« Merkozy » vs Papandréou : l'Europe des maîtres et des esclaves

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03112011

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« Merkozy » vs Papandréou : l'Europe des maîtres et des esclaves








Rester ou non dans l'Europe, puisque c'est la question que l'on souhaite (im)poser aux Grecs, est-ce encore vraiment le problème ?

Au point où nous en sommes, il n'y a déjà plus d'Europe, au sens où l'Europe reposait sur la laborieuse négociation, sur le douloureux compromis, seules sources civilisées de la vie commune. Il n'y a plus d'institutions européennes. Il n'y a plus de textes européens. Il y a un étrange et précaire diumvirat, nommé Merkozy, deux têtes, quatre bras, écopette dans une main, cravache dans l'autre, qui ne se donne même plus la peine de sauver les apparences avec les éclopés.

Et qu'on échange des sourires entendus à propos de Berlusconi, et qu'on suspend le versement des huit milliards promis à la Grèce (de quel droit, cette suspension ? ) et qu'on exclut Papandréou de la conférence de presse commune, au cours de laquelle on lui a adressé l'ultimatum : ton référendum, pouilleux, ton appel au peuple, au peuple sacré dont tout procède, c'est tout de suite, pas à la Saint Glinglin. Et avec une belle et bonne question qui les fasse bien trembler, tes Grecs : voulez-vous rester dans l'euro ? Sinon, à la baille !
La chiourme et les garde-chiourme

Il n'y a plus d'Europe. Il y a des maîtres et des esclaves, ou plutôt la chiourme et les garde-chiourme. Etrange de voir, d'ailleurs, l'irruption dans l'Europe policée des rapports de force carcéraux, avec ruses cousues de fil blanc (Berlusconi arrivant à Cannes avec son gros paquet de mesures d'austérité, totalement vide), ses lâchetés, et au total une seule loi, celle du plus fort.

Chiourme et garde-chiourme : ces statuts sont fragiles. Si Merkozy agite si frénétiquement sa cravache, c'est qu'au-dessus du duo, il y a Obama qui arrive à Cannes, et qu'il importe de lui montrer une maison en ordre, poussière soigneusement remisée sous la moquette.

Et au-dessus d'Obama, il y a Hu Jintao le Terrible, à qui il faut tenter de soutirer quelques milliards. Et au-dessus de Hu Jintao, il y a, invisibles, invincibles, les marchés. Contre lesquels, hélas, il n'est pas de cravache assez grosse.
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12386
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brusyl
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« Merkozy » vs Papandréou : l'Europe des maîtres et des esclaves :: Commentaires

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Message le Sam 5 Nov 2011 - 22:40 par brusyl

Tu te rends compte ! si la Convention l'avait écouté (au contraire ce manifeste lui valut le déchaînement des élus, quelques mois plus tard il était arrêté et il se suicida dans sa prison pour éviter un procès truqué qu'il savait le mener directement à dame guillotine) et avait condamné "accaparements et agiotages" (comment on dirait aujourd'hui ? accumulation de capital et spéculation ?), on n'en serait pas là !
Mais malheureusement, la bourgeoisie avait déjà à ce moment fait ses petites affaires, racheté les biens nobiliaires et ecclésiastiques, ses députés avait conquis le pouvoir politique... plus question de le partager avec le peuple

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Message le Sam 5 Nov 2011 - 13:57 par Mister Cyril

Ouah j'adore le lexique de l'époque...j'ai bien souri...merci ma Bru bon week!

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Message le Ven 4 Nov 2011 - 23:10 par brusyl

tiens mon cher enragé, voici un texte qui devrait t'intéresser :
C'est le manifeste des enragés écrit par Jacques Roux et prononcé devant la Convention en juin 93, texte d'une actualité étonnante (j'ai coupé quelques passages liés aux événements du moment et à la guerre)



Délégués du peuple français !

