En Espagne, la leçon de "los indignados"

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23052011

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En Espagne, la leçon de "los indignados"





"Ne nous trahis pas !", avait lancé à José Luis Rodriguez Zapatero, dans la nuit du 14 mars 2004, une foule de jeunes électeurs qui avaient voté socialiste. Sept ans plus tard, alors que le président du gouvernement espagnol a subi, le 22 mai, une déroute aux élections locales, le constat est amer. Ces jeunes Espagnols, dont le vote a été essentiel à sa victoire d'alors, sont les frères aînés de ceux qui campent aujourd'hui sur les places des villes espagnoles au cri - adressé à tous les politiques - de : "Vous ne nous représentez pas !"


Depuis une semaine, un mouvement de mobilisation né sur Internet, puis relayé par les médias traditionnels, a fait converger dans les rues d'Espagne des milliers de personnes aux conditions et aux motivations hétéroclites. De jeunes diplômés sans emploi y côtoient des salariés précaires ; des familles surendettées par leur emprunt immobilier croisent des fonctionnaires ; les quinquagénaires et les retraités ont rejoint leurs cadets.

La majorité a plutôt le coeur à gauche, sans être altermondialiste, mais on rencontre aussi des électeurs plus conservateurs. Un même sentiment les réunit : celui de ne pas être entendus par les responsables politiques, d'être tenus à l'écart d'un système devenu sourd et aveugle aux préoccupations des citoyens "de la rue".

Il n'est pas anodin que ce mouvement de révolte touche un pays où la crise a fait bondir le chômage de 8 % à plus de 20 % de la population active et privé les jeunes diplômés des petits boulots qui leur permettaient de tenir. Pourtant, il faut écouter les revendications des "indignados" - "les indignés", par référence au livre de Stéphane Hessel, publié en mars en Espagne et dont des centaines de milliers d'exemplaires ont été vendus. Elles sont avant tout politiques et, à ce titre, pourraient trouver un écho dans d'autres pays européens.

Elles mettent en accusation un système qui confie leur représentation à un duopole composé des socialistes du PSOE et des conservateurs du Parti populaire, agrémenté, localement, de partis nationalistes régionaux bien établis. Un système qui choisit arbitrairement les aspirations populaires qui lui agréent et celles qu'il passera sous silence. Un système qui permet aux cohortes d'élus mis en examen pour corruption dans des scandales immobiliers de se représenter aux élections.

Les critiques qui, ailleurs en Europe, trouvent un débouché politique dans des mouvements d'extrême droite populistes accouchent, à Madrid, Barcelone ou Séville, de propositions aux allures de mémoires d'étudiants en sciences politiques : réforme de la loi électorale, du Sénat, critique du bipartisme. Corriger, grâce à Internet, le système sans passer par les politiques et leurs organisations - fussent-ils anti-système et protestataires -, tel est le pari de ce mouvement dans un pays peu coutumier des mobilisations de rue. C'est, peut-être, la leçon du "printemps arabe" à l'Europe : si le peuple parvient à changer le cours des choses dans une dictature, il doit lui être possible de le faire dans une démocratie
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Mister Cyril

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Message le Mar 25 Sep 2012 - 22:07 par Mister Cyril

Cap sur le Congrès des députés pour les indignés espagnols :


Les "indignés" espagnols manifestent à Madrid le 25 septembre 2012Aux cris de "démission", "dehors", des milliers d'indignés espagnols ont manifesté mardi autour du Congrès des députés à Madrid, certains affrontant les forces anti-émeutes qui ont riposté à coups de matraques.

Alors que la foule s'était rassemblée sur les places et les rues menant au Congrès, transformé en camp retranché sous la protection de centaines de policiers, des incidents ont éclaté lorsque des manifestants ont tenté de forcer un barrage.

Sept manifestants ont été interpellés, selon la police, et un blessé lorsque les policiers ont chargé à coups de matraques.

"Démission", "Dehors", "Mains ont l'air, ce sont nos armes", criait la foule, restée massée, certains assis au sol, face aux barrières bleues et aux cordons de policiers sur la Place Neptuno, tout près du Congrès.

Plusieurs organisations et mouvements d'indignés avaient convoqué cette manifestation via les réseaux sociaux.

"Ils nous ont volé notre démocratie. Nous avons perdu la liberté, notre Etat providence avec les coupes dans la santé et l'éducation. J'ai deux filles et cette année j'ai dû payer beaucoup plus pour leurs études", explique Soledad Nunez, une commerçante de 53 ans venue de Castille-et-Leon, dans le nord de l'Espagne.


Un homme brandit une pancarte, "L'Espagne à vendre", lors d'une manifestation d'"indignés" le 25 septembre 2012 à MadridCette manifestante porte deux oeillets rouges et une pancarte avec les mots: "Tu crois vraiment qu'en croisant les bras, tout cela se règlera?"

"S'il n'y pas de consommation, je ne peux pas vendre", ajoute-t-elle, en racontant que les clients se font plus rares dans son magasin à cause des mesures d'austérité qui portent atteinte au pouvoir d'achat des Espagnols.

