Tiens revoilà Guignolito, bunga, bunga!

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Crise en Italie: Berlusconi entre en lice, Monti veut démissionner

Silvio Berlusconi devait commencer ses consultations politiques dimanche pour lancer sa campagne en vue de vaincre aux élections de 2013, un jeu hasardeux, alors qu'un Mario Monti amer a choisi de démissionner après le vote du budget, expliquant qu'il n'avait pas les moyens d'aller de l'avant.
Ainsi la crise qui enflait depuis plusieurs jours est à son comble: la rupture a été consommée en un jour et Silvio Berlusconi occupe à nouveau le terrain.

Selon un communiqué du Quirinal, la présidence de la République, résumant un entretien avec le président Giorgio Napolitano, M. Monti ne juge plus "possible de poursuivre son mandat et a manifesté en conséquence son intention de présenter sa démission".

L'ancien commissaire européen, qui a introduit en Italie une rigueur sans précédent, entend d'abord "vérifier" si les forces politiques qui ont soutenu son gouvernement de techniciens depuis fin 2011 sont prêtes à être cohérentes avec leurs engagements, et donc à voter le budget. Il lance au passage un avertissement: un échec à approuver le budget avant le 31 décembre aurait des conséquences très graves pour l'Union européenne et pour l'Italie. Une fois le vote obtenu, M. Monti a la volonté "irrévocable" de remettre sa démission.

Vers des élections anticipées en Italie?
Quelques heures plus tôt, l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, 76 ans, a créé la surprise samedi en annonçant qu'il entendait se présenter comme candidat du centre-droit aux élections législatives de 2013, qui en principe doivent avoir lieu en mars.

"J'entre en scène pour gagner", a assuré le Cavaliere lors d'une déclaration improvisée à l'entrée du centre d'entraînement du Milan AC, son club de football.

M. Berlusconi s'était dit trois jours plus tôt "assailli de demandes" de ses proches pour qu'il sauve une "Italie au bord du précipice", minée par le chômage et l'alourdissement de la fiscalité.

Commentant samedi le soutien loyal apporté depuis un an au cabinet Monti par son parti, le Peuple de la liberté (PDL), dans une alliance obligée et inédite avec le centre-gauche, M. Berlusconi a observé:

"Nous avons fait preuve d'une grande responsabilité et avons soutenu ce gouvernement en cherchant à corriger les mesures qui ne nous convainquaient pas. Mais aussi en affirmant toujours qu'une politique d'austérité sur une économie qui ne croît pas provoque des dommages".

"Tous les chiffres sont moins bons qu'il y a un an", a assuré le magnat de la télévision privée, tout en confirmant que son parti voterait les textes en cours d'examen au Parlement, à commencer par la loi budgétaire.

Le PDL est au bord de la scission entre modérés et aile droite. Un récent sondage de l'Institut SWG le créditait de moins de 14% (13,8%) au prochain scrutin national, alors qu'il avait triomphalement remporté celui de 2008 avec 38%.

M. Berlusconi a annoncé une réunion dimanche du PDL, ainsi que des contacts avec son ex-allié populiste, la Ligue du Nord. Le Cavaliere a encore rejeté les critiques du chef du centre gauche, Pierluigi Bersani, qui l'avait traité d'"irresponsable".

"Bersani a déjà commencé la campagne électorale", a-t-il relevé. M. Bersani a été choisi la semaine dernière comme candidat à l'issue de primaires au sein du Parti démocrate (PD) et les sondages le donnent le vent en poupe.

Les primaires au PD avaient été bien perçues en Italie et à l'étranger, les observateurs faisant la comparaison entre un centre gauche enfin recomposé et un centre droit en pleine déconfiture.

M. Berlusconi n'a pas finalement accepté ce déclin et son éclipse de la scène politique, qu'il a dominée pendant près de vingt ans. Fin octobre encore, le milliardaire, l'air fatigué et tendu par ses condamnations en justice, avait pourtant annoncé qu'il renonçait à se présenter.

Au PDL, aucune personnalité d'envergure ne se détachait. "Il fallait un leader comme un Berlusconi en 1994, mais nous ne l'avons pas trouvé!", a expliqué le Cavaliere, dans une allusion à sa première entrée triomphale en politique, alors sous le signe du renouveau. M. Berlusconi a annoncé vouloir présenter aux élections de "nombreux visages nouveaux", affirmant avoir déjà pris de nombreux contacts dans le monde de l'entreprise, du sport et de l'université.

