paire de ciseaux, symbolisant les coupes budgétaires.

En tout, des manifestations étaient organisées dans 55 villes d'Espagne par une "plateforme sociale de défense de l'Etat providence et des services publics", qu'ont rejoint les deux principaux syndicats espagnols, CCOO et UGT.

"Ces coupes sont atroces", s'insurge Alba Sanchez, diplômée en journalisme de 30 ans, dans la capitale catalane.

"Je ne trouve pas de travail et mes parents souffrent car tous deux travaillent dans le secteur de la santé publique: ce qu'ils ont obtenu en plus de 30 ans de lutte, Rajoy (le chef du gouvernement, ndlr) le détruit en un mois."

La mobilisation était beaucoup moins importante, dimanche, que lors des grandes manifestations organisées récemment en Espagne contre la cure d'austérité, notamment lors de la grève générale du 29 mars. Mais les syndicats ont appelé à manifester à nouveau le 1er mai.

"Le gouvernement pense que les gens vont oublier. Mais nous n'allons pas oublier les coupes, nous seront là tous les jours jusqu'à ce qu'elles soient corrigées", a lancé dimanche à Madrid le secrétaire général d'UGT, Candido Mendez.

Engagé dans une course à la réduction du déficit, le gouvernement conservateur espagnol a adopté le 20 avril un plan de rigueur visant les secteurs de la santé et de l'éducation, gérés en Espagne par les 17 régions.

Le pays espère ainsi générer 10 milliards d'euros d'économies par an, dont sept milliards dans la santé et trois milliards dans l'éducation.

Très controversée en Espagne, la réforme sanitaire implique notamment de faire payer les retraités pour leurs médicaments, jusque-là gratuits, ou de restreindre aux urgences et à la pédiatrie l'accès à la santé publique des immigrés sans papiers.

En matière d'éducation, le gouvernement va notamment autoriser les régions à faire grimper les frais d'inscription à l'université de 50%, qui passeraient de 1.000 à 1.500 euros en moyenne.

"Les enfants des travailleurs ne vont plus pouvoir étudier", déplore Mari Cruz Dominguez, 54 ans, qui manifestait à Madrid.

"Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas les décisions adoptées", a reconnu dimanche Mariano Rajoy.

"Mais le problème, c'est la crise, le chômage, la récession, le désordre dans les comptes publics, il faut opérer des changements structurels", s'est-il justifié.

Pour réduire cette année son déficit public de 8,51% à 5,3% du PIB, l'Espagne a annoncé le budget le plus austère de son histoire, prévoyant 27,3 milliards d'euros d'économies.

Le pays, retombé en récession, vient en outre de pulvériser un nouveau record de chômage, avec 5,64 millions de chômeurs, soit un actif sur quatre sans emploi.

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Message le Mer 11 Avr 2012 - 17:55 par Mister Cyril

...comme chaque fois que je pars dans ma grotte lotoise il y a une poussée de fièvre, je souhaite bon courage aux cumpaneros espagnols...et RDV au mois de mai...il paraît qu'en mai-juin doivent se jouer des échéances économiques cruciales (encore?); mais bon comme il y aura plus le nabot, tout ira bien!

Bizz à ceux qui me liront!

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Message le Mer 11 Avr 2012 - 17:51 par Mister Cyril

Zone euro : nouvelle poussée de grippe espagnole

Après un relatif répit en début d'année, l'inquiétude reprend du terrain quant à la santé financière de la zone euro. L'aggravation du cas espagnol, notamment, a contribué à la chute des principales places boursières, hier : Paris a perdu plus de 3%, Londres 2,2%, le Dow Jones new-yorkais 1,65%. «Il n'y a pas eu beaucoup d'actualité économique, explique René Defossez, stratégiste chez Natixis. Les investisseurs digèrent encore les mauvaises nouvelles de la semaine dernière.»

Les mauvaises nouvelles en question sont surtout venues de Madrid, dont la dernière émission de dette s'est mal déroulée. Le royaume n'a pu emprunter qu'au minimum de ses objectifs et à des taux en forte hausse par rapport à sa précédente opération. Descendu sous la barre de 4% début mars, les taux espagnols frôlent désormais les 6%, signe d'une méfiance accrue des investisseurs vis-à-vis de la capacité du pays à faire face à ses dettes.

Un pays dans l'impasse
Accablé par un chômage de plus de 20% et des collectivités surendettées, le pays a dû revoir ses ambitions en matière de réduction du déficit budgétaire. Ce dernier, qui se montait à 8,5%, doit atteindre 5,3% cette année, au lieu de la cible initiale de 4,4%. Et il n'est même pas certain que ce nouvel objectif puisse être atteint, vu les mauvaises perspectives pour 2012 : Madrid devrait être en récession ces deux prochaines années, tandis que l'endettement devrait dépasser les 80% du PIB et le chômage continuer sa progression. Enfin, le secteur bancaire national reste mal en point.

Difficile d'envisager une sortie de crise sans croissance. «Mais difficile aussi de lancer une stratégie de croissance quand on n'a pas d'argent, remarque Danielle Schweisguth, économiste à l'OFCE. Le seul levier, actuellement, est la récente réforme du marché du travail, qui vise à diminuer les coûts de licenciement dans l'espoir de stimuler les embauches... quand la croissance sera revenue !»

L'Espagne pourra-t-elle tenir sans une aide financière européenne ? «Tout dépend de la réaction des marchés aux nouvelles mesures de réduction du déficit. Si les taux redescendent autour de 5%, le pays pourra se débrouiller seul. Sinon, ce sera de plus en plus compliqué.» La Commission européenne, elle, a assuré mercredi que Madrid n'aurait pas besoin de son aide.

La BCE rassure
Nouvel homme malade de la zone euro, l'Espagne n'est pas le seul pays à inquiéter. Le Portugal sera lui aussi en sévère récession cette année (-3,4%). Comme l'Italie, dont les taux d'emprunt ont rebondi lors de la dernière émission de dette, ce mercredi. Or, la défaillance de l'un de ces pays pourrait entraîner les autres à sa suite.

