occupywallstreet

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27092011

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occupywallstreet




Chomsky

"N’importe qui ouvre un peu les yeux sait que le gangstérisme de Wall Street — des institutions financières en général — a causé des dégâts graves à la population des États-Unis (et du monde). Et devrait aussi savoir comment ceci s'aggrave depuis 30 ans parallèlement à l'augmentation radicale de leur pouvoir économique et de leur puissance politique. Cela constitue un cercle vicieux qui a concentré une richesse immense et avec elle le pouvoir politique dans un secteur minuscule de la population, une fraction de 1 %, tandis que le reste devient de plus en plus ce qu’on nomme de temps en temps "un précariat" — qui essaie de survivre dans une existence précaire. Ces gens exercent ces abominables activités dans une impunité presque complète — pas seulement qu’elles soient trop grandes pour échouer mais encore "trop grandes pour la prison".

Les courageuses et honorables protestations en cours à Wall Street devraient servir à porter cette calamité aux yeux du public, aboutir à des efforts dans le but de la surmonter, et installer la société sur une voie plus saine.

Anyone with eyes open knows that the gangsterism of Wall Street — financial institutions generally — has caused severe damage to the people of the United States (and the world). And should also know that it has been doing so increasingly for over 30 years, as their power in the economy has radically increased, and with it their political power. That has set in motion a vicious cycle that has concentrated immense wealth, and with it political power, in a tiny sector of the population, a fraction of 1%, while the rest increasingly become what is sometimes called “a precariat” — seeking to survive in a precarious existence. They also carry out these ugly activities with almost complete impunity — not only too big to fail, but also “too big to jail.”

The courageous and honorable protests underway in Wall Street should serve to bring this calamity to public attention, and to lead to dedicated efforts to overcome it and set the society on a more healthy course.


Michael Moore


La video est en anglais désolée, pas encore sous-titrée. Mais MM fait une analyse très intéressante de la colère du peuple américain qui sous tend actuellement le pays et qui pourrait selon lui jaillir comme un geyser à n'importe quelle occasion.


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brusyl
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occupywallstreet :: Commentaires

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Message le Ven 28 Oct 2011 - 13:51 par brusyl

@ country, suite
Je viens de rechercher sur le site défensa les antécédants de cette rubrique "dialogues" que Grasset dit reprendre avec cet article
j'ai trouvé cela : http://www.dedefensa.org/article-dialogues-24_sortir_du_systeme_12_10_2011.html
qui devrait t'intéresser...

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Message le Ven 28 Oct 2011 - 13:39 par brusyl

@ duck
Merci des informations que tu apportes sur le personnage.
J'avais déjà lu un certain nombre de ses articles et ce que tu m'apprends sur sa manière de vivre vient confirmer l'impression que j'en avais : ce type me rappelle G. Orwell.
Dans sa pensée c'était déjà clair, dans sa manière de vivre encore plus : Orwell avait durant quelques années quitté le confort de sa condition pour aller vivre à Paris, sous les ponts avec les cloches.

Je trouve ton appréciation vis à vis de ce qu'il écrit un brin sévère : je ne pense pas qu'il s'écoute parler, je crois qu'il avance dans sa réflexion au fur et à mesure qu'il écrit... ce qui rend la tâche plus difficile au lecteur. Mais quand tu suis ce qu'il écrit sans arrière pensée, quand tu te laisses porter, cela devient très agréable.

@ country
Voui, je vois à quoi tu penses en écrivant cela.
Mais quand on parle d'un système (d'une façon non marxiste), en sociologie par exemple, c'est forcément global. C'est le système social en général donc un ensemble de comportements déterminés par des pratiques, des lois, des codes qui lui donnent cohérence.

Refuser d'entrer dans cette cohérence me semble bien une des substances des mouvements indignés/OWS actuels. Et comme le dit Grasset, leur existence et leur durée, sans revendications précises, sans idéologie particulière est bien à elle seule une contestation fondamentale

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Message le Ven 28 Oct 2011 - 12:32 par country skinner

Ce qui serait intéresant, c'est que Grasset commence par définir ce qu'il appelle le système (pardon, le Système) : Consumériste ? Spectaculaire ? Politique ? Financier ? Capitaliste ? Economique de marché et de concurrence ? Propriété privée ? Mais il se garde bien de le faire, et tout le reste de sa démonstration perd de sa substance, faute de savoir de quoi on veut / peut / sortir ou faire sortir de soi...
Il est vrai que si on posait la question à OWS ou aux indignés, on aurait bien des réponses diverses...

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Message le Ven 28 Oct 2011 - 11:32 par Donald11

Moi, ce Grasset, je le trouve abscons et imbitable, et soporifique en diable. Il ecoute le grattouillis de ses mots sous sa plume sergent-major ...
Mais comme je suis un peu curieux tout de meme, je suis alle chercher quelques infos concernant l'individu. J'ai retenu une seule chose : il a besoin de sous, le bougre, et comme un vulgaire mendiant dans les rues de Bucarest, il fait la manche ! Rigolo, le bonhomme !
Mais en cherchant plus avant, j'ai trouve une perle ... Extrait :
Les visionnaires de la condition humaine que sont les grands écrivains nous rappellent que, depuis le 11 septembre, la science politique révèle à nouveau et crûment ce qu'elle est depuis le paléolithique - c'est-à-dire l'art de se rendre propriétaire du cerveau des foules. Mais songez qu'il a fallu plus d'une décennie à un apprenti de l'apocalypse tel que Hitler pour " purifier " les têtes allemandes à l'école du IIIe Reich et plus d'un siècle aux disciples de Karl Marx pour mettre la moitié de l'intelligentsia mondiale à l'écoute d'un Eden de l'utopie, alors qu'il a suffi de quelques heures à la plus puissante démocratie du monde pour faire oublier à des armées de pseudo intellectuels répartis sur les cinq continents que la foudre et les éclairs empruntés par Saddam Hussein au ciel de la Genèse pulvériseraient le monde entier en moins de trois quarts d'heure ; et nous peinons encore à faire voir ce qui devrait crever les yeux, à savoir que ce transfert du biblique au nucléaire et au bactériologique ne servait que de masque sacré à un gigantesque prédateur international des sources de pétrole du diable, tellement les armes mécanisées des modernes sont devenues aussi éblouissantes que les flashes d'un appareil photographique.

Pour les plus curieux, l'article ici ...
ATTENTION : ame sensible, s'abstenir ...

Merci Madame Brusyl. Transmettez mes bisous amicaux a Sylvie ...

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Message le Jeu 27 Oct 2011 - 22:55 par brusyl

Ce texte est étonnant... à tous points de vue. Un raisonnement circulaire et répétitif (je croyais lire du Saint Jean !) un progression laborieuse mais effet au final garanti !

