EuroVegas, future zone de non droit

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05042012

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EuroVegas, future zone de non droit




Pour réaliser en Espagne son projet d’EuroVegas - un gigantesque complexe dédié au jeu - le milliardaire américain Sheldon Adelson a transmis aux autorités espagnoles sa liste d’exigences : exemption de la TVA, des impôts sur le jeu, des cotisations sociales, réforme du code du travail, régime légal dérogatoire durant 30 ans, subventions européennes, don des terrains, autorisation de jeu pour les mineurs, autorisation de fumer dans les bâtiments, etc ... Le cynisme brutal du promoteur de cette zone de non droit - que se disputent aujourd’hui Madrid et Barcelone, donne la mesure de ce qu’ont abandonné les nations européennes en se mettant à la merci des marchés et des fortunes privées : non seulement leur souveraineté, mais aussi leur dignité.

La Lettre du Lundi, 19 mars 2012

15 milliards d’euros d’investissements, 260 000 emplois directs et indirects créés : tel est le deal que fait miroiter aux régions de Barcelone et de Madrid Sheldon Adelson, 16e fortune mondiale avec un patrimoine estimé à plus de 21 milliards de dollars et par ailleurs président et actionnaire principal de la société Las Vegas Sands, « l’empire du jeu ».

Son projet ? Créer en Espagne une « zone de jeu » identique à celles qu’il a déjà implantées au Nevada, à Singapour et à Macao : 6 casinos, 18 000 machines à sous, 3 terrains de golf, des théâtres et des cinémas, une douzaine d’hôtels, des centres commerciaux... bref, toute l’apparence d’un « paradis » dans un pays où le chômage atteint des records (plus de 20 % de la population active), où la récession frappera dur en 2012 et 2013, où la crise immobilière, née d’une spéculation sur le prix des biens et de conditions de prêts immobiliers délirantes (emprunts jusqu’à 50 ans), paupérise à vitesse grand V les classes moyennes qui ont eu la mauvaise idée d’acheter pour se loger.

Comme au football, Madrid et Barcelone, rivales traditionnelles, se disputent les faveurs du groupe Las Vegas Sands pour que ce complexe de jeu s’installe sur leur territoire. Et, comme au football où le Real et le Barça sont prêts à payer des sommes extravagantes pour attirer les meilleurs joueurs du monde, les deux villes sont prêtes à toutes les concessions pour convaincre Las Vegas Sands de les favoriser de son choix.

Toutes les concessions ? Jugez-en plutôt. Réparties en 5 thèmes par le journal espagnol El Pais qui a eu accès aux documents de travail des négociations en cours, cette longue liste donne une idée du rapport de forces qui s’est désormais établi entre puissance privée et (im)puissance publique :

1. Droit du travail

● Modification du Code du travail afin d’assouplir « la rigidité des conventions collectives », notamment dans les secteurs présents dans le complexe de casinos (hôtellerie, restauration, jeu, commerces...) ;

● Réduction du temps nécessaire pour admettre des travailleurs étrangers (hors UE) en Espagne, via la création d’un régime spécial qui accélèrera la délivrance d’un permis de travail ;

● Exemption totale pendant deux ans des cotisations de Sécurité sociale, puis 50 % de remise les trois années suivantes. À compter de la 5e année, les travailleurs non espagnols pourront être rattachés au régime social de leur pays d’origine ;

● Création d’un MBA spécialisé dans l’industrie du jeu ;

● Appui du gouvernement à une demande de subvention d’aide à l’emploi de plus de 25 millions d’euros auprès de la Banque européenne d’investissement ;

● Financement par les autorités publiques de 60 % des frais de formation des employés recrutés par Las Vegas Sands ;

● Perception par Las Vegas Sands de subventions pour l’emploi, tant en ce qui concerne les emplois directs qu’indirects créés durant la construction du complexe.

2. Infrastructures

● Prise en charge par les autorités espagnoles de la construction d’une nouvelle station de métro, d’une interconnexion avec le TGV, de nouvelles lignes d’autobus, de nouvelles routes et autoroutes...

● Autorisation des vols en hélicoptère entre l’aéroport et le complexe de jeux, construction d’un ou plusieurs héliports dans le complexe ;

● Suppression ou enfouissement des infrastructures de gaz, d’eau et d’électricité, renforcement des services d’urgence (pompiers, ambulances, etc.) dans le complexe...

3. Urbanisme

● Cession gratuite, à Las Vegas Sands, de toutes les terres que les autorités publiques possèdent dans la zone ;

● Expropriation des terres privées de la zone afin que Las Vegas Sands en prenne rapidement possession ;

● Suppression des règles d’urbanisme, y compris des critères de construction, afin que Las Vegas Sands ait toute latitude pour construire.