La remontée de leurs taux d'emprunt indique que les effets des prêts massifs accordés par la BCE aux banques, en décembre et en février, se sont dissipés. Ce mercredi, Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, n'a pas exclu une réactivation du programme de rachat de dette à destination de l'Espagne. Avec, pour conséquence, une détente modérée, mais immédiate, des taux obligataires. Benoît Coeuré a toutefois précisé que «la politique monétaire ne peut pas traiter les causes profondes» de la crise. En clair, la BCE n'envisage toujours pas d'intervenir systématiquement et massivement sur les marchés pour décourager toute spéculation sur les dettes souveraines.

Rajoy appelle à la prudence
Dans le même temps, le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy (droite), a appelé les dirigeants européens à la «prudence» dans leurs déclarations sur la situation du pays. Plusieurs candidats à la présidentielle française ont utilisé l'Espagne comme repoussoir. Nicolas Sarkozy, notamment, a évoqué «ce grand pays [...] emporté dans une crise de confiance» pour justifier l'objectif «absolument impératif» du retour à l'équilibre des finances publiques en 2016.

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Message le Lun 30 Mai 2011 - 21:50 par Mister Cyril

Ca en fait du monde à exclure de ce mouvement démocratique...heureusement tu n'es pas leur porte-parole, ni un penseur, ni même un acteur d'ailleurs...juste un focivérateur virtuel bon à opposer les bonnes volontés, bref un allié objectif de la contre-révolution; va polluer ailleurs le jeune-vieux kripto réactionnaire!

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Message le Lun 30 Mai 2011 - 13:29 par Invité

Evidemment, dès qu'il s'agit de se pencher sur Société et Politique, et les pouvoirs, la pensée arnarchiste est à prendre en considération. Mais à vrai dire ni plus ni moins que toutes les autres, monarchie, timocratie, démocraties de tous types, stochocratie, structures de pouvoir tribales improbables, etc

Ce mouvement social d'ensemble que l'on commence à distinguer depuis 3 ans au niveau des jeunesses d'Europe ne se réclame d'aucune idéologie, mais s'appuie sur des revendications de fond consensualistes (renouveau démocratique, mise à bas de la finance, nettoyage des écuries corrompues de la politique et des partis, etc).

Le plus grand danger pour ce mouvement social, ce qui l'empêcherait entre autre de se généraliser à d'autres générations qui le soutiendraient dans les mois à venir si il reste hors partisaneries,
réside dans les gens nourris d'idéologies qui tenteront de le dévier dans leur sens : anarchistes, gauchistes en tous genres, extrêmes droites, kripto communistes à la Mélenchon ;)

Les jeunesses le savent et ne cessent de clamer leur "a-politisme".

Elles ont aussi compris sans doute que les structures de pouvoir en place auront intérêt à présenter dans les grands media ce mouvement de fond comme lié à ces mouvances idéologiques sus citées.
D'où par exemple l'interdiction faite de porter des ''insignes partisans ou syndicaux'' sur la place del sol.

J'aime cette jeunesse déjà revenue de tout et bien mâture... :)

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Message le Dim 29 Mai 2011 - 18:46 par country skinner

Par Nestor Romero | Ancien enseignant | 29/05/2011 | 11H23

http://www.rue89.com/restez-assis/2011/05/29/en-espagne-un-mouvement-qui-reinvente-les-principes-libertaires-206513

Je vous avais parlé de Tomas Ibanez, l'« inventeur » du symbole anarchiste le « A cerclé », à l'occasion de la sortie de son dernier livre, « Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes ». Professeur de psychologie sociale à l'université autonome de Barcelone (où il vit), il revient sur origines de la « spanish revolution » et commente les modes d'action choisis par les jeunes de la Puerta del Sol et des autres villes mobilisées.
A ton avis, y avait-il des signes avant-coureurs laissant présager ce mouvement ?

Rien ne permettait de prévoir que les manifestations convoquées le 15 mai dans plusieurs villes d'Espagne donneraient naissance au mouvement actuel, ni dans son ampleur, ni dans ses formes concrètes. Cette journée aurait très bien pu s'achever sur la satisfaction d'avoir réuni des milliers de manifestants, en attendant une prochaine mobilisation.

Cependant, de nombreux signes avant-coureurs permettaient de penser que, tôt ou tard, un mouvement de ce type pourrait cristalliser. Il y a eu ces dernières années toute une série d'initiatives et de luttes venant d'en dehors des organisations politiques classiques. Elles ont pris la forme d'occupations, de manifestations ou d'assemblées sur les thèmes du logement, des banques, de l'université, de la précarité…

Mais pour s'en tenir aux signes les plus récents, il y eut par exemple, en dehors de toute organisation politique traditionnelle et pendant plusieurs jours avant la grève générale du 29 septembre, des assemblées massives de jeunes dans un énorme édifice occupé en pleine place Catalunya, à Barcelone.

Son évacuation par la police le jour même de la grève se solda par des affrontements violents, et quelques mois après il y eut une nouvelle tentative d'occupation pour maintenir à nouveau des assemblées massives.

Au début du mois d'avril, une manifestation convoquée à Madrid sous l'appellation de « Jeunesse sans futur » réunit plusieurs milliers de personnes qui scandaient : « Sans maison, sans boulot, sans retraite, sans peur », et qui faisait écho aux grandes manifestations convoquées le mois d'avant au Portugal par la « génération désespérée » sous le titre la « révolution précaire ».
Quelles sont, selon toi, au-delà des causes immédiates, les racines qui ont produit une insurrection de cette forme ?

Elles sont nombreuses :

* 45% de chômage chez les jeunes
* une crise économique qu'on prévoit longue
* l'absence de perspectives d'avenir
* des mesures de restrictions économiques et sociales
* des appels au sacrifice et à l'austérité
* le spectacle de l'impunité de la corruption des politiciens
* le scandale des hauts revenus dans les conseils d'administration et des bénéfices des banques
* l'attitude conciliatrice des syndicats
* le discours vide des partis politiques et leurs magouilles

Il y a là un ensemble de circonstances qui expliquent suffisamment le mécontentement, l'indignation et l'écœurement d'une partie de la jeunesse, mais il y a aussi d'autres éléments qui ont rendu possible ce que tu appelles l'insurrection actuelle :

* la crise de la représentation, c'est-à-dire le sentiment de n'être reconnu par personne dans une démocratie dite représentative

* l'abandon de la peur : c'est elle qui, dans des situations de récession, bloque la combativité ; les gens ont peur de perdre leur travail, d'encourir des représailles…

* le sentiment d'un manque d'éthique généralisé, dans les relations internationales, dans les partis politiques, dans les milieux financiers

* le sentiment qu'alors que des manifestations de résistances se produisaient un peu partout, Grèce, Angleterre, Portugal… la jeunesse espagnole était anesthésiée

* la capacité de vaincre, très présente dans la force de l'imaginaire récent, manifestée par la détermination des occupants de la place Tahrir, au Caire.

