L’ère de l’abondance est « finie », annonce un gourou clairvoyant de la finance

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24062011

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L’ère de l’abondance est « finie », annonce un gourou clairvoyant de la finance






"Il est temps de se réveiller : l'ère des ressources abondantes et de la baisse des prix est finie pour toujours." Tel est l'avertissement lancé par l’un des analystes financiers les plus respectés de la planète, Jeremy Grantham. A la tête du fonds d'investissement GMO de Boston, gestionnaire de plus de 100 milliards de dollars de capitaux, M. Grantham estime que la croissance de la demande mondiale de matières premières surpasse "à un rythme alarmant" la croissance de l'offre.


Un "changement de paradigme" est très probablement en train d'avoir lieu, "peut-être l'événement économique le plus important depuis la révolution industrielle", avance l'investisseur britannique, célèbre pour avoir anticipé la bulle internet et la bulle des subprimes.


Jeremy Grantham écrit dans la lettre trimestrielle de GMO parue en avril :


"La croissance de la population, la multiplication par dix de la richesse dans les pays développés, et l'actuelle croissance explosive dans les pays en développement ont rapidement entamé nos ressources finies en hydrocarbones, en métaux, en fertilisants, en terres arables et en eau."



La suite de l'argumentaire de M. Grantham tranche radicalement avec le discours attendu de la part d'un financier, aussi avisé et atypique soit-il :


"Le fait est qu'aucune croissance cumulée continue n'est soutenable. Si nous continuons désespérément à nous concentrer sur la croissance, nous allons nous retrouver à court de tout, y compris d'argent. Nous devons substituer la croissance qualitative à la croissance quantitative.

Mais Mme Marché est en train de nous aider, et en ce moment, elle nous envoie la mère de tous les signaux prix. Les prix de toutes les matières premières importantes, à part celui du pétrole, ont décru de 70 % en moyenne en cent ans, jusqu'en 2002. De 2002 à aujourd'hui, ce déclin a été entièrement effacé par une hausse des prix plus forte que celle qui a eu lieu au cours de la seconde guerre mondiale."



M. Grantham expose sa thèse :



"Statistiquement, les prix de la plupart des matières premières sont désormais tellement éloignés de leur tendance baissière antérieure, qu'il est très probable que cette tendance ancienne se soit modifiée ― qu'un changement de paradigme soit en cours ― peut-être l'événement économique le plus important depuis la révolution industrielle."



Pourquoi le pétrole fait-il exception dans la baisse tendancielle des prix des matières premières constatée jusqu'en 2002 ? Evoquant le spectre du 'peak oil’, Jeremy Grantham explique que, dans le cas du pétrole ("de loin la plus importante des matières premières"), le changement de paradigme qu'il décrit a débuté il y a longtemps déjà : en 1974, lors du premier choc pétrolier.



Rappelant l'expertise de GMO dans la prédiction des bulles spéculatives, Jeremy Grantham tente de montrer que, justement, la hausse du prix des matières premières depuis 2002 n'est en rien une bulle. Pour asseoir sa thèse, il met en avant les résultats d'un calcul de probabilité visant à déterminer si, oui ou non, les principales matières premières se trouvent encore fondamentalement sur leur tendance séculaire à la baisse visible jusqu'en 2002, et ce malgré la hausse constatée depuis.



Les résultats obtenus par GMO paraissent sans appel.



Le minerai de fer aurait, par exemple, une chance sur 2,2 millions de se situer encore sur la tendance baissière antérieure à 2002, le pétrole une chance sur 160, le nickel une chance sur 290, le blé une chance sur 120, le phosphate une chance sur 56, etc. Le gaz naturel fait partie des exceptions, sans doute à cause du boum des gaz de schiste, avec seulement une chance sur 2 :



Quelques grands titres de la presse financière internationale ont fait état de l'analyse radicale proposée par Jeremy Grantham et GMO. Mais bien peu se sont risqués à en faire la critique. Un blog du Financial Times se contente de qualifier cette analyse de "fascinante". Sur l'un des blog du Wall Street Journal, Alen Mattich juge avec prudence que Jeremy Grantham "a peut-être raison d'affirmer que la tendance au déclin relatif du prix des matières premières a ralenti, ou qu'elle s'est arrêtée. Mais dire que cette tendance s'est complètement renversée au cours de la dernière décennie, c'est, je pense, aller un peu loin."

http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/05/18/lere-de-labondance-est-finie-annonce-un-gourou-clairvoyant-de-la-finance/
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Message le Mer 29 Juin 2011 - 10:01 par brusyl

Ah country ! j'ai parlé d'un "combat" pas de charité !
Il n'y a aucune dimension de lutte dans les restos du coeur, juste boucher les trous d'un système qui produit de la misère . Ils sont parfaitement intégrés dans le système, il suffit de jeter un oeil sur le spectacle des enfoirés qui réunit tous les artistes de droite que la France compte !

