2 mondes s'opposent

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29012010

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2 mondes s'opposent




L'avenir de la gauche et le retour de l'idée communiste
BHL et Slavoj Zizek : le débat
Par Aude Lancelin
Le «nouveau philosophe» français et le marxiste slovène s'opposent ici sur l'avenir de la gauche et le retour de l'idée communiste. Sous l'arbitrage d'Aude Lancelin


Figure bien connue dans le monde anglo-saxon, Slavoj Zizek, qui publie ces jours-ci « Après la tragédie, la farce !» (Flammarion), n'a jamais épargné nos ex-nouveaux philosophes. Régulièrement, il les présente même comme « une des raisons principales de la perte d'influence de la pensée française dans le monde ». Le plus emblématique d'entre eux, Bernard-Henri Lévy qui s'apprête à publier le 10 février « Pièces d'identité » et « De la guerre en philosophie » (Grasset), ne le ménage pas davantage, faisant du combat contre la mouvance de gauche radicale incarnée par Zizek et Badiou l'une de ses priorités. Rencontre animée entre deux authentiques adversaires.



* * *


Le Nouvel Observateur. - Slavoj Zizek considère que le rôle de la gauche est aujourd'hui de se poser en adversaire résolu du capitalisme global. Qu'est-ce que cela vous inspire ?




Bruno Levy pour le N. O.
Bernard-Henri Lévy

Bernard-Henri Lévy. - Je crois que c'est en s'exprimant ainsi qu'on précipite la décomposition et la marginalisation de la gauche. Le monde du capitalisme globalisé, c'est le nôtre. Il n'y en a pas d'autre. En tout cas pour le moment. La question n'est donc pas de le rejeter ou non, mais d'entrer résolument dans cette mêlée-là pour agir, combattre sa part de sauvagerie - je pense notamment à celle du capitalisme chinois, le plus barbare et pilleur de ressources qui soit. Quand la gauche a été grande, aux Etats-Unis ou en Europe, c'est quand elle a changé la condition des travailleurs, celle des femmes. C'est à ça que la gauche sert, pas à se replier dans des microbulles intellectuelles pour rêver d'un monde idéal en laissant les hