Syriza: la gauche de la gauche française a les yeux rivés sur la Grèce

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20012015

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Syriza: la gauche de la gauche française a les yeux rivés sur la Grèce




Par Marie Simon publié le 20/01/2015 à 11:46

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/syriza-la-gauche-de-la-gauche-francaise-a-les-yeux-rives-sur-la-grece_1642496.html

Et si le Front de Gauche allié à EELV voire à l'aile gauche du PS lançait un "Syriza à la française"? La gauche de la gauche française n'en est pas là et, pour l'heure, soutient d'une même voix le parti grec qui pourrait arriver en tête lors des législatives anticipées de dimanche en Grèce.

Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Cécile Duflot, Clémentine Autain, Pierre Larrouturou, Guillaume Balas... Si ces représentants de la gauche de la gauche française, du Front de Gauche à l'aile gauche du PS en passant par EELV, ne sont pas toujours d'accord entre eux, un mot grec les unit: Syriza. Ils avaient rendez-vous lundi soir à Paris, gymnase Japy, pour apporter leur soutien conjoint au parti d'Alexis Tspiras, dans l'espoir qu'une victoire de Syriza aux élections législatives de dimanche prochain en Grèce entraînerait un "effet domino" en Europe.

Belle photo de famille.... #MeetingSyriza #LaGaucheCestCa pic.twitter.com/5Gl2tWROpZ
— Serial mapper (@nico_lambert) January 20, 2015

Cette petite coalition de gauche il y a encore cinq ans a connu une ascension fulgurante avec la crise en Grèce et la politique d'austérité instaurée dans le pays. Elle fait la course en tête dans les sondages et espère obtenir dimanche une majorité absolue. De quoi faire rêver les anti-austérité en France. Jean-Luc Mélenchon voit déjà "se renverser la table" à Athènes, "et c'est ce qui se passera inéluctablement à Madrid", où l'organisation Podemos issue des Indignés représente déjà la troisième force politique d'Espagne après un an d'existence seulement. "Et c'est ce qui se passera un jour à Paris", veut encore croire le leader du Parti de Gauche, en verve, à la tribune.

Jean-Luc Mélenchon rêve déjà de listes communes Front de Gauche-EELV pour les départementales en mars. Puis une campagne conjointe peut-être aux régionales à la fin de l'année. "On a nos chances. Et à ce moment-là, ce sera le Printemps européen", ajoute l'ex-candidat à l'élection présidentielle, ce mardi matin sur BFMTV. Un autre rendez-vous se dessine, anticipe le JDD: "En filigrane, la gauche de Japy prend ses marques pour 2017"... à condition d'enfin "profiter de l'impopularité du chef de l'Etat". Ce que la gauche de la gauche française, pour l'heure, n'a pas réussi à faire.

Ce "serait non seulement une bonne nouvelle pour le peuple grec, mais aussi un encouragement pour toutes les forces de gauche en Europe qui veulent desserrer le carcan de l'austérité", affirme Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. "Un coup d'arrêt à la troïka et à tous ceux qui ont appuyé leur politique", selon lui, alors que Syriza veut renégocier le plan d'aide international à la Grèce et effacer sa dette publique au moins en partie. "Si Syriza gagne en Grèce, puis Podemos en Espagne, nous aurons du vent dans les voiles", renchérit Clémentine Autain, pour la formation Ensemble, membre du Front de Gauche.
EELV et l'aile gauche du PS étaient là aussi

La présence dominante du Front du Gauche, à la tribune et dans la salle, ne surprend pas. Après tout, Alexis Tsipras est perçu comme le "Mélenchon grec" en France. Mais celle de représentants d'EELV et surtout du PS (ou ex-PS) peut étonner davantage. Interrogé dimanche, le numéro un du PS Jean-Christophe Cambadélis a juste souhaité "la victoire de la gauche. Parce que Syriza, s'il l'emporte, ce qui n'est pas encore fait, n'aura pas la majorité absolue". Quelques socialistes, à la tribune, se sont montrés nettement plus emballés par le phénomène Syriza.

"L'eurodéputé socialiste Guillaume Balas avait besoin de justifier sa présence", raconte Libération. "Socialiste", ce proche de Benoît Hamon le reste: "Je prends au sérieux ce mot. Et parce qu'aujourd'hui, en Grèce, un parti de gauche peut prendre le pouvoir [...] Il sera bien difficile de nous dire qu'on ne peut pas faire autrement". Quant au "socialiste affligé" Liem Hoang-Ngoc, ex-député européen, il a estimé que "grâce à Syriza, la gauche ne [mourrait] pas." Comme une réponse à retardement adressée au Premier ministre Manuel Valls.

