La démocratie est un rapport de force

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03062011

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La démocratie est un rapport de force




La démocratie est un rapport de force


Quelques réflexions rapides sur les perspectives du mouvement en cours

Rien de plus bienvenu que d'exiger une démocratie réelle à la place d'une démocratie formelle de plus en plus vidée de sa substance mais il faudrait bien comprendre pourquoi le droit de vote ne suffit pas à définir un régime démocratique, ce qui peut paraître étonnant, tout de même, du moins quand les élections ne font pas l'objet de falsifications patentes.

On fait appel en général à une supposée "servitude volontaire" assez imbécile, donnant l'illusion qu'il suffirait d'éclairer le peuple de nos lumières pour qu'il suive la voie lumineuse de l'émancipation (la nôtre bien sûr). C'est tout autre chose et un peu plus compliqué, d'une part du fait que la vérité n'est pas donnée (on a toujours moins raison qu'on ne croit et on ne pense pas tous pareil, loin de là) mais surtout parce que le vote est avant tout un rapport de force, ce qui est beaucoup trop dénié alors que sous la monarchie, voter était ouvertement un rite de soumission.

Les critiques de la démocratie et notamment des régimes parlementaristes ne sont pas nouvelles, ayant même été très à la mode entre les deux guerres mondiales, que ce soit dans la version communiste ou fasciste au nom d'une unité du peuple fantasmée. On sait que, dès l'origine, Platon dénonçait les risques ostensibles de démagogie et de populisme de ce que Churchill appelait le pire des régimes à l'exception de tous les autres... Ce n'est pas un problème qu'on découvre, toutes sortes de solutions ayant été déjà expérimentées. Il ne faut pas s'imaginer découvrir la Lune mais tenir compte des échecs passés et des limites de pays dont le caractère démocratique semble bien pouvoir être donné en modèle pourtant, comme la Suisse.

Marx voyait dans les droits du citoyen dépourvu de tout, plutôt les droits de la marchandise et la condition du salariat, d'un travailleur "libre" de vendre sa force de travail mais surtout qui y est obligé par manque de ressources et de moyens de production. La "démocratie réelle" pour les marxistes, consiste donc d'abord dans l'existence de droits sociaux et des moyens concrets de vivre, ce qui est indéniable (l'égalité, c'est la liberté). Le "droit à l'existence" doit faire partie des revendications du mouvement (revenu de base et droit au logement au moins) mais cela ne saurait se substituer aux procédures démocratiques et à l'expression citoyenne comme dans les régimes communistes réprimant toute dissidence. Certes, le mot d'ordre affiché était bien celui d'une démocratie directe, de "conseils ouvriers", d'une république des conseils sensée être à l'opposé du parlemantaro-capitalisme mais qui était encore pire. On a vu à quel point l'affirmation "tout le pouvoir aux soviets" n'était qu'une propagande de façade, par force peut-on dire, car cela ne signifie qu'une dénégation de l'inévitable organisation des pouvoirs, d'autant plus si on prétend diriger l'économie (qu'il vaudrait mieux relocaliser qu'étatiser).

Le régime représentatif s'est imposé d'être plus effectif qu'une apparence de démocratie directe trop facilement manipulée mais Robert Michels dénonçait déjà en 1914 la coupure entre le peuple et les élus devenus une élite selon ce qu'il appelait "la loi d'airain de l'oligarchie" et qui s'appliquait aux différents partis autant qu'au pouvoir, en même temps que sa bureaucratisation. La ploutocratie aussi faisait déjà l'objet d'attaques continuelles. On peut dire qu'on avait été prévenu !

Pourtant, et malgré Mai68, je dois dire que je gardais comme la plupart des gens une relative confiance dans les élections avant d'en faire l'expérience et de connaître la vie de parti. En effet, les Verts du coin avaient absolument tenu à me présenter aux élections législatives malgré mes réticences, mais ce fut l'occasion pour moi de constater à quel point c'était une mascarade, ne pouvant jouer à armes égales, la question des moyens étant primordiale pour se faire entendre, beaucoup plus qu'on ne croit. Mon score fut, très logiquement, infinitésimal mais cela m'a fait comprendre du moins que l'essentiel dans ces élections, ce n'était pas les idées, ni mêmes les hommes mais le réseau, souvent pratiquement mafieux ou plutôt féodal car ces réseaux, tissés au long du temps, sont des réseaux d'intérêts et de petits services entretenant de solides fidélités. C'est ce qui fait qu'on élit toujours les mêmes. Il y a souvent au moins deux réseaux qui s'affrontent et qu'on dit de droite ou de gauche (sans qu'on voie bien souvent ce qu'il y a de gauche !) mais l'essentiel, c'est de se rendre compte à quel point la démocratie représentative n'est pas une démocratie d'opinions mais de rapports de force entre réseaux, entre classes, entre populations. C'est la lutte des places. Non seulement on régresse ainsi aux comportements tribaux si ce n'est à la corruption institutionnalisée mais ces rapports de force sont, en tout cas, un facteur d'immobilisme et d'impuissance.

La situation est assez générale pour se retrouver chez les meilleurs, peut-on penser, et, pour ce que j'en ai pu connaître, même chez les Verts qui affichent pourtant une exigence de démocratie maximale mais qui se réduit finalement à un jeu de tendances et de répartition des postes... Tout ceci m'a fait quitter les Verts dès la fin de mes mandats, après avoir présidé à l'introduction du revenu garanti dans leur programme (mais sans que cette revendication ait été vraiment mise en avant depuis). Il faut dire qu'à l'époque, les Verts n'étaient absolument pas révolutionnaires ni alternatifs, très fiers de n'être que des gestionnaires aspirant au pouvoir derrière une rhétorique qui restait pourtant relativement radicale voire gauchiste pour certains. Hélas, la logique des courants menant à des votes idéologiques irresponsables sera une des causes de l'échec de la conférence de La Haye sur le climat, échec que les Anglais imputeront à Voynet avec quelque raison et qui était d'une telle gravité à mes yeux que je les ai quitté en les traitant de "groupuscule inutile et dangereux". Ils ne se sont pas beaucoup arrangés depuis mais n'y peuvent sans doute pas grand chose ! C'est un parti d'élus, les partis servant uniquement aux élections...

