La justice enterre SeaFrance, le gouvernement veut préserver l'emploi

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09012012

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La justice enterre SeaFrance, le gouvernement veut préserver l'emploi




Le tribunal de commerce de Paris a scellé lundi la mort de SeaFrance, mais le gouvernement veut relancer au plus vite une solution avec un partenaire privé, Eurotunnel ou Louis Dreyfus, pour "sauver l'emploi" dans ce dossier devenu explosif à l'approche de l'élection présidentielle.

Les juges consulaires ont décrété la liquidation définitive et la cessation d'activité de la compagnie de ferries transmanche, filiale déficitaire de la SNCF, sans accorder aux salariés le sursis réclamé après le soutien apporté in extremis par Eurotunnel à une reprise par une coopérative ouvrière (Scop).

Les défenseurs de ce projet ont dénoncé un "gâchis énorme", mais cette décision n'est sans doute qu'une étape de plus.

"Il y aura une solution crédible pour tous les salariés", a assuré Nicolas Sarkozy, immédiatement monté au créneau. Le président de la République a ajouté que le gouvernement recevrait "dès demain", mardi, les représentants du personnel pour leur "faire des propositions".

"La totalité des pistes qui vont permettre aux 800 salariés de retrouver un emploi vont être explorées", a déclaré à l'AFP le ministre chargé des Transports, Thierry Mariani.

Dans son jugement, le tribunal de commerce a estimé que le plan de reprise par la société coopérative et participative (Scop) n'était pas "valable" et que "l'activité ne peut être poursuivie".

L'offre de la Scop présente "le grave inconvénient de ne pas comporter le financement nécessaire pour redémarrer l'activité", a déclaré le président de la chambre qui a examiné le dossier.

"C'est un gâchis énorme. Un gâchis social d'abord puisqu'il concerne le sort de 1.010 salariés, un gâchis économique également", a dénoncé l'un des avocats du projet de Scop, Me Philippe Brun, en référence aux 880 salariés de SeaFrance à Calais (Pas-de-Calais) et aux 130 de la filiale britannique.

De colère, quelque 300 marins de la compagnie, descendus à Paris défendre leur cause, ont bloqué au retour le péage de Senlis, sur l'autoroute A1 Paris-Lille.

La décision du tribunal de commerce n'est pas une surprise. Les promoteurs de la Scop, seul projet en lice, avaient fondé leurs espoirs dans l'arrivée d'Eurotunnel dans le dossier. Ils réclamaient un report du jugement pour examiner la nouvelle donne.

Le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, a fait sensation en annonçant lundi dans Libération que l'exploitant du tunnel sous la Manche était "candidat" au rachat des navires de SeaFrance, pour les faire exploiter par la Scop.

Les pouvoirs publics semblent déterminés à creuser cette option et à relancer celle de Louis Dreyfus Armateurs (LDA), dont un précédent projet de reprise en association avec le groupe danois DFDS avait été écarté en novembre.

"On devrait pouvoir réussir à construire quelque chose", a estimé le Premier ministre François Fillon.

Pour les deux ministres en charge des transports, le scénario d'une coopérative financée par les indemnités de licenciement, que la SNCF est prête à abonder de 36 millions d'euros de plus, reste "valable si les salariés le souhaitent".

Dans un communiqué, Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani ont appelé à ce "que des discussions s'engagent dès aujourd'hui" autour de la relance d'une ligne transmanche sous pavillon français, "qu'elle soit opérée par LDA/DFDS ou la Scop associée à Eurotunnel".

Sans plus de détails, Thierry Mariani a précisé à l'AFP qu'"il peut y avoir d'autres" pistes.

Selon son PDG, Eurotunnel a informé à deux reprises, le 28 décembre et le 6 janvier, les administrateurs judiciaires de SeaFrance de son intérêt pour une reprise de la majorité des actifs de la compagnie en cas de liquidation.

