Manifestations monstres en Espagne

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Manifestations monstres en Espagne




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Manifestations monstres en Espagne :: Commentaires

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 13:47 par Donald11

Tout cela m'inspire une reflexion : d'un côté des gens qui demandent à mieux vivre et de l'autre des politiciens qui ne pensent qu'à leur (ré)élection ...
Nous avons l'UMPS, ils ont le PPSOE ...

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 13:20 par Mister Cyril

la contestation prend de l'ampleur malgré l'interdiction de manifester

Rebaptisé ces dernières heures "Toma la plaza", "Prends la place" en français, le campement est apparu à Madrid dimanche 15 mai au soir.
Les mouvements de protestation qui ont fait irruption en Espagne dimanche 15 mai ont pris une nouvelle ampleur à trois jours des élections municipales et régionales du 22 mai.
Le ministre de l'intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, a interrompu vendredi matin ses actes de campagne pour suivre depuis la capitale le déroulement des rassemblements, qui ont été déclarés contraires à la loi par la commission électorale. Il refuse pour l'instant de préciser si la police recevra l'ordre de déloger les milliers de participants attendus vendredi soir sur la place madrilène de la Puerta del Sol.

VILLAGE AUTOGÉRÉ

Un véritable village autogéré est apparu en moins de cinq jours au cœur de Madrid. La place historique de la Puerta del Sol compte maintenant sur ses propres cantines gratuites, son stand d'information juridique, son infirmerie… Et même depuis peu sur une garderie où l'on réclame des dons de jouets. En tout, 17 points sont listés sur la carte distribuée par les organisateurs, et qui évolue à mesure que les nouveaux mètres de bâche sont tendus pour fournir un peu d'ombre et protéger de la pluie.




La place historique de la Puerta del Sol est devenue un véritable village autogéré au cœur de Madrid. AFP/PEDRO ARMESTRE

L'ordre est l'une des obsessions des campeurs depuis la première nuit. Partout, des affiches rappellent que la "révolution n'est pas un botellón", le nom des grands rassemblements de jeunes espagnols où l'alcool coule à flots. Ici, on voit l'ivresse d'un mauvais œil.

"PRENDS LA PLACE"

Rebaptisé ces dernières heures "Toma la plaza", "Prends la place" en français, le campement est apparu à Madrid dimanche 15 mai au soir. Ils n'étaient alors qu'une petite centaine à vouloir passer la nuit sur la Puerta del Sol. Jeudi, des milliers de personnes débordaient dans les rues adjacentes à l'heure de la grande assemblée générale convoquée tous les soirs.

Les participants viennent clamer leur "indignation" contre un système démocratique qu'ils voudraient plus transparent et participatif. Des assemblées ouvertes à tous travaillent ces jours-ci à l'élaboration de propositions plus concrètes.




Certains manifestants campent nuit et jour sur la place.AFP/PEDRO ARMESTRE

En attendant, les campeurs réclament une refonte de la loi électorale espagnole, qui favorise le bipartisme entre socialistes du PSOE et conservateurs du Parti populaire, et dénoncent la crise, le chômage et les mesures d'austérité adoptées par l'exécutif socialiste en mai 2010.

Selon la police, la Puerta del Sol peut contenir jusqu'à 9 000 personnes. A Barcelone, au moins 500 campeurs ont passé la nuit sur la Plaza Catalunya. Ils étaient également plusieurs centaines dans de nombreuses autres villes espagnoles. Le mouvement commence à dépasser les frontières espagnoles et des rassemblements avaient été convoqués jeudi à Paris, Londres, Budapest… En tout, 175 sites étaient recensés vendredi après-midi sur Internet (http://j.mp/m4E11d).

Des élections sont prévues dimanche dans 13 régions et plus de 8 000 municipalités. En Espagne, tous les actes politiques de campagne sont suspendus quarante-huit heures avant le scrutin pour un temps de "réflexion".

"CRI MUET"

C'est en se basant sur cette loi et en plaçant dans la balance le droit de réunion des campeurs que la commission électorale espagnole, composée de magistrats et d'experts en droit, sciences politiques et en sociologie, a finalement décidé jeudi soir tard de ne pas autoriser de manifestation ce week-end.