En fait je crois que nous sommes d'accord sur le fond : la seule différence est que tu es dans une vision révolutionnaire uniquement marxiste, moi pas. Tout est bon à prendre ! et le jour où les communistes, les anti capitalistes, les anars, les alters, les décroissants, les écolos se décideront à réfléchir ensemble au lieu de prêcher pour leur chapelle, cela risque de faire un gros boum.

Les décroissants d'ailleurs sont un bon exemple d'une critique construite de la société moderne alliée à une modification personnelle des comportements : car ne pas consommer (individuel) est s'attaquer au coeur de la logique du marché

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Message le Mer 29 Juin 2011 - 5:50 par country skinner

Relis mieux... Tu réduis la question à l'efficacité du combat individuel, alors qu'il s'agit de la stérilité de tout combat (même et surtout individuel - par opposition au combat collectif) qui ne s'attaque qu'aux effets du marché et non au marché lui même. Le syndrome "restos du coeur" me semble particulièrement explicite, non ?

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Message le Mar 28 Juin 2011 - 22:53 par brusyl

un combat contre
les effets du marché sans remettre en cause le principe même du marché (...) s'il donne bonne conscience n'en est pas moins voué à
l'échec

Gare à toi ! tu commences à faire du arié dans le texte toi aussi !

comment cela "voué à" ? définitivement ? irréductiblement ? inutilité du combat individuel ? mais alors je serais plus anarchiste que toi ? plus royaliste que le roi ?
que fais-tu de l'effet domino ? ou de l'effet papillon ?
Crois-tu que les grandes ruptures historiques furent construites sur une analyse critique systémique de la société antérieure ? nan, elles furent propagées par de toutes petites minorités et des comportements individuels marginaux qui ont prouvé leur supériorité.
Tout comme d'ailleurs dans le domaine des sciences ou des idées, où les grandes avancées furent souvent marginales et déviantes par rapport à la fois à la pensée dominante mais aussi par rapport à la critique de celle-ci (qui en fait n'existe que par rapport à la pensée dominante) : Jésus, Gandhi, Mandela, De Gaulle, pour n'en citer que quelques uns

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Message le Mar 28 Juin 2011 - 21:09 par Mister Cyril

The Country is back?
Analyses de fond, prophétisme nihilo-marxiste, contrepèts foireuses...ouf ça devenait de plus en plus légaliste ici, lâche-toi ratounet

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Message le Mar 28 Juin 2011 - 5:47 par country skinner

Quelle serait alors l'utilité d'une résistance, d'un combat ?
Aucun déterminisme en l'occurrence, simplement qu'un combat (à plus forte raison "comportemental" individuel) contre les effets du marché sans remettre en cause le principe même du marché (coordination et controle collectif organisé de la production, plutôt que les initiatives individuelles des propriétaires des moyens de production) s'il donne bonne conscience n'en est pas moins voué à l'échec et au syndrome "restos du coeur" (ou encore à l'excellente blague sarkozyste de la "moralisation" du capitalisme)

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 22:18 par Donald11

brusyl a écrit:Quelle serait alors l'utilité d'une résistance, d'un combat ?
Excellente question ...
Pour qu'il y ait combat, il faut qu'il y ait lutte ... des classes peut etre ?

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 22:08 par brusyl

Volonté individuelle, radicalement incompatible avec la logique de marché.

Je finis par me demander quelle place prend la liberté de l'homme, le libre arbitre et finalement même la conscience dans ta conception.. le déterminisme du marché.. tout se résume à cela ?
Quelle serait alors l'utilité d'une résistance, d'un combat ?

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 21:22 par Invité

brusyl a écrit: la réalité économique c'est la pénurie et si on le veut vraiment, il y en aura assez pour tout le monde
lisez ceci : http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-d-un-systeme-ultra-liberal-au-service-d-une-minorite-de-nuisibles-61172323.html
Bonne méditation et saluts révolutionnaires !

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 20:46 par country skinner

si on le veut vraiment
Volonté individuelle, radicalement incompatible avec la logique de marché... Même si "on le veut vraiment", le marché ne veut pas d'une coordination et d'un controle organisé de la production, qui doit rester à l'initiative individuelle des propriétaires des moyens de production...
ta définition de la nouvelle théorie libérale, elle doit être toute toute nouvelle alors
Effectivement, Grantham (qui est loin d'être un gauchiste marxisant) vient juste de sortir sa théorie de la pénurie... cf l'article ci dessus...

