Dénoncez votre patron !

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26102012

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Dénoncez votre patron !




Par L’équipe de Fakir, 19/10/2012

http://www.fakirpresse.info/Denoncez-votre-patron,468.html

Ça y est : le Comité d’intervention en assemblée générale des actionnaires (Ciag) est lancé. Il compte déjà 152 membres. Il vous attend. Et il attend aussi vos dénonciations...

L’histoire que nous allons vous raconter se déroule dans la City, en 2004.
Imaginez-vous à cinq heures du matin, dans les rues de Londres, avec ces grandes tours illuminées.

« Cinq heures, c’est l’heure du nettoyage. C’est l’heure où des petits travailleurs et travailleuses besognent dans les tours. Pour aspirer, astiquer, ranger et vider les poubelles pleines de chiffres à plusieurs zéros qui ne sont que des sous-estimations de montants qui vont être tradés lorsque le matin sera levé.
L’un de ces travailleurs est Abdul Durrant. Pour astiquer les bureaux de HSBC, Abdul est payé la somme faramineuse de 6,5 € de l’heure. Qui dit mieux ? Abdul à six enfants, et est le seul à avoir des revenus à la maison.
Aidé par des activistes, Abdul se rend à l’assemblée générale des actionnaires pour se confronter directement au patron de HSBC, John Bond.

Abdul Durrant rentre dans la grande salle peuplée de financiers en costards cravates, parfumés aux billets et prend la parole sans la demander :
“– Bonsoir, je m’appelle Abdul Durrant, et je suis actuellement la personne qui nettoie votre immeuble. Je suis venu ce soir pour vous poser quelques questions.
John Bond, bien embêté :
– OK. D’accord.
– Je nettoie votre bureau tous les jours de ma semaine, et j’y vois toujours les photos de vos enfants sur votre bureau. Vous savez, ça me rend triste. Ça me rend triste car je réalise que mes propres enfants n’auront pas la même vie que les vôtres pour une raison très simple : je reçois le salaire minimum et chaque mois je dois me battre pour nouer les deux bouts. La plupart du temps, ils vont à l’école sans un repas convenable, sans avoir pu acheter les livres dont ils ont besoin et le matériel nécessaire.
Vous savez ce qui attend es enfants ? La même que tous les autres du quartier ! À ces gamins, vous leur donnez le choix soit de faire comme moi, nettoyer le bureau des autres pour un salaire de misère, soit de voler. Devenir ce que vous appelez des délinquants. Vous choisiriez quoi à leur place ?
On travaille dans le même bureau, mais nous vivons dans des mondes différents.
Moi, tout ce que je vous demande, c’est de vous rencontrer. Qu’on puis parler de mon salaire et de celui de mes collègues. On ne vous demande pas la lune. On ne veut pas vos bureaux. On ne veut pas vos emplois. On veut même bien garder les nôtres. Mais on ne veut pas travailler pour ce salaire-là.
John Bond, énervé :
– OK OK, je vais vous rencontrer, faites ce que vous voulez mais arrêtez de parler ! Laissez continuer notre réunion. Je ferai ce que vous voulez, mais arrêtez de parler !”

Cette petite histoire, un peu naïve, est celle de petites gens qui ont augmenté le salaire des travailleurs de 42 % par rapport au salaire minimum ! Cette petite histoire est celle de gens qui ont acquis un droit à se syndiquer, le droit d’avoir des jours de congés payés, le droit de tomber malade sans se faire licencier. »

Cette anecdote, les Belges Nic Gortz et Daniel Zamora sont venus la raconter à la fête de leurs défaites, le 6 juin dernier. Et ça collait parfaitement avec nos expériences : pourquoi, dernièrement, Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, a-t-il abandonné ses poursuites contre Fakir et « Là-bas si j’y suis » ? Parce qu’il redoutait qu’on intervienne, pour la troisième année d’affilée, en assemblée générale des actionnaires. Pourquoi Bernard Arnault, le PDG de LVMH, a-t-il reculé, un peu, temporisé au moins, dans la délocalisation de ses usines de costumes vers la Pologne ? Parce que Marie-Hélène Bourlard, déléguée CGT d’ECCE, l’a chahuté en pleine AG à nos côtés.

C’est une forme d’action qu’ils redoutent : rares sont les lieux, comme ces AG, où travail et capital peuvent se confronter en direct. Nous allons donc, désormais, pratiquer ces incursions avec méthode, constance, organisation. Qu’on transforme leurs réunions en carnaval ! Qu’on colle des insomnies à nos dirigeants !

Notre comité compte déjà 152 membres, prêts à devenir actionnaires d’un jour – dont Jean-Pierre Garnier, Gérard Mordillat, Leïla Chaibi, la Compagnie Jolie Môme, Le Pavé, etc. Venez grossir nos rangs !

Surtout, il nous faut désormais monter des dossiers. Repérer des entreprises en lutte. Contacter des syndicalistes ou des ONG. Car une chose est sûre : nous ne ferons rien sans les premiers concernés, les salariés – ou les exploités du Sud. Nous serons là en appui, pour les aider – mais pas pour les remplacer.

Voici donc, en gros, notre calendrier :

D’ici l’automne, nous montons des dossiers – c’est le moment, donc, de dénoncer votre patron !