Cent fois cette enceinte sacrée a retenti des crimes des égoïstes et des fripons ; toujours vous nous avez promis de frapper les sangsues du peuple. L’acte constitutionnel va être présenté à la sanction du souverain ; y avez-vous proscrit l’agiotage ? Non. Avez-vous prononcé la peine de mort contre les accapareurs ? Non. Avez-vous déterminé en quoi consiste la liberté du commerce ? Non. Avez-vous défendu la vente de l’argent monnayé ? Non. Eh bien ! Nous vous déclarons que vous n’avez pas tout fait pour le bonheur du peuple.

La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un vain fantôme quand le riche par le monopole exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n’est qu’un vain fantôme quand la contre-révolution s’opère, de jour en jour, par le prix des denrées, auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre, sans verser des larmes.

Cependant, ce n’est qu’en arrêtant le brigandage du négoce, qu’il faut bien distinguer du commerce ; ce n’est qu’en mettant les comestibles à la portée des sans-culottes, que vous les attacherez à la Révolution et que vous les rallierez autour des lois constitutionnelles. (...)

Mais aujourd’hui que le sanctuaire des lois n’est plus souillé par la présence des Gorsas [2], des Brissot [3], des Pétion [4], des Barbaroux [5] et des autres chefs des appelants, aujourd’hui que ces traîtres, pour échapper à l’échafaud, sont allés cacher, dans les départements qu’ils ont fanatisés, leur nullité et leur infamie ; aujourd’hui que la Convention nationale est rendue à sa dignité et à sa vigueur, et n’a besoin pour opérer le bien que de le vouloir, nous vous conjurons, au nom du salut de la République, de frapper d’un anathème constitutionnel l’agiotage et les accaparements, et de décréter ce principe général que le commerce ne consiste pas à ruiner, à désespérer, à affamer les citoyens.

Les riches seuls, depuis quatre ans, ont profité des avantages de la Révolution. L’aristocratie marchande, plus terrible que l’aristocratie nobiliaire et sacerdotale, s’est fait un jeu cruel d’envahir les fortunes individuelles et les trésors de la république ; encore ignorons-nous quel sera le terme de leurs exactions, car le prix des marchandises augmente d’une manière effrayante, du matin au soir. Citoyens représentants, il est temps que le combat à mort que l’égoïste livre à la classe la plus laborieuse de la société finisse. Prononcez contre les agioteurs et les accapareurs : Ou ils obéiront à vos décrets ou ils n’y obéiront pas. Dans la première hypothèse, vous aurez sauvé la patrie ; dans le second cas, vous aurez encore sauvé la patrie, car nous serons à portée de connaître et de frapper les sangsues du peuple.

Eh quoi ! Les propriétés des fripons seraient-elles quelque chose de plus sacré que la vie de l’homme ? La force armée est à la disposition des corps administratifs, comment les subsistances ne seraient-elles pas à leur réquisition ? Le législateur a le droit de déclarer la guerre, c’est-à-dire de faire massacrer les hommes, comment n’aurait-il pas le droit d’empêcher qu’on pressure et qu’on affame ceux qui gardent leurs foyers ?

La liberté du commerce est le droit d’user et de faire user, et non le droit de tyranniser et d’empêcher d’user. Les denrées nécessaires à tous doivent être livrées au prix auquel tous puissent atteindre, prononcez donc, encore une fois... les sans culottes avec leurs piques feront exécuter vos décrets...

