Les sept visages de la crise

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27082011

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Les sept visages de la crise





Encore, la crise économique. Nous n’allons pas vous jeter de la poudre aux yeux : le ciel est gris, gris foncé. Les pansements que l’économie capitaliste met sur la blessure crise n’apportent pas de solution. La crise revient toujours. Pour analyser cette crise, divers économistes et hommes politiques font aujourd’hui à nouveau appel à Karl Marx, pourtant pointé du doigt depuis des décennies. Pour réfléchir à la nécessité d’une autre société, nous nous adressons aussi à Marx.
Ruben Ramboer

La crise financière et le krach salami
La « pression des marchés financiers »


« La pression des marchés financiers » : rares sont les hommes politiques qui ne l’invoquent pas pour justifier leur politique. Mais les marchés financiers ne sont pas des choses abstraites ou des fantômes auxquels on ne pourrait échapper. Sur les marchés financiers, il y a des gens actifs. Les spéculateurs, grands actionnaires et milliardaires de ce bas monde ont tout à y dire. Leur seul but consiste à réaliser de plus en plus de profits.

Les États doivent s’appuyer sur le marché des obligations en émettant celles-ci, sur lesquelles ils paient des intérêts. Mais ils sont aux prises avec une « crise de l’endettement ». Plus l’incertitude est élevée de voir les États à même de payer leurs dettes, plus forte est la « pression » afin que les États mettent leur comptabilité en ordre. Pour les milliardaires de ce monde, cela signifie l’envoi de la facture de la crise aux travailleurs (un avant-goût page 15, avec les mesures appliquées en Grèce).

A la Bourse, on est devenu particulièrement créatifs en matière de vocabulaire. Il y a quelque temps, on parlait de yoyos, de tornades ou de cours maniaco-dépressifs. Et la nouvelle expression à la mode, c’est le « Krach salami » : des cours qui dégringolent par tranches, et non plus des cours avec des hauts et des bas. Depuis mai, la valeur du portefeuille total d’actions a baissé de quelque 31 milliards d’euros. Depuis début 2011, les cours à la Bourse de Bruxelles ont dégringolé de 18 %. En réalité, cette tendance à la baisse reflète la crise de l’économie réelle.
La crise de la dette
Payer pour le sauvetage des vautours


Partout, les États occidentaux sont aux prises avec de lourdes dettes. Elles avaient déjà explosé alors que les rentrées d’impôts sur les bénéfices du capital fondaient. En Belgique, en 2009, cinquante des sociétés et multinationales les plus rentables ont payé à peine 0,57 % d’impôts. Solidaire avait calculé il y a quelques mois que l’on perdait ainsi 14,3 milliards d’euros de contributions.

C’est en 2008, quand il a fallu sauver le monde financier du précipice, que le budget des pays occidentaux a plongé. La croissance à la traîne a fait le reste. Aux États-Unis, la dette de l’État a augmenté, passant de 62 % du produit national brut en 2007 à 101 % en 2011. En Europe, fin 2010, l’Irlande a affiché un déficit budgétaire de 32 %, la Grèce et le Portugal de plus de 9 %, la France de 7,7 %, l’Espagne de 5,7 % et la Belgique de 4,1 %. La crise financière de 2008 s’est ainsi muée en une crise de la dette des États.

Les banques ont fait endosser leur infortune aux États nationaux. Et les vautours du monde financier ont ensuite tiré la leçon suivante : « Nous avons appris qu’une crise cardiaque n’était pas mortelle. » (Rubinstein, du Carlyle Group, à Davos). En traduction libre, ça veut dire : « De toute façon, l’État nous vient toujours en aide, car nous sommes too big to fail (trop importants pour faire faillite). » Les exigences des marchés financiers ne sont donc rien d’autre que les exigences des acteurs principaux sur les marchés financiers, qui veulent être sûrs de récupérer des États l’argent qu’ils ont prêté, après qu’un grand nombre de ces acteurs des marchés financiers ont d’abord été sauvés par ces mêmes États, avec l’argent du contribuable.
La crise de l’économie réelle
La double dépression et la période glaciaire de l’économie


« L’économie mondiale est dangereusement proche d’une récession », déclarait la banque d’affaires Morgan Stanley le 17 août. Edwards, analyste boursier à Londres, parle d’une « période glaciaire de l’économie mondiale ». En fait, la crise de 2008 ne s’est jamais éloignée, malgré les bulletins rassurants. Ce que nous vivons aujourd’hui est un « double dip », une double dépression.

Les petites entreprises et les entreprises faibles sont en difficulté, elles ont capoté ou ont été reprises, oui, mais les grandes entreprises, elles, ont une fois de plus enregistré des records de bénéfices en 2010. Les multinationales non financières européennes détiennent un record de liquidités de 500 milliards d’euros. C’est une augmentation de près de 30 % par rapport à fin 2007, à la veille de la crise. La presse financière a même qualifié l’année de « grand cru ». Quand l’abcès de la crise du crédit a éclaté, ces entreprises ont réduit leurs coûts de façon draconienne et elles ont épuisé leurs stocks. Dans le monde entier, on a assisté au déclenchement d’un raz-de-marée de licenciements, de fermetures, de fusions, de démantèlement des salaires et de flexibilisation croissante. Cela a créé en 2010 un puissant levier pour les bénéfices. Au printemps 2011, on a également pu constater que les entreprises avaient ouvert tout grand le robinet aux dividendes destinés aux actionnaires.

Les entreprises les plus fortes utilisent leur cash afin de reprendre des concurrents, mais cela ne change rien à la crise de surproduction. Elles trouvent l’incertitude trop grande pour déjà investir dans la production. En effet, car d’où devrait venir la demande de produits de consommation ? Le chômage atteint des chiffres élevés. Dans la plupart des pays, il a augmenté de moitié. Entre 2008 et 2010, 8 millions de personnes ont perdu leur emploi en Europe. Les familles – et surtout les familles américaines – se sont trop enfoncées dans les dettes. Les États eux aussi sont sur la paille après avoir sauvé les banques. Tant aux États-Unis qu’en Europe et au Japon – toujours les trois plus importants marchés de consommation de la planète – l’austérité figure encore à l’agenda pour de nombreuses années.

La crise sociale
La facture pour les travailleurs


L’économiste en chef Ivan Van de Cloot, du think-tank libéral Itinera : « La facture est refilée sans appel au citoyen. C’est une illusion de penser que nous ne devons pas nous attendre à une adaptation douloureuse. » Le gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene : « Nous devons tenir compte d’une baisse de notre niveau de vie. » De tels propos doivent faire avaler l’idée que « chacun doit y mettre du sien ».

Mais, pour la population, la principale victime d’une crise qu’elle n’a pas provoquée, on n’a rien fait. Un plan sérieux d’investissements publics destinés à combler les manquements du secteur privé n’a jamais été élaboré. Contrairement aux banques, les familles endettées n’ont pu compter sur la moindre clémence, expulsées de leur maison.

L’avenir s’annonce noir, très noir. Aujourd’hui, la pauvreté touche tous ceux qui doivent vivre d’indemnités sociales. Mais, dans la phase suivante, les gens actifs eux aussi vont ressentir plus douloureusement les effets de la crise. Le nombre de travailleurs pauvres (working poor) est déjà aujourd’hui de 8,4 % en moyenne, au sein de l’UE. Un Allemand sur cinq gagne moins de 10 euros bruts de l’heure et 2,5 millions de travailleurs à temps plein vivent sous le seuil de pauvreté. Ce « modèle allemand » de Schröder-Hartz (suppression des salaires minimaux, gel des salaires, généralisation du travail intérimaire, flexibilité totale, obligation d’accepter n’importe quel boulot), l’Union européenne entend bien le généraliser.

Et ceux qui ont déjà pu mettre un peu d’argent de côté voient eux aussi leurs sous s’envoler. Depuis début 2011, des fonds d’épargne pension belges – le troisième pilier – 1 milliard d’euros sont déjà partis en fumée, soit en moyenne 784 euros par personne pour le 1,35 million de Belges qui épargnent pour une pension complémentaire. À la banque, on reçoit également moins pour son argent, et ici, au sens littéral du terme, en plus. Le mois dernier, l’inflation est passée à 3,75 %, mais vous ne recevrez jamais ce taux sur votre livret d’épargne.
La crise de surproduction depuis 1973
Plus de stimulants en stock

En fait, depuis 1973 déjà, l’économie capitaliste est plongée dans une crise structurelle de surproduction. Il y a eu de grandes restructurations dans le secteur minier, dans la sidérurgie, le verre, le textile et les constructions navales. Dans les années 80, des portes de secours ont été trouvées pour reporter la crise. Cela s’est fait en maintenant la consommation artificiellement élevée. Le président américain de l’époque, Reagan, et la Premier ministre de Grande-Bretagne, Thatcher, ont montré la voie : une offensive contre les syndicats, d’énormes avantages fiscaux pour les riches de manière à leur permettre de dépenser plus et la dérégulation dans le monde financier.

La spéculation a pris un essor phénoménal. Vu la crise de surproduction, les investissements dans l’économie réelle étaient peu, voire pas du tout, rentables. Le capital a cherché une issue dans le secteur financier. Alors que le produit intérieur brut au niveau mondial était multiplié par 5, le secteur financier l’était, lui, par 15. À partir de 2000, les pauvres aux États-Unis ont ensuite été poussés à la consommation en leur laissant contracter des prêts (hypothécaires) sans le moindre contrôle sur leur revenu. De cette façon, six millions de personnes non solvables ont acheté une maison. Depuis, deux ou trois millions d’entre eux ont perdu cette maison.