Les organisateurs du campement madrilène assurent pour l'instant qu'ils ne bougeront pas. Le coup de départ de la "journée de réflexion" devrait être marqué à 00 h 05 samedi par un grand "cri muet". Selon le quotidien Público, le gouvernement n'envisagerait d'intervenir que si les manifestants portaient gravement atteinte à l'ordre public.

L'interdiction semblait en tout cas avoir provoqué l'afflux de nouveaux soutiens de tous âges et origines, vendredi à Madrid. Costume cravate pour l'un, veste et jean pour l'autre, deux avocats de 28 et 50 ans se pressaient à 13 heures devant le stand juridique. "Nous sommes venus offrir nos services au cas où il y aurait des détentions à cause de l'interdiction de manifester", explique Manuel, le plus jeune.

"TRAHIE" PAR LE PSOE

Non loin de là, Carlota, 54 ans, chemise, petite lunettes, serre-tête en métal et sac en cuir marron, cherche à qui elle peut transmettre ses félicitations. "J'ai entendu des organisateurs à la télévision hier, je voulais les encourager", explique cette ancienne électrice du PSOE qui affirme se sentir "trahie" par son parti. "Je n'avais pas pu rester jusqu'à maintenant à cause de mon travail. Mais ce soir je passerai la nuit ici avec mon compagnon."

Le premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a admis vendredi matin que s'il avait 25 ans il "serait certainement" aussi sur la place. "Comment ne pas comprendre que les gens qui ne trouvent pas de travail manifestent ?" a-t-il lancé sur les ondes de Cadena Ser.

Selon les dernières enquêtes, le Parti socialiste risque de perdre plusieurs de ses fiefs historiques dimanche prochain.


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Message le Sam 21 Mai 2011 - 13:01 par Invité

Salut puce, tu as posté pendant que je postais.

D'où ce rajout.
Le problème est que Mélenchon se réclame du renouveau démocratique, de la révolution citoyenne, du respect du peuple.

Il est l'inverse. C'est un gardien de troupeau qui grâce à ses chiens de berger enpêche ses moutons de penser, de comprendre, et d'oser inventer sans que le politburo contrôle.

Là est le problème.

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 12:56 par Invité

Vous voulez en savoir plus sur comment est contrôlé le troupeau du Front de Gauche de manière assez subtile,
et comment derrière les slogans publicitaires ''révolution citoyenne" se cache en réalité une idéologie autoritaire, centralisée,
directement inspirée de la structuration politique rigide et anti démocratique issue du kriptocommunisme et de son politburo?

:) **

Fouillez... Testez... Passez de l'autre côté du miroir, là où les illusions perdent leur évidence.

Bon weekend...

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 12:52 par brusyl

Ha ha Jean-Marc ! quand j'ai lu ton nom sur le sujet, je savais à l'avance ce que tu allais raconter.

C'est triste oui, (je viens de voir que mon post de protestation, très poli, très correct, où je demandais seulement au webmaster pour quelle raison il m'avait censuré, a disparu aussi...) mais ce n'est pas particulier à Jean-Luc Mélenchon, c'est à peu près partout comme cela...
Tu crois que Marianne est mieux qui, sans un mot d'explication sur son site, ferme totalement ses commentaires, pleurnichant qu'il y a trop de commentaires racistes alors qu'ils les ont eux-mêmes sollicités en postant régulièrement, systématiquement des articles très orientés sur l'Islam et en rameutant par leurs articles tout aussi réguliers sur Marine Le Pen quantité de posteurs bas du front ? et que l'on sait bien que la vraie raison est qu'ils ne supportaient pas que l'on tape sur leur petit chouchou ???

Voir une très bonne critique de la propagande marianesque sur l'islam là : http://www.acrimed.org/article3595.html.

Je suis dégoûtée oui, mais cela va bien au delà de la personne de JL Mélenchon...

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 12:29 par Invité

Heureux de voir que peut être enfin vous commencez à comprendre qui est VRAIMENT Mélenchon et son Front de Gauche...
Je vous l'avais dis, vous ricaniez, mais je le connais par coeur ; je l'ai étudié ; tout est faux semblant.

Reste pour vous à comprendre que l'ensemble des syndicats actuels sont devenus des larbins de l'ordre établi à présent, comme ce soi disant républicain d'opérette.

Après, alors, vous serez des vrais citoyens et non plus de naïfs sujets, et enfin prêts à penser REINVENTION DEMOCRATIQUE au 21e siècle.

Bises!

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 11:32 par Mister Cyril

Oui j'ai vu la censure en direct...ils m'ont aussi censuré 2 ou 3 fois alors que je me présentait comme un électeur du FDG...il faut pas être trop naïf sur ce coup...par contre si tu pouvais mettre le lien ici!

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 11:22 par brusyl

'taaaiiiinnnn !!!!! je viens de me faire censurer ... sur le blog de Mélenchon, parce que j'indiquais les liens sur internet où l'on peut voir comment la #spanishrevolution est en train de se propager dans d'autres pays et surtout dans le nôtre et invitant les lecteurs à s'informer de ce qui se passe dans leur ville (chez moi un rassemblement est organisé demain)
Ils ont presque entièrement zigouillé mon post, ne gardant que la première phrase....

Mélenchon aime la révolution.... quand c'est lui qui l'organise.
profondément déçue je suis, moi qui allais voter pour lui, car cela me donne un signe très fort de sa conception libérale et tolérante de la politique !
PS : pour tester, j'ai envoyé un post de protestation... qu'ils vont probablement censurer aussi

Dernière édition par brusyl le Sam 21 Mai 2011 - 11:35, édité 1 fois

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 10:49 par Mister Cyril

19.000 manifestants ont bravé l'interdiction de se rassembler place Puerta del Sol, à Madrid, pour protester contre le chômage et la crise.

19.000 personnes étaient rassemblées vendredi soir place Puerta del Sol, à Madrid. Le mouvement social espagnol ne cesse de s'amplifier. (AFP)

Des milliers de personnes rassemblées sur la Puerta del Sol à Madrid ont accueilli vendredi 20 mai à minuit par un "cri muet" l'interdiction de manifester, observant aux 12 coups de l'horloge une minute de silence symbolique, des rubans de scotch collés sur la bouche.

A minuit pile, un silence impressionnant s'est abattu pendant quelques secondes sur la grande place en plein coeur de la capitale espagnole, bondée tout comme les rues alentour. Les manifestants, qui depuis mardi occupent les lieux où ils ont planté un village de tentes et de bâches, ont ainsi accueilli la trêve qui interdit tout rassemblement politique à la veille des élections locales.

Puis, très vite, les cris ont repris, sur fond de percussions: "maintenant nous sommes tous illégaux", hurlait la foule, estimée à 19.000 personnes selon un décompte établi pour l'agence espagnole Efe par une société spécialisée.

Le gouvernement embarrassé

La présence policière restait discrète, avec seulement quelques voitures de police garées dans les rues voisines. Les organisateurs du mouvement, né en début de semaine pour dénoncer le chômage et les retombées de la crise économique, avaient prévenu qu'ils étaient prêts à braver l'interdiction.

"Nous allons rester sur la place. Il ne s'agit pas d'une manifestation, mais d'un mouvement citoyen", avait expliqué vendredi matin Juan Lopez, chômeur de 30 ans et l'un des porte-parole du mouvement.



A deux jours des élections locales qui s'annoncent désastreuses pour les socialistes au pouvoir, le gouvernement, très embarrassé, a promis d'agir avec mesure tout en "appliquant la loi", qui impose le respect de la trêve électorale.

Les "indignés" pas prêts à se taire

Depuis mardi, ce mouvement spontané rassemble une mosaïque de jeunes mais aussi de citoyens de tous horizons et de tous âges, chômeurs, étudiants, retraités, salariés, qui ont pris possession de la place. "Los indignates" (les indignés), les surnomme-t-on en Espagne.

Inédit, coloré et pacifiste, le mouvement, au nom du "droit à s'indigner", se veut "apolitique" et dénonce pêle-mêle la mainmise des grands partis sur la vie politique espagnole, l'injustice sociale, la "corruption des politiciens".


Vers un printemps espagnol à la Puerta del Sol par nocommenttv



Mais, surtout, il trahit la frustration de millions d'Espagnols face au chômage qui atteint un taux record de 21,19% et frappe près de la moitié des moins de 25 ans, aux coupes salariales, aux retombées de la crise économique.