Vous n’avez pas hésité à frapper de mort ceux qui oseraient proposer un roi, et vous avez bien fait ; vous venez de mettre hors la loi les contre-révolutionnaires qui ont rougi, à Marseille, les échafauds du sang des patriotes, et vous avez bien fait ; vous auriez encore bien mérité de la patrie, si vous eussiez mis à prix la tête des Capets fugitifs et des députés qui ont déserté leur poste ; si vous eussiez expulsé de nos armées les nobles et ceux qui tenaient leurs places de la cour ; si vous eussiez pris en otage les femmes, les enfants des émigrés et des conspirateurs, si vous eussiez retenu pour les frais de la guerre les pensions des ci-devant privilégiés, si vous eussiez confisqué au profit des volontaires et des veuves les trésors acquis depuis la Révolution par les banquiers et les accapareurs ; si vous eussiez chassé de la Convention les députés qui ont voté l’appel au peuple, si vous eussiez livré aux tribunaux révolutionnaires les administrateurs qui ont provoqué le fédéralisme, si vous eussiez frappé du glaive de la loi les ministres et les membres du conseil exécutif qui ont laissé former un noyau de contre-révolution à la Vendée ; si enfin vous eussiez mis en état d’arrestation ceux qui ont signé les pétitions anti-civiques, etc., etc... Or les accapareurs et les agioteurs ne sont-ils pas autant et plus coupables encore ? Ne sont-ils pas, comme eux, de véritables assassins nationaux ?

Ne craignez donc pas de faire éclater sur ces vampires la foudre de votre justice : ne craignez pas de rendre le peuple trop heureux. Certes, il n’a jamais calculé lorsqu’il a été question de tout faire pour vous. Il vous a prouvé, notamment dans les journées du 31 mai et du 2 juin, qu’il voulait la liberté toute entière. Donnez-lui en échange du pain, et un décret ; empêchez qu’on ne mette le bon peuple à la question ordinaire et extraordinaire par le prix excessif des comestibles.

Jusques à présent, les gros marchands qui sont par principe les fauteurs du crime, et par habitude les complices des rois, ont abusé de la liberté du commerce pour opprimer le peuple ; ils ont faussement interprété cet article de la déclaration des droits de l’homme qui établit qu’il est permis de faire tout ce qui n’est pas défendu par la loi. Eh bien ! décrétez constitutionnellement que l’agiotage, la vente de l’argent-monnaie, et les accaparements sont nuisibles à la société. Le peuple qui connaît ses véritables amis, le peuple qui souffre depuis si longtemps verra que vous vous apitoyez sur son sort et que vous voulez sérieusement guérir ses maux ; quand il aura une loi claire et précise dans l’acte constitutionnel, contre l’agiotage et les accaparements, il verra que la cause du pauvre vous tient plus à cœur que celle du riche, il verra qu’il ne siège point parmi vous des banquiers, des armateurs, et des monopoleurs ; il verra enfin que vous ne voulez pas la contre-révolution.

Vous avez, il est vrai, décrété un emprunt forcé d’un milliard sur le riche ; mais si vous n’arrachez pas l’arbre de l’agiotage, si vous ne mettez un frein national à l’avidité des accapareurs, le capitaliste, le marchand, dès le lendemain, lèveront cette somme sur les sans-culottes, par le monopole et les concussions ; ce n’est donc plus l’égoïste, mais le sans-culotte que vous avez frappé. Avant votre décret, l’épicier et le banquier n’ont cessé de pressurer les citoyens ; quelle vengeance n’exerceront-ils pas aujourd’hui que vous les mettrez à contribution, quel nouveau tribut ne vont-ils pas lever sur le sang et les larmes du malheureux ?

En vain, objecterait-on que l’ouvrier reçoit un salaire en raison de l’augmentation du prix des denrées. À la vérité il en est quelques-uns dont l’industrie est payée plus cher ; mais il en est aussi beaucoup dont la main d’œuvre est moins salariée depuis la Révolution. D’ailleurs tous les citoyens ne sont pas ouvriers ; tous les ouvriers ne sont pas occupés, et parmi ceux qui le sont, il en est qui ont huit à dix enfants incapables de gagner leur vie, et les femmes en général ne gagnent pas au-delà de vingt sous par jour.

Députés de la Montagne, que n’êtes vous montés depuis le troisième jusqu’au neuvième étage des maisons de cette ville révolutionnaire, vous auriez été attendris par les larmes et les gémissements d’un peuple immense sans pain et sans vêtements, réduit à cet état de détresse et de malheur par l’agiotage et les accaparements, parce que les lois ont été cruelles à l’égard du pauvre, parce qu’elles n’ont été faites que par les riches et pour les riches.

