Les dessous de la crise de l'euro pour les nuls

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23112011

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Les dessous de la crise de l'euro pour les nuls




Goldman Sachs : le putsch du désespoir

Le feuilleton chaotique de la crise poursuit son cours. Chaque jour un élément nouveau, contradictoire, imprécis, alarmiste, rassurant… est offert aux pauvres peuples européens, qui n’y comprennent plus rien, dirigés qu’ils sont par des eurocrates aux pouvoirs sans limites et aux décisions qui renient même la démocratie – l’épisode le plus spectaculaire étant celui du référendum grec.

Polémia a reçu de son correspondant italien une communication intéressante par son originalité, qui montre comment est perçue en Italie l’arrivée de Mario Monti, et qui explique en quoi le triple coup d’Etat sur l’Europe (avec Mario Monti, Mario Draghi et Loukas Papademos) est probablement une manœuvre obligée, et un signe de désespoir. Cette tribune a été amputée de quelques phrases en début et en fin de texte, sans incidence sur la compréhension du contenu (voir en fin d’article).

(…) Mario Monti, oui, il a étudié à Yale. Il a été commissaire européen pendant dix ans, tout d’abord au Marché interne et aux droits de douane, c’est-à-dire à leur suppression. Il a été coopté membre du Bilderberg et de la Commission Trilatérale. En 2005, il devient superconseiller international chez Goldman Sachs. Aujourd’hui, nommé sénateur à vie par le président italien Giorgio Napolitano, le communiste préféré des Américains, il accède aux fonctions de chef du gouvernement. Même s’il n’a pas, en soutien, les votes du parlement, il restera au gouvernement pour l’année et demie à venir.

Mario Draghi est titulaire d’un doctorat d’économie du MIT, Massachusetts Institute of Technology. Comme fonctionnaire du Trésor, il a été chargé des privatisations italiennes, qu’il avait déjà organisées sur le yacht Britannia avec les banques anglaises, en secret, il y a un an. Depuis, mission accomplie, il a siégé dans nombre de conseils d’administration de diverses banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs. Fort de ce conflit d’intérêts, il a été nommé gouverneur de la Banque centrale européenne, la BCE.

Loukas Papademos, nouveau premier ministre grec, est, lui aussi, diplômé du MIT. Il a enseigné à la Columbia University de New York, puis il a été conseiller de la Réserve fédérale de Boston (l’une des 13 banques qui constituent la FED). De 1994 à 2002 il a été gouverneur de la Banque centrale grecque : fauteuil qu’il occupait quand la Grèce s’est qualifiée pour entrer dans l’euro, grâce à des truquages comptables et à de faux conseils donnés par Goldman Sachs. Il a été vice-président de la BCE. Aujourd’hui il est premier ministre élu au parlement par les deux principaux partis grecs.

Au gouvernail de la crise européenne, il y a donc trois Américains, formés dans deux des plus prestigieuses universités américaines dont ils ont assimilé l’idéologie enseignée. Membres de la superclasse mondialiste, tous les trois sont fortement liés à Goldman Sachs.

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ?

Parce que maintenant Goldman Sachs va gouverner, avec ses délégués largement honorés, directement à visage découvert et en s’exposant personnellement. Habituellement, ces messieurs de l’oligarchie préfèrent gouverner dans les coulisses, en mettant en avant certains de leurs hommes stipendiés et serviles, politiques rodés aux jeux de la démocratie. Ce triple coup d’Etat est probablement une manœuvre obligée, et un signe de désespoir.

Comment cela ? Parce que Goldman doit s’assurer que l’Italie et la Grèce ne feront pas banqueroute et ne répudieront pas la dette. Les banques américaines ne les laisseront pas faire faillite et utiliseront tous les moyens pour l’empêcher, pour une raison bien précise.

A peine le système bancaire américain s’était-il réjoui d’être peu exposé aux titres souverains européens (15 milliards), qu’il s’est rendu compte qu’avec les CDS (Credit Default Swaps), c’était une autre histoire. Les banques USA ont assuré des quantités importantes de la dette européenne – on dit qu’il s’agit d’au moins 250 milliards – en émettant et en vendant des quantités industrielles de CDS, produits dérivés qui prétendent fonctionner comme des assurances contre le risque de défaillance.

Naturellement, c’est de la comédie, parce que ni Goldman Sachs ni les autres banques de fortune n’ont constitué des réserves correspondant à la moindre fraction du montant nécessaire pour payer les assurés, au cas où un pays souverain ne parviendrait plus à s’acquitter de sa dette. S’il advenait vraiment une défaillance, les banques de la galaxie américaine, à commencer par Goldman Sachs, imploseraient comme des supernovae (1), en donnant comme résultat des trous noirs qui attireraient dans leurs remous chaque réalité économique existante, si elle était basée sur le crédit.

Les émetteurs de CDS américains ont réussi, d’un cheveu, à ne pas mettre à exécution les prétendues polices d’assurance souscrites par la Grèce, même si cette dernière s’est rendue coupable d’une défaillance partielle, dite restructuration. Les titulaires de BOT [Build-Operate-Transfer] grecs ont dû accepter un effacement de la dette de 50%. Mais, étant donné qu’il s’agit de banques européennes et que la perte des prêteurs a été définie comme volontaire, les émetteurs ont décidé de ne pas rembourser le sinistre. C’est ce qu’a décidé l’ISDA (l’International Swaps and Derivatives Association), qui est l’organe formé par les mêmes émetteurs de CDS, évidemment en leur faveur.

C’est cet organisme bancaire privé qui a décrété rétrospectivement – post factum, cette règle dont personne ne savait rien – que lorsque les banques créditrices acceptent volontairement une amputation de leurs crédits, les CDS qui ont été achetés ne remboursent rien. Le trucage a réussi, de telle sorte que Goldman Sachs et compagnie n’ont pas été obligés de payer.

Mais la réussite a été au-delà, dans le sens où tous les détenteurs internationaux de titres italiens, qui s’étaient couverts contre le risque avec des CDS américains, ont découvert que ces assurances – pour lesquelles ils ont payé un petit paquet de millions – n’assurent rien.

C’est là, au moins en partie, la vraie raison pour laquelle les marchés ont commencé à se séparer des titres de la dette italienne (en les bradant) ou à réclamer un intérêt dramatiquement plus élevé pour les acheter : une augmentation prévisible pour un risque de défaillance dont on sait qu’il n’est plus couvert par les CDS. Les marchés de la dette ont été tous secoués, et le spread (2) sur la dette française a également augmenté, et toujours pour la même raison : les détenteurs croyaient avoir quelque protection en ayant acheté les CDS, et ils ont découvert qu’ils ne l’avaient pas.

Certains analystes anglais et américains se sont étonnés de cette poussée imprévue de méfiance sur l’Italie, un pays – ont-ils écrit, comme par exemple Evans-Pritchard du Telegraph le 9 novembre 2011 – « qui aura une primaire active en 2013 » (éloge posthume et involontaire à Tremonti), une richesse de familles supérieure à celle de l’Allemagne et une dette privée bien moindre que la moyenne des Européens. Comment se fait-il qu’un pays qui a des fondamentaux aussi bons puisse être considéré comme insolvable ?

Le fait est que la tempête sur l’euro s’est transformée en cyclone.

Les taux d’intérêt que l’Italie doit supporter sont devenus véritablement insoutenables, proches de la banqueroute, pour le troisième débiteur mondial et la troisième économie de l’UE. Du point de vue de Goldman Sachs (et de ses affiliés américains), il faut absolument empêcher que l’Italie ne fasse faillite ; s’il en est autrement, les banksters américains devront honorer l’engagement pris, en vendant leurs CDS, c’est-à-dire, en quelque sorte, en remboursant le sinistre, avec leurs propres deniers, qui n’offrent même pas la disponibilité nécessaire, et de loin.

Combien ?

Personne ne le sait exactement, vu que 85% du marché des dérivés se fait over-the-counter (c’est-à-dire en dehors des marchés boursiers) sur accords au cas par cas entre client et assureur, par conséquent sans laisser de trace comptable à la vue des régulateurs (qui dorment). Il existe en outre une quantité non définie de CDS nus (naked), c’est-à-dire vendus à des gens qui ne possèdent pas les titres d’assureur : ces non-possesseurs, eux aussi, devront rembourser si l’Italie fait faillite.

Au jugé, on peut dire seulement ceci : que notre défaillance vaporiserait instantanément les capitaux des banques d’affaires américaines, et même plusieurs fois leurs capitaux et provoquerait l’implosion complète du système bancaire supranational – qui est le véritable insolvable dans cette affaire. Ce n’est pas par hasard si Warren Buffett a qualifié les dérivés d’ « armes de destruction massive ».

C’est la raison pour laquelle Goldman Sachs ne permettra pas à l’Italie de faire faillite ou de restructurer la dette : il en va de sa vie. C’est pourquoi il a mis directement des hommes à lui au gouvernail des points névralgiques européens qui comptent.

On en a vu la conséquence tout de suite : à peine avait-on appris le nom de Monti comme administrateur délégué d’Italie que les marchés ont fait descendre le spread sur les titres italiens. En réalité, il s’agissait d’un ami de Mario Draghi qui a fait acheter par la BCE des fournées de titres italiens pour faire voir que les marchés ont tellement confiance en Monti.

La Grèce est maintenant sous administration contrôlée de Goldman-Papademos, pour la même raison : une banqueroute involontaire contraindrait les banques américaines trafiquantes de CDS à payer.

Soyons-en certains : Monti ne se limitera pas à imposer des impôts financiers et patrimoniaux et des privatisations. La situation est tellement dangereuse pour Goldman qu’il devra aussi chercher à jouer sur la croissance du pays, parce que sans une croissance du PIB – les banquiers le savent très bien – le service de la dette ne peut pas être soutenu. Ils ont intérêt à nous étayer. Ils le feront avec toutes les thérapies qu’ils connaissent, eux… Qui sont erronées (*).

D’où la vraie grande bonne nouvelle. La plus tragique : Monti – et la douzaine d’experts européens et du Fonds monétaire qui sont venus à Rome pour contrôler, les vrais ministres de son ministère – ne réussira pas à redresser notre situation, et Draghi et Papademos ne réussiront pas non plus. La défaillance est inéluctable.

C’est une simple question de mathématique. Il existe un rapport entre la croissance du PIB et les intérêts sur la dette publique. L’Italie ne peut pas payer 7% d’intérêts sur une dette de 1.900 milliards, sans une croissance, disons, de 3% par an. Cette croissance qui tient du miracle économique, il est impossible de l’atteindre : surtout avec la récession qui menace l’Europe tout entière, qui se remarque par le ralentissement des exportations allemandes.

Mais le facteur le plus dangereux est désormais le risque systémique. Le système financier lui-même l’a cultivé et l’a fait augmenter, en se lançant dans une interconnexion si enchevêtrée, si opaque et si enchaînée que personne ne comprend plus où ni comment elle finira. Il suffit de se rappeler que les banques italiennes et grecques sont pleines de BOT nationaux : traditionnellement, c’était là un facteur de stabilité financière, et une contribution importante de l’épargne nationale au financement de la dette ; aujourd’hui, c’est devenu une menace supplémentaire, qui impose aux Etats déjà extra-endettés de soutenir leurs banques devenues insolvables par la baisse de la valeur de leurs actifs.

Et ce n’est là que la partie visible de l‘iceberg: il faut ajouter le shadow banking, le système souterrain dans lequel des entités non réglementées, situées dans des paradis fiscaux, émettent des produits dérivés dont la description nécessite des volumes entiers de formules mathématiques, et dont le but allégué est de gérer les risques des titres publics et privés sous-jacents. Le plus beau, dans ces produits, c’est que, selon leurs inventeurs, ils permettaient d’augmenter les performances en diminuant le risque. Or c’est le contraire qui s’est passé : lesdites entités augmentent le risque, parce qu’elles ont transféré les risques à un nombre limité de grands acteurs qui dominent le marché – et qui par conséquent concentrent tous les risques.

Petits exemples.

La Slovénie, sans la moindre faute, a été frappée de plein fouet par la crise de l’Italie et sa dette publique ne trouve pas d’acheteurs si ce n’est à des prix prohibitifs. La Hongrie s’attend à une aggravation du rating de sa dette, à laquelle succédera une dévaluation de la monnaie nationale, ce qui produira une augmentation du coût de son endettement, avec en plus, un autre engagement aux banques européennes qui en Hongrie ont trop prêté. Unicredit et les banques autrichiennes sont en première ligne du risque hongrois et peuvent s’effondrer d’un seul coup. Pour les banques françaises, surchargées de titres des PIIGS (3), nous savons déjà ce qu’il en est. Les banques allemandes ne se portent pas mieux, au contraire moins bien. Et toutes les banques européennes opèrent avec un levier de 26 à 1 (pour chaque euro, elles en ont 26 en prêt), bien plus élevé que les banques américaines.