4. Réglementation

● Vote d’une loi spécifique, ne pouvant être modifiée pendant au moins 30 ans, déclarant le projet d’intérêt général, créant un régime dérogatoire en ce qui concerne le jeu et le commerce, supprimant les limites aux investissements étrangers dans les casinos ainsi que la nécessité d’une autorisation préalable si plus de 5 % du capital social change de mains ;

● Autorisation d’accès aux casinos pour les mineurs, les majeurs incapables et les interdits de jeu ;

● Modification de la loi sur le blanchiment d’argent avec, notamment, autorisation de transférer les fonds sans limites ;

● Autorisation, pour les casinos, d’accorder des prêts aux joueurs, suppression des interdictions publicitaires concernant le jeu, modification de la législation sur les dettes de jeu qui réserve actuellement l’exécution des sanctions à la seule justice civile, légalisation du système d’intermédiaires et de « rabatteurs » incitant les joueurs potentiels à se rendre au complexe ;

● Homologation automatique des jeux déjà autorisés dans d’autres pays de l’Union européenne ou aux États-Unis, autorisation donnée à Las Vegas Sands pour approuver de nouveaux jeux et traiter des questions administratives afférentes ;

● Création d’une commission des jeux, formée de membres du gouvernement régional et d’« experts indépendants » ;

● Autorisation de fumer dans les espaces clos à l’intérieur du complexe, liberté totale des horaires dans tous les commerces.

5. Fiscalité

● Remboursement de la TVA aux entreprises du complexe, statut de « zone franche » (donc, pas de paiement de TVA ni de taxes) pour les joueurs extra-communautaires ;

● Suppression des taxes et simplification des procédures pour tous les produits importés qui rentrent dans le complexe ;

● Modification des règles fiscales d’amortissement, de déduction du résultat fiscal, d’imposition des non-résidents et des impatriés ;

● Exemption pendant 10 ans de la taxe sur les jeux ;

● Réduction de 95 % de l’impôt sur les transmissions patrimoniales, ainsi que des impôts fonciers ;

● Réduction de 50 % de l’impôt sur les activités économiques ;

● Négociation préalable et obligatoire avec Las Vegas Sands avant toute entrée en vigueur de nouvelles taxes.

Pour effarantes qu’elles paraissent, les prétentions de Las Vegas Sands n’en sont pas moins, dans leur globalité, accueillies avec bienveillance tant à Madrid qu’à Barcelone. Les représentants d’Adelson n’ont d’ailleurs pas caché qu’ils donneraient la préférence à la ville qui leur ferait le plus de concessions, d’où la déclaration de la présidente de la région de Madrid : « s’il faut effectuer des modifications légales qui sont en accord avec mes principes, elles se feront. »

Cet accord en voie de conclusion entre une TGE (très grande entreprise) et les responsables politiques d’une région et d’un État illustre parfaitement le transfert de pouvoirs et compétences des autorités publiques vers les TGE que nous avons analysé dans plusieurs billets. On y retrouve en effet la plupart des caractéristiques de la décadence des États-nations :

● remplacement de la loi par le contrat, lequel acquiert ainsi une force supra-législative, au mépris absolu de la pyramide des normes juridiques qui, de la Constitution au simple arrêté municipal, sert de fondement à tout notre système juridique ;

● « liquéfaction » complète des individus, coupés de leurs racines culturelles et nationales : Las Vegas Sands ne dissimule même pas son intention d’aller chercher des employés dans des pays à très bas salaires et sans protection sociale et de les transposer « tels quels » en plein milieu de l’Europe, des pions que l’on déplace sur un échiquier planétaire, et que l’on remplacera dès que les signes d’usure apparaîtront ;

● création d’une zone de « non-droit », ou plutôt d’une zone placée sous la quasi-juridiction d’une TGE. Nous y voyons là l’indicateur d’une évolution dont nous avons tracé les contours dans Après le capitalisme : la primauté de la force : des entreprises privées prennent de facto le contrôle par la force d’une zone géographique. Nous n’en sommes plus très loin : la présence de la milice privée qui assurera demain l’ordre dans la zone des casinos sera la confirmation, s’il en était besoin, de la confiscation des prérogatives publiques qui est en train de s’opérer en Espagne.

Il est de surcroît significatif que ce « déshabillage » de l’État-nation s’opère au profit d’une activité - le jeu - qui n’apporte aucune valeur ajoutée à la collectivité. Nous retrouvons ici - pardonnez les références multiples à cette période - une caractéristique de la chute de l’Empire romain : quand le système s’effondre, il faut bien occuper la plèbe et détourner son attention de la gravité de la situation, que ce soit en multipliant les jeux du cirque ou les bandits manchots.