"La démocratie est séquestrée. Le 25 septembre nous allons la sauver", expliquait le manifeste de l'une des organisations qui appelait à se mobiliser sur son site, Coordinadora #25S.

Bénéficiant d'un plan d'aide européen pour ses banques depuis juin et luttant au prix d'une cure de rigueur historique pour réduire son déficit public, le gouvernement conservateur a adopté depuis décembre des mesures d'austérité qui ont provoqué un profond mécontentement.

"Toute une série de mesures ont été adoptées par décret, sans qu'elles ne passent par les députés", dénonçait une porte-parole de Coordinadora #25S.

Son mot d'ordre: "la démocratie est séquestrée. Le 25 septembre nous allons la sauver".

"Aujourd'hui, c'est un jour décisif pour attaquer le système de l'Etat et les politiciens", lance Jose Luis Sanchez, un étudiant ingénieur de 23 ans venu en train de Burgos, dans le nord.

Carmen Rivero, photographe sympathisante du mouvement des indignés de 40 ans, raconte que la police a arrêté et fouillé le bus dans lequel elle a voyagé pendant la nuit avec une cinquantaine d'autres manifestants depuis Grenade, dans le sud, avant de contrôler les identités.

"Nous voulons une dissolution de l'assemblée, un référendum et une assemblée constituante pour que les gens puissent avoir leur mot à dire".


Des "indignés" espagnols manifestent le 25 septembre 2012 à MadridD'autres bus devaient rallier la capitale mardi depuis une dizaine de villes d'Espagne, selon les organisateurs, avant de défiler en fin de journée vers le Congrès.

"Je viens manifester contre une classe politique qui ne laisse aucune chance au peuple de donner son opinion", lançait Romulo Banares, un artiste de 40 ans qui venait d'arriver sur la Plaza de Espana, l'un des points de ralliement.

Il porte le panneau immobilier "Se Vende Espana", et des lunettes de soleil avec le signe du dollar et de l'euro sur chacun des verres.

Cible de sa colère: l'aide aux banques espagnoles, qui pourront recevoir jusqu'à 100 milliards d'euros, concédée par la zone euro en juin. Et l'hypothèse que le gouvernement sera finalement forcé de demander une aide financière globale pour son économie.

"Ils ont demandé un sauvetage sans convoquer de referendum et là ils vont demander un second sauvetage sans consulter le peuple, qui va en subir toutes les conséquences", lance-t-il.

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Message le Dim 13 Mai 2012 - 13:17 par Mister Cyril

Un an après, le retour des Indignados

Des dizaines de milliers d'«Indignés» ont manifesté samedi en Espagne, redescendant dans la rue un an après la naissance de leur mouvement surgi pour dénoncer la crise, la corruption et le chômage.

A Madrid, scandant leurs slogans favoris comme «ils ne nous représentent pas», des milliers de manifestants ont envahi dans les roulements de tambours la Puerta del Sol, la grande place du centre de la ville qui a vu naître le mouvement, le 15 mai 2011.

Ils ont l’intention d’y tenir pendant quatre jours une «assemblée permanente», contournant l’interdiction officielle selon laquelle les manifestations devront prendre fin chaque soir à 22h00.

A Barcelone, la deuxième ville du pays, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à manifester, entre 45.000 selon la police et 220.000 selon les organisateurs.

«Il est important de montrer que nous sommes toujours là, que des milliers de gens veulent un changement», a expliqué à Madrid une employée de bureau de 23 ans, Marina Santos, qui portait une petite pancarte avec l’inscription: «un autre monde est possible».

«Non»
«Votre dette, ne la payons pas», disait une grande banderole. D’autres encore proclamaient: «Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques ou des banquiers», «La violence, c’est de gagner 600 euros».

Partout dans la foule, des bras levés agitaient de petites pancartes avec un seul mot, «Non», et une paire de ciseaux dessinée, figurant les coupes budgétaires sévères qui frappent la santé et l'éducation.

«Nous sommes ici parce que nous restons indignés par les politiques d’austérité que nous impose l'élite économique», a déclaré Victor Valdes, un étudiant en philosophie de 21 ans, en marchant vers la Puerta del Sol. Il voulait croire que «le mouvement continue avec le même élan».

C’est sur cette place que s'était installé, il y a un an, le campement des «Indignés», avant de faire des émules dans le monde entier.

Pendant un mois, cet assemblement de tentes et de bâches était devenu le symbole d’un ras-le-bol qui avait surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s'était jusque-là peu exprimé.

Mais le gouvernement de droite, arrivé au pouvoir dans l’intervalle, a cette fois affiché sa fermeté, déclarant «illégale» toute tentative d’installer un nouveau campement.

«Des horaires ont été fixés. Au-delà, ces rassemblements ne sont pas autorisés et bien sûr, le gouvernement fera en sorte que la loi soit respectée», a souligné vendredi la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria.

