occupywallstreet

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27092011

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occupywallstreet




Chomsky

"N’importe qui ouvre un peu les yeux sait que le gangstérisme de Wall Street — des institutions financières en général — a causé des dégâts graves à la population des États-Unis (et du monde). Et devrait aussi savoir comment ceci s'aggrave depuis 30 ans parallèlement à l'augmentation radicale de leur pouvoir économique et de leur puissance politique. Cela constitue un cercle vicieux qui a concentré une richesse immense et avec elle le pouvoir politique dans un secteur minuscule de la population, une fraction de 1 %, tandis que le reste devient de plus en plus ce qu’on nomme de temps en temps "un précariat" — qui essaie de survivre dans une existence précaire. Ces gens exercent ces abominables activités dans une impunité presque complète — pas seulement qu’elles soient trop grandes pour échouer mais encore "trop grandes pour la prison".

Les courageuses et honorables protestations en cours à Wall Street devraient servir à porter cette calamité aux yeux du public, aboutir à des efforts dans le but de la surmonter, et installer la société sur une voie plus saine.

Anyone with eyes open knows that the gangsterism of Wall Street — financial institutions generally — has caused severe damage to the people of the United States (and the world). And should also know that it has been doing so increasingly for over 30 years, as their power in the economy has radically increased, and with it their political power. That has set in motion a vicious cycle that has concentrated immense wealth, and with it political power, in a tiny sector of the population, a fraction of 1%, while the rest increasingly become what is sometimes called “a precariat” — seeking to survive in a precarious existence. They also carry out these ugly activities with almost complete impunity — not only too big to fail, but also “too big to jail.”

The courageous and honorable protests underway in Wall Street should serve to bring this calamity to public attention, and to lead to dedicated efforts to overcome it and set the society on a more healthy course.


Michael Moore


La video est en anglais désolée, pas encore sous-titrée. Mais MM fait une analyse très intéressante de la colère du peuple américain qui sous tend actuellement le pays et qui pourrait selon lui jaillir comme un geyser à n'importe quelle occasion.


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brusyl
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occupywallstreet :: Commentaires

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Message le Ven 20 Jan 2012 - 17:30 par brusyl

Cela me fait plaisir que tu approuves mister ! moi aussi j'ai trouvé que c'était une belle synthèse de ces événements et je croise les doigts très fort pour que tous ces éléments novateurs sortent renforcés de leur période d'hibernation : les manifs et les AG continuent, les manifestants continuent à se faire peperiser par la police, la presse n'en parle quasiment plus...

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Message le Jeu 19 Jan 2012 - 21:27 par Mister Cyril

waou belle synthèse, je pourrais la nuancer sur 1 point ou 2 mais non...que vive l'optimisme et l'enthousiasme; ce sera toujours mieux que les légions de résignés...

Merci ma Bru!

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Message le Mer 18 Jan 2012 - 22:58 par brusyl

Occupy, cette agaçante interruption du « business as usual »

Ils ne font plus beaucoup parler d’eux, trêve hivernale oblige. Mais ils sont encore là - à preuve, les 68 arrestations réalisées par la police le soir du jour de l’an, quand des participants d’Occupy New York ont tenté de réoccuper Zuccotti Park. L’hibernation n’est pas totale, donc. Le bon moment pour revenir sur les racines, réussites et échec du mouvement Occupy aux États-Unis.


Les révoltes du printemps arabe ont fait tomber des gouvernements autocratiques, remplacés dans la foulée par des régimes de démocratie parlementaire, dans lesquels les classes dirigeantes ont pu préserver leur pouvoir — confirmant, une fois de plus, la nature commune de ces deux formes de gouvernement des pauvres. Le mouvement des Indignés, lui, propose une critique des systèmes représentatifs. Et cette critique est maintenant reprise et développée, outre-Atlantique, par le mouvement Occupy. Que ces questions soient posées dans la société constituant la clé de voûte du système capitaliste est en soi d’une grande importance.

Chez les Indignés espagnols, les débats se sont centrés, au début, sur la critique de la démocratie représentative, dénoncée comme imparfaite par la tendance majoritaire, comme un leurre par la frange plus radicale. Aux États-Unis, où la sphère politique est davantage perçue comme séparée de la vie sociale, les Occupiers ont assez peu discuté du fonctionnement du système politique, visant dès le début une remise en question des fondements inégalitaires du système économique, identifiés comme la cause des croissantes injustices sociales et de la destruction du monde (homme et nature) en cours. En opposant les 99 % aux 1 %, ils ont d’emblée touché du doigt la fausse égalité formelle qui est à la base de la démocratie représentative.


Leur slogan, « Nous sommes les 99 % », s’il peut paraître simpliste, traduit toutefois une tendance majeure commune aux sociétés capitalistes contemporaines, qu’elles soient autocratiques ou démocratiques : l’inégalité croissante des revenus, la concentration des richesses dans un secteur toujours plus réduit de la classe capitaliste et un appauvrissement généralisé1. Ce slogan percutant est à la fois unificateur et mobilisateur. Il donne au mouvement Occupy une dynamique inespérée et a modifié en quelques semaines l’état d’esprit général de la société américaine.

La surprise de l’imprévu

L’émergence du mouvement Occupy a pris le monde par surprise. En France tout particulièrement, où domine une vision figée de la société américaine qui épouserait de façon unidimensionnelle les valeurs du capitalisme, vision sans doute héritée de l’idéologie des années de la guerre froide et du poids de la gauche stalinienne…
De nombreux témoignages font état de la même surprise, cet inattendu qui fait dire à Ken Knabb : « Ces six dernières semaines ont été de loin les jours les plus heureux de ma vie ! J’ai vécu tous les événements des années 1960, mais rien de ce qui s’est déroulé alors n’est comparable à ce qui est en train de se passer ici et maintenant. La propagation de ce mouvement a été absolument stupéfiante, cela dépasse mes rêves les plus fous. »2. De la même façon, une amie new-yorkaise se réjouit : « Quelque chose de nouveau se passe enfin, quelque chose qui se manifeste sous une forme imprévue, quelque chose chargé de promesses. »

Rétrospectivement, les puissantes mobilisations contre le projet de loi anti-ouvrier dans le Wisconsin, en février 2011, peuvent s’interpréter comme la redécouverte de l’action collective3. La société nord-américaine glisse inexorablement, depuis des décennies, vers la déstructuration, et l’on avait du mal à y déceler l’émergence d’une force sociale de contestation4. Le mouvement Occupy a fait voler en éclats ce sombre constat.

En m’appuyant sur les précieuses réflexions d’amis, et après avoir fait le tri dans la masse d’informations disponibles sur le net, je vais tenter de comprendre ici cet « imprévu », ces « promesses ». La distance, l’éloignement de l’engagement direct, permettent parfois au regard critique de mieux cerner les lignes de force et les tendances d’un mouvement, de départager l’ancien et le nouveau, d’en tirer du sens. Avec, bien sûr, le risque d’erreur propre à tout exercice d’analyse d’un mouvement toujours en devenir.
Où sont les revendications ?

Le mouvement Occupy est né en dehors de la vie politique traditionnelle, dominée par les querelles entre les deux partis qui se partagent le pouvoir et qui sont perçus comme des créatures de Wall Street. Cette évidence conforte l’idée largement répandue que la finance domine la politique. Certes, la majorité des protestataires semble défendre la nécessité d’un capitalisme régulé et va jusqu’à accepter la notion d’un « profit juste », « raisonnable ». Néanmoins, ces positions ne se concrétisent pas dans une revendication réformiste adressée à la classe politique. Les participants à Occupy sont en effet intimement convaincus que les politiciens et l’État ne voudront, ou ne pourront pas, accéder à une telle requête.

Ainsi, la critique portée à l’administration Obama reste dans un premier temps timorée. Mais dès le 21 novembre, à un meeting dans le New Hampshire, des militants d’Occupy interpellent le président sur la répression exercée contre le mouvement5. Dix jours plus tard, la contestation devient plus explicite : « Obama est une marionnette du patronat », lit-on sur des pancartes devant l’hôtel de luxe new-yorkais, où il préside un banquet pour le financement de sa prochaine campagne.
S’il est vrai que Tea Party a été rapidement intégré dans les institutions politiques et au sein du parti républicain, le projet de revitaliser le parti démocrate en récupérant le mouvement Occupy s’avère beaucoup plus aléatoire, tant leurs natures sont différentes. Ce projet est par ailleurs définitivement compromis par la complicité d’un certain nombre de maires démocrates (notamment à Oakland et à Los Angeles) dans la répression du mouvement.