Le collectif des salariés non syndiqués de SeaFrance s'est dit prêt lundi à examiner cette offre, en réclamant "plus de détails". Ce collectif s'était constitué vendredi en alternative à la CFDT locale, promotrice de la Scop. Il avait souhaité la relance du projet LDA-DFDS.

La CFDT de SeaFrance est elle "intéressée" par Eurotunnel. Toutefois, avant l'entrée en scène du groupe, moins de 250 des salariés se seraient dit prêts à investir dans la Scop, selon des sources proches du dossier, évoquant une "vraie défiance" vis-à-vis de la CFDT locale, cible d'un rapport cinglant de la Cour des comptes et critiquée au niveau national.

Le patron de la confédération, François Chérèque, a jugé sur RTL que la CFDT de SeaFrance n'avait pas "un comportement honorable", évoquant de probables exclusions

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Message le Mer 25 Jan 2012 - 20:05 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:Qu'on ne m'appelle plus Seafrance
Nabot m'a bien laissé tomber ...
Qu'on ne m'appelle plus Seafrance,
C'est ma dernière fierté !

moua moua...sauf que c'était "c'est ma dernière volonté", elle a bercé toute mon enfance cette chanson de merde...pffft
dis donc tu as de la famille qui bossait à SeaFrance??? Non parce que sinon ils viennent d'annoncer 30 000 chômeurs en plus...bizz

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Message le Mer 25 Jan 2012 - 16:55 par Donald11

Qu'on ne m'appelle plus Seafrance
Nabot m'a bien laissé tomber ...
Qu'on ne m'appelle plus Seafrance,
C'est ma dernière fierté !

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Message le Mer 25 Jan 2012 - 16:49 par Donald11

510 lettres de licenciement ont été envoyées à des salariés de SeaFrance, et 15 employés de la compagnie de ferries ont été reclassés à ce jour au sein de sa maison mère SNCF, a indiqué mercredi le mandataire judiciaire Stéphane Gorrias.

Le mandataire a précisé que "510 lettres de licenciement sont parties aux salariés de SeaFrance concernés par le PSE (plan de sauvegarde de l'emploi, ndlr) actuel et que 15 reclassements ont été faits dans le groupe SNCF", dans un communiqué.

Parmi les salariés côté français, 150 sont considérés comme protégés (titulaires d'un mandat syndical par exemple) et bénéficient d'une procédure de licenciement spécifique, plus longue, et 150 autres sont maintenus à leur poste dans le cadre de la procédure de liquidation.

Les élus du comité d'entreprise de SeaFrance ont voté lundi contre le plan social de la SNCF, ce qui a déclenché les procédures de licenciement, application concrète de la liquidation.

Les syndicats de la compagnie de ferries avaient rejeté ce plan social car ils jugeaient les indemnités proposées par la SNCF insuffisantes.

Croulant sous 190 millions d'euros de dettes et avec un passif total de 490 millions d'euros, la compagnie de ferries, qui emploie aussi une centaine de personnes à Douvres (Grande-Bretagne) dans une filiale, a été placée en liquidation judiciaire le 9 janvier.

Le ministre des Transports Thierry Mariani a rappelé mercredi matin sur LCI qu'"à peu près 200 (employés de SeaFrance) ont répondu qu'ils étaient intéressés par des offres de la SNCF".

"Donc, à la sortie, je pense qu'à peu près la moitié vont être repris parce qu'il y en a plusieurs qui ont répondu sur la même offre", a-t-il précisé.

Il a ajouté qu'un "armateur, notamment le groupe Dreyfus, va bientôt remettre un ou deux navires en ligne, ça devrait faire encore à peu près 300 personnes qui pourraient retrouver un travail".

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Message le Jeu 12 Jan 2012 - 9:51 par Donald11

Mister Cyril a écrit:Cafouillages nan pire que ça...du clientélisme, détournement de fonds...par des petits chefs locaux qui sont aussi à l'aise dans un syndicat que dans une mafia villageoise...
Je n'ai voulu blesse personne ...