Le gouvernement promet de la "compréhension"

La détermination des manifestants, à la veille du week-end électoral, place le gouvernement en position délicate, l'obligeant à choisir entre la méthode policière, très risquée, ou une souplesse qui ne manquerait pas de lui attirer des critiques.


"Nous allons appliquer la loi pour garantir les droits et la liberté de l'ensemble des citoyens", a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a lui assuré que le gouvernement ferait preuve de "compréhension".

Tout au long de la semaine, les manifestants se sont rassemblés chaque jour plus nombreux à la Puerta del Sol. Le mouvement, dans des proportions moindres, a gagné la plupart des villes d'Espagne. Et en quelques jours, il s'est structuré.

Un camp de bâches en plastique montées sur des structures en bois et de tentes de camping a surgi sur la place, avec des "stands" dédiés à la cuisine, l'accueil, les soins médicaux, et aussi à la communication.

Là, de tous nouveaux "porte-parole" tentent d'affiner le message, parfois flou, des contestataires. Samedi, des milliers de manifestants continuaient à se relayer sur la place, bravant toujours l'interdiction des autorités.

A Paris, environ 2 à 300 jeunes se sont rassemblés vendredi soir place de la Bastille en solidarité avec la jeunesse espagnole.

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 1:04 par Invité

REELLE DEMOCRATIE MAINTENANT
SAMEDI 21 MAI :

PARIS : 15h : Place de la Bastille
LYON : 17:00 Place des Terreaux
BORDEAUX : Place Saint Projet à 17h.
MARSEILLE : 16h : Notre Dame de la Garde
TOULOUSE : 19h : Place du capitole
GRENOBLE : 11h : Place Saint Bruno
CLERMONT FERRAND : Appel à un rassemblement,
14h30 place de la Victoire
MENS : 11h : Place de la mairie

DIMANCHE 22 MAI :

STRASBOURG : 11h : Place Kléber


Amenez vos casserolles !

PAGE FACE BOOK : http://www.facebook.com/reelle.democratie.maintenant?sk=wall
révolution espagnole Puerta del sol en direct : http://www.ustream.tv/channel/motionlook#utm_campaign=synclickback&source=http://www.20minutes.fr/economie/727826-espagne-mouvement-indignes-etend-villes-internet#xtor=RSS-145&medium=8306676

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Message le Sam 21 Mai 2011 - 0:06 par Invité

En attendant que la révolution atteigne la France endormie, on aura toujours ça pour se consoler :
http://www.bastamag.net/article1551.html
Comment en finir avec l’oligarchie, dialogue entre Eva Joly et Hervé Kempf




Par Agnès Rousseaux (18 mai 2011)

Eva Joly, candidate
aux primaires écologistes, et Hervé Kempf, journaliste et essayiste,
dressent le même constat : une oligarchie gouverne la France et
l’Europe. De « la bande du Fouquet’s » aux banquiers, des dirigeants des
grands médias au lobby nucléaire, ils servent d’abord leurs intérêts
particuliers. Comment en finir avec cette domination ? Faut-il d’abord
nationaliser les banques ou instaurer un tribunal pénal pour les crimes
écologiques ? Faut-il instaurer un revenu maximal, ouvrir davantage les
grandes écoles ? Réponses.

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Message le Ven 20 Mai 2011 - 23:39 par Invité

Mister Cyril a écrit:El pueblo unido...

@tous les maquisards :
Enfin un souffle qui réveille l'Europe : vivement que cela arrive en France. En attendant, faisons notre toute petite révolution : jettez un coup d'oeil sur la rubrique Actions pour lancer la pétition des mariaunnautes en colère.
Qu'en pensez-vous ?

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Message le Ven 20 Mai 2011 - 21:39 par Mister Cyril

En énumérant dans sa causerie du vendredi la succession ininterrompue d’événements que nous traversons, si divers dans leur nature mais ayant en commun de nous surprendre, Paul Jorion a eu raison de dire que leur vision panoramique mettait en évidence l’importance du grand tournant en cours. Que reste-t-il ensuite à faire, sinon à les suivre et tenter de les comprendre ?