En même temps, il est probable que pour ce qui est des formes concrètes prises par le mouvement, auto-organisationnelles, autogestionnaires, « assembléaires », sans leaders, avec des rotations permanentes, une certaine influence provienne des traditions libertaires ancrées dans l'imaginaire espagnol, et des réminiscences d'un Mai 68 que l'on retrouve dans l'ingéniosité des phrases écrites sur les affiches.

Ce qui a fourni au mouvement l'énergie nécessaire pour pouvoir s'affirmer, c'est l'expérience, constituée ces derniers temps, d'avoir la capacité de rassembler des milliers de personnes en dehors des organisations traditionnelles, et l'expérience de la force qui surgit de la mise en commun de volontés toutes différentes entre elles, mais tendues par le sentiment qu'« ensemble nous pouvons ».
Quelle est l'influence des différentes organisations politiques traditionnelles impliquées dans le mouvement ?

Même si des membres des organisations politiques traditionnelles participent au mouvement, ces organisations n'y sont pas impliquées.

Les assemblées n'acceptent pas que l'on puisse parler au nom d'une organisation et ils s'en tiennent fermement au principe que chaque participant n'intervient qu'en son nom et ne représente que lui-même.

Le slogan « personne ne nous représente » abonde sur les affiches et le mouvement a même refusé de se placer sous la dénomination des organisateurs des manifestations du 15 Mai « Démocratie réelle, maintenant ».

Les drapeaux, sigles, signes distinctifs… des organisations politiques ou syndicales sont bannis de l'espace occupé, et l'attitude est d'un respect extrême envers les intervenants, quitte à ce que l'assemblée manifeste sans bruit l'accord ou le désaccord.

L'organisation même du mouvement rend difficile qu'il puisse être chapeauté par une structure politique, parlementaire ou pas, car les propositions sont discutées dans les assemblées ouvertes de chaque commission, puis portées chaque jour devant l'assemblée générale, et les membres de la commission générale de coordination sont soumis à rotation.
Comment vois-tu la suite, après l'intervention de la police à Barcelone, et cette « offensive » des commerçants de Sol, sans parler des appels du Parti populaire au « nettoyage » des campements ?

La suite immédiate est difficile de prévoir, car les rebondissements sont incessants. Vendredi, la police intervenait à Barcelone : le résultat, c'est que ça a relancé et fortifié le mouvement, qui a regroupé dans la soirée des milliers de participants.

Les interventions des autorités ont toujours eu jusqu'à présent le même effet : évacuation de la Plaza del Sol à Madrid, retour en force du mouvement ; interdiction des occupations la veille des élections du 22 mai, renforcement du mouvement ; intervention musclée du 27 mai, relancement du mouvement.

Les agissements des autorités étant imprévisibles, il n'est pas exclu qu'une nouvelle décision ravive une fois de plus la mobilisation. Ceci dit, le plus probable est que les occupations des places espagnoles prennent bientôt fin et le mouvement se pose bien sûr la question de sa continuité.

Il y aura sans doute une certaine délocalisation en créant des collectifs de quartier et en maintenant les contacts entre collectifs au niveau des villes et du pays dans son ensemble, mais en maintenant des structures souples et en évitant la forme parti.

Il est possible qu'à la longue, seuls fonctionnent vraiment les réseaux Internet, mais ils garderont la possibilité de réinitier des occupations de places publiques, des manifestations, et des actions diverses qui n'auront d'autre garantie de succès que la réceptivité qu'elles trouveront chez les concernés.

Ce qui sans nul doute laissera des traces profondes c'est le processus enclenché, c'est l'expérience vécue par des milliers de jeunes et les transformations qu'ils auront éprouvées.
J'ai l'impression que ce mouvement confirme les thèses que tu développes dans ton livre, dont j'ai rendu compte sur Rue89.
Mais alors, pourquoi s'affirmer encore anarchiste, comme tu le fais avec toute la confusion trimbalée par le vocable ?

Oui, il s'agit d'un mouvement qui se coule difficilement dans le moule des organisations et des idéologies classiques. Mais tout en rejetant les étiquettes politiques identitaires, il réinvente dans la pratique bon nombre de principes organisationnels et politiques libertaires, ou en tout cas antihiérarchiques, horizontaux et soupçonneux envers les rapports de pouvoir.

Ce genre de mouvement a bien sûr toutes mes sympathies, et cependant j'ai du mal à renoncer à mes références anarchistes. Il se pourrait que ce soit une inertie liée à ma biographie, trop d'années vécues dans cette identité pour pouvoir la changer maintenant, peut être… mais je ne le crois pas.

Je crois que tout en ne mettant pas en avant cette étiquette, en demeurant critique envers bien de ses aspects et en sachant quelle est sa charge de confusions, la référence au bagage d'expériences historiques, de réflexions et de débats que charrie l'anarchisme continue à être utile pour se maintenir vigilant face aux mille ruses du pouvoir.

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Message le Dim 29 Mai 2011 - 12:44 par Invité

Analyse politique d'un renouveau démocratique en cours chez les jeunes d'Europe, puisque ce mouvement espagnol ne fait que suivre des mouvements grec, anglais, italien, français, tous caractérisés par ce même point commun.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/29/la-jeunesse-espagnole-est-capable-de-s-organiser-seule-sans-parti-ni-syndicat_1529028_3214.html

En parallèle, ceci, qui va dans le même sens in fine :
http://www.20minutes.fr/ledirect/732386/apero-geant-nantes-prefecture-loire-atlantique-contre-attaque-facebook

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Message le Mer 25 Mai 2011 - 23:39 par brusyl

Indignados de la Puerta del Sol : le manifeste des « gens ordinaires »

Alors, ce mouvement de la Puerta del Sol ? Révolutionnaire ? Social-démocrate ? Le mieux n'est-il pas de laisser la parole aux intéressés et de les écouter ? Voici le manifeste original qu'ils ont rendu public, et la traduction de Jean-Paul Brodier publiée sur l'excellent blog de Fabrice Nicolino, Planète sans visa.