Il ne faudrait donc pas se faire trop d'illusions sur l'instauration d'une démocratie réelle, ce qui ne veut pas dire y renoncer mais il serait bon du moins de souligner comme l'intérêt de la prise de parole et des places publiques par les "indignés" tient en grande partie à leur "apolitisme" au sens de l'absence de partis et groupes organisés. C'est la condition d'une véritable liberté d'expression mais il faut s'attendre qu'avec le temps les groupes s'organisent pour manipuler le mouvement, un peu comme les militants du parti communiste ont pu truquer les élections d'ATTAC, affectant gravement l'organisation. Il sera très difficile de l'éviter sur le long terme, la menace devant se renforcer à mesure que le mouvement prend de l'ampleur et devient un enjeu important.

Il faut souligner aussi comme la non violence est la condition d'une libération de la parole et de la sympathie des populations. C'est ce qui a été déterminant dans les révolutions arabes, malgré les morts. La tentation de la violence est donc absolument à surmonter, même après des provocations policières. Non seulement avec la violence on se met sur le terrain de l'ennemi, incomparablement mieux équipé et contre lequel on ne peut que perdre, mais, de plus, lorsque les armes parlent, plus personne d'autre n'a la parole. Dans nos sociétés médiatiques, la non violence désarme (relativement) les forces de répression. C'est une imbécillité de croire qu'il faut être violent pour être radical alors que c'est le meilleur moyen pour discréditer un mouvement et le fusiller, rendu tout simplement impossible.

Il n'est pas sûr qu'il soit suffisant de vouloir bannir les organisations pour s'en débarrasser mais il est assez clair que le seul niveau où une démocratie peut être effective, c'est le niveau local, une "démocratie de face à face" comme dit Murray Bookchin qu'il ne serait pas mauvais de remettre à la mode. C'est bien au niveau des communes qu'il faut se rassembler et s'organiser, non pas des partis. Si j'adhère à son municipalisme libertaire, instrument d'une relocalisation de l'économie, c'est quand même avec un peu plus de méfiance que lui sur le fait que cela n'empêche pas la confiscation de la démocratie par quelques notables locaux usant de clientélisme. Une structure fédérale basée sur des communes et des coordinations est certainement ce qu'on peut faire de plus démocratique mais le nombre de niveaux risque là encore de nourrir une nouvelle oligarchie et de laisser sans prise sur les décisions du pouvoir central.

Il y aura donc toujours besoin de grandes mobilisations nationales (voire européennes). C'est prendre la question de la "démocratie réelle" par l'autre bout cette fois, non plus du vote mais de l'action citoyenne qui en corrige les dérives. Il s'agit de rappeler à l'existence la réalité de nos vies, se manifester comme vivant et montrer le caractère collectif des souffrances individuelles. Ce droit de manifestation est plutôt de l'ordre de la grève, d'une pression directe exercée sur le pouvoir et qui d'ailleurs ne prend tout son sens qu'à se coupler avec une grève générale. Occuper une place ou une usine, c'est un peu la même chose.

Pour les formalistes de la démocratie, ces mouvements sociaux sont illégitimes de ne pas passer par le vote (vote qui effectivement le plus souvent ne confirme pas leur caractère majoritaire malgré le soutien de "l'opinion"). Pourtant, ces mouvements de grève et de protestation sont absolument indispensables notamment dans l'impasse actuelle de pays ruinés par la crise et le retournement du cycle économique (pas seulement dans l'immobilier). Comme je le disais dans "l'intervention des peuples", il y a besoin d'une pression populaire pour équilibrer la pression de la finance car les dirigeants ne font pas du tout ce qu'ils veulent, leur marge de manoeuvre est très faible, dépendant complétement des (entre autres). D'une certaine façon, les manifestations populaires les aident et peuvent seules sortir de l'impasse d'exigences irréalistes. J'en ai fait l'expérience en entreprise : rien de tel qu'une grève pour que la banque accepte un échelonnement des dettes et relâche une pression insoutenable.

Si les Grecs arrêtaient le pays, refusant de payer la crise, les Allemands (et leurs banques) comprendraient vite ce qu'ils ont à perdre dans l'affaire et se feraient beaucoup plus conciliants au lieu de prendre le risque d'une crise majeure. De même, de fortes mobilisations nationales peuvent seules obtenir d'arrêter les expulsions de logement en Espagne alors qu'un gouvernement est lié par des contrats qu'il ne peut pas remettre en cause si facilement. Il s'agit bien là aussi de démocratie réelle, mais de la part qui dépend de l'action des citoyens, de leur engagement en chair et en os. Un tel mouvement de grande ampleur peut faire passer toute une série de mesures impossibles sinon (comme un revenu de base?). Il faut savoir que ce n'est pas instaurer pour autant une démocratie réelle préservée de toute dérive alors qu'il y aura toujours besoin, régulièrement, de mobilisations populaires, de moments révolutionnaires comme maintenant, afin de remettre les pendules à l'heure, changer les règles et débloquer des situations intenables. Cette fois-ci, le rapport de force n'est plus entre partis, ni entre réseaux, mais entre le pouvoir et ceux qui le subissent.

http://jeanzin.fr/index.php?post/2011/05/29/La-democratie-est-un-rapport-de-force
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Message le Sam 11 Juin 2011 - 14:37 par Invité

Il y a deux sortes de manifestations. Celles qui échouent et celles qui réussissent. Ces dernières acquièrent une légitimité en instaurant un nouvel ordre. Ce qui est une révolte, un mutinerie, une révolution devient l'acte fondateur d'une nouvelle légitimité qui sera confirmée par le procesus démocratique. Quelle différence y a-t-il entre un terroriste et un résisant ? Durant la guerre, les seconds étaient qualifiés de terroristes par le gouvernement officiel de la France. Jusqu'à ce qu'un nouveau leur attribue le titre de résistants.

