Cinq mesures pour soustraire la politique à l'empire de la finance

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24082011

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Cinq mesures pour soustraire la politique à l'empire de la finance





Par Julien Landfried | Porte-parole de Chevènement | 23/08/11

Comment nommer un système politique dont les maîtres sont les grandes banques, les banques d'affaires et les compagnies d'assurance ? Il faut ici affirmer l'enjeu essentiel des prochaines années, pour un gouvernement français authentiquement républicain, de soustraire les politiques publiques et l'économie réelle à la prédation financière.

Les idées directrices ci-dessous pourraient inspirer un tel gouvernement.
1Réduire la dépendance de l'Etat aux marchés financiers par une politique de renationalisation de la dette publique

Il s'agit pour l'essentiel de financer les besoins de l'Etat et des organismes de Sécurité sociale par un appel direct à l'épargne des ménages français (mécanisme dit de « dette perpétuelle »). Ces derniers ne sont pas plus mauvais juges de la pertinence d'une politique économique que les opérateurs de marché, bien au contraire, et ils ne perçoivent pas l'Etat sous l'angle unique du débiteur.
2Ecarter les anciens dirigeants du secteur bancaire et financier des autorités ministérielles, des conseillers ou des postes de régulateur des autorités de contrôle

La porosité des institutions gouvernementales aux intérêts financiers doit être réduite au maximum, afin d'éviter les possibilités de manipulation, de lobbying ou de délit d'initié. Un certain secret doit entourer les décisions de politique économique et financière du gouvernement, car celles-ci devront sans doute frapper dans le futur le secteur bancaire et financier.

Il est donc crucial que les dirigeants de ces derniers soient tenus à l'écart de ces décisions et qu'ils en subissent le plein effet. Ce point est fondamental car l'épisode de la gestion de la crise financière illustre jusqu'à la caricature l'impunité totale dont ont bénéficié les fauteurs de troubles et la complaisance dont ils jouissent dans les milieux politiques.
3Face à la gigantesque crise bancaire qui s'annonce, mettre les banques sous tutelle par l'Etat et remplacer leurs dirigeants

Les dirigeants actuels des banques doivent être écartés et remplacés par des personnels au-dessus de tout soupçon. Des dirigeants de l'industrie, formés par l'économie réelle (c'est-à-dire par la production industrielle) ou des commis de l'Etat (indépendant par culture des habitus du monde de la finance) rempliraient idéalement ce rôle.

Il faut noter ici que ce sont les banques qui étaient managées par des « ringards » (dixit le monde de la finance) qui ont en définitive bien géré leurs affaires (le cas de la Banque Postale en France est emblématique).
4Réduire le poids de la finance dans l'économie et les élites en commençant par les grandes écoles

Le problème économique posé est celui de la prédation de la finance qui a crû plus vite que l'économie réelle. Une saine politique devrait consister à réduire son poids (en part du PIB comme en nombre de salariés) dans les prochaines années.

A ce titre, une politique indispensable de réorientation des jeunes élites diplômées doit être menée vigoureusement. Les grandes écoles financées par l'Etat doivent être réorientées vers les besoins fondamentaux de l'économie (santé, énergies renouvelables ou décarbonnées, Internet, enseignement, recherche, etc.). Les jeunes diplômés de ces grandes écoles qui ont vu financer leurs études par l'Etat (comme c'est par exemple le cas à l'Ecole polytechnique, à l'Ecole normale supérieure ou à l'ENA) doivent remplir leurs obligations auprès de celui-ci.

Les sanctions financières prévues en cas de manquement à ces devoirs doivent être à nouveau appliquées, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Cette politique de bon sens réaffirmerait l'autorité de l'Etat républicain tout en rappelant les élites à un devoir de décence trop souvent oublié.
5Cesser de mentionner dans les discours gouvernementaux les avis des institutions financières et des agences de notations

Face aux entreprises de subversion menées par certaines institutions financières et agences de notation, le gouvernement doit cesser toute référence à leurs avis ou conseils. « La politique de la France ne se décide pas à la Corbeille », affirmait le général de Gaulle.

Le drame actuel est que, dans la tête des élites, domine le logiciel imposé par le monde de la finance. Il faut dès lors rendre étanches les discours des autorités gouvernementales de celui des institutions financières pour autonomiser la sphère de la décision politique.

« Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on fait cesser la fièvre », diront certains. Mais ceux qui fournissent le thermomètre ne sont pas des médecins appliquant le principe « d'abord, ne pas nuire » (primum non nocere) mais les bandits des temps modernes ne perdant jamais une occasion de se servir sur la bête. Ce n'est pas en suivant les « avis » (en fait les injonctions) des princes de la finance que l'on reconstruira une économie robuste, au contraire.

Cette brève liste, par nature non exhaustive, mérite d'être largement complétée, car, telle une hydre, le secteur financier se débattra et d'autant plus que pour le moment, il nous écrase tous… ou presque.

http://www.rue89.com/2011/08/23/cinq-mesures-pour-soustraire-la-politique-a-lempire-de-la-finance-218834
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brusyl
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Cinq mesures pour soustraire la politique à l'empire de la finance :: Commentaires

Message le Mer 24 Aoû 2011 - 14:42 par Invité

brusyl a écrit:
Crise De La Dette : M. Wauquiez Souhaite Taxer Les Riches, Voire Les Mettre Au RSA !

