La police britannique demande au public de rapporter les opinions anti-gouvernement comme terrorisme

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03082011

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La police britannique demande au public de rapporter les opinions anti-gouvernement comme terrorisme





La police britannique demande au public de rapporter les opinions anti-gouvernement comme terrorisme


La police de Londres encourage les commerçants et le public à immédiatement rapporter aux autorités quiconque a des opinions anti-gouvernementale, comme étant terroristes; la police demande aux gens de devenir des indicateurs volontaires alors que l’état se prépare pour de sérieux et vastes troubles sociaux.
“Ceci fut la demande surprenante faite par la police de Londres (London Metropolitan Police) aux commerçants et aux membres du public la semaine dernière à Westminster”, rapport le London Guardian. “Il n’y a eu aucune alerte concernant d’autres groupes politiques, mais à côté d’une représentation de l’emblème anarchiste, le bureau de police de contre-terrorisme a appelé pour des lanceurs d’alerte anti-anarchiste déclarant: “L’anarchisme est une philosophie politique qui considère que l’État est indésirable, inutile et dangereux, en cela il promeut une société sans état, ou Anarchie. Toute information concernant des anarchistes devrait être rapportée à la police.”
En demandant aussi de rapporter la propagande d’Al Qaïda à la police, cette annonce amalgame les “anarchistes” avec des terroristes.
“Ceci implique de manière biaisée que quiconque impliqué dans l’anarchisme devrait être connu de la police et est engagé dans de dangereuses activités”, a dit Jason Sands, un anarchiste du sud de Londres. “Il n’y a absolument rien de criminel de manière inhérente à propos d’une philosophie politique quelle qu’elle soit. La police travaille sur la base de la convention des droits de l’Homme, qui interdit la discrimination contre des personnes à cause de leurs convictions politiques et la requête de délation serait en elle-même une violation de ce principe.”
Bien sûr, l’étiquette “anarchiste” pourrait s’appliquer à toute une série d’opinions politiques, mais le fait que l’État est maintenant en train de discriminer contre le sentiment anti-gouvernement et encourage les gens à dénoncer leurs voisins pour avoir exprimé un ressentiment ou pour avoir montré quelque signe que ce soit de leur philosophie politique est une indication très claire de la paranoïa totale dans laquelle le gouvernement britannique s’est enfoncé à propos de ses propres citoyens.
Ainsi que l’a déclaré l’anarchiste Sean Smith au Guardian: “c’est absurde, mais pas surprenant que l’état cherche à criminaliser des idées qu’il dénonce comme dangereuses pour sa propre survie.”
De fait, si vous voulez avoir une bonne idée de ce que pense le gouvernement britannique en ce qui concerne l’issue de la situation globale dans laquelle nous sommes, regardez le rapport du ministère de la défense en 2007 qui fît ces prévisions que “la classe moyenne va devenir révolutionnaire” et… “prendre le rôle du prolétariat tel que Marx l’envisionnait” et ce dans les trois prochaines décennies.
“Les classes moyennes du monde peuvent s’unifier, en utilisant une certaine accessibilité à la connaissance, aux ressources et à certaines techniques pour échaffauder des processus transnationaux dans l’intérêt de leur propre classe”, prévient le rapport; prédisant également des troubles sociaux et des insurrections tout autant qu’une dislocation sociale.
Voila pourquoi les autortités mettent déjà la pression sur quelque opinion politique que ce soit qui puisse être anti-gouvernement. Elles sont parfaitement au courant que le danger que représente la révolution post-industrielle utilisée maintenant pour éviscérer injustement la classe moyenne occidentale provoquera une réaction hostile et radicale.
Encourager les citoyens à se dénoncer les uns les autres pour leurs opinions politiques jugées indésirables par l’État est précisément ce qui se passa en URSS et dans l’Allemagne nazie.
Une erreur de jugement classique concernant l’Allemagne nazie fut que l’état policier fut seulement la création des autorités et que les citoyens n’en furent que les victimes. Au contraire, les dossiers de la Gestapo montrent que 80% de toutes les enquêtes de la Gestapo furent initialement provoquées par des dénonciations par des citoyens allemands ordinaires.
“Il y avait en fait peu de police secrète active, la plupart des agents ne faisaient que gérer les informations qui leur parvenaient. J’ai découvert un fait très choquant. Ce n’était pas la police secrète qui faisait toute cette surveillance de masse et se cachait à chaque coin de rue. C’était les citoyens allemands ordinaires qui donnaient des informations sur leurs voisins” écrivit Robert Gellately de l’Université de Floride.
Gellately découvrît que les gens qui donnaient des informations sur leurs voisins étaient essentiellement motivés par des facteurs insignifiants comme “la concupiscence, la jalousie et les petites différences entre les personnes” et pas du tout par une motivation réelle et particulière à propos du crime ou de l’insécurité.

Par Paul Joseph Watson
Url de l’article original: http://www.infowars.com/uk-police-tells-public-to-report-anti-government-beliefs-as-terrorism/
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brusyl
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La police britannique demande au public de rapporter les opinions anti-gouvernement comme terrorisme :: Commentaires

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Message le Lun 22 Oct 2012 - 12:45 par Donald11

J'ai même cru comprendre que, en Grèce, y'avait plus de gréves qu'en France, surtout a Athènes ...!!! Mais chut ! Faut pas l’ébruiter. Une étiquette d'anar est si vite collée ...

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Message le Dim 21 Oct 2012 - 15:23 par Mister Cyril

country skinner a écrit:Je crois même que les paroles exactes sont : Y'en a pas un sur cent...

Exact sorry le gardien du temple...et je crois même que le second couplet parle d'Espagne et de couteaux dans le dos non? moua moua sorry compeneros!

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Message le Dim 21 Oct 2012 - 12:43 par country skinner

Je crois même que les paroles exactes sont : Y'en a pas un sur cent...

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Message le Dim 21 Oct 2012 - 11:16 par Mister Cyril

country skinner a écrit:Et pour que ca change... ils vont voter travailliste...
Les espagnols, dans la même situation, on élu un gouvernement de droite...

"Ils ont voté... et puis après" (Léo Ferré)

Hé tu prêches un converti (sur ce point) mon anar des alpes, tu le sais bien...il y en a qu'un sur cent et pourtant...