Cette économie financière n’a plus aucun lien avec le secteur productif. Tôt ou tard, ce système était amené à s’effondrer. Depuis les années 80, l’économie mondiale s’est vue administrer un « doping » sous forme de consommation artificielle, de crédit et de spéculation. Mais, aujourd’hui, ces stimulants ne sont plus en stock. En 2009, pour la première fois depuis les années 1930, la croissance économique est tombée en négatif et le commerce mondial a baissé de 20 %.
La crise capitaliste récurrente
Marx est (un peu) de retour


En période de croissance économique, on lui montre du doigt, mais en période de crise économique, on le ressort chaque fois de l’armoire : Karl Marx, le philosophe économiste du 19e siècle et promoteur du mouvement communiste. Pour la première fois depuis 1989, un éditeur berlinois ressort les œuvres complètes de Marx et Engels.

« Marx avait raison. » C’est ainsi que, récemment, l’économiste de renommée mondiale Nouriel Roubini (qui n’est pas un marxiste) étonnait à la fois ses partisans et ses adversaires. « Le capitalisme peut s’autodétruire. Le déplacement des revenus du travail vers le capital aboutit à une trop grande capacité de production et à peu de demande des biens de consommation. (…) La suppression d’emplois réduit les revenus du travail, accroît l’inégalité et réduit encore plus la demande finale. » C’est ce qu’il a dit lors d’une interview dans The Wall Street Journal.

Roubini résume le mécanisme des crises récurrentes de surproduction dans une économie capitaliste tel qu’il a été révélé par Marx en 1850, dans son ouvrage « Le capital ». Vu globalement, la capacité de production augmente avec la concurrence, la chasse au profit et les investissements économisant l’emploi, mais le pouvoir d’achat baisse avec le chômage et la pression sur les salaires. Cette contradiction insurmontable dans une économie capitaliste aboutit à une crise de surproduction.

En Belgique, c’est Bruno Colmant qui a étonné son monde. En tant qu’ancien directeur de la Bourse, on ne peut le suspecter de sympathies marxistes. Lors d’un débat sur La Première, il a pourtant été d’accord avec l’analyse du porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, quand celui-ci a parlé de la crise de surproduction qui sévit depuis 1973 et qui se révèle maintenant dans toute son intensité, en raison de la consommation artificiellement poussée par le crédit et la spéculation. « Je trouve cette analyse extrêmement pertinente (…) et je reconnais qu’en effet, le capitalisme est fait de crises et que depuis 1973 on vit à crédit. »
Une autre société
Que Marx revienne complètement


Voilà maintenant près de 40 ans que l’issue réelle à la crise n’a pas été trouvée. Mais le consensus au sein des gouvernements (qu’ils soient libéraux, sociaux chrétiens ou social-démocrates) et des institutions européens reste le même : avec un peu de rafistolage, une nouvelle croissance économique se profile à l’horizon. Ce n’est pas sans l’influence des marchés financiers et des organisations patronales qu’on va plus ou moins puiser du côté des recettes bien connues : imposer des mesures d’économies draconiennes, faire tourner les planches à billets, renforcer le processus décisionnel européen, privatiser, etc.

Ce ne sont pas ces mesures qui supprimeront les contradictions dont Marx parlait. Avec les plans d’austérité, on les aggrave même. C’est ainsi que nous nous traînons d’une crise à l’autre, vers un système de crise ne cessant de s’aggraver. Mais ils ont beau être nombreux aussi à reconnaître l’analyse économique de Marx, ils ne font les choses qu’à moitié. Pour Marx, les crises récurrentes aboutissent à la fin du capitalisme pour faire place à une autre société, socialiste cette fois.

Le débat politique peut parfois être simple. Pourquoi aller chercher l’argent chez les travailleurs, qui sont fauchés, quand on peut le faire auprès des riches qui ne savent que faire de leur fortune ? Par exemple, avec la taxe des millionnaires ou la suppression des intérêts notionnels. Entre 2000 et 2011, la famille de Spoelbergh (AB InBev) a vu sa fortune passer de 1 milliard d’euros à 20 milliards (soit 20 fois plus !). Ils ont de quoi se le permettre…

Pourquoi devrait-on accepter la « pression des marchés financiers » comme si on ne pouvait pas penser à des mesures contre la spéculation ? Et pourquoi pas, même, nationaliser le secteur bancaire ? L’ancienne banque publique d’épargne, la CGER (plus tard absorbée dans Fortis) a travaillé 160 ans durant comme il le fallait et, dix ans après la privatisation, il a déjà fallu sauver Fortis de la faillite. Idem pour le secteur énergie : la privatisation des produits de l’énergie a abouti à de phénoménales hausses de prix pour les citoyens ordinaires – 17,9 % encore l’an dernier – et à des bénéfices faramineux pour les grands actionnaires.

En compagnie d’un large mouvement européen des syndicats, des partis communistes et des progressistes, on peut emprunter une telle voie. Elle ne résoudra pas plus la contradiction fondamentale du capitalisme mais elle ferait au moins assumer l’effort financier par ceux qui, depuis de longues décennies, ont le vent en poupe, même aujourd’hui. Et cela nous rapprocherait un peu plus de cette autre société envisagée par Marx : « A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. » (voir Manifeste du parti communiste). Ou, en bref : les gens d’abord, pas le profit.

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/les-sept-visages-de-la-crise.html
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brusyl
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Message le Ven 23 Sep 2011 - 22:27 par Mister Cyril

Salut mon canard il y a un moment qu'on s'est pas croisé...à bientôt vil palmipède!!!

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Message le Jeu 22 Sep 2011 - 1:15 par Donald11

C'eût été fort à propos que les médias, pardon des journalistes, fouillent dans les poubelles de Dexia et autres banques avant la catastrophe ...
D'un autre côté, nos élus sont vraiment des cbons à rien et des gros nullards, surtout ceux qui n'ont rien vu venir quand Dexia leur proposait des crédits mirifiques !!! A vous dégouter d'aller perdre quelques minutes dans un isoloir !!!
D'autant que la plaisanterie a duré 14 ans !!! Et pourrait encore se prolonger 15 à 20 ans ...
Et pourquoi ne feraient-ils pas comme les Islandais (avec un I majuscule) et n'enverraient-ils pas paître Dexia et compagnie ?
Et un prêt, même toxique, voire surtout toxique, ça ne peut pas se renégocier ?
Bon Antibes, on s'en fout un peu ... Mauvais exemple !
Putaing cong, y'a du ménage à faire dans les écuries politiques ...

Salut spécial à Poussinet ...

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Message le Mer 21 Sep 2011 - 14:55 par Mister Cyril

Collectivités : Dexia s’est payé leur dette
Un listing que s’est procuré Libération recense les prêts toxiques vendus par la banque aux villes, départements et régions, désormais exsangues.



C’est un document exceptionnel que révèle aujourd’hui Libération. Nous nous sommes procuré un fichier confidentiel de la banque Dexia crédit local (DCL), qui recense les 5 500 collectivités locales et établissements publics ayant souscrit les fameux «prêts toxiques» entre 1995 et 2009. Ce listing, publié en intégralité sur notre site, montre que tout le monde est concerné : collectivités de droite comme de gauche, grandes communautés urbaines comme petites villes… Il atteste qu’au plus fort de la bulle, DCL avait distribué pour 25 milliards d’euros à ses clients. Et, selon l’estimation faite par la banque, le surcoût de ces emprunts était évalué à 3,9 milliards d’euros à la fin 2009. Ce qui veut dire que les collectivités devraient payer une pénalité de cet ordre.

Par exemple, Antibes, qui avait emprunté 60 millions, paierait 21 millions en plus de cette somme. Le département de la Loire réglerait, lui, une ardoise de 22 millions en sus des 96 millions de prêts toxiques et l’hôpital de Dijon devrait s’acquitter de 31 millions d’intérêts pour un emprunt toxique de 111 millions.

Couler. Banque historique des collectivités locales, DCL est la première à avoir poussé les élus à ne plus recourir aux bons vieux prêts à taux fixe. Mais elle n’est pas l’unique responsable : les Caisses d’épargne et le Crédit agricole étaient aussi très présents sur ce marché. Le document de Dexia signifie en tout cas que la faillite de certaines communes n’est plus une hypothèse invraisemblable. En raison de l’irresponsabilité passée des banques et des élus, les collectivités locales (villes, régions, départements, communautés de communes…) et les établissements publics locaux (hôpitaux, syndicats d’économie mixte…) ont dans leurs comptes des stocks d’emprunts toxiques, qui risquent de les couler totalement. Et du même coup, ce sont des dizaines de services publics qui risquent d’être affectés : crèches, écoles, collèges, voirie, ramassage des ordures… sont financés par les collectivités territoriales.

Gavé. Ces questions devraient être abordées aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Claude Bartolone, député PS, préside une commission d’enquête sur les «produits financiers à risque souscrits par les acteurs locaux» et il a prévu de donner la parole à des responsables de collectivités dans la panade.

Bartolone est particulièrement concerné. En tant que président du conseil général de Seine-Saint-Denis, il a découvert en 2008 que son département, sous la direction des communistes, s’était gavé de prêts basés sur l’évolution comparée du franc suisse, de l’euro, du yen et du dollar. Depuis, il a déposé plainte contre Dexia et prit la tête d’une association qui regroupe des collectivités très touchées. Avec la crise de l’été, ses critiques trouvent un écho croissant : à cause de la hausse du franc suisse, de nombreuses communes ont vu leur taux d’intérêt passer à 10 ou 15%.

Mais l’addition pourrait encore grimper avec des prêts qui courent jusqu’en 2025 ou 2030. Les emprunts toxiques n’ont pas fini de pourrir la vie des collectivités. Et des contribuables, sur qui pèse une double menace : l’augmentation des impôts locaux et un déficit de services publics.

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Message le Mar 6 Sep 2011 - 16:21 par Invité

Donald11 a écrit:
Franz a écrit:Au final, on se fout de la situation des propriétaires. En revanche, il est nécessaire que chacun puisse se loger à un prix raisonnable et là, nous sommes dans une situation qui ne risque pas de s'améliorer malgré toutes les crises possibles.
Pas tout a fait d'accord avec toi : tous les proprietaires ne sont pas loges a la meme enseigne. Entre le Lourmarin, St Trop et Capoulet et Junac, il n'y a pas photo sur les prix, meme si les terrains a batir sont aussi rares !!!