Le comique Beppe Grillo, chef du mouvement anti-partis "Cinq Stelle" ("Cinq étoiles") lui a répliqué: "Encore toi! Mais nous ne devions plus nous revoir!".

Pour le leader du parti centriste UDC Pier Ferdinando Casini, "les Italiens se sacrifient depuis un an pour éviter un gouffre à la grecque, et voilà que Berlusconi veut nous reporter cinq ans en arrière". En octobre 2011, en pleine crise des marchés européens, le Cavaliere avait dû s'effacer pour permettre au gouvernement de techniciens de M. Monti de parer aux menaces financières contre l'Italie.

Vendredi déjà, les marchés se montraient nerveux, avec une remontée du différentiel des taux obligataires italiens avec ceux de l'Allemagne à 330 points (moins de 300 lundi) et une Bourse de Milan lanterne rouge en Europe (autour de -1%).

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Mister Cyril

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Message le Sam 15 Déc 2012 - 19:02 par country skinner

Publié le 14 déc 2012

http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2012/12/14/ce-quon-ne-dit-pas-sur-le-retour-de-berlusconi.html

La cause est entendue : l'annonce du retour électoral de Berlusconi, qui a poussé Mario Monti à démissionner pour provoquer des élections anticipées, est une catastrophe pour l'Italie et pour la zone euro. Monti, grâce à ses courageuses réformes, avait calmé les marchés et remis l'Italie dans le droit chemin. Les marchés ne s'y sont pas trompés et fait chuter les actifs italiens et l'euro dès lundi matin. Cette histoire n'est pas entièrement fausse, mais est très incomplète.

L'arrivée de Monti, un hold up de la Banque Centrale Européenne

En aout 2011, l'Italie était aux avant-postes de la crise de la zone euro, ce qui avait poussé les taux sur la dette italienne à des niveaux potentiellement insoutenables. La dette italienne représente 130% du PIB du pays et la croissance économique y est voisine de zéro depuis des années : quelques points de plus peuvent brusquement rendre le pays insolvable. La BCE avait commencé à intervenir sur les marchés pour racheter de la dette italienne et éviter la contagion; Jean-Claude Trichet avait dans le même temps envoyé au gouvernement italien une liste de réformes structurelles et un plan d'austérité à accomplir obligatoirement. Lorsque le gouvernement Berlusconi, en septembre, a semblé tarder à mettre la liste de la BCE à exécution, celle-ci a très ostensiblement ralenti ses achats de dette publique italienne, provoquant une hausse des taux, une crise politique et le remplacement de Berlusconi par le gouverment de "technocrates" de Monti. L'Italie a inauguré la marche forcée vers l'Europe fédérale entraînée par la Banque Centrale Européenne, et devait être suivie par l'Irlande et l'Espagne.

La politique de Monti est un échec

A suivre bon nombre de commentateurs, Mario Monti a été le dirigeant courageux et intègre dont l'Italie avait besoin, celui qui mettait en place les "réformes courageuses" indispensables pour le pays. Cette mythologie de la réforme courageuse, mise en place par un pouvoir technocratique au dessus des querelles partisanes, est fréquente chez les commentateurs politiques de tous les pays; peu importe son rapport lointain avec la réalité.

Et la réalité, c'est que le problème de l'Italie est une croissance voisine de zéro depuis des années, pour des raisons assez mystérieuses. Beaucoup de choses ne vont pas en Italie, mais ce n'est pas spécialement nouveau. Surtout, les problèmes de finances publiques découlent de cette faible croissance, plus que l'inverse. Un programme adapté à l'Italie aurait donc dû privilégier des réformes structurelles, pour améliorer le fonctionnement des marchés de biens et services, plutôt que l'austérité budgétaire. C'est très exactement l'inverse qui s'est produit, avec des effets prévisibles : l'austérité budgétaire a eu plus d'effet négatif sur la conjoncture que d'effet positif sur la dette publique, dégradant le ratio de dette/PIB. Ce qui devait arriver est arrivé.

Contrairement à ce qu'ânonnent les partisans des gouvernements technocratiques aux mains libres pour mener les courageuses réformes, les réformes structurelles ne peuvent pas être menées sans un mandat populaire. Les groupes de pression qui y sont hostiles ont tout loisir de montrer que le gouvernement qui veut réformer n'est pas légitime.