La Puerta del Sol est à son tour devenue le centre de l’attention. A la manière de l’occupation de la place Tahrir du Caire, la place historique des grandes manifestations est depuis mardi dernier le village ou le campement des jeunes madrilènes, l’acampada del Sol. Bravant la pluie et le soleil, ou le manque de sommeil, des milliers d’entre eux y campent comme ils peuvent et s’organisent, ne manquant pas de faire résonner de vieux souvenirs dans la tête des anciens occupants de la Sorbonne. Cuisine, infirmerie, bureau des objets trouvés, service juridique, cordon de sécurité, panneaux affichant les besoins, toiles de tente tendues et matelas, rien ne manque aux manifestants organisés en commissions d’organisation ouvertes à toutes et à tous à la faveur d’appels au volontariat au mégaphone.

Des modérateurs animent des débats animés et sans fin dans des petits groupes, comme cela a été le cas à Barcelone sur les Ramblas, quand Franco est mort, sur le Rossio de Lisbonne, quand les militaires ont fait chuter la dictature, sur la place Omonia à Athènes, quand les colonels sont tombés… On n’en finirait pas.

Les besoins essentiels sont couverts, la solidarité aidant. Celle des habitants et des commerçants, dont certains viennent de loin pour apporter leur soutien matériel, car l’argent n’est pas accepté. D’autres visites aussi sont enregistrées. Non seulement celles de familles qui viennent au grand complet, mais aussi de personnes âgées, qui tiennent à en être aussi, pour encourager la jeunesse et en souvenir de leurs propres luttes contre une dictature qui pour ne pas être aussi crûment celle de l’argent n’en était pas moins féroce. Citée par El Pais, une vieille dame de 70 ans a déclaré dans la journée d’hier à la journaliste : « Cela fait longtemps que les jeunes n’ont pas bougé. Cela aurait dû arriver depuis longtemps, et je suis émue. A mon époque, c’était plus difficile parce que nous avions Franco, aujourd’hui ce n’est pas facile non plus. »

Toutes les ressources du nouveau monde numérique ont été et continuent d’être utilisées pour rassembler et susciter de nouvelles vocations, afin d’élargir le mouvement. Il l’est déjà sous une forme ou sous une autre dans une soixantaine d’autres villes espagnoles, et plus symboliquement à l’étranger. Barcelone, haut lieu de l’immigration latino-américaine politisée, se singularisant par des concerts de casserole à la manière de là-bas. Twitter, Facebook, des forums, de nombreux blogs et les sites propres du mouvement Democracia Real Ya ! (la vraie démocratie, maintenant !) sont tous de la partie. Des caméras permettent de contempler live la Puerta del Sol.

Le scénario est maintenant connu et fonctionne avec toujours autant d’efficacité. La mobilisation se fait d’un seul coup, en dehors de tous les cadres existants et s’impose dans toute son évidence et sa force.

La lecture des banderoles, celle de la plate-forme à l’origine du mouvement, ainsi faute de mieux les reportages publiés dans les journaux, sont plus explicites que tous les discours et analyses, qui viendront après. Un « droit à l’indignation » est parmi beaucoup d’autres revendiqué, nous rappelant aussi quelque chose. « Vous prenez l’argent, nous prenons la rue ! » est-il proclamé. « Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir ! » ou « Que les coupables paient pour la crise ! » expriment le sentiment d’une foule disparate mais volontaire ainsi que la frustration et la colère d’une jeunesse très durement frappée par le chômage (44,6% chez les moins de 25 ans, à la fin février dernier). Dénonçant l’injustice sociale, la corruption et les partis politiques qui en sont responsables.

« Nous sommes des personnes normales et ordinaires » : c’est ainsi que débute le manifeste du mouvement, qui plus loin revendique aussi « Nous sommes anonymes », signifiant son rejet du star système de la politique. « Nous sommes des personnes et non pas des marchés », poursuit-il. La suite n’est par contre pas ordinaire, qui en quelques paragraphes et avec des formules bien senties, dénonce un système « qui fait obstacle au progrès de l’humanité ». Il lui est opposé l’exigence du respect des « droits basiques », qu’il énumère dans toute leur étendue, pour enfin faire part de la conviction que « tous ensemble, nous pouvons la renverser [cette situation] ». En voici le texte, en Espagnol.

Les sociologues espagnols parlent de crise morale, José Luis Rodrigues Zapatero affirme sa « compréhension et sensibilité », les membres de l’opposition ne disent trop rien, car ils ont la tête dans des sondages électoraux très favorables.

