Les sept visages de la crise

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27082011

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Les sept visages de la crise





Encore, la crise économique. Nous n’allons pas vous jeter de la poudre aux yeux : le ciel est gris, gris foncé. Les pansements que l’économie capitaliste met sur la blessure crise n’apportent pas de solution. La crise revient toujours. Pour analyser cette crise, divers économistes et hommes politiques font aujourd’hui à nouveau appel à Karl Marx, pourtant pointé du doigt depuis des décennies. Pour réfléchir à la nécessité d’une autre société, nous nous adressons aussi à Marx.
Ruben Ramboer

La crise financière et le krach salami
La « pression des marchés financiers »


« La pression des marchés financiers » : rares sont les hommes politiques qui ne l’invoquent pas pour justifier leur politique. Mais les marchés financiers ne sont pas des choses abstraites ou des fantômes auxquels on ne pourrait échapper. Sur les marchés financiers, il y a des gens actifs. Les spéculateurs, grands actionnaires et milliardaires de ce bas monde ont tout à y dire. Leur seul but consiste à réaliser de plus en plus de profits.

Les États doivent s’appuyer sur le marché des obligations en émettant celles-ci, sur lesquelles ils paient des intérêts. Mais ils sont aux prises avec une « crise de l’endettement ». Plus l’incertitude est élevée de voir les États à même de payer leurs dettes, plus forte est la « pression » afin que les États mettent leur comptabilité en ordre. Pour les milliardaires de ce monde, cela signifie l’envoi de la facture de la crise aux travailleurs (un avant-goût page 15, avec les mesures appliquées en Grèce).

A la Bourse, on est devenu particulièrement créatifs en matière de vocabulaire. Il y a quelque temps, on parlait de yoyos, de tornades ou de cours maniaco-dépressifs. Et la nouvelle expression à la mode, c’est le « Krach salami » : des cours qui dégringolent par tranches, et non plus des cours avec des hauts et des bas. Depuis mai, la valeur du portefeuille total d’actions a baissé de quelque 31 milliards d’euros. Depuis début 2011, les cours à la Bourse de Bruxelles ont dégringolé de 18 %. En réalité, cette tendance à la baisse reflète la crise de l’économie réelle.
La crise de la dette
Payer pour le sauvetage des vautours


Partout, les États occidentaux sont aux prises avec de lourdes dettes. Elles avaient déjà explosé alors que les rentrées d’impôts sur les bénéfices du capital fondaient. En Belgique, en 2009, cinquante des sociétés et multinationales les plus rentables ont payé à peine 0,57 % d’impôts. Solidaire avait calculé il y a quelques mois que l’on perdait ainsi 14,3 milliards d’euros de contributions.

C’est en 2008, quand il a fallu sauver le monde financier du précipice, que le budget des pays occidentaux a plongé. La croissance à la traîne a fait le reste. Aux États-Unis, la dette de l’État a augmenté, passant de 62 % du produit national brut en 2007 à 101 % en 2011. En Europe, fin 2010, l’Irlande a affiché un déficit budgétaire de 32 %, la Grèce et le Portugal de plus de 9 %, la France de 7,7 %, l’Espagne de 5,7 % et la Belgique de 4,1 %. La crise financière de 2008 s’est ainsi muée en une crise de la dette des États.

Les banques ont fait endosser leur infortune aux États nationaux. Et les vautours du monde financier ont ensuite tiré la leçon suivante : « Nous avons appris qu’une crise cardiaque n’était pas mortelle. » (Rubinstein, du Carlyle Group, à Davos). En traduction libre, ça veut dire : « De toute façon, l’État nous vient toujours en aide, car nous sommes too big to fail (trop importants pour faire faillite). » Les exigences des marchés financiers ne sont donc rien d’autre que les exigences des acteurs principaux sur les marchés financiers, qui veulent être sûrs de récupérer des États l’argent qu’ils ont prêté, après qu’un grand nombre de ces acteurs des marchés financiers ont d’abord été sauvés par ces mêmes États, avec l’argent du contribuable.
La crise de l’économie réelle
La double dépression et la période glaciaire de l’économie


« L’économie mondiale est dangereusement proche d’une récession », déclarait la banque d’affaires Morgan Stanley le 17 août. Edwards, analyste boursier à Londres, parle d’une « période glaciaire de l’économie mondiale ». En fait, la crise de 2008 ne s’est jamais éloignée, malgré les bulletins rassurants. Ce que nous vivons aujourd’hui est un « double dip », une double dépression.