On pourrait rétorquer que les marchés semblent apprécier la politique de Monti, qui a "restauré la confiance", ce qui se manifeste par la baisse des taux sur la dette italienne depuis son arrivée. C'est une lecture très discutable. Le graphique suivant indique l'évolution en 2012 des taux sur la dette publique italienne :

Dès le mois de mars, la "bulle Monti" avait éclaté: après le soulagement apporté par le départ de Berlusconi, les taux s'étaient mis à remonter. Ils n'ont baissé réellement qu'en juillet, puis en septembre, ce qui correspond au moment ou le président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé que celle-ci ferait "tout le nécessaire" pour sauver la zone euro.

En d'autres termes, les marchés ne sont pas rassurés par la politique de Monti, mais effrayés par la BCE. Personne n'a envie de spéculer contre la dette italienne (ou n'importe quelle dette souveraine des pays de la zone euro) en sachant qu'il risque d'avoir en face de lui la BCE et ses munitions infinies.

Berlusconi a les meilleurs arguments

Depuis son arrivée, Monti a été l'idiot utile, au sens léniniste du terme, de la crise de la zone euro. Lui, et quelques autres dirigeants, entretiennent l'illusion qui permet aux gouvernements européens d'éviter les sujets qui fâchent. Cette illusion, c'est l'idée que la crise de la zone euro n'est due qu'à quelques dirigeants, quelques pays mal gérés, et qu'il suffirait que ces pays soient dirigés par des gens qui font ce qui leur est recommandé pour que tout aille bien. L'archétype aura été Zapatero, qui a fait tout ce que l'Europe lui demandait, n'a obtenu aucun résultat sinon d'amplifier la récession espagnole, et a fini par perdre les élections. Monti a également joué ce rôle du dirigeant idéal qui suit les "bonnes politiques" d'austérité et de réformes structurelles aux yeux de l'Europe, qui doivent naturellement conduire au succès (ce qui dispense d'aller vérifier si c'est effectivement le cas).

Comme il n'avait d'autre légitimité que celle d'avoir été placé là sous la pression de la BCE, Monti ne pouvait guère s'imposer auprès des autres dirigeants européens pour dire la vérité - les politiques poursuivies ne fonctionnent pas, il faut agir autrement. Il a permis donc de maintenir l'illusion que les choix européens actuels sont les bons, peu importe la réalité.

Qui va lui succéder? Il est possible que Monti s'engage dans la campagne électorale, mais il aura du mal à trouver des alliés et constituer une coalition de gouvernement. Pour l'instant, le dirigeant qui semble le plus à même de l'emporter est le social-démocrate Bersani, entièrement favorable à l'austérité budgétaire version Monti, mais bien plus réservé sur les réformes structurelles; exactement l'inverse de ce dont l'Italie a besoin.

Le triste paradoxe de la campagne électorale qui s'annonce en Italie, c'est que Berlusconi, avec son discours eurosceptique, critiquant la soumission italienne aux positions allemandes, s'interrogeant sur l'opportunité de rester dans la zone euro, va poser les bonnes questions, face à un ensemble de centre-droit et de centre-gauche qui va soigneusement les éviter. Vous savez que quelque chose ne va pas dans la politique de votre pays quand un aigrefin comme Berlusconi tient les propos les plus sensés.

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Message le Jeu 13 Déc 2012 - 18:29 par country skinner