Depuis les premiers jours de l’occupation de Zuccotti Park à New York, certains appellent ouvertement à rejeter le système politique tout entier : « (…) les élites et leurs porte-parole dans la presse continuent à se demander ce que nous voulons. Où est la liste des revendications ? Pourquoi est-ce qu’ils ne nous présentent pas des objectifs précis ? Pourquoi ne sont-ils pas capables d’exprimer ce qu’ils veulent ? Pour nous, l’objectif est extrêmement simple. Il peut s’exprimer en un seul mot : la RÉVOLTE. Nous ne venons pas là pour chercher à travailler à l’intérieur du système. Nous ne demandons pas une réforme électorale au Congrès. Nous savons que l’électoralisme est une farce. Nous avons trouvé une autre façon de nous faire entendre et d’exercer notre pouvoir. Nous ne faisons aucune confiance, ni au système politique ni aux deux partis qui se partagent le pouvoir. Et nous savons que la presse capitaliste ne propagera pas notre voix, raison pour laquelle nous avons créé notre propre presse. Nous savons que l’économie est au service des oligarques. Nous savons que pour survivre à cette protestation, nous allons devoir construire des systèmes collectifs non hiérarchiques qui concerneront tout le monde. »

C’est ainsi que la méfiance du mouvement à l’égard du système politique, se retrouve dans l’absence de plateforme revendicative, fait qui inquiète particulièrement les « spécialistes » de la chose politique. Et lorsque les manifestants disent « Nous avons des milliers de revendications », ils sous-entendent qu’ils en ont trop pour que ce système politique les satisfasse.
The fucking dangerous music

Les conflits sociaux sont permanents aux États-Unis. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter des sites militants - par exemple, celui de la revue de la gauche syndicale, Labour Notes. Dans la plupart des cas, ces luttes restent isolées, de portée locale, ignorées partout ailleurs et cantonnées dans des limites corporatistes. Les dimensions du pays et la puissance de l’appareil de propagande du « 1 % » relèguent toute opposition à la bonne marche des affaires à une marginalité insignifiante. Or, pour la première fois depuis la guerre du Viêt-nam dans les années 1970, un mouvement se généralise à l’échelle nationale comme une traînée de poudre, atteignant mêmes de toutes petites bourgades de l’Amérique profonde. Le mouvement Occupy, en donnant un sens global à des luttes préexistantes et jusqu’à là morcelées, sur des questions d’exploitation, de logement, d’immigration, a décuplé son impact.

La formation de collectivités, animées par l’idée que les conditions individuelles de chacun sont à mettre en rapport avec la situation générale, est l’une des réussites du mouvement. Aux États-Unis plus que partout ailleurs, la pauvreté et l’exclusion sont imputées à l’échec individuel : les laissés-pour-compte ne devraient s’en prendre qu’à eux-mêmes... Le mouvement Occupy va à contre-courant de cette fatalité culpabilisante. Le sentiment d’appartenance aux 99 % engendre de la solidarité, fait naître des valeurs de fierté, de dignité, de responsabilité collective.

Le caractère spontané, indépendant et nouveau du mouvement a séduit, dès les premiers jours, ceux qui étaient fatigués de l’individualisme, de la médiocrité des valeurs marchandes : « À Zuccotti Park, c’était une musique ancienne qu’on entendait (…). La musique de la dignité humaine, de la solidarité et d’individualités se transformant en une seule. Une musique (…) pour un monde meilleur. Autrement dit, une musique foutrement dangereuse. Une musique qui dérange l’élite (…). Ceux-là, ils n’ont jamais su quoi en faire. Depuis le broyeur du contrôle occulte à la machine d’incarcération, ils n’ont jamais pu la réduire au silence. Peu importe le nombre de prisons qu’ils construisent, de bombes qu’ils lâchent, d’âmes qu’ils achètent ou de rivières qu’ils empoisonnent, ils n’ont jamais pu faire disparaître la musique du peuple. Le chant de vérité et de lumière reste, comme une sentinelle qui attend l’aube. »7

La composition des campements du mouvement Occupy varie selon le moment et l’endroit : jeunes travailleurs précarisés et étudiants déclassés, chômeurs, « sans-abri » et autres éclopés de la société — lesquels participent aux discussions, aux prises de décisions et aux actions. Comme le résumait un slogan à Zuccotti Park, « J’ai perdu mon travail, j’ai trouvé une occupation ! »8 Dans des villes ouvrières telles qu’Oakland, un nombre important de travailleurs, chômeurs, précaires en tous genres est venu renforcer les rangs des jeunes qui étaient à l’origine du mouvement. Il arrive même que des campements finissent par déménager dans des immeubles hébergeant des foyers de sans-abri. Au moment de sa destruction par la police fin novembre, le plus vaste des campements, à Los Angeles, comptait un millier d’occupants, dont le tiers étaient des sans-abri ou des sans domicile fixe.


La décision des autorités de s’attaquer aux campements des plus grandes villes à partir de la mi-novembre n’est sans doute pas étrangère à ce changement de leur composition sociologique, qui a produit une radicalisation politique du mouvement. Ce que résume Ali, un prolétaire noir d’Oakland, la veille de l’intervention de la police, le 14 novembre : « Pour moi, les changements, c’est pas une histoire de Wall Street, c’est pas une histoire de banques, mais c’est une question sociale. Tout ce qui se passe à Oakland – les meurtres, les fermetures d’écoles, les bibliothèques qui ferment leurs portes, les suppressions de postes d’enseignants, les licenciements de travailleurs du public, les mises au chômage technique – toutes ces choses dont la ville est censée se charger ne se font pas. (…) Tu sais, c’est quelque chose de petit pour l’instant, si tu la considères du point de vue de la ville d’Oakland, non ? Mais ce n’est pas petit : nous sommes un modèle pour le monde entier. Et c’est ça qui se passe.

Contre le copyright des luttes ouvrières

La capacité du mouvement Occupy à établir des liens avec des secteurs ouvriers a aussi élargi ses perspectives et modifié sa dynamique. L’exemple le plus éclairant est évidemment celui d’Oakland. Le 2 novembre, une grève générale bloquait le port et une partie du secteur bancaire pendant une journée. Un mois plus tard, le 12 décembre, à l’appel d’Occupy Oakland, un nouveau mouvement de grève — en signe de solidarité avec une grève locale du syndicat des dockers — a touché tous les ports de la côte ouest des États-Unis, de San Diego à Anchorage. Il importe, tout d’abord, de ne pas verser dans l’idéalisation de ces événements. Ainsi, le 2 novembre, le port a été paralysé par la manifestation de rue plutôt que par la grève, à laquelle n’ont participé qu’un nombre limité de salariés. Bien que des délégués du syndicat des dockers aient exprimé leur solidarité, le port a été fermé par décision de sa direction, afin de désamorcer la confrontation. La municipalité a, quant à elle, « toléré » la participation des travailleurs à la manifestation.

Toutefois, cette réalité contrastée ne doit pas diminuer l’énorme portée et les potentialités d’une telle action dans une société peu habituée à l’action collective. « Pour la plupart d’entre nous, des générations nous séparent de toute expérience directement vécue de confrontation avec le capital sur les lieux de travail, et encore plus d’un événement de grande envergure, à l’échelle d’une ville, découlant d’actions des travailleurs. Depuis des dizaines d’années, nous subissons une campagne d’opérations psychologiques de la part de la société de consommation qui nous dit que nous sommes tous de la "classe moyenne". (…) Ces phénomènes nous transforment peu à peu en individus atomisés au sein d’une société de marché, et ont pour effet d’empêcher l’émergence d’une hostilité généralisée, consciente, irréconciliable et collective à l’encontre de nos exploiteurs et des mécanismes politiques et idéologiques de leur pouvoir. (…) Le simple fait d’avoir entrepris une sorte de grève générale à Oakland en novembre 2011 peut permettre à un public plus large, à la fois dans la région et dans tous les États-Unis, de prendre conscience du potentiel de ce type d’action. »10
L’idée de grève donne une orientation nouvelle au mouvement Occupy, affaibli par la répression policière contre les campements et les occupations d’immeubles ; elle traduit en action la conscience du fait que les 99 % peuvent bloquer la production de la richesse qui est à la base du pouvoir du 1 %. Le 12 décembre, des milliers de manifestants réussissent à bloquer totalement les ports de Portland et de Longview, et partiellement celui d’Oakland. Et partout ailleurs, des piquets de grève étaient présents sur les quais.