Nous sommes des gens ordinaires
Nous sommes des gens ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, travailler ou trouver un emploi, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur pour procurer un avenir meilleur à ceux qui les entourent.

Certains parmi nous se considèrent progressistes, d'autres conservateurs. Certains parmi nous sont croyants, d'autres non. Certains parmi nous ont des idéologies bien définies, d'autres sont apolitiques, mais nous sommes tous inquiets et en colère au sujet du paysage politique, économique et social que nous voyons autour de nous : corruption parmi les politiciens, les hommes d'affaires et les banquiers qui nous laissent sans recours et sans voix.

Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne, sans espoir. Mais si nous assemblons nos forces, nous pouvons la changer. Il est temps de changer les choses, temps de construire ensemble une meilleure société. C'est pourquoi nous affirmons fortement que les priorités de toute société avancée doivent être le progrès, la solidarité, la liberté de la culture, la durabilité et le développement, le bien-être et le bonheur des peuples.

Voici des vérités inaliénables auxquelles nous devrions nous attacher dans notre société :

le droit au logement,
au travail,
à la culture,
à la santé,
à l'éducation,
à la participation à la vie politique,
à la liberté du développement personnel,
les droits des consommateurs pour une vie heureuse et en bonne santé.
L'état actuel de notre gouvernement et de notre système économique ne se soucie pas de ces droits, et de beaucoup de façons, s'oppose au progrès humain.

La démocratie appartient au peuple
La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, kratos = force), cela signifie que le gouvernement est composé par chacun de nous.

Toutefois, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Les politiciens devraient porter notre voix aux institutions, permettre la participation des citoyens à la politique par des canaux directs qui apportent les plus grands bénéfices à l'ensemble de la société et non pas s'enrichir et prospérer à nos dépens, à l'écoute exclusive de la dictature des principales puissances économiques, ni les maintenir au pouvoir dans un bipartisme conduit par les acronymes inamovibles PP & PSOE [le parti Populaire et le parti Socialiste, ndlr].

L'appétit de puissance et d'accumulation de quelques-uns crée les inégalités, les tensions et les injustices, lesquelles conduisent à la violence, que nous rejetons. Le modèle économique anti-naturel et obsolète pousse la machine sociale dans une spirale de croissance qui la consume elle-même, enrichit quelques-uns et plonge les autres dans la pauvreté. Jusqu'à l'effondrement.

L'intention et l'objet du système actuel est l'accumulation d'argent, sans égard pour l'efficacité ni le bien-être de la société. Gaspillage des ressources, destruction de la planète, création de chômage et de consommateurs malheureux.

Je sais qu'ensemble nous pouvons
Les citoyens sont les rouages d'une machine conçue pour enrichir une minorité qui ne tient pas compte de nos besoins. Nous sommes anonymes, mais sans nous rien de cela n'existerait, parce que nous sommes les moteurs du monde.

Si, en tant que société, nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une économie abstraite, qui ne restitue jamais les bénéfices à la majorité, alors nous pouvons mettre fin aux mauvais traitements dont nous souffrons tous.

Il faut une révolution éthique. Au lieu de placer l'argent au-dessus des êtres humains, nous le remettrons à notre service. Nous sommes des gens, pas des produits. Je ne suis pas le produit de ce que j'achète, pourquoi je l'achète et à qui je l'achète.

Pour tout ce qui précède, je suis indigné. Je pense que je peux le changer. Je pense que je peux aider. Je sais qu'ensemble nous pouvons. Je pense que je peux aider.

Je sais qu'ensemble nous pouvons.

http://yetiblog.org/index.php?post/Le-manifeste-de-la-puerta-del-sol

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Message le Mer 25 Mai 2011 - 19:13 par Mister Cyril

Pour voir la plaza en directo...heure espagnole vers 20h c'est mieux...

http://www.ustream.tv/channel/live-from-sol

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Message le Mer 25 Mai 2011 - 17:56 par Mister Cyril

Espagne: la mobilisation des «indignés» s'essouffle

Après l'euphorie de la première semaine, la mobilisation des jeunes «indignés» commençait à s'essouffler mercredi sur la Puerta del Sol à Madrid, selon l'un des porte-parole du mouvement lancé le 15 mai sur l'internet.

Si le «village alternatif» installé sur la place madrilène continue à s'étendre, les rassemblements qui réunissaient tous les soirs de la semaine dernière des milliers ou des dizaines de milliers de personnes ont moins d'ampleur cette semaine.

«L'esprit reste intact mais la mobilisation a un peu baissé, après l'euphorie du début», a indiqué Pablo Prieto, l'un des porte-parole de ce mouvement.

«Maintenant on travaille plus calmement, on continue à se structurer, pour que le mouvement continue même si le campement sur la Puerta del Sol disparaît», a ajouté ce biologiste au chômage depuis cinq mois.

Sur la Puerta del Sol, le campement était toujours aussi organisé mercredi, avec ses stands d'alimentation, son infirmerie, sa garderie.

De nouveaux stands improvisés ont vu le jour, comme un point d'information féministe.

Le mouvement a décidé le maintien du campement jusqu'à au moins dimanche prochain. «Pour la suite, nous n'avons encore rien arrêté», a indiqué mercredi Pablo Prieto.

«L'idée est de créer des assemblées dans tous les quartiers pour diffuser nos propositions pour une démocratie plus juste», a-t-il ajouté.

Les «indignés» prévoient d'organiser samedi des assemblées dans les différents quartiers de Madrid, avant de décider dimanche de la suite du mouvement.

Né via les réseaux sociaux, le mouvement aux revendications multiples, du chômage à la «corruption» des hommes politiques, des coupes salariales à tous les excès du capitalisme, se veut apolitique et rassemble des citoyens de tous horizons, jeunes, chômeurs ou retraités.

