Sauvons nos librairies ...

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10022014

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Sauvons nos librairies ...





Les librairies Chapitre refusent de tourner la page

Ce lundi 10 février, les 57 librairies du réseau Chapitre seront fixées sur le sort. Editeurs et libraires tentent d'en sauver le plus possible. La faillite du groupe est celle d'une stratégie aberrante.

Le 7 janvier, près de cinq cents personnes ont manifesté leur soutien à la librairie des Volcans, à Clermont-Ferrand. © Géraldine Marcon Radio France

Clermont-Ferrand, la librairie des Volcans, 35 employés. Ce vénérable paquebot s'apprête à fêter au printemps son quarantième anniversaire lorsque tombe la nouvelle, le 2 décembre dernier : liquidation judiciaire de l'enseigne Chapitre, à laquelle est affiliée Les Volcans, comme 56 autres librairies dans toute la France. D'abord sonnés, puis alertés par le silence des repreneurs potentiels, les employés des Volcans se mobilisent : pétitions, manifestations, blog, banderoles. Le 25 janvier, Emmanuelle Béart, qui joue à la Maison de la culture clermontoise, vient lire des textes de Victor Hugo devant les nombreux clients de la librairie. En fin de semaine dernière, il n'y avait toujours pas de repreneur ferme. Le temps presse : le 10 février, le tribunal de commerce statuera. La même angoisse est palpable dans des librairies aussi prestigieuses que celle de Lyon, place Bellecour, ou Arthaud à Grenoble. Aujourd'hui, seule une petite vingtaine d'enseignes du groupe Chapitre pourrait être sauvée. Après la fin brutale de Virgin, il y a sept mois, la librairie française, et donc toute l'édition, vit un nouveau drame social, culturel, humain de grande ampleur.

Comment en est-on arrivé là ? Par agrégation de petits réseaux et transferts de propriété successifs menés depuis vingt ans, dont il est difficile de suivre les péripéties et de comprendre la logique. En 2011, le réseau des librairies Chapitre finit par tomber dans l'escarcelle d'un fonds d'investissements américain, Najafi, qui commence par liquider l'immobilier existant. La centralisation des achats et « les stratégies de rationalisation à l'excès » que dénonce le Syndicat de la librairie française (SLF) vont achever le travail : « Au sein d'un métier qui ne peut être qu'artisanal, un métier de prototypes, l'heure de vérité arrive toujours, souligne l'éditrice Liana Levi. Malheureusement aux dépens de tout l'univers du livre, librairie mais aussi édition... »
Les éditeurs se mobilisent

Les éditeurs ont bien compris la menace. Dans une interview au magazine Livres Hebdo, Francis Esménard, le pdg d'Albin Michel, déclare vouloir « participer à la sauvegarde de librairies installées dans des grandes villes de province. Si ces dernières venaient à disparaître, que deviendrait Albin Michel ? » Les grands patrons de l'édition savent bien qu'une librairie qui disparaît, ce n'est pas seulement un point de vente en moins, mais des compétences, un amour du métier qui ont rendu les librairies indépendantes extrêmement prescriptrices. Cinq librairies (à Paris, Orléans, Besançon, Limoges et Lorient) ont donc été reprises par Albin Michel qui souhaite leur rendre leur nom d'origine et leur autonomie. Gallimard a quant à lui racheté le Hall du livre, à Nancy. Outre les éditeurs, certains directeurs de magasin ont vu leur dossier de rachat accepté par le tribunal de commerce de Paris. Marie-Lou Ribeiro, à Saint-Brieuc, a réussi à garder tout le personnel, obtenu des aides de la Région et du Centre national du livre, décidant aussi d'ouvrir la librairie à la papeterie, cadeaux et jeux pour attirer une clientèle diversifiée. On voit également des libraires venir en voisin avec des propositions concrètes comme à Montélimar, dont la librairie a été reprise par François Veyrié, confrère indépendant de Neuville-sur-Saône.

A trois mois des élections municipales, tous ceux qui n'ont pas encore trouvé de solution insistent sur la nécessité de conserver des lieux qui créent des liens, resserrent le tissu social. Les Drac (directions régionales des affaires culturelles) et le Syndicat de la librairie ne cessent d'appuyer les ultimes dossiers. En fin de semaine dernière, la reprise des Volcans était loin d'être assurée. Francis Esménard soulignait que le premier critère d'une bonne librairie, c'est « le directeur et son équipe », mais aussi des ratios économiques, loyer et frais de personnel, « dont il ne faut pas s'éloigner ». Mais assouplir les conditions de rachat avec suppression de personnel et déménagements vers des locaux plus petits et moins chers n'est même plus d'actualité pour beaucoup. Des centaines d'emplois sont menacés, des dizaines de librairies vont fermer. C'est l'affaire de quelques jours.

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Les hommes qui ont pris la résolution de détester leurs semblables ignorent qu'il faut commencer par se détester soi-même.
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Sauvons nos librairies ... :: Commentaires

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Message le Dim 13 Avr 2014 - 0:18 par Donald11

Content de te relire un peu ici mon Poussinet. Ce genre d'accident de la vie n'est pas si grave, même si on a l'impression du contraire quand on se trouve au coeur de la tempête !!! Et pis, c'est d'un classique !!!
De mon côté, c'est la santé de ma Maman qui est inquiétante ... et qui me préoccupe l'esprit en ce moment ...
Je retourne en Roumanie mardi prochain.
Bien amicalement à vous deux ...