À New York aussi, la présence de nombreux travailleurs à Zuccotti Park et le soutien — prudent, il est vrai — de syndicats locaux ont débouché sur des actions. Après le jour du blocage de Wall Street, des groupes de Occupy Wall Street (OWS) sont allés renforcer les piquets devant des sièges d’entreprises (Vierzon, Sotheby’s), où des salariés protestaient contre les mesures d’austérité. D’autres, reprenant une forme d’action commencée à Chicago, ont installé leurs tentes dans les halls de grandes banques, avant d’en être expulsés par la police. Parmi le foisonnement d’initiatives collectives originales, citons également l’organisation de débats dans l’enceinte de stations de métro, le 17 novembre, action menée avec des travailleurs du syndicat des travailleurs des transports publics. Le même jour, toujours à Manhattan, la grande manifestation de protestation contre l’expulsion de Zuccotti Park a été chaleureusement accueillie par les passants, et le cortège d’ OWS a fini par fusionner avec celui des syndicalistes sur le pont de Brooklyn.

Aux États-Unis comme en Europe, la coopération entre les activistes des nouveaux mouvements et les syndicalistes est très délicate, pour ne pas dire conflictuelle. L’initiative, l’énergie et l’imagination créative sont désormais du côté des jeunes activistes, et non des appareils syndicaux sclérosés. Ceux-ci, par leur nature même, ne peuvent dépasser l’étroit cadre revendicatif national en réaction aux orientations libérales du capitalisme. Les directions bureaucratiques se protègent de ces mouvements, voire incitent à leur criminalisation. C’est le cas en Grèce et au Portugal. Aux États-Unis, les chefs syndicaux qui ont du mal à mobiliser les travailleurs adoptèrent, dans un premier temps, une posture de solidarité suiviste, cherchant à tirer bénéfice de l’énergie des mouvements.
Avec les développements sur la côte ouest, leur attitude a changé et ils expriment désormais la crainte de perdre le contrôle de « leur » base, les travailleurs les plus combatifs rejoignant les actions d’Occupy. Pour le dirigeant du syndicat des dockers, « apporter un soutien aux dockers est une chose, que des groupes extérieurs cherchent à récupérer notre lutte pour mettre en avant leurs objectifs, c’est autre chose ! »11 Les activistes d’Occupy répondent : « On ne récupère pas de luttes ouvrières, nous faisons partie de la classe ouvrière ». Et encore : « Ceux qui sont dans le mouvement Occupy sont aussi la classe ouvrière, et ces luttes sont nos luttes. Personne n’a le copyright des luttes ouvrières. »

Le fait est que ces nouveaux mouvements soulèvent des questions que les prolétaires les plus conscients se posent, sans trouver de réponse dans les organisations bureaucratiques. Un ami, ouvrier dans une entreprise près de New York, constate que le mouvement Occupy a ouvert un espace nouveau de discussion et changé l’état d’esprit général sur les lieux de travail. Il remarque aussi que les ouvriers noirs et latinos se sentent davantage interpellés par OWS, les travailleurs blancs étant plus vulnérables au flot de mensonges des médias réactionnaires, lesquels font passer OWS pour un ramassis de drogués et de marginaux ne voulant pas travailler…12
Ain’t no Party like an Occupy Party

Il est surprenant de voir se généraliser un mouvement qui se réclame de luttes lointaines dans cette société traditionnellement repliée sur elle-même et vivant dans la méconnaissance du monde extérieur. Déjà, au moment des manifestations dans le Wisconsin, on avait vu éclore des pancartes renvoyant à la situation en Égypte : « Je rentre d’Irak et je me trouve en Egypte ! ». Le mouvement OWS s’est revendiqué, dès ses débuts, des révoltes grecques et des Indignés espagnols, dont il a repris le modèle d’auto organisation des acampados, sous des formes modulées par le sens pratique nord-américain13. En quelques jours, à New York et ailleurs, une organisation complexe a été mise sur pied, des cuisines aux services médicaux et à la fameuse bibliothèque de rue comportant des milliers d’ouvrages. Pour comprendre la signification réelle de cette auto-organisation, il faut garder à l’esprit la décadence d’une société où les bibliothèques sont rares, où les centres de santé ferment et où l’entraide est asphyxiée par la violence du droit du plus fort. C’est pourquoi, au-delà des activités d’auto-organisation, les campements sont devenus des lieux de joyeuses pratiques collectives d’une vie différente. Et c’est aussi pourquoi la destruction par la police de New York de ce village et lieu de discussion permanente au cœur du monstre urbain, sous les fenêtres de Wall Street, porte en filigrane ce message : tout ce qui est dangereux pour le système n’a pas le droit d’exister. D’autant qu’Occupy a mis en avant un projet inconciliable avec la société capitaliste, celui d’une collectivité non hiérarchique et sans revendication, et qui est régie, tout au moins en théorie, par des pratiques de démocratie directe.

Dans le fonctionnement des campements surgissent inévitablement des déviations par rapport aux principes revendiqués, des problèmes de manipulation, des actions et des pratiques qui contredisent le projet égalitaire. La question de l’argent est une des plus compliquées à résoudre pour ces collectivités. Dans une société où l’argent est roi, l’idée de solidarité se réduit vite aux dons. En peu de jours, les campements se sont retrouvés « propriétaires » de centaines de milliers de dollars qu’il a fallu gérer et dépenser en faisant des choix difficiles — test crucial de la capacité du mouvement à se démarquer de la vie politique américaine.
Des mini bureaucraties se sont constituées ici et là, cherchant à manipuler les foules. D’après un participant new-yorkais, elles sont composées de « vieux routiers des mouvements anti-globalisation, de militants d’ONG, de “spécialistes” autoproclamés en prises de décision, ainsi que de néophytes de tout genre. »14 Toute une panoplie d’organisations, groupuscules et sectes ont en effet débarqué qui, par leur nature même, cherchent à manipuler, contrôler, donner des conseils, des leçons aux masses. Totalement spontané par rapport à ces groupes, le mouvement Occupy semble avoir réussi à les maintenir à distance sans pour autant rejeter leur présence.

Dans la mesure où l’idée de démocratie de base est largement adoptée par les assemblées, les velléités bureaucratiques des chefs stratèges peinent à s’affirmer. À ce titre, la méthode du « microphone humain » est novatrice ; elle exprime un rejet des techniques modernes de diffusion de la parole, renforce le sentiment de collectivité, permet surtout de limiter la manipulation par le discours, limitant la longueur des interventions des militants. La conscience de la manipulation politique est aujourd’hui plus répandue, elle est un aspect du rejet de la politique traditionnelle. Un slogan à Zuccotti Park délimitait la place des avant-gardes, « Aucun parti ne ressemble à un Occupy Party ! » ; autrement dit, la direction du mouvement est dans sa pratique. Pour reprendre une pertinente remarque du participant cité plus haut, « Il n’est pas dit que toutes les formes de démocratie à Zuccotti soient si vides que ça. On pourrait soutenir que l’élément principal ayant contribué à l’élargissement de l’occupation n’est ni la nouveauté d’un mouvement de protestation de la gauche aux États-Unis, ni les slogans accrocheurs des activistes d’Adbusters et les jolies affiches, ni même la détermination avec laquelle les Occupiers tentent de construire un petit monde à eux dans le parc. Ces différents éléments auraient pu tout aussi bien susciter du cynisme, surtout chez les New-Yorkais. De fait, pour les milliers de gens qui ont visité le parc, l’élément clé semble avoir été l’expérience des assemblées générales elles-mêmes. On peut difficilement surestimer l’importance d’une telle expérience dans un contexte où la majorité des gens n’ont jamais participé à une réunion au cours de laquelle quiconque les a écoutés. Dès lors que ce qu’ils écoutent, ce sont le plus souvent des histoires de gros problèmes économiques (même s’ils sont plus ou moins durs), vécus par tous mais systématiquement occultés dans les médias, on peut affirmer que ce qui se déroule dans le parc dépasse une "simple forme". »15
Un mouvement créatif et imaginatif

L’imagination créative et l’humour sont des forces dans un mouvement. La première permet de surmonter les obstacles, de rebondir, d’aller plus loin. Le second dit la capacité critique de la communauté en lutte et exprime une facette de la confiance collective. Dès les premiers jours du mouvement, des questions naguère restreintes à des noyaux confidentiels se trouvent soudain exprimées par des milliers de manifestants. Elles sont d’ailleurs audibles pour toute une frange de la société — société qui paraissait pourtant insensible à l’injustice sociale, plongée dans le consensus le plus conformiste et résigné, glorifiant la victimisation des perdants.