Les délégués de Goldman Sachs Europe sont donc toujours en retard d’un mouvement (comme l’est aussi l’UE).

Ils se démènent autour de la Grèce et de l’Italie, mais désormais c’est l’Europe dans son ensemble qui est dans la ligne de mire des marchés.

Un jour, si nous avons un avenir, les historiens se demanderont comment on a pu en arriver à l’implosion quand le remède pour la conjurer était si évident : interdire purement et simplement les paris sur les fluctuations des prix en prohibant l’usage de produits dérivés sans couverture. Ou bien, l’autre remède : l’effacement, au moins partiel mais substantiel, de la dette désormais inestimable (qui aurait aussi l’avantage de ne pas obliger Goldman Sachs à honorer ses CDS, en ce que la remise est volontaire).

Mais non ! Nos patrons actuels ne voient pas et ne veulent pas de ces remèdes. Ils veulent prélever à jamais leur péage sur les peuples, jusqu’à les rendre exsangues. Dans la recherche du profit monétaire comme fin ultime, dans l’avidité démesurée du prendre sans jamais donner (typique des usuriers,), ils se sont mis dans la situation du risque systémique prévue par la théorie du chaos : le vol d’un papillon à Budapest qui provoque un tremblement de terre en Chine. (…)

————————–

Notes de Polémia :

(1) De tous les phénomènes célestes, c’est le plus violent. En quelques secondes, une étoile explose, projetant dans l’espace une partie de sa matière à des vitesses prodigieuses (source : Wikipédia).

(2) Le spread de crédit ou spread : vient du mot anglais qui veut dire écart ; désigne l’écart de taux actuariel entre une obligation émise par une entreprise, une collectivité territoriale ou un organisme et un emprunt d’Etat théorique qui aurait les mêmes flux financiers (source : Wikipédia).

(3) Désigne cinq pays de l’Union européenne : Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne (« Spain », en anglais). Ces pays ont eu une activité économique en dents de scie pendant quelques années au début du XXIe siècle, étaient vus comme manquant de discipline fiscale et avaient régulièrement un important déficit commercial, ce qui menait à des questionnements relatifs à la stabilité de l’euro. De plus, ils ont régulièrement un taux de chômage élevé (source : Wikipédia).

Note de l’auteur :

(*) Je cite ici le lecteur Oriundo06, qui connaît personnellement Mario Monti :« En tant que personne, il est correct : il n’a pas la mentalité de la caste, il n’est pas hautain, il est aussi sensible socialement (à moins qu’il n’ait changé de costume depuis), humainement on peut considérer qu’il est conscient de l’existence de qui n’est pas privilégié. Mais c’est tout. Il vit comme tant d’autres “techniciens” dans la tour d’ivoire de leurs compétences “scientifiques”, enveloppés d’un jargon d’une inauthenticité sociale effroyable (…). C’est un monétariste “pur”, ce qui veut dire – pour les non initiés – une personne qui pense par abstractions, à travers une doctrine économique théorique dont les paradigmes doivent “forcer” la réalité à s’intégrer. Tout le reste est négligeable : avant tout les choix stratégiques d’un petit pays comme l’Italie, dont les intérêts peuvent ne pas être “cohérents” avec nos “amis” obligés. »

En somme, Monti est incapable (comme Draghi) de l’exercice mental aujourd’hui le plus urgent : la critique du système financier qu’ils sont appelés à défendre, pour pouvoir le réformer. Penser en dehors des règles de l’orthodoxie monétariste est impossible à ce genre d’homme, il a été sélectionné précisément pour cela. Ces gens-là croient que l’économie consiste en des équations mathématiques (qui remplissent les livres de description des produits dérivés) et ils ignorent l’économie comme histoire, comme politique, comme chair du travailleur, unique et véritable producteur de richesse non volée et de dignité non conférée par les médias.