O rage, ô honte du XVIII ème siècle ! Qui pourra croire que les représentants du peuple français, qui ont déclaré la guerre aux tyrans du dehors, ont été assez lâches pour ne pas écraser ceux du dedans ? Sous le règne des Sartine et des Flesselles , le gouvernement n’aurait pas toléré qu’on fît payer les denrées de première nécessité trois fois au-dessus de leur valeur ; que dis-je, ils fixaient le prix des armes et de la viande pour le soldat. Et la Convention nationale, investie de la force de vingt-cinq millions d’hommes, souffrira que le marchand et le riche égoïste leur portent habituellement le coup de la mort, en taxant arbitrairement les choses les plus utiles à la vie. Louis Capet n’avait pas besoin, pour opérer la contre-révolution, de provoquer la foudre des puissances étrangères. Les ennemis de la patrie n’avaient pas besoin d’incendier d’une pluie de feu les départements de l’Ouest ; l’agiotage et les accaparements suffisent pour renverser l’édifice des lois républicaines.

Mais c’est la guerre, dira-t-on, qui est la cause de la cherté des vivres. Pourquoi donc, représentants du peuple, l’avez-vous provoquée en dernier lieu ? Pourquoi, sous le cruel Louis XIV, le Français eut-il à repousser la ligue des tyrans, et l’agiotage n’étendit pas sur cet empire l’étendard de la révolte, de la famine et de la dévastation ? Et, sous ce prétexte il serait donc permis au marchand de vendre la chandelle six francs la livre, le savon six francs la livre, l’huile six francs la livre. Sous le prétexte de la guerre, le sans-culotte paierait donc les souliers 50 liv. la paire, une chemise 50 liv., un mauvais chapeau 50 liv.... C’est pour le coup qu’on pourrait dire que les prédictions de Cazalès [10] et de Maury [11] sont accomplies : dans ce cas, vous auriez conspiré, avec eux, contre la liberté de la patrie ; que dis-je, vous les auriez surpassés en trahison. C’est pour le coup que les Prussiens et les Espagnols pourraient dire : nous sommes les maîtres d’enchaîner les Français car ils n’ont pas le courage d’enchaîner les monstres qui les dévorent ; c’est pour le coup qu’on pourrait dire : qu’en répandant à propos des millions, qu’en associant les banquiers et les gros marchands au parti des contre-révolutionnaires, la République se détruirait par elle-même.

Mais c’est le papier, dit-on encore, qui est la cause de la cherté des vivres : Ah ! le sans-culotte ne s’aperçoit guère qu’il y en a beaucoup en circulation... au reste sa prodigieuse émission est une preuve du cours qu’il a, et du prix qu’on y attache. Si l’assignat a une hypothèque réelle, s’il repose sur la loyauté de la nation française, la quantité des effets nationaux ne leur ôte donc rien de leur valeur. Parce qu’il y a beaucoup de monnaie en circulation, est-ce une raison pour oublier qu’on est homme, pour commettre dans les tavernes du commerce des brigandages, pour se rendre maître de la fortune et de la vie des citoyens, pour employer tous les moyens d’oppression que suggèrent l’avarice et l’esprit de parti, pour exciter le peuple à la révolte et le forcer, par la disette et le supplice des besoins, à dévorer ses propres entrailles ?

Mais les assignats perdent beaucoup dans le commerce... Pourquoi donc les banquiers, les négociants et les contre-révolutionnaires du dedans et du dehors en remplissent-ils leurs coffres ? Pourquoi ont-ils la cruauté de diminuer le salaire à certains ouvriers, et n’accordent-ils pas une indemnité aux autres ! Pourquoi n’offrent-ils pas l’escompte, lorsqu’ils acquièrent les domaines nationaux ? L’Angleterre, dont la dette excède peut-être vingt fois la valeur de son territoire et qui n’est florissante que par le papier de sa banque, paie-telle à proportion les denrées aussi cher que nous les payons ? Ah ! le ministre Pitt [12] est trop adroit pour laisser accabler ainsi les sujets de George ! Et vous, citoyens représentants, vous, les députés de la Montagne, vous qui vous faites gloire d’être du nombre des sans-culottes, du haut de votre immortel rocher, vous n’anéantirez l’hydre sans cesse renaissante de l’agiotage !