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Message le Dim 21 Oct 2012 - 8:39 par country skinner

Et pour que ca change... ils vont voter travailliste...
Les espagnols, dans la même situation, on élu un gouvernement de droite...

"Ils ont voté... et puis après" (Léo Ferré)

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Message le Sam 20 Oct 2012 - 16:45 par Mister Cyril

Bien sûr cela n'ouvre à aucun débat de fond, mais simple piqure de rappel pour ceux qui prétendent qu'il n'y a qu'en France que ça gueule...et chez les PIIGS mais ça compte pas!

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Message le Sam 20 Oct 2012 - 16:43 par Mister Cyril

Au moment où la Grande-Bretagne glisse dans la récession, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi 20 octobre dans le centre de Londres pour protester contre la politique d'austérité du gouvernement, dénoncée aussi par des manifestants en Ecosse et en Irlande du Nord.
De multiples professions, pompiers, infirmières ou encore enseignants, aux côtés de nombreux jeunes sans-emploi , de militants et de représentants de l'opposition, ont défilé bruyamment dans les rues au son de sifflets. Certains s'étaient munis de gros ballons multicolores, d'autres brandissaient des panneaux d'interdiction de stationner avec la mention "Non aux coupes". "Dehors les Tories", proclamaient d'autres banderoles à l'adresse du gouvernement du conservateur David Cameron. Plus de 250 cars avaient été affrétés pour amener les manifestants à Londres. Deux manifestations ont également eu lieu dans les rues de Belfast (Irlande du Nord) et de Glasgow (Ecosse).

Depuis son arrivée au pouvoir , le gouvernement britannique a présenté trois budgets d'austérité consécutifs, faisant de l'assainissement des finances publiques sa priorité. Malgré sa chute dans les sondages face aux travaillistes et le fait que l'économie britannique soit retombée en récession, le premier ministre a annoncé début octobre un nouveau tour de vis budgétaire, avec de nouvelles coupes draconiennes de 10 milliards de livres , soit 12 milliards d'euros, dans les dépenses sociales.

"LA POLITIQUE D'AUSTÉRITÉ EST UN ÉCHEC"

Le secrétaire général de la confédération syndicale TUC, Brendan Barber , s'est félicité de cette mobilisation qui envoie "un message très fort, celui que la politique d'austérité est un échec". Les syndicats, qui disaient espérer rassembler "des dizaines de milliers de manifestants" avant la manifestation, n'ont toutefois pas fourni d'estimation précise du nombre de personnes rassemblées. La police n'a, elle non plus, pas communiqué de chiffres.

Un manifestant contre l'austérité, à Londres, le 20 octobre. | AFP/CARL COURT
"Nous sommes ici pour représenter les millions de personnes qui n'ont pas la parole", a souligné Dave Prentis , dirigeant d'Unison, le plus grand syndicat de salariés du secteur public. "La barque est pleine". "Le fait qu'il y ait des centaines et des centaines de personnes qui défilent aujourd'hui (...) est un bon indicateur du fait qu'il y a un grand pourcentage de gens dans ce pays qui sont fondamentalement contre les coupes, toutes les coupes", a renchéri Ben, 21 ans, dans le cortège. "Cela montre qu'il y a une résistance", a ajouté Shereena, une jeune manifestante de 17 ans. "Le gouvernement va avoir peur de voir qu'il y a tellement de gens qui s'opposent à lui".

Le chef de file des travaillistes, Ed Miliband, devait prendre la parole un peu plus tard lors d'un rassemblement à Hyde Park, un grand parc du centre de Londres, de même que plusieurs dirigeants syndicaux qui devaient appeler à l'organisation le plus rapidement possible d'une grève générale. "Aujourd'hui, Ed Miliband a pris la tête d'une manifestation demandant de revenir sur la moindre des coupes budgétaires dont nous avons besoin pour venir à bout des déficits", a contre-attaqué le premier ministre sur Twitter .

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 17:12 par Donald11

Mister Cyril a écrit:Bein comme quoi il n'y a pas que le monde de l'entreprise...puisque le projet est le mot le plus employé dans la pédagogie officielle de l'EN et à très grande échelle...je te passe les détails perso je suis vacciné contre ce mot et pas adepte du suicide professionnel (en tout cas pas pour moi )

Bizz mon canard moldave!
Pffffff ! Faut tout qu'il ramène à l'éducation le Poussinet !
Meuh non, je blague ! La pédagogie par le projet, et nos ancêtres les Gaulois n'ont plus rien à craindre, surtout vu d'Afrique noire !
Mister Cyril a écrit:Augure dans sa grande sagesse vous rejoue poliment la poule et l'oeuf...
Sauf que, s'il n'y avait eu ni poule, ni oeuf, il n'y aurait pas eu de Poussinet !!!

Bizz mon Poussinet du 9-2 !!!

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 12:31 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:J'ai beaucoup apprécie le récit de Pierre et sa façon d'amener petit a peu sa pensée vers un cas concret ... Merci a toi Pierre.
Projets et processus se sont immisces dans les dernieres annees de ma vie professionnelle sans qu'on y prenne garde, dialectique répétée en boucle et assenée par une hiérarchie frileuse et aux ordres. S'en est suivie une vaguelette de suicides, sans que l'on puisse relier les unes a l'autre, sans que personne même ne cherche la moindre explication, sauf a émettre l'idée d'une fragilité du sujet au suicide. Les seules poches de résistance étaient composées essentiellement des travailleurs les plus anciens, plus fortement syndiques, plus solidaires aussi, ayant échappe pendant assez longtemps au culte du projet ...

N'est-il pas venu le temps de se poser les bonnes questions ? Enfin a condition d'avoir envie d'y répondre !

Droit dans le mur ....

Bein comme quoi il n'y a pas que le monde de l'entreprise...puisque le projet est le mot le plus employé dans la pédagogie officielle de l'EN et à très grande échelle...je te passe les détails perso je suis vacciné contre ce mot et pas adepte du suicide professionnel (en tout cas pas pour moi )

Bizz mon canard moldave!

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 12:06 par Invité

@Brusyl...