Une politique de rigueur sans précédent
Depuis un an, le chômage a encore grimpé en Espagne et frappe un actif sur quatre (24,4%), tandis que le gouvernement est engagé dans une politique de rigueur sans précédent.

Un terrain fertile, a priori, pour que l’anniversaire du mouvement soit un succès.

Mais à la différence d’il y a un an, les rues d’Espagne sont envahies presque chaque semaine par les manifestations convoquées par les syndicats contre la rigueur tandis que les Indignés, refusant de se constituer en parti, ont perdu en visibilité.

Ils n’ont pas su «structurer un mécontentement sans idéologie concrète», analyse Antonio Alaminos, professeur de sociologie à l’Université d’Alicante.

«Résultat: beaucoup de petits groupes relativement déconnectés entre eux qui ne forment plus un mouvement social», ajoute-t-il.

Les Indignés affichent toutefois une réussite concrète: avoir insufflé une nouvelle force à la Plateforme contre les expulsions (PAH), qui lutte depuis 2009 contre les saisies d’appartements de familles surendettées.

Symbole de la crise, ces saisies ont été bloquées ou retardées des dizaines de fois sous la pression des militants.

«Le mouvement est mieux structuré, nous avons à présent différentes sections comme la défense de l’université ou la lutte contre les expulsions», a assuré Victor Valdes, vêtu du t-shirt jaune de «Juventud sin futuro» (Jeunes sans avenir), l’un des groupes de la mouvance des Indignés.

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Message le Jeu 29 Mar 2012 - 10:38 par Donald11

Mister Cyril a écrit:""dans le mur, en accelerant et en klaxonnant", " bein je ne savais pas que cette grande citation était de toi et je reprends souvent cette noble maxime...pour le reste ce texte est juste une piqure de rappel que les crises sont loin d'être terminées en Europe même si je crains plus un long délitement qu'une explosion du système...d'ailleurs les 2 derniers paragraphes montrent bien un espèce de brouillard idéologique quand l'auteur se perd dans les sorties politiciennes, genre alternance et autres fausses alternatives...que d'"intelligence" perdue dans ces vaines joutes plébéiennes...

Bizz mon canard!
Mais non elle n'est pas de moi, et je n'en revendique pas la paternité non plus. Je n'ai pas l'égo suffisamment surdimensionnés pour m'attribuer des bons mots qui ne m'appartiennent pas.

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Message le Mer 28 Mar 2012 - 18:24 par Mister Cyril

""dans le mur, en accelerant et en klaxonnant", " bein je ne savais pas que cette grande citation était de toi et je reprends souvent cette noble maxime...pour le reste ce texte est juste une piqure de rappel que les crises sont loin d'être terminées en Europe même si je crains plus un long délitement qu'une explosion du système...d'ailleurs les 2 derniers paragraphes montrent bien un espèce de brouillard idéologique quand l'auteur se perd dans les sorties politiciennes, genre alternance et autres fausses alternatives...que d'"intelligence" perdue dans ces vaines joutes plébéiennes...

Bizz mon canard!

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Message le Mer 28 Mar 2012 - 9:27 par Donald11

Mon cher Poussinet,
C'est seulement pour te dire que je lis les commentaires que j'interviens ce matin, car nous avons déjà ecrit maintes fois ici ce que nous pensions de la situation nationale, européenne et mondiale. Ce que j'ai souvent traduit par "dans le mur, en accelerant et en klaxonnant", qui a parfois pu faire sourire. Exceptés quelques trublions, en Amérique latine ou dans les pays du nord de l'Europe, nous sommes dirigés par une cohorte d'affidés au système financier mondial. Il me semble qu'il faudrait que ce système explose rapidement, pour rebâtir sur des bases saines et limiter les dégâts collatéraux qui ne manqueront sans doute pas. En attendant, faisons comme si que ...

À part ça, le Lot, c'est Cathare comme département, expatrié en île de France ?
Hasta luego amigo !

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Message le Mar 27 Mar 2012 - 22:04 par Mister Cyril

Suivant séquence par séquence un scénario qui a déjà beaucoup servi, l’Espagne se dirige droit dans le mur avec d’autant plus de certitude que ses représentants jouent les innocents. « Nous sommes sérieux, le sérieux est de retour en Espagne », a assuré Inigo Mendez de Vigo, le secrétaire d’Etat espagnol à l’Union européenne lors d’une réunion organisée en Finlande. Un projet de budget 2012 rectificatif est attendu avec impatience de Madrid, dont l’objectif est de réduire le déficit public au niveau de 3% du PIB en 2013 après avoir atteint 5,3% en fin de cette année. Un but peu crédible à atteindre dans le contexte d’une récession et d’un PIB prévu à -1,7% en fin d’année.

Klaus Regling, le président du Fonds de soutien européen (FESF) n’en doute certainement pas mais s’interroge dans l’hebdomadaire allemand Focus sur la perception des marchés: « la majorité des acteurs des marchés ne croit pas que la crise est finie et s’attend à de nouveaux abaissements de note d’États ». Olli Rehn, le commissaire aux affaires économiques, a considéré lors de la rencontre finlandaise que les hausses des taux de la dette espagnole qui viennent d’intervenir sur le marché depuis que l’objectif de réduction du déficit 2012 a été revu illustrent « à quel point la situation est fragile ».