Amicalement

Tu as d'autant plus raison que je fais partie des propriétaires. Raccourci un peu rapide pour opposer ceux qui au moins ont un logement (je l'aprécie) et ceux qui aimeraient en avoir un, sans qu'il soit forcément besoin de devenir propriétaire.

On peut encore différencier le propriétaire occupant et le bailleur. Là encore notre système est tellement détraqué que ni le bailleur (je ne parle pas des grandes sociétés ou des institutionnels) ni le locataire ne parviennent à avoir une relation apaisée. En Allemagne, l'Etat joue un rôle régulateur en protégeant les uns et les autres. Du coup, il est beaucoup moins cher de s'y loger et une grande partie de la population ne trouve pas d'intérêt à s'endéter pour acquérir.

En passant j'ai découvert que la définition de la résidence secondaire ne recouvrait pas toujours les mêmes notions (voiur plus bas). En taxant les plus values sur quinze ou trente ans, il est probable que cela découragera un peu plus les propriétaires de louer. Il me semble qu'il faudrait installer un système (et pas une niche fiscale) qui offre un abattement sur les plus values, de 10 % par année de location (qui pourrait être perdu si le logement est à nouveau laissé vacant). Il me semble que cela aurait un aspect incitatif.

Amicalement
Franz

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Message le Lun 5 Sep 2011 - 16:07 par Donald11

Franz a écrit:Quand on consulte les agences immobilières de la Creuse ou de l'Aveyron, voire de certains coins de l'Ardèche, on constate que les prix sont parfois moitié moins chers que dans la RP ou en région PACA. La loi de l'offre et de la demande joue donc.
Encore que PACA et RP n'ont pas du tout les memes demandes, ni les memes offres.
Ce qui pèse de façon excessive, c'est la spéculation foncière quand on sait qu'aujourd'hui en Provence, un petit terrain constructible est plus cher que le bâtiment qui le revevra.
Et la, y'a pas qu'en Provence ...
Au final, on se fout de la situation des propriétaires. En revanche, il est nécessaire que chacun puisse se loger à un prix raisonnable et là, nous sommes dans une situation qui ne risque pas de s'améliorer malgré toutes les crises possibles.
Pas tout a fait d'accord avec toi : tous les proprietaires ne sont pas loges a la meme enseigne. Entre le Lourmarin, St Trop et Capoulet et Junac, il n'y a pas photo sur les prix, meme si les terrains a batir sont aussi rares !!!

Amicalement

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Message le Lun 5 Sep 2011 - 15:36 par Donald11

Ben oui, mais alors, si les poles attractifs fournisseurs de ressources financieres n'ont pas les moyens de loger tout le monde, faudrait envisager des solutions pour reconquerir la Lozere, l'Ardeche, ou bien l'Ariege, ou les loyers sont bas, et le foncier encore plus bas ...

Tu as raison de dire que dans ces poles, c'est le locatif qui est le plus touche. Ne serait-ce pas aussi du fait de la rarefaction des terrains libres disponibles pour la construction neuve, qui la rend impossible pour l'individu, sauf a vivre en clapiers, et qui oblige les nouveaux accedants a la propriete a s'eloigner du centre de ces poles attractifs ? Avec tous les nouveaux problemes de transports, de pollution, et de stress supplementaires generes !!!

En fait, la penurie de logements ne serait-elle pas la pire consequence des concentrations urbaines ?

Enfin les problemes de logement ne sont qu'un des aspects de la "crise", qui pourrait meme exister sans crise !

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Message le Lun 5 Sep 2011 - 14:26 par Invité

Il me semble qu'il existe trois marchés différents, même si ceux-ci sont interdépendants. Le marché du logement neuf, le marché de l'ancien et le foncier. Ceci se décline encore selon l'attractivité des territoires. Quand on consulte les agences immobilières de la Creuse ou de l'Aveyron, voire de certains coins de l'Ardèche, on constate que les prix sont parfois moitié moins chers que dans la RP ou en région PACA. La loi de l'offre et de la demande joue donc.

En ce qui concerne la pénurie, il en existe de deux sortes. Une sur le marché locatif l'autre sur le foncier. Aujourd'hui, une maison neuve coûte un peu partout le même prix compte tenu de l'approvisionnement des matériaux et de la main d'oeuvre. Ce qui pèse de façon excessive, c'est la spéculation foncière quand on sait qu'aujourd'hui en Provence, un petit terrain constructible est plus cher que le bâtiment qui le revevra.

S'il y a une politique à mener, c'est donc sur le statut des locataires (voir ce qu'ont fait les Allemands) et la spéculation foncière (voir ce qu'ont fait les Suédois).

Au final, on se fout de la situation des propriétaires. En revanche, il est nécessaire que chacun puisse se loger à un prix raisonnable et là, nous sommes dans une situation qui ne risque pas de s'améliorer malgré toutes les crises possibles.

Par exemple, en cette période où les liquidités sont de plus en plus volatiles, la tentation d'investir dans la pierre pèse lourdement sur la spéculation immobilière.

Tout cela pour dire que le marché ne répond pas à des règles économiques aussi simples qu'il n'y paraît.

Amicalement
Franz

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Message le Lun 5 Sep 2011 - 11:30 par country skinner

Le canard a écrit:pénurie d'acheteurs
Si cette pénurie (effective : demande des ménages devenue désormais insolvable) n'a pas (encore) d'effet sur les prix, c'est du fait du syndrome "actif au bilan", qui fait que le promoteur ou le vendeur endetté (et l'établissement financier qui est derrière) préfèrent garder la fiction comptable d'un actif au prix fort, plutôt que d'engranger le revenu d'une vente à 30% ou 50% du prix, qui ferait fondre d'autant son actif.

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Message le Ven 2 Sep 2011 - 10:40 par Donald11

@Sylvie : j'ai lu ces chiffres et je voulais en parler ici. Tu as été plus rapide.

@Franz : vue de ma province profonde et de mon mini patelin, il y aurait plutôt pénurie d'acheteurs potentiels, et tous les prix sont revus a la baisse, ce qui ne fait pas les beaux jours de mon pote qui tient une petite agence immobilière et qui en bave gravement financièrement.
Pénurie de logements ? Pas ici en tout cas. Bon d'accord, il n'y a plus de boulot non plus et la région est sinistrée depuis la délocalisation de l'industrie textile la ou la main d'oeuvre est taillable et corvéable a merci, avec une couleur de peau tirant sur le jaune. Alors la jeunesse quitte la région pour des lieux plus attrayants, souvent des grands centres urbains ou il est très difficile de se loger, par exemple a Toulouse, le pôle employeur principal. Dans le village, il reste des retraites, des anglais, des fonctionnaires locaux, et quelques petits "entrepreneurs". Il y a aussi encore quelques ouvriers et une poignée d'agriculteurs. Et comme les salaires ne sont pas a la hauteur, les bailleurs cassent les prix. Le reste de la machine économique vit au ralenti. Le positif, c'est qu'il n'y a presque rien pour attirer les voleurs, enfin jusqu'à ce jour, et la vie y est plutôt paisible.
C'est peut être aussi pour ça que le village a attire une foultitude d'artistes en tout genre !

Quelque peu hors du sujet ici, je ne suis pas tout a fait d'accord avec la notion de nation que tu as développée par ailleurs. Celle-ci a, pour moi, une connotation guerrière qui me fait froid dans le dos. Pour ma part, je préfère et de loin la notion de village, ou tout peut se discuter et se décider collegialement. Resterait a créer une fédération des villages de France pour une mise en commun des bonnes ides des citoyens, l'état ne servant qu'à federer et mettre en application toutes ces idées. Et pourquoi pas une fédération d'états pour harmoniser le tout .... Une Europe des villages en quelque sorte ...
Hors du sujet, mais un peu dedans quand même ....
Amicalement

Dernière édition par Donald11 le Lun 5 Sep 2011 - 12:01, édité 1 fois

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Message le Jeu 1 Sep 2011 - 23:44 par Invité


Il me semble que la pénurie de logements, dramatique, concerne les locations et non les achats. Pour le reste, effectivement, la centrifugeuse semble bien amorcée.

A noter que la taxe sur les plus values des résidences secondaires pose bien des problèmes. Car la notion de résidence secondaire recouvre une grande variété de situations. On pense au logement de vacances restant vide 11 mois par ans. Or, il existe des pauvres qui n'ont qu'une résidence secondaire.

Ainsi ma fille et son compagnon ont retapé une grange. Désireux de changer de région ils sont partis vivre ailleurs en louant un petit appartement. Leurs revenus (en dehors des compléments sociaux) ne dépassent pas 12 000 € par an à trois. Pour améliorer l'ordinaire et ne pas laisser leur maison vide, ils l'ont louée. Elle est donc classée en résidence secondaire. S'ils veulent la vendre pour acheter dans leur nouveau lieu de résidence, ils prennent un énorme taxe. Et perdent une bonne partie du fruit de leur travail. Ils avaient un acheteur. Ils ont cassé la vente et restent désemparés.

D'autre part, de nombreuses ventes qui devaient se faire dans les mois qui viennent ont été cassées dans notre région. Et voilà le marché qui en reprend un bon coup. C'est la troisième fois en cinq ans que le gouvernement change les règles. Et ce ne sont pas les riches qui vont trinquer. Parce que leurs résidences appartiennent à des sociétés domiciliés dans d'autres pays.

Bises
Franz

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Message le Jeu 1 Sep 2011 - 22:39 par brusyl

Tiens François, cet article devrait t'intéresser car il illustre parfaitement ce décalage actuel entre la soit disant loi de l'équilibrage entre l'offre et la demande et réponds à sa façon à ta question sur la production et la consommation dans cette économie de spéculation.