L’événement (OWS) a dépassé en puissance de communication tout ce qu’on en pouvait attendre et figure désormais comme un phénomène majeur de la situation intérieure aux USA. Sur ce point, il y a beaucoup à dire, mais l’on peut penser que dedefensa.org ne manque pas à son devoir à cet égard ; beaucoup de textes analysent le mouvement dans sa forme, s’il en a une, – justement, “that is the question”, – dans son évolution, dans sa dynamique, dans son influence, dans ses intentions (?), etc.

…Quoi qu’il en soit, je vais m’arrêter sur ce dernier mot (les “intentions” d’OWS), pour tenter de suivre la piste d’Occupy Wall Street en rejoignant le sens général donnée à cette reprise des DIALOGUES (“Sortir du Système”). Il y aura bien des occasions, sinon des enchaînements logiques impératifs, pour éventuellement aller plus loin dans le développement de la chose, dans des textes ultérieurs. Enfin, la question (“That is this question”, cette fois) qui ouvre la réflexion est bien celle-ci : OWS peut-il “sortir du Système” ?

(Notez bien : “…peut-il sortir du Système”, et non “…veut-il sortir du Système” . Cette nuance de taille oriente le sens de la réflexion, dans le sens de l’élargir considérablement. On peut envisager qu’il s’agit de “pouvoir sortir du Système” en l’ayant voulu, ou bien qu’il s’agit de “pouvoir sortir du Système” sans l’avoir voulu… Un monde de différence.)
Stonewall contre Wall Street

Avec OWS, nous devrions être amenés à raisonner au long de son évolution, éventuellement avec l’aide d’hypothèses intuitives, selon deux domaines, lesquels se mélangeraient ou pas c’est selon. Le premier de ces domaines est celui de la réalité d’OWS contrôlé par lui-même, par ailleurs une réalité très complexe et élusive, volontairement imprécise, volontairement déstructurée, volontairement insaisissable, autant que l’est OWS lui-même enfin… Le deuxième est celui qui concerne OWS mais où tout se passe comme si OWS n’avait pas son mot à dire. On devinera, éventuellement on comprendra au long de ce propos ce que nous voulons dire ; en attendant, il importe que l’on admette bien, dans ce même propos, que les caractères insaisissables du premier domaine, celui de la réalité connue d’OWS, engagent d’autant plus à considérer le second, qui devrait nous intéresser d’autant.

Par rapport aux mouvements habituels de la vie publique, de l’organisation des forces structurées, sociales et professionnelles, du Système, des révoltés “classiques” contre le Système, OWS est une sorte d’OVNI qui n’aurait même pas besoin de voler pour être “non identifié”. Il a sans le moindre doute une ascendance technique et inspiratrice, d’ailleurs reconnue et proclamée, dans nombre d’événements et de mouvements qu’on connaît bien (“indignés”, “printemps arabe”) ; il en est, pour l’instant, l’avancée la plus audacieuse et la plus efficace. Remarquez bien qu’en précisant que ce mouvement (OWS) n’est pas venu de rien du point de vue technique et de l’inspiration (“indignés”, “printemps arabe” avant lui), on en vient à observer qu’il est “l’avancée la plus audacieuse et la plus efficace” dans cette lignée parce que, plus que tout ce qui a précédé, il n’est venu de rien du point de vue de l’organisation insurrectionnelle classique, et parce qu’il se situe, lui, au cœur du Système. Ainsi, plus cette dynamique qu’on décrit se perfectionne à mesure que fleurissent ses productions (“indignés”, “printemps arabe”, OWS…), plus ces productions apparaissent être sortis de moins en moins d’une substance qui ne peut appartenir qu’au Système qui constitue la substance exclusive de notre monde politique et social connu, – jusqu’à n’être sorti de rien à cet égard, donc complètement étranger au Système. Non seulement, ils sortent “de moins en moins d’une substance, jusqu’à n’être sorti de rien”, ces mouvements, mais c’est également pour proclamer qu’ils ne réclament rien. On ne peut les assimiler à des anarchistes qui réalisaient l’action violente pour “détruire la société” et installer “une société plus juste” ; ni à des mouvements non-violents type-Gandhi, puisque pour eux aussi existait de facto un but politique constructif, à l’intérieur du Système (l’indépendance de l’Inde, pour Gandhi).

“Opérationnellement” parlant, ils ne font rien qu’organiser des actes de communication qui ne sont que des entraves sans conséquences politiques directes. Ce faisant, ils placent le Système, dont l’un des moteurs fondamentaux est la communication, sur le terrain de la communication et en l’y enfermant. Les conséquences politiques indirectes peuvent alors suivre, et il est probable qu’elles suivront (sans que nous sachions en aucune façons de quelles conséquences politiques il s’agit).

A quelle conclusion en venir pour ce qui concerne Occupy Wall Street ? Une seule, selon la logique proposée : tout se passe comme si OWS n’était pas né du Système, donc il n’appartient pas au Système sans vraiment le réaliser et sans que nous ne comprenions rien à cet égard, même si ses composants appartiennent au Système ; il n'appartient pas au Système comme une chose imprécise, insaisissable, flottant dans une sorte d'irréalité ; il n'appartient pas au Système, dans une occurrence unique et incompréhensible, en suspension dans ses causes et ses effets, puisque sorti de la logique selon laquelle tout fait partie du Système aujourd'hui à cause de la surpuissance exclusive du Système. Cherchez toutes les explications que vous voudrez sur le “comment” de sa formation, elles n’importent pas car seul, dans ce cas, importe le résultat qui est que tout se passe comme si OWS n’appartenait pas au Système, et donc qu'il n'appartient pas au Système. De même, ou plutôt au contraire, OWS mourra le jour où il sera devenu le groupe d’une revendication précise, même formidable, une revendication suivie, explicitée, proclamée, à l’intérieur du Système. (Ceci, en passant : même dans ce cas, ce n’est rien ; OWS mourra, un autre le remplacera.)

…Ou bien OWS ne mourra pas parce qu’il refusera cela (cette “revendication précise, même formidable…”) et, s’il continue à gagner en influence et à conserver cette symbiose extraordinaire avec un courant inattendu de révolte de la psychologie collective, il deviendra une contre-référence épouvantable pour le Système, épouvantable puisque n'appartenant pas à lui. Il deviendra une sorte de “contre-mur”, une sorte de Stonewall contre lequel le “mur de l’argent”, pour résumer le moyen favori du Système, de la “rue du Mur” (Wall Street), se fissurera de plus en plus en voulant le détruire. (Stonewall, surnom de “Mur de pierre” donné au général sudiste si fameux Thomas Stonewall Jackson, que rien ne faisait reculer, comme s’il eût été un “mur de pierre”.) Ainsi s’agit-il du “Mur de pierre” (Stonewall) contre le “Mur de l’argent” (Wall Street).