Je te fais remarquer que je n'ai pas dit que ce livre m'avait laissé un goût d'inachevé, mais j'ai clairement laissé entendre que c'était ce qu'en avait dit les critiques (ou autres "analystes" de l'ouvrage). Tu dois quand même bien imaginer que si je dis que cela fait parti de ce que fonde ma réflexion... c'est bien parce qu'au contraire, non seulement il est achevé, mais de surcroit, le questionnement qu'il suscite (tout du moins en ce qui me concerne) est essentiel .

En tout cas je te remercie de l'avoir lu. Je te rejoins pleinement quand tu dis que la femme de Philippe est le seul personnage humain et honnête du roman, et là encore cela soulève bien des questions. Je te remercie également pour le lien, n'ayant plus le livre sous la main cela pourra m'être utile en me permettant de le relire... presque 30 ans après... et de mesurer mon propre cheminement. J'ajouterai, que je l'ai lu à l'origine, dans une collection présentant exclusivement des ouvrages d'académiciens, avec une importante préface et une postface non moins importante, extrêmement critiques de l’œuvre, qui n'ont pas manqué de m'obliger à considérer également la nature des critiques et leurs postulats de manière très enrichissantes.

@Donald

Merci à toi, d'étayer mon propos par ton témoignage, poignant, et si douloureusement porteur de cette déshumanisation rampante de notre société.

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Message le Sam 3 Déc 2011 - 13:11 par brusyl

J'ai un peu tardé à te répondre Augure, car j'ai voulu lire 'ni ange ni bête » avant de le faire : nous en avions parlé déjà lors d'une conversation sur le chat et tu en reparles encore ici : je me suis dit qu'il fallait que je découvre ce livre qui t'a tant troublé !
Et bien, je l'ai lu, presque d'une traite et j'ai adoré !
Cela commence comme du Flaubert, de Madame Bovary ou de Bouvard et Pécuchet, petite chronique de la vie provinciale du XIX°et fable sociale féroce sur la mesquinerie des rapports humains et sociaux. C'est la première partie.

la seconde, est une satire tout aussi féroce des comportements politiques : l'utopique, le dogmatique, le réaliste, le cynique, le traitre...
On peut en faire aussi un lecture féministe très intéressante et réjouissante : Je vais me faire tuer en ces lieux mais là aussi j'ai trouvé cela très finement croqué : la description du personnage principal, Philippe rassemble à lui seul les caractère anthropologique de l'égoïsme masculin, de son arrogance inconsciente dans ses rapports avec sa femme ,la seule personne profondément intelligente et humaine car elle seule dans ce livre, vit concrètement et au quotidien les idées de son mari. Philippe, lui, qui est monté à Paris pour "vivre la révolution "va passer la nuit du 25 février à faire parvenir un message de Lamartine à sa femme : "donne-moi du chocolat" et qui finalement doit s'enfuir pour avoir provoqué sans le vouloir, simple jouet des circonstances, une ridicule émeute dans son village
La troisième partie, c'est la révolution de 1848 que j'ai rarement vue décrite avec une telle acuité et vivacité : comment les monarchistes et les bourgeois se rallient, par opportunisme ou par lâcheté à l'idée républicaine puis comment la « normalité » reprend ses droits et les médiocres l'avantage dans la répression : "Alors, ceux qui avaient eu peur sortirent de leurs abris et réclamèrent des victimes. "

Tu dis que ce livre t'a mis mal à l'aise car il t'a semblé inachevé... mais, si, il est achevé et la morale de cette histoire, c'est l'archéologue, le « sage » de la fable qui la donne :
"rien n’est jamais si beau ni si triste qu’on l’aurait cru "
Et retourne à l'étude de ses pierres, comme Candide après avoir parcouru le monde revient cultiver son jardin.

Voilà mes impressions sur ce livre. Je m'arrête là pour le moment, je reviendrai plus tard sur le reste de ton commentaire. Tu commençais pas citer ce livre, il m'a donc semblé indispensable, si je voulais comprendre le cheminement de ta pensée de prendre le même chemin que toi et donc de faire connaissance avec ce livre qui avait inspiré ta réflexion.

Pour faire une transition entre « ange et bête » et le sujet de ce fil, je citerai cette parole du « sage » du livre :
"La violence ne met fin à rien du tout ; si elle est nécessaire pour détruire un régime, c’est que ce régime était encore vivant, et dès lors il renaîtra. Pour qu’une révolution soit utile, il faut qu’elle se borne à sanctionner une évolution déjà accomplie et dans ce cas elle n’a pas besoin de la violence. On ne peut détruire que ce qui est détruit."

Ah j'oubliais : pour ceux qui voudraient lire ce livre, c'est libre ici : http://fr.wikisource.org/wiki/Ni_ange,_ni_b%C3%AAte

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Message le Sam 3 Déc 2011 - 9:48 par Donald11

J'ai beaucoup apprécie le récit de Pierre et sa façon d'amener petit a peu sa pensée vers un cas concret ... Merci a toi Pierre.
Projets et processus se sont immisces dans les dernieres annees de ma vie professionnelle sans qu'on y prenne garde, dialectique répétée en boucle et assenée par une hiérarchie frileuse et aux ordres. S'en est suivie une vaguelette de suicides, sans que l'on puisse relier les unes a l'autre, sans que personne même ne cherche la moindre explication, sauf a émettre l'idée d'une fragilité du sujet au suicide. Les seules poches de résistance étaient composées essentiellement des travailleurs les plus anciens, plus fortement syndiques, plus solidaires aussi, ayant échappe pendant assez longtemps au culte du projet ...

N'est-il pas venu le temps de se poser les bonnes questions ? Enfin a condition d'avoir envie d'y répondre !

Droit dans le mur ....

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Message le Ven 2 Déc 2011 - 22:12 par Mister Cyril

"Selon ma compréhension, je vois d'un coté, Country, qui semble dire que le sens doit précéder l'action, et que si le sens ne précéde pas l'action, l'action ne peut déterminer, en soi, l'existence du sens... d'un autre, Brusyl, qui semble dire que le sens découle de l'action et que c'est la résultante des actions qui déterminera la réelle nature du sens de l'action initiale.

Et si vous aviez raison tous les deux ? "

Et si vous aviez tort, tous les 2? (boutade)

Augure dans sa grande sagesse vous rejoue poliment la poule et l'oeuf...

Pour ma part je pense plutôt qu'un bon préalable idéologique et politique est nécessaire pour qu'un combat ne vienne pas grossir la longue liste des luttes perdues, des révolutions confisquées, des idéaux trahis...mais force est de constater que ce pré-requis doit être relativisé pour ne pas finir dans un groupuscule anarcho-trosko-coco-libertaire où les divergences existent même à 3! (le pur, le déviant et le contre-révolutionnaire).
De plus nous vivons une pèriode où le temps historique connait une accélération sans précédent, où les cartes sociales classiques sont plus que brouillées (même si je perçois toujours de forts antagonismes de classes et si ces dernières ont vu leur nombre ou leur ligne se déplacer)...Aujourd'hui je ne rejette plus aucun moyen, centralisme syndical, horizontalité des indignés, prolétariat et classes moyennes qui participent consciemment ou non à la chute définitive de ce système du moment qu'il y a une conscience révolutionnaire pour changer tous les paradigmes de la "dogta" et non un simple dépoussiérage voire une réanimation de la bête! Bref sommes-nous d'accord sur la finalité même si les moyens peuvent être multiples?
Dans cette optique, et privilégiant d'abord -hélas- un écroulement naturel du système, je privilégie dans mon modeste militantisme, la priorité à l'érosion des freins idéologiques qui culpabilisent et paralysent encore trop de citoyens indignés mais pas révoltés. Et le frein à disque est sans conteste cette formidable énergie qui est gaspillée dans des joutes électorales écrites d'avance ou du moins circonscrit dans un cercle idéologique trop restreint pour être qualifié de démocratique. Le salut ne peut plus venir (jamais?) des urnes qui sont devenues le maillon le plus élaboré de la servitude volontaire...d'autres moyens de débats politiques se mettent en place mais ne pourront déboucher sur un changement radical de système sans se munir d'armes idéologiques dépassant le simple cadre de remplacement du calife (France , Italie...ou Egypte) et d'armes politiques pour contraintre les profiteurs de rendre leurs biens (et là il faudrait pas ignorer les "leçons" de l'Histoire et les dialectiques dites poussiéreuses)...

Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Bizz à vous 3...et autres!

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Message le Ven 2 Déc 2011 - 19:49 par Invité

Chers Country et Brusyl, je ne saurai trop dire à quel point j'apprécie vos joutes oratoires, qui ne manquent pas d'arguments, de références érudites et d'un enrichissement certain pour le lecteur attentionné. S'il est vrai que je n'y participe pas, il n'en est pas moins vrai que le plus souvent je vous lis.

Pour ma part, bien que n'ayant pas votre érudition, j'ai trouvé en marge, quelques textes qui ont participé aux fondements de ma réflexion. Il en est un, que j'ai lu il y a maintenant de nombreuses années, qui s'appelle "Ni ange, Ni bête" d'André Maurois, paru en 1919 et que vous connaissez peut être. Cet ouvrage est souvent considéré comme "manqué", et nombre de critiques disent, pour le moins, que l'on reste sur sa faim. Il est vrai qu'en refermant le livre, mon sentiment associait circonspection et dubitativité.

La question devint donc : Pourquoi ? Pourquoi étais-je interloqué à ce point, pourquoi cette sensation dans le ventre, comme si quelque chose était là, évident, important, que je ne soupçonnais pas... pourquoi n'y avait-il pas cet élan, que l'on attend le plus souvent de ses lectures, et quel était la nature de l'élan attendu ? Pourquoi cette aigreur sourde qui semblait poindre, comme une alerte, me disant "attention !" ?

Pas de héros, pas de cause définitive, pas de personnage dominant, charismatique ou prégnant. Une tentation, appartenant à ma culture, à mon éducation, et des réalités, si loin de l'idéal, si loin de la beauté, de la grandeur de la cause que l'on voudrait épouser et aussi si proches de ce que j'avais côtoyé, dans une autre mesure, dans un autre contexte.

Tous ces personnages avaient raison... et... toutes ces personnes avaient tort... comment cela était-il possible ? La cause, l'idéal, sont ils porteurs de leur propre contradiction ? Est ce que l'idéal, induit nécessairement son impossibilité par une sorte de neutralisation digne de la physique élémentaire, toute action générant de fait, une réaction de force égale et de sens opposé ? Et pour finir.. une évidence... est ce que la réalité ne se conceptualise qu'à postériori, et de manière moins évidente, est ce que la réaction humaine, au contraire de la physique, présuppose la connaissance de l'existence de l'action ?

On peut toujours trouver des sens à tout. On peut réfléchir, induire, extraire, déduire, il n'en reste pas moins, que la réalité n'est qu'une interprétation, et que l'observateur, n'a pas un regard neutre. L'intention fonde le regard, l'éducation forge le support. Mais pour autant de personnes, il existe autant de supports... et en partant de supports différents, avec une intention identique, ce qui en résulte peut être résolument antagoniste. Sans faire abstraction, bien entendu, que l'intention que l'on se prête, n'est pas toujours celle que l'on a, ce qui peut être source de bien des erreurs et désillusions.

Alors pourquoi je prends le temps de m'immiscer dans votre échange ?

Selon ma compréhension, je vois d'un coté, Country, qui semble dire que le sens doit précéder l'action, et que si le sens ne précéde pas l'action, l'action ne peut déterminer, en soi, l'existence du sens... d'un autre, Brusyl, qui semble dire que le sens découle de l'action et que c'est la résultante des actions qui déterminera la réelle nature du sens de l'action initiale.

Et si vous aviez raison tous les deux ?

Il est évident, que l'action ne suffit pas en soi pour déterminer le sens, mais il n'est pas moins évident qu'un sens peut apparaitre à postériori de l'action, ce qui renvoie (entre autre) à la notion de conceptualisation à postériori de la réalité...

Country dit :

Une révolution est un projet,

Brusyl répond :

Non, je ne crois pas... la révolution est d'abord un rejet.