LA CENTRIFUGEUSE


Forte chute des ventes de logements neufs :

« Seulement 23 183 logements neufs ont été vendus par les promoteurs pendant les mois d’avril à juin cette année, soit une baisse de 22,6 % par rapport à la même période de 2010, selon les chiffres publiés, mardi 30 août, par le ministère du logement, qui fait état parallèlement d’une hausse de 9,1 % des mises en chantier et de 8,6 % des permis de construire entre mai et juillet. »

Une baisse de 22,6 % des ventes. Mais une hausse des mises en chantier de 9,1 %.

Que signifie ceci ? Que le système est confronté à deux forces : une centripète et une centrifuge.

La machine à produire continue de produire, tandis que la machine à consommer a accéléré son effondrement. « Pour l’ensemble de l’année 2011, le nombre de logements neufs vendus par les promoteurs devrait tomber, selon M. Mouillart, à environ 95 000, contre 115 000 en 2010 et 106 000 en 2009, loin du record de 127 000 en 2007. »

Ce que ne dit pas l’article – surtout pas ! – c’est que le niveau des ventes se rapproche dangereusement du chiffre maudit : 79 400 logements neufs vendus en 2008, annus horribilis.

Dernier aspect, financier cette fois. Les prix ont continué d’augmenter au second semestre 2010, de 7,7 %. Mais dans le même temps, les avantages fiscaux dont les dernières études soulignaient l’impact majeur, ceux liés au dispositif Scellier, ont baissé de 25 % à 22 %, avant que de baisser encore en 2012 à 16 %. Soit une baisse prévue de… 27 %. De sorte que là encore nous observons cette double tendance : centripète/centrifuge. La machine à produire de la dette publique (par la fiscalité) s’effondre, politique de rigueur aidant. Tandis que la machine à produire des plus-values continue à tourner à un rythme infernal.

Deux représentations. L’une, de l’économie réelle : « les ménages voient leur capacité financière à accéder à la propriété chuter progressivement ». L’autre, de l’économie virtuelle : « Les ventes devraient s’accélérer au second semestre car les investisseurs voudront encore profiter d’un avantage fiscal favorable, même s’il est réduit à 16 % en 2012″

Conclusion : soit la centrifugeuse réduit sa vitesse, afin d’extraire moins de bénéfices mieux répartis, mais cette option n’est pas proposée actuellement par le constructeur, soit les deux forces opposées continuent de croître et la machine explose. Le plus simple serait finalement de changer de machine.

N.B. La loi de l’offre et de la demande est telle que l’on peut la voir dans sa toute sa « cohérence » : plus de logements produits (et invendus) et des prix en augmentation… Quant au mythe de l’insuffisance de logements en France qui expliquerait la hausse des prix, il a été relégué au rayon des contes pour enfants. Mythe que l’on tente par ailleurs bien maladroitement de remplacer par celui de la hausse du coût des matériaux et des normes de construction. Ou comment, quand une explication rationnelle n’est plus suffisante à donner un sens à une loi de la « science économique », en trouver une autre. Et ce jusqu’à ce que la croissance revienne. Pour ceux qui douteraient encore.

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Message le Jeu 1 Sep 2011 - 20:50 par Donald11

Franz a écrit: Mais il demeure une ambiguité. J'ai la faiblesse de séparer production et solvabilité (et j'ai sûrement tort dans la logique économiqe). Quand il s'agit de créer des besoins, (ce qui est le cas des subprime en partie) il y a en effet surproduction. Mais quand cette production correspond à des besoins que les pauvres ne peuvent satisfaire, le responsable est la sovabilité du consommateur. Non une production qui lui est nécessaire. Ce n'est pas parce qu'il y a trop de blé que les pauvres ne l'achètent pas. Mais parce qu'ils n'ont pas d'argent. Il est évident que c'est le niveau trop faible des salaires qui casse la consommation. La superproduction étant alors la conséquence, non la cause.

A partir de là, le rôle de l'endettement est encore plus puissant. Car il ne s'agit pas de se procurer le superflu mais le nécessaire
Je pense que le capitalisme n'a que faire de la production. Le capitalisme ne s'intéresse qu'aux profits qu'il peut réaliser le plus rapidement possible. La production n'est qu'un outil permettant de créer du profit. Quant a la solvabilité des "clients", ce n'est pas le problème du capitalisme, car il part du principe qu'une clientèle existera toujours quelque part dans le monde, ainsi qu'un nombre suffisant de clients solvables et corvéables a merci. Le problème aujourd'hui est bien celui de la solvabilité des clients potentiels globalement planétaires. Pour faire court, moins y'a de thunes dans le porte-monnaie du client ordinaire, moins il consomme, et ce manque a gagner pour le capitalisme n'est pas compense par l'accroissement d'un nombre de clients toujours plus pauvres. Ce que Sylvie a parfaitement résume.

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Message le Jeu 1 Sep 2011 - 19:14 par brusyl


Bein j'ai toujours pas compris des propos tout de même excessifs

Je crois que je vais renoncer ! rien d'excessif dans ce que je dis... je récapépète une dernière fois : je tentais de te démontrer l'incompatibité fondamentale des postulats de la croyance chrétienne et de l'idéologie nazie : l'une fondamentalement égalitaire l'autre tout aussi fondamentalement inégalitaire
- je ne cherche pas à victimiser qui que ce soit, surtout pas les chrétiens. Les chrétiens n'ont pas été directement attaqués par le régime nazi (comme l'ont pu l'être les tziganes/roms ou les juifs ou les homos) car c'était contre toute la population allemande qu'il devait se dresser. Par contre Hitler, dans son plan de restauration de l'Empire allemand avait bien le dessein d'éliminer la religion judéo-chrétienne .. en gardant la structure de l'église pour en conserver l'outil de culte à son profit, le culte du héros, du surhomme. " Ein Volk, ein Reich, ein Führer" : Aryanisme et pangermanisme.
Un peu comme les révolutionnaires de 93 récupérèrent les rites chrétiens au service de la Déesse raison..parce qu'ils préféraient récupérer la structure rituelle existante sachant que la supprimer brutalement créerait de trop grands troubles sociaux, mais surtout que cette structure pourrait leur permettre d 'imposer plus vite leur idéologie.

C'est en ce sens que country n'a pas tout à fait tort quand il parle du nazisme comme religion, mais il n'en voit que la structure, l'appareil et non le message fondateur.

- je ne parle pas des relations entre le pouvoir nazi et l'église : ce sont deux institutions humaines... je parle des principes qui ont fondé ces institutions. Encore et toujours cette confusion entre foi religieuse et églises qui est aussi réductrice et bornée que l'assimilation entre Marxisme et Stalinisme. Merci de bien vouloir le comprendre !

Il y eut bien sûr collaboration entre prélats de l'église protestante et catholique et le régime nazi, comme il y eut des résistants... comme il y en eut chez les démocrates sincères, chez les socialistes comme chez les communistes.

Je te conseille de lire cette page ,un témoignage d'un proche d'Hitler paru en 1939, qui peu à peu avait compris l'horreur que représentait cet homme.

http://www.anti-scientologie.ch/manipulation-hitler.htm

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Message le Jeu 1 Sep 2011 - 18:08 par Mister Cyril

Mister Cyril a écrit:veux pas rentrer dans votre débat fort intéressant mais

"souviens-toi que le déchaînement le plus inouï de la violence anti-chrétienne, comme idéologie officielle et déclarée, fut le nazisme"
?????????

Bein j'ai toujours pas compris des propos tout de même excessifs... (mais je savais bien que j'allais avoir une réponse bien théorique même si les propos du moustachu sont à mourir de rire) et au-delà de l'idéologie il y a eu des faits plus conciliants entre les 2 parties en présence (victimisation des povs chrétiens)...mais je dis ça j'ai rien dit!

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 22:48 par brusyl

Il est évident que c'est le niveau trop faible des salaires qui casse la consommation. La superproduction étant alors la conséquence, non la cause.

Mais je l'avais mentionné dans mon précédent message François : ce sont les deux maillons de la chaîne capitaliste : le premier est la recherche du profit et donc en ces périodes de saturation du marché, de pénurie de débouchés baisser les coûts de production et parmi eux les charges salariales.

Sans avoir compris qu'agissant ainsi ils activaient la spirale infernale de la récession : les pertes d'emploi et les pressions salariales entrainant la baisse de la consommation, entraînant elle-même la baisse de production, entraînant des pertes d'emplois and so on...

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 18:53 par Invité

Mais quand cette production correspond à des besoins que les pauvres ne peuvent satisfaire, le responsable est la solvabilité du consommateur. Non une production qui lui est nécessaire. Ce n'est pas parce qu'il y a trop de blé que les pauvres ne l'achètent pas. Mais parce qu'ils n'ont pas d'argent. Il est évident que c'est le niveau trop faible des salaires qui casse la consommation. La superproduction étant alors la conséquence, non la cause.
Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire l'article de Laurent Mauduit sur Médiapart Comment sarkozy a détourné la crise sur les pauvres ? mais c'est exactement de ça qu'il est question lien =>
http://www.mediapart.fr/journal/economie/290811/comment-sarkozy-detourne-la-crise-sur-les-pauvres

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 16:34 par Invité

brusyl a écrit:
Une affirmation m'interpelle. La crise serait due à une surproduction ?

.... est bien due à la superproduction et donc à la pénurie des débouchés. Le capitalisme recherchant toujours le plus grand profit au moindre coût et au moindre risque a, à coup de délocalisations et de pression sur les salaires appauvri les salariés et donc conséquence inévitable (j’ai encore du mal à comprendre comment les crânes d’œufs ultra capitalistes n’ont pas saisi l’effet immédiat de leur politique, qu’un élève de 6° pourrait comprendre) épuisé le chaînon final de sa chaîne à savoir la consommation. .