Jusqu'au vote d'une nouvelle loi, celles qui avortaient étaient condamnées pour assassinat. LE lendemain, elles étaient rremboursées par les Sécu

Je dirai donc qu'il appartient à chacun et chaque mouvement d'acquérir le statut légitime qui lui est nécessaire. Ou à s'effacer. C'est 'histoire qui tranche. Pas la querelle qui précède.

Amicalement
Franz

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Message le Sam 11 Juin 2011 - 13:58 par Mister Cyril

"La légitimité des manifestants n'existe pas devant celle des urnes même si leur position est ultra-majoritaire dans l'opinion parce que non représentée par les partis de gvt classique"

Voilà en effet le coeur et vieux problème récurrant entre réformismes et révolutionnaires ou disons pour ne heurter aucune chaste oreille entre légaliste et radicaux. Et je réitère ce que j'ai écrit ailleurs, depuis la forfaiture de Lisbonne (et pas qu'en France) la légitimité des urnes ne tient plus, désolè ils ont franchi le rubicon...et je n'ai pas envie d'attendre la constitution d'une nouvelle force hypothétique sur le très long terme. Et quand je dis que je n'en ai pas envie c'est parce que je fais parti de la toute petite bourgeoisie qui se serre de plus en plus le kiki et qui a des peurs mais pas de craintes réelles pour sa survie alimentaire...pour une autre partie croissante de la population le légalisme du suffrage est en train de voler (42% d'abstention au Portugal pour une élection avec un tel enjeu...) et les bonnets phrygiens de ressortir et pas que pour demander la tête du nabot, de Moubarak, Ben Ali, Papandréou...alors là je suis optimiste car le débat dépasse largement les sempiternelles chroniques sur les enjeux électoralistes...(quant on parle élection, on ne parle plus politique)!

Bru, Foulques...mes hommages hébertistes!

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Message le Jeu 9 Juin 2011 - 14:57 par Invité

brusyl a écrit:Foulques, nous disons la même chose : tu détailles ces déséquilibres que j'énonçais en vrac...
La différence entre toi et moi est l'optimisme que je veux à tout prix garder,

Ben devant des constats identiques, je veux bien que nous disions la même chose initialement, mais après je ne fais plus du vrac, je lie les évènements, les enchaîne et arrive à une conclusion différente. La légitimité des manifestants n'existe pas devant celle des urnes même si leur position est ultra-majoritaire dans l'opinion parce que non représentée par les partis de gvt classique. Il y a la une carence du système démocratique actuel comme un trou béant. Devant ce constat, tu dis:" chouette une révolution", moi je dis :"non, il y a aura constitution d'une nouvelle force mais ce sera long et progressif". Tu peux ranger ton bonnet phrygien pour plusieurs années encore!
Je trouve que mon commentaire est plus structuré (moins en vrac) mais je ne suis pas bien placé pour en juger.
Je suis optimiste moi aussi et suis heureux à l'idée de penser que Sarko est en train de se ronger les ongles jusqu'au sang.

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Message le Jeu 9 Juin 2011 - 10:17 par brusyl

@ François
la norme... la règle, la technique, l'efficacité contre l'imagination, la créativité et la démocratie... tu penses bien comme ces sujets m'intéressent ! je ne suis pas une lectrice d'Ellul et d'Arendt pour rien !
Je te répondrai en détail dès que je pourrai dégager le temps pour le faire

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 22:21 par Invité

Ce petit texte que j'avais commis il y a quelques années et qui me semble illustrer ce que j'essaye d'exprimer.

Prenons l'exemple du port de la Madrague sur la presqu'île de Giens, dans la commune de Hyères. Alors que les ports de plaisance ont connu un fort développement, celui-ci est resté oublié en présentant une configuration ouverte sur la mer, peu aménagé (un enrochement rustique, deux ou trois pontons de bois et une grève) et peuplé de quelques barques de pêche et de petits voiliers qui se dandinent dans le clapot. Le tout bordé d'un rideau de pins qui font de l'ombre jusque sur la mer. Tout cela fait un ensemble de couleurs, de saveurs, d'odeurs, de volumes, de perspectives, une accumulation d'histoires, un lieu de culture. C’est en réalité le dernier témoin de ce que pouvait être un havre naturel dans notre région.

Face à la pénurie de places de port, il est question de l'aménager. C’est ce que proposent la commune et le Conseil Général. Or, nous avons aujourd'hui un recul sur ce qui a été fait. Suffisant pour constater que le béton, bien pratique, génère des lieux sans caractère, franchement désertés près de huit mois par an. Sans parler des conséquences sur l’environnement marin, notamment les herbiers de posidonies.

Que proposent les techniciens ? De la norme, rien que de la norme. Les hommes n'ont qu'à s'y adapter. Le caractère, le charme, la qualité de vie, la spécificité du lieu, le paysage, sont des mots qui n'ont pas leur place, de quasi insultes. Du temps perdu, des considérations vides de sens. Donc, les études avancées, on décide de consulter la population en ne lésinant pas sur les propositions. Huit. Qui sont en fait les huit variantes d'un même projet largement abouti. Un parking qui gagne dix mètres sur la mer, deux digues en béton, des quais en béton, des bornes en béton, des bittes, des réverbères, des marches, des escaliers, des bordures, des jardinières, des murets etc. Une solide dépense pour justifier la fonction de quelques uns et pour un résultat complètement banalisé qui raye ce lieu du souvenir des hommes.