Étrangement, cela rejoint une discussion que j'avais récemment. Comme d'autres, je soulignais que partout dans le monde, les peuples réagissent, qu'il n'y a pas un jour, où il n'y a pas confrontation entre des groupes populaires et des forces de l'ordre (voir ici pour s'en convaincre), et l'on me répondait, "oui, mais il n'y a pas de mots d'ordre, pas de sens, pas d'objectif commun, cela ne mène à rien"

Oui... pas de sens revendiqué, c'est évident, "pas d'objectif commun" (ah oui ?) c'est à démontrer, "cela ne mène à rien" c'est vite dit... puisque le futur n'est pas encore advenu...

Donc il n'y aurait pas d'objectif commun... mais comment détermine-t-on l'existence et la nature d'un objectif ? Faut-il déposer une annonce légale ?

Est ce que toutes ces émeutes, ces manifestations, ces revendications n'ont pas qu'un seul et même moteur... le rejet de la situation propre à chacun ? La non acceptation du fardeau imposé par un contexte dont nous ne reconnaissons plus/pas la validité ?

Partant de là, est ce que ce qui nous unis n'est pas ce dont nous ne voulons pas ?

"On ne peut pas construire une révolution sur ce qu'on ne veut pas !!!! il faut un mot d'ordre !" m'a-t-on rétorqué...

Et pourquoi donc, le mot d'ordre ne pourrait il pas être ce que nous ne voulons pas ? Tout n'est jamais question que de formulation... Et n'est ce pas là une possibilité offerte, de passer du rejet au projet ?

Nous ne voulons pas faire la guerre.
Nous ne voulons pas mourir de faim.
Nous ne voulons pas nous empoisonner en respirant, en mangeant, en buvant.
Nous ne voulons pas être contraint à dormir dehors, ni ne pas avoir de domicile décent.
Nous ne voulons pas vivre sur l'exploitation des autres.
Nous ne voulons pas mourir au travail.

(etc... liste à construire et à formuler avec attention)

Cela peut se traduire par : Nous exigeons de nos gouvernements qu'ils mettent en œuvre une politique pacifique qui permettent que personne ne meure de faim, que tout le monde ait un domicile décent, que l'activité humaine ne génère aucune pollution préjudiciable à l'humain et à son environnement et que chacun puisse travailler dans des conditions de sécurité et profiter d'une retraite bien méritée à un âge adapté .

Cela peut paraitre caricatural... d'autant que la réflexion n'étant pas aboutie, la reformulation n'a que pour objet de servir la demonstration par l'exemple, mais cela me semble poser une évidence, qui est à mes yeux fondamentale et que j'illustrerai dans le langage de cette jeunesse, dite en errance, dont nous parle François Chobeaux dans "les nomades du vide", au travers d'un propos sorti d'une conversation avec l'un de ces nomades, grec en l'occurence, que j'ai croisé cet été :

"La première des choses : Savoir que babylone existe, si on ne sait pas que babylone existe, on ne peut rien faire."

Cela rejoint l'hypothèse que j'émettais précédemment :

"est ce que la réaction humaine, au contraire de la physique, présuppose la connaissance de l'existence de l'action ? "

Cela rejoint également ce que beaucoup ont pu dire, et notamment Franck Lepage : "les mots déterminent la réalité." et qui dans notre conversation se rapproche de :

"Deuxième chose, savoir que babylone est babylone."

Ce qui veut dire, qu'il ne faut pas confondre la cause de l'effet et qu'il convient également de différencier l'objet du reflet...

"troisième chose : Savoir qu'il n'est pas possible de lutter contre babylone"

Dans l'esprit de mon interlocuteur cela voulait dire que les moyens de babylone sont incommensurables et que l'action individuelle ne peut s'y opposer en tant que telle, ce serait comme nager à contre courant d'un tsunami...

"Quatrième chose : renoncer à babylone."

Parce que babylone n'existe qu'au travers de nous et qu'avant toute chose, ce qui fait babylone, c'est nous.

Or dire... "nous ne voulons pas", c'est déjà renoncer à babylone...

Si partout sur la planète les peuples n'en peuvent plus, si dans la plupart des pays du monde, la société civile connait des saubresauts de plus en plus violents, n'est il pas temps d’œuvrer à mettre en évidence ce qui nous unit plutôt que de créer de nouvelles lignes de ruptures ? Dans l'état actuel des choses, il me parait impossible de présenter un projet politique unifiant les composantes populaires. A peine un projet est il esquissé que les contradictions pleuvent pour le contredire, le discréditer, pour en montrer les failles, pour juger de ses limites et/ou pour proposer d'autres projets (dont chacun se réclame détenteur)...

Mais comment peut on s'opposer à un "non projet" ? Personne n'est détenteur d'un "non projet", et comme il n'est pas construit en tant que tel, il est malaisé d'opposer des arguments contradictoires... à l'affirmation "nous ne voulons plus mourir de faim", il est difficile de justifier que si nous le voulons ... et même avec toute la science rhétorique du monde...

Donc si nous disons "nous ne voulons pas mourir de faim" et que le gouvernement répond "on fait ce qu'on peut, nous non plus on ne veut pas que vous mourriez de faim"... il sera aisé de rétorquer... "on s'en fout que tu fais ce que tu peux, on s'en fous que tu compatis, donne nous à manger même si tu dois partager ce que tu as dans ton assiette pour cela !"

L'intention ne serait donc pas de promouvoir une idée, mais au contraire de créer une synergie autour du refus afin de créer l'unité nécessaire à la construction ultérieure d'un projet, d'autant que le projet va très probablement s'énoncer par lui même au travers des refus... et il me parait très clairement possible de bâtir une stratégie pour y parvenir (j'ai d'ailleurs quelques pistes que je pourrais vous soumettre si cela vous intéresse).

Pour conclure, je remercie de leur patience ceux/celles qui auront eu la gentillesse de me lire et je finirai sur une anecdote tirée d'une des conférences gesticulées de Franck Lepage...

Savez vous, il y a trente ans, quel était le mot le plus employé dans les livres de management ?

"le mot hiérarchie"...

Savez vous quel est aujourd'hui le mot le plus employé dans ces mêmes livres ?

"le mot projet"...