Mario Monti, également présent, a élargi le sujet et fait non seulement part des « préoccupations de l’Union européenne » à propos de l’Espagne, mais d’un danger plus vaste, « car il en faut bien peu pour que la contagion fasse son œuvre ». Suivez son regard. Dans une interview à la BBC, Angela Merkel a affirmée que « la situation est très tendue. L’Europe, et en particulier la zone euro, est en crise. Cette crise est la conséquence de la crise financière mondiale et elle a entraîné des discussions très dures dans de nombreux pays ».

Sans doute faisait-elle référence aux débats qui ne vont pas manquer de rebondir en Allemagne à propos du fameux pare-feu financier. Car en augmenter la capacité, comme il en est question, supposerait qu’une majorité des deux tiers se dégage pour l’adopter au Bundestag. La raison pour laquelle Klaus Regling vient de faire valoir dans la même interview que « plus d’argent tranquilliserait encore davantage les marchés. Que ce soit un bien ou un mal, c’est un fait : c’est en mettant plus d’argent sur la table qu’on rétablit le calme ».

Les dirigeants européens sont donc repartis dans l’un de leurs jeux favoris. Le mur temporairement disparu, ils vont adopter l’un de ces compromis qui présagent le pire en taillant selon de mauvaises mesures un nouveau costume; en ne se donnant pas les moyens de faire face à l’inévitable dérapage de la situation espagnole et en laissant Mariano Rajoy et son gouvernement seuls pour accomplir une mission impossible. Qu’importent les milliards d’euros potentiels qui vont être présentés sur la table, si leur tas ne convainc pas les marchés d’une ferme résolution qui doit se traduire en actes et surtout en espèces !

L’écroulement des libéraux allemands dans la Sarre et l’échec du Partido Popular en Andalousie ne bousculent pas la carte électorale européenne mais il font partie de ces signaux qui s’accumulent et montrent que la crise atteint progressivement le niveau politique. Les sondages à propos des prochaines élections législatives grecques, selon lesquels la coalition actuelle entre Nouvelle Démocratie et le Pasok ne trouverait une majorité parlementaire que grâce au système électoral accordant une forte prime au parti arrivant en tête, y contribuent également.

La coalition allemande actuelle est mal partie et l’on parle déjà du retour en 2013 d’une grande coalition réunissant les chrétiens démocrates et les sociaux démocrates. L’attelage britannique des conservateurs et des libéraux démocrates ne survit que parce que ces derniers acceptent d’avaler couleuvre sur couleuvre. Mario Monti bénéficie du rejet d’un monde politique déconsidéré et de son statut actuel de sauveur. Le gouvernement hollandais est à la recherche d’une majorité parlementaire qu’il a perdue. Le résultat des élections françaises est attendu sans plus d’espérance.

Les majorités se cherchent, puis se trouvent car le système le veut, sans que des alternatives se dessinent pour autant. Tout, de ce point de vue, tourne à vide comme en témoigne la sourde inquiétude que révèlent les sondages d’opinion. La politique ne permet plus d’espérer, tout juste de rejeter. Y compris – comme on l’a vu au Royaume-Uni, en Espagne, en Grèce et au Portugal – en faisant mordre la poussière aux travaillistes et socialistes pour élire les conservateurs revanchards, un comble exprimant la confusion et le manque de repères.

Qui sont en cause : les électeurs ou ceux qui prétendent revenir aux affaires ? Les gestionnaires des partis de gouvernement dans l’opposition qui une nouvelle fois se disent, en pensant à leur proche victoire, « si nous ne faisons pas d’erreur, nous y serons pour vingt ans » ? Ils sont en réalité l’expression de leur propre défaite annoncée.

Jeudi prochain, l’Espagne connaîtra une grève générale.

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Message le Mer 21 Mar 2012 - 21:58 par Mister Cyril

Si, si...j'habite dans le 7-8 et bosse dans le 9-2 même si je suis un cathare tarnais pur jus (avec petite casba dans le Lot)...la Bastille j'y suis allé avec des potes plus convaincus que moi mais curieux de participer à une manif totalement politique (c'est rare)...j'y ai ressenti une joie partagée de la plupart des participants et surtout des citoyens lamdas la tête haute et fiers de leurs drapeaux, leurs classes ("nous on peut""on relève enfin la tête"...)...bref l'inverse de la résignation générale et c'est déjà ça...ce n'est pas parce que je suis abstentionniste que je ne m'intéresse pas à la vie des partis institutionnels, mais avant de me faire retourner vers une urne il faudra plus qu'une étincelle...de la conviction, et un maximum de conviction (ce qui n'empêchera pas de se faire berner une fois de plus très certainement...).

Salutations Augure je n'ai pas déserté totalement le forum et je suis heureux de vous lire...