… Ainsi OWS, dans cette hypothèse, deviendrait-il un mouvement décisif, pour la seule raison qu’il serait amené, inconsciemment plus que consciemment à mon sens, à vouloir la mort du Système, – et c’est tout, et rien que cela. (Je dis “inconsciemment”, pour la raison qu’il ignore, OWS, ce que signifie précisément, dans sa grandeur formidable, le dessein de détruire le Système ; même ceux qui portent sur leur pancarte “Fuck the System”, — et non “Kill the System”, d’ailleurs, – n’imaginent pas une seconde ce que cela signifie en vérité… D’ailleurs, comme nul n’en ignore, moi le premier, nul être humain ne sait ce que signifie “détruire le Système”. Cela ne signifie en rien que le Système ne puisse pas être détruit, – au contraire, dirais-je.)

On écarte donc la question du “vouloir détruire le Système” dans ce cas d’OWS, puisqu’elle reste dans la vague d’une sorte de “volonté” inconsciente et non réalisée en tant que telle, dans toutes ses implications. On est irrésistiblement conduit à la question beaucoup plus pressante et finalement réaliste de la mort du Système, et à la spéculation plus précise de savoir si OWS “peut” effectivement, non pas nécessairement causer à lui seul la mort du Système (quoique…), mais y participer d’une façon exceptionnellement efficace, selon une méthode qui pourrait se répandre, et qui, en un sens, a déjà précédé son action. La question évolue alors et devient de savoir quelle est la force qui conçoit cette méthode, qui conçoit une méthode qui concourt radicalement à la mort du Système sans rien vouloir d’autre, en écartant toute spéculation sur les circonstances et les conséquences de la chose.

Le dernier constat que l’on devrait proposer à propos d’OWS concerne également, continuant ce qui précède immédiatement, ce qui est désigné plus haut comme “le deuxième domaine” d’où l’on peut apprécier ce phénomène, “celui qui concerne OWS mais où tout se passe comme si OWS n’avait pas son mot à dire”. Ce constat est très simple et d’une extrême puissance ; il s’agit de la convergence qui s’est faite entre ce mouvement et un “Moment psychologique” collectif, qui a fait que ce mouvement a aussitôt acquis une puissance de communication absolument inattendue, qu’il est devenu en un mois un facteur majeur de la situation politique aux USA, et une crise qui est la meilleure expression possible de la crise générale de l’américanisme. Cette simultanéité des deux phénomène, – OWS et le “Moment psychologique”, – dont notre conviction est qu’elle est évidemment complètement fortuite selon les appréciations politiques et sociales courantes, constitue le nœud central et la puissance du mouvement OWS. Si cette simultanéité est “fortuite selon les appréciations politiques et sociales courantes”, il est impossible qu’elle le soit fondamentalement. La chose constitue le mystère le plus impressionnant d’OWS.
«Mais pourquoi le Système nous en veut-il?»

J’ai pris OWS à la fois comme question d’actualité (ce qui précède), et comme modèle pour poursuivre la réflexion (ce qui suit)… Cette réflexion concerne nos attitudes courantes autour de la question “Sortir du Système ?”, dont on a vu combien le modèle OWS la rendait quelque peu inutile.

Notre raison raisonnante et si rationnelle nous pousse inconsciemment à prolonger la question “comment sortir du Système ?” de cette autre question : “Que mettre à la place du Système ?”. En général, nous ne pouvons concevoir de sortir du Système sans avoir conçu quelque chose d’autre, de différent, de meilleur évidemment (!) où installer notre “civilisation”… (Peut-être un “autre Système”, n’est-ce pas ? Ce qui nous ramènerait à la case “départ”, en refaisant ce que nous avons déjà fait mille fois, au travers de nos réformes et de nos révolutions.)

Justement, le point fondamental que je veux rappeler (je l’ai déjà exposé dans divers textes), c’est qu’il n’y a rien en dehors du Système et rien de concevable en dehors du Système tant le Système est dans l’état de surpuissance et d’hermétisme qu’on sait. (C'est pour cela qu'OWS est si incompréhensible, puisque “tout se passe comme s'il n'appartenait pas u Système”.) En ce sens, on ne peut sortir du Système puisqu’il n’y a rien en dehors du Système, et qu’on ne peut donc rien concevoir en dehors de lui tant qu’on se trouve en dedans lui. Il faut alors renverser le problème. (“Il faut renverser le problème” en se convainquant absolument, – tout de même et ce n’est pas rien, – que cette dynamique de surpuissance du Système nourrit directement et à mesure une dynamique d’autodestruction dont on voit partout les signes et les premières ruines révélatrices...)

L’autre jour à Bruxelles (la semaine dernière, en séance publique), une délégation compassée mais très “dialogueuse” des institutions européennes avait tenu à rencontrer de ces gens qui s’inscrivent d’une façon ou l’autre dans la mouvance des “‘indignés” et des “Occupy…”. L’un des fonctionnaires européens, jugeant ainsi atteindre le fond du problème et ne doutant pas un instant qu’il ferait entendre raison raisonneuse à ses interlocuteurs, demanda à l’un d’eux : «Mais pourquoi en voulez-vous au Système?» Ce à quoi l’autre, remarquablement préparé mais pas nécessairement conscient des implications de sa réponse, lui répondit : «Mais pourquoi le Système nous en veut-il?» L’interrogateur en resta coi, c’est-à-dire comme deux ronds de flanc, et le débat tourna court.

Ainsi en est-il de l’attitude nécessaire face au Système… Cela devrait être notre logique, comme on la connaît déjà pour mon compte, et pour le compte de dedefensa.org, pour avoir écrit beaucoup là-dessus : “Je ne veux pas sortir du Système, je veux que le Système sorte de moi !” En d’autres mots, je ne veux pas que le Système me détruise (ce qu’il ferait irrésistiblement si rien ne se mettait sur sa route, s’il n’avait pas en lui-même le germe même de son autodestruction, et déjà notablement développé en une dynamique puissante), donc je veux détruire le Système… Puis nuançons ce dernier propos d’une façon radicale, qui transforme cette proposition théorique et utopique en une perspective extrêmement sérieuse : je veux aider le Système à se détruire lui-même (dynamique d’autodestruction, elle aussi largement référencée sur ce site).

S’il faut aller plus avant, avec la réponse à la terrible question TINA (There Is No Alternative) des représentants du Système (“Mais que voulez-vous mettre à la place du Système ?”), cette réponse sera extrêmement simple : “Mais c’est à vous, messieurs du Système, de nous dire ce qui va vous remplacer, quand vous aurez disparu !”… Car l’avantage incontestable de ce débat, aujourd’hui, pour ceux qui se trouvent de ce (de notre) côté du débat, c’est évidemment que le Système, de toutes les façons, est en train de s’effondrer. Il faut mettre les “collaborateurs” du Système, qui n’en sont pas moins des sapiens, devant leurs responsabilités, et les nécessités de sauvegarde ; leur faire prendre conscience qu’il est temps qu’ils se précipitent pour prendre leurs cartes de résistants, comme faisaient les collabos habiles, devenus à l’été 1944 résistants de la 25ème heure. Il faut qu’ils en arrivent eux-mêmes, – d’abord par opportunisme, puis par intérêt, puis par conviction, – à suspecter le Système, à l’accuser, à le bousculer, à le condamner, à le vouer aux gémonies…

Ainsi de l’aspect fondamental que je veux mettre en évidence, pour la phase actuelle, dans le contexte où s’est enclenchée une formidable dynamique de contestation/de destruction du Système. Nous devons passer de la question “Comment sortir du Système ?” à la question “Comment faire sortir le Système de nous-mêmes ?” (Si cela signifie également faciliter son processus d’autodestruction, ce qui est certainement le cas, exécutons-nous avec la plus complète amabilité.) Après, seulement, dans les conditions complètement nouvelles ainsi créées, pourra-t-on passer à d’autres réflexions sur notre devenir sans le Système.