Arrivée au meeting de soutien au peuple grec, gymnase Japy ac @plaurent_pcf @CecileDuflot @JLMelenchon #MeetingSyriza pic.twitter.com/nlgAEqS4kn
— Guillaume Balas (@BalasGuillaume) January 19, 2015

"Peut-être que cela vous surprendra mais ici j'ai le sentiment d'être à ma place", a aussi assuré Cécile Duflot. Installée à la gauche de Jean-Luc Mélenchon, l'ex-ministre du Logement des gouvernement Ayrault, qui égratigne régulièrement François Hollande depuis le printemps dernier, en a "assez de prendre des leçons de responsabilités. Nous voulons une autre politique en Europe comme nous voulons une autre politique en France. La victoire de Syriza changerait la donne".

Jean-Luc Mélenchon en place pour le #meetingsyriza Duflot s'installera à sa gauche, Laurent à sa droite pic.twitter.com/mgorcpQDDq
— Olivier Faye (@olivierfaye) January 19, 2015

Le soutien d'EELV ne va de soi que depuis que les Verts grecs ont rejoint la coalition Syriza, il y a "un bon mois". "Il faut soutenir ce qui peut être une chance pour le peuple grec mais aussi pour les Européens et les Français", affirme Cécile Duflot appelant à "rompre avec une logique financière, voire quasi budgétaire qui nous a amené dans le mur". "J'ai vu comment on a pu être ligoté par une certaine vision de la politique européenne stérilisante", ajoute l'ancienne ministre.

Quelques écologistes et socialistes critiques seront, avec des membres du Front de Gauche, à Athènes pour le meeting final de Syriza, jeudi. Ils pourront "suivre les derniers moments de la campagne et les résultats du dimanche soir", fait valoir EELV. "Ayons la patience et la fermeté. Notre heure viendra", assure Jean-Luc Mélenchon, sans jamais cacher qu'il rêve d'un modèle Syriza, à la française.
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Message le Dim 25 Jan 2015 - 21:06 par Donald11

Tout le monde le savait, certains le disaient haut et fort, seule la secte Troïkiste étaient applaudie par les dirigeants européens. D'ailleurs qui parle encore de l'Islande qui a suivi une autre voie ?
Perso, Syriza ne me fait pas peur. Et s'ils pouvaient secouer le cocotier assez fort pour récupérer un max de noix ... ce ne serait que belle revanche pour le peuple grec.

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Message le Dim 25 Jan 2015 - 10:19 par country skinner

Entre son plus haut de 2008 et le troisième trimestre 2014, le PIB de la Grèce s’est effondré de 26% et le chômage s'est envolé. Et pourtant, les leaders européens s'étonnent que le pays puisse, ce dimanche, mettre son avenir dans les mains du parti "populiste" Syriza..

4 octobre 2009, un nouveau gouvernement dirigé par Georgios Papandréou prenait les rênes de la Grèce. S’en suivait un déballage qui a été le point de départ de "la crise grecque". Alors que le pouvoir précédent avait indiqué que le déficit du pays ne serait que de 6% du PIB pour l’année en cours, les résultats se sont révélés plus problématiques. Le trou des comptes publics grecs atteint en réalité 12.7% du PIB, soit plus du double des prévisions et quatre fois les limites autorisées par les traités européens.

Le maquillage est avéré. A ce stade, le niveau de l’endettement de l’Etat Grec atteint 113% du PIB.

Le Drame commence alors. Acculé, le nouveau gouvernement fait appel à "l’équipe de secours" composée du FMI, de la Commission et de la Banque centrale européenne, dite Troïka. Et celle-ci va traiter le patient "à la dure". En Europe, on ne rigole pas avec les règles et la sanction morale va rapidement se transformer en sanctions financières.

Un accord est trouvé le 2 mai 2010 et le pays perçoit une aide à hauteur de 110 milliards d’euros. En contrepartie, le pays va devoir mettre en œuvre toute une série de mesures qui vont devenir le symbole de l’austérité à "l’européenne". Hausse de la TVA, allongement des cotisations retraites, flexibilisation du marché du travail, réduction des salaires de la fonction publique etc… le budget du pays est taillé en pièces, mais "pour son bien".