Projet, est donc devenu un mot... de droite... que l'on met à toutes les sauces, au sein de l'entreprise, on peut se battre contre sa hiérarchie, mais comment se battre contre quelqu'un qui a un projet ?

Et pour l'illustrer, on demande aux jeunes aujourd'hui quel est leur projet de vie, vivre ne suffit pas... en cellule de reclassement suite à un licenciement on demande à l'ouvrier d'établir "son projet" ... "euh retrouver du boulot m'dame" non ça ce n'est pas un projet. Déterminez le projet, les étapes pour y parvenir, les moyens que vous allez utiliser etc etc.. "bin retrouver du boulot m"dame" "mais quel emploi dans quel secteur d'activité avec quel moyen de recherche" ? "Bin j'en sais rien moi, j'prends n'importe quel travail ce qui faut c'est que j'ai un travail ..." "ok donc toi tu iras voir Paul il s'occupera de toi, t’inquiète, ça va bien se passer."

Hoplé...

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Message le Jeu 1 Déc 2011 - 18:51 par brusyl

Effectivement. Et donc ? La "révolution" a eu lieu ? Y a-t-il même lieu de parler d'insurrection ?
Et Voire de situation pré-insurrectionnelle pour les esprits les plus optimistes ? (Pour mémoire, Grèce et Italie désormais gouvernées par les banquiers, Espagne qui continue à s'illusionner en pratiquant l'alternance parlementaire, indignés US alimentant le folklore contestataire...)


Et qui sait? Penses tu vraiment que nous qui vivons cela au jour le jour puissions lire à livre ouvert ce qui se passe ? L'avenir seul le dira.. crois-tu que les parisiens le 14 juillet 1789, lorsqu'ils prirent la bastille eurent conscience de créer de toute pièces un événement qui serait ensuite célébré comme la naissance de la république ? Moi tout ce que je constate, c'est que des mouvements de protestation sont en train de s'organiser et de se répandre partout dans le monde...et qu'ils se manifestent de plus en plus fort , de plus en plus violemment et de plus en plus nombreux. Ce que je constate est que le pouvoir politique qu'il soit national ou européen ou international est de plus en plus contesté dans sa légitimité et qu'il y a désormais une contestation intellectuelle construite et de plus en plus majoritaire qui se diffuse. reviens en arrière de 10ans, tout cela n'existait pas, nous étions dans le triomphe idéologique de la mondialisation heureuse et personne n'osait ouvertement remettre en cause le système.

Une révolution est un projet, une insurrection au mieux un bon début...

Non, je ne crois pas... la révolution est d'abord un rejet. Si on compare à nouveau avec 1789, les Lumières n'étaient pas révolutionnaires, ils étaient réformiste : leur ambition ? Transformer la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle point barre. Aucun n'était républicain à part peut-être Rousseau mais très marginalisé.C'est sur les décombres du système détruit, sur les trahisons successives du pouvoir royal et de la noblesse que le projet s'est construit.


Un thème qui serait intéressant à développer (mais pas le temps dans l'immédiat) : Une classe qui s'organise (même mondialement) pour défendre ses intérêts économiques est elle forcément révolutionnaire ? Sous l'angle du prolétariat, ca se traduirait par la question : Le syndicalisme (corporatisme économique) est il révolutionnaire (Aaah ce vieux débat trotsko-anarchiste). Sous l'angle des dominants, les 1% ont ils réussi une révolution (intéressant non ?). Et la classe moyenne indignée (et rassemblée sur le net) est elle révolutionnaire ?


Dommage que tu n'aies pas le temps de répondre car je me pose la même question... en plus large : une révolution est-elle nécessaire au changement politique et social ?
Non si tu regardes l'histoire... la décomposition d'un système existant, sa dislocation comme le dit l'article est un très bon moteur à lui tout seul : l'exemple de l'empire romain est assez probant en ce sens. Et il me semble que nous en sommes là : un avion sans pilote qui navigue sans direction, et qui au lieu de chercher à redresser le cap ne se soucie plus que de protéger les quelques lingots d'or que certains passagers ont avec eux...
Oui, le 1% dominant a réussi la révolution conservatrice de supprimer dans les faits et dans les têtes les acquis sociaux gagnés par les salariés lors des deux siècles précédents, ils ont réussi à reconstituer le système de castes sociales de naissance d'il y a trois siècles, l'aristocratie.
Mais ce 1% a une arme redoutable dont le peuple ne dispose pas : l'argent, c'est à dire le pouvoir de satisfaire la cupidité humaine et de corrompre : d'acheter des intellectuels qui vont justifier leur pouvoir et promettre des lendemains qui chantent pour tous, de soumettre les politiques à leur intérêts et même de distribuer quelques miettes aux peuples pour qu'ils se tiennent tranquilles.
Le peuple lui n'a qu'une arme, son nombre, à condition de se sortir de cette sidération dans laquelle le maintient le discours dominant.

Mais des questions j'en ai plein d'autres !
En vrac :

Pourquoi vouloir absolument vouloir reproduire la révolution léniniste ? C'est à dire structurée idéologiquement, conduite par des leaders et qui se passe sur un laps de temps assez court ? (les léninistes ou trotskystes n'étaient pas en 1917 majoritaires, ils étaient même très marginaux au début de la révolution, la majorité était menchevik c'est à dire social-démocrate et d'autre part on peut imaginer que sans un concours de circonstance, la guerre notamment ,la révolution aurait échoué)
Il me semble que raisonner uniquement dans ce cadre, le seul présenté comme la « vraie révolution » revient à se condamner à rester minoritaire et donc qu'il n'y ait jamais de révolution.
Non il n'est pas nécessaire d'être marxiste pour être révolutionnaire.

Mais soit, entrons dans l'analyse marxiste révolutionnaire …

Elle doit être conduite par le prolétariat, bien ..questions :

- qu'est ce que le prolétariat aujourd'hui dans notre société occidentale désindustrialisée ? Les schémas marxistes du XIX° reproduisent-ils encore notre structure sociale? Les fonctionnaires, les petits employés c'est quoi ?
Seuls 30 % des salariés sont maintenant ouvriers.
Seuls 40 % des ouvriers se définissent comme classe populaire, les autres se disent classe moyenne.
- Comment se définit la classe moyenne ?