Que veux-tu que la population réponde à pareille consultation ? Elle s'en fout. Un béton en long, en large ou en travers, c'est toujours et encore du béton. Et en plus, une majorité est bien contente. Ca lui fera plus de places de parking en été, des barrières pour empêcher les enfants de tomber, des éclairages pour avoir moins peur la nuit, des jardinières pour faire pisser son chien. Rien que de la civilisation, mon frère ! Mais que gagnons-nous à long terme ? Des aménagements pour une catégorie de nantis et beaucoup d'ennuis (dans le sens de s'emmerder copieuse¬ment). Au nom du progrès. Comme on licencie. Au nom du progrès et de la rentabilité. C'est la même machine qui avance et nous broie. Faut-il être technicien pour répondre à cela ? Non. Il faut un peu de jugeote, un minimum de culture et d'expérience et le désir d'introduire une réflexion sur une période suffisamment longue pour trouver des solutions qui emportent l'adhésion. En tâchant de le faire dans le sens de l'intérêt commun.

Alors, oui, une association groupusculaire va s'auto proclamer dépositaire du bon goût, de la vision culturelle, de la conservation du patrimoine et de la valorisation du paysage. Et bien souvent, il ne manque pas de cons, là-dedans. Mais il y a aussi des gens formidables, des urbanistes, des architectes, des artistes, des pêcheurs, des amoureux des vieux gréements, des ouvriers en vacance ou des paysans qui réfléchissent ensemble. En réalité, toute la communauté à qui appartient ce paysage. Ils n'ont pas la solution prête à l’emploi, ils ne s'opposent pas à tout par principe. Mais ils demandent un peu de temps. Et rien ne presse.

Une consultation sérieuse, ça n'est rien d'autre. Le temps de confronter des points de vue, d'accumuler une réflexion, de s'imprégner de la richesse du lieu, d'intégrer les besoins de chacun. Le temps de cesser d'être idiot tout seul et de devenir intelligents ensemble. Ca prend plus de cinq minutes et ça n'est pas possible dans des consultations ficelées où on vous flanque à la figure des perspectives aussi flatteuses que mensongères, si ça n'est pas des bornes audiovisuelles à écran tactile. Le temps d'échapper à ces méthodologies qui vous entortillent dans des objectifs dont les priorités vous échappent totalement.

Le problème est que tout le monde a peur de ces pratiques mal balisées. Comme on se sent déstabilisé quand on nous met un pinceau à la main face à une feuille blanche. Il faut en plus retrouver quelques instants son âme d'enfant. Y a-t-il un diplôme pour ça ? D'autant plus inaccessible que cela ne se met pas en chiffres. Ca n'entre pas donc dans la manière de voir de ceux qui ont de l'argent à gagner au plus vite, des études à rentabiliser, un service à faire fonctionner, une carrière à assurer, une échéance électorale en vue. Mais arriverons-nous à comprendre que tant que nous ne sortirons pas de ce cirque, nous continuerons à aller dans le mur ?

Que demandent ceux qui parlent de démocratie participative ? Le droit de participer non pas à une consultation à posteriori mais celui de participer à l'élaboration des projets. Rien de moins. Est-ce indécent ? Non si l'on veut bien admettre que si notre monde est en panne c'est bien de cela.

Pourquoi n'en veut-on à aucun prix ? Parce qu'en acceptant cette participation, l'élu comme le technicien, ont le sentiment d'être dépossédés de leur pouvoir. Or il ne s'agit pas de cela mais d'un partage. Un partage dans lequel tout le monde peut être gagnant. L'élu parce qu'il obtiendra un plus large soutien si les citoyens sont porteurs du projet. Le technicien qui aura l'assurance d'une continuité dans la décision collective. Les citoyens parce que le projet corres-pondra plus sûrement à leurs réels besoins.

Il restera à définir collectivement ce qu'est l'intérêt commun. On dénie aux individus la capacité d'y parvenir. Il suffit pour s'en convaincre d'entendre les demandes faites lors des consultations publiques. Mais justement, ne connaissant pas les enjeux, les tenants et les aboutissants et n'ayant pas confronté en amont leurs points de vue, chacun s'exprime égoïstement. Là aussi, il existe des exemples où une collectivité a su gérer ses ressources. Par exemple, avec les prud’homies de pêcheurs qui datent de St. Louis. Et dont l’une d’elle est justement située au creux de ce petit port.

Jamais le concept de démocratie participative n'avait été autant invoqué par les décideurs. Il est dans tous les programmes politiques, en filigrane dans toutes les réunions publiques. Il n'est en réalité qu'un misérable prétexte. Une béquille au secours de la démocratie tout court, déjà mal en point. La seule crainte de l'élu étant de ne l'être point, faute d’électeurs. La consultation publique n'est alors qu'une formalité destinée à valider des décisions finalisées dans leurs moindres détails juridiques. A tel point que certains élus ont ex-primé publiquement le peu de cas qu'ils faisaient de ce genre de pensum. En avançant que seuls ceux qui se déplacent sont contre. Il ne reste plus qu'à comptabiliser la majorité restée à la maison comme le soutien le plus sûr d'une politique décidée loin des citoyens.

Ce faisant, ceux qui ont aujourd'hui le pouvoir opposent un argument imparable. Les rares citoyens qui se mobilisent pour réclamer cette participation ne sont pas crédibles dans la mesure où celle-ci se fait sans la population. C'est ne pas voir que ces pratiques ne s'imposeront pas toutes seules et d'un seul coup. Il faudra du temps, de la constance et beaucoup d'incitations pour parvenir à mobiliser large-ment et retrouver une nouvelle manière de vivre ensemble. A condi-tion d'y croire. Tout le problème est là.