Oui, dit comme cela tu as raison. Mais il demeure une ambiguité. J'ai la faiblesse de séparer production et solvabilité (et j'ai sûrement tort dans la logique économiqe). Quand il s'agit de créer des besoins, (ce qui est le cas des subprime en partie) il y a en effet surproduction. Mais quand cette production correspond à des besoins que les pauvres ne peuvent satisfaire, le responsable est la sovabilité du consommateur. Non une production qui lui est nécessaire. Ce n'est pas parce qu'il y a trop de blé que les pauvres ne l'achètent pas. Mais parce qu'ils n'ont pas d'argent. Il est évident que c'est le niveau trop faible des salaires qui casse la consommation. La superproduction étant alors la conséquence, non la cause.

A partir de là, le rôle de l'endettement est encore plus puissant. Car il ne s'agit pas de se procurer le superflu mais le nécessaire.

Bises
Franz

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 16:32 par brusyl

@ mister

Tu ne comprends pas en quoi l'idéologie nazi est la négation même du message religieux ? c'est cela?
Ben, j'ai donné des éléments de réponse : parce que l'idéologie nazi est fondé sur la supériorité et la domination d'une race sur les autres elle est fondamentalement opposée au credo du message religieux (je parle des religions du "livre") qui affirme que nous sommes tous fils de Dieu, et donc que l'homme est universel et que les hommes sont égaux et frères. C'est un incompatibilité à la base, portant sur la nature humaine.
Historiquement, on sait comment Hitler se réclamait la filiation avec le paganisme germanique et détestait la religion chrétienne (religion de tapettes selon lui) pour avoir obligée ce paganisme à se dissimuler durant des siècles
Si cela ne suffit pas, je t'invite à jeter un oeil sur ces quelques réflexions d'Hitler à propos du christianisme...

"propos de table d'Hitler " (discours privés d'Hitler notés par Martin Bormann)

Je pense que l'homme qui contemple l'univers avec ses yeux grand ouverts est l'homme qui possède le plus grand élan de piété naturelle; pas au sens religieux, mais au sens d'une harmonie intime avec les choses.

A la fin du siècle dernier, égaré par les progrès de la science et de la technique, le libéralisme a proclamé la domination de l'homme sur la nature, et annoncé que bientôt il dominerait l'espace. Mais il suffit d'un simple ouragan -- et tout s'effondre comme un château de cartes!

En tous cas, nous apprendrons à connaître les lois qui régissent la vie, et la connaissance des lois naturelles nous guidera dans la voie du progrès. Quant au pourquoi de ces lois, nous n'en saurons jamais rien. C'est ainsi, et notre entendement ne peut concevoir d'autres plans.

L'homme a découvert dans la nature la notion merveilleuse de cet être tout-puissant dont il adore la loi.

Au fond de chaque être il y a le sentiment de cette toute-puissance, que nous appelons Dieu (c'est-à-dire, la domination des lois naturelles dans tout l'univers). Les prêtres, qui ont toujours su exploiter ce sentiment, menacent de châtiments celui qui refuse d'accepter le credo qu'ils imposent.

Quand on suscite chez un enfant la peur de l'obscurité, on éveille en lui un sentiment de peur atavique. Ainsi cet enfant sera dominé toute sa vie par cette peur, alors qu'un autre enfant, élevé intelligemment, en sera préservé.

On dit que tout homme a besoin d'un refuge où il puisse trouver consolation et aide dans le malheur. Je n'en crois rien! Si l'humanité suit cette voie, c'est uniquement une question de traditions et d'habitudes. C'est d'ailleurs là une leçon que l'on peut tirer du front bolchevique. Les Russes n'ont pas de Dieu, et cela ne les empêche pas de savoir mourir!

Le coup le plus dur qui ait jamais frappé l'humanité fut l'avènement du christianisme. Le bolchevisme est un enfant illégitime du christianisme. Tous deux sont des inventions du Juif. C'est par le christianisme que le mensonge délibéré en matière de religion a été introduit dans le monde. Le bolchevisme pratique un mensonge de même nature quand il prétend apporter la liberté aux hommes, alors qu'en réalité il ne veut faire d'eux que des esclaves. Dans le monde antique, les relations entre les hommes et les dieux étaient fondées sur un respect instinctif. C'était un monde éclairé par l'idée de tolérance. Le christianisme fut la première croyance dans le monde à exterminer ses adversaires au nom de l'amour. Sa marque est l'intolérance.

Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l'échec humain.

La terre continue de tourner, que ce soit l'homme qui tue le tigre ou le tigre qui mange l'homme. Le plus fort s'impose, c'est la loi de la nature. Le monde ne change pas, ses lois sont éternelles.

Il y en a qui disent que le monde est mauvais et qu'ils désirent quitter cette vie. Pour ma part, j'aime ce monde! Si ce désir de mourir est dû à un chagrin d'amour, je donne au désespéré le conseil de patienter durant une année. Les consolations viendront. Mais si un être humain désire mourir pour une toute autre raison que celle-là, alors qu'il meure, je ne l'en empêche pas. J'attire simplement l'attention sur le fait qu'on ne peut échapper complètement à ce monde. Les éléments dont notre corps est constitué appartiennent au cycle de la nature, et quant à notre âme, il est possible qu'elle puisse retourner dans les limbes, jusqu'à ce qu'elle ait l'occasion de se réincarner. Mais cela me contrarierait si tout le monde voulait en finir avec la vie.

Pour rendre aux hommes la mort plus facile, l'Eglise leur tend l'appât d'un monde meilleur. Nous nous bornons, pour notre part, à leur demander de façonner dignement leur vie. Il leur suffit pour cela de se conformer aux lois naturelles. Inspirons-nous de ces principes, et à la longue nous triompherons de la religion.

Mais il n'est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu'un hommage à la raison.

Notre devoir est d'enseigner aux hommes à voir ce qu'il y a de beau et de vraiment merveilleux dans la vie, et à ne pas devenir prématurément aigris et hargneux. Nous voulons jouir pleinement de ce qui est beau, nous y agripper -- et éviter, autant que possible, tout ce qui peut nuire à nos semblables.



Dieu n'agit pas différemment, il jette brusquement les masses de l'humanité sur la terre, et il laisse à chacun le soin de trouver son propre salut. Les hommes se dépossèdent les uns les autres, et on s'aperçoit en fin de compte que c'est toujours le plus fort qui triomphe. N'est-ce pas là l'ordre de choses le plus raisonnable?

S'il en était autrement, rien de bien n'aurait jamais existé. Si nous ne respections pas les lois de la nature, en imposant notre volonté par le droit du plus fort, un jour viendrait où les animaux sauvages nous dévoreraient à nouveau -- ensuite les insectes mangeraient les animaux sauvages, et finalement seuls les microbes subsisteraient sur terre.

En essayant de voir les choses à longue échéance, est-il concevable qu'on puisse fonder quoi que ce soit de durable sur le mensonge? Quand je pense à l'avenir de notre peuple, je dois regarder plus loin que les avantages immédiats, même si ces avantages devaient durer trois cent, cinq cent ans, ou plus. Je suis convaincu que tout pacte avec l'Eglise ne peut offrir qu'un bénéfice provisoire, car tôt ou tard l'esprit scientifique fera apparaître le caractère nuisible d'un tel compromis. L'Etat aurait ainsi basé son existence sur une fondation qui un jour s'effondrera.

Un homme cultivé conserve le sens des mystères de la nature et s'incline devant l'inconnaissable. Un homme inculte, en revanche, court le risque de passer à l'athéisme (qui est une régression à l'état animal) dès qu'il s'aperçoit que l'Etat, par pur opportunisme, se sert d'idées fausses en matière de religion, alors que dans les autres domaines il base tout sur la science pure.

C'est pourquoi j'ai toujours tenu le Parti à l'écart des questions religieuses. J'ai ainsi évité que mes partisans catholiques et protestants se dressent les uns contre les autres et que par mégarde ils s'assomment mutuellement à coups de bible et de goupillon. Ainsi ne nous sommes-nous jamais mêlés du culte de ces Eglises. Et si cela a momentanément rendu ma tâche un peu plus difficile, du moins n'ai-je ainsi jamais couru le risque d'apporter de l'eau au moulin de mes adversaires. L'aide que nous aurions provisoirement retirée d'un concordat serait rapidement devenue une charge pour nous. De toute façon, le principal est d'être habile dans cette matière et de ne pas rechercher un conflit là où il peut être évité.

Etant alourdis par un passé de superstition, les hommes ont peur des choses qu'ils ne peuvent pas, ou ne peuvent pas encore, s'expliquer -- c'est-à-dire de l'inconnu. Si quelqu'un a des besoins d'ordre métaphysique, je ne peux pas le satisfaire avec le programme du Parti. Le temps s'écoulera jusqu'au moment où la science pourra répondre à toutes les questions.

Il n'est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Eglises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d'apaisant. Le dogme du christianisme s'effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu'à prouver que dans la nature il n'existe aucune frontière entre l'organique et l'inorganique. Quand la connaissance de l'univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d'absurdité.

A l'origine, la religion était simplement un appui pour les communautés humaines. C'était un moyen, pas une fin en soi. C'est seulement peu à peu qu'elle s'est transformée dans ce sens, en vue de maintenir la domination des prêtres, qui ne peuvent vivre qu'au détriment de la société.

Les prescriptions d'ordre hygiénique que donnaient la plupart des religions ont contribué à la fondation des communautés organisées. Les préceptes ordonnant aux gens de se laver, d'éviter certaines boissons, de jeûner à certaines dates, de faire de l'exercice, de se lever avec le soleil, de monter au sommet du minaret -- tout cela était des obligations conçues par des gens intelligents. L'exhortation de lutter avec courage s'explique aussi d'elle-même. Remarquons à ce propos qu'en contrepartie on promettait au musulman un paradis peuplé de filles sensuelles, où le vin coulerait à flots, un véritable paradis terrestre. Les chrétiens, en revanche, se déclarent satisfaits si on leur permet de chanter des alléluias après leur mort! Tous ces éléments ont contribué à former les communautés humaines. C'est à ces particularités que les peuples doivent leur caractère actuel.

Le christianisme, bien sûr, a atteint le sommet de l'absurdité à cet égard. Et c'est pour cela qu'un jour sa structure s'effondrera. La science a déjà imprégné l'humanité. Ainsi, plus le christianisme s'accrochera à ses dogmes, plus vite il déclinera.