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Message le Jeu 12 Jan 2012 - 9:49 par Donald11

brusyl a écrit:mais cela n'invalide pas ce que j'ai pu en dire.
Il ne me semble pas avoir fait la moindre allusion dans ce sens ... Je n'ai fait que compléter en apportant ma réflexion au sujet.
Bises

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Message le Mer 11 Jan 2012 - 14:38 par Mister Cyril

"Il me semble aussi avoir entendu quelques cafouillages au sein de la CFDT à propos de Seafrance ..."

Cafouillages nan pire que ça...du clientélisme, détournement de fonds...par des petits chefs locaux qui sont aussi à l'aise dans un syndicat que dans une mafia villageoise...la CFDT, en tant qu'organisation nationale, n'a rien à voir mais quand tu proposes des petits avantages à des petits gars dont les motivations s'arrêtent à leur portefeuille dans une association réformiste et corporatiste tu te retrouves avec des gus qui se prennent pour des barons...je conchis ces socio-traitres!

A part ça la conjoncture fait que l'on en parle beaucoup...alors que cela aurait pu apparaitre à la page 38 de Libération, la page 2 de "la voix du nord"...et pas du tout dand le Fig...

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Message le Mer 11 Jan 2012 - 11:55 par brusyl

Je pense que c'est un peu plus compliqué que ce que tu dis

Fort probable, je n'ai pas suivi cette affaire en profondeur... mais cela n'invalide pas ce que j'ai pu en dire.

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Message le Mer 11 Jan 2012 - 9:56 par Donald11

Je pense que c'est un peu plus compliqué que ce que tu dis. En effet, ce n'est pas une boite privée, et l'état est responsable de la situation, et par la même le gouvernement. Et puis, Seafrance est très liée à la SNCF, dans laquelle l'état, encore lui, est fortement implique. Et cerise sur le gâteau, il ne faudrait pas que cette affaire entraîne une bonne grosse grève du côté SNCF, dont le syndicat est majoritairement la CGT si je ne me trompe pas. Et puis c'est une entreprise encore très syndiquée. Et toujours plutôt chatouilleuse ... Il me semble aussi avoir entendu quelques cafouillages au sein de la CFDT à propos de Seafrance ... Si on ajoute à l'ambiance actuelle le nombre de chômeurs qui explose et l'élection présidentielle que brigue notre petit nabot (je sais, pléonasme), on a la un sujet explosif, une sorte de patate chaude qu'il est difficile à refiler à d'autres. Je ne suis pas certain que Seafrance fasse la une de tous les quotidiens, ni des chaînes de télévision. Et le règlement de l'affaire va se faire très rapidement, primes en tout genre à l'appui, pour faire le moins de vagues possible. Tant mieux pour les salariés de Seafrance. Et bravo pour la lucidité qu'ils ont eu de ne pas accepter les conditions de reprise proposées pour monter leur SCOP, qui auraient conduit à la faillite de la SCOP et à la déconfiture totale des scopistes. Salauds de pauvres.

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Message le Mar 10 Jan 2012 - 21:14 par brusyl

Finalement, grâce aux élections présidentielles et aux chiffres catastrophiques du chômage,

Surtout les élections présidentielles... en dehors de celle-ci ,le démantèlement de la société serait passée comme une lettre à la poste et ceci dans la plus complète indifférence.
Pour une de "sauvée" combien de sacrifiées par jour dont on ne sait rien ?
Il est évident que sarko va faire de ce cas particulier l'emblème de sa campagne, histoire de faire oublier que durant cinq années, il n'a strictement rien fait contre le chômage, et par contre fait tout ce qu'il fallait pour qu'il augmente.

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Message le Mar 10 Jan 2012 - 14:58 par Donald11

Voici en guise de réponse :

La SNCF va proposer 500 emplois aux salariés de SeaFrance
La SNCF, dont la filiale déficitaire SeaFrance a été liquidée lundi, va publier mercredi sur un site internet 500 propositions d'emplois, a déclaré à l'AFP le ministre des Transports Thierry Mariani.

