Braquage à l'américaine... à la Fed !

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18092012

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Braquage à l'américaine... à la Fed !




Copyright Reuters Charles Sannat | 17/09/2012, 15:18

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120917trib000719828/braquage-a-l-americaine-a-la-fed-.html

Pour endiguer la crise, la Réserve fédérale américaine a versé des milliards de dollars en aide financière aux plus grandes institutions financières et à de grandes sociétés aux États-Unis et dans le monde. Il s'agit du plus grand hold-up jamais organisé dans l'histoire économique du monde, estime Charles Sannat*, directeur des études économiques d'AuCOFFRE.com.

AUDIT DE LA FED, ACTE 1

Alors que Ron Paul mène une bataille épique contre la Fed, la banque centrale américaine, une première victoire a été obtenue par cet homme politique avec la divulgation, en juillet 2011, d'un rapport du GAO (Gouvernment Accountability Office) qui est l'organe d'Etat de vérification des comptes du Sénat. En quelques mots, Ronald Ernest « Ron » Paul (né le 20 août 1935) est un homme politique américain, membre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des Représentants (de 1976 à 1985, et de nouveau depuis 1997).

Partisan du libertarianisme, il préconise un État fédéral au rôle limité, de faibles impôts, des marchés libres, une politique étrangère non interventionniste ainsi qu'un retour à des politiques monétaires basées sur des métaux (or, argent) pour étalon. Il est parfois surnommé « Doctor No » au Congrès parce qu'il vote contre toutes les lois qui, selon lui, violent la constitution américaine ou qui augmentent les impôts ou les revenus des membres de la Chambre des Représentants.

Des montants phénoménaux

A titre d'étalon de comparaison, le PIB de la France, c'est-à-dire l'ensemble de la richesse produite en un an en France, s'élève à environ 2 000 milliards d'euros. Notre budget, en tout cas l'ensemble des recettes de l'Etat, est d'environ 350 milliards d'euros. Le premier audit de la Réserve fédérale a permis de découvrir de nouveaux détails sur la façon dont les États-Unis ont fourni la modique somme de 16 000 milliards de prêts secrets pour renflouer les banques américaines et étrangères ainsi que les entreprises durant la pire crise économique depuis la Grande Dépression. Il ne faut pas non plus oublier les (plus de) 10 000 milliards de dollars prêtés via des accords de swap aux autres banques centrales et dont la BCE, la banque centrale européenne, a été la première bénéficiaire avec plus de 8 000 milliards de dollars. Il faut donc retenir que, sur une période allant de 2007 à fin 2008, les Etats-Unis ont injecté plus de 26 000 milliards de dollars dans le système financier international.

" Socialisme pour les riches"

Vous comprenez pourquoi Ron Paul et quelques hommes politiques le plus souvent « marginaux » mènent une bataille épique contre la Fed pour la forcer à se prêter à des audits indépendants et surtout réguliers. Car ces chiffres ne concernent qu'une période d'environ un an et demi. Et depuis?

Pour, Bernie Sanders, le sénateur du Vermont qui a dirigé cette mission d'étude, la situation est claire et sans ambiguïté. « A la suite de cette vérification, nous savons maintenant que la Réserve fédérale a fourni plus de 16 000 milliards de dollars en aide financière totale aux plus grandes institutions financières et à de grandes sociétés aux États-Unis et dans le monde. » « Il s'agit d'un cas évident de socialisme pour les riches et d'individualisme pour tout les autres. »

Pour le sénateur Sanders, « Aucune agence du gouvernement des États-Unis ne devrait être autorisée à procéder au renflouement d'une banque étrangère ou d'une société sans l'approbation directe du Congrès et du président. » Pourtant c'est bien ce qui s'est pas passé dans la plus grande opacité et sans contrôle démocratique.

Des conflits d'intérêts évidents

L'organe d'enquête du Congrès a également déterminé que la Fed ne dispose pas d'un système complet destiné à régler et prévenir les conflits d'intérêts, malgré le potentiel élevé d'abus. En effet, toujours selon le rapport, la Fed a fourni des « dérogations de conflit d'intérêts » aux employés et aux entrepreneurs privés afin qu'ils puissent maintenir leurs participations dans les mêmes institutions financières qui recevaient et qui donnaient les prêts d'urgence.

Il est notamment cité le Directeur Général de JP Morgan Chase, membre de la Réserve Fédérale de New York, alors que dans le même temps sa banque (JP Morgan) a reçu plus de 390 milliards de dollars en aide financière de la part de la Fed. On apprend également, et ce manière totalement officielle, que Morgan Stanley a reçu près de 108 millions de dollars de commissions pour aider la Fed à gérer le plan de sauvetage notamment d'AIG.

Des banques françaises qui vont si bien

Ce rapport montre également que quelques grandes banques françaises ont bénéficié d'aides particulièrement importantes alors que l'on vous expliquait doctement que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ainsi BNP Paribas, à travers les programmes TSLF et TAF, a perçu plus de 105 milliards de dollars, tandis que la Société Générale (à qui je vous le rappelle l'affaire Kerviel aurait coûté 5 milliards d'euros) aurait perçu environ 124 milliards de dollars... La palme revient à une banque américaine, Citigroup, avec la modique somme de 1 756 milliards de dollars. Mais à ces niveaux, on est plus à un ou deux milliards près...