(Ces propos ne sont pas seulement en l’air, ou théorique. L’URSS entre 1985 et 1991 nous offre l’exemple de la destruction effective d’un système, et effectivement par lui-même, sous la direction de Gorbatchev [contrairement aux thèses primaires et extraordinairement basses des neocons sur la “course aux armements” épuisant l’URSS, complètement démenties par les faits] ; et effectivement sans savoir quoi mettre à la place puisque Gorbatchev a détruit le système sans vouloir détruire le système, – puisqu'il voulait le sauver... L’analogie s’arrête là parce que l’URSS n’était pas ce Système surpuissant, hermétique qu’est le nôtre, elle n’en était qu’une pâle copie, – mais l’opération montre la voie, comme une sorte de “répétition”, où la communication et la psychologie, la glasnost de Gorbatchev qui est une sorte d’Occupy Wall Street dans les conditions soviétiques, jouèrent le rôle essentiel. D’autre part, et pour être encore plus précis, je tiens que la destruction des USA, par fragmentation, dissolution, etc., chose extrêmement possible sinon probable aujourd’hui, sonnera l’hallali irrésistible du Système, avec notamment le formidable facteur de l’effondrement psychologique de la fascination pour la modernité sous la forme de l’American Dream. Les conditions seront alors radicalement autres, et l'on pourra commencer à considérer ce qui peut naître à la place du Système disparu.)

…Je ne peux en rester là… “Faire sortir le Système de soi”, il faut voir comment, parce que ce n’est nulle part évident. Il faut s’y atteler, à cette explication en forme d’hypothèse. Ce texte, ci-dessus, était d’abord destiné à montrer combien il me semble essentiel de refuser absolument “le jeu du Système”, pour tenter d’attirer le Système (ceux qui le servent) hors de son jeu et assurer nous-mêmes notre complète purification de cette chose monstrueuse qu’est le Système. (Je nomme cela, du point de vue opérationnel, par référence à la posture intellectuelle d’inconnaissance comme “activisme désengagé”, l’acte d’“inaction agressive” ou bien d'“inaction antagoniste”.) Ces diverses considérations suggèrent, bien entendu, de tenter d’aller plus loin, éventuellement une étape au-delà de OWS, par une autre réflexion qui devrait suivre.

Philippe Grasset

http://www.dedefensa.org/article-ows_ou_comment_en_sortir_dialogues-27_27_10_2011.html

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Message le Jeu 27 Oct 2011 - 17:57 par Donald11

Sont pas plus civilises qu'ailleurs les sales connards de flics amerloques et leurs chefaillons ...

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Message le Jeu 27 Oct 2011 - 12:44 par Mister Cyril

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Message le Dim 23 Oct 2011 - 17:07 par Donald11

Helas, je suis comme les briques qui resistent a la chaleur, refractaire !!!

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Message le Dim 23 Oct 2011 - 13:48 par brusyl

Pourtant pas difficile à comprendre : ils expliquent tous qu'ils ont été virés de leur entreprise ou qu'ils sont criblés de dettes (et parmi eux, pas mal d'étudiants qui vont commencer leur vie active avec ce gigantesque débit)
Allez ducky, profite de ton séjour roumain pour perfectionner ton anglais ! Why not ?

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Message le Sam 22 Oct 2011 - 11:06 par Donald11

Oui, mais en français !

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Message le Ven 21 Oct 2011 - 12:52 par brusyl

Dommage pour ce message effacé, car le contenu m'aurait bien intéressé.
Pour en revenir aux techniques du XIX° qu'il faudrait abandonner, je me faisais ce matin la réflexion qu'il serait bien de faire un saut dans le temps encore plus grand : revenir au XVIII° et updater tout ce qui a précédé et amorcé la révolution de 1789
- les clubs politiques seraient à remettre en pratique , style les Feuillants ou les Jacobins : ces clubs furent le grand moyen de diffusion de la philosophie des Lumières et de contestation du régime de la monarchie absolue mais aussi de construction de programmes politiques alternatifs.
Il y a un phénomène actuel qui leur ressemble un peu : ces conférences que font un peu partout des gens comme JFK ou Mediapart et où peuvent s'exprimer des pensées contestaires. Mais ce n'est pas suffisant : 1) parce que c'est "Paris" qui vient porter la bonne parole en province, 2) parce que la parole est à sens unique : des intellectuels vers le peuple, ce sont des conférences non des assemblées générales... a part les quelques minutes obligées à la fin des questions du public vers les conférenciers, le public reste passif.
Peu être ce qui s'y apparente le plus sont les cafés-repaires de Mermet. Il faudrait que dans chaque ville, dans chaque village, des volontaires puissent en créer, pas forcément reliés à Mermet ou à un parti politique.

- pour en revenir à l'idée de réunions publiques, il faudrait remettre au goût du jour l'équivalent des orateurs qui avant la révolution prenaient la parole en public, haranguant la foule, distribuant des pamphlets et des satires, dénonçant les injustices du système politique et social.
Il faut apprendre à se réapproprier la rue... pour dénoncer sur le mode oratoire, mais aussi ludique, satirique : musique, spectacles, sketches...
Mais le système était -malgré toutes les idées reçues- beaucoup plus libéral alors : tout orateur pouvait prendre en toute liberté la parole. Maintenant il faut demander une autorisation préalable, que tu ne recevras jamais et donc toute personne tentant cela se retrouverait illico au poste..

-et puis bien sûr, les cahiers de doléances qui sont un excellent moyen de faire remonter souffrances, critiques et proposition du bas vers le haut.
Cela pourrait très bien s'organiser sur Internet : par exemple ce site http://wearethe99percent.tumblr.com/
ou chaque supporter du mouvement brandit une petite pancarte qui explique pourquoi il soutient le mouvement

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Message le Jeu 20 Oct 2011 - 22:06 par Mister Cyril

Merde je viens d'effacer un message (il y avait longtemps) où je développais ton idée de "réunions publiques organisées par internet dans les rues ou devant des endroits bien représentatifs du pouvoir politique ou économique"...un harcèlement plus convaincant qu'une simple occupation de places urbaines. Après je pensais qu'on était pas encore assez dans la merde vu le nombre de zigues qu'y croient qu'une éclaircie météorologique divive va leur éviter le chaos qu'ils refusent de voir...