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Quand la police new-yorkaise s’installe à Zuccotti Park après avoir détruit le campement, des milliers de personnes entourent le parc en criant : « La police occupe le parc ! La police a des chefs. Quelles sont les revendications de la police ? » Lors d’une marche – idée là encore inspirée des Indignés espagnols – de New York à Washington à travers des bourgades de l’Amérique profonde de la côte est, les participants sont le plus souvent bien reçus. Mais parfois, on les somme d’« Allez travailler ! » ; ils répondent alors « Donnez-nous du travail ! » et voient leurs contradicteurs s’éloigner rapidement. Autre type d’action directe très efficace, quand des petits groupes de manifestants déguisés en « invités normaux » interviennent dans des réunions des clubs huppés de la classe capitaliste. Le 3 novembre, 70 membres d’Occupy Chicago ont ainsi envahi un club de la bourgeoisie lors d’une intervention du gouverneur conservateur du Wisconsin.

Si des idées nouvelles sont devenues une des forces du mouvement Occupy, il est tout aussi important de remarquer que la passion des idées y est particulièrement à l’honneur. Celle-ci se manifeste d’abord dans l’intensité des débats et des discussions. Mais aussi dans la création de bibliothèques, l’une des priorités de la plupart des campements. Un jour à peine après que la police new-yorkaise a jeté à la benne des milliers de livres, une nouvelle bibliothèque a vu le jour sur un banc du Park… Des milliers de jeunes, qui vivent quotidiennement accrochés aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies, décident ainsi que le livre est un élément de réflexion et donc de lutte, indissociable du désir d’un monde nouveau. Une jeune occupante de Zuccotti Park raconte : « Le soir, quand je rentre dans ma tente, avant de dormir, je prends un livre. Et là, c’est pour moi le moment de clarté ! »16

La créativité du mouvement Occupy est particulièrement riche dans le domaine des nouvelles technologies. On peut signaler, entre autres, la création d’une télévision en ligne, Global Revolution, et la mise en place de systèmes de projection de slogans sur les immeubles de la ville la nuit. « Nous sommes les 1 % » fut ainsi visible sur la façade de la mairie de New York et les sièges des grandes sociétés.

La question de la violence est, comme en Europe, très discutée. Au-delà des désaccords politiques, l’attitude adoptée majoritairement est de ne pas répondre à la violence policière par la violence. Moins par pacifisme idéologique que par pragmatisme et intelligence pratique, compte-tenu du rapport de force existant et du caractère minoritaire du mouvement. À Oakland, les discussions seront plus contradictoires et les désaccords plus tranchés. Lors de la grève générale, Occupy Oakland a annoncé son intention de viser les entreprises ayant pénalisé les salariés pour fait de grève. C’est ainsi que les vitrines de la chaîne de magasins bio « Whole Food », qui avait menacé des employés grévistes, ont reçu quelques pavés...

La violence de la répression policière a été un puissant facteur de mobilisation. L’engagement d’anciens combattants des guerres que le capitalisme américain mène dans le monde est ici significatif. Ainsi de ce sergent des marines découvrant ce que c’est d’être du mauvais cote de la barrière. Malgré les horreurs de la guerre menée par l’armée américaine contre le peuple irakien, il compare - sincèrement sans doute - la violence qu’il y a connu à celle des forces de l’ordre contre les participants d’Occupy : « J’ai été impliqué dans une émeute à Rutbah, en Irak en 2004, et nous n’avons pas traité les citoyens irakiens comme les policiers traitent les civils sans armes dans notre propre pays. » Sur une pancarte d’un autre ancien combattant qui manifestait sur Liberty Plaza, on pouvait lire : « Deuxième fois que je me bat pour mon pays. Première fois que je connais mon ennemi ».

De façon générale, le mouvement a cherché plutôt à retourner contre la police sa propre violence pour mettre en cause son image de « force protectrice des citoyens ». De ce point de vue, le slogan « Montrez-nous à quoi ressemble la démocratie ! » est parfaitement adapté.
You can’t arrest an idea

La répression du mouvement Occupy, coordonnée par la police au niveau national, a des conséquences immédiates. L’expulsion des rues et des places pose inévitablement la question de l’après, de la survie du mouvement. La prochaine étape est, tout naturellement, l’occupation d’immeubles, endroits protégés où le mouvement peut reprendre son souffle en période hivernale. Dès début décembre, le mouvement lance une nouvelle campagne, « Les occupations d’immeubles sont le signe d’une nouvelle étape du mouvement. Les occupants se déplacent vers l’intérieur ». Vu l’état de délabrement du tissu urbain aux États-Unis, le choix des lieux ne se pose même pas. Mais pour les autorités, la défense de la propriété privée est une valeur sacrée. À Oakland, Washington DC, Portland et ailleurs, des tentatives d’occupation d’immeubles ont immédiatement provoqué l’intervention de la police et des arrestations.

Occupy tente aussi de répondre aux défaillances de l’État sur le terrain de la vie sociale. À Oakland, lors des débats qui ont précédé la grève générale du 2 novembre, des voix ont proposé une sorte de « socialisation » rampante des écoles et des centres de santé : « Ils les ferment. Nous les occupons. Nous les remettons en fonctionnement ! » Ces initiatives font écho à ce qui se produit déjà ponctuellement et que le mouvement voudrait généraliser.

Pour Occupy, il est indispensable de nouer des liens concrets avec les plus exploités, les travailleurs pauvres, les jeunes précaires et les laissés-pour-compte vivant dans les rues - et avec les prolétaires noirs en particulier17, lesquels constituent une minorité dans les mobilisations, sauf à Oakland. Deux types d’action sont révélateurs de cette préoccupation. Le 18 novembre, on apprend que le gouvernement Obama a expulsé plus de 400 000 immigrés depuis le début 2011 ; cette administration a déjà atteint le record de 1,1 million de personnes expulsées. Le même jour, à Montgomery, capitale de l’État d’Alabama qui vient de voter la loi la plus répressive du pays sur l’immigration18, les membres d’Occupy Alabama rejoignent les militants des organisation de défense des immigrés pour bloquer les rues du centre-ville. En donnant une dimension nationale à une action locale, ils renforcent son impact.
Les actions contre les expulsions de logements vont dans le même sens - surtout qu’en octobre 2011, ces expulsions ont encore augmenté de 7 % par rapport au mois précédent. À Minneapolis, les membres d’Occupy Minnesota se mobilisent par solidarité avec les expulsés des quartiers pauvres. « Invités » par les propriétaires, des groupes d’une vingtaine de personnes « occupent » les logements et les maisons que les banques ont l’intention d’exproprier. Face à des groupes déterminés soutenus par le voisinage, la police hésite à intervenir et les banques proposent souvent une renégociation des prêts. D’autres groupes « ouvrent » des maisons abandonnées pour y installer des personnes sans logement.

Comme le souligne une amie new-yorkaise, « le pouvoir a frappé soudainement et violemment car il lui fallait se débarrasser vite de cette agaçante interruption du “business as usual”. Mais ce faisant, il risque de se retrouver face à une hydre aux multiples têtes. Vous l’écrasez dans un endroit et voilà qu’elle réapparaît en plusieurs endroits et sous des formes différentes ». Cette prévision trouve un écho sur les banderoles : « Vous pouvez arrêter des personnes. Vous ne pouvez pas arrêter une idée ! » ou « Nous sommes nombreux, nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas ! »
Quand le silence ne paye plus.

Pour restituer la vraie dimension du mouvement Occupy, sa nouveauté et sa richesse, il faut le replacer dans son contexte, une société dominée au plus haut point par l’individualisme marchand, où des années de déstructuration et d’appauvrissement des classes exploitées semblaient avoir enseveli l’esprit collectif. Le jour même où la police a rasé le campement de Zuccotti Park, on apprenait par la presse la révision à la hausse du calcul officiel de la pauvreté et l’augmentation du nombre d’enfants américains vivant dans un foyer pauvre – un million de plus en un an, soit plus d’un enfant sur trois.