Mais, ajoute-t-on, on tire de l’étranger bien des articles, et il ne veut en paiement que de l’argent. Cela est faux ; le commerce s’est presque toujours fait par échange de marchandise contre marchandise, et du papier contre papier ; souvent même on a préféré des effets au numéraire. Les espèces métalliques qui circulent en Europe ne suffiraient pas, pour acquitter la cent-millième partie des billets qui sont en émission. Ainsi, il est clair comme le jour, que les agioteurs et les banquiers ne discréditent les assignats que pour vendre plus cher leur argent, pour trouver occasion de faire impunément le monopole et de trafiquer dan le comptoir du sang des patriotes, qu’ils brûlent de verser.

Mais l’on ne sait pas comment les choses tourneront... Il est très certain que les amis de l’égalité ne souffriront pas toujours qu’on les fasse égorger au dehors, et qu’au-dedans on les assiège par la famine. Il est très certain que toujours, ils ne seront pas les dupes de cette peste publique, des charlatans qui nous rongent comme des vers, des accapareurs dont les magasins ne sont plus qu’un repaire de filous.

Mais, lorsque la peine de mort est prononcée contre quiconque tenterait de rétablir la royauté, lorsque des légions innombrables de citoyens soldats forment avec leurs armes une voûte d’acier, lorsqu’elles vomissent de toutes parts le salpêtre et le feu sur une horde de barbares, le banquier et l’accapareur peuvent-ils dire qu’ils ne savent pas comment les choses tourneront ? Au reste, s’ils l’ignorent, nous venons le leur apprendre. Le peuple veut la liberté et l’égalité, la république ou la mort ; et voilà précisément ce qui vous désespère, agioteurs, vils suppôts de la tyrannie !

N’ayant pu réussir à corrompre le cœur du peuple, à le subjuguer par la terreur et la calomnie, vous employez les dernières ressources des esclaves pour étouffer l’amour de la liberté. Vous vous emparez des manufactures, des ports de mer, de toutes les branches du commerce, de toutes les productions de la terre pour faire mourir de faim, de soif et de nudité, les amis de la patrie, et les déterminer à se jeter entre les bras du despotisme.

Mais les fripons ne réduiront pas à l’esclavage un peuple qui ne vit que de fer et de liberté, de privations et de sacrifices. Il est réservé aux partisans [de] la monarchie de préférer des chaînes antiques et des trésors à la République et à l’immortalité.

Ainsi, mandataires du peuple, l’insouciance que vous montreriez plus longtemps serait un acte de lâcheté, un crime de lèse-nation. Il ne faut pas craindre d’encourir la haine des riches, c’est-à-dire des méchants. Il ne faut pas craindre de sacrifier les principes politiques au salut du peuple, qui est la suprême loi.

Convenez donc avec nous que, par pusillanimité, vous autorisez le discrédit du papier, vous préparez la banqueroute, en tolérant des abus, des forfaits dont le despotisme eût rougi, dans les derniers jours de sa barbare puissance.

Nous savons sans doute qu’il est des maux inséparables d’une grande révolution, qu’il n’est pas de sacrifices qu’on ne doive faire, pour le triomphe de la liberté, et qu’on ne saurait payer trop cher le plaisir d’être républicain ; mais aussi nous savons que le peuple a été trahi par deux législatures ; que les vices de la Constitution de 1791 ont été la source des calamités publiques, et qu’il est temps que le sans-culotte qui a brisé le sceptre des rois, voie le terme des insurrections et de toute espèce de tyrannie.