Amicalement
Franz

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 22:01 par brusyl

Foulques, nous disons la même chose : tu détailles ces déséquilibres que j'énonçais en vrac...
La différence entre toi et moi est l'optimisme que je veux à tout prix garder, c'est le fond profond de ma conviction humaniste, de croire que le meilleur finit par l'emporter. C'est la loi de l'évolution non ? le meilleur c'est pour moi l'intelligence qui nous a fait nous lever et marcher, c'est le sens moral aussi qui nous a fait êtres sociaux.

Tu restes sur les déséquilibres actuels en refusant de voir tous les effets secondaires toutes les réactions qu'ils ne manqueront pas de produire... ce que j'avais tenté de te dire dans mon message

Les déséquilibres sont par nature instables c'est bien une loi de la physique ? un mobile qui après perturbation est en équilibre instable revient toujours à sa position d'équilibre non ?

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 21:51 par Invité

Sylvie, pour reprendre ton propos avec lequel je suis d'accord, je crois que l'exclusion croissante d'une majorité de la population tient à une complexité croissante de la gestion et des outils qui la servent. Ceci conduit à une professionnalisation constante des responsables. A la fin du dix-neuvième, c'était souvent un ancien noble, le plus gros propriétaire, qui trouvait le moyen de s'emparer de la mairie. Sa compétence ne relevait que de sa bonne éducation et de ce qu'il pouvait en imposer aux autres par sa prestance. Mais les attributions de l'administration locale étaient assez limitées. C'était souvent les citoyens qui assuraient la plupart des services en dehors des attributions régaliennes (Poste, gendarmerie, et parfois DDE).

Aujourd'hui, dans une ville de 50 000 habitants, la mairie est souvent le premier employeur. Le comptable en chef est un expert de haut niveau. Le budget est colossal et le champs de compétence à investi la totalité des activités, économiques, sociales et culturelles. Ceci conduit à la conduite d'une entreprise toujours plus complexe qui tend à tenir éloigné les citoyens. Bien souvent les élus ont une certaine compétence dans la gestion publique ou l'ont acquise au cours d'une longue expérience. Et surtout ils se conforment à un fonctionnement largement encadré par l'administration. Le plus souvent, on ignore que les projets que nous vendent les élus ne correspondent qu'à des enveloppes budgétaires et des opportunités de subventions qui leur échappent complètement.

Au final, comme pour le pays, c'est la logique gestionnaire et juridique qui s'impose et ne permet aucune initiative Pire, ce carcan interdit aux élus de sortir des limites tracées saut à s'épuiser contre l'opposition des services réputés compétents. Or, moins ils ont de marge de manoeuvre et plus ils ont tendance à faire croire aux électeurs qu'ils sont indispensables. En réalité, au niveau du pouvoir politique local, une mairie pourrait être avantageusement menée par une chèvre. Cela ne changerait pas grand-chose.

Reste le paraître, les combines, la promotion de certains projets occultes qui profitent de cette complexité pour s'imposer en toute opacité. Et pour lesquels ces gens-là se sont fait souvent élire. Et le soin de peindre tout cela en bilan avantageux pour se faire réélire. Ce n'est pas la seule raison mais c'est un des facteurs qui ont contribué à la dérive de la démocratie. Il en résulte qu'une grande majorité se déclare incompétente. Et qu'elle ne s'intéresse aux décisions que quand elles concerne de près la valeurs de son petit bien. Je ne parle pas du rôle joué par le clientélisme qui, souvent résume ce qu'il reste du lien sociale. Tableau un peu noir mais hélas réaliste dans ma région.

Bises
Franz

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 21:25 par Invité

Foulques Deletang a écrit:
Toi, en tant que responsable du BTP, tu avais besoin d'avoir en face un élu capable de prendre les décisions nécessaires au démarrage du chantier, donc un homme aux pleins pouvoirs.

Hé bé, on a du chemin à faire tous les deux ;°)))

Bien entendu, je ne parle en aucun cas de relation entre professionnel et élu. Là il y a des contrats et des délibérations du Conseil Municipal. Je ne participe d'ailleurs absolument pas à ce cadre, qui n'est que le fonctionnement classique de l'activité locale. De mon point de vue la pire car il s'agit d'exploiter un capital foncier comme une mine. Jusqu'à son épuisement, au détriment des terres cultivables et de l'environnement. C'est le cancer de la démocratie dans la mesure ou cela concerne des intérêts les plus obscurs. Ceux qui échappe à la décision collective et aux citoyens en général. Ceci dit, malgré les pouvoirs exorbitants du maire, cela fait encore l'objet d'un vote au Conseil Municipal.

Là où les citoyens devraient être plus largement associés, et tu le souligne aussi à ta manière, c'est dans l'élaboration des PLU par exemple. Parce qu'ils déterminent le cadre de vie pour les vingt ans qui suivent. Or, ces PLU sont d'une indigence totale, ne se préoccupant que de constructibilité en fonction de ces fameux intérêts occultes. Ils devraient faire l'objet d'une plus large réflexion sur l'avenir, intégrer une plus grande variété de propositions et être discutés à divers échelons bien avant d'être ficelés juridiquement. Si tu veux, on peut traiter cet aspect qui est aussi intéressant.

Mais je parle de l'activité en jachère (cela peut concerner l'artisanat, l'activité agricole, la création, les activités culturelles, la réappropriation du patrimoine, etc.). Je pointe l'absence de projets, les territoires laissés en déshérence avec leur désindustrialisation, l'entretien du paysage façonné par l'agriculture et des générations de paysans, et tout le lien social qui va avec. Il s'agit aussi de la production locale suivant des circuits courts. En fait la première brique de l'économie, celle que les économistes refusent d'intégrer dans leurs tableaux. Rien à voir avec mon métier d'architecte ;°)) C'est tout cela qui est en train de se défaire et qui a terme verras ces régions devenir des pays du tiers monde. Au mieux, des réserves d'indiens offertes aux tourisme de masse. Il s'agit au final de permettre à une communauté d'habiter quelque part autour d'un projet commun et d'une culture partagés. Ca ne fait pas un programme, ça ?

