Stratégies basiques de la base!

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03122011

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Stratégies basiques de la base!




Six stratégies possibles pour le mouvement des Indignés, laquelle choisir ?

En six mois des dizaines de millions de personnes sont sorties dans la rue au sein du mouvement des Indignés, dans plus de 80 pays, pour plusieurs raisons. Les motivations et les revendications des manifestants, quoique différentes au sein même des participants, peuvent se résumer à la volonté d’une maîtrise de l’économie et de la finance par le politique, et à la volonté de mettre en place de vraies démocraties ou les citoyens aient un vrai pouvoir.


Plusieurs destins sont envisageables pour ce mouvement sans précédent, selon les tactiques et les stratégies qui seront adoptées par les assemblées populaires et exposées par la communication du mouvement. Ce sont les gens qui participent au mouvement qui lui donnent son orientation : ils doivent être conscient des possibilités existantes, afin de faire des choix et d’orienter le mouvement de manière à maximiser sa réussite.

Je vais présenter six possibilités d’évolution pour le mouvement. Ces différentes présentations ne tiennent compte que des choix idéologiques stratégiques adoptés, le paramètre qu’est la mobilisation effective ne peut pas être plus détaillé.


Le mouvement reste hors des institutions et des structures étatiques :

1.Le mouvement est anticapitaliste révolutionnaire
Le mouvement est une force révolutionnaire anticapitaliste, qui veut supprimer le capitalisme sans passer par les institutions actuelles. Le mouvement reste spontané et autogéré (ou se hiérarchise et devient un mouvement marxiste léniniste), c’est une force anarchiste globale qui refuse la hiérarchie. Cette possibilité est inédite ( jamais une force anarchiste majeure n’a émergé dans plusieurs pays), mais comporte des points faibles. En effet, malgré le fait que le communisme n’ait jamais existé sur Terre (c’était alors du capitalisme d’État), les gens associent communisme et goulag (surtout le marxisme léninisme). De plus le formatage capitaliste empêche l’émergence d’un courant anticapitaliste fort à toute la société. La radicalité de l’anticapitalisme et de l’anarchisme peut repousser plus d’une personne. Le développement d’un tel mouvement peut réussir, à condition que la démocratie fasse partie du projet porté par le mouvement.

2.Le mouvement est une sorte de lobby pour la démocratie ou contre le capitalisme
Le mouvement peut-aussi avoir comme simple but d’influer sur la classe politique, économique et sur les citoyens en instaurant un débat. Dans ce cas le mouvement risque de vite s’essouffler, car il est voué à ne pas jouer de rôle majeur dans les décisions politiques, si ce n’est pas la prise de parole. Si le mouvement revendique qu’il ne mènera ni révolution ni qu’il sera une force politique majeure, alors les gens arrêteront de lutter pour une impasse.

3.Le mouvement est démocratique révolutionnaire
Le mouvement rejette le système politique en place. Il juge que les maux de la société (crises) viennent du fonctionnement oligarchique de nos républiques (une république est synonyme d’oligarchie), et il propose une vraie démocratie (à définir). Le mouvement construit donc une vraie démocratie dans la rue et crée une vrai débat sur la politique : il ne peut que s’amplifier et rassembler toujours plus de masses, compte tenu de la méfiance des gens à l’égard des politiciens. Reste un problème : trouver les modalités d’une démocratie réelle.

4.Le mouvement revendique à la fois du social, de l’économique et la démocratie
Le mouvement est toujours révolutionnaire, mais cette fois ces revendications sont multiples : d’un côté démocratie réelle, et de l’autre, des réformes sociales et économiques. C’est ce dont le mouvement semble le plus se rapprocher actuellement. Le problème dans la mise en avant de solutions économiques et sociales, c’est que le mouvement se situe désormais sur l’échiquier politique, et qu’il se coupe ainsi d’une partie de la population. De plus, si le mouvement veut mettre en place une réelle démocratie, il ne semble pas falloir exiger un programme précis avant que la démocratie soit mise en place.

Le mouvement rentre dans le cadre des institutions :

1.Le mouvement devient un parti anticapitaliste
Le mouvement se transforme en force politique comparable au NPA ou aux partis politiques de la gauche de la gauche (ces partis mettent déjà la démocratie directe en avant). Le piège électoral condamne le mouvement (la plupart des anticapitalistes et des vrais démocrates ne votent pas car ils ne reconnaissent pas la légitimité de l’État actuel).

2. Le mouvement se transforme en parti démocratique et démocrate

Le mouvement ne revendique que la mise en place d’une réelle démocratie (à définir). Trois contradictions majeures : -le mouvement remet en cause le système politique actuel tout en y participant. -la représentation et la personnification du pouvoir mises en place dans le parti(à moins de trouver de nouvelles modalités pour un parti) sont ce que combat le mouvement. -les partis politiques sont antidémocratiques ( ils freinent le débat, l’autodétermination et la capacité des gens à réfléchir par eux-mêmes – ils défavorisent la morale et la justesse des décisions prises par le jeu des alliance et des stratégie). Comme pour le parti anticapitaliste, les chances d’obtenir le pouvoir par les urnes sont très minces car les vrais démocrates sont contre le vote délégataire, même si c’est pour ensuite créer une vraie démocratie. Mais cela pourrait avoir des avantages relatifs, notamment celui d’une visibilité différente par la familiarité qu’ont les gens et les médias avec les partis politiques.