Si vous n’y portez un prompt remède, comment ceux qui n’ont aucun état, ceux qui n’ont que 2, 3, 4, 5 ou 6 cents livres de rentes, encore mal payées, soit en pension viagère, soit sur des caisses particulières, subsisteront-ils, si vous n’arrêtez le cours de l’agiotage et des accaparements, et cela par un décret constitutionnel qui n’est pas sujet aux variations des législatures. Il est possible que nous n’ayons la paix que dans vingt ans ; les frais de la guerre occasionneront une émission nouvelle de papier ; voudriez-vous donc perpétuer nos maux pendant tout ce temps-là, déjà trop long, par l’autorisation tacite de l’agiotage et des accaparements ? Ce serait là le moyen d’expulser tous les étrangers patriotes, et d’empêcher les peuples esclaves de venir respirer en France l’air pur de la liberté.

N’est-ce donc pas assez que vos prédécesseurs, pour la plupart d’infâme mémoire, nous aient légué la monarchie, l’agiotage et la guerre, sans que vous nous léguiez la nudité, la famine et le désespoir ? Faut-il que les royalistes et les modérés, sous prétexte de la liberté du commerce, dévorent encore les manufactures, les propriétés, qu’ils s’emparent du blé des champs, des forêts et des vignes, de la peau même des animaux, et qu’ils boivent encore dans des coupes dorées le sans et les larmes de citoyens, sous la protection de la loi ?

Députés de la Montagne, non, non, vous ne laisserez pas votre ouvrage imparfait ; vous fonderez les bases de la prospérité publique ; vous consacrerez les principes généraux et répressifs de l’agiotage et des accaparements ; vous ne donnerez pas à vos successeurs l’exemple terrible de la barbarie des hommes puissants sur le faible, du riche sur le pauvre ; vous ne terminerez pas enfin votre carrière avec ignominie.

Dans cette pleine confiance, recevez ici le nouveau serment que nous faisons de défendre jusques au tombeau la liberté, l’égalité, l’unité et l’indivisibilité de la République, et les sans-culottes opprimés des départements.(...)


Vive la vérité, vive la Convention nationale, vive la république française !



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Message le Ven 4 Nov 2011 - 17:52 par Mister Cyril

"On en avait eu quelques prémisses avec le référendum français de 2005 dont les résultats furent ouvertement reniés. On le vit en Irlande où la population fut contrainte de voter jusqu’à donner le “bonne” réponse à la question qu’on lui posait."

Bein sûr d'accord avec ce texte même si je le trouve trop gentil et tendre...ou alors c'est moi qui vire Hébertiste enragé absolu; "prémisses" c'est un euphémisme! c'était un déni de démocratie, point barre!!!

Conclusion "L’unique espoir de la démocratie, aujourd’hui, c’est la rue." ou du moins un rapport de force physique et frontal pour ceux qui ont peur du mot "calle"...ceci dit je ne suis pas plus énervé que ça puisque ils apportent de l'eau à mon moulin...subir et participer à cette parodie de système ou le combattre radicalement!

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Message le Ven 4 Nov 2011 - 12:34 par brusyl


Georges Papandréou, premier ministre grec, “socialiste” tiède pris d’un fugace sursaut démocratique, aura donc mangé son chapeau référendaire aux premiers aboiements de ses “amicaux” partenaires européens. Achevant nos dernières illusions démocratiques et européennes.

Peuples humiliés, Union européenne en miette, paravent démocratique déchiqueté, ce ne sont pas les coups de menton d’un G20 en déroute qui risque d’infirmer cette désolante impression. En même temps, il se pourrait bien que cette déroute des puissants constitue l’espoir des populations.
L’humiliation des peuples

L’humiliation infligée à la population grecque sort renforcée à travers le traitement imposé à leur premier ministre par les deux molosses franco-allemands de la meute.