Une triple conclusion s'impose

1/ Il s'agit bien du plus grand hold-up jamais organisé dans l'histoire économique du monde. Je pense qu'il fallait sauver le système ou, à tout le moins, lui permettre d'éviter un effondrement brutal qui aurait entraîné le monde dans un cataclysme majeur. Mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi.

2/ Le système financier mondial continue à aller très mal. Les données récentes manquent pour avoir une vision claire de la situation. Ce qui est sûr, c'est que l'or a encore de beaux jours devant lui lorsque l'on voit les montants de « fausse » monnaie en jeu.

3/ Enfin, comme le dit le sénateur Sanders, « La Réserve fédérale doit être réformée pour répondre aux besoins des familles qui travaillent, et pas seulement des PDG de Wall Street. » Mais cela devrait aussi s'appliquer à la Banque centrale européenne qui d'ailleurs a annoncé, par la voie de son gouverneur Mario Draghi, que les données des rachats illimitée d'obligations seraient rendues publiques pour certaines toutes les semaines et pour d'autres tous les mois. C'est déjà un bon début.

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Braquage à l'américaine... à la Fed ! :: Commentaires

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Message le Mar 18 Sep 2012 - 21:21 par Mister Cyril

Ils sont incorrigibles ! Guido Westerwelle, le ministre allemand des affaires étrangères, vient de renouveler l’image des pousses vertes mais, plus prudent et diplomate, il n’a vu qu’« une lumière au fond du tunnel », sans plus de précision. Il participait à un groupe de réflexion sur l’avenir de l’Union européenne travaillant pour le compte de son président Herman Van Rompuy et de José Manuel Durao Barroso, celui de la Commission.

En fait de lumière, on assiste ces derniers jours à l’étonnant spectacle de dirigeants européens divisés – et tentant comme à l’accoutumée de le masquer – enrayant systématiquement les mécanismes qu’ils venaient de mettre en place. Certes, ils ont également décidé d’accorder un an de répit au Portugal – mais ce n’est pas encore officiel – après l’avoir fait pour l’Espagne et bientôt pour la Grèce, mais c’est forcés et contraints et cela ne réglera strictement rien. Tous ces atermoiements, ces rencontres et ces réunions pour gagner une seule et petite année, qui sera vite passée !

Le plus absurde n’attendra pas cette nouvelle échéance. Deux grandes décisions ont été dernièrement prises, dont l’application est de facto bloquée par leurs soins. La réalisation de la première phase de l’union bancaire – la surveillance des banques par la BCE – est repoussée à des jours meilleurs à cause des manœuvres conjuguées de gouvernements qui veulent que leurs banques échappent à cette sollicitude. Cela fait obstacle à toute aide financière directe au système bancaire, au premier chef les banques espagnoles, le gouvernement allemand ayant fait de la réalisation de l’union bancaire le préalable à tout renflouement direct qui amorcerait une déconnexion entre dette privée et publique tardivement considérée comme fondamentale.

Salué comme une avancée déterminante, le programme de la BCE de stabilisation du taux de la dette souveraine est quant à lui suspendu en l’air. Ses bénéficiaires potentiels, l’Espagne et l’Italie, font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas entrer dans le diabolique système des plans de sauvetage, pouvant constater de visu où ils conduisent, ce qui bloque toute intervention de la banque centrale. Le gouvernement allemand n’est pas pressé d’ouvrir le robinet du MES, que ce soit pour les États, ou pour les banques qui pourraient vouloir en profiter à la suite des espagnoles.

Sauveur appelé avec ferveur par tous, la BCE se retrouve paralysée au moment où elle pourrait entrer dans le vif du sujet… Une coalition d’intérêts est à l’ouvrage, dont la pugnacité n’est pas sans rappeler celle des lobbies bancaires vis à vis de la régulation financière. Là, les calculs sont souvent plus électoraux – comme en Espagne ou en Allemagne – quand ils ne reposent pas sur la défense intransigeante de la place forte qu’est la City, du solide.

Que pèsent, dans ces conditions, les tentatives de Mario Monti ou de François Hollande d’accélérer les processus et d’infléchir la rigueur de la stratégie ? Ils ont tout du pari de dupes. Comment sortir de cette descente aux enfers ? On en vient à faire confiance aux artisans mêmes de cette entreprise de démolition pour démontrer – par l’absurde – qu’ils ne sont porteurs, avec beaucoup de constance et de détermination, que de leur propre échec. Ne traçant comme perspective que la poursuite de leur emprise sur les décombres d’une Europe intégrée à leur façon, c’est à dire en tuant le malade pour le guérir. Joli cas d’école, qui sera étudié plus tard !

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Message le Mar 18 Sep 2012 - 9:12 par country skinner

Aucune sympathie pour le libertarian Ron Paul (que le meilleur gagne, the winner takes all), qui ne se pose d'ailleurs pas la question de savoir si, dans un contexte économique donné (économie de marché régulé par l'état), les financiers ne seraient pas les "meilleurs"... puisqu'ils gagnent...
Mais les chiffres cités sont éloquents...

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