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Message le Mer 21 Mar 2012 - 17:05 par Invité

Mister,

Je vois que tu as participé à l'opération Bastille, il ne me semblait pas que tu étais en région parisienne... tu t'es déplacé pour ? (c'est juste pour savoir... et non ce n'est surtout pas une critique.)

En tout cas les échos que j'en ai sont très positifs, ce que tu as l'air de dire toi aussi :)

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Message le Dim 18 Mar 2012 - 19:08 par Mister Cyril

Voilà retour de la Bastille, manif plus festive et "fière" que d'habitude...pas de conclusion, ni de consigne électorale à donner aux autres; juste le plaisir de retrouver un sentiment de classe, un collectif, une dynamique; après 6ème République, insurrection civique, révolution citoyenne...tout un programme!

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Message le Dim 18 Mar 2012 - 14:24 par Mister Cyril

[quote="melody vers"]
C'est un vaste chantier, en tout cas les réponses sont passionnantes, je vous invite à les lire et pourquoi pas à faire vos propositions si vous en avez : car à part râler et prôner l'abstention aux élections qui nous donneront du Sarkonazisme voir des exactions dans le style du vampire des Carpates, tellement ce personnage s'il gagne par les urnes n'aura plus aucune retenue pour matraquer le peuple qui le déteste mais qui s'abstient de le virer (lol).

Phrase grammaticalement incorrecte...je veux dire imcomplète...Mme la maîtresse! Ensuite il y a un moment que je vais quotidiennement, et que j'interviens beaucoup moins sur le blog de Jorion (mais à toi de trouver mon pseudo là-bas) Mme l'Institutrice! Visiblement si on ne fait pas ou ne pense pas comme toi on est des collabos néo-nazis et autres collibets...j'ai bien lu à plusieurs reprises que la seule stratégie politicienne qui soit "responsable" est de voter Joly puis Hollande (triple lol) mais il serait aimable que tu respectes aussi...(ding, dong) mince plus le temps, tu vois je prône l'abstention, je râle et là je pars avec des potes à Bastille...et puis aussi mardi 17h à Boulogne, rassemblement devant l'IEN pour expliquer à l'Inspectrice notre grève des "remplacements" et grève des inspections et vendredi "comité de quartier" (dans 5 communes en réalité)...avanti populo!!!

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Message le Dim 18 Mar 2012 - 8:47 par Invité

Corriger, grâce à Internet, le système sans passer par les politiques et leurs organisations - fussent-ils anti-système et protestataires -, tel est le pari de ce mouvement dans un pays peu coutumier des mobilisations de rue.
En france on a aussi ce mouvement :il se trouve entre autres sur le blog de paul jorion où l'on tente de résoudre les questions qui n'ont pas encore trouvé de solution (malgré quelques tentatives anarchistes, libertaires, bolchéviques, et autres).
Le but est de trouver un moyen de transformer la société (processus révolutionnaire) mais sans que cela aboutisse au remplacement d'une aristocratie par une autre (bourgeois/nobles, bolchevicks/bourgeois) qui finit par s'accaparer toutes les richesses produites et à vivre au-dessus des lois promulguées pour le vulgum pecus. C'est un vaste chantier, en tout cas les réponses sont passionnantes, je vous invite à les lire et pourquoi pas à faire vos propositions si vous en avez : car à part râler et prôner l'abstention aux élections qui nous donneront du Sarkonazisme voir des exactions dans le style du vampire des Carpates, tellement ce personnage s'il gagne par les urnes n'aura plus aucune retenue pour matraquer le peuple qui le déteste mais qui s'abstient de le virer (lol).

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Message le Mer 14 Mar 2012 - 9:50 par Donald11

C'est faire beaucoup d'honneur aux socio-démo-lib que de leur attribuer la montée du chômage à plus de 20% ! Et pas une raison suffisante pour les remplacer par un p'tit caudillo de la droite dure qui va accélérer encore le processus !
Dites-moi ce dont vous avez besoin et je vous apprendrai à vous en passer ! (Coluche)
Je rajouterai aujourd'hui de gré ou de force !

Si, si, nos rêves rentrent dans les urnes ....... funéraires !

Allez, courage, fuyons !

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Message le Mar 13 Mar 2012 - 21:22 par Mister Cyril

C'est comme qui dirait la pensée unique néolibérale non? (pour ne pas parler des mots en -isme que tu détestes)...quant à l'Espagne, comme d'autres, elle a en partie voté à droite après le fiasco des socio-démo-lib qui ont fait monter le chômage à plus de 20% alors...

en klaxonnant; ,nos rêves ne rentrent pas dans vos urnes!

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Message le Mar 13 Mar 2012 - 10:10 par Donald11

J'ai lu quelque part qu'après la Grèce, la troïka (sic ?) allait s'attacher à la destinée de l'Espagne ! Z'ont du mouron à se faire les potes de l'autre côté des Pyrénées !

D'un autre côté, les espagnols ont voté (ah ! Ah ! Ah ! Rions trois fois !) pour un gouvernement de droite, alors ils ont une politique de droite, non ? Attention, un petit caudillo peut en cacher un autre !