La Commission électorale a décidé par une très courte majorité d’interdire à partir de samedi le rassemblement, au prétexte de la tenue dimanche des élections. La réponse n’a pas tardé, sous la forme d’un appel à venir lancer à minuit cinq « un cri muet » sur la Puerta del Sol, un morceau d’adhésif collé sur la bouche.

Dimanche, les socialistes au pouvoir du PSOE subiront une déroute électorale, au profit du PP (Partido Popular), le parti de la droite. Lundi, si l’on en croit le Wall Street Journal qui consacre au sujet un article très fouillé, les vainqueurs trouveront dans les tiroirs des bureaux des régions qu’ils auront conquises des avalanches de factures impayées et feront face à une montagne de dette cachée. Si ces prévisions se révèlent exactes, et si la police ne les évacue pas entre temps, les manifestants jeunes et moins jeunes de la Puerta del Sol auront de nouvelles raisons de poursuivre leur campement. Car la crise financière espagnole rebondira.

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Message le Ven 20 Mai 2011 - 21:22 par Mister Cyril

El pueblo unido...

Je suis de près l'Espagne grâce à mes "contacts" par contre l'Italie je ne savais pas...j'attends lundi ou mardi pour vous narrez les impressions d'un excellent ami de Zaragoza, le week-end sera crucial (même si lui est plutôt pessimiste sur l'issue de ce mouvement)!

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Message le Ven 20 Mai 2011 - 14:06 par country skinner

"Ce n'est pas une Spanish Revolution, cela peut être votre révolution pour un meilleur futur"
20.05.2011 | 12:00 Par Catherine Cornet (Rome)

http://fr.myeurop.info/2011/05/20/italianrevolution-l-indignation-gagne-la-jeunesse-italienne-2476

Est-on en train d’assister à un Printemps européen après le Printemps arabe ? Les protestations venues d’Espagne sont arrivées en Italie via les réseaux sociaux. Sous la bannière d'#ItalianRevolution les jeunes italiens indignés se sont donnés rendez-vous aujourd’hui à 20 heures sur les principales places du pays. Suivez le mouvement en direct.

"Toma la calle, l’Italia del nostro scontento. Indignate !" le manifeste est celui des protestations espagnoles. Les encouragements sur twitter sous le tag #ItalianRevolution sont espagnols. Comme pour le Printemps arabe, modèle déclaré, les jeunes européens des pays voisins montrent leur solidarité : "La #SpanishRevolution provoca la #Italianrevolution" ("la #SpanishRevolution provoque l'#ItalianRevolution"), "Come va l’#italianrevolution? Coraggio dalla Spagna!" ("Comment va l’#ItalianRevolution ? Courage de l’Espagne!").

Live tweet #ItalianRevolution

Rendez-vous est donné

Sur Twitter, des milliers de commentaires et de phrases de ras le bol, et sur Facebook, des groupes "Italian revolution" divisés par villes ( Rome, Vérone, Milan, Naples, Trévise…). Le rendez-vous est fixé à 20 heures aujourd’hui sur les principales places italiennes : à Rome, c’est assez symboliquement la place d’Espagne qui a été choisie, comme une référence de plus avec les voisins de la Puerta del Sol.

Cette page nait en réponse à l’onde révolutionnaire qui a finalement passée les frontières européennes, commencée en Afrique du Nord elle est arrivée en Espagne….Des centaines de milliers de jeunes ont occupé le 15 mai les principales places d’Espagne, en demandant un engagement concret à l’Europe pour sortir de la crise et décidés à ne pas abandonner la place avant d’avoir obtenu des mesures concrètes. Nous demandons que naissent aussi en Italie des rassemblements spontanés sur les principales places de notre pays, pour demander un changement politique et social rapide. A travers les réseaux sociaux et le bouche à oreille on peut y arriver. Diffusez la nouvelle et créez des pages dans toutes les villes italiennes, envoyezdes SMS et descendons dans la rue, MAINTENANT..!"

Des mouvements non partisans

On craignait l’islamisme en Egypte ou en Tunisie, on pourrait attendre des réactions de gauche dans un pays dominé par la droite depuis plus de 15 ans. Mais le mouvement qui part des réseaux sociaux est clairement non partisan : "Pas de centres sociaux [maisons occupées de gauche], pas de Casa pound [maison occupée de droite] juste des citoyens indignés", lit-on sur les murs des groupes Facebook.