On aurait pu à la rigueur comprendre que des avantages du type de ceux exigés par Las Vegas Sands soient accordés pour bâtir une Silicon Valley européenne qui aurait eu pour objectif d’attirer chercheurs et entreprises high tech du monde entier. Mais il ne s’agit ici que de recréer un ersatz de Circus maximus, un monde d’illusions et d’oubli de la réalité.

Le précédent espagnol pourrait bien faire des émules : selon nous, le jour n’est pas très éloigné où, sur le territoire d’un État membre de l’Union européenne, on installera une « zone franche » où des entreprises de type Foxconn implanteront leurs usines dans le cadre d’un contrat qui se résumera à : « nous ne payons pas d’impôts, nous faisons la loi et nous maintenons l’ordre selon nos critères à l’intérieur de la zone, remerciez-nous de proposer un peu de travail à vos nationaux, mais à nos conditions »... celles du contrat de servage du XXIe siècle.

Sur le web :

El Païs : Leyes a medida para la capital del juego (liste des exigences)

El Païs : El Gobierno acepta estudiar la lista de exigencias para construir Eurovegas

Source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3232

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Message le Dim 8 Avr 2012 - 14:15 par Donald11

Une petite précision : comparer les parcs d'attractions à eurovegas me paraît quelque peu ose. Les parcs ont été créés pour être fréquentes par les foules ... Pas certain qu'eurovegas le soit !

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Message le Dim 8 Avr 2012 - 14:09 par Donald11

country skinner a écrit:
Canardos a écrit:même Mickey ne fait pas les recettes escomptees
??? Malgré la crise l'année 2011 a même été la meilleure de son histoire, avec 15,7 millions de visiteurs, un record [...], une hausse de près de 5% du chiffre d'affaire de ses activités touristiques [...] la bonne santé de Disneyland Paris n'est pas une exception dans ce contexte de crise [...] les parcs de loisirs de France attirent de plus en plus [...] parce qu'ils proposent une détente à moindre frais en ces temps de crise où les budgets de vacances se resserrent [...] Plus de 20 millions de personnes ont fréquenté les parcs de loisirs de l'Hexagone l'an dernier, générant une dépense moyenne en hausse, entre 30 et 50 euros par jour dans la plupart des 280 sites du pays. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/tourisme-loisirs/20120406trib000692286/disneyland-leader-d-un-secteur-qui-ne-connait-pas-la-crise.html
dans le communiqué de presse de Disneyland, il est quand même précise que la fréquentation du parc par les français est en baisse. Ceci dit, j'en étais reste aux prévisions à l'ouverture du parc qui avaient été quelque peu surestimées, et je n'avais pas pris la précaution de remettre mes infos à jour.
Ne sous estimons pas l'adversaire : Les investisseurs financiers sont tout sauf idiots. C'est d'ailleurs un sujet économique très intéressant que celui de l'allocation des dépenses en période de crise économique. Je me souviens d'un sujet qui m'avait particulièrement frappé : Le grand développement économique de la musique country coincide précisément avec la grande crise de 1929, le peu de disponibilité pécuniaire des populations pauvres du sud des USA était consacré à l'achat d'un gramophone (souvent collectif, placé dans le drugstore du village) et des 78 tours des vedettes entendues sur les radios country (dont le fameux WSM grand ole opry). Quand on crève de faim, on a malheureusement envie de rêver...
Je ne sous-estime personne, même pas le blanchiment d'argent très sale ... Quand on crève de faim, on a envie de rêver, mais on a aussi envie de manger ... C'est un choix cornélien !
Je pense surtout que l'accroissement du nombre d'habitants sur la planète s'accompagne naturellement d'un accroissement du nombre de personnes ayant des revenus suffisants pour accéder qui a Disney, qui au luxe. En même temps le nombre de creve-la-faim augmente dans les mêmes proportions. Mais c'est comme les augmentations de salaire au pourcentage, ça favorise le plus petit nombre au détriment de la masse ...

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Message le Sam 7 Avr 2012 - 12:16 par country skinner

Poussinet a écrit:la culpabilisation théorique
Surtout pas... Je me méfie comme de la peste des ayatollahs révolutionnaires trotskystes. Analyser, expliciter, désillusionner et rendre lucide. Après chacun est responsable de ses choix (ou de ses hésitations).
Vu que la tequila rend massivement lucide, je vais m'en jeter une à ta santé politique. Fraternité mon pote... (nb : le rhum aussi c'est sympa...)