(Source AFP)

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Message le Dim 22 Mai 2011 - 17:18 par country skinner

ce coup si promis on viendra pas vous tirer dans le dos!
"Never trust a stalinist" (ne tourne jamais le dos à un stalinien si tu veux garder ta virginité politique)
proverbe anar

bizz mon poussinet

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Message le Dim 22 Mai 2011 - 14:19 par Mister Cyril

Allez, allez ne boude pas ton plaisir Country, un village autogéré par des anars en Espagne ça te fait kiffer (bein oui moi aussi je peux parler jeun's et au nom des jeun's)...ce coup si promis on viendra pas vous tirer dans le dos!

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Message le Dim 22 Mai 2011 - 13:30 par country skinner

La problématique de toute révolution n'est pas tant d'accumuler les énergies (insurrection) que de savoir dans quel but l'on s'insurge : Pour faire évoluer le système existant, ou pour créer les conditions d'un nouveau système ? Et dans le second cas (u-topique par définition) on ne peut faire l'impasse d'une réflexion sur le mode d'organisation économico politique (concurrence généralisée, organisation de marché, propriété des moyens de production, exercice direct ou représentatif du pouvoir citoyen, rôle de l'état...)
Ceci dit, la phase insurrectionnelle est préalable et incontournable, donc commune... Au peuple assemblé ensuite de définir les modes de son autonomie - ou de sa nouvelle servitude...

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Message le Dim 22 Mai 2011 - 12:34 par brusyl

Pas de #frenchrevolution sans revenu de vie
2011 mai 21

J’ai beaucoup suivi cette semaine le soulèvement des espagnols à l’approche des élections régionales. Il faut reconnaitre: c’est un spectacle fascinant, enthousiasmant, et surtout salutaire ! Miracle : le peuple ne serait donc pas totalement endormi ?

Le spectacle est d’autant plus rafraichissant que dans le même temps, on assistait en France au concert de gémissements de la gauche quant au sort de Dominique Strauss-Kahn et de son poussiéreux parti socialiste, et réduisant l’oeuvre de la presse française à ce que André Gunther qualifie à très juste titre d’un « autoportrait d’une presse en plein desarroi face à la disparition de son candidat préféré. ».

Alors oui, voir nos voisins espagnols se réveiller de la sorte contre l’injustice sociale dont ils sont victimes et contre leurs prétendus représentants, il n’y a pas à dire : ça donne la pêche. A tel point qu’on aurait presque envie de faire pareil.

Seulement voilà. Alors que certains sur twitter commencent justement à vouloir importer le mouvement en France, je me permet d’émettre un « hola ». (sans jeu de mot ).

Comme me le racontait il y a peu un ami américain, faire une révolution c’est un peu comme tomber amoureux. On le fait sans calculer, par une sorte de pulsion. Comme nous l’ont montré récemment les tunisiens, les égyptiens, les libyens, l’énergie qui peut se dégager d’un tel phénomène est très impressionnante. C’en est même vertigineux !

Mais il ne faut pas tout confondre. Si les révolutions arabes peuvent être inspirantes pour l’Occident (notamment sur la méthode), il ne faut pas oublier les motivations premières de ces mouvements : l’oppression policière, la censure, la faim. En sommes nous là chez nous ?



Non, nous en sommes beaucoup plus loin. L’oppression que nous subissons est beaucoup plus perverse et difficile à combattre.

Que nous disent les espagnols aujourd’hui ? Qu’ils en ont marre de cette parodie de démocratie représentative. Qu’ils ne supportent pas les injustices qu’ont exacerbé la crise financière. Ils expriment leur indignation contre un système qui devient fou. Mais après ? Quels sont les alternatives ? Comment déconstruire le système actuel ?

Que l’on me comprenne bien : nombreux sont les motifs légitimes de s’indigner, et ne pas se révolter serait même très inquiétant ! Mais encore faut-il identifier clairement les vrais problèmes, et y proposer des solutions efficaces et crédibles. bref, ne pas se tromper de cible.

Or, sur ce plan là, désolé mais je ne vois pas grand chose d’intéressant. J’en veux pour preuve une sélection des propositions du mouvement espagnol Democracia Real, YA ! :

partage du temps de travail
récompenses pour les entreprises embauchant moins de 10% des salariés à temps partiel
impossibilité d’effectuer des licenciement collectifs si l’entreprise réalise des bénéfices
contrôle et régulation du système bancaire
Suppression des SICAV
meilleur contrôle des fraudes fiscales
augmentation de l’impôt sur le patrimoine
(…)
Ce mouvement révèle selon moi une tendance que je constate depuis longtemps : l’indignation se généralise, mais les propositions, elles, restent trop timides, trop classiques, trop orthodoxes. On est ici franchement dans la mesurette, alors que c’est notre modèle de société tout entier qui est en faillite ! En fait, le problème majeur de ces propositions, c’est qu’elles sont essentiellement repressives envers une catégorie de la population. Quant à ceux qui les revendiquent, elles font en sorte que surtout rien ne change pour eux.

Je doute que l’on puisse faire une révolution saine sur de telles bases. On est en tout cas très, très loin de la révolution sociétale potentiellement impulsée par le revenu minimum garanti, et mieux : de la nécessaire réforme du système monétaire !



Je viens de tomber sur un intéressant communiqué du GADI Catalunya (Groupe d’Action de Démocratie Inclusive de Catalogne) qui critique aussi assez vivement l’approche du mouvement espagnol. Je le republie ci-dessous, pour alimenter le débat .

[Barcelone] Sur la manifestation “Democracia Real Ya”

Face à la détérioration rapide de la crise multidimensionnelle que nous vivons, il est tout à fait compréhensible et souhaitable qu’un nombre croissant de personnes veuillent exprimer publiquement et collectivement leur opposition au cours destructeur que prend la société ainsi que leur refus de la farce politique, de la paupérisation économique et de l’injustice sociale. Ainsi, nous pensons que la participation à des manifestations telles que la “Démocratie Réelle Maintenant” est mieux que demeurer dans l’apathie politique et la passivité face à la situation actuelle. Mais malgré cela, nous pensons aussi que dépenser des énergies à impulser ce genre de mobilisation est pire que les dépenser à construire un nouveau type de mouvement, pensé historiquement, stratégiquement articulé et radicalement transformateur, qui permet d’abandonner le système oligarchique et éco-destructeur établi et la mentalité hétéronome et individualiste qui prévaut aujourd’hui, en créant une nouvelle forme d’organisation sociale véritablement démocratique et écologique et un état d’esprit autonome et coopératif. Comme nous le développons plus loin, la manifestation du 15-M ne peut pas donner lieu à un mouvement de ce type, ni même être une partie intégrante de celui-ci, étant donné que ni les objectifs ni la stratégie ne visent une telle finalité.