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Message le Lun 7 Avr 2014 - 7:35 par country skinner

Hi Poussinet
accident de la vie comme on dit bienvenue au club mon p'tit pote... Un mal pour un bien, je suis content du coup de te voir reprendre le contact ici. Reviens même plus souvent ?
Fraternité mon citoyen
CS

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Message le Dim 6 Avr 2014 - 10:05 par Mister Cyril

Salut les 2 gens,

aucun rapport avec le sujet mais il y avait longtemps que je n'étais pas passé ici, accident de la vie comme on dit, séparation, déménagement, garde d'enfants et toute la panoplie. Alors c'est vrai que la vie politique et sociale de notre cher cailloux me laisse un peu de marbre surtout quand on voit la conjoncture et les rapports de force en présence qui ne laissent entrevoir rien de bon pour le genre humain (à moins que je sombre dans un pessimisme "égotique"). Bref pour l'instant mon crédo est plutôt néo-libéral, sauve ta pomme d'abord! Là je suis dans le sens de l'Histoire finalement (devrait penser à moi le Valls!).

Bizz à tous les 2!!!

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Message le Dim 9 Mar 2014 - 20:20 par Donald11

country skinner a écrit:Hello Duck

Effectivement, le dilemme c'est soit le petit libraire commercant indépendant, mais qui n'a pas les moyens de te proposer une offre large (quand il n'est pas dépendant des productions de masse des éditeurs) soit les grandes librairies des métropoles (comme Chapitre et autres), support d'investissement pour les fonds de pension. Dans les deux cas, je ne vois pas pourquoi il faudrait consacrer des fonds publics pour les aider, plutot que des librairies associatives ou des bibliothèques publiques.

Salut et fraternité mon canard
Hello Ratounet,
A notre époque, tous les libraires ont les moyens de te proposer une offre large, sauf si tu veux un bouquin particulier dans les 10 secondes !!! Il est vrai qu'aujourd'hui la vitesse est notre idole, enfin votre idole, enfin l'idole des gens pressés. Pour ceux-là, il y a Amazon. Mais moi, j'aime entrer dans une librairie, fureter dans une librairie, toucher les livres de la librairie, les ouvrir, les fermer, sentir l'odeur du papier, des livres, et à l'occasion papoter avec le libraire. Ce sont ces libraires-ci qu'il faut aider face aux grandes enseignes et à Amazon, ce sont ceux-là qui apportent un plus, qui parlent de livres avant de parler business. Je ne suis pas certain qu'ils intéressent les fonds de pension. Et comparer un placement financier à la vente d'un livre me parait bien malhonnête, sauf à inscrire le placement comme un bien "culturel".

En ce qui concerne les bibliothèques publiques, il me semble qu'elles reçoivent déjà des fonds publics sous forme de dotations de livres par exemple. Mais dans ce cas il n'y a pas vraiment de transactions financières, sauf une cotisation temporaire sorte de droit à usage de livres. Quant aux libraires associatifs, je n'en connais pas et ne connais pas leur mode de fonctionnement.

Bonne semaine à toi.

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Message le Mer 5 Mar 2014 - 7:33 par country skinner

Hello Duck

Effectivement, le dilemme c'est soit le petit libraire commercant indépendant, mais qui n'a pas les moyens de te proposer une offre large (quand il n'est pas dépendant des productions de masse des éditeurs) soit les grandes librairies des métropoles (comme Chapitre et autres), support d'investissement pour les fonds de pension. Dans les deux cas, je ne vois pas pourquoi il faudrait consacrer des fonds publics pour les aider, plutot que des librairies associatives ou des bibliothèques publiques.

Salut et fraternité mon canard

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Message le Lun 3 Mar 2014 - 23:20 par Donald11

Salut toi,

Je ne dois pas fréquenter des librairies-fonds-de-pension. Faut dire que je visite souvent des librairies qui n'ont qu'un seul vendeur, le patron soi-même, capable de répondre à la plupart des questions que je lui pose sur tel ou tel livre, ou bien de me dénicher un exemplaire insolite d'un bouquin. Sinon, je commande à la FNAC via internet !
Dans une librairie qui bosse avec 35 employés, où se trouve le libraire ? A la FNAC peut-être.

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Message le Lun 3 Mar 2014 - 9:18 par country skinner

Je me suis posé la question : En quoi les libraires apportent-ils un plus en matière culturelle ? Le conseil ? Pour avoir vendu des placements financiers, une "vente conseil" n'est jamais désintéressée. Je remarque aussi qu'aujourd'hui "sauver" les libraires revient à sécuriser les investissements de fonds de pension US (transferts de propriété successifs...dans l'escarcelle d'un fonds d'investissements américain Najafi) et les fonds de commerce des éditeurs - tous sponsors "désintéressés" du développement culturel.
Alors tant qu'à consacrer des fonds publics à sauvegarder la "culture" (beaucoup aussi à développer sur la "culture" et l'état bourgeois) je préfèrerais qu'ils aillent dans le développement des bibliothèques publiques plutôt que dans les poches des investisseurs privés.
Too bad pour les salariés de ces librairies... mais on a le rapport salarial qu'on se crée (5% de taux de syndicalisation en France)

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