Occupy s’intègre dans une montée des mouvements de révolte au niveau mondial. Tout comme les Indignés en Europe, Occupy est animé à la fois par un fort rejet de la vie sous le capitalisme et par la recherche obstinée de nouvelles façons d’affronter le système. Le mouvement doit forcément se bâtir en dehors des anciennes formes de conflit, politiques et syndicales en tout premier lieu, rendues inefficaces par l’évolution contemporaine du capitalisme. Paradoxalement, on peut parier que la vitalité et la capacité inventive du mouvement Occupy sont directement liées à la faiblesse des idées de gauche aux États-Unis. Ce corps d’idées est en Europe indissociable de l’existence d’un État social, socle sur lequel se perpétue le système d’exploitation du travail, avec des variantes plus ou moins supportables. Ce modèle d’intégration est désormais caduc. La capacité du système à se reproduire en période de croissance se fondait autrefois sur un consensus négocié et cautionné par des institutions politiques et syndicales. Ce consensus, qui nous a amené là où nous sommes, est désormais inefficace, dépassé par la violence de la crise.

Le 1 % ne compte plus sur le réformisme raisonnable pour asseoir son pouvoir. La résignation ne paye plus, avertit une pancarte à Chicago, « Le silence ne vous protégera plus ! » On comprend que la revendication négociable trouve peu d’écho chez les partisans d’Occupy. C’est sur ce constat de faillite des anciennes formes d’actions syndicales et politiques, que se développent ces nouveaux mouvements, lesquels mettent en question la nature des sociétés, cherchent par tâtonnements de nouvelles façons de les affronter. Des mouvements qui avancent sur des pratiques positives, intègrent la lenteur dans la rupture sociale, contournent l’illusion de la réforme. Ce qui n’est pas un exercice facile. En Europe, c’est justement dans les sociétés où la gauche a eu la plus d’emprise sur la pensée politique que ces mouvements peinent à s’affirmer. La société française, où l’on a du mal à penser l’action politique en dehors de la dichotomie droite-gauche, est exemplaire à cet égard. Devant le constat de défaite des organisations syndicales face aux politiques d’austérité, on se réfugie, entre angoisse et peur, dans une illusion replâtrée à laquelle peu croient encore véritablement : l’électoralisme.

Plutôt que de s’enfoncer dans le désastre, rien ne nous empêche de chercher de nouveaux chemins. Leurs contours nous paraissent encore imprécis, nous les voyons surtout en négatif. C’est à ce titre que, à l’instar des mouvements des Indignés en Europe, le mouvement Occupy est, malgré ses imperfections, contradictions et faiblesses, enthousiasmant et porteur d’espoir.

http://www.article11.info/?Occupy-cette-agacante-interruption#pagination_page

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Message le Sam 24 Déc 2011 - 15:16 par Mister Cyril

"Je ne pense pas que qui que ce soit les ait floués (manipulés)... "

Euh justement floué est un doux euphémisme puisque les gaziers parlent carrément de "révolution confisquée""d'élections truqués""manipulation de masse" (même oligarchie en place + élections qui donnent des miettes de pouvoir aux islamistes) et j'en passe...après je te rejoins sur l'indignation qui n'est en rien une action politique et que l'analyse critique du système économico financier est insuffisant (bein là à une époque c'était plutôt toi qui nous apportais des billes, c'était mieux avant). Après le débat de savoir qui est véritablement révolutionnaire ou pas et les voeux pieux, donc l'organisation révolutionnaire puis les structures garantissants la mise en place d'un vrai régime socialiste...on avance, on avance...

Salut mon ratounet

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Message le Ven 23 Déc 2011 - 19:07 par country skinner

qui ont tous l'impression d'avoir été floués
Je ne pense pas que qui que ce soit les ait floués (manipulés)... Pourvu seulement que leur déception les amène à réaliser simplement que l'indignation ne tient pas lieu d'analyse critique du complexe économico-politique, et que camper à Wall Street ne remplace pas, par exemple, une analyse du rôle des organismes financiers comme palliatif (provisoire ?) de la baisse tendancielle du profit, ou que la dénonciation du consumérisme (occupy black friday) reste un voeu pieux sans remise en cause de la logique de marché concurrentiel...

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Message le Ven 23 Déc 2011 - 16:41 par Mister Cyril

En cette pèriode propice aux bilans annuels, il ne faut pas avoir la mémoire trop courte et bien voir que fin 2010 je n'osais voir la contestation prendre cette ampleur; du petit pamphlet d'Hessel, aux indignados (mai 2011 je crois) à Occupy Wall Streert il est clair que l'on a vu des formes de luttes très novatrices, à une rapidité assez sidérante et à ampleur géométrique voire exponentielle...(après long est le chemin mais disons que cela permet d'entrevoir une utopie optimiste en lieu et place de la résignation générale); de l'autre côté aussi après un temps de stupéfaction et de surprise la contre-culture s'organise...

Le dernier opuscule de Badiou (que je ne conseille pas forcément) synthétise (plus qu'il n'invente)pas mal la différence entre émeute immédiate, latente et historique. La localisation du lieu de contestation permet une amplification politique que beaucoup avait sous-estimé; la richesse des échanges et l'organisation horizontale ont permis des échanges très riches mais une fois cette localisation interrompue (par la force ou par des élections) mis à part le message rassembleur du départ "Moubarak dégage" ou "Ben Ali dégage" qui est accompli (et ce n'est pas rien) on voit tous les "cocus actifs" du mouvement se lamenter contre un pouvoir inchangé ou les résultats des élections dont il n'avait pas soupçonné un centième de l'ampleur réactionnaire. C'est là où l'organisation horizontale en ne voulant pas se poser les questions d'une organisation politique pérenne (et pour moi en refusant de rentrer dans le jeu électoraliste) ne peut offrir que quelques ballons d'oxygène mais beaucoup d'espoir déçu Révolutions arabes, mai 68.... "Une organisation est au croisement d'une Idée et d'un évènement". Ce moment de l'organisation est de loin le moment le plus difficile parce que c'est le moment des divisions (cf guerre d'Espagne ou tout mouvement entre cocos, gauchistes, anars et autres) en même temps ou l'adversaire cherche à reprendre le dessus...
Je ne cesse de lire des témoignages d'indignés espagnols, grecs et révolutionnaires arabes qui ont tous l'impression d'avoir été floués, un certain nombre continue de se battre avec leur moyen mais donne l'impression d'être passé près d'un évènement de plus grande ampleur...ne soyons pas toujours les "cocus de l'Histoire", les moyens de l'ampification politique existe, ne nous trompons pas sur les outils et les finalités pour cette putaing d'année-clé 2012.

Bizz!

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Message le Mer 21 Déc 2011 - 11:30 par Mister Cyril

Vi mais...j'aimerais synthétiser tout ça et parler des débouchés possibles...dans la semaine, bizz ma belle!

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Message le Mar 20 Déc 2011 - 23:55 par brusyl

Etats-Unis : les nouvelles formes de militantisme anticapitaliste


Si le mouvement « Occupons », en ralliant tous ceux qui se sentent délaissés par l’ordre économique actuel, a désormais fait tâche d’huile un peu partout à travers les États-Unis (et même le monde), la forme du militantisme qu’il pratique est pourtant assez classique. Il a certes lancé les jalons d’un nouveau discours anticapitaliste (« nous sommes les 99% »), tout en promouvant une conception radicale de la démocratie (l’assemblée générale, le consensus). Mais ses actions appartiennent pour la plupart au répertoire de la vénérable tradition américaine de la « désobéissance civile » : cortèges, investissement et blocage de la voie publique, non-violence face aux forces de l’ordre, arrestations tactiques. Mais si ces agissements appartiennent à un registre familier, le mouvement a su en même temps inspirer des pratiques militantes plus novatrices, animées par le même esprit anticapitaliste.

« Bank Transfer Day » : Ras-le-bol des grandes banques !

Un exemple particulièrement intéressant est le « Bank Transfer Day ». Cette initiative est une réaction à la décision récente d’un certain nombre de grandes banques américains de faire payer à leurs clients un supplément mensuel pour l’utilisation des cartes de paiement : cinq dollars par mois dans le cas de Bank of America, trois dollars pour Wells Fargo, etc. Cette décision est elle-même une réponse à un dispositif législatif lié à la réforme du système financier adopté dernièrement par le Congrès américain surnommé le « Durbin Amendment », qui a réduit les frais que les banques perçoivent auprès des marchands à chaque utilisation d’une carte de paiement (réduisant le seuil maximal par transaction de 44 à 24 cents). Les banques ont choisi de répercuter cette perte sur le consommateur. L’instigatrice du « Bank Transfer Day » est une certaine Kristen Christian, propriétaire d’une galerie d’art à Los Angeles, âgée de vingt-sept ans. Elle explique ainsi ses motivations: « J’étais fatiguée que l’on me fasse payer frais bancaire après frais bancaire. Si je leur téléphone parce que leur site web est en panne, on me fait payer deux dollars. Mais ce n’était pas de ma faute. Quand [les banques] ont décidé de réagir de façon négative au Durbin Amendment, j’étais malade ».