Embrayant le pas de M. Bertrand et de M. Copé, Laurent Wauquiez a indiqué, lundi 22 août 2011, via son groupuscule "la Droite sociale", qu’il préconisait "la création d'une contribution exceptionnelle des plus hauts revenus".

http://sagephilippe.20minutes-blogs.fr/

Le texte original se termine par : "That's All Fake ©"; étant une tache en saxon, est-ce que cela a un rapport étymologique avec le verbe défaker"?
Les propos "attribués" à Mr Wauquiez sont plus réalistes que ceux du MRC moribond qui préconise encore et toujours le retour au Front populaire. Va t-il encore pédaler dans le passé longtemps? ce dinosaure ne fait rien d'autre qu'empêcher le futur d'émerger! Je soutiens le Wauquiez nouveau inventé par le Sage.

Foulques

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Message le Mer 24 Aoû 2011 - 13:49 par Donald11

Au secours, ils sont devenus fous !!!
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

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Message le Mer 24 Aoû 2011 - 12:22 par brusyl

Cinq mesures de bon sens me semble-t'il ! (j'ai été contente de voir dans ce programme la volonté de stopper la financiarisation des grandes écoles.. j'avais été alertée de cette évolution le mois dernier par un professeur de celles-ci et cela m'avait fichu un sale coup car je me demandais bien quel pourrait être l'évolution du système alors que les futurs crânes d'oeuf de notre pays seraient totalement formatés à cette économie financière)

je profite pour joindre un superbe article de Philippe Sage.. on en rit,au début puis on réalise que ce discours pourrait être tenu par un véritable politique, un politique qui prendrait vraiment en compte l'intérêt général du peuple français... et l'on mesure alors l'abîme qui sépare cette déclaration du discours des soit disant partis de gauche...

Crise De La Dette : M. Wauquiez Souhaite Taxer Les Riches, Voire Les Mettre Au RSA !

Embrayant le pas de M. Bertrand et de M. Copé, Laurent Wauquiez a indiqué, lundi 22 août 2011, via son groupuscule "la Droite sociale", qu’il préconisait "la création d'une contribution exceptionnelle des plus hauts revenus".

Emporté par son élan, il a ajouté qu’il déposerait "dans les 10 jours" à l'Assemblée une proposition de loi pour contraindre "les plus riches (et notamment ces rentiers vivant sans vergogne aucune aux crochets de notre société) à assumer 35 heures hebdomadaires de service social au profit des plus démunis, s’ils tentaient de contourner cette contribution, en biaisant, par camouflage de leurs émoluments via des sociétés offshore. Ces méthodes ne sont plus acceptables ! "A-t-il martelé.

Il a précisé que cela serait valable pour tous, y compris Madame Bettencourt.

Dénonçant avec force les "dérives de l’actionnariat", qu'il qualifie de "cancer de la société française", il a émis l'hypothèse "de plafonner le salaire des grands patrons à 120 % du Smic, pas plus".
"Aujourd'hui, un célibataire du CAC40, cumulant les différents systèmes de niches fiscales, peut gagner 20 000 fois plus qu'un couple de travailleurs qui se lève tôt, a-t-il avancé. Ça, c'est la société française qui tourne à l'envers."

Le maire du Puy-en-Velay a jugé anormal que ces salaires, "parmi le plus indécents d'Europe", permettent aux plus fortunés, "de s’en mettre plein les poches au détriment des salariés à qui on ne cesse de demander des sacrifices, et plus encore en ces temps de crise. C’est intolérable !" S’est-il exclamé en réclamant le soutien sans faille et sans tarder du président de la République.

"Il est anormal que quelqu'un qui s’exile en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg encaisse des dividendes faramineux en spéculant sur le dos de millions de travailleurs honnêtes et méritants", a-t-il également estimé, suggérant de surcroît d’éradiquer au plus vite retraites-chapeaux, paradis fiscaux et autres golden parachutes.

"EN FACE DES DROITS, IL Y A DES DEVOIRS"

D'après M. Wauquiez, ces mesures applicables par décrets, dès cette semaine, devraient, à court terme, rétablir "le sens de l'équilibre (...) au bénéfice des classes populaires et moyennes !".

Très déterminé, il a réaffirmé que, "en face des droits (...), il y a des devoirs, et que cela vaut pour les plus riches d’entre nous qui, depuis trop longtemps, se contentent de rafler les dividendes sans le moindre effort".

Tançant au passage la finance et les traders, il a insisté sur le fait qu’il serait intransigeant sur ces propositions qu’il juge "justes et équitables dans le cadre de la nécessaire réduction des déficits publics creusés, en grande partie, par les plus riches qui ne participent que trop peu à l’effort national".

Enfin, il a évoqué comme possibles sanctions, en cas de non soumission à cette "contribution exceptionnelle", les sorties d'école, les travaux de nettoyage ou encore "l'accueil de service public" voire, de "mettre au RSA, pendant un an ferme, les multirécidivistes de l'évasion fiscale si prisée chez les actionnaires et certains grands patrons".

Avant de conclure par un sonore : "Sus aux assistés de la finance et des marchés !".

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