(Les grands oubliés du marxisme furent les paysans (et les femmes), et ils furent même considérés comme l'ennemi du prolétariat (ce qui explique pourquoi la révolution russe se muta si rapidement en système totalitaire) les grands oubliés de l'extrême gauche actuelle, de leurs syndicats sont les marginaux, les sans emplois, les sans-statut,les jeunes, les vieux ...on les classe où ceux-là ?
- Moins de 10% de la population fait du système une analyse marxiste, quid des 89 autres (j'enlève le 1% qui possède 40 % des richesses mondiales) qui ne reviendront jamais à l'analyse marxiste à cause de l'horreur soviétique ? Ceux qui sont anti système mais non marxistes et ils sont de plus en plus nombreux (les écolos radicaux, les décroissants, les auto-gestionnaires, les communautaires, les anti mondialistes) : les communistes peuvent faire la révolution avec eux ou pas ? (si tu me dis : « oui et puis après on les élimine » je ne crois pas que je penserai que tu plaisantes !)

Si tu ou si vous avez le temps de répondre....

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Message le Jeu 1 Déc 2011 - 11:21 par country skinner

Brusyl a écrit:C'est à peu près ce qui s'est passé depuis non ?
Effectivement. Et donc ? La "révolution" a eu lieu ? Y a-t-il même lieu de parler d'insurrection ? Voire de situation pré-insurrectionnelle pour les esprits les plus optimistes ? (Pour mémoire, Grèce et Italie désormais gouvernées par les banquiers, Espagne qui continue à s'illusionner en pratiquant l'alternance parlementaire, indignés US alimentant le folklore contestataire...)
Une révolution est un projet, une insurrection au mieux un bon début...
Un thème qui serait intéressant à développer (mais pas le temps dans l'immédiat) : Une classe qui s'organise (même mondialement) pour défendre ses intérêts économiques est elle forcément révolutionnaire ? Sous l'angle du prolétariat, ca se traduirait par la question : Le syndicalisme (corporatisme économique) est il révolutionnaire (Aaah ce vieux débat trotsko-anarchiste). Sous l'angle des dominants, les 1% ont ils réussi une révolution (intéressant non ?). Et la classe moyenne indignée (et rassemblée sur le net) est elle révolutionnaire ?

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Message le Mer 30 Nov 2011 - 21:08 par brusyl

Damned ! Nous autres anars allons nous être traqués comme des rats ?

Ah bah tu pourras aller leur porter des oranges car j'ai du poster cet article en juillet ou en aout dernier .

Pas tout compris de la suite de ton commentaire mais, quand l'article (traduit d'un journal anglais) dit ceci :
“Les classes moyennes du monde peuvent s’unifier, en utilisant une certaine accessibilité à la connaissance, aux ressources et à certaines techniques pour échaffauder des processus transnationaux dans l’intérêt de leur propre classe”, prévient le rapport; prédisant également des troubles sociaux et des insurrections tout autant qu’une dislocation sociale.

C'est à peu près ce qui s'est passé depuis non ? (OWS, uncuts, occupy london)

Et selon un article du Telegraph d'il y a deux jours, les prévisions continuent de pire en pire :


28/11/2011 – 08h00
LONDRES (NOVOpress) — The Telegraph a publié hier des informations inquiétantes concernant l’opinion sur l’euro des milieux dirigeants britanniques.

Alors que l’Italie et l’Espagne sont en grande difficulté avec leur dette, des ministres britanniques croient que l’effondrement de l’euro est de plus en plus plausible.

Les diplomates se préparent à aider les Britanniques à l’étranger dans l’éventualité d’un effondrement bancaire et d’émeutes liées à la crise de la dette. Le Trésor, a d’ailleurs confirmé plus tôt ce mois-ci que la planification pour l’éventualité d’un effondrement est actuellement en cours. Un ministre important a révélé l’ampleur de la préoccupation du gouvernement affirmant que la Grande-Bretagne est en train de prévoir la chute de la zone euro et que ce n’est qu’une question de temps !

Le British Foreign & Commonwealth Office a donné des instructions récentes aux ambassades et aux consulats concernant la planification d’urgence, leur demandant de se préparer à des scénarios extrêmes, à des émeutes et à des graves troubles sociaux.
Les diplomates britanniques doivent se préparer à aider des dizaines de milliers de citoyens britanniques dans les pays de la zone euro et à envisager les conséquences d’un effondrement financier qui rendrait les gens incapables d’accéder à leurs comptes bancaires, ou même de retirer du liquide.

Les traités de l’Union Européenne, qui ont défini les règles d’adhésion, ne contiennent aucune disposition pour que les états membres puissent en sortir. Si les gouvernements de la zone euro n’arrivent plus à acquitter leurs dettes, les banques européennes qui détiennent leurs obligations risquent l’effondrement.

Certains analystes croient que ce genre d’évènement pourrait provoquer l’effondrement global du système, rendant les banques incapables de rendre l’argent aux épargnants et détruisant les entreprises dépendantes du crédit bancaire.
Certains économistes estiment que dans le pire des cas, l’effondrement de l’euro réduirait de moitié le PIB de ses États-membres et déclencherait un chômage massif.


http://fr.novopress.info/103559/preparez-vous-a-des-emeutes-lors-de-l%E2%80%99effondrement-de-l%E2%80%99euro-previent-le-foreign-office/

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Message le Mer 30 Nov 2011 - 17:18 par country skinner

Damned ! Nous autres anars allons nous être traqués comme des rats ?

Ceci dit, cette idée que la "classe moyenne va devenir révolutionnaire” et "prendre le rôle du prolétariat tel que Marx l’envisionnait” est particulièrement risible (ca sent fortement l'argument interne pour demander des moyens supplémentaires : Chef, chef, y'a des révolutionnaires partout, y nous faut des renforts fissa...) Quant à la "dislocation sociale" comme vecteur de révolution, c'est encore plus risible quant on l'analyse sous sa finalité comme un instrument du pouvoir pour atomiser les revendications économiques du bon peuple.