Après, le partage de la décision, on pourra en discuter.

Amicalement
Franz

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 21:14 par Mister Cyril


2 beaux articles tout les deux bravo! Non c'est sincère Bru ne cherche pas d'arrière-pensée!

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 21:07 par Invité

Toute position d'équilibre statique ou dynamique est la résultante des forces en présence donc oui, partout dans la nature, nous avons affaire à un rapport de forces qui lui donne son équilibre. Le problème en Grèce et en Espagne est que les forces électorales (c'est aussi valable en France de plus en plus) traditionnelles Gauche-droite qui était la résultante démocratique ne sont plus en opposition mais en phase décalée, donc il y a maintenant un déséquilibre entre les électeurs et les élus, les uns n'étant plus représentés par les autres mais les gouvernants conservent la légitimité démocratique accordée par le suffrage universel. Il est donc logique que les électeurs cherchent à constituer une nouvelle force différente capable d'annihiler la résultante Gauche-Droite dont la somme n'était plus nulle pour un nouvel équilibre qui ne passerait plus par les mêmes dictats de la BCE et du FMI. Lundi Mr Junker, argentier de la zone euro a déclaré que la Grèce devrait avant toute aide avalisé un consensus Gauche-Droite pour l'application du plan rigoriste avant l'octroi des fonds sollicités. On est plus dans la démocratie : ou la Gauche passe et elle promet de rembourser ou la droite passe et elle promet de rembourser; où est le choix démocratique de la politique du pays : ce qui est proposé démocratiquement aux électeurs, c'est un dilemme. Avec des taux de chômage de 20% en Espagne, le mvt de réaction s'est constitué spontanément alors qu'en France, il ne peut que surgir progressivement. Il le fait déjà par le soutien à une autre force, celle du diable et c'est pour moi la raison profonde de la montée LePeniste.
Oui, tant que les Gauche-Droite seront consensuelles, on sera dans l'instabilité, le déséquilibre en France, en Grèce, en Espagne, en Italie. La nouvelle force à constituer n'a pas encore trouvé son vecteur (des idées à structurer). En attendant les élus momentanés se proclameront de la légitimité du suffrage universel malgré le vote factice et je ne doute pas qu'un Copé fasse comme Thiers ou El Assad l'usage du canon pour ramener les insurgés (c'est nous) dans le droit chemin. Hélas!

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 19:47 par brusyl

@ Foulques mon petit révolutionnaire

"La démocratie est un rapport de force..." : un beau titre pour une banalité!

Hmmm à mon sens beaucoup moins banal que tu le crois. Accroche toi, je vais essayer de t'expliquer pourquoi.

La démocratie repose sur un rapport de force : elle est un lieu mettant en relation juridique les conflits de pouvoir. Elle est l'organisation reconnue comme légitime par tous pour réguler ces conflits, pour garantir cet « l'équilibre instable » entre ces pressions, comme je l'écrivais dans un post précédent.
Et ce mot légitime est important car il définit la démocratie par rapport aux dictatures : son pouvoir de régulation,exprimée par le droit est reconnue par tous , la ressource de l'autorité n'est pas la violence ou la force mais cette légitimité consensuelle de l'autorité, cette conviction de chacun que ce pouvoir est exercé dans l'intérêt de tous (d'où la valeur centrale de l'intérêt général en démocratie)

Théorique dis tu ? Je te vois d'ici froncer le nez, mais aaattend attend ! Patience !

Qui dit rapport de force dynamique constructif, dit un relatif équilibre entre ces forces antagonistes : cela peut-être gauche droite, patrons syndicats, campagne villes, progressistes conservateurs, bourgeois prolétaires, dominant , dominé etc... selon le type d'idéologie à laquelle tu adhères.
Pourquoi équilibre ? Parce qu'il est nécessaire pour que le groupe dominé puisse espérer un jour prendre ce pouvoir ou arracher des concessions au pouvoir en place : c'est le jeu démocratique. Parce que sans équilibre, la négociation entre les forces antagonistes ne se fait plus : on passe en régime de domination, de contrainte. Mais conséquence immédiate : parallèlement l'autorité politique perd la légitimité de son autorité et doit donc recourir pour continuer à exercer son pouvoir à la force et à la violence.

Or que pouvons nous observer depuis quelques années ? C'est que cet équilibre s'est complètement faussé : déséquilibre d' une minorité de plus en plus restreinte dominant de plus en plus durement la majorité du peuple, déséquilibre politique quand la gauche et la droite dites « de gouvernement » ne jouent plus leur rôle de canalisation des oppositions puisqu'elle ont maintenant quasiment les mêmes programmes, déséquilibre dans le monde de l'entreprise quand les syndicats qui défendent de moins en moins les intérêts des travailleurs parce qu'ils sont démunis ou achetés, déséquilibre du politique par rapport à l'économie quand trois agences de notation ont un pouvoir quasi régalien de condamner à mort une nation et quand le marché soutient les dictateurs et inversement sanctionne immédiatement les peuples votant pour des programmes sociaux, déséquilibre politique quand un seul homme prend sous son contrôle tous les pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire, mediatique.

A quoi tout cela va-t'il nous mener ? À rien de bon je le crains mais à rien de durable non plus : à toujours plus de force et de violence de la part des dominants mais aussi, à la perte de sa légitimité d'exercer le pouvoir aux yeux des dominés... Et l'histoire nous montre qu'un peuple parvient toujours à rejeter une telle violence d'une domination devenue illégitime parce que trop inégalitaire, trop déséquilibrée.