Enfin, ça vous paraît pas un peu étrange à vous, toutes ces "réformes" mises en route de la mer noire à l'Atlantique, toutes dans le même sens, toutes identiques ? Et ces dettes publiques sorties on ne sait pas trop comment d'on ne sait pas trop ou, creusées par des gouvernements de toutes les couleurs politiques avec la complicité de tous les banquiers privés de la planète, elles ont servi à qui, à quoi ?

Merci de ta visite, Poussinet

Bon, ben je retourne dans ma mare ...

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Message le Lun 12 Mar 2012 - 21:44 par Mister Cyril

Importantes manifestations en Espagne avant la grève générale fin mars

Des foules de manifestants ont envahi dimanche les rues de Madrid et de toutes les villes d'Espagne pour protester contre la réforme du travail mise en place par le gouvernement de droite, répétition avant la journée de grève générale annoncée pour le 29 mars."Inutile, inefficace, injuste. Non à la réforme du travail. Grève générale" proclamait une grande banderole accrochée à la Puerta de Alcala, point de ralliement de la manifestation madrilène. Les deux grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient convoqué des défilés dans 60 villes, pour dénoncer la réforme du travail visant à lutter contre un chômage de près de 23 %, et pour "la défense des services publics", cibles des mesures d'austérité.

A Madrid comme à Barcelone, la deuxième ville du pays, les manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, selon les journalistes sur place. Les syndicats ont chiffré la participation à 500 000 manifestants à Madrid et 450 000 à Barcelone, la police à 30 000 à Madrid, 17 000 à Barcelone. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les autres grandes villes. Elles étaient, selon la police, 15 000 à Séville et autant à Malaga, 9 000 à Grenade, 5 000 à Valence de même qu'à Cordoue, à Almeria et à Cadix.

MINUTE DE SILENCE

"Je suis venu parce que je suis convaincu que le néo-libéralisme nous conduit au désastre", expliquait un manifestant madrilène, Antonio Martinez, professeur retraité de 64 ans, qui portait une pancarte avec les mots "pour que nos petits-enfants ne soient pas des esclaves". Agitant des drapeaux rouges, portant des pancartes avec les mots "non à la régression sociale", criant "nous ne paierons pas leur dette avec la santé et l'éducation", les manifestants ont défilé dans le centre de Madrid derrière les représentants de l'UGT et de CCOO. "Avec ces coupes budgétaires, la consommation baisse et le chômage augmente", résumait une petite pancarte dans la foule.

Rassemblée autour de la Puerta de Alcala, la foule s'est figée dans une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts), avant d'écouter les appels à la grève générale. "Nous faisons aujourd'hui un pas de plus vers la grève générale du 29 mars", a lancé le leader de l'UGT, Candido Mendez. "Si le gouvernement ne rectifie pas (la réforme du travail), il y aura un conflit et il ne se terminera pas le 29", a averti Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire général de CCOO (Comisiones obreras).

LICENCIEMENTS FACILITÉS

Première cible des syndicats, cette nouvelle réforme adoptée le 11 février par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy pour flexibiliser le marché du travail, incluant la baisse des indemnités de licenciement et des mesures pour stimuler l'emploi des jeunes. L'objectif est de relancer la création d'emplois, dans un pays au taux de chômage de 22,85 %, et de 48,6 % chez les moins de 25 ans. Les syndicats estiment que la mesure va surtout faciliter les licenciements. Le gouvernement lui-même a d'ailleurs déjà prévu une augmentation du chômage, qui atteindrait en 2012 un nouveau sommet à 24,3 %.

"La réforme ne sert qu'à faire baisser le coût des licenciements. Elle ne va pas aider à créer de l'emploi. Elle ne va qu'empirer les choses", remarquait Iker Rodriguez, un fonctionnaire de 35 ans.
Outre cette réforme, les syndicats dénoncent plus généralement la politique de rigueur visant à ramener le déficit public de l'Espagne de 8,51 % du PIB fin 2011 à 5,8 % fin 2012. Pour ce faire, Mariano Rajoy doit présenter le 30 mars le budget 2012 du pays, marqué par de sévères mesures d'austérité. Les régions autonomes, qui pèsent très lourd dans le déficit global de l'Espagne, ont été sommées de redoubler d'efforts et ont déjà mis en place des plans de rigueur visant l'éducation et la santé, leurs deux principaux domaines de compétence.

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Message le Mar 22 Nov 2011 - 13:12 par brusyl

Désolée, ce message sur O Besancenot n'aurait pas du se trouver sur ce fil mais sur OWS... décidément, cela pédale dans le yaourt pour moi en ce moment. Quoique...on y parle tout de même pas mal des indignados.