Au-delà de la phraséologie du manifeste qui, disons le clairement, est ambigu, vague et naïf, la plate-forme qui impulse cette mobilisation a formulé un certain nombre de propositions concrètes qui peuvent être considérées comme le noyau “programmatique” sous-jacent de l’appel. Il s’agit d’un ensemble de mesures (accroître le contrôle sur la classe politique et les paradis fiscaux, augmenter les impôts sur les banques et les grandes fortunes, augmenter le recrutement de personnels de santé et les enseignants, établir l’obligation d’organiser des référendums pour les décisions politiques importantes, fournir une assistance économique aux chômeurs et toutes les personnes à faible revenu, réaliser une répartition du travail basé sur la réduction du temps de travail, etc.) que nous considérons comme insuffisantes et/ou utopiques pour les raisons suivantes :

1) Ce sont des propositions insuffisantes par leur caractère réformiste, car à aucun moment elles ne contestent ou prétendent remplacer les institutions fondamentales du système actuel, à savoir, l’État “démocratique” représentatif et l’économie de marché capitaliste, mais qu’elles se limitent simplement à demander quelques améliorations. Cependant, la crise généralisée et multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui n’est pas due à un dysfonctionnement de ces institutions, mais à leur propre idiosyncrasie. La dynamique inhérente à l’économie de marché et à l’État “représentatif” donner lieu à une énorme et croissante concentration du pouvoir qui ne peut pas être inversée grâce à de simples changements cosmétiques. Ainsi, en supposant qu’une lutte populaire tenace et acharnée parvienne à mettre en œuvre certaines des réformes suggérées, celles-ci ne pourraient faire autre chose qu’imprimer un rythme légèrement plus lent au développement de la crise multidimensionnelle en cours car elles devraient indéfectiblement être compatibles avec le fonctionnement et la dynamique du système actuel, ce par quoi elles se révèleraient assez dérisoires en comparaison au fort développement de la crise multidimensionnelle provoqué par ce système. Ainsi, nous pensons donc qu’il est inapproprié de plaider pour que l’injustice sociale, l’énorme inégalité économique et l’usurpation politique soient repeints d’une nouvelle couche de peinture “démocratique” et / ou “éthique”, mais qu’il est nécessaire de miser sans équivoque pour l’abolition le système actuel, cause fondamentale des effets dommageables et des comportements pervers que nous subissons aujourd’hui, et pour cela, il sera nécessaire de donner naissance à un nouveau système véritablement démocratique dans tous les domaines.

2) Ce sont des propositions utopiques, non seulement parce que, comme c’est habituel dans ce type de positions, aucune idée claire et réaliste n’est donnée sur la façon dont ces mesures pourraient être imposées aux élites dirigeantes qui ont la haute main sur le système, mais surtout parce qu’on oublie complètement que ces mesures contreviennent radicalement à la logique et à la dynamique du système actuel. L’énergie qui fait fonctionner ce système est la croissance économique et la marchandisation, de sorte que les États et les entreprises du monde entier cherchent à maximiser respectivement leur taux de croissance du PIB et leurs profits. Un État ou une entreprise qui ne suit pas cette logique de la poursuite de la croissance économique et de la marchandisation en augmentant sa compétitivité / efficience, entrera rapidement sur la voie de la crise et de la dissolution. Sachant cela, les gouvernements du monde entier s’efforcent d’adopter de nouvelles lois et réformes visant à accroître la compétitivité du pays, ce qui signifie, évidemment, une plus grande exploitation de leurs ressources humaines et naturelles, et, par conséquent, une plus grande précarité de l’emploi, l’insécurité sociale, le mal-être psychologique et la destruction de l’environnement. Aujourd’hui, en plus, tant les Etats que les entreprises du monde entier se heurtent à des difficultés croissantes pour continuer d’accroître leur PIB et le montant de leurs profits et pour cela essaient maintenir la compétitivité à tout prix, à savoir, en réduisant, en appauvrissant et en détruisant rapidement les conditions de vie de la grande majorité de la population. Nous ne pouvons pas nous boucher les yeux devant cette caractéristique centrale de notre époque : il y a un conflit croissant et irréconciliable entre les besoins des personnes et de la planète d’une part, et les besoins du système économique actuel de l’autre. Ce conflit ne peut être conclu qu’avec un vainqueur. Ou bien les besoins humains et naturels gagnent, donnant lieu à un système conçu pour la satisfaction démocratique de ceux-ci, ou bien gagnent les besoins du système étatiste et capitaliste établi, à savoir, sa dynamique fondée sur la recherche insensée d’une croissance économique illimitée et la constante augmentation de la concentration du pouvoir. Toute proposition qui ignore ce conflit inévitable et fondamental est une utopie et un attrape-nigaud.

D’autre part, comme il ressort de ses communiqués, la plate-forme appelant à cette manifestation se rend complice de la distorsion et dénaturation du terme “démocratie” quand ils suggèrent que ce qui rend la société moderne non démocratique n’est réside que dans la corruption et le pouvoir incontrôlé que détiennent les entreprises transnationales et les sociétés financières. Cependant, ce n’est pas seulement cela qui fait que nous vivons dans une société oligarchique, mais aussi parce que l’existence même de l’État joue un rôle crucial, à savoir, un appareil bureaucratique centralisé, séparée des citoyens et dans une position de domination sur ceux-ci. L’État s’autodénomine “démocratique” afin de se légitimer, et non, évidemment, parce qu’il serait une institution qui confèrerait un réel pouvoir aux personnes de décider sur les affaires de la sphère publique. Il est par conséquent complètement faux d’attribuer le manque de démocratie uniquement à la corruption politique et à la domination des puissances économiques sur les pouvoirs “publics” : l’essence même de l’État “démocratique” représentatif est profondément oligarchique. Pour réclamer véritablement une réelle démocratie, il est nécessaire de lutter pour l’abolition de cette institution et son remplacement par un nouveau système de communautés dirigées démocratiquement par le biais d’assemblées populaires, confédérées par l’intermédiaire de délégué-e-s responsables et révocables.