C'est pour cette raison que je suis convaincue qu'un mouvement révolutionnaire émergera tôt ou tard, qui s'appuiera sur une légitimité qu'il déniera au pouvoir en place . Il prendra corps lorsque dans l'esprit des dominés, la légitimité dont il se réclame sera supérieure à celle du pouvoir en place.
Et ce travail de légitimation est en cours : tout ce qui est en train de se passer partout en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen Orient nous le prouve.

Merci Foulques de ta patience d'avoir lu jusqu'au bout cette démonstration un peu laborieuse, mais dont je crois il est important de comprendre l'enchaînement pour retrouver l'espérance

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 17:24 par Invité

Franz a écrit:@Foulques Deletang dixit :

"Je comprends que Franz ayant vécu dans le BTP ait une position un peu différente mais je considère que c'est un faux problème car les élus et leurs cohortes de techniciens sont là pour appliquer la politique qui a été choisie par les citoyens alors qu'on constate plutôt l'inverse aussi bien localement que nationalement : les élus présentent des projets ficelés qu'ils ont concocté en famille, en petit comité qu'ils ne retouchent qu'à la marge lorsqu'ils sont rejetés par la population"

???? Peux-tu être plus clair et préciser mon point de vue par rapport à ces propos ? Je t'ai déjà lu moins confus ;°)))

Amicalement
Franz

Toi, en tant que responsable du BTP, tu avais besoin d'avoir en face un élu capable de prendre les décisions nécessaires au démarrage du chantier, donc un homme aux pleins pouvoirs. Mais ceci n'interdit nullement l'exercice démocratique bcp plus en amont, la politique et le jeu démocratique consistant à décider ce qui est à prioriser pour le bien commun; l'équipe municipale, préfectorale ou ministérielle secondée de techniciens (urbanistes, paysagistes, projeteurs, etc..) ont la tache de la mise en œuvre du projet décidé démocratiquement. Dans ton dialogue avec Sylvie, tu disais que le pouvoir démocratique doit revenir dans sa phase finale à l'élu or ce n'est pas ainsi dans la phase d'initialisation du projet (pré-projet), les citoyens doivent être co-auteurs, consultés, sans que l'élu local ne puisse à ce stade se prévaloir d'une prééminence sur ses administrés jusqu'à la finalisation du cahier des charges. Le CDC approuvé, remanié, l'élu et son équipe peuvent entamer la conception puis sa réalisation, c'est là leur rôle sans que cela n'empiète sur la démocratie citoyenne. C'est plus clair comme ça?

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 16:23 par Invité

@Foulques Deletang dixit :

"Je comprends que Franz ayant vécu dans le BTP ait une position un peu différente mais je considère que c'est un faux problème car les élus et leurs cohortes de techniciens sont là pour appliquer la politique qui a été choisie par les citoyens alors qu'on constate plutôt l'inverse aussi bien localement que nationalement : les élus présentent des projets ficelés qu'ils ont concocté en famille, en petit comité qu'ils ne retouchent qu'à la marge lorsqu'ils sont rejetés par la population"

???? Peux-tu être plus clair et préciser mon point de vue par rapport à ces propos ? Je t'ai déjà lu moins confus ;°)))

Amicalement
Franz

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 16:06 par Invité

"La démocratie est un rapport de force..." : un beau titre pour une banalité! Tout est rapport de force partout car il y a aura tjs des faibles et des forts. S'il faut comprendre par démocratie, l'usage du droit de vote cela réduit le champ mais ne suffit pas à expliquer les mvts récents dans les "démocraties" où les taux d'abstention avoisinent ou dépassent les 50% malgré des taux de mécontents dépassant les 70%. Qu'un référendum populaire, instance suprême du pouvoir du peuple rejette le TCE, les élus en place s'en moquent et font comme si c'était une large approbation : faut-il s'étonner alors que les citoyens se détournent des urnes? Qu'ils organisent des contestations en marge des mvts politiques et syndicaux?
Il y a défiance envers les élus qui représentent plus qu'eux-même, cumulant les fonctions, les salaires et indemnités, et faisant fi de l'intérêt général au point de ne plus savoir où commence l'éthique et qu'il propose de une commission ad hoc dont ils ignorent les préconisations: tout ça c'est pour la galerie, ils s'assoient dessus gaiement. La réduction du mandat présidentiel a encore accentué le mépris du suffrage public: le président élu considère le Parlement comme sa chose qui lui doit soumission, honneurs, nominations et autres strapontins bien rémunérés. Prenons Copé: maire de Meaux, député, président de l'UMP, avocat conseil d'une banque américaine, et sans doute encore président d'agglo, des pompiers, du CHU, etc...et peut-être même quelques jetons de présence à des conseils d'administration; même en travaillant jour et nuit on ne fait qu'une seule chose à la fois, donc on est dans le vol manifeste, l'abus de biens publics,escroquerie et recel pour ce qui est refilé aux amis.
Indignés? OUI!
Je comprends que Franz ayant vécu dans le BTP ait une position un peu différente mais je considère que c'est un faux problème car les élus et leurs cohortes de techniciens sont là pour appliquer la politique qui a été choisie par les citoyens alors qu'on constate plutôt l'inverse aussi bien localement que nationalement : les élus présentent des projets ficelés qu'ils ont concocté en famille, en petit comité qu'ils ne retouchent qu'à la marge lorsqu'ils sont rejetés par la population. Dans ce cas, il y a un grand plan de communication: on nous explique que nous autres les débiles, on est trop bêtes pour comprendre les enjeux mais que par pitié, ils vont essayé de nous initier aux arcanes du grand Monopoly. Exemple: le maire PS de ma vie est en train de lancer un grand projet d'aménagement des rives, les pré-projets ont été sélectionnés, les infrastructures, espaces verts et ensembles immobiliers à intégrer ont été fondus dans le nouveau PLU qui ne laissera à son successeur que le choix de la couleur des parterre de fleurs; ce projet ne faisait pas partie du programme du candidat élu lors de la dernière élection en 2008. Je ne pas contre ce projet mais je n'ai surtout pas eu l'occasion de me prononcer sur son opportunité et pourtant la mairie le présente comme un exemple parfait de consultations des citoyens, de développement durable, etc...LA VRAIE DEMOCRATIE QUOI! je dis cela en considérant pourtant que c'est un excellent maire, le prochain, ça craint.