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 12:01 par Mister Cyril

Oui toujours le même débat...j'avoue que sans m'intéresser au marketing ou postures médiatiques Jorion à la télévision a un air de Droopy apathique et souvent brouillon qui nuit à son discours, mais là je trouve comme Bru qu'il a eu raison de rentrer dans le lard de ce vecteur de la pensée unique, face à un tel mépris soit on courbe l'échine voire on en rajoute dans la victimisation(comme Poutou), soit on leur met le nez dans le caca (à la Mélenchon) (2 exemples que je prends pour simplifier pas pour lancer un quelconque débat présidentiel). Au niveau de l'efficacité médiatique je ne sais pas si ça paye, car j'ai effectivement entendu pas mal de "copains" trouver qu'effectivement "un ton agressif c'est pas gentil" mais au niveau idéologique et timing (on a plus vraiment le temps) il faut arrêter de s'auto-censurer!!!

Bizz!

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 11:42 par brusyl

@ melody
oui, il faut écouter cette émission car elle est particulièrement révélatrice : pas de l'analyse de Jorion, il ne fait que redire ce qu'il écrit dans son blog (et de plus en plus dans les medias, c'est tout de même à noter qu'un pensée iconoclaste comme la sienne perce petit à petit... bon c'était "France -culture et pas TF1, il y encore du chemin à faire ! mais peut-être un jour les video d'E. Chouard, qui sont compréhensibles par tous, même ceux qui n'ont aucune notion d'économie y seront diffusées ? nan je rigole !) mais intéressante disais-je donc par le choc frontal entre le blogueur et son interviewer dans la seconde partie de la video : la dérision, l'arrogance du journaliste envers ces "prophètes de malheur" réflète si bien la césure de plus en plus monstrueuse entre le discours officiel tenu par le journaliste (le capitalisme est inévitable, il s'adaptera comme il l'a toujours fait, tout cela assaisonné d'attaques personnelles : "vous jouez les cassandre pour un jour avoir votre heure de gloire") et la réalité de la décomposition du système expliquée par Jorion.
Beaucoup ont estimé que Jorion s'était mal défendu... trop réactif, trop violent. Moi non, je pense au contraire qu'il aurait dû y aller encore plus fort, la gravité de la situation, l'ampleur de l'oppression qui menace le méritent largement.

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 1:54 par Invité

C'est toujours une chose impressionnante à observer, quand la réalité glisse. À un moment, une certain idée est vue comme absurde, et le moment suivant elle est traitée comme la sagesse conventionnelle. Il semble y avoir un mécanisme psychologique impliqué, dans lequel personne ne veut être vu comme le dernier imbécile à comprendre enfin le tableau. Tout le monde commence par prétendre avoir pensé de cette façon depuis le début, ou au moins depuis un petit moment, de peur de paraître idiot. Il est toujours difficile de demander aux gens ce qui les a soudainement fait changer d'avis, parce qu'avec la peur d'avoir l'air idiot vient une certaine perte de dignité.

une excellente illustration de ce propos est le buzz qu'a fait l"émission de jorion sur france culture à voir absolument ici
près de 600 commentaires (à lire tellement c'est intéressant) et presque autant sur rue 89

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 1:27 par Invité

Donald11 a écrit: Va falloir quand meme se proteger des degats collateraux !
Dimitri Orlov a tiré les conclusions de l'effondrement systémique soviétique et donne quelques pistes pour survivre dans la débâcle finale (infos sur son blog : ici)

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 11:28 par Donald11

Lecture rafraichissante. Les banques et les banquiers disparaissent, et le nabot avec. Va falloir quand meme se proteger des degats collateraux !
Et puis, je n'avais pas vraiment prete l'oreille a l'affaire, etant moi meme atteint d'une legere surdite, mais en effet, l'Angleterre a ete mise sur la touche de l'Europe. Et ca ce n'est pas non plus pour me deplaire !