En conclusion, nous considérons que le caractère insuffisant et utopique des propositions de la plate-forme qui appelle à la manifestation de “Democracia Real Ya” ainsi que sa collusion implicite avec la dénaturation de la signification du terme “démocratie”, fait que cette appel sera, au mieux un espace-temps qui, comme tant d’autres, sert à rendre visible et à exprimer le rejet par beaucoup de gens de la crise générale du monde contemporain et, au pire, un attrape-nigauds qui canalise la volonté transformatrice de certaines personnes vers des objectifs presque toujours illusoires et toujours insuffisants.

GADI Catalunya (Groupe d’Action de Démocratie Inclusive de Catalogne) Mai 2011

[A noter que ce collectif, malgré les critiques ici formulées à l’endroit des initiateurs de l’appel, a décidé de participer à l’occupation de la place de Catalogne de Barcelone où il a animé un débat sur ses propositions politiques]

Source : Organisation Communiste Libertaire

http://www.tetedequenelle.fr/2011/05/frenchrevolution-oui-mais/

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Message le Dim 22 Mai 2011 - 10:15 par brusyl

Autre joli slogan que j'ai entendu : "vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir"

Mais comme le dit l'article, c'est la droite conservatrice qui risque fort de tirer les marrons du feu de ces protestations, n'oublions pas la majorité silencieuse espagnole, très réac...

La seule chose à espérer est que ce mouvement durera après les élections et, soyons fous ! essaimera...

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Message le Dim 22 Mai 2011 - 8:46 par country skinner

Par Cécile Thibaud Intérim à Madrid

http://www.liberation.fr/monde/01012338643-l-espagne-entre-vote-et-revolte

«Je ne suis pas antisystème, c’est le système qui est antimoi», «Vous sauvez les banques, vous volez les pauvres», «Politiques, c’est nous vos chefs, et nous sommes en train de vous virer». Depuis le début de la semaine, la place de la Puerta del Sol, au centre de Madrid, se réveille chaque jour décorée de nouveaux slogans, de propositions et de protestations griffonnés à la hâte, accrochés en guirlandes qui battent au vent. Echo de la succession d’assemblées et de débats qui s’est ouverte autour du campement de los indignados («les Indignés»).

Dans le sillage des quelques centaines de campeurs, viennent se greffer des milliers de sympathisants, qui alimentent un flux de parole continu. Au fil des échanges reviennent les mêmes dilemmes : voter ou non dimanche, lors du premier tour des élections municipales et régionales partielles ? Voter pour qui ? Et pourquoi, surtout ? «On n’a rien à choisir puisqu’ils ont tous le même programme de soumission économique» , affirme Manuel, 38 ans, ingénieur textile au chômage depuis trois ans. «Mais il ne faut pas leur laisser le terrain, il faut aller voter dimanche et continuer nos mobilisations lundi» , rétorque Sofia, secrétaire administrative dans une université madrilène.

Déclin. La dernière ligne droite avant les élections du week-end s’est révélée plus accidentée que prévu pour les partis. Depuis des mois, les sondages enregistrent le déclin du parti socialiste (PSOE) et les scrutins locaux de dimanche, première convocation aux urnes depuis le début de la crise, se profilent comme un vote sanction pour le gouvernement Zapatero, menacé par une forte abstention. Les 5 millions de chômeurs et le plan d’austérité drastique imposé par Bruxelles sous la pression des marchés ont démobilisé les électeurs de gauche. Les sondages annoncent un repli général des socialistes, menacés dans leurs fiefs : ils risquent de quitter la mairie de Barcelone, gouvernée par les socialistes depuis le début de la démocratie, mais aussi Séville. Ils pourraient aussi perdre le contrôle des îles Baléares ou de la Cantabrie, et même céder le pouvoir dans leurs bastions régionaux comme Castille-La Manche, tout un symbole… Pourtant, personne n’arrive à jauger l’impact réel du mouvement de protestation sur le vote de ce dimanche.

Les coordinateurs ne donnent pas de consigne : «Nous lançons un appel à la réflexion, nous ouvrons les débats et nous invitons la société à participer et à avoir voix au chapitre, insiste Eduardo, l’un des étudiants porte-parole du mouvement de la Puerta del Sol. Nous pensons que le droit de vote est libre et individuel.» Difficile de prévoir comment vont réagir les électeurs de gauche, électrisés par le mouvement qui, en quelques jours, a essaimé des rassemblements à travers une soixantaine de villes du pays.

Les mobilisations font mouche chez une frange de votants socialistes. «Ils ne participent pas forcément, mais viennent voir un peu, pour parler et exprimer leurs doutes, explique Jaime Pastor, professeur de sciences politiques de l’université à distance Uned. Ils ne se sentent pas représentés par ce gouvernement pour lequel ils avaient voté, ni par les syndicats, qui sont perçus comme des gestionnaires de la crise et signent des accords sociaux difficiles à accepter.» L’objectif des élus de gauche a été, depuis des semaines, d’endiguer les désertions en centrant leur campagne sur les enjeux locaux.

«Il ne s’agit pas d’arranger le monde, mais d’arranger ton monde» proclame un des slogans du PSOE pour les municipales. Le mouvement des Indignés de la Puerta del Sol vient perturber cette stratégie. Ce dont débattent les campeurs, c’est tout l’inverse : la globalisation et la démission des politiques face aux marchés financiers. Les partis ont observé avec prudence la montée en puissance des Indignés, en essayant d’en évaluer les conséquences. Du côté du PSOE, on marche sur des œufs, à commencer par Zapatero qui, dans une interview à la radio Cadena Ser, se reconnaît «le premier concerné» par les protestations des derniers jours. Les communistes de Izquierda Unida applaudissent pour leur part le mouvement, espérant canaliser les déçus du PSOE.