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Message le Sam 7 Avr 2012 - 12:07 par country skinner

Canardos a écrit:même Mickey ne fait pas les recettes escomptees
??? Malgré la crise l'année 2011 a même été la meilleure de son histoire, avec 15,7 millions de visiteurs, un record [...], une hausse de près de 5% du chiffre d'affaire de ses activités touristiques [...] la bonne santé de Disneyland Paris n'est pas une exception dans ce contexte de crise [...] les parcs de loisirs de France attirent de plus en plus [...] parce qu'ils proposent une détente à moindre frais en ces temps de crise où les budgets de vacances se resserrent [...] Plus de 20 millions de personnes ont fréquenté les parcs de loisirs de l'Hexagone l'an dernier, générant une dépense moyenne en hausse, entre 30 et 50 euros par jour dans la plupart des 280 sites du pays. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/tourisme-loisirs/20120406trib000692286/disneyland-leader-d-un-secteur-qui-ne-connait-pas-la-crise.html
Ne sous estimons pas l'adversaire : Les investisseurs financiers sont tout sauf idiots. C'est d'ailleurs un sujet économique très intéressant que celui de l'allocation des dépenses en période de crise économique. Je me souviens d'un sujet qui m'avait particulièrement frappé : Le grand développement économique de la musique country coincide précisément avec la grande crise de 1929, le peu de disponibilité pécuniaire des populations pauvres du sud des USA était consacré à l'achat d'un gramophone (souvent collectif, placé dans le drugstore du village) et des 78 tours des vedettes entendues sur les radios country (dont le fameux WSM grand ole opry). Quand on crève de faim, on a malheureusement envie de rêver...

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Message le Sam 7 Avr 2012 - 11:53 par Mister Cyril

"N'oublions pas que le jeu de hasard joue sur la motivation d'enrichissement individualiste : Si chacun a une chance de devenir riche un jour, sur quelle base reprocher aux possédants de gagner leur pari tous les jours ?"

Vi d'accord sur ce point là, je pense que "ma première leçon de lutte des classes" est un passage de Germinal dans ma pré-adolescence boutonneuse où dans un bistrot l'anar qui est toujours là à rien faire et à faire des raisonnements (s'cuse j'ai oublié son nom) se moque d'un article de journal qui parle du gagnant d'une loterie, un mineur ou un ouvrier qui s'est empressé d'acheter des rentes avec...j'avais pas compris tout de suite puis ça m'est resté comme un passage lumineux!

"de se soumettre aux armes de distraction massive du capitalisme (démission politique, perte de conscience de classe) alors oui, il faut lui en vouloir... "

Là par contre, attention les limites sont flous, j'ai connu le militantisme au PC je te rappelle, chez les troskards aussi et cet argument on me le servait à chaque fois que l'on voulait juste se détentre un peu, être humain...attention l'alcool et le chichon ça annihile les pulsions révolutionnaires, aller au cinoch c'est financer une industrie contre-révolutionnaire...même niquer c'est suspect à LO! Le fond du fond c'est que les perroquets-petits soldats qui sortaient ces conneries ont souvent été les premiers à se détourner du sacerdose révolutionnaire; Je crois aujourd'hui qu'il faut retrouver une joie du militantisme, un plaisir de l'action pour contrer justement les industries de débilisation massive, plutôt que la culpabilisation théorique que peu de camarades appliquent...je ne sais plus qui disait que les USA avaient gagné la guerre froide parce qu'ils possédaient Holywood...

Salutations ratounet...et pas de distraction massive ce week-end hein? (enfin pas plus de 18 téquillas quoi!)



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Message le Sam 7 Avr 2012 - 10:03 par country skinner

Poussinet a écrit:à part les supermarchés de machine à sous pour prolos
Oui, n'importe quel casinotier te dira que les bandits manchots sont ce qui leur rapporte le plus. Faut avoir vu débarquer à Vegas (avant la crise, c'est vrai) des colonies de cars de prolos ouvriers qui se sont payé le voyage organisé - souvent avec un prêt bancaire remboursable en un an ou deux. De même que ce ne sont pas les riches qui contribuent le plus à l'impot, ce sont les prolos qui contribuent le plus aux gains des casinotiers

peut-on en vouloir à un smicard de jouer "idéal de la motte" dans la troisième ou même d'aller prier à l'église pour l'aider?
Non bien sur... Sauf que ... si on réfléchit bien à ce que ca signifie fondamentalement d'aller jouer ou prier face aux difficultés de la lutte des classes, ou plus généralement de se soumettre aux armes de distraction massive du capitalisme (démission politique, perte de conscience de classe) alors oui, il faut lui en vouloir...
Rappelons simplement que le tiercé (popularisation du pari hippique - auparavant il fallait se déplacer sur les champs de course pour parier) apparait en 1954, en pleine guerre froide... simple hasard, ou mise en oeuvre de moyens de démobilisation des masses ouvrières ? N'oublions pas que le jeu de hasard joue sur la motivation d'enrichissement individualiste : Si chacun a une chance de devenir riche un jour, sur quelle base reprocher aux possédants de gagner leur pari tous les jours ?