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 10:05 par Invité

Nan. Le concombre. Désolé, pas pu résister

Amicalement
Franz

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Message le Mer 8 Juin 2011 - 0:13 par brusyl

On joue "l'homme masqué" aujourd'hui sur ce fil ?

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 22:41 par Mister Cyril

Alors là je veux bien parier ma petite culotte...fin du sujet!

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 22:29 par Invité

Perso je veux bien oublier Kelkum et donner une chance à Jean-Marc. On a le droit de se refaire une virginité en changeant de bocal. Mais encore faut-il désirer ce changement et renoncer à ses démons.

Amicalement
Franz

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 22:08 par Invité

Mais c'est pas vrai! Quel primate primaire tu fais "Mister"...

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 21:56 par Mister Cyril

Jean-marc a écrit:Foulques, j'ai lu ta remarque sur ce quelqu'un dit Kelkun. Je n'ai bien entendu rien à voir avec ce personnage qui sur Marianne2 déclama vis à vis des participants, des journalistes et blogueurs associés, des hommes et femmes politiques,
des pelletées d'impertinences, d'irrespect, d'encouragements à l'insulte et au mépris des conventions et des ''installés".

Comme tu as pu le lire ici, je suis moi bien plus civilisé. Bien que mon côté piquant et provocateur, mon style sur le fil du rasoir, puissent faire croire à certains que je suis de la famille de ce barbare qui troubla ce haut lieu de civilisation qu'est Marianne2...

Ok preuve finale de son déséquilibre (et je pèse mes mots), il y a ici, mais excuse moi j'ai pas que ça à foutre, plusieurs messages où tu t'es présenté comme Métakelkun, sans parler de nombreuses " diatribes où tu nous a bien fait profiter de ton côté obscur...tu es pervers mec...ctpc!

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 19:57 par Invité

Va en paix Foulques :-)

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 19:50 par Invité

OK, merci, J-M, je suis rassuré!

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 19:42 par Invité

Foulques, j'ai lu ta remarque sur ce quelqu'un dit Kelkun. Je n'ai bien entendu rien à voir avec ce personnage qui sur Marianne2 déclama vis à vis des participants, des journalistes et blogueurs associés, des hommes et femmes politiques,
des pelletées d'impertinences, d'irrespect, d'encouragements à l'insulte et au mépris des conventions et des ''installés".

Comme tu as pu le lire ici, je suis moi bien plus civilisé. Bien que mon côté piquant et provocateur, mon style sur le fil du rasoir, puissent faire croire à certains que je suis de la famille de ce barbare qui troubla ce haut lieu de civilisation qu'est Marianne2...

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 19:34 par Invité

You,hou, y a kelkun?

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 19:30 par Invité


A un congrès sur la démocrate participative qui se tenait à Salon de Provence, le maire, socialiste prononce le discours d'ouverture. Une heure durant il va nous parler des risques et dangers de cette pratique. Et puis on est passé au pot d'ouverture. Rien sur ce qui aurait pu être positif. Ca en dit long sur le sentiment des élus.

A ce congrès j'ai entendu des élus de villes d'Espagne, d'Italie et de France. Croiser les expériences est formidable. Je dois avoir encore les compte rendus. A Porto Alegre et ailleurs, il s'agissait de décider ensemble de la répartition du budget. En mettant en place des outils destinés à définir ensemble les priorités. Mais c'est un travail fastidieux qui laisse peu de place aux initiatives et aux projets. Pour moi, la participation est la condition du développement local. Et là je vois Sylvie s'indigner. De quoi, que vient faire cette notions alors qu'il faut promouvoir la décroissance. Mais à mon avis ces deux termes ne s'opposent pas, s'agissant d'une vision participative et local. La décroissance peut parfaitement créer de l'activité et de l'emploi.

On voit par exemple Sarko se foutre de la gueule des Teutons s'agissant de la sortie du nucléaire. Voici ce qu'en rapporte LeMonde.fr
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/06/07/nicolas-sarkozy-egratigne-la-sortie-du-nucleaire-allemande_1533172_3244.html
""La décision des Allemands ? Je ne critique pas, on a bien assez de problèmes à régler. C'est leur choix, c'est un choix d'ailleurs très contesté là-bas", a déclaré M. Sarkozy en évoquant publiquement pour la première fois la décision de la chancelière Angela Merkel au cours d'une table ronde dans le centre de la France.
"S'ils arrêtent leurs centrales, il va bien falloir les remplacer (...). On sera candidat pour leur vendre notre électricité et on sera également dans un rapport de compétitivité qui nous sera favorable, tant mieux. Mais c'est extrêmement important d'avoir du sang-froid", a poursuivi le chef de l'Etat français en égratignant implicitement le choix allemand de renoncer complètement à l'énergie nucléaire d'ici à 2022. "L'émotivité, le manque de sang-froid, l'instantanéité du débat médiatique conduisent à prendre des décisions qui sont extraordinaires, a-t-il dit. On ne peut pas, parce qu'il y a eu un tsunami au Japon, considérer que l'on doit appliquer les mêmes règles dans des régions qui ne sont pas au bord de mer."
Il est rare de lire et entendre une telle quantité de connerie. Car, pour revenir à la décroissance, il a été démontrer qu'en sortant du nucléaire, les Allemands vont créer le double d'emplois que dans le nucléaire. Et en 2020, ils auront vingt ans d'avance sur nous. En se contentant, pour faire la soudure, de nous acheter notre électricité. Et l'autre guignol s'en vante.

Amicalement
Franz

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