"La SNCF va mettre à disposition, dès demain, par l'intermédiaire d'un site internet, 500 propositions d'emplois intégrées à la SNCF", et les salariés qui accepteront ces emplois "ne passeront même pas par le chômage", a affirmé M. Mariani à l'issue d'une rencontre avec le président de la SNCF Guillaume Pépy, et du président de Pôle Emploi François Nogué.

Ces emplois seront accompagnés "d'aides" en matière de déménagement, notamment qui pourront aller jusqu'à "10.000 euros en moyenne" et d'une formation qui sera "prise en charge", a-t-il précisé.

En outre, le ministre a annoncé la création, d'ici deux semaines, d'une "cellule emploi spécialement dédiée aux salariés de Seafrance qui sera mise en place conjointement par la SNCF et Pôle Emploi", ainsi qu'une "cellule de revitalisation" pour les salariés qui auraient un "projet personnel".

M. Marini a aussi indiqué que "chaque lundi", il publierait "un indicateur qui fera le décompte des salariés de SeaFrance" qui auront retrouvé un emploi.

A ce jour, le ministre décompte qu'il reste 819 salariés de SeaFrance sans emploi, sur les 872 emplois de SeaFrance à Calais, étant donné que 53 de ces salariés "sous statut SNCF ont immédiatement été repris par la SNCF".

Finalement, grâce aux élections présidentielles et aux chiffres catastrophiques du chômage, et aussi parce que seafrance et SNCF ne sont pas vendues au prive, on va sauver 800 salaries. Vive la fonction publique et mort aux cons !
Bon, y'a que 500 emplois proposes ! Bonjour le jeu des chaises musicales ... A moins que dans le paquet, il y ait 300 clandestins a reconduire aux frontières. Gueant veille ... Il compte deja virer 35 000 étrangers en 2012. Faut qu'il fasse fissa, il n'a plus que trois mois a tirer ... enfin j’espère.

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Message le Mar 10 Jan 2012 - 10:17 par Donald11

Je rajouterai seulement que s'associer à euro tunnel, c'est une idée à creuser ... C'est un bel exemple de réussite industriel, commercial et surtout financier ! Un exemple à suivre en quelque sorte.

Je me demande s'ils n'ont pas pense à faire traverser les ferries via euro tunnel ... Ou l'inverse !

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Message le Mar 10 Jan 2012 - 10:12 par Donald11

J'ai lu quelque part que les propositions faites aux salariés pour reprendre l'affaire en SCOP n'était que de la poudre aux yeux et une façon de temporiser jusqu'après l'élection présidentielle. Et que l'enterrement de la SCOP interviendrait sans tambour ni trompette après, laissant au passage sur le carreau les Scopistes et leurs belles indemnités investies dans l'affaire, une sorte de retour sur investissement de Seafrance. Le monde des affaires est vraiment pourri ! En tout cas, je serais salarié de Seafrance, je prendrais un max d'indemnités et je me casserais ailleurs, meme a la SNCF, après avoir couvert de goudron et de plumes l'enfoire qui a laissé cette société couler !

Mais bon, je ne suis qu'un pauvre retraite sans défense !

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Message le Lun 9 Jan 2012 - 20:34 par brusyl

"Il y aura une solution crédible pour tous les salariés"
ouais ouais, on a entendu cela des dizaines de fois... je n'y crois guère : la dernière en date que j'ai entendue serait une proposition de la SNCF pour reprendre les salariés en tant que conducteurs de bus dans le sud. Quant à la société Dreyfus il parait qu'elle propose 5 millions d'euros pour le rachat des ferries qui en vaudraient 150 : je viens de pianoter sur ma machine, ce serait une reprise à 3,3 % de sa valeur !
Je croise les doigt pour que les salariés puissent constituer leur SCOP pour reprendre l'activité.....

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Message le Lun 9 Jan 2012 - 18:46 par Mister Cyril

Ouaih ils parlent beaucoup de cette faillite, bizarre...pas joli, joli à tous les niveaux!

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