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 16:54 par brusyl

la réalité économique c'est la pénurie, et il ne peut pas y en avoir assez pour tout le monde...

T'oublies les décroissants : la réalité économique c'est la pénurie et si on le veut vraiment, il y en aura assez pour tout le monde

pour revenir sur ta définition de la nouvelle théorie libérale, elle doit être toute toute nouvelle alors, car jusqu'en 2008, (je parle bien sûr de nos sociétés occidentales et non des pays "colonisés" qui ont toujours été maintenus volontairement dans la misère) le crédit était la baguette magique pour faire qu'il y en ait pour tout le monde

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 15:06 par Donald11

country skinner a écrit:Pour mémoire, en 2009, la FAO a annoncé que la barre du milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde avait été franchie, mais aussi qu'environ la moitié de la production alimentaire mondiale était jetée... Il n'est même plus nécessaire de recourir à la fable de l'allocation optimale par le marché tant les peuples sont conditionnés par le discours idéologique capitaliste. Il est temps de relire Marx (et ses épigones)
En ce qui concerne le nombre d'affames mondial, tous les maquisards sont au courant car je le rappelle environ tous les six mois. A ce propos, aucun candidat ne s'apesantit sur ce probleme certainement anecdotique. Et aucun candidat ne le prend en compte dans son programme. Il est vrai que nous ne sommes absolument pas concernes en France !!!
Concernant le gaspillage alimentaire, c'est un scandale (dit a la facon de notre defunt Marchais) !

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Message le Lun 27 Juin 2011 - 6:03 par country skinner

Théorie libérale : Une des lois (proclamées) fondamentales du capitalisme est que le fonctionnement libre du marché équilibre les demandes et les offres, et donc supprime toute pénurie par une allocation optimale des ressources et des moyens. Le développement économique basé sur l'accumulation du capital assure le développement social de tous. Marx raisonnait dans un contexte économique de pénurie, nous allons vivre dans une société capitaliste d'abondance.

Théorie marxiste : La logique même du marché génère en fait de la pénurie (alors même qu’il y a surproduction), mais une pénurie artificielle : les ressources existent, mais la demande satisfaite dans le cadre de la loi de l’offre et de la demande est uniquement la demande solvable au prix d’équilibre. Cette loi exclut ceux dont les ressources sont inférieures au prix d’équilibre, soit les plus faibles et les plus nombreux.

Nouvelle théorie libérale : Oubliez toutes ces conneries théoriques, la réalité économique c'est la pénurie, et il ne peut pas y en avoir assez pour tout le monde...

Pour mémoire, en 2009, la FAO a annoncé que la barre du milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde avait été franchie, mais aussi qu'environ la moitié de la production alimentaire mondiale était jetée... Il n'est même plus nécessaire de recourir à la fable de l'allocation optimale par le marché tant les peuples sont conditionnés par le discours idéologique capitaliste. Il est temps de relire Marx (et ses épigones)

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Message le Dim 26 Juin 2011 - 20:11 par brusyl

la principale critique de l'analyse économique marxiste par les tenants
du capitalisme comme mode indépassable de l'organisation sociale tient
en ce que tout le raisonnement de Marx repose sur la notion de pénurie

Hein ? tu peux m'expliquer ?
Si le raisonnement de Marx repose sur la notion de pénurie, ce n'est pas celle de matières premières mais celle de profit, de plus value.
Normal puisque le capitalisme c'est l'accumulation du capital.. l'accumulateur n'a jamais assez... non ?

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Message le Dim 26 Juin 2011 - 15:20 par Mister Cyril

Faudrais-tu parler de nationalisation des moyens de production et de planification...jeune chien fou va!!!

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Message le Dim 26 Juin 2011 - 13:59 par Donald11

Qui a dit : "droit dans le mur et en klaxonnant" ?

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Message le Dim 26 Juin 2011 - 8:40 par country skinner

Amusant, quant on sait que la principale critique de l'analyse économique marxiste par les tenants du capitalisme comme mode indépassable de l'organisation sociale tient en ce que tout le raisonnement de Marx repose sur la notion de pénurie, alors que nous sommes sensés être entrés dans une ère d'abondance depuis le XXe siècle.
Petite question chafouine : Qui va organiser le partage des ressources en fonction de leur disponibilité ? N'allez pas me répondre "ceux qui détiennent les moyens de production" juste pour me faire plaisir surtout ?

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