Comme je rentre de réunions je pars trouver des images sur la Grèce et faire un surf informatif...bizz ma Bru!!!

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Message le Jeu 20 Oct 2011 - 0:24 par brusyl


Occuper Wall Street, ré-imaginer le monde, par David Graeber - Guardian
18 octobre 2011

La révolte de la génération perdue, promise à une vie d’austérité pour régler la facture de la crise financière, a d’ores et déjà l’immense mérite de reposer avec force les questions de fond soulevées en 2008 lorsque le système était à un doigt de s’effondrer. Questions aussitôt refermées par une classe politique dont le principal objectif est apparemment de restaurer l’état ancien des choses - à la plus grande satisfaction de cette mince élite qui prospère sur les déséquilibres minant nos sociétés. David Graeber est anthropologue, militant engagé dans les mouvements altermondialiste. Il enseigne aujourd’hui à Londres après que avoir été évincé de Yale.

par David Graeber, 25 septembre 2011, The Guardian

Pourquoi des manifestants occupent-ils Wall Street ? Pourquoi les étincelles de cette occupation - malgré la récente répression policière - ont-elles gagné en quelques jours toute l’Amérique, donnant envie à des centaines de personnes d’envoyer des pizzas, de l’argent, du matériel et, aujourd’hui de lancer leurs propres mouvements appelés OccupyChicago, OccupyFlorida, dans OccupyDenver ou encore OccupyLA ?

Il existe des raisons évidentes. Nous assistons au début de l’affirmation revendicative d’une nouvelle génération d’Américains, une génération qui fait face à la perspective de terminer ses études sans trouver d’emploi, une génération sans avenir, mais lestée d’une dette exigible énorme. La plupart de ceux que j’ai rencontré viennent de la classe ouvrière ou sont d’origine modeste. Ce sont de jeunes gens qui ont fait exactement ce qu’on leur a demandé : étudier, entrer à l’université, et qui sont maintenant non seulement pénalisés pour cela, mais aussi humiliés - promis à une vie où ils seront traités comme des mauvais payeurs, des réprouvés.

Est-ce vraiment surprenant qu’ils aient envie de s’expliquer avec les magnats financiers qui leur ont volé leur avenir ?

Tout comme en Europe, nous observons ici le résultat d’un colossal échec social. Ces occupants sont exactement le genre de gens débordant d’idées, dont l’énergie devrait être favorisée par une société en bonne santé, afin d’améliorer la vie de chacun. Au lieu de quoi, ils la consacrent à imaginer le moyen de mettre à bas l’ensemble du système.

Mais l’échec définitif ici, est celui de l’imagination. Ce à quoi nous assistons peut également être considéré comme la revendication d’ouvrir enfin le débat que nous étions tous censés mener après 2008. Après le quasi-effondrement du système financier mondial, il y eut un moment où tout semblait possible.

Tout ce que l’on nous avait dit durant la dernière décennie s’était avéré être un mensonge. Les marchés ne se régulent pas eux-mêmes ; les créateurs d’instruments financiers ne sont pas des génies infaillibles, et les dettes n’ont pas vraiment besoin d’être remboursées. En fait, l’argent lui-même s’est révélé être un instrument politique : des milliers de milliards de dollars pouvant être créé ou disparaître du jour au lendemain si les gouvernements ou les banques centrales le jugeaient nécessaire. Même le magazine The Economist titrait : « Capitalisme : était-ce une bonne idée ? »

Il semblait que le temps était venu de tout repenser : la nature même des marchés, l’argent, la dette ; de se demander à quoi sert réellement une « économie ». Cela a duré peut-être deux semaines. Puis, manifestant l’un des plus énormes manque de courage de l’histoire, on s’est bouché les oreilles et on a tenté de ramener les choses au plus près possible de leur état antérieur.

Ce n’est peut-être pas surprenant. Il devient de plus en plus évident que la véritable priorité de ceux qui ont gouverné le monde durant ces dernières décennies n’a pas été la création d’une forme viable de capitalisme, mais plutôt de nous convaincre que la forme actuelle du capitalisme est le seul système économique envisageable, que ses défaut sont sans importance. Et nous voilà tous stupéfait lorsque l’ensemble du système tombe en morceaux.

Aujourd’hui, nous savons que la crise économique des années 1970 n’a jamais entièrement disparu. Elle a été escamotée par le crédit bon marché et un pillage massif à l’étranger - ce dernier, au nom de la « crise dette du tiers monde ». Mais les pays du Sud ont riposté. Le « mouvement altermondialiste », a finalement été couronné de succès : le FMI a été chassé de l’Asie et de Amérique latine, tout comme il est désormais chassé du Moyen-Orient. A la suite de quoi, la crise de la dette est revenue à domicile, en Europe et en Amérique du Nord, porteuse de méthodes identiques : déclarer l’état la crise financière, nommer des technocrates prétendument neutres pour la gérer, et se livrer ensuite à une orgie de pillage au nom de « l’austérité ».

La forme de résistance qui a émergé ressemble étonnamment à l’ancien mouvement altermondialiste : on observe un rejet de la politique des partis traditionnels, la même aspiration à une diversité radicale, la même importance accordée à l’invention de nouvelles formes de démocratie venue d’en bas. Le principal changement, c’est la cible : alors qu’en 2000, ce mouvement visait la puissance sans précédent des nouvelles bureaucraties planétaires (OMC, FMI, Banque mondiale, l’ALENA), des institutions sans mandat démocratique qui n’existent que pour servir les intérêts du capital transnational, c’est aujourd’hui l’ensemble de la classe politique de pays comme la Grèce, l’Espagne et, désormais, les Etats-Unis - qui sont contestées exactement pour les mêmes raisons. C’est pourquoi les manifestants hésitent souvent à formuler des revendications, car cela pourrait impliquer la reconnaissance de la légitimité des politiques auxquels ils s’opposent.

Lorsque cette histoire sera finalement écrite, il est probable que cette vague de protestations - à commencer par le printemps arabe - sera vue comme la première salve des soubresauts de la dissolution de l’empire américain. Après trente années de propagande implacable, au détriment de la substance, et d’élimination de tout ce qui pourrait ressembler à une base politique pour l’opposition, on pourrait juger les perspectives pour ces jeunes manifestants plutôt sombres. Il est d’autre part assuré que les riches sont déterminés à se saisir d’une part aussi grande que possible de ce qui reste du butin et de jeter aux chiens toute une génération de jeunes gens afin d’y parvenir. Mais l’histoire n’est pas de leur côté.

Nous serions avisés de nous souvenir de l’effondrement des empires coloniaux européens. Cet évènement n’a absolument pas conduit à ce que les riches réussissent à s’attribuer la part du lion, mais au contraire à la création de l’État-providence moderne. Nous ne pouvons présager de ce qui va sortir du cycle actuel. Mais si les occupants de Wall Street réussissent finalement à briser cet étau vieux de 30 ans qui enserre l’imagination humaine, comme ce fût le cas dans les premières semaines après Septembre 2008, tout sera de nouveau sur la table - et les protestataires de Wall Street et des grandes villes américains nous auront fait le plus grand cadeau que quiconque puisse offrir.

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Message le Jeu 20 Oct 2011 - 0:22 par brusyl

Oui bien sûr tu peux te permettre ... les désaccords sont bien plus fertiles que les concordances d'opinion.
D'ailleurs curieux que ce forum soit si calme, presque plat alors que tant d'événements se succèdent et qu'il y aurait tant à échanger... phénomène de sidération ? que ce qui se passe nous dépasse ? repli sur soi ?

Oui, il faut du nombre... mais pas à l'ancienne. Les manifs d'un million de personne deux heures dans l'après-midi, bien encadrées derrière les banderoles des syndicats c'est d'un autre temps, c'est du pipeau. Comme les grèves d'une journée : les gouvernements font le gros dos et cela s'oublie presque instantanément. Cela tient plus du folklore que d'une quelconque action politique.
Je reste convaincue que désormais l'important est de s'inscrire dans la durée : être la petite écharde qui rappelle de façon constante qu'elle est là par la douleur qu'elle provoque et empêche le gouvernement de marcher. Il faudrait être imaginatif, trouver de nouveaux moyens d'action : désobéissance civile, grèves larvées, grèves du zèle, réunions publiques organisées par internet dans les rues ou devant des endroits bien représentatifs du pouvoir politique ou économique... je ne sais pas, je ne suis pas une spécialiste de l'organisation révolutionnaire. Mais bonté, pourquoi rien ne se fait dans notre pays hors les syndicats et pourquoi ils restent ainsi scotchés à des méthodes du XIX° siècle ?
Ils n'ont donc rien pigé à la révolution internet ?

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Message le Mer 19 Oct 2011 - 23:02 par Mister Cyril

brusyl a écrit:oui, c'est un bon article... mais l'important est la durée, l'opiniatreté de ce mouvement plus que son nombre. Et il est en train de gagner une bataille, celle de l'opinion.
Ce que je redoute le plus est que le mouvement se disloque à la première breloque que leur lâchera le pouvoir.

Si je peux me permettre, pas vraiment d'accord avec toi ma bru, car sans tomber dans la dictature du nombre qui veut qu'il y ait la moitié du populo + un gazier pour être légitimé, il faut que celui-ci soit un minimum représentatif et important rien que pour régénérer les troupes, la logistique et les idées. Or là une fois les caméras parties...la bataille de l'opinion...
Par contre je ne suis pas inquiet sur ton deuxième point car la faiblesse et une force de ce mouvement est de ne pas avoir ni leader, ni revendications claires (dénoncé par les médias néo-cons) ce qui est une garantie que même si le pouvoir veut acheter la paix sociale c'est le premier emmerdé pour balancer les dites breloques.
Les outils existent pour créer un mouvement massif et spontanné mais pour avoir passé une heure en juin près de la Bastille et samedi 2 heures à l'Hôtel de Ville je ne sais pas où mème cette auberge espagnole sans direction. Mais l'étincelle qui peut déclencher le brassier s'agite...

Bizz à tous!

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Message le Mer 19 Oct 2011 - 17:51 par brusyl

oui, c'est un bon article... mais l'important est la durée, l'opiniatreté de ce mouvement plus que son nombre. Et il est en train de gagner une bataille, celle de l'opinion.
Ce que je redoute le plus est que le mouvement se disloque à la première breloque que leur lâchera le pouvoir.

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Message le Mer 19 Oct 2011 - 17:44 par Mister Cyril

C'est vrai aussi...




"Occupy Wall Street, Occupy the Media

Si seulement c'était vrai ! A lire la presse américaine, on a l'impression que la révolution est proche et que la planète va bientôt succomber à une déferlante "peace and love" digne des années 1970. Le mouvement Occupy Wall Street "s'étend", nous dit-on. "Il prend de l'ampleur." Le 17 octobre, "OWS" a "fêté son anniversaire". Un mois déjà, et 300 000 dollars en donations, placés, non pas chez Morgan Chase bien que les protestataires s'y rendent fréquemment, mais à la banque Amalgamated, possédée à 100 % par les syndicats.
La presse est à la fête. Occupy Wall Street est dans toutes les pages. La section News, bien sûr, mais aussi Style (pour la créativité des pancartes), Art ("quel logo" pour le mouvement ?), Opinion ("La gauche déclare son indépendance", analyse le sociologue Todd Gitlin). Jamais les manifestations contre la guerre en Irak, même celle de 100 000 personnes en 2003, n'ont bénéficié d'un traitement comme celui-là.

Tous les chroniqueurs ont fait le déplacement de Zuccotti Park pour se rendre compte par eux-mêmes de la nature du mouvement. Ils s'extasient sur le fait que les manifestants, interdits de porte-voix par la police, ont inventé une méthode "générée par le peuple" pour amplifier le son. Les premiers rangs répètent en choeur (LES PREMIERS RANGS REPETENT EN CHŒUR) la phrase de l'orateur (LA PHRASE DE L'ORATEUR), ce qui permet aux rangs du fond (CE QUI PERMET AUX RANGS DU FOND) de suivre les explications (DE SUIVRE LES EXPLICATIONS). C'est lent, fastidieux. Les discours sont hachés, robotisés, mais en même temps collectivisés. Les militants appellent cela : le "micro humain".

Bizarrement, la presse ne s'attarde jamais sur le nombre de manifestants. "Quelques centaines.""Plusieurs milliers"... Les chiffres restent des plus flous. Les plateformes de réseaux sociaux signalent les check-ins, les inscriptions aux événements du jour : 6 personnes à Jersey City, 51 à Saint-Louis, 403 à Boston, 3 660 à New York... Le 15 octobre, Nate Silver, du Washington Post, a épluché les journaux locaux et les données disponibles. Il en a déduit que les participants à la manifestation internationale n'étaient pas plus de 70 000 dans 150 villes. C'est peu compte tenu de la publicité autour du mouvement. Dès sa deuxième manifestation anti-impôts, en avril 2009, le Tea Party avait rassemblé 500 000 personnes. Cela n'a pas empêché la presse de claironner : "Occupy Wall Street fait école dans le monde entier" (dans leur insularité, les médias américains croient que le mouvement est parti de Wall Street).

Mais peu importe le nombre. C'est la perception qui compte. La presse ne fait que refléter le sentiment d'une montée générale des revendications. L'"automne américain" après le printemps arabe, comme l'a souhaité Van Jones, un ancien collaborateur de Barack Obama, retourné au militantisme. Les "indignés" sont dans l'air du temps. Ils ne sont pas nombreux dans les sacs de couchage de Freedom Plaza, à Washington, mais ils ont trouvé un écho disproportionné dans le paysage politique. Selon un sondage de Time Magazine, 54 % des Américains ont une opinion positive du mouvement (alors qu'ils ne sont plus que 27 % à approuver le Tea Party, rendu responsable de l'intransigeance à Washington).