Prend le temps de la regarder Mister, elle est intéressante. Besancenot met beaucoup d'eau dans le vin de son discours parce qu'il sait à qui il parle : je crois qu'il ne prononce qu'une seule fois le mot "marxisme" et d'ailleurs il ajoute immédiatement "je peux prononcer le mot sans me faire virer " ?
Par contre oui, il développe beaucoup l'internationalisme révolutionnaire et donc la nécessité de mettre tous ces mouvement en synergie.

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Message le Mar 22 Nov 2011 - 10:31 par Mister Cyril

moua moua maintenant Bru elle vire troskyste moua moua j'arrive plus à suivre...elle va pas tarder à nous qualifier de contre-révolutionnaire et de petit zizi néo-libéral...

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 23:53 par brusyl

Si cela vous tente, Olivier Besancenot est allé faire un talk show avec les participants d'OWS dans le cadre d'université populaire.
J'ai trouvé cela très intéressant, surtout dans la deuxième partie, les questions/réponses quand on lui demande
d'indiquer des pistes d'organisation du mouvement
d'expliquer pourquoi en France il n'y a pas de mouvement similaire
C'est en français, il a un traducteur.

https://www.youtube.com/watch?v=9z99hDTXUSw&feature=youtu.be

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 21:35 par Mister Cyril

L'Espagne sans état de grâce, la zone euro cherche son sauveur :

Le nouveau gouvernement espagnol issu des urnes dimanche n'a eu droit lundi à aucun état de grâce sur les marchés, toujours très pessimistes à l'égard de la zone euro qui se cherche un sauveur face à la dégradation de la situation.

Les marchés l'ont désigné depuis longtemps en la personne de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), seule institution capable selon eux et certains gouvernements de sauver la monnaie unique.

"Nous sommes devant un choix horrible. Dans l'ordre des horreurs, l'alternative est la suivante: soit une intervention massive de la BCE, soit la catastrophe", a résumé le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, dans une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung publiée lundi.

Seul problème, la BCE, soutenue par l'Allemagne, refuse de jouer ce rôle.

Berlin a ainsi réaffirmé lundi son refus d'une plus forte intervention de l'institution de Francfort dans la lutte contre la crise de la dette, n'y voyant pas le "remède miracle" attendu par les marchés.

La Banque centrale européenne se refuse toujours à jouer le rôle de prêteur en dernier ressort des Etats européens en rachetant de manière illimitée des obligations souveraines, qu'elle n'acquiert qu'au compte-gouttes et sur le marché secondaire où s'échangent les titres déjà émis.

Pourtant, a jugé le ministre polonais, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, "le risque est celui d'un désastre économique historique qui, comme la grande dépression des années 1930, conduirait au final l'Europe dans la guerre".

Dans ce contexte, la victoire massive de la droite en Espagne ce week-end n'a rien changé.

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 18:28 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:
Mister Cyril a écrit:non décidemment l'avenir n'est pas dans les urnes.
Je voudrais me tromper, mais une nouvelle preuve va nous etre servie en mai 2012 ... Et nous en serons les acteurs principaux ...

En klaxonnant, toujours en klaxonnant ...

Biz mon Poussinet.

Ouaih et en plus même les marchés ils sont pas gentils parce que le peuple il vote comme ils veulent et les bourses continuent de décrocher, c'est à vous dégoûter d'être servile!

On peut pas klaxonner plus fort..;

Bizz mon pote!

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 12:03 par Donald11

Mister Cyril a écrit:non décidemment l'avenir n'est pas dans les urnes.
Je voudrais me tromper, mais une nouvelle preuve va nous etre servie en mai 2012 ... Et nous en serons les acteurs principaux ...

En klaxonnant, toujours en klaxonnant ...

Biz mon Poussinet.

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Message le Dim 20 Nov 2011 - 21:17 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:Heu ! en Espagne, avec le virage a droite toute actuellement opere avec les bulletins de vote, la situation pourrait bien evoluer dans le mauvais sens ... c'est a dire plus repressif. Mais bon je dis ca, j'ai rien dit.

Bein qui dit que le répressif n'est pas un moyen de radicaliser tout le monde??? Et puis dans 4 ans el pueblo pourra toujours revoter pour le PSOE en espérant que cela soit moins pire et puis 4 ans plus tard...je viens de lire un mec sur Libé qui dit qu'avec 73% (contre 83% la dernière fois) soit - 10 points c'était un véritable désaveux pour le PP-PSOE; putaing encore 3/4 qui restent dans cet autisme politique, non décidemment l'avenir n'est pas dans les urnes. Y parait même qu'il y en a eu beaucoup qui ont voter sans convictions, sans enthousiasme, du bout des doigts, parce qu'il faut bien...nan le suffrage universel est devenu le maillon le plus élaboré de la servitude volontaire...dans le mur, en klaxonnant!!!

Bizz mon canard-moldave!

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Message le Dim 20 Nov 2011 - 18:35 par Donald11

Heu ! en Espagne, avec le virage a droite toute actuellement opere avec les bulletins de vote, la situation pourrait bien evoluer dans le mauvais sens ... c'est a dire plus repressif. Mais bon je dis ca, j'ai rien dit.