Dans le courant de l’hiver, nous sélectionnons quelques multinationales – et en informons les adhérents ( de façon clandestine).

En début d’année 2013, vous passez à votre banque, vous achetez une action.

Au printemps, la saison des AG, nous devenons le cauchemar du CAC 40 !
Comment adhérer au Ciag ?

Rien de plus simple :
vous demandez une action Fakir en adressant un courriel à eric@fakirpresse.info

ou bien vous téléchargez un bulletin d’inscription ici que vous remplissez et renvoyer à l’adresse suivante :

Journal Fakir
9, rue de la Hotoie
80000 Amiens

Dès lors, vous êtes membre du Ciag. Puis on vous communiquera, en temps voulu, la méthode pour acquérir une vraie action d’une entreprise du CAC 40, ainsi que le jour et l’heure de l’intervention en assemblée générale.

Si vous manquez de sous, nous vous paierons votre action. Mais c’est nous qui encaisserons les dividendes, eh eh !

Ils ont les millions.
Nous sommes des millions !

Ils ont l’argent,
Nous avons les gens !

Et c’est pour ça qu’à la fin
c’est nous qu’on va gagner !
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Dénoncez votre patron ! :: Commentaires

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Message le Mer 31 Oct 2012 - 14:29 par Mister Cyril

"Car il se pourrait qu’un jour le bon peuple, fatigué de leur insultante arrogance - et las, surtout, de leurs incessantes brutalités langagières et sociales, réagisse, lui aussi, de façon extrêmement violente."


Je ne le vois pas pour tout de suite...mais je garde espoir...dans une réaction violente hein? Pas dans les institutions électives!!!


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Message le Dim 28 Oct 2012 - 20:31 par Donald11

en 1981, ils avaient attendu 2 ans ... Aujourd'hui, quelques mois suffiront ...
Et comme Hollande n'a rien à leur refuser ....

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Message le Dim 28 Oct 2012 - 19:09 par country skinner

Par Sébastien Fontenelle - 28 octobre 2012

http://www.politis.fr/L-Ultimatum-Aux-Grands-Patrons,19854.html

Ce matin, à la une du Journal du Dimanche (qui est, rappelons, la propriété d’Arnaud Lagardère), « les PDG des 98 plus grandes entreprises » françaises lancent au gouvernement un « ultimatum des grands patrons » - sur le thème : maintenant, Jean-Marc Ayrault, tu nous fais vite fait « une baisse massive des charges » et tu planifies, pour la financer, « 60 milliards de réduction des dépenses ».

(Tu ponctionnes dès demain la plèbe pour mieux nous gaver, Jean-Marc Ayrault, ou sinon : tu vas t’en prendre plein ta petite gueule.)

On lit ça, n’est-ce pas : on se frotte les yeux, et on se dit que ça doit être une blague.

Mais pas du tout - et on découvre plutôt, dans les interminables pages que Le Journal du Dimanche consacre à cette « mise en garde », qu’« un haut responsable patronal », courageusement caché derrière son anonymat, « menace » carrément les pouvoirs publics, et les prévient que, s’ils choisissent la vie plutôt que la bourse, « les hostilités seront lourdes », et « les réactions excessivement violentes ».

Car explique-t-il : « Il y a des gens à cran dans nos rangs ».

On se dit alors que les gens du [1] Journal du Dimanche (les GDJDD) ne vont pas laisser passer sans réagir les propos de cette sinistre petite frappe, et qu’ils vont lui opposer la même fermeté qu’ils mettent, habituellement, dans leurs crânes dénonciations des « incivilités » de la « jeunesse » des « quartiers ».

Mais là encore : ça ne se passe pas du tout comme on l’attendait.

Puisqu’en effet : les GDJDD, loin de s’offusquer des intimidations de ce grotesque bouffon, les trouvent, manifestement, très excitantes - et se contentent par conséquent - merveilles du dressage - de les restituer, au mot près, sans la moindre réserve.

(Même : l’excellent Bruno Jeudy, rédacteur en chef, peine, dans son éditorial de la semaine, à bien dissimuler qu’en sortant « de leur réserve dans le JDD » - et nulle part ailleurs -, les « plus gros employeurs privés français » lui donnent des tumescences.)

Mais gageons que le gouvernement saura, de son côté, trouver les mots pour faire aux ultimateux la réponse qu’ils méritent - et pour leur signifier que puisqu’ils ont eux-mêmes fait le choix de promettre des « hostilités » et « des réactions extrêmement violentes », ils devront désormais se tenir sur leurs gardes.

Car il se pourrait qu’un jour le bon peuple, fatigué de leur insultante arrogance - et las, surtout, de leurs incessantes brutalités langagières et sociales, réagisse, lui aussi, de façon extrêmement violente.

Et qu’à son tour il leur lance un ultimatum un peu net, du style : vous êtes 98, nous sommes vingt millions, et nous sommes un peu « à cran » - vous choisissez quoi, les rigolos ?

La valise, ou la valise ?

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Message le Sam 27 Oct 2012 - 11:46 par Invité

Enfin une action intelligente et innovante, mais hélas réservée au secteur privé du CAC40. Pourvu qu'elle porte des fruits et s'étende comme une nuée de pyrales dévastant un champ de maïs ogm (lol).

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