Pour donner de l’ampleur au mouvement, "l’Italian revolution" n’essaie pas d’avoir accès aux journaux ou aux médias traditionnels. Les manifestants ne comptent que sur les "réseaux sociaux et le bouche à oreille" pour la mobilisation. Ce dédain semble d’ailleurs mutuel puisque les principaux quotidiens italiens n’écrivaient même pas une ligne sur l’invitation à descendre dans les rues ce matin.
Le coup de main d’Anonymous

Le groupe internet "Anonymous", qui avait fait parler de lui déjà en Egypte, en Tunisie et même en Espagne, est au rendez-vous pour aider les protestations. Le masque du héros de la bande dessinée V pour Vendetta, emblème du groupe, se trouve un peu partout sur les pages internet de l’Italian Revolution. "Anonynmous" a mis à disposition un agrégateur de nouvelles sur les protestations espagnoles et italiennes. Une carte indique les lieux de rendez-vous.

Sommes-nous au début d’un Printemps européen ? Il est peut être encore trop tôt pour parler de révolution mais il s’agit déjà bel et bien d’une révolte digitale. Et pour vérifier la force de la mobilisation, rendez-vous ce soir 20 heures sur les places italiennes.

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Message le Mer 18 Mai 2011 - 23:31 par brusyl

le mouvement prend de l'ampleur d'heure en heure...
pour suivre en direct, voir : http://fr.twitter.com/#!/search/%23spanishrevolution_FR



Il me "semble" mister que cela fait un peu plus d'un millier de personne ? allez, je te donne un droit à l'erreur d'une ou deux personnes... (lol !)

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Message le Mer 18 Mai 2011 - 13:59 par Mister Cyril

Excellent mon ratounet, ah ce pays d'anars quand même...je confirme hier je suis allé sur le site du Figaro, si, si, juste pour voir ce qu'écrivait la droite décomplexée sur DSK et j'ai lu une brève où ils parlaient d'un millier de manifestants...cabrones!!!

No pasaran!

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Message le Mer 18 Mai 2011 - 13:33 par Donald11

Deux reflexions à cet article :
La première, c'est que pratiquement tous les médias masquent partout en Europe toutes les manifs de ce type dont on n'entend pratiquement jamais parler, qu'elles se passent en Grèce, en Roumanie, en Irlande, au Portugal ou ailleurs. Et il n'y a pas besoin des couillonnades de DSK pour le faire.
La deuxième, c'est ce ras-le-bol des peuples d'Europe face à cette nomenklatura droite-gauche qui ne représente plus grand chose et certainement pas le peuple soi-même.

No pasaran ...

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Message le Mer 18 Mai 2011 - 13:19 par country skinner

Ce sont surtout les "sans toit, sans boulot, sans retraite et sans peur" qui manifestent. Dans un pays peu coutumier de la contestation, ils expriment une immense lassitude face aux retombées de la crise et au chômage, qui atteignait un taux record de 21,19% au premier trimestre. En février, 44,6% des moins de 25 ans étaient sans emploi.

http://www.lepost.fr/article/2011/05/18/2498593_les-revolutions-viennent-elles-du-sud.html

18/05/2011 à 11h15 - mis à jour le 18/05/2011 à 11h16

Depuis dimanche 15 mai, les partis politiques espagnols sont débordés : une petite plateforme quasiment inconnue, Democracia Real Ya (démocratie réelle maintenant), a réussi à mobiliser des milliers de personnes, ce dimanche 15 mai, dans 50 villes en Espagne, à la surprise générale, avec un slogan "Nous ne sommes pas des marionnettes entre les mains des banquiers et des politiciens".

La source de la protestation est totalement extérieure à toute institution : elle ne provient pas des partis ni d'associations importantes : Démocratia real ya, un collectif vieux de quelques mois, a réussi à agréger une centaine de micro associations pour faire passer son message et monter la manifestation de dimanche. La manifestation a été convoquée via les réseaux sociaux mais aussi, plus classiquement, par des réunions locales.

L'exemple des révolutions arabes est évident : mais aussi des révoltes étudiantes de Grèce pendant la crise économique. Sous le #15M ou #15mayo, la manifestation a été un trending topic sur twitter (sauf en France, dévastée par les mésaventures de DSK).