Mais il faut demeurer attentif à un autre aspect du problème. Il est possible de satisfaire les besoins de la vie intérieure par une communion intime avec la nature, ou par la connaissance du passé. Seule une minorité, cependant, au stade actuel du développement de l'esprit, peut éprouver le respect qu'inspire l'inconnu, et satisfaire ainsi les besoins métaphysiques de l'âme. L'humanité moyenne a les mêmes besoins, mais ne peut les satisfaire que par des moyens élémentaires. Cela est particulièrement vrai pour les femmes, tout comme pour les paysans qui assistent impuissants à la destruction de leur récolte. L'être simpliste est assoiffé de croyance, et s'y accroche obscurément de toutes ses forces.

Personne n'a le droit de priver les gens simples de leurs certitudes enfantines avant qu'ils n'en aient acquis d'autres plus raisonnables. En fait, il est très important que la croyance supérieure soit bien installée en eux avant que la croyance inférieure soit effacée. Nous devrons finalement parvenir à cela. Mais cela ne servirait à rien de remplacer une vieille croyance par une nouvelle qui ne ferait que prendre la place laissée vide par la précédente.

Il me semble que rien ne serait plus insensé que de rétablir le culte de Wotan. Notre vieille mythologie avait cessé d'être viable lorsque le christianisme s'est implanté. Ne meurt que ce qui est prêt à mourir. A cette époque le monde antique était partagé entre les systèmes philosophiques et le culte des idoles. Or il n'est pas souhaitable que l'humanité entière s'abêtisse -- et le seul moyen de se débarrasser du christianisme est de le laisser mourir petit à petit.

Un mouvement comme le nôtre ne doit pas se laisser entraîner dans des digressions métaphysiques. Il doit s'en tenir à l'esprit de la science exacte. Ce n'est pas la fonction du Parti que d'être une contrefaçon de la religion.

Si, au terme de mille ou deux mille ans, la science arrive à la nécessité de renouveler ses points de vue, cela ne signifiera pas que la science est mensongère. La science ne peut pas mentir, car elle s'efforce toujours, selon l'état des connaissances du moment, de déduire ce qui est vrai. Quand elle se trompe, elle le fait de bonne foi. C'est le christianisme qui est mensonger. Il est en perpétuel conflit avec lui-même.

On peut se demander si la disparition du christianisme entraînerait la disparition de la foi en Dieu. Cela n'est pas souhaitable. La notion de divinité donne à la plupart des hommes l'occasion de concrétiser le sentiment qu'ils ont des réalités surnaturelles. Pourquoi détruirions-nous ce merveilleux pouvoir qu'ils ont d'incarner le sentiment du divin qui est en eux?

L'homme qui vit en communion avec la nature entre nécessairement en conflit avec les Eglises. Et c'est pourquoi elles vont à leur perte -- car la science est destinée à remporter la victoire.

Je ne voudrais surtout pas que notre mouvement prenne un caractère religieux et institue un culte. Ce serait épouvantable pour moi, et je souhaiterais n'avoir jamais vécu, si je devais finir dans la peau d'un bouddha!

Si en ce moment nous éliminions les religions par la force, le peuple nous implorerait unanimement d'établir un nouveau culte. Vous pouvez imaginer nos gauleiters renoncer à leurs frasques pour jouer aux saints! Quant à notre Ministre des Cultes, d'après ses propres coreligionnaires, Dieu lui-même se détournerait de sa famille!

J'envisage donc l'avenir de la manière suivante. Avant tout, à chacun sa croyance privée.

La superstition ne perdra pas ses droits. Le Parti est à l'abri du danger de concurrencer les religions. Ces dernières doivent simplement être empêchées d'interférer avec les questions temporelles à l'avenir. Depuis l'âge le plus tendre, l'éducation sera donnée de telle sorte que chaque enfant connaîtra tout ce qui est important pour le maintien de l'Etat. Quant aux hommes de mon entourage, qui comme moi ont échappé à l'emprise du dogme, je n'ai pas de raison de craindre que l'Eglise leur mette le grappin dessus.

Nous veillerons à ce que les Eglises ne puissent plus répandre des enseignements en contradiction avec les intérêts de l'Etat. Nous continuerons à prêcher la doctrine du national-socialisme, et la jeunesse ne recevra plus d'autre enseignement hormis la vérité.

Il n'existe sur la terre aucun être, aucune substance, et probablement aucune institution humaine qui ne finisse par vieillir. Mais il est dans la logique des choses que toute institution humaine soit persuadée de son éternité -- sinon elle porterait déjà le germe de sa chute. L'acier le plus dur se fatigue. Tout comme il est certain que la terre disparaîtra un jour, de même il est certain que les œuvres des hommes se déferont.

Toutes ces manifestations sont cycliques. La religion est en perpétuel conflit avec l'esprit de libre recherche. L'opposition de l'Eglise à la science fut parfois si violente que cela fit des étincelles. L'Eglise, avec une conscience lucide de ses intérêts, a effectué une retraite stratégique, de sorte que la science a perdu un peu de son agressivité.

Le présent système d'enseignement scolaire permet cette absurdité: à 10 heures du matin les élèves assistent à un cours de catéchisme où la création du monde leur est présentée selon les enseignements de la Bible; et à 11 heures, ils assistent à un cours de sciences naturelles où on leur enseigne la théorie de l'évolution. Pourtant les deux doctrines sont en complète contradiction! Enfant, j'ai souffert de cette contradiction et j'ai tapé ma tête contre un mur. Souvent je me suis plaint à l'un ou l'autre de mes maîtres de ce qu'on m'avait enseigné l'heure d'avant -- et je me rappelle que je les mettais au désespoir.

La religion chrétienne essaye de s'en tirer en expliquant qu'il faut donner une valeur symbolique aux images des Saintes Ecritures. Tout homme qui aurait prétendu cela il y a quatre cent ans aurait terminé sa carrière sur le bûcher, avec accompagnements d'hosannas. En entrant dans le jeu de la tolérance, la religion a regagné du terrain par rapport aux siècles passés.

La religion tire tout le profit qu'elle peut du fait que la science postule la recherche et non la connaissance certaine de la vérité. Comparons la science à une échelle. A chaque échelon que l'on monte, on contemple un paysage plus vaste. Mais la science ne prétend pas connaître l'essence des choses. Quand la science découvre qu'elle doit réviser telle ou telle notion qu'elle avait cru être définitive, aussitôt la religion triomphe et déclare: «Nous vous l'avions bien dit!». C'est oublier qu'il est dans la nature de la science de se comporter ainsi. Car si elle s'avisait de prendre une allure dogmatique, elle deviendrait elle-même une Eglise.

Quand on dit que Dieu provoque l'éclair, c'est vrai en un sens; mais ce qui est certain c'est que Dieu ne dirige pas la foudre, comme le prétend l'Eglise. L'explication par l'Eglise des phénomènes naturels constitue un abus, car l'Eglise n'a en vue que des fins intéressées. La vraie piété se trouve chez l'être qui prend conscience de sa faiblesse et de son ignorance. Celui qui ne voit Dieu que dans un chêne ou dans un tabernacle, au lieu de le voir partout, n'est pas vraiment pieux. Il reste attaché aux apparences -- et quand le ciel tonne et que la foudre frappe, il tremble de la seule peur d'être frappé en punition du péché qu'il vient de commettre.

Je ne sais rien de l'Au-delà, et j'ai l'honnêteté d'en convenir. D'autres en savent plus que moi, et je suis incapable de leur prouver qu'ils se trompent. Je ne songe pas à imposer ma philosophie à une fille de la campagne. La religion, bien qu'elle n'ait pas pour but la recherche de la vérité, est une sorte de philosophie qui peut satisfaire les esprits simples, et cela ne fait de mal à personne. Tout se ramène finalement au sentiment que l'homme a de son impuissance. En elle-même, cette philosophie n'a rien de pernicieux. La chose essentielle, en fait, est que l'homme sache que le salut consiste en l'effort que chacun fait pour comprendre la Providence et accepter les lois de la nature.

Comme tous les bouleversements violents sont une calamité, je préfèrerais que l'adaptation se fasse sans heurts. Ce qui pourrait subsister en dernier lieu, ce sont les couvents de femmes. Le sens de la vie intérieure apporte aux gens un grand enrichissement. Ce que nous devons donc faire, c'est d'extraire des religions le poison qu'elles contiennent. A cet égard, un grand progrès a été fait au cours des derniers siècles.

Quand j'étais plus jeune, je pensais qu'il fallait tout traiter à la dynamite. J'ai compris depuis lors qu'un peu plus de subtilité est possible. La branche pourrie tombe d'elle-même. Il faut en arriver à ceci : dans la chaire de Saint Pierre, un officiant gâteux; en face de lui quelques sinistres vieilles femmes, radoteuses et pauvres d'esprit à souhait. La jeunesse saine est avec nous. Contre une Eglise qui s'identifie à l'Etat, comme en Angleterre, je n'ai rien à dire. Mais, même ainsi, il est impossible d'asservir éternellement l'humanité avec des mensonges. Après tout, ce n'est qu'entre les sixième et huitième siècles que le christianisme fut imposé à nos peuples par des princes qui avaient une alliance d'intérêts avec la prêtraille. Nos peuples jusqu'ici avaient bien réussi à vivre sans cette religion. J'ai six divisions de SS composées d'hommes absolument indifférents en matière de religion. Cela ne les empêche pas d'aller à la mort avec une âme sereine.

Quel est ce Dieu qui ne prend plaisir qu'à voir les hommes s'humilier devant lui? Essayez de vous représenter ce que signifie cette histoire toute simple: Dieu crée les conditions du péché. Il réussit ensuite, avec l'aide du Diable, à faire pécher l'homme. Ensuite il se sert d'une vierge pour mettre au monde un fils qui, en mourant, rachètera l'humanité!

Je conçois que l'on puisse s'enthousiasmer pour le paradis de Mahomet, mais le fade paradis des chrétiens ! De votre vivant vous écoutiez la musique de Richard Wagner. Après votre mort, ce ne seront plus qu'alléluias, palmes agitées, enfants à l'âge du biberon et vieillards chenus. L'homme des îles rend hommage aux forces de la nature. Mais le christianisme est une invention de cerveaux malades: on ne saurait rien imaginer de plus insensé, ni une façon plus indécente de tourner en dérision l'idée de Divinité. Un nègre, avec ses tabous, écrase de sa supériorité l'être humain qui croit sérieusement à la transsubstantiation.

Je commence à perdre tout respect pour l'humanité quand je pense que certains des nôtres, ministres ou généraux, sont capables de croire que nous ne pouvons pas triompher sans la bénédiction de l'Eglise. Une telle conception est excusable chez de petites gens qui n'ont rien appris d'autre.


Par quoi voudriez-vous que je remplace l'image que les chrétiens se font de l'Au-delà? Ce qui est naturel à l'humanité, c'est le sentiment de l'éternité, et ce sentiment est au fond de chaque homme. L'âme et l'esprit migrent, de même que le corps retourne à la nature. Ainsi la vie renaît éternellement de la vie. Quant au pourquoi de tout cela, je n'éprouve pas le besoin de me casser la tête à ce propos. L'âme est insondable.

S'il existe un Dieu, en même temps qu'il donne à l'homme la vie, il lui donne l'intelligence. En réglant ma vie en accord avec le discernement qui m'est imparti, je puis me tromper, mais j'agis de bonne foi.

L'homme juge tout par rapport à lui-même. Ce qui est plus grand que lui est grand, ce qui est plus petit est petit. Une seule chose est certaine, c'est que nous faisons partie du spectacle. Chacun y trouve son rôle. Il y a de la joie pour tout le monde. Je rêve d'un état de choses dans lequel chaque homme saurait qu'il vit et qu'il meurt pour la préservation de l'espèce. C'est notre devoir d'encourager cette conception : que l'homme qui se distingue au service de l'espèce soit digne des plus grands honneurs.

Quelle heureuse inspiration d'avoir tenu le clergé en-dehors du Parti! Le 21 mars 1933, à Potsdam, la question s'est posée: avec l'Eglise, ou sans l'Eglise? J'ai conquis l'Etat en dépit de la malédiction jetée sur nous par les deux confessions. Ce jour-là, nous sommes allés directement aux tombeaux des rois alors que les autres se rendaient aux services religieux. Si à cette époque j'avais fait un pacte avec les Eglises, je partagerais aujourd'hui le sort du Duce. Par nature, le Duce est un libre penseur, mais il a cru bon de choisir la voie des concessions. Pour ma part, à sa place j'aurais pris la voie de la révolution. Je serais entré au Vatican et j'aurais mis tout le monde à la porte -- quitte à m'excuser ensuite: «Excusez-moi, c'était une erreur!». Mais le résultat, c'est qu'ils auraient été foutus dehors!

Tout bien considéré, nous n'avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie.

Kerrl [Ministre des Cultes], avec les plus nobles intentions, voulait tenter une synthèse entre le national-socialisme et le christianisme. Je ne crois pas que la chose soit possible, et je vois l'empêchement dans le christianisme lui-même.

Je pense que j'aurais pu m'entendre avec les papes de la Renaissance. Evidemment, leur christianisme constituait un danger sur le plan pratique -- et, sur le plan de la propagande, il demeurait un mensonge. Mais un pape, même criminel, qui protège de grands artistes et répand la beauté autour de lui, m'est quand même plus sympathique que le ministre protestant qui s'abreuve à la source empoisonnée.

Le christianisme pur -- le christianisme des catacombes -- se préoccupe de faire passer dans les faits la doctrine chrétienne. Cela conduit tout simplement à l'anéantissement de l'humanité. Ce n'est que du bolchevisme intégral, sous des oripeaux métaphysiques.

L'homme a reçu un cerveau pour penser. Mais s'il a le malheur de s'en servir, une troupe de punaises noires [= de prêtres] se met sur ses talons. L'esprit est voué à l'autodafé.

L'observatoire que je ferai construire à Linz, sur le Pöstlingberg, je peux le voir devant mes yeux. (…) A l'avenir, chaque dimanche des milliers de promeneurs y viendront en pèlerinage. Ils auront ainsi accès à la grandeur de notre univers. Le fronton portera cette devise: «Les cieux proclament la gloire de l'éternel». Ce sera notre façon de donner aux hommes un esprit religieux, de leur enseigner l'humilité -- mais sans les prêtres.

L'homme saisit par-ci par-là quelques bribes de vérité, mais il ne saurait dominer la nature. Il doit savoir, au contraire, qu'il est dépendant de la Création. Et cette attitude conduit plus loin que les superstitions entretenues par l'Eglise. Le christianisme est la pire des régressions que l'humanité ait jamais subie, et c'est le Juif qui, grâce à cette invention diabolique, l'a rejetée quinze siècles en arrière. La seule chose qui serait encore pire serait la victoire du Juif à travers le bolchevisme. Si le bolchevisme triomphait, l'humanité perdrait le don du rire et de la joie. Elle deviendrait une simple masse informe, vouée à la grisaille et au désespoir.

Les prêtres de l'antiquité étaient plus proches de la nature, et ils cherchaient modestement la signification des choses. Au lieu de cela, le christianisme promulgue ses dogmes incohérents et les impose par la force. Une telle religion porte en elle l'intolérance et la persécution. Il n'en est pas de plus sanglante.

Pour Ptolémée, la terre était le centre du monde. Cela changea avec Copernic. Aujourd'hui nous savons que notre système solaire est simplement un système solaire parmi beaucoup d'autres. Que pourrions-nous faire de mieux que de permettre au plus grand nombre possible de nos semblables de prendre conscience de ces merveilles?

En tous cas, nous pouvons être reconnaissants à la Providence qui nous fait vivre aujourd'hui plutôt que trois siècles auparavant. A chaque coin de rue, en ces jours, il y avait un bûcher qui flambait. Quelle dette nous avons envers les hommes qui eurent le courage, les premiers, de s'élever contre le mensonge et l'intolérance! La chose admirable, c'est que parmi eux il y eut des Jésuites.

Dans leur lutte contre l'Eglise, les Russes sont purement négatifs. Nous, au contraire, nous devons pratiquer le culte des héros qui ont permis à l'humanité de se sortir de l'ornière de l'erreur. Kepler a vécu à Linz, et c'est pourquoi j'ai choisi Linz pour installer notre observatoire. Sa mère fut accusée de sorcellerie et torturée plusieurs fois par l'Inquisition.

Pour ouvrir les yeux des gens simples, il n'y a pas de meilleure méthode d'instruction que l'image. Mettez un petit télescope dans un village, et vous détruisez un monde de superstitions. Il faut détruire l'argument du prêtre selon lequel la science est changeante mais que la foi est invariable, parce que, présentée sous cette forme, cette affirmation est malhonnête.

Le livre qui contient les réflexions de l'empereur Julien devrait être répandu par millions. Quelle merveilleuse intelligence! Quel discernement, toute la sagesse de l'antiquité! C'est extraordinaire!

Il est très dommage que cette tendance à la pensée religieuse ne puisse trouver une meilleure expression que la mesquinerie juive de l'Ancien Testament, car des gens religieux qui, dans la solitude de l'hiver, cherchent continuellement la lumière ultime concernant leurs problèmes religieux avec l'assistance de la Bible, doivent finalement devenir spirituellement déformés. Les malheureux cherchent à extraire des vérités à partir de ces chicaneries juives, où en fait aucune vérité n'existe. En conséquence ils s'enfoncent dans une ornière de la pensée ou une autre, et à moins qu'ils ne possèdent un sens commun exceptionnel, ils dégénèrent en maniaques religieux.

Il est déplorable que la Bible ait été traduite en allemand, et que le peuple allemand tout entier ait ainsi été livré à ce charabia juif. Tant que l'enseignement, particulièrement de l'Ancien Testament, restait exclusivement dans le latin de l'Eglise, il y avait peu de danger que les gens sensibles deviennent les victimes d'illusions en lisant la Bible. Mais quand la Bible devint une propriété commune, toute une masse de gens se virent ouvrir les lignes de la pensée religieuse qui -- particulièrement en conjonction avec la caractéristique allemande de la méditation obstinée et quelque peu mélancolique - trop souvent les transforma en maniaques religieux. Quand on se rappelle que l'Eglise catholique a élevé au statut de Saints toute une quantité de déments, on réalise pourquoi des mouvements comme celui des Flagellants apparurent inévitablement en Allemagne durant le Moyen-Age.

Les dix commandements sont un code de vie dont il n'existe aucune réfutation. Ces préceptes répondent à des besoins indiscutables de l'âme humaine; ils sont inspirés par le meilleur esprit religieux, et les Eglises s'appuient ici sur un fondement solide.

Y a-t-il une seule religion qui puisse exister sans un dogme? Non, car dans ce cas elle appartiendrait à l'ordre de la science. La science ne peut pas expliquer pourquoi les choses de la nature sont ce qu'elles sont. Et c'est là qu'intervient la religion, avec ses certitudes réconfortantes. Quand elle est incarnée dans les Eglises, la religion se met toujours en opposition avec la vie. (…) Ainsi les Eglises iraient à leur perte, et elles le savent, si elles ne s'accrochaient pas à une vérité rigide.

Ce qui est contraire à la vérité visible doit se transformer ou disparaître -- c'est la loi de la vie.

La recherche doit rester libre et déchargée de toute restriction de l'Etat. Les faits qu'elle établit représentent la vérité, et la vérité n'est jamais mauvaise.

Je ne croirai jamais que ce qui est fondé sur le mensonge puisse durer éternellement. J'ai foi en la vérité. Je suis sûr qu'à la longue la vérité doit triompher.


@ Country

Si tu as lu ces réflexions, tu auras comme moi noté la filiation Nietzschéene de ces propos...J'y ai même retrouvé des propos ressemblant fort à ce que tu écris.
Loin de moi l'idée de dire que l'idéologie Nietzschéenne ou Skinerienne ont des relents nazis.. simplement la preuve de ce que je disais : une idéologie de domination et de totalitarisme peut tout récupérer à son profit : la religion comme le reste.

Dernière édition par brusyl le Mer 31 Aoû 2011 - 17:25, édité 1 fois

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 16:09 par Invité

country skinner a écrit:
souviens-toi que le déchaînement le plus inouï de la violence anti-chrétienne, comme idéologie officielle et déclarée, fut le nazisme
Aurais tu adopté toi aussi mon poussinet un mode de réflexion foulquien ? En quoi cette violence dirigée contre le christianisme ne peut elle pas être le fait d'une religiosité ? J'ai écrit un peu plus bas : Ces deux tentatives (capitalisme et nazisme) peuvent être vues comme des attaques contre les religions établies. Elles n'en sont pas moins religieuses pour autant.

Je suis flatté d'être, à l'instar de Socrate, le théoricien d'une école de pensée originale et surement révolutionnaire mais jamais je ne cautionnerai que Nazisme et Capitalisme ont des états d'âme ce dont s'occupent les religions. Comme Sylvie, je suis en total désaccord pour un tel amalgame de même pour le racisme de quelque nature qu'il soit.

PS: si je sais réduire à l'extrême, je ne fais pas pour autant de confusion entre choses dissemblables.

Foulques

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 15:38 par country skinner

souviens-toi que le déchaînement le plus inouï de la violence anti-chrétienne, comme idéologie officielle et déclarée, fut le nazisme
Aurais tu adopté toi aussi mon poussinet un mode de réflexion foulquien ? En quoi cette violence dirigée contre le christianisme ne peut elle pas être le fait d'une religiosité ? J'ai écrit un peu plus bas : Ces deux tentatives (capitalisme et nazisme) peuvent être vues comme des attaques contre les religions établies. Elles n'en sont pas moins religieuses pour autant.

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 15:31 par Mister Cyril

veux pas rentrer dans votre débat fort intéressant mais

"souviens-toi que le déchaînement le plus inouï de la violence anti-chrétienne, comme idéologie officielle et déclarée, fut le nazisme"
?????????

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 15:00 par country skinner

ce bel exemple de tautologie
Je ne relève même pas le détournement que tu opères de ce que j'ai dit. Relis simplement ce que j'ai écrit. Et oui, je réaffirme que toute organisation sociale postulant une valeur organisatrice transcendante à l'individu est d'essence religieuse (plus précisément métaphysique, l'esprit religieux n'en étant qu'une dérivée) et porte en germe toutes les possibilités d'asservissement de l'individu (qu'elle les mette en oeuvre ou non) légitimé par cette valeur transcendante.

Sur le caractère religieux du nazisme, je te renvoie aux écrits de Raymond Aron et sa notion de "religion de salut collectif", quand il connote à la fois l'affirmation nazie de la valeur transcendante de la nation et de la race allemande et en applications pratiques les cérémonies collectives et le décorum calqués sur les célébrations religieuses. En cherchant un peu, tu retrouveras sans problème des citations de "Mein Kampf" où Hitler évoque la nécessité d'une religion de la race allemande.

Pour l'assimilation du capitalisme à une religion, je te renvoie bien sur à Marx qui le définit comme un système où les individus sont dirigés par des abstractions (ce qui devrait répondre à ton interrogation sur la stupidité des cranes d'oeufs capitalistes) et où l’accumulation du capital devient une fin en soi totalement irrationnelle. Egalement à Weber (j'aime bien l'ecclectisme, même si c'est fatigant) qui analyse comme fondement du capitalisme le fait que l’argent soit considéré comme "une fin en soi à la fois transcendente et irrationnelle" (je cite de mémoire)

Que le même esprit métaphysique, qui pose par principe l'existence d'un sens suprême de l'Etre, génère aussi des dictatures comme le nazisme ou le stalinisme, je conçois bien que cela puisse te gêner quelque peu aux entournures. C'est précisément à cela que je pensais en citant Bossuet et ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Portez la hache à la racine de votre besoin métaphysique disait Nietzsche...

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Message le Mer 31 Aoû 2011 - 12:32 par brusyl

Une affirmation m'interpelle. La crise serait due à une surproduction ?

Je ne suis pas une bonne technicienne en économie, mais il me semble bien que oui, la crise depuis 2007 (comme les précédentes d’ailleurs) est bien due à la superproduction et donc à la pénurie des débouchés. Le capitalisme recherchant toujours le plus grand profit au moindre coût et au moindre risque a, à coup de délocalisations et de pression sur les salaires appauvri les salariés et donc conséquence inévitable (j’ai encore du mal à comprendre comment les crânes d’œufs ultra capitalistes n’ont pas saisi l’effet immédiat de leur politique, qu’un élève de 6° pourrait comprendre) épuisé le chaînon final de sa chaîne à savoir la consommation. Dans la recherche toujours de nouveaux débouchés, les économies ont poussé les ménages à s’endetter : de plus en plus de dettes (crédits hypothécaires, crédit à la consommation, crédits leasing, cartes de crédit) et de plus en plus de ménages : on pousse les salariés à s’endetter au delà de leur capacité de remboursement avec comme seule garantie, la valeur inflationniste de leur logement. Endettement maximal, impossibilité de rembourser, saisie des logements qui va provoquer la crise immobilière et donc la crise de l’endettement des ménages en 2007.
Conséquence immédiate : crise des banques qui se retrouvent propriétaires de quantités de dettes impossibles à rembourser. Les états se portent garants de ces dettes et financent les établissements financiers les plus touchés… tout en tentant de lutter contre les effets sur la consommation de cette crise, par des baisses d’impôts (donc baisse de leurs recettes) et des taux d’intérêt . Conséquence, aggravation des déficits publics et donc crise actuelle de la dette des états.

Si tu as quelques minutes, je te conseille d’écouter cette présentation faite par un économiste « de gauche », très pédagogique, simple et claire des crises du capitalisme, crises systémiques et de la crise systémique probablement finale que nous vivons en ce moment : l’impasse du capitalisme
C'est ici : http://m-lasserre.com/
Deux parties de 15' chacune. Grâce à quoi j'ai enfin bien compris la relation entre surproduction, accumulation de capital et pénurie

Ton interprétation sur les crises estivales est intéressante mais je n'y crois pas trop : d'après ce que j'ai pu lire les mouvements sur les marchés boursiers ont été très très importants durant tout l'été. Et les sacro-saintes vacances d'été de chez nous n'ont pas la même importance dans les pays anglo-saxons.

Pour une fois, je serais plutôt d'accord avec l'analyse de Parisot, qui analyse la crise des pays de l'Europe comme une patate chaude que nous auraient refilée les USA pour détourner les regards des spéculateurs sur leur dette.

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Message le Mar 30 Aoû 2011 - 16:53 par Invité

Pas enthousisamé par cette analyse qui est du sous Lordon un peu inconsistant. Une affirmation m'interpelle. La crise serait due à une surproduction ? Si en effet, le consummérisme et la course à la croissance engendrent ce phénomène, je ne crois pas que ce soit la solvabilité des consommateurs qui soit en cause. Aussi appauvris soient-ils (d'autres cohortes se forment ailleurs dans les pays émergeants).

A mon sens, la crise tient à deux phénomènes. Des outils financiers complètement foireux sur lesquels les institutions ont misé les yeux fermés et une impossibilité à réinvestir des liquidités devenues colossales. D'où la demande récurrente de récupérer les services publics. Seul moyen de trouver un nouveau débouché à ce fric sans emplois. Donc, risquant de se dévaloriser.

Je note en passant que la rechute de cet été suit celle de l'été précédent. A se demander si la période des vacances n'est pas propices pour réactiver une instabilité profitable. Une grosse partie des acteurs étant absente à se dorer la pilule un petit paradis, les ordinateurs ont bien plus de pouvoir qu'en période d'activité normale. Il suffit alors d'introduire un petit élément perturbateur pour tout enrayer. Et foutre en l'air les vacances de nos dirigeants.

Amicalement
Franz

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Message le Mar 30 Aoû 2011 - 14:40 par brusyl

il y a fondement métaphysique (une vérité absolue indépassable) et constitution d'appareils religieux (des "grands prêtres" investis de cette vérité") même si les deux tentatives peuvent être vues aussi comme des attaques contre les religions établies. Elles n'en sont pas moins religieuses pour autant.

Clap clap ! bravo pour ce bel exemple de tautologie
- les sociétés religieuses sont productrices de violence et de domination (en occultant bien évidemment toutes les libérations contre celles-ci qu’ont pu produire les religions…)
-question : ne serait-ce pas toute société qu’elle soit religieuse ou non qui produit de la violence ?
-réponse : non, parce que tout phénomène de violence est religieux…

Ce qui te permet de présenter nazisme et capitalisme comme des phénomènes religieux...fallait oser !
pourrais -tu me dire quelle est la "vérité absolue indépassable " de ces deux modèles de société, et en quoi elles sont religieuse : l'idée de "race"pour l'un ? l'idée de "l'individu" pour l'autre ?
. Si oui, c'est parfaitement contradictoire avec toute idée religieuse qui au contraire prône l'universalité de l'homme et fixe la fraternité comme combat de tout homme sur cette terre.


Avec ta définition structurelle que j'ai encadrée , on peut tout mettre dans ta soupe : les sociétés théocratiques, le nazisme, le stalinisme, le capitalisme, le libéralisme,le totalitarisme, le marxisme... cela marche pour tout. La religion est pour toi un "outil" et seulement un outil comme peuvent être utilisées comme outils, n'importe quelle idéologie, n'importe quelle représentation, n'importe quelle valeur, n'importe quelle parole d'homme.


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