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Mister Cyril

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Stratégies basiques de la base! :: Commentaires

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 17:34 par Mister Cyril

Oui mais il faut bien se désister pour quelqu'un? C'est la règle démocatique!!! Et vous ne croyez pas en faisant ainsi que vous faites le jeu de la droite et l'extrême droite?...
de la subversion à donf ma Bru; j'ai même été sur le site du parti pirate et "quequ il s'est passé hein"??? Première présentation d'un candidat aux Yvelines, ils ont pas pu s'empêcher d'appeler à voter indirectement au second tour (après 2 invalidations) because c'était un vert contre un UMP alors tu comprends, on pouvait pas mettre les 2 sur un même plan hein?

Nein, il faudrait être clair dés le départ, établir un DOGME (waou le vilain mot) pas de consigne point barre, après chacun fait ce qu'il veut mais cela ne se débat pas et pas de tensions internes une fois cette charte admise!

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 15:08 par brusyl

@mister

Tu crois vraiment cela ? que ce ne serait pas possible d'échapper à la mitraillette journalistique et à sa vision politicarde du débat politique ? pas moi, je pense qu'il est pas difficile que cela de couper court à cela si d'entrée de jeu il est établi que l'on refuse de rentrer dans ce débat : vous vous désisterez pour qui ? pour personne, nous n'entrons pas dans ce jeu, nous représentons que les voix du peuple et nous considérons qu'il est assez adulte et instruit pour savoir se décider lui-même.
Je crois au contraire que ce serait un excellent tremplin pour démonter l'engrenage des intérêts croisés qui lient tous ces gens-là.
Un peu de subversion que diable !

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 12:19 par Mister Cyril

Très intéressant ce que tu écris ma Bru...désolé j'aimerais développer un point ou 2 mais pas le temps auj...juste un point basique, qui m'agace au plus haut point...si ton "parti" rentre dans le jeu des élections à quelle question tu ne vas pas échapper pour ne pas être inutile ou faire le jeu de la droite ou gna gna gna??? (il n'y a que ça qui les intéresse).
Non il faut rester en dehors de ce système tout en laissant à chacun le choix de participer ou pas à cette farce sans aucune autre consigne ni débat. Et ça c'est dur j'ai vu l'autre jour une écolo d'une association contre le nucléaire (le train allemand) avoir beaucoup de mal à en placer un puisque tout ce qui intéressait l'autiste journaliste était sa position sur Joly, EELV ou Hollande...et elle refusait de se positionner politiciennement parlant, ce qui avait l'air de sincèrement dérouter ce pov journaleux...bein il faudra en passer par là!

Bizz ma belle (plutôt d'accord avec tout le reste).

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Message le Dim 4 Déc 2011 - 12:06 par brusyl

Article intéressant...mais qui a à mon avis le tort de vouloir construire des barrières trop rigides entre les différentes évolutions possibles du mouvement.
Ainsi pourquoi constituer un parti implique forcément vouloir entrer dans le système? On pourrait très bien imaginer un regroupement de tous ces protestataires, au niveau national, Européen ou mondial (à voir) dans une structure politique dont le but serait de faire une révolution citoyenne et démocratique . Et qui présenterait des candidats aux élections, tout en continuant d'agir sur la place publique par des occupations de lieux, des manifestations comme il l'a fait jusqu'à maintenant.
Ce parti serait forcément anti-système parce qu'il expliquerait que son seul but est l'instauration de la démocratie, la vraie, c'est à dire un système où le peuple prend lui-même les décisions des affaires qui le concernent. Cela permettrait donc d'établir un programme économique et social basé sur la véritable expression de la volonté populaire.
Son fonctionnement serait le laboratoire de cette démocratie réelle en prenant ses décisions par le vote de tous (avec internet c'est facile) et en supprimant toute délégation de pouvoir. Leur délégués qui se présenteraient aux élections (provisoirement, le temps d'acquérir une majorité qui permettrait de faire tomber le système actuel) pourraient être désignés par la collectivité ou mieux encore tirés au sort et seraient dotés d'un mandat impératif et d'une obligation absolue de rendre compte de leur activité représentative;

Ou encore, si tu penses que cela c'est déjà trop entrer dans le système, organiser un parti démocratique qui ne présenterait pas de candidats aux élections mais qui tiendrait ses propres votations : par exemple le jour des élections recueillir les votes de ceux qui se refusent à voter pour ne pas avoir à contribuer au système, ou lors de débats importants, organiser des votations publiques, comme ce qui a été fait pour la privatisation de la poste, on pourrait le faire par exemple pour demander un audit citoyen de la dette publique ou pour se prononcer contre les mesures de renforcement de l'europe annoncées par merkozy...
Ces débats existent sur internet : on peut même y voter... mais cela reste confidentiel.
Il faudrait sortir ces débats sur la place publique, que les citoyens prennent l'habitude de se prononcer sur ces questions au lieu de regarder sur TF1 à quelle sauce ils vont être mangés.. Et seule une structure, des gens, des moyens, une organisation peut faire cela : qu'on la nomme mouvement, parti ou association n'a que peu d'importance.
Le parti pirate est en train de faire cela.

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