Maintenant, ce qui devrait vraiment inquiéter un pouvoir démocratique, ce serait le basculement des classes moyennes en faveur d'un pouvoir fasciste (pour mémoire, ce qui définit distinctement le fascisme en tant que tel, c'est l'adhésion populaire massive) mais je doute qu'un pouvoir en place redoute la montée d'un fascisme quel qu'il soit : Ca a toujours été un de ses outils de domination.

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Message le Mer 30 Nov 2011 - 0:18 par brusyl

Les salariés devront augmenter de 50 % leur contribution (qui passe de 6 % de leur salaire à 9 %) ; ils toucheront une pension plus faible, basée sur la moyenne des salaires plutôt que sur les dernières années ; et l'âge de la retraite, qui s'étale actuellement entre 60 et 65 ans, va être augmenté à 65 ans pour tous en 2018, puis 66 ans dès 2020 et progressivement jusqu'à 68 ans d'ici une trentaine d'années.

purée, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère les gibies ! Encore et heureusement impensable dans notre pays mais pour combien de temps encore ?

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Message le Mar 29 Nov 2011 - 20:29 par Mister Cyril

Royaume-Uni : vers la plus grande grève depuis 30 ans dans la fonction publique


Mercredi 30 novembre, deux millions de personnes vont protester contre la réforme des retraites et des réformes -

Londres Correspondance - Pour la première fois de sa vie, Margaret Palmer va faire grève, mercredi 30 novembre. Mais c'est la mort dans l'âme : à 44 ans, cette spécialiste des soins psychologiques pour les enfants, qui travaille dans une clinique de Londres, n'a rien d'une militante. Elle estime cependant que l'heure est grave : "L'ensemble du secteur public subit une attaque majeure. Le gouvernement tente de faire retomber sur nous les conséquences de la crise financière, qui est pourtant la faute des banquiers."
Le 30 novembre, elle ne sera pas la seule à descendre dans la rue pour la première fois. Trente syndicats, essentiellement de la fonction publique, ont voté la grève. Environ deux millions de personnes sont attendues, ce qui en fera le plus grand mouvement social depuis janvier 1979, quand "l'hiver du mécontentement" avait immobilisé le Royaume-Uni. Pour certains syndicats, la décision est historique : celui des directeurs d'école appelle à la grève pour la première fois de son histoire de 114 ans. Une grande partie des écoles seront fermées. Les douanes appelant également à arrêter le travail, le chaos est attendu dans les aéroports.

L'ampleur de la colère est donc inédite depuis une génération. L'explication vient de la réforme des retraites de la fonction publique. Le gouvernement négocie depuis neuf mois un changement radical : les salariés devront augmenter de 50 % leur contribution (qui passe de 6 % de leur salaire à 9 %) ; ils toucheront une pension plus faible, basée sur la moyenne des salaires plutôt que sur les dernières années ; et l'âge de la retraite, qui s'étale actuellement entre 60 et 65 ans, va être augmenté à 65 ans pour tous en 2018, puis 66 ans dès 2020 et progressivement jusqu'à 68 ans d'ici une trentaine d'années.

Jane Wilson, une collègue de Mme Palmer, a calculé qu'elle allait devoir contribuer d'environ 100 euros supplémentaires chaque mois pour toucher 100 euros de moins par mois quand elle sera à la retraite : "Cette réforme est idéologique et politique."

Le gouvernement réplique que l'allongement de la durée de vie rend ces changements indispensables. De plus, il souligne que les retraites dans le secteur privé sont nettement moins généreuses : celles-ci fonctionnent sur la base de fonds de pension, dont la valeur s'est effondrée avec les différentes crises boursières.

La colère de la fonction publique britannique va cependant bien au-delà des retraites. Le vaste plan d'austérité lancé par le gouvernement, en vigueur depuis le début de l'année, se fait sentir très fortement. Rien qu'au premier semestre, 150 000 emplois du service public ont été supprimés, sur un total de six millions. Les collectivités locales sont les plus touchées, le gouvernement réduisant les transferts vers elles d'un quart en cinq ans.

A Kaleidoscope, le centre de soins psychologiques pour mineurs du sud-ouest de Londres où travaille Mme Palmer, le budget a été réduit de 25 % cette année. Une dizaine d'emplois sur cinquante ont été supprimés. La conséquence sur la qualité des soins se fait sentir. En particulier, l'attente pour recevoir les enfants pour leur première visite est passée de trois à quatre mois en moyenne. "Le moral est très bas actuellement, estime Mme Palmer. Pendant longtemps, travailler dans la fonction publique apportait une garantie de l'emploi. Ce n'est plus le cas. Les retraites étaient le dernier avantage qu'on avait."

A la mairie de Westminster, à Londres, Jo, une assistante sociale, raconte la même histoire. Elle aussi fait grève pour la première fois de sa vie. "Dans quelques semaines, on va perdre 20 % de nos effectifs. Concrètement, ça veut dire que je vais moins rendre visite aux gens dont je m'occupe, que je ne vais pas avoir le temps de bien les connaître. C'est pour eux que je me bats. "

Si la colère est profonde, les syndicats prennent cependant un important risque avec cette grande grève. Le secteur privé ne suit pas le mouvement : les transports - gérés par des entreprises privées - fonctionneront presque partout pendant la mobilisation, par exemple. "Les syndicats n'ont pas réussi à faire passer le message que la bataille pour leur retraite était dans l'intérêt de tous", estime Paul Marginson, spécialiste des questions sociales à l'université de Warwick.

Pour l'instant, les Britanniques semblent solidaires : 61 % disent soutenir la grève, selon un sondage de la BBC. Mais dans un pays où les mouvements sociaux sont très rares depuis les années Thatcher, cette attitude est très fragile. L'opposition travailliste ne s'y trompe pas et ne sera pas dans les manifestations. Les grévistes eux-mêmes ne savent pas s'il s'agit du début d'un long mouvement social ou d'une action sans lendemain. "Cela va être une journée-clé, estime Mark Perry, un collègue de Mme Palmer. La grève peut galvaniser les énergies et lancer une vague de manifestations. Mais beaucoup de nos collègues disent qu'ils ne sont pas prêts à se mobiliser plus d'une journée. C'est sur cette faiblesse que compte le gouvernement."

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