Plus je la relie et plus je trouve ta formulation lapidaire un peu "osée"
Et pourtant elle ne fait qu'exprimer une réalité historique. En période de crise économique, le recours à l'homme providentiel est contagieux. Que les bourgeois réclament un bonaparte pour sauver leurs possessions de la colère populaire, c'est cohérent. Que la petite bourgeoisie et les classes "moyennes" se persuadent que leur sort est lié à celui des possédants marque un manque de lucidité politique bien connu historiquement. Que le prolétariat soit tenté de la même façon, c'est une forme d'aveuglement idéologique de la seule force révolutionnaire, aveuglement qui a toujours annoncé des périodes historiques régressives... "pour le malheur et l'enseignement des hommes" disait Camus.
je te trouve un peu sévère avec les "prolos" et quelque peu méprisant
Sévère ? Oui surement. Quand le prolétariat trahit son "role historique révolutionnaire" il est sans excuses. Méprisant ? Non, ce serait plutôt la posture de ceux qui pensent que les pauvres et les "zélites" ne sont pas de la même race...
Les préoccupations quotidiennes de base du "prolo" lui laissent-elles le loisir de s'interroger sur le monde qui l'entoure
Il fut un temps ou le prolétariat avait des préoccupations quotidiennes bien plus critiques, ce qui n'a pas empêché le développement d'une conscience de classe et d'universités populaires.
le "prolo", faudrait qu'il ferme sa gueule, qu'il exécute les ordres, et qu'il soit taillable et corvéable a merci, un peu comme en Chine actuellement, et paye en bols de riz ... A quoi bon lui donner une conscience politique.
Tu traduis très précisément l'état d'esprit de ceux qui pensent que la lutte des classes est dépassée et que le role historique du prolétariat est soluble dans la société de consommation - dont nos socio-traitres au pouvoir. C'est sans doute la forme la plus aboutie du mépris du prolétariat. Moi je suis dans le camp d'en face. Et la lutte a mener se déroulera contre les appareils idéologiques néolibéraux (les partis de la presse et de l'argent) et ceux de l'état, moins visibles et d'autant plus nocifs (la démocratie représentative, le bipartisme, le réformisme syndical)

La bourgeoisie, dont la conscience de classe est très supérieure, par sa plénitude et son intransigeance, à celle du prolétariat, a un intérêt vital à imposer "sa" morale aux classes exploitées." Léon Trotski

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Message le Jeu 13 Déc 2012 - 14:06 par Donald11

country skinner a écrit:Ca ne serait pas la première fois que les prolos italiens se mordront les doigts de n'avoir pas su ou voulu prendre leur sort en mains.
Cher trader, je te trouve un peu sévère avec les "prolos" et quelque peu méprisant. Les préoccupations quotidiennes de base du "prolo" lui laissent-elles le loisir de s'interroger sur le monde qui l'entoure autrement que par la lucarne magique qui trône au salon ? D'un autre cote, me parait beaucoup plus simple et agreable de prendre son "sort en mains" dans le triangle "Auteuil-Neuilly-Passy" plutôt qu'au Mirail, a la Courneuve ou aux Pyramides a Evry.
Remarque bien que, les seuls "prolos" qui ne s'en mordront pas les doigts, ce sont ceux qu'on aura amputes des deux mains suite a un grave accident de travail ...
Plus je la relie et plus je trouve ta formulation lapidaire un peu "osée" ...

De fait, le "prolo", faudrait qu'il ferme sa gueule, qu'il exécute les ordres, et qu'il soit taillable et corvéable a merci, un peu comme en Chine actuellement, et paye en bols de riz ... A quoi bon lui donner une conscience politique ?

Allez, j't'aime bien quand même !!!

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Message le Mer 12 Déc 2012 - 20:53 par Mister Cyril

meteque a écrit:Je me demande bien quel peuple d’Europe à l'heure actuelle peut prétendre prendre son sort entre ses mains!!!

Vin diou un revenant dans un maquis fantôme, salut lé métèque, pas fausse ta remarque même si je sens poindre une pointe de résignation. Réponse aucun, country a proféré une incantation lapidaire mais perso je reste un optimiste dans le sens où je reste persuadé que je verrai ce système se casser la gueule, et de mon vivant en plus...le après, est une autre question, Mad Max 18, Zombies 15 ou les Survivants 6 je ne sais pas!!!

Bizz le frisé!

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Message le Mer 12 Déc 2012 - 19:06 par meteque

Je me demande bien quel peuple d’Europe à l'heure actuelle peut prétendre prendre son sort entre ses mains!!!

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Message le Dim 9 Déc 2012 - 23:56 par Mister Cyril

Oh il parait que les primaires de la gauche molle ritale a été un grand succés, enfin d'après les médias français...allez on remet 200 lires dans le bourricot et c'est reparti pour une nouvelle alternance; et puis quoi de mieux que la gôche pragmatique pour faite avaler des anacondas!!! C'est à pleurer de rire; quant à se predre en main ça s'organise quand même un peu, si, si un petit peu!

Tchao bella ciao!

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Message le Dim 9 Déc 2012 - 20:24 par country skinner

Oui, le retour de guignol, ca fait sourire... Mais les périodes de crise génèrent souvent le recours irrationnel à l'homme que l'on veut providentiel - faute de conscience politique de classe. Ca ne serait pas la première fois que les prolos italiens se mordront les doigts de n'avoir pas su ou voulu prendre leur sort en mains.

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