La solution ? Elle demande à tous ceux qui partagent ses frustrations de fermer leurs comptes chez des grandes banques pour les rouvrir chez des « credit unions » – des banques coopératives régionales. D’autre part, elle propose, site Facebook à l’appui, que tous ces transferts se fassent au cours d’une journée d’action nationale, le 5 novembre. L’appel est suivi : selon le Credit Union National Association, 40 000 nouveaux comptes sont ouverts auprès des banques coopératives, soit $80 000 en nouveaux comptes d’épargne. Depuis l’annonce des nouveaux frais par Bank of America fin septembre, les « credit unions » ont ramassé 650 000 nouveaux clients et $45 milliards en nouveaux comptes d’épargne. « Bank Tranfer Day » n’est pas directement lié à Occupy Wall Street, mais ce dernier lui a toutefois apporté son soutien. Le choix même du 5 novembre, le « jour de Guy Fawkes » au Royaume-Uni, évoque l’image de celui qui (par l’intermédiaire des hackers du réseau Anonymous) est devenu l’emblème du mouvement « Occupons ».

« Occupy Black Friday » : Ne soyez pas un consommateur zombie

Un autre mouvement concerne les achats des consommateurs américains pour la fin de l’année. Le vendredi après la fête de « Thanksgiving » (fin novembre) est surnommé « Black Friday » ou « vendredi noir » (le nom se réfère au fait que c’est souvent le moment de l’année où, dans le commerce de détail, les comptes passent « dans le noir »). C’est le coup d’envoi des achats de Noël, marqué par des soldes considérables dans les grands magasins, qui donnent lieu à une espèce d’orgie de consommation. Souvent, les clients arrivent devant les magasins en pleine nuit pour être les premiers à pénétrer y à l’ouverture des portes, pour pouvoir ensuite se ruer sur des produits à des prix exceptionnellement abordables.

Cette année, « Occupy Wall Street » a inspiré un mouvement baptisée « Occupy Black Friday », qui propose de boycotter cette grande messe de la consommation. Selon les organisateurs, « ‘Black Friday’ est une journée où les méga-entreprises nous dictent notre conduite de manière patente ; ils disent ‘faites du shopping’ et nous faisons du shopping ». A l’instar du mouvement « Occupons » lui-même, « Occupy Black Friday » a donné lieu à de nombreuses variations locales, ayant des objectifs parfois divers. A New York, on a manifesté devant le grand magasin Macy’s pour s’opposer à la vente des manteaux de fourrure. A Boise (Idaho), des militants optèrent pour l’agitprop, organisant dans un centre commercial un défilé silencieux de « consommateurs zombies ». Souvent, les consommateurs furent encouragés à fréquenter les commerces locaux et les PME plutôt que des grandes surfaces comme WalMart ou Target.

« Occupy Student Debt » : Étudiants, refusez de payer vos dettes !

Il n’est pas surprenant, enfin, que ces nouvelles formes de militantisme évoquent les soucis des étudiants, qui ont joué un rôle primordial dans le mouvement « Occupons ». Rien n’inquiète plus les étudiants américains que les dettes qu’ils sont obligés de souscrire pour financer leurs études. Le 21 novembre, un groupe lié à « Occupy Wall Street » a lancé un site web surnommé « Occupy Student Debt ». Selon un des organisateurs, le professeur Andrew Ross de New York University, l’endettement étudiant s’apparente à une forme de féodalité. Un « college degree » (soit quatre année d’études supérieures) est devenu un pré-requis pour de nombreux emplois (surtout ceux donnant accès à la classe moyenne). Mais les coûts de cette éducation sont devenus exorbitants, même dans les universités publiques. La somme de ces dettes s’approche actuellement de 1 000 milliards de dollars. Mais les étudiants se trouvent en même temps de plus en plus vulnérables vis-à-vis des organismes prêteurs. En 2005, la législation permettant aux étudiants de se déclarer en faillite sur ces emprunts (avec les protections que ce dispositif permet) est supprimée. Le seul choix qu’il leur reste désormais est le non-paiement, option qui ruine leur notation de crédit et les expose aux pratiques prédatrices des institutions financières (frais de recouvrement, pénalités de retard, etc.). Comme les hypothèques « subprime », qui profitaient de la vulnérabilité des bas revenus, le prêt étudiant est devenu une forme de prêt rapace.

« Occupy Student Debt » propose une sorte de grève de remboursement des dettes. Le mouvement a lancé un appel à signer un « student debtor’s pledge », un engagement à arrêter de rembourser ses dettes une fois que le nombre des signataires aura dépassé le million. Cette pétition affirme : « La dette étudiante, qui s’approche de 1 000 milliards de dollars, empoisonne les études supérieures. Alors que le chômage chronique s’annonce comme une probabilité pour les décennies à venir, nous porterons un fardeau intolérable. Le moment est venu de refuser cette dette. La dette corrompt nos priorités éducatives et place des restrictions sévères sur nos choix individuels ». Les signataires revendiquent l’éducation gratuite dans les universités publiques, des prêts étudiants sans intérêt, et l’annulation complète de la dette étudiante actuelle. Le chemin qui reste à parcourir est pourtant long : le 8 décembre, la pétition n’avait récolté qui que 2 382 signatures.

« Bank Transfer Day », « Occupy Black Friday », et « Occupy Student Loans » s’inscrivent tous dans la foulée d’« Occupy Wall Street ». Ces mouvements s’appuient sur le pouvoir du consommateur, qu’ils voient comme un enjeu stratégique dans la contestation des grandes entreprises et des institutions financières. S’ils sont parfois radicaux dans leur démarche, ces mouvements s’avèrent résolument réformistes quant à leur idéologie : ils prônent une maitrise du capitalisme, une économie de marché où les ultra-riches n’auraient pas un pouvoir prépondérant et où le service public aurait un rôle important, plutôt qu’un rejet pure et simple de notre système économique actuelle. Ils adhèrent d’autre part à certains principes du mouvement écologique, comme le localisme (c’est le cas notamment de « Bank Transfer Day »). Ces mouvements semblent susciter l’intérêt (mais pas nécessairement l’adhésion) du public quant ils insistent sur les inégalités, mais sont vus d’un œil plus sceptique à partir du moment où ils contestent les principes de la société de consommation elle-même (les militants d’« Occupy Black Friday » furent présentés dans les médias comme des rabat-joies). Et pour le moment, s’ils ont su focaliser l’attention du public sur les questions qui les concernent, ils sont bien loin d’avoir entrainé une mobilisation de masse. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le mouvement « occupons » a inspiré une créativité militante visant notre système économique que l’on n’avait pas vu depuis longtemps.

http://alternatives-economiques.fr/blogs/behrent/2011/12/08/etats-unis-les-nouvelles-formes-de-militantisme-anticapitaliste/

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Message le Mer 30 Nov 2011 - 22:12 par Mister Cyril

Ca sent la fin du mouv première mouture, après est-ce que cela peut rebondir? rennaître de ses cendres ou prendre une toute autre forme...reste le masque de la résistance!

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Message le Mer 30 Nov 2011 - 22:10 par Mister Cyril

Etats-Unis : nouveaux démantèlements de camps anti-Wall Street
La police accentue sa pression sur les Indignés américains, dont le mouvement semble s'essouffler progressivement.

Les autorités ont porté un nouveau coup aux anti-Wall Street en démantelant dans la nuit deux des plus gros campements anti-capitalistes des Etats-Unis à Los Angeles et Philadelphie, deux semaines après l'évacuation des manifestants new-yorkais à l'origine du mouvement.

Ces expulsions sont un nouveau coup dur pour le mouvement, qui peine à trouver un second souffle depuis son apparition à New York le 17 septembre.

«Cherche abri désespérément»
A New York, coeur symbolique du mouvement,les manifestants ont dû quitter le square Zuccotti il y a deux semaines. Ils se retrouvent encore pour des manifestations ponctuelles mais la dernière remonte au 23 novembre. Leur site internet témoigne que les manifestants "cherchent désespérément des abris et des moyens de transport".

A Oakland (Californie) ou à Portland (Oregon, Nord-Ouest), des campements de protestataires ont également été démontés à la mi-novembre.

Dans la capitale Washington en revanche, les anti-Wall Street occupent toujours deux camps de fortune non loin de la Maison Blanche, mais des rumeurs commencent à courir parmi les médias locaux et les manifestants sur une note des autorités évoquant "l'augmentation des incidents" et qui serait le signe annonciateur d'une prochaine expulsion.