Les banquiers, on s'en doute, sont un peu moins emballés. John Paulson, le manager de hedge fund et 17e fortune du pays, a remis à leur place ceux qui avaient eu l'impudence de venir occuper les abords de son hôtel particulier de la 86e Rue. "Les 1 % les plus riches ont payé 40 % des impôts", a-t-il signifié. Un autre banquier a confié son exaspération au New York Times : "Qui paie les impôts, croyez-vous ? La finance, c'est l'une des dernières choses que l'on produit dans ce pays. Si vous voulez délocaliser encore plus de jobs, continuez à attaquer les services financiers !" Certains républicains accusent Occupy Wall Street d'attiser la "lutte de classes". Ils ont déjà des cauchemars, comme le promoteur immobilier Joe Kaempfer. "Les enfants des riches seront assassinés dans leur lit par les affamés", a-t-il prophétisé pour le Washington Post.

Jusqu'à présent, Barack Obama s'est gardé de surfer ostensiblement sur le mouvement. Il s'est contenté de dire qu'il "comprend la frustration" des protestataires et que Martin Luther King lui-même aurait voulu "confronter les excès de Wall Street". Mais, a-t-il ajouté, "sans démoniser les gens qui y travaillent". Pour Wall Street, c'est probablement déjà trop. Le secteur financier qui l'avait soutenu en 2008 a maintenant les yeux tournés vers le républicain Mitt Romney. "Les démocrates ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre", a résumé Politico.com.

Objectivement, le mouvement devrait aider Barack Obama, lui qui essaie d'arracher aux républicains ne serait-ce qu'une augmentation minime des impôts pour les super-riches. Alors que le Tea Party a maintenu le débat pendant deux ans sur le terrain du déficit, Occupy Wall Street l'a amené sur celui des inégalités. Les statistiques qui ne rencontraient qu'un écho limité sont maintenant citées partout et plus personne n'ignore que les 400 Américains les plus riches possèdent plus que les 150 millions d'Américains d'en bas. Pour faire passer le message, il aura fallu un mouvement dépourvu de mégaphone et de porte-voix.


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Message le Mar 18 Oct 2011 - 19:27 par Mister Cyril

Pour ceux que ça intéresse un bilan sympa du week-end sur Médiapart

http://blogs.mediapart.fr/blog/lorelei-avalon/161011/un-mouvement-planetaire-occupy-wall-street

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Message le Dim 16 Oct 2011 - 12:11 par Mister Cyril

Le V de la victoire...

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Message le Dim 16 Oct 2011 - 12:10 par Mister Cyril

La police à cheval a repoussé samedi des manifestants à Times Square à New York, et une personne a été blessée, a constaté l'AFP.

Au moins trois manifestants ont été interpellés, selon un témoin, alors que des milliers de personnes, canalisées par des barrières de police, se trouvaient sur la célèbre place new yorkaise.

Les incidents ont éclaté à l'angle de la 46eme rue et de la 7eme avenue.

La police montée a repoussé des manifestants qui tentaient d'entrer sur la place. Des dizaines de personnes paniquées se sont mises à courir et une femme est tombée. Blessée au visage, elle a peu après été évacuée sur une civière, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants anti-Wall Street ont achevé sur Times Square une journée de manifestations qui avait débuté dans la matinée dans le quartier financier.

Ils étaient plusieurs milliers massés sur Times Square en fin d'après-midi, scandant "nous sommes les 99%", ou encore "Chaque jour, chaque nuit, occupons Wall Street".

"Nous sommes le peuple", "on nous a vendu", "nous voulons du travail", ajoutaient-ils.

Des familles s'étaient jointes au cortège, et plusieurs bus à ciel ouvert pleins de touristes se sont associés aux manifestants en faisant le V de la victoire.

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Message le Ven 14 Oct 2011 - 21:13 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:
Mister Cyril a écrit:En fait je me suis aperçu que je recevais des mails de cette ONG que j'avais glissée dans les indésirables (because je savais pas ce que c'était)...grâce au lien de mam....de Bru j'ai découvert une orga intéressante même si je sais que le principe de la pétition ne déclenche pas d'euphorie ici, le côté international est sympa! (je suis donc le 10 000 123 ème menbre, ça mange pas de pain).
Et pourtant, j'ai déjà aborde le sujet d'Avaaz ici même ... Mais tu ne dois plus lire mes interventions, persuade que tu es qu'elles sont inintéressantes !!! je t'aime quand même !!!
C'est ici

C'est donc l'explication (voir plus bas) pourquoi je recevais des mails de cette assos que je croyais inconnu...mais en fait c'est la preuve que je lis tes interventions et donc ai déjà signé une pétition avaaz, donc que j'y porte intérêt..et que je t'aime (sans quand même!)

Bizz mon canard moldave!!!


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Message le Ven 14 Oct 2011 - 13:20 par brusyl

FYI : le propriétaire du parc Zuccotti où campent OWS a décidé de virer les manifestants dans la soirée à 6 heures....
Il sera intéressant de voir comment ces derniers vont réagir (seront -ils assez nombreux pour résister pacifiquement à une évacuation par la police qui elle ne va pas y aller de main morte ?) et voir surtout comment va se répercuter cette évacuation sur les manifestations de samedi.
Tout ce que je sais pour le moment est qu'une large part de ces manifestants ont bien l'intention de rester et que la colère monte chez eux... possibilité très forte d'émeute et de répression violente ce soir... à suivre
Autre information : Reporters sans frontières a dénoncé les violences policières dont furent victimes certains journalistes tentant de couvrir le mouvement : coups, bombes lacrymogènes...

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Message le Ven 14 Oct 2011 - 11:03 par Donald11

Mister Cyril a écrit:En fait je me suis aperçu que je recevais des mails de cette ONG que j'avais glissée dans les indésirables (because je savais pas ce que c'était)...grâce au lien de mam....de Bru j'ai découvert une orga intéressante même si je sais que le principe de la pétition ne déclenche pas d'euphorie ici, le côté international est sympa! (je suis donc le 10 000 123 ème menbre, ça mange pas de pain).
Et pourtant, j'ai déjà aborde le sujet d'Avaaz ici même ... Mais tu ne dois plus lire mes interventions, persuade que tu es qu'elles sont inintéressantes !!! je t'aime quand même !!!
C'est ici

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Message le Jeu 13 Oct 2011 - 12:33 par brusyl

Pour le plaisir.. le magnifique discours de Chaplin dans le dictateur qui circule beaucoup en ce moment dans les tweets d'OWS



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Message le Jeu 13 Oct 2011 - 11:07 par brusyl

La bourse ou la vie ?