«Frustrations». A droite, le Parti populaire (PP) se frotte discrètement les mains de ces imbroglios au sein de la gauche, en essayant de ratisser au passage un vote de protestation : «Le gouvernement a généré beaucoup de frustrations et la meilleure réponse est d’aller voter pour pousser une alternative de gouvernement», affirme le député PP Carlos Floriano. Mais penser que le mouvement pourrait mécaniquement favoriser le PP en éparpillant le vote socialiste vers des petites formations ou bien en gonflant l’abstention et le vote blanc est une erreur, pour le politologue Fermin Bouza, professeur de sociologie à l’université Complutense de Madrid. «Ce pourrait même être l’inverse, estime-t-il. Il est aussi possible qu’une partie des électeurs socialistes démotivés, qui pensaient s’abstenir cette fois, aillent voter, parce qu’au fond, une des choses que nous dit ce mouvement, c’est que la politique est l’affaire de tous.»

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 19:37 par country skinner

Bru surtout n'efface pas le post de l'ineffable Jean Marc, tellement il montre que ce "jeune" (?) poste sans lire et sans réfléchir (mais ce n'est pas la première fois qu'il se tire tout seul des balles dans le pied hé hé...)
1 - L'article qu'il poste en lien dit EXACTEMENT la même chose que Donald à propos du PPSOE (Notamment la "partitocratie" renvoie spécifiquement au PPSOE)
2 - Il n'a manifestement jamais lu les posts de ceux d'ici qu'il présente comme des militants ou syndicalistes, après tout ce qui a pu être échangé ici en matière d'analyse critique du parlementarisme comme appareil ideologique d'état (mais c'est toujours plus facile de déguiser ses "adversaires" en épouvantails, ca évite de faire l'effort de réfléchir et de comprendre)
Accessoirement, les dernières nouvelles d'Espagne annoncent une victoire du PP (droite) par rejet du PSOE, ce qui montre que les espagnols ont encore une solide propension à voter en pensant que l'alternance peut résoudre les problèmes.

Si les élections pouvaient changer quelque chose, il y a longtemps qu'elles seraient interdites (même en "démocratie" pas vrai JM ?)

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 15:28 par brusyl

Nondediou !! n'y aurait-il pas moyen que vous discutiez sans vous écharper ainsi ???
Voir ce qui nous réunit tous ici, l'aspiration au changement et laisser de côté vos querelles de chapelle , vos certitudes, vos détestations ressassées????

Jean-Marc,si tes posts ici provoquent à chaque fois ce rondeau d'invectives rabachées, il vaut mieux que tu t'abstiennes. Je dis ceci sans le moindre jugement de qui que ce soit, mais dans le souci de maintenir la dignité et l'avenir de ce forum : ceci ne peut que mettre les autres mal à l'aise.

Désespérant pour l'avenir de lire cela à un moment, le premier depuis si longtemps où germe une petite espérance...

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 14:47 par Invité

Je ne faisais que passer...

J'ai autre chose à faire que passer des heures à tenter en vain de désintoxiquer des drogués qui ne voient partout que le reflet de leur fantasmes en faisant fie des faits.

Bon weekend.

Ps. Sylvie, tu peux laisser les insultes de Donald, elles ne me gênent pas...



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Message le Sam 21 Mai 2011 - 14:30 par Invité

Melenchon ne peut sortir de 30 ans de PS sans une corrosion importante et J-Marc a raison de le rappeler. Perso, je ne crois qu'en moi, que je sais intègre, et à aucun nouveau prophète : en un mot, je n'ai ni Dieu ni maître. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai vu La Méluche dans son numéro de funambuliste : il est très crédible si en face il y a un clown libertarien criant "Vive la jungle, vive la concurrence libre et non faussée". Le clüb clownesque utilise un dé à 3 faces (Si,Si!) F1: crise économique, F2: FMI, le sauveur, F3: rigueur anti-sociale; à tous les coups, les clubbistes are the winners! Avec les manisfestations espagnoles et grecques, va t-on assister à un printemps européen? Personnellement, si je fais une partie d'échec et que la distribution des cartes est truquée, je renverse la table et : "Alea jacta est". J'ai remarqué que parmi les qq intervenants actifs, il y a bcp de gens du Sud-Ouest; Y aurait-il un gène de la claivoyance pour les populations nées entre Pyrénées et Loire comme il en existe un pour les délinquants comme le pense l'ex-ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy? Mais alors, le sauveur ne peut-être que l'un d'entre nous cad ni parisien, ni auvergant! Citoyens, aux armes, renversons Frau Merkel et sa rigorosité! Si les Outre-Rhénans ont le gène du travail bnénévole, il sera tjs temps de les écharper quand ils viendront se reposer chez nous en passant la TVA anti-suicide à 4000%.

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 14:04 par Donald11

Jean-marc a écrit:Bien entendu Donald et Cyril n'ont toujours rien compris!!!
J'attends que les trous-du-cul dans ton genre planqués derrière leur écran m'expliquent la vie. T'es ni jeune, ni vieux, mais qu'est-ce que t'es con ! Va t'aérer au bois de Vincennes, tu sens le moisi, intello de paccotille. Sur qu'avec des addicts du clavier dans ton genre, la révolution démocratique est en marche !!! Tiens, au comptoir du café du commerce, tu es déjà perçu comme le messie que tous attendent. Ils n'ont qu'une crainte, que tu leur interdises les pastis du midi et tous les trucs à gratter. Si t'as 5mn, va les rassurer ...

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 13:53 par Invité

Bien entendu Donald et Cyril n'ont toujours rien compris!!!

Slogan éculé "Umps" mon cul oui.

Les jeunes ils disent merde aux autres partis aussi, aux politiciens professionnels en gros, pas noté? *
Ils veulent la DEMOCRATIE, et ils se sentent prêts à jouer leur rôle sans ces minables représentants et ces structures archaïques et corrompues.

http://fr.myeurop.info/2011/05/20/spanishrevolution-passer-de-la-partitocratie-a-la-democratie-2477

Putain ces vieux militants ou syndicalistes, des boulets pour le renouveau démocratique vraiment :(

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 13:50 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:Tout cela m'inspire une reflexion : d'un côté des gens qui demandent à mieux vivre et de l'autre des politiciens qui ne pensent qu'à leur (ré)élection ...
Nous avons l'UMPS, ils ont le PPSOE ...

Bein vi, ça fait quand même des années qu'on le dit, allons canard passe de l'autre côté du miroir là on tu verras la Lumière, que la Terre est ronde et que l'eau ça mouille!

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