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 10:20 par Invité

Mister Cyril a écrit:J'ai tout compris jusqu'au 2/3...le gazier semble nous dire que c'est inéluctable...réformable? That is the question? Et si oui, au profit de qui, that is an other question??
Bien évidemment que c'est ni évitable ni réformable avec les idéologues vendus à la finance actuels ! Finalement l'Allemagne a p'tet ben raison de pas ouvrir les robinets de la BCE pour absorber leurs actifs pourris et cherche à faire jouer les CDS.... auquel cas BOUUUM !
l'analyse du dernier GEAB est tout à fait éloquente sur ce qui nous pend au nez :
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-58-Sommaire_a7897.html
Renseignements pris cet article proviendrait d'un cite d'extrême droite (d'où la forte odeur conspirationniste qui s'en dégage au début de l'article, alors à prendre avec des pincettes) mais en gros il recoupe les infos glanés ici et là sur leap, blog de jorion, olivier delamarche etc...
D'ailleurs le dernier GEAB ici nous donne qq espoirs, à lire absolument les notes de bas de page : on se marre bcp (Lordon fait des adeptes lol).

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 9:33 par Invité

brusyl a écrit:@ melody
A propos, ton petit message sur la barrière entre les retraités et leur assurance vie et ceux qui travaillent m'a explosée de rire !

a l'instar d'Arié j'ai décidé de le provoquer à chaque fois qu'il débite sa propagande sur la dette : lui renvoyer que c'est la lutte des classes entre vieux nantis et les travailleurs actuels. N'empêche il a suivi mon conseil : il s'est débarrassé illico de ses assur-vie lol !

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 9:30 par Invité

Donald11 a écrit:Alors, il ne nous reste qu'a attendre la creation du trou noir ...
Bonjour la deflagration !!!
C'est peut-etre ca la prevision Maya !

Bonsoir Melody.
C'est exactement ce que je dis depuis le début de cette crise systémique. Z'étaient forts quand même ces Mayas, mais vu qu'ils ont disparu à cause de l'exploitation de leurs ressources à outrance ce qui a provoqué une cata écologique (sécheresse) y z'ont de l'expérience !

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Message le Ven 25 Nov 2011 - 9:14 par Donald11

Mister Cyril a écrit:J'ai tout compris jusqu'au 2/3...le gazier semble nous dire que c'est inéluctable...réformable? That is the question? Et si oui, au profit de qui, that is an other question??
Je pense qu'à ce stade, y'a plus de profit. Pour reprendre la métaphore du trou noir des astronomes, toute la matière y est aspirée et s'y perd inéluctablement, les plus grosses etoiles comme les grains de sable... Retour au néant. Pour nous, ce sera peut etre retour au troc, pour bouffer un peu. Adieu cholestérol !!!
Faudra peut-être renoncer a tes coucougnettes géantes !!!

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 21:25 par Mister Cyril

J'ai tout compris jusqu'au 2/3...le gazier semble nous dire que c'est inéluctable...réformable? That is the question? Et si oui, au profit de qui, that is an other question??

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 15:30 par brusyl

@ melody

Merci pour cette excellente analyse de l'impasse de la dette !

A propos, ton petit message sur la barrière entre les retraités et leur assurance vie et ceux qui travaillent m'a explosée de rire !

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Message le Jeu 24 Nov 2011 - 9:49 par Donald11

J'ai écrit ici que je ne comprenais pas très bien ce que venaient faire dans cette galère les trois ex-Gold-men ... Ce sont donc trois sous-marins de chez Sachs and co, venus la pour soutenir la banque GS et tenter de lui éviter une banqueroute retentissante. J'attends le mois de mai 2012 avec impatience ... A moins que d'ici la, Fillon soit remplace par un GS pur jus !!! Il est vrai que, chez nous, le President s'occupe de tout. Le remplacer avant la fin de son mandat par un GS aussi ne serait pas de trop !!!
D'un autre cote, nos banquiers ont invente la pierre philosophale des marches : 1 euro en vaut 26 !!!

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Message le Mer 23 Nov 2011 - 23:07 par Donald11

Alors, il ne nous reste qu'a attendre la creation du trou noir ...
Bonjour la deflagration !!!
C'est peut-etre ca la prevision Maya !

Bonsoir Melody.

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Message le Mer 23 Nov 2011 - 22:55 par Invité

@bru : ça nous change des élucubrations d'Arié.
Car comme Monti et Draghi , Arié est incapable de l’exercice mental aujourd’hui le plus urgent : la critique du système financier qu’ils sont appelés à défendre, pour pouvoir le réformer.
bises

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