Savez-vous quoi ? Ça a marché. Et depuis, en Espagne, c'est la commotion. Que faire de ce mouvement populaire, s'interrogent les partis institutionnels ?

Retour sur ce qui s'est passé.

Plus de 50 villes en Espagne sont touchées, dimanche, par le mouvement qui jette des milliers de personnes, jeunes et vieux, dans les rues et dénonce un système qui considère les citoyens "comme des marchandises dans les mains de politiciens et de banquiers". La protestation s'est déroulé aussi bien dans les rues que sur les réseaux sociaux, où elle se poursuit encore. Les manifestants ont twitté photos, vidéo et impressions de la manifestation.

L'idée de base : finis la corruption, les passe-droits, et le favoritisme. Le PSOE (parti socialiste) et le PP (droite) sont mis dans le même sac par les manifestants : les partis institutionnels ne respectent pas la volonté des citoyens mais sont aux mains des lobbies du pouvoir. Un petit air de déjà vu ?

On peut lire là quelques slogans suggérés par les organisateurs : Si le peuple ne se bat pas, les politiciens ne les écoutent pas - tout un programme - un programme qui peut faire peur et qui en dit long sur le ras-le-bol des Espagnols, en particulier des jeunes. Autre slogan, à une semaine d'élections cruciales : Ne votez pas pour eux.

A Madrid, les manifestants se sont réunis plaza de Cibeles pour marcher jusqu'à la puerta del Sol. La manifestation s'est terminée sur la Gran Via, bloquée par des manifestants qui se sont assis au milieu de la rue, en criant : Votre crise, nous ne la paierons pas. Les forces de l'ordre ont dispersé ensuite les manifestants.

À Barcelone, l'affluence a été massive et le déroulement tranquille, les participants étaient majoritairement des jeunes, mais il y avait aussi des personnes d'âge moyen, et même des retraités, avec une plus large spectre d'âge que dans les manifestations habituelles.

Comment réagissent les partis politiques visés ?

Ils en tirent des conclusions bien différentes : le PSOE est très préoccupé, et Gauche Unie très angoissé de trouver le moyen de capitaliser sur ce mécontentement, sachant, et c'est là le hic, que des élections cruciales ont lieu dimanche : leurs préoccupations immédiates sont donc forcément électorales, ce qui n'aide pas à une lecture saine du mouvement. Quant au PP (droite), il se frotte les mains, se sentant peu concerné, alors que la lassitude exprimée envers TOUTE la classe politique est aussi bien dangereuse pour le parti d'opposition de droite.

L'analyse du PP est la suivante : qu'il s'agisse des manifestants ou de ceux qui les ont soutenus, aucun n'est électeur potentiel du PP. C'est un conflit interne à la gauche. Ceux qui sont dans la rue sont ceux que Zapatero tente de mobiliser avec un discours anti PP. Et leur message est clair : PP PSOE, c'est la même chose. Les électeurs PP vont voter pour leur parti. Mais que feront les électeurs de gauche ? Quant à certains membres du PP, comme Esperanza Aguirre (présidente de la communauté de Madrid et comtesse de Murillo), pensent qu'ils s'agit de mouvements antisystème, qui ne préoccupent pas du tout le Partido Popular.

Mais le PSOE est fort inquiet. Ses dirigeants ont parfaitement saisi qu'ils sont les principaux visés par le mouvement du 15 mai. Le parti suit avec inquiétude le mouvement depuis 3 mois. Les socialistes sont convaincus qu'il s'agit d'ex électeurs de gauche : ceux qui se sont mobilisé en 2008 contre le PP, et qui ont donné la victoire à Zapatero. Sauf que là, ils ne paraissent pas disposés à recommencer.

Les élections ont lieu dimanche 22 mai.

Le mouvement se poursuit avec des sit-in sauvages dans la plupart des grandes villes espagnoles (sur twitter #yeswecamp ). A Madrid et à Grenade, des manifestants ont été expulsés. A Madrid, 19 vont comparaître devant la justice pour trouble de l'ordre public et atteinte aux biens publics.

Alors ? Que viva la revolucion ?

Les révolutions viennent-elles du Sud, maintenant ?

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Message le Mer 18 Mai 2011 - 12:57 par Mister Cyril

Euh j'ai entendu parler d'un millier de personnes???

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