que c'est bon de rêver ! 13 alter gouvernants nous l'offrent

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06012012

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que c'est bon de rêver ! 13 alter gouvernants nous l'offrent




Ce livre vient de sortir : je vous en copie le pitch, puis la présentation des auteurs
JM Harribey a mis en lecture libre sur le site des économistes atterrés son chapitre sur "Travail, économie, finances" (dont je vous ai copié aussi l'introduction) vous pouvez le consulter ici :
http://atterres.org/article/alter-gouvernement
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18 intellectuels forment un « alter-gouvernement » pour mai 2012


Rien ne s’est passé comme prévu. Le président sortant et son concurrent le plus sérieux ont été tous deux balayés par un grand souffle d’air frais. En toute légalité, sans violence, le peuple français vient d’accomplir une nouvelle révolution. Après une campagne éclair marquée par un véritable enthousiasme populaire, le candidat du Mouvement indépendant pour une réelle alternative citoyenne (le Mirac) remporte le second tour de l’élection présidentielle avec plus de 55 % des suffrages. Très vite, un gouvernement d’un nouveau genre est formé : un altergouvernement. Celui-ci se compose de 18 citoyen(ne)s venus d’horizons divers. Aucun d’entre eux n’est politicien de métier – une première dans l’histoire de la Ve République ! Tous ces ministres-citoyens ont bien l’intention de prouver aux Français qui les ont élus que le libéralisme qui règne en maître absolu sur nos sociétés d’aujourd’hui n’est pas une fatalité : oui, une réelle alternative sociale et démocratique est possible ! Chacun des auteurs, se glissant dans la peau d’un ministre, détaille ici les principes de son action et les mesures qu’il s’apprête à mettre en place. Au fil des programmes distillés avec une simplicité rare et sans langue de bois, se cristallisent la conscience et l’imaginaire communs d’un monde plus juste.


Les auteurs :

Paul Ariès,est un Politologue et écrivain, spécialiste de phénomènes comme la malbouffe, les sectes, ou la pédophilie, qu'il lie à la mondialisation, et intellectuel de référence du courant de la décroissance

Geneviève Azam, est maître de conférence en économie et chercheuse à l'Université Toulouse II, militante écologiste et altermondialiste au sein de l'organisation ATTAC. Elle participe régulièrement à la chronique « à contre-courant » de l'hebdomadaire Politis.

Marc Dufumierest un ingénieur agronome et enseignant-chercheur français, dirigeant la chaire d'agriculture comparée à Agro Paris Tech .

Marie Duru-Bellatest une sociologue française, professeur de sociologie à Sciences Po Paris et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement.

Claude Egullion, Médecin Gynécologue-Obstétricienne

Jean-Baptiste Eyraud, est un militant français pour les mal logés . Il est porte-parole de l'association Droit au logement (DAL) dès sa création en octobre 1990

Susan Georgeest une écrivaine Franco-américaine, militante altermondialiste et présidente d’honneur d’ATTAC

Jean-Marie Harribeyest un économiste Français, maître de conférences à l'Université Bordeaux 4. Il a été co-président d'ATTAC France, de fin 2006 à fin 2009.

Franck Lepage est un Militant de l'éducation populaire, il a été jusqu'en 2000 directeur des programmes à la Fédération Française des maisons de jeunes et de la culture et chargé de recherche associé à l’Instttut Nationale de la jeunesse et de l'éducation populaire. Il est l'un des huit membres de la coopérative d'éducation populaire"Le Pavé"

Philippe Leymarie, collaborateur du Monde diplomatique, a été chargé des questions africaines et de défense sur Radio-France internationale (Rfi). Il est l’auteur, avec Thierry Perret, des 100 Clés de l’Afrique.

Laurent Mucchielliest un sociologue Français, spécialisé en criminologie, notamment sur les questions de délinquance et de violence des populations immigrées.

Aline Pailler, est une journaliste et femme politique française.

Nathalie Péré-Marzano, de formation en gestion et économie, est actuellement Déléguée Générale du Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), a été Directrice du Plaidoyer au Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD)

Fabien Piasecki (Fondation Sciences Citoyennes).

Michel Pinçon est un sociologue français, directeur de recherche du CNRS

Monique Pinçon-Charlotest une sociologue, directrice de recherche du CNRS rattachée à l'Institut dereherche sur les sociètés contemporaines (IRESCO).

Clarisse Taran

Jacques Testartest le biologiste Français qui a permis la naissance du premier bébé éprouvette en France en 1982.

Introduction Travail, économie, finances

Non le fatalisme n’existe pas. Non il n’est pas vrai que la solution qui nous est proposée soit la seule réponse. Non la casse des services publics n’est pas irrémédiable. Non la disparition des nos acquis sociaux n’est pas une fatalité. Non le libéralisme ne résoudra pas la crise qu’elle a engendrée.

La France, l’Europe et le monde sont atteints par une crise majeure dont les racines plongent dans les transformations du capitalisme amorcées voici près de quarante ans. À cette époque-là, la crise était déjà là, mais elle fut attribuée trop hâtivement et trop sommairement à la seule augmentation du prix du pétrole, alors qu’elle était fondamentalement due à la difficulté d’assurer une rentabilité des capitaux toujours plus grande. Toutefois, le système surmonta temporairement cette défaillance en libérant la circulation des capitaux et en imposant une dévalorisation générale de la condition salariale pour assurer une meilleure rémunération des propriétaires du capital : « la valeur pour l’actionnaire » résumait ce durcissement des conditions de production et de réalisation de la valeur et des conditions d’emploi. Les États et les institutions internationales furent alors les agents de ces transformations, en déréglementant, privatisant, marchandisant et réduisant le périmètre des services publics et de la protection sociale. Ainsi fut ouverte l’ère du néolibéralisme, censé donner au capitalisme devenu mondial un nouvel essor durable.

Las ! L’illusion ne dura que trois décennies. Le néolibéralisme, synonyme de la financiarisation exacerbée de l’économie mondiale, a conduit tout droit à l’éclatement d’une crise inédite par son ampleur en 2007. Inédite parce que l’interconnexion des systèmes financiers, productifs et commerciaux a vu cette crise atteindre d’emblée une dimension mondiale. Inédite aussi parce que, aux aspects traditionnels de spéculation et de panique financières, de récession économique et de montée du chômage et de la pauvreté, se sont ajoutés les faits aujourd’hui incontournables de l’épuisement de la planète et du réchauffement climatique. Crise du capitalisme productiviste et crise écologique sont donc les deux faces d’une même réalité.

La réorientation profonde à opérer est à la mesure des dégâts de toute nature engendrés par l’ordre néolibéral et les diktats financiers. Cette réorientation concerne l’ensemble des choix qui structurent un mode de développement, et qui vont du travail et de l’emploi à la répartition des revenus, à la fiscalité, à la protection sociale, à la monnaie et à la finance, aux investissements d’avenir, à la reconversion écologique de l’économie et aux relations économiques avec l’extérieur.



La première marque d’un gouvernement résolu à enclencher une bifurcation radicale par rapport aux politiques néolibérales sera de s’attaquer à la question du travail et de l’emploi, et cela pour deux raisons. D’abord parce que la dévalorisation du travail a été la cause première de l’impasse du modèle néolibéral, et ensuite parce que les tenants de ce modèle tentent aujourd’hui de reporter la facture de cette crise sur le dos des dizaines de millions de citoyens qu’elle a fragilisés ou précarisés. Au-delà de l’économie, le changement de cap représente un enjeu politique et symbolique fort en face des campagnes médiatiques pour faire accepter l’austérité, prétendument nécessaire afin d’éponger les dettes souveraines dont la véritable origine est occultée.

La dégradation du travail a pris trois formes conjuguées dans la plupart des pays développés, et la France n’a pas fait exception. La première est un décrochage brutal entre l’évolution de la productivité du travail et celle des salaires, qui est intervenu en France entre 1982 et 1989. La conséquence directe fut la détérioration de la part salariale dans la valeur ajoutée : le rapport Cotis de l’Insee l’a chiffrée à 5 points de valeur ajoutée brute des sociétés non financières par rapport à 1973 et près du double par rapport à 19821. C’est la décennie où le chômage s’envola et où la précarité commença à s’installer. Même si les choses se stabilisèrent globalement ensuite, les niveaux atteints alors (très bas pour la part salariale et très haut pour le chômage) ne seront ensuite jamais vraiment modifiés sauf pendant la courte période de 1997 à 2001. Il s’ensuivit une aggravation des inégalités de revenu et des niveaux de vie, confirmée par toutes les études2, pendant que la concentration de la richesse se renforça, facilitée par la défiscalisation des hauts revenus et des patrimoines.

Le deuxième aspect de la dégradation du travail concerne les conditions d’emploi des salariés et la tendance générale à l’intensification du travail. L’organisation du travail et les relations sociales furent chamboulées afin de substituer la précarité à la stabilité de l’emploi, l’insécurité à la protection et l’individualisation de la relation salarié/employeur aux conventions collectives. Ainsi, les contrats à durée déterminée et précaires firent reculer les contrats à durée indéterminée, tandis que le code du travail était soit contourné, soit tout simplement amputé3.

Le troisième aspect de la dégradation du travail concerne la protection sociale dont les fondements avaient été établis au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Prenant prétexte d’une évolution démographique que ne serait pas en mesure de prendre en compte le système de retraite par répartition, plusieurs réformes, en 1993, 2003, 2007 et 2010, ont été menées en France, qui toutes ont visé à réduire le niveau des pensions collectives, en rallongeant la durée de cotisation et en reculant l’âge légal de la retraite à taux plein, avec en filigrane la volonté de faire le lit de la retraite par capitalisation promue par les fonds de pension et les compagnies d’assurances. La même orientation a prévalu dans le domaine de l’assurance maladie, en restreignant peu à peu le domaine pris en charge par la Sécurité sociale. Menées au nom des prétendus équilibres financiers, ces réformes ont toujours ignoré la très forte réduction de la part de richesse dévolue au travail par rapport au capital et la possibilité d’accompagner l’augmentation des besoins sociaux par une hausse progressive des cotisations sociales. Ainsi, la quasi-totalité des réformes adoptées ont correspondu aux attentes exprimées par le Medef en 2004 dans ses « 44 propositions pour moderniser le code du travail »

La descente aux enfers sur le plan social ne pouvait pas être sans conséquences sur l’économie elle-même. En rompant le parallélisme entre la richesse produite et les salaires, la surproduction de la plupart des industries devint chronique, et le crédit pour l’éponger ne pouvait se développer infiniment, ainsi que l’a montré avec le plus de force la crise des subprimes aux États-Unis. Et, dans un contexte où la financiarisation de l’économie mondiale a canalisé les gigantesques profits nés de la concentration de la richesse produite entre les mains des classes riches, la déréglementation générale a engendré une prolifération de mécanismes spéculatifs porteurs de catastrophes : titrisation, produits dérivés, marchés de gré à gré, effet de levier, etc. Pour colmater les brèches ouvertes par la crise financière et sauver un système bancaire menacé, les États, soit directement, soit par le biais des banques centrales, ont endossé les dettes privées, déclenchant ainsi une crise dite des dettes publiques, mais qui en réalité est une crise où le mistigri capitaliste a été transmis à la collectivité.

La monnaie est un bien collectif, sans lequel ni les échanges privés ni la socialisation d’une partie de la richesse ne seraient possibles. C’est dire si elle est un élément fondamental de la cohésion sociale. Or les politiques néolibérales ont visé à déposséder la société et les pouvoirs publics du contrôle de la monnaie remis entre les mains des banques centrales et des banques ordinaires ainsi que de la maîtrise de la politique monétaire. La création monétaire a donc été mise au service quasi exclusif de la restructuration permanente du capital et de la spéculation.

Aussi, un véritable changement de cap politique doit s’appuyer sur la reconstitution d’un tissu social peu à peu détruit par le capitalisme financier et sur la reconstruction d’un système économique et financier contrôlé par la collectivité. Sur une mandature de cinq ans, voici les principes sur lesquels la bifurcation vers une société solidaire et écologique peut être amorcée.
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brusyl
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Message le Dim 8 Jan 2012 - 15:32 par Mister Cyril

melody vers a écrit:Il devient donc absolument urgent de virer le nabot qui est en service commandé de l'oligarchie par des élections démocratiques, puis de reprendre notre pouvoir en descendant dans les rues (Holandréou ne tirera pas sur les foules, ce n'est pas un psychopate !!!)

Salut la poloko-toulousaine,

Ouah que de convictions...non sèrieux mélody je m'imaginais (et ne crois pas que mon analogie soit vulgos ou neu-neu) passant une annonce sur Meetic: vieux mou sans atout vous propose vie à 2, rien à vous proposer, je vous taperai dessus mais comme je suis pas un psychopate je ne pense pas vous tuer...waou vont pas encombrer ma boite mail les candidates; et je ne développe pas le fait que si la seule finalité est de balancer le nabot, autant voter Flamby dés le premier tour!

A part ça j'ai toujours plaisir à te lire et à consulter tes sources; mais j'avoue que je m'interroge pas mal sur cette histoire de BCE car si j'ai voté non à Maastrich (pas comme Mélenchon et les verts!) l'indépendance de la Banque de France me posait problème comme aujourd'hui la règle d'or comme toutes décisions privant les "élus légitimes" des véritables leviers du pouvoir économique; cependant re-autoriser une banque centrale (comme aussi le sujet des "euro-obligations") semblent être des décisions attendus par les marchés...donc encore une fois s'ils le veulent ils l'optiendront et très vite, pas pour le bien commun mais pour venir au secours de ce putaing de système...ces choix cruciaux sont en dehors de toute volonté démocratique et ça s'accélère...

Salutations!

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Message le Sam 7 Jan 2012 - 13:12 par Invité

Salut à tous les maquizards et bonne année 2012, l'année qui verra la fin du monde actuel. La question est de savoir vers quelle nouveau monde nous nous dirigeront :
- tiers-mondisation de l'UE sous la coupe de la Troïka
- ou adoption des solutions alternatives "hors cadre" comme aime le dire Jorion.
Merci pour cet article qui redonne l'espoir : il devient urgent en effet que tous les penseurs hétérodoxes s'organisent et fassent une guerre idéologique à la machine propoagandiste néolibérale qui crie TINA comme un chien de plus en plus enragé.
Je me demande si la nouvelle offensive néolib de Tsarko sur la TVA patronale n'est pas tout simplement destinée à provoquer des émeutes avant les élections afin que le nabot puisse enfin mettre en application sa loi sur la répression des manifs votée en août pour s'imposer par la dictature. En effet les politiques néolib n'ont pu être imposées que par les dictatures(Argentine, Chili...) ou la technique de la "grenouille barbotant dans une marmite sur le feu"(UE), tellement cette politique détruit tout sur son passage et est contraire à l'intérêt des peuples.
Pour compléter cet article, lisez donc de toute urgence celui-ci :
http://www.les-crises.fr/defaut-asi/
Il nous explique que les détenteurs de notre dette est un secret défense, mais que 70% de celle-ci seraient détenus par les 10% des plus riches et que pour se dégager de leurs tenailles (cf E.Chouard) il suffit de faire défaut sur la dette, à condition que le solde primaire soit nul ou positif (ce qui est le cas dans l'UE). D'où aussi l'empressement de l'UMP à creuser notre déficit afin que la deuxième mâchoire de la tenaille nous empêche de faire ce défaut.
Il devient donc absolument urgent de virer le nabot qui est en service commandé de l'oligarchie par des élections démocratiques, puis de reprendre notre pouvoir en descendant dans les rues (Holandréou ne tirera pas sur les foules, ce n'est pas un psychopate !!!) pour exiger le défaut sur la dette et l'abrogation de la loi 123 de Lisbone ( celle qui grave dans le marbre la création monétaire impossible par la BCE, qui doit rester indépendante des gvnts)

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Message le Sam 7 Jan 2012 - 11:06 par Donald11

Avec un Dufumier ingénieur agronome, on n'est pas dans la merde !

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