Les petites entreprises et les entreprises faibles sont en difficulté, elles ont capoté ou ont été reprises, oui, mais les grandes entreprises, elles, ont une fois de plus enregistré des records de bénéfices en 2010. Les multinationales non financières européennes détiennent un record de liquidités de 500 milliards d’euros. C’est une augmentation de près de 30 % par rapport à fin 2007, à la veille de la crise. La presse financière a même qualifié l’année de « grand cru ». Quand l’abcès de la crise du crédit a éclaté, ces entreprises ont réduit leurs coûts de façon draconienne et elles ont épuisé leurs stocks. Dans le monde entier, on a assisté au déclenchement d’un raz-de-marée de licenciements, de fermetures, de fusions, de démantèlement des salaires et de flexibilisation croissante. Cela a créé en 2010 un puissant levier pour les bénéfices. Au printemps 2011, on a également pu constater que les entreprises avaient ouvert tout grand le robinet aux dividendes destinés aux actionnaires.

Les entreprises les plus fortes utilisent leur cash afin de reprendre des concurrents, mais cela ne change rien à la crise de surproduction. Elles trouvent l’incertitude trop grande pour déjà investir dans la production. En effet, car d’où devrait venir la demande de produits de consommation ? Le chômage atteint des chiffres élevés. Dans la plupart des pays, il a augmenté de moitié. Entre 2008 et 2010, 8 millions de personnes ont perdu leur emploi en Europe. Les familles – et surtout les familles américaines – se sont trop enfoncées dans les dettes. Les États eux aussi sont sur la paille après avoir sauvé les banques. Tant aux États-Unis qu’en Europe et au Japon – toujours les trois plus importants marchés de consommation de la planète – l’austérité figure encore à l’agenda pour de nombreuses années.

La crise sociale
La facture pour les travailleurs


L’économiste en chef Ivan Van de Cloot, du think-tank libéral Itinera : « La facture est refilée sans appel au citoyen. C’est une illusion de penser que nous ne devons pas nous attendre à une adaptation douloureuse. » Le gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene : « Nous devons tenir compte d’une baisse de notre niveau de vie. » De tels propos doivent faire avaler l’idée que « chacun doit y mettre du sien ».

Mais, pour la population, la principale victime d’une crise qu’elle n’a pas provoquée, on n’a rien fait. Un plan sérieux d’investissements publics destinés à combler les manquements du secteur privé n’a jamais été élaboré. Contrairement aux banques, les familles endettées n’ont pu compter sur la moindre clémence, expulsées de leur maison.

L’avenir s’annonce noir, très noir. Aujourd’hui, la pauvreté touche tous ceux qui doivent vivre d’indemnités sociales. Mais, dans la phase suivante, les gens actifs eux aussi vont ressentir plus douloureusement les effets de la crise. Le nombre de travailleurs pauvres (working poor) est déjà aujourd’hui de 8,4 % en moyenne, au sein de l’UE. Un Allemand sur cinq gagne moins de 10 euros bruts de l’heure et 2,5 millions de travailleurs à temps plein vivent sous le seuil de pauvreté. Ce « modèle allemand » de Schröder-Hartz (suppression des salaires minimaux, gel des salaires, généralisation du travail intérimaire, flexibilité totale, obligation d’accepter n’importe quel boulot), l’Union européenne entend bien le généraliser.

Et ceux qui ont déjà pu mettre un peu d’argent de côté voient eux aussi leurs sous s’envoler. Depuis début 2011, des fonds d’épargne pension belges – le troisième pilier – 1 milliard d’euros sont déjà partis en fumée, soit en moyenne 784 euros par personne pour le 1,35 million de Belges qui épargnent pour une pension complémentaire. À la banque, on reçoit également moins pour son argent, et ici, au sens littéral du terme, en plus. Le mois dernier, l’inflation est passée à 3,75 %, mais vous ne recevrez jamais ce taux sur votre livret d’épargne.
La crise de surproduction depuis 1973
Plus de stimulants en stock

En fait, depuis 1973 déjà, l’économie capitaliste est plongée dans une crise structurelle de surproduction. Il y a eu de grandes restructurations dans le secteur minier, dans la sidérurgie, le verre, le textile et les constructions navales. Dans les années 80, des portes de secours ont été trouvées pour reporter la crise. Cela s’est fait en maintenant la consommation artificiellement élevée. Le président américain de l’époque, Reagan, et la Premier ministre de Grande-Bretagne, Thatcher, ont montré la voie : une offensive contre les syndicats, d’énormes avantages fiscaux pour les riches de manière à leur permettre de dépenser plus et la dérégulation dans le monde financier.

La spéculation a pris un essor phénoménal. Vu la crise de surproduction, les investissements dans l’économie réelle étaient peu, voire pas du tout, rentables. Le capital a cherché une issue dans le secteur financier. Alors que le produit intérieur brut au niveau mondial était multiplié par 5, le secteur financier l’était, lui, par 15. À partir de 2000, les pauvres aux États-Unis ont ensuite été poussés à la consommation en leur laissant contracter des prêts (hypothécaires) sans le moindre contrôle sur leur revenu. De cette façon, six millions de personnes non solvables ont acheté une maison. Depuis, deux ou trois millions d’entre eux ont perdu cette maison.

Cette économie financière n’a plus aucun lien avec le secteur productif. Tôt ou tard, ce système était amené à s’effondrer. Depuis les années 80, l’économie mondiale s’est vue administrer un « doping » sous forme de consommation artificielle, de crédit et de spéculation. Mais, aujourd’hui, ces stimulants ne sont plus en stock. En 2009, pour la première fois depuis les années 1930, la croissance économique est tombée en négatif et le commerce mondial a baissé de 20 %.
La crise capitaliste récurrente
Marx est (un peu) de retour


En période de croissance économique, on lui montre du doigt, mais en période de crise économique, on le ressort chaque fois de l’armoire : Karl Marx, le philosophe économiste du 19e siècle et promoteur du mouvement communiste. Pour la première fois depuis 1989, un éditeur berlinois ressort les œuvres complètes de Marx et Engels.

« Marx avait raison. » C’est ainsi que, récemment, l’économiste de renommée mondiale Nouriel Roubini (qui n’est pas un marxiste) étonnait à la fois ses partisans et ses adversaires. « Le capitalisme peut s’autodétruire. Le déplacement des revenus du travail vers le capital aboutit à une trop grande capacité de production et à peu de demande des biens de consommation. (…) La suppression d’emplois réduit les revenus du travail, accroît l’inégalité et réduit encore plus la demande finale. » C’est ce qu’il a dit lors d’une interview dans The Wall Street Journal.

Roubini résume le mécanisme des crises récurrentes de surproduction dans une économie capitaliste tel qu’il a été révélé par Marx en 1850, dans son ouvrage « Le capital ». Vu globalement, la capacité de production augmente avec la concurrence, la chasse au profit et les investissements économisant l’emploi, mais le pouvoir d’achat baisse avec le chômage et la pression sur les salaires. Cette contradiction insurmontable dans une économie capitaliste aboutit à une crise de surproduction.

En Belgique, c’est Bruno Colmant qui a étonné son monde. En tant qu’ancien directeur de la Bourse, on ne peut le suspecter de sympathies marxistes. Lors d’un débat sur La Première, il a pourtant été d’accord avec l’analyse du porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, quand celui-ci a parlé de la crise de surproduction qui sévit depuis 1973 et qui se révèle maintenant dans toute son intensité, en raison de la consommation artificiellement poussée par le crédit et la spéculation. « Je trouve cette analyse extrêmement pertinente (…) et je reconnais qu’en effet, le capitalisme est fait de crises et que depuis 1973 on vit à crédit. »
Une autre société
Que Marx revienne complètement


Voilà maintenant près de 40 ans que l’issue réelle à la crise n’a pas été trouvée. Mais le consensus au sein des gouvernements (qu’ils soient libéraux, sociaux chrétiens ou social-démocrates) et des institutions européens reste le même : avec un peu de rafistolage, une nouvelle croissance économique se profile à l’horizon. Ce n’est pas sans l’influence des marchés financiers et des organisations patronales qu’on va plus ou moins puiser du côté des recettes bien connues : imposer des mesures d’économies draconiennes, faire tourner les planches à billets, renforcer le processus décisionnel européen, privatiser, etc.

Ce ne sont pas ces mesures qui supprimeront les contradictions dont Marx parlait. Avec les plans d’austérité, on les aggrave même. C’est ainsi que nous nous traînons d’une crise à l’autre, vers un système de crise ne cessant de s’aggraver. Mais ils ont beau être nombreux aussi à reconnaître l’analyse économique de Marx, ils ne font les choses qu’à moitié. Pour Marx, les crises récurrentes aboutissent à la fin du capitalisme pour faire place à une autre société, socialiste cette fois.

Le débat politique peut parfois être simple. Pourquoi aller chercher l’argent chez les travailleurs, qui sont fauchés, quand on peut le faire auprès des riches qui ne savent que faire de leur fortune ? Par exemple, avec la taxe des millionnaires ou la suppression des intérêts notionnels. Entre 2000 et 2011, la famille de Spoelbergh (AB InBev) a vu sa fortune passer de 1 milliard d’euros à 20 milliards (soit 20 fois plus !). Ils ont de quoi se le permettre…

Pourquoi devrait-on accepter la « pression des marchés financiers » comme si on ne pouvait pas penser à des mesures contre la spéculation ? Et pourquoi pas, même, nationaliser le secteur bancaire ? L’ancienne banque publique d’épargne, la CGER (plus tard absorbée dans Fortis) a travaillé 160 ans durant comme il le fallait et, dix ans après la privatisation, il a déjà fallu sauver Fortis de la faillite. Idem pour le secteur énergie : la privatisation des produits de l’énergie a abouti à de phénoménales hausses de prix pour les citoyens ordinaires – 17,9 % encore l’an dernier – et à des bénéfices faramineux pour les grands actionnaires.

En compagnie d’un large mouvement européen des syndicats, des partis communistes et des progressistes, on peut emprunter une telle voie. Elle ne résoudra pas plus la contradiction fondamentale du capitalisme mais elle ferait au moins assumer l’effort financier par ceux qui, depuis de longues décennies, ont le vent en poupe, même aujourd’hui. Et cela nous rapprocherait un peu plus de cette autre société envisagée par Marx : « A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. » (voir Manifeste du parti communiste). Ou, en bref : les gens d’abord, pas le profit.

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/les-sept-visages-de-la-crise.html
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brusyl
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Message le Mar 30 Aoû 2011 - 9:28 par country skinner

cette façon si agressive et manichéenne
Agressive ? Je ne vois pas en quoi, quand je dis craindre l'apparition d'une nouvelle religiosité marxiste ? Manichéenne ? Non s'il s'agit d'opposer le "Bien" et le "Mal" (je ne dénonce l'esprit métaphysique que pour l'aberration ontologique qui le sous tend, et les applications socio-politiques qui peuvent en résulter). Plutôt dichotomie si l'on considère qu'il y a d'une part une conception perspectiviste de toute vérité affirmée, avec l'individu comme seule réalité signifiante, et d'autre part toutes les tentatives de l'esprit métaphysique d'établir des vérités transcendantes censées régir le monde et informer le réel (et non, affirmer la relativité de toute vérité absolue ne constitue pas un retour à une vérité absolue - cf Sartre et la critique de la critique qui n'est pas un niveau de critique supérieur).

Je fais toujours confiance a priori aux individus, et je me défie tout autant des systèmes de pensées qui visent à les conditionner - y compris de l'évangile si on me le présente comme une parole d'origine divine, indépassable. Comme simple relation des pensées d'un individu - même mythique - j'imagine que ca vaille bien Lao Tseu ou Siddhartha Gautama, encore qu'il me semble toujours aussi légitime et salutaire de s'interroger sur l'esprit métaphysique qui le sous tend et les dérives très "impérialistes" qu'il a pu générer.
Ton exemple du nazisme et du capitalisme sont en fait des contre exemples : Dans les deux cas ("Ehre und Blut", le "marché efficient", il y a fondement métaphysique (une vérité absolue indépassable) et constitution d'appareils religieux (des "grands prêtres" investis de cette vérité") même si les deux tentatives peuvent être vues aussi comme des attaques contre les religions établies. Elles n'en sont pas moins religieuses pour autant.

Quant à l'utilisation du mot "race" (le mot "chien" ne mord pas), j'utilisais le terme engeance immédiatement après pour ne pas faire doublon. A tout le moins, une conception strictement individualiste de la nature humaine a le mérite de mettre à l'abri de toutes les affabulations racialistes (tiens, la race, voilà bien encore une idée d'origine "métaphysique" qui se veut indépassable et explicative du réel - métaphysique de bas du front et de pauvres en esprit peut être, mais métaphysique quand même)

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Message le Lun 29 Aoû 2011 - 20:33 par brusyl

@country

Je ne faisais qu'exprimer mon... étonnement devant le mot de "race" que tu avais employé... qui ne te ressemble pas et qui me fait peur.
Tu avais toi-même clos le débat, pourquoi y revenir et de cette façon si agressive et manichéenne ?
De mon côté, il est clos aussi, car devant tant de certitude la parole n'a plus aucun sens.

Une dernier petit commentaire : souviens-toi de l'histoire du XX° siècle, souviens-toi que le déchaînement le plus inouï de la violence anti-chrétienne, comme idéologie officielle et déclarée, fut le nazisme. Comment le capitalisme a colonisé tous les désirs avec ses idoles païennes.

Moi j'en reste avec mes pauvres convictions : que même n'ayant pas la foi, je considère que le message de l'évangile est le meilleur guide spirituel de vie de tous les temps, le plus inconditionnel et subversif qui soit : aime et fais ce que tu voudras. Et que cet voie est la seule capable de lutter contre la peur et la méfiance qu'instillent la doxa libérale dans le coeur de l'homme.
Je suis en train de ("tenter de" serait plus près de la vérité car sa lecture est très ardue) lire "savoir et foi" de Derrida, un déconstructionniste athée. Mais qui au lieu de faire de dresser des murs entre pensée et croyance ne cesse au contraire d'en souligner les similitudes, les croisements : cet acquiescement à quelque chose qui nous précède ..

"La pensée garde la même ressource que la religion : on ne peut la critiquer qu'au nom d'une croyance ou d'un acquiescement originels"

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Message le Lun 29 Aoû 2011 - 11:43 par Donald11

Une secte nouvelle est apparue : la secte marxiste !!!
Au fait on dit une secte ou insecte ?

PS : je viens de m'apercevoir que je n'avais pas lu l'article. Enfin, on y arrive petit a petit a la notion de "remettre l'humain au centre". Mais ca leur ecorche encore la plume de l'ecrire noir sur blanc ...

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Message le Lun 29 Aoû 2011 - 9:36 par country skinner

race des croyants
Ce sont plutôt les "croyants" qui devraient te faire froid dans le dos... Ceux qui, assurés de connaitre la transcendance donnant son sens ultime à l'univers (y compris la transcendance "marxiste"), sont prêts à tailler sans scrupules ni hésitations dans l'humanité contingente, justifiés qu'ils sont par la transcendance de ce but ultime.

Country "Mais délivrez nous du mal... métaphysique" Skinner

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Message le Dim 28 Aoû 2011 - 10:49 par Mister Cyril

"l'amorce d'un retournement désespéré de tous les esprits métaphysiques face à la perte de leur "sens de l'histoire" (le progrès continu, la consommation, l'enrichissement) et à la recherche d'un autre, n'importe lequel mais compatible avec la situation actuelle. "

Vi j'avais déjà eu cette impression en 2009 après la chute de Leman's Brothers où on avait déjà eu droit à des articles sur la ressurection du grand barbu...après je préfère la manipulation d'outils idéologiques au monopole de la pensée unique néo_libérale et à la fin de l'Histoire. Si Marx est compatible avec la situation actuelle c'est que la situation commence à être désespéré non...après tout le monde ne s'inspire pas des situationnistes, néo-situ...et Mogard!

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Message le Dim 28 Aoû 2011 - 10:29 par brusyl

"race des croyants" ?
Brrr, tu me fais froid dans le dos.

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Message le Dim 28 Aoû 2011 - 8:59 par country skinner

Quitte à surprendre, je ne trouve pas de bon augure ces ressuscitations de Marx qu'on nous ressort un peu partout, y compris chez les liberaux (ces petits fils de Platon qui s'ignorent). Les concepts d'analyse économique de Marx sont seulement des outils, utiles pour comprendre les mécanismes économiques en oeuvre et surtout mettre en évidence les fondements de relations sociales déguisées par les discours idéologiques des dominants (ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, comme disait Bossuet). J'ai comme l'impression que ressortir la figure tutélaire de Marx comme nouvel avatar du guide spirituel suprême est comme l'amorce d'un retournement désespéré de tous les esprits métaphysiques face à la perte de leur "sens de l'histoire" (le progrès continu, la consommation, l'enrichissement) et à la recherche d'un autre, n'importe lequel mais compatible avec la situation actuelle. Après 68, j'espérais naivement ne plus voir prospérer la race des "croyants"... fichue engeance...

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Message le Sam 27 Aoû 2011 - 23:07 par brusyl

double dip ou la crise en W...
Moi je la verrais plutôt en L !

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Message le Sam 27 Aoû 2011 - 15:32 par Mister Cyril

Bein vi, abolition des classes sociales quoi???
Bru et les 12 apôtres...

(Nouriel Roubini avec sa thèse du "double dips ou dibs" s'était bien fait moquer par les économistes, Minc en tête...à suivre, repentez-vous l'Apocalypse est proche!!!)

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Message le Sam 27 Aoû 2011 - 12:50 par brusyl

Voici qui devrait réjouir les lecteurs marxiens de ce forum

ce qui me plait ce sont les nombres premiers de ces deux derniers articles, les cinq propositions, les sept visages de la crise... le prochain ? les treize salopard qui dirigent la finance mondiale ?
Les temps sont venus d'être premier, primaire, entier : ne plus être divisibles que par une seule voix : cela suffit maintenant !

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