Selon la Troïka, les résultats ne vont pas tarder. En avril 2010, le FMI publie son "world economic outlook" et prévoit une récession de 2% pour l’année 2010, et de -1.1% en 2011. La réalité va se révéler quelque peu différente. Le PIB Grec va chuter de 5.4% en 2010 et de 8.9% en 2011. Manifestement, les effets récessifs de la cure imposée au pays sont bien plus lourds que les prévisions ne le laissaient entendre. L’erreur est manifeste. Le FMI prévoyait bien une hausse du chômage pour la fin 2011, à 13% de la population active, la réalité sera supérieure à 20%.

Malgré le désastre, la Troïka ne remet pas sa doctrine en question, et va au contraire choisir de renforcer le dispositif. De nouvelles mesures d’austérité sont alors votées par le Parlement, la Vouli, sous pression des créanciers européens. La réduction du nombre de fonctionnaire va précéder une forte baisse du SMIC grec. Les salariés qui touchaient 877 euros voient leur paye baisser de 22% pour atteindre 684 euros.

Entre le manque de résultats, les émeutes, l’envolée des taux d’intérêts, la Troïka ne se rend même plus compte qu’elle est en train de perdre toute crédibilité dans le dossier Grec. Ce qui aurait pu être le symbole d’une Europe soudée tourne au vinaigre. Le pays est véritablement sacrifié sur l’autel de la morale, sur laquelle se fonde les principes économiques européens.

Au courant de la même période, là où l’Europe traite une crise budgétaire par la voie de l’austérité, les Etats Unis et le Royaume Uni diagnostiquent une crise monétaire qu’ils vont traiter en créant de la monnaie. Les résultats sont rapidement probants, mais l’Europe préfère encore détourner les yeux.

Le feuilleton continue au son des multiples annonces indiquant que "la Grèce va mieux", alors même que la chute libre du pays continue. Entre son plus haut de 2008 et le troisième trimestre 2014, le PIB du pays s’est effondré de 26%.

Fin 2014, le chômage atteint 25.5% de la population active, 50.6% pour les jeunes. Et la déflation mord le pays depuis plus de deux ans. Dès 2013, Médecins du monde tire la sonnette d’alarme en indiquant que 30% de la population est privée de couverture santé. La façon dont est traitée la Grèce devient la honte de l’Europe. Malgré les efforts consentis, l’endettement atteint alors 174.9%. La moitié des aides fournies à la Grèce n’aura servi qu’au remboursement même de l’endettement. Le remède est à l’évidence pire que le mal.

Symboliquement, le Banque centrale européenne intervenait le 22 janvier 2015, en annonçant l’injection de 1000 milliards d’euros au sein de l’économie du continent. L’institution ne fait que valider le diagnostic monétaire de la crise tout en rejetant, par la logique des choses, la stricte approche budgétaire qui était en vigueur pour la Grèce depuis 2010. Les efforts ont donc été vains, parce que dès le départ, cela ne pouvait pas fonctionner. Mais ce revirement arrive sans doute trop tard.

Car ce dimanche 25 janvier, le pays va probablement remettre son destin entre les mains du parti Syriza, sur la base d’une promesse de fin de l‘austérité et d’une renégociation des termes de la dette. Sans aucune honte, certains dirigeants européens s’étonnent encore de l’émergence des "populistes", et rappellent l’impossibilité de toute révision des engagements. L’incompétence et le déni ont été les deux mamelles de la crise grecque. Une crise qui n’aura fait que des perdants, laissant une Grèce exsangue et une Europe politiquement décrédibilisée

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Message le Sam 24 Jan 2015 - 4:54 par country skinner

Ce qui est sur, c'est qu'après quelques années de "rigueur budgétaire" et devant le résultat catastrophique (déflation qui gagne maintenant les "grands" pays européens) les autorités monétaires européennes prennent peur devant les risques politiques (délitement de l'adhésion européenne) et financiers (remise en cause de la dette publique). Donc la BCE (l'europe) rachète la dette publique (prêtée aux états) détenue par les banques en échange de cash (inflation monétaire) - et se retrouvera en première ligne lorsque les états débiteurs voudront renégocier les conditions de leur dette - au lieu de devoir soutenir les banques comme ces dernières années.

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Message le Ven 23 Jan 2015 - 12:07 par Donald11

La dérive du (pas) franc suisse et le milliard d'euros et des brouettes injecté on ne sait trop où et comment par la BCE, ça pourrait pas être une réponse à cette situation ?

Heureusement que nous sommes encore là tous les deux pour l'animer ce pauvre forum !!!

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