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Message le Dim 20 Nov 2011 - 17:16 par Mister Cyril

Ouah c'est lent mais ça progresse...comme quoi l'horizontalité peut aussi évoluer au gré des circonstances; de toutes façons il faudra bien faire un lien avec les syndicats, ou plutôt une partie des syndiqués (et non les centrales et encore moins leurs dirigeants technocrates) car si j'ai bien lu que ce soit les 20 000 de New-York ou de berlin le second souffle est venu d'organisations existantes...et c'est tant mieux si ça dépoussière des encartés poussiéreux mais conscientisés qui attendent aussi des formes nouvelles de militantismes pour apporter leurs revendications sociales.
Prolétaires de tous pays...non j'ai rien dit!

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Message le Dim 20 Nov 2011 - 11:57 par brusyl

Le campement des indignés de Londres, en plein cœur de la City, place St Paul, n’est pas celui de la Défense avec ses 10 tentes. En plus ils y sont depuis plus d’un mois, leurs slogans ne sont pas flous ou généralistes (« ça suffit, on est pas contents, c’est pas bien ») et leurs actions auprès des politiques sont devenue concrètes.



Les indignés, bien qu’à peu près d’accord entre eux n’en sont pas moins organisés différemment un peu partout sur la planète. Mais leurs différences ne se jouent pas seulement sur l’organisation et le nombre de campeurs capables de « tenir bon » face aux pressions municipales, et donc policières, au final. Le mouvement américain, plus particulièrement celui de New-York a été largement médiatisé. 10 000 manifestants sur le pont de Brooklyn jeudi soir après l’évacuation des campeurs du parc Zuccotti. Reflets a effectué il y a peu un reportage sur le camp des indignés de Los Angeles. Une analyse au sujet de l’aspect révolutionnaire du mouvement est venue ensuite lancer un pavé dans la mare : s’indigner en se tenant loin de la politique ne peut pas permettre une « révolution ». C’est à dire un changement de système politique. Mais les choses se modifient un peu à ce niveau là…en tout cas à l’extérieur de l’Hexagone, par exemple de l’autre côté du Channel.

A Londres, comme à Barcelone, les indignés commencent à faire de la politique

En Angleterre, la voie choisie par les indignés est celle des Espagnols au mois de mai à la Puerta del Sol : démocratie directe, assemblées générales et propositions concrètes pour une nouvelle société. Ca ne mange pas de pain, mais, il y a des mais… Parce qu’à Londres, le comité citoyen d’indignés échange avec le maire de la ville et lui fait des demandes très fermes par courrier : « rendre publics et transparents la comptabilité de la ville comme certains aspects financiers ou d’activités de lobbying concernant Londres ». Cette demande des indignés s’appuie sur le « Freedom of Information Act » (loi sur la liberté d’information obligeant les autorités à fournir tous les documents administratifs à ceux qui en font la demande) en vigueur depuis 2005 en Angleterre. Des échanges de courriers, droits de réponse circulent via Twitter avec le compte hilarant @Bankers4Boris qui caricature (à la mode des Yes Men) le maire en appelant à soutenir les riches, les banquiers contre les « horribles 99% fauteurs de troubles ». Mais hors du monde virtuel, à Londres, des meetings ont lieu un peu tous les jours :

La convergence avec les syndicats est en train de s’opérer, d’ailleurs la convention nationale du 19 novembre s’est vue mise en avant par le mouvement Occupy LSX (Occupons London Stock Exchange), convention qui organise la grève générale du 30 novembre.



Boris Johnson, le maire de Londres surnommé « Boris le bouffon par les tabloïds », a fait placer des ordres d’expulsion sur les tentes le 16 novembre à 6 heures du matin, mais visiblement les campeurs n’ont pas l’intention de bouger et l’usage de la force semble une piste que le maire veut éviter. Il faut dire qu’à Londres, il y a du lourd, du sérieux, comme la visite de David Harvey, professeur américain d’anthropologie à l’université de NY venu prendre la parole pour soutenir le mouvement toujours Place St Paul :

Il y a aussi, bien entendu, des manifestations « populaires » à l’appel des indignés, comme celle-ci, du 5 novembre, organisée pour « demander des comptes » au parlement :

Comme en Espagne ou en Italie, le mot d’ordre est désormais de squatter des bâtiments abandonnés, et plus particulièrement les locaux des banques, comme ce local d’UBS occupé depuis ce matin 19 novembre :

D’un point de vue politique, l’ordre du jour du 18 novembre donne une idée assez concrète de la chose :

« En se basant sur le fait que le système actuel est insoutenable, non-démocratique et injuste, il nous faut proposer des alternatives dont les suivantes sont centrales :

- Participation politique de la société dans son ensemble

- Une nouvelle démocratie populaire et souveraine

-Une structure politique, économique commune qui offre une égalité sociale et un bien-être à tous »

Des débuts de réflexions et de propositions concrètes ont l’air d’émerger à Londres : à quand les changements proposés activés par les urnes ?

http://reflets.info/occupy-london-pas-pareil%E2%80%A6/

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