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Message le Sam 7 Avr 2012 - 0:55 par Donald11

Plutôt d'accord avec Poussinet. Ce ne sont pas les RMAstes de St Denis qui alimentent les bandits manchots de Las Vegas, et qui remplissent les hôtels de luxe alentours ! Et le projet espagnol est un projet de luxe pour gens friques, pas pour les prolos et les chômeurs du coin !
N'oublie pas que même Mickey ne fait pas les recettes escomptees !

Une bonne nouvelle : sous la pression populaire et avec l'aide de la presse, une multinationale canadienne à vu son projet (calque peu ou prou sur le projet espagnol) d'achat d'une mine de cuivre rejeté par le gouvernement. La lutte continue ...

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Message le Ven 6 Avr 2012 - 21:43 par Mister Cyril

Nan pas d'accord avec Country, tu confonds le jeu en général, PMU et lotoS en particulier, qui sont, faut-il s'en étonner ceux (les pauvres) qui jouent le plus (je doute que Warren Buffet ou Gates jouent à l'euro-million)...là dans le projet initial, à part les supermarchés de machine à sous pour prolos, devait être construit un nombre impressionnant d'hôtels et palaces pour millionnaires en herbe...et là comme canard j'ai un doute; non pas que les milliardaires du golfe aient toujours des pétros-dollars à gaspiller mais sur l'industrie des parvenus en expansion...ensuite peut-on en vouloir à un smicard de jouer "idéal de la motte" dans la troisième ou même d'aller prier à l'église pour l'aider?

La conscience de classe existe mais "la chair est faible"...je passe par tous les états mais résigné jamais...hasta la victoria ou l'apocalypse siempre!

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Message le Ven 6 Avr 2012 - 13:30 par country skinner

Canardos a écrit:avec qui ce genre de complexe va-t-il pouvoir fonctionner
Hélas canardos, les stats sont impitoyables : En nombre de joueurs - donc en fréquentation (mais pas en montants joués bien sur) les pauvres sont ceux qui jouent le plus. Les possédants savent depuis longtemps que pour empêcher les masses de se révolter, il faut les faire rêver : A un monde meilleur (religion), à un rôle historique (nationalisme toujours guerrier), à un rôle politique (parlementarisme), au confort par la possession matérielle (consumérisme) ou pécuniaire (bourse). Le jeu rentre bien dans ce schéma... conscience de classe, qu'ils disaient nos anciens... Ah misère...

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Message le Ven 6 Avr 2012 - 8:35 par Donald11

Mister Cyril a écrit:Vi même qu'il y a 5 ans le projet initial devait être dans el monte blanco "région semi-désertique" de l'Aragon que Donald connait aussi...la crise immobilière a retardé puis déplacé ce projet pharaonique qui doit tout péter et le droit du travail et social en premier lieu....peut-on tout acheter? Sommes-nous tous des "putes"???

Salutations Augure (je te donnerais d'autres références sur ce dossier si ça t'intéresse...mais tu as l'air mieux documenté que moi!).
L'Aragon a échappe au massacre ... Mais pour combien de temps ?
Peut-on tout acheter ? Ben oui, tout s'achète, même les consciences. Il faut juste quelques nombres à plusieurs zéro et en dollars ou en euros, voire en roubles.
Non nous ne sommes pas des "putes", mais des esclaves.
La seule question que je me pose, c'est avec qui ce genre de complexe va-t-il pouvoir fonctionner, quand la grande majorité des gens sera payée une poignée de riz ! J'aimerais consulter le "business plan" comme ils disent ...

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Message le Jeu 5 Avr 2012 - 21:24 par Mister Cyril

Vi même qu'il y a 5 ans le projet initial devait être dans el monte blanco "région semi-désertique" de l'Aragon que Donald connait aussi...la crise immobilière a retardé puis déplacé ce projet pharaonique qui doit tout péter et le droit du travail et social en premier lieu....peut-on tout acheter? Sommes-nous tous des "putes"???

Salutations Augure (je te donnerais d'autres références sur ce dossier si ça t'intéresse...mais tu as l'air mieux documenté que moi!).

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