Quelques reflexions de retour de Zuccotti Park, siège de Occupy Wall Street

Tinky Da arpente quasi nue le béton du 1 liberty Plazza, siège des indignés de Wall Street. Elle chante, danse parfois. Ses longs cheveux blonds, raides et secs, effleurent alors sa culotte turquoise. Elle s’expose un peu lasse à chacun des téléphones tendus. Sur son ventre elle a écrit : « je ne suis pas nue pour m’amuser ; c’est mon expression politique ». Quand le New York Times dépêche un chroniqueur pour couvrir l’événement, celui-ci ne s’intéresse qu’à Tinky, sa tenue. Pas à son message ni ce qui l’entoure, ni même sa posture. Pour décrédibiliser le mouvement, le tourner en ridicule, la presse traditionnelle n’a qu’à se baisser. Une initiative comme Occupy Wall Street trimballe son lot de soi disant « marginaux », cracheurs de feu à dreadlocks et autres excités du grand soir. Mais voilà, en me fondant dans la foule des indignés, j’ai compris que le chroniqueur du New York Times, ce jour là n’avait rien vu. Ou n’avait rien voulu voir.

“Mic Check, this is George Soros…”

On dit le mouvement désorganisé, naïf et donc condamné dans l’œuf parce que sans leader. Sauf que c’est un choix tout à fait assumé. Revenus d’une « démocratie » pleine de soit disant « leaders » et autres technocrates en costumes bien mis, mais dans laquelle ils n’ont aucune prise, les activistes cherchent une alternative. A Zuccotti Park, les assemblées générales se succèdent mais ne se ressemblent pas. Tout se vote (faut-il une personne responsable des media ? une liaison avec la police) à la main levée. L’espace occupé depuis samedi 17 s’est organisé : le coin infirmerie, le coin juridique, le coin media, la cantine, le campement. Des formations sont dispensées tout au long de la journée (« l’action non violente », « que faire si vous êtes arrêté », « comment parler aux media ») et un flot incessant de tweet, messages facebook et autre livestream inonde la toile. C’est spontané, inédit mais tout sauf bordélique. Le mouvement est tellement organisé qu’il est entrain de devenir une incroyable caisse de résonnance ! Depuis le 17, les pilotes de Continental et de United Airlines, Susan Sarandon, Michael Moore et Naomi Klein sont tous venus tester le « human microphone ». La NYPD ayant interdit le mégaphone (et aussi les masques et les bâches), la personne qui veut prendre la parole crie « Mic Check ». Celles qui l’entourent crient « Mic Check ». L’auditoire se fait silencieux. Le valeureux se lance, ses porte-voix humains reprenant chacune de ses phrases. J’ai hâte que Soros, Bernanke ou Geithner - qui ont tous déclaré comprendre le mouvement -, ne concrétisent et s’emparent du Human Microphone.

99% versus 1%

Au delà de l’organisation et de la forme (critique à nouveau facile et assez éclairante sur les intentions), le New York Times s’est moqué du fond. Les « Occupy Wall Street » seraient dans une sorte d’opposition primaire, un fourre tout de la contestation hautement manipulable.

L’originalité du mouvement réside notamment dans son ouverture à toutes les voix. Dans la foule, il y a des anciens du Vietnam, des pères de famille chassés de chez eux par les banques, des SDF, des travailleurs immigrés, des hippies. Mais il y a aussi, des avocats, des journalistes, des étudiants, des infirmiers, des mères de famille. Et c’est tout l’intérêt. Wall Street, la collusion de la finance et du politique n’a pas un effet catégoriel mais un système d’effets. Et c’est l’emprise de ce système-là qui est précisément dénoncé. Le point commun de toutes ces revendications est d’être portées par tous ceux qui en sont « victimes », les 99% dominés par les 1%. Qu’est-ce qui dérange : l’effet de masse créé ? L’union fait la force. Pas étonnant que les politiques dépensent autant d’effort à nous dresser les gens les uns contre les autres.

RDV sous le Charging Bull

De plus, pour les media établis, les « occupy wall street » n’auraient aucune proposition à faire témoignant bien là de leur immaturité. Rien n’est plus faux. Le 1er jour quand le camp s’installait, ils étaient alors une petite centaine à se retrouver sous la statue du Charging Bull, se découvrant, se flairant. Epatés de voir les rangs grossir d’heure en heure, déçus de ne pas être déjà des millions. Qu’ont ils immédiatement fait ? Ils se sont parlés. Dès le premier jour, sur les bancs de Bowling Green Park, on débattait déjà du Glass Speigal Act, la personnalité juridique des multinationales, le rôle de la monnaie, le poids des lobbies, le financement des campagnes etc… Il se passait vraiment quelque chose. Sur les marches du National Museum of American Indian, ils se sont chauffés la voix, ont inventer leurs cris de ralliement. Et puis ils ont commencé à rameuter des copains avec leur Smartphone. Avec un tout petit peu de recul, je me dis qu’il en fallait (de la désillusion mais aussi de l’enthousiasme) pour y croire ce 17 septembre.

Obama perd ses petits

Le gros des indignés de Wall Street (les plus jeunes, diplômés sans boulot ni assurance maladie mais des idées et une bonne maitrise des réseaux sociaux) ont milité pour Obama, vivant alors pour la plupart leur baptême de citoyen. L’eau était gelée. Ecoeurés par un « Yes we can » de pacotille, ils ont appris vite : dans ce pays/ ce système où tout s’achète, ils n’auront jamais les moyens de se payer leur candidat. Reste la rue, la solidarité et les réseaux… Reste la vie. Ce qui est formidable à Zucotti, c’est l’énergie de vie, fut elle seins nus. Je ne suis pas prête d’oublier ce que j’ai vu là bas. J’ai discuté avec des professeurs, des étudiants, des anciens de la City, des retraités chacun à mille lieux de la figure de l’anarchiste véhiculé par des supports media (suppôts ?) que cela arrange bien. Il y avait quelque chose d’assez magnifique dans ce patchwork d’indignations qui s’écoutent et disent la même chose : nous ne sommes plus en démocratie. Le politique et les media traditionnels ne font plus leur travail. Dont acte. Occupy Wall Street défie le conformisme et le bonheur marketé. C’est probablement ce qui dérange le plus.

D Day pour Adbusters et le journalisme indépendant

L’initiative a été lancée par Adbusters, ce « journal de l’environnement mental » absolument génial. Une presse alternative, sans pub, avec un point de vue par article. Détournant les messages publicitaires, carrément arty, délivrant ses messages comme des coups de poing, ce trimestriel se lit comme un voyage dans la médiocrité de la société consumériste, la notre. Et renvoie à notre propre démission. Souvent violent par les associations d’idées créées, Adbusters appelait à un certain réveil. Il est devenu « mainstream ». Sur Facebook, une petite vidéo de Gandhi s’échange depuis quelques jours : « Au début ils t’ignorent. Ensuite ils te ridiculisent. Puis ils te combattent. Et alors tu réussies ». La guerre des images, elle, a démarré.

Pour aller plus loin : adbusters.org

http://blog.florevasseur.com/

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