« Quand nous fixons une règle, elle doit être respectée » (Nicolas Sarkozy, G20 de Cannes, 3 novembre)

Couché, pas bougé ! On ne saurait être catégoriquement plus clair dans l’intention d’asservir ! Notre couple y mit même les formes en imposant à son laquais hellène réfractaire par eux convoqué une avilissante attente de deux heures dans l’antichambre de leur niche.

S’il y a quelque chose qui ne soit pas du tout « respectée » dans cette lamentable histoire, c’est bien la volonté des peuples, clairement soumis aux diktats des représentants d’un système moribond.
L’implosion de l’Union européenne

Ce nouvel épisode grec, ajouté à la crise de la “Grande perdition”, met un peu plus en évidence la fin de l’UE en tant qu‘“union” de pays.

Rongé par un inexorable délabrement systémique, l’assemblage cède au dangereux principe de meute. Celui qui, par sa hiérarchie clanique, mène tout droit aux vieux démons de la sauvagerie.

Combien parie-t-on que le couple franco-allemand, qui se donne l’illusion de mener aujourd’hui la barque, ne tiendra pas à la première dégradation de l’un d’entre eux (suivez mon regard) par une vulgaire agence de notation ?

Sous les coups de boutoirs d’une crise qui arrive bientôt à son épilogue, l’union se façade implose pour révéler de féroces rapports de force entre ses membres.
Le déchiquetage du paravent démocratique

Par delà la mortifiante volte-face — si celle-ci est bien confirmée ! — de Georges Papandréou, c’est le paravent démocratique de l’Europe toute entière qui vient d’être pulvérisé.

On en avait eu quelques prémisses avec le référendum français de 2005 dont les résultats furent ouvertement reniés. On le vit en Irlande où la population fut contrainte de voter jusqu’à donner le “bonne” réponse à la question qu’on lui posait.

La démocratie ne tient que dans le respect des règles fixées par les gardes-chiourmes du système. Avec cette épisode grec, on mesure aujourd’hui combien aucune force politique remettant en cause le cadre défini par les grands-prêtres n’a la moindre chance d’accéder au pouvoir du fait de la seule vertu d’un isoloir.

Soit qu’elle soit filtrée en amont par des médias cadenassées ou d‘“amicales” pressions financières. Soit qu’elle soit purement et simplement dézinguée en aval. Les agissements des défenseurs du système aux quatre coins du monde, et tout fraîchement en Grèce, témoignent abondamment de leur absence de scrupules.
La rue comme seule perspective démocratique

Paradoxalement, la crise en cours est une chance pour la restauration de la véritable démocratie. En portant les populations au paroxysme de l’humiliation, en leurs infligeant souffrances et privations, non en raison d’une quelconque pénurie, mais pour alimenter leur système agonisant, les sergents-chefs du G20 aboutiront aux résultats inverses que souhaités par eux.

Craintifs et paniquards vous inonderont d’exemples historiques pour démontrer que ces périodes de crise peuvent aussi déboucher sur le pire. C’est vrai et faux à la fois ! Ce qui conduit aux dictatures et aux pires totalitarismes, c’est d’abord la non-réaction apeurée des populations devant l’effondrement de leur monde, leurs replis régressifs sur de vieilles valeurs faisandées.

Sans réaction populaire, en Grèce ou ailleurs, la crise de la Grande perdition conduit tout droit aux pires tragédies. Tant que les Indignés de tout poil n’auront pas été signifier aux roquets du G20 qu’ils doivent “dégager” illico presto, la planète court tout droit à sa perte.

L’unique espoir de la démocratie, aujourd’hui, c’est la rue.

http://yetiblog.org/index.php?post/le%C3%A7ons-du-naufrage-democratique-grec

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Message le Jeu 3 Nov 2011 - 12:29 par Mister Cyril

Oui le référendum est légitime (5 dixiémes) MAIS...des heures et des heures d'explication...en plus le peuple ne répond jamais à la question posée...allons les élus sont là pour ça...pitaing ne me parlez plus de démocratie représentative (ouf ce soir Taï-Chi + karaté)!!!

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