Plutôt confiants, les anti-Wall Street de la capitale se préparent pourtant à passer l'hiver sous leurs tentes.

Fin de partie à Los Angeles
A Los Angeles, environ 500 personnes étaient présentes au moment de l'intervention de la police dans la nuit de mardi à mercredi, selon un photographe de l'AFP. Le démantèlement du camp est finalement intervenu 48 heures après l'expiration d'un ultimatum fixé par le maire de la ville.

Peu après minuit (08H00 GMT mercredi), les forces de l'ordre ont annoncé avec des mégaphones que le campement était désormais considéré comme illégal, et que les manifestants devaient quitter les lieux "immédiatement" sous peine d'être interpellés.

Après avoir passé des heures à se demander d'où les policers surgiraient, les anti-Wall Street ont finalement vu les forces de l'ordre sortir directement des locaux de l'hôtel de ville, pendant que leurs collègues qui cernaient les manifestants procédaient à de premières arrestations.

L'opération s'est ensuite poursuivie dans le calme et les policiers se sont mis à démonter les tentes. "Nous avons effectué au total un peu plus de 200 arrestations", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Lorenzo Quezada.

Vers 05H30 locales (13H30 GMT), le démantèlement du campement était toujours en cours, la police tentant de déloger les derniers manifestants qui s'y trouvaient. "Il y a encore quelques manifestants qui ont grimpé aux arbres. Des policiers essaient des les faire descendre", a expliqué M. Quezada. Au total, quelque 1.200 policiers ont pris part à l'opération dans la Cité des Anges.

Le rideau tombe à Philadelphie
A peu près au même moment, à l'autre bout du pays, la police a également démantelé un campement à Philadelphie (Pennsylvanie, Est). Plusieurs dizaines d'arrestations y ont eu lieu, selon un journaliste de l'AFP.

"Je pense que nos policers ont montré de la retenue dans l'opération. Nous avons été très patients", a déclaré à l'AFP le commissaire Charles Ramsey.

A Philadelphie comme à Los Angeles, les policiers étaient suivis par des camions poubelles, pour emporter les tentes, les bâches et les pancartes accumulées dans les deux campements.

Quelques échauffourées ont éclaté au cours de ces deux opérations, mais ces dernières se sont déroulées dans l'ensemble dans le calme.

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Message le Sam 26 Nov 2011 - 11:36 par Donald11

Cesse donc de râler mon gros nounours, c'est pas mal non plus ! Et pis ça fait 9 pieds de vers !
Quant a OWS, s'ils font peur aux bourses, les miennes restent sereines !!!

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 19:10 par brusyl

huit pieds

arfff, ce qui n'est pas marrant avec les compteurs de vers puristes c'est qu'on ne peut même plus tricher !
Alors je recommence, pour faire tout pareil que Verlaine

Tu dis qu'ils sont plus que bisounours ?
Pourtant ils sont toujours dans la course
et commencent à faire peur aux bourses.
allez, cesse de râler mon gros ours !

Bon ce n'est pas encore cela :

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.


Mais j'y travaille, j'y travaille !

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 6:02 par country skinner

mais ils sont toujours dans la course
huit pieds (sauf dans le midi ou le e final n'est jamais élidé hé hé)
Mais depuis Rimbaud les vers sont libres, nom de...

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 23:12 par brusyl

merci merci merci !
hey déconne pas mister, j'ai recompté mes vers, sauf le dernier ils font tous neuf pieds, des vers ennéasyllabiques, comme Verlaine !

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 18:05 par Donald11

brusyl a écrit:c'est rageant hein de se faire bouffer un long message ! la prochaine fois t'as qu'à le taper sur word et venir le coller ici ! lol !

Tu dis qu'ils sont plus que bisounours ?
mais ils sont toujours dans la course
et commencent à faire peur aux bourses.
allez arrête de râler mon gros nounours !

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 17:49 par Mister Cyril

brusyl a écrit:c'est rageant hein de se faire bouffer un long message ! la prochaine fois t'as qu'à le taper sur word et venir le coller ici ! lol !

Tu dis qu'ils sont plus que bisounours ?
mais ils sont toujours dans la course
et commencent à faire peur aux bourses.
allez arrête de râler mon gros nounours !

moua moua bon longueur des rimes inégales, c'est pas du Baudelaire mais un joli quatrain!!!

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 15:34 par brusyl

c'est rageant hein de se faire bouffer un long message ! la prochaine fois t'as qu'à le taper sur word et venir le coller ici ! lol !

Tu dis qu'ils sont plus que bisounours ?
mais ils sont toujours dans la course
et commencent à faire peur aux bourses.
allez arrête de râler mon gros nounours !

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Message le Mer 23 Nov 2011 - 13:11 par Donald11

Bon je t'ai repondu et ca a disparu pour cause de maintenance du site. Et merde ...
Je vais faire tres court : version video longue = bisounours ++++ ...

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 19:32 par brusyl

@ duck

Chassent le contestataire avec du poivre

Pour ton information : le gaz poivre est un gaz contenant de grandes quantités de capsaïcine que l'on trouve notamment dans le piment, il est présenté comme non mortel.

Il est utilisé :

* En pulvérisateur comme moyen de défense personnelle.
* Par certaines forces anti-émeute pour repousser les manifestants.
* Dans certains types de tortures.


La capsaïcine est l’ingrédient actif dans le vaporisateur de gaz poivre pour contrôler les émeutes. Les gouttelettes provoquent une douleur vive en contact avec la peau, en particulier celle des yeux ou d’une membrane muqueuse.

En grande quantité, la capsaïcine peut être un poison mortel. Les symptômes d’une dose excessive comprennent la difficulté de respirer, la cyanose et les convulsions.

Libre à toi de continuer à les traiter de bisounours, moi je considère cela plutôt comme un signe d'intelligence : si tu vois la video, tu constates combien leur réaction est étudiée, organisée : leurs gestes sont parfaitement similaires au même moment et quand les policiers essaient de les emmener, ils se regroupent immédiatement dans la position de la tortue en défense.
Seule façon de compenser leur minorité numérique face aux énormes moyens de répression. Seule façon de montrer la répression dont il font l'objet, seule façon de gagner la guerre de l'opinion.
Nous ne sommes pas dans une société de bisounours, et je crois bien que les étudiants de Berkeley sont les derniers que l'on puisse accuser de cela, vu leur long passé contestataire et de contre culture... mais de communication.

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 18:35 par Mister Cyril

Effectivement cela peut être une tactique bien plus efficace que la rébellion armée (si tu fais référence à notre discussion de l'autre soir)...c'est juste que ces gars là sont très forts psychologiquement...mais que servir de punching-ball pour la cause je pourrais pas; chacun ses compétences! En tout cas grâce aux vidéos permanentes ils peuvent plus faire n'importe quoi comme avant et ça c'est un gros progrès!

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 16:07 par Donald11

Quand je vous dis que tout ca est bisounours. S'il y a un symbole ici, c'est celui de la connerie policiere et de leur hierarchie ... Ils sont en mission ... les pauvrets ! On devrait leur envoyer mam pour leur donner de l'energie ... Chassent le contestataire avec du poivre !!! Devraient essayer le poil a gratter !
Chez nous, elle a appris a taper beaucoup plus fort, et rend par ailleurs de nombreux services au pouvoir, entre ratonnades, arrestations au facies, et chasses aux automobilistes. Et ensuite elle pleure que la justice est trop laxiste !!! J'en ai les larmes aux yeux !
Doivent bien se marrer les Lobbyers et leur 850 000 dollars quand ils voient ca ...

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 15:41 par Donald11

brusyl a écrit:Moi aussi j'ai une question : cela veut dire quoi "propagande quand tu nous tiens" ? tu parles de qui ou de quoi ?
De celle des lobbies ...
Ouais, mais comment a ete etabli ce devis et sur quels criteres ? Le nombre de flics blesses ? Le nombre de fonctionnaires a graisser la papatte ? Le nombre d'elus a envoyer aux Seychelles ?

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 14:38 par brusyl

A Berkeley, utilité et force symbolique de la non-violence légitimée

21/11/2011




Un incident qu’on jugerait justement assez bénin, vendredi à l’université de Berkeley, avec le mouvement Occupy Berkeley, a provoqué de nombreuses réactions et un nombre considérable de commentaires. (Le 21 novembre 2011 au matin, Google référençait 1.698 articles sur ce sujet.)

L’incident, tel qu’il est rapporté, est accompagné d’une vidéo largement diffusée, montrant un groupe de 20 à 30 policiers “affrontant” un groupe d’une soixantaine d’étudiants protestataires, dont une vingtaine s’était assis au travers d’une des routes du campus. Les policiers ont voulu dégager cette route. Un officier de police s’est approché des protestataires, assis, les bras au-dessus de leurs têtes pour se protéger, et les a aspergé méthodiquement et presque scrupuleusement avec un diffuseur de la fameuse substance au poivre rouge dont l’emploi par les forces de l’ordre fait l’objet de nombreux commentaires aux USA. L’incident est décrit par divers récit, dont celui du San Francisco Chronicle le 19 novembre 2011, celui de Salon.com le 19 novembre 2011, celui de DavisEntreprise.com du 19 novembre 2011, qui donne de nombreux détails.

Nous citons des extraits du texte de Salon.com, qui se veut militant et engagé, en faveur des étudiants d’Occupy Berkeley. C’est en effet le résultat final de cet incident qui nous intéresse, couplé à son écho, sa diffusion, etc.

«I’ve seen so many shocking photos and videos of police brutality against Occupy Wall Street protesters and their far-flung supporters around the country. But there’s something about this now-viral video, of a UC Davis police officer casually and cruelly pepper-spraying a line of non-violent protesters, and the way the students responded, that symbolizes both what the movement is up against – and how it ultimately wins. It’s below. Be sure to watch the whole thing, because as sickening as it is to see the red pepper-spray hit students directly in their faces, it’s as inspiring to see how they react, and how it ends – at least for now. The Davis Enterprise identifies the officer as Lt. John Pike. […]

»What the UC Davis protesters did Friday was non-violent. What the cops did in response was brutality. The video is very hard to watch. But if you watch the whole thing, you’ll see the remaining students begin to chant “Shame on you!” and slowly move toward the police. And you’ll see the cops begin to retreat, maybe because their work is done, but maybe because they’re feeling the moral and political power of that non-violent crowd. Some of the cops really do look ashamed, including Pike himself (in my opinion; you might see it differently.) This is how we win. Imagine how different it would look if some self-appointed “revolutionary” decided it was time for a “diversity of tactics” that included violence in Davis on Friday…»

Il s’agit de parler clairement, selon les normes quantitatives des tragédies du monde que nous connaissons chaque jour. L’incident est dérisoire, et quasiment ridicule par rapport à tant de si profondes tragédies largement documentées, elles aussi agrémentées de vidéos impressionnantes. Cette appréciation concerne aussi bien Occupy, dont le mouvement dure depuis deux mois, durant lesquels il n’y a pas eu un seul mort, tandis que des centaines et des milliers de personnes étaient tuées et blessées en Syrie ou en Libye, ou qu’il y avait, hier 20 novembre 2011, 5 morts et un millier de blessés dans la manifestation du Caire. Cela est dit pour situer la signification quantitative de l’événement, sans aucune référence à une cause politique ou l’autre.

…Ces réserves étant admises, il est vrai que la vision de la vidéo est significative et hautement symbolique dans la précision du film qui en est tourné. On voit donc l’officier de police asperger les étudiants assis, qui ne font que se protéger la tête, sans autre geste que cette défense des plus rudimentaires. A partir de là s’installe la confusion, ponctuée par les crise de “Shame on You” lancés aux policiers par une foule d'une à deux centaines de personnes, rameutée entre temps, autour de la scène, et qui ne bouge pas. Les policiers montrent des attitudes flottantes. Certains se détournent, parlent à la foule ou discutent entre eux. La plupart ne savent que faire. On emmène un ou deux étudiants de force. L’impression de plus en plus forte qui se dégage de la scène est effectivement la gêne considérable, grandissante, des policiers… Peu à peu, sans qu’aucun ordre n’ait été donné, sans aucune pression de la foule sinon cette litanie des “Shame on You”, les policiers se regroupent, se forment en une espèce de carré qui semble de plus en plus défensif alors qu’aucune menace n’existe contre eux, puis, très curieusement, finit par paraître s’être lui-même mis en position d’être encerclé par la foule ; finalement, les policiers commençant à reculer, pour enfin retraiter définitivement… L’effet, à la réflexion, est saisissant. Du coup, l’incident dérisoire acquiert effectivement une force symbolique exceptionnelle.

Il s’agit de tenir compte de toutes les circonstances de communication, de l’apparat symbolique du mouvement qui lui a été donné par ce même système de la communication, de la façon dont l’événement Occupy a changé, comme disent nombre de commentateurs aux USA, “the conversation in the USA”, du domaine financier et budgétaire au domaine économique et du chômage, passant ainsi des complexités et des impasses techniques à la vérité des drames humains. Tout cela pèse sur les psychologies, y compris celles des policiers et, en cet instant, à cause de cet incident à la fois dérisoire et cruel, de cette immobilité des protestataire, donc de l’absence de violence antagoniste qui déplacerait l’attention sur l’événement d’une confrontation brutale en train de se faire, la scène finit par acquérir la puissance symbolique d’une agression quasiment gratuite (“sadique”, disent certains) contre une situation de malheur social sans précédent dont Occupy est le symbole. C’est cela qui provoque soudain la gêne des policiers, qui les repousse, eux qui sont, également, des citoyens du même pays, et à qui, de plus en plus souvent, des manifestants d’Occupy adressent des pancartes où l’on peut lire, “Cops, you are the 99%”. La force de cette vidéo, c’est d’avoir illustré les conditions d’une répression certes violente mais surtout disproportionnée et gratuite ; c’est surtout d’avoir brusquement illustré une psychologie collective qui explique la puissance involontaire, inconsciente et comme désincarnée de Occupy.

Ce n’est pas le principe de la non-violence, – s’il y a “principe”, – qui triomphe ici. La non-violence est une tactique très utile dans ce cas, justement parce qu’elle colle au reste des tactiques d’Occupy et empêche de créer des évènements pressants qui étoufferaient le socle d’une puissance évidente sur laquelle s’appuie la psychologie du mouvement. (La plupart des applications de la tactique de non-violence n'empêchent pas des confrontations brutales à cause de répressions sanglantes.) Mais, certes, c’est ce “socle d’une puissance évidente” qui compte plus que tout et pèse sur les psychologies de tous, et la vidéo de Berkeley en rend compte puisque ce socle reste indemne, sa puissance exprimée avec plus de force et d’effet de communication que tous les affrontements du monde. (Les autorités de Berkeley, qui ont demandé cette intervention de la police, sont aujourd'hui dans un grand embarras.

http://www.dedefensa.org/article-a_berkeley_utilite_et_force_symbolique_de_la_non-violence_legitimee_21_11_2011.html




Ou ici en version plus longue (8') mais excellente car on y voit bien le recul honteux de la police, comment il se regroupent comme une meute menacée : https://www.youtube.com/watch?v=WmJmmnMkuEM&feature=related

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 14:07 par brusyl

et un deuxième temps pour moi , j'ai écrit euros et non dollars. Je devais vraiment avoir la tête ailleurs hier vu les bourdes et fautes que j'ai enfilées comme des perles !
Merci à vos corrections à mister et à toi, c'est immédiat et systématique : grâce à vous et votre sollicitude bienveillante, je verserai peut-être un peu moins vite dans le gagatisme avancé.

Ce nombre sort du devis soumis par les entreprises de lobbying aux hommes politiques pour les services qu'elles proposent : un devis est normalement chiffré non ?
Moi aussi j'ai une question : cela veut dire quoi "propagande quand tu nous tiens" ? tu parles de qui ou de quoi ?

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Message le Lun 21 Nov 2011 - 11:50 par Donald11

brusyl a écrit:Image d'Epinal ? je vois pas trop le rapport.....
Passeque c'est beau et un peu naif ...
De la simple logique : pourquoi iraient- ils aller dépenser 850 000 euros pour quelques chevelus drogués qui ont décidé de planter leur tente ailleurs que dans un camping ?
Premiere question que je me pose : pourquoi 850 000 euros, vu qu'on est en Amerique, mais j'ai la reponse, tu as traduit dollars en euros. Deuxieme question que je me pose : d'ou sort ce nombre. Troisieme question : pourquoi pas 500 000, 1 500 000 ou 657 499. Derniere question en forme de remarque : 850 000 dollars (meme), ca te parait enorme compare avec ton salaire. Mais c'est ce qu'ils peuvent chacun sortir en un week-end et en liquide ...
Et puis faut bien acheter quelques consciences ...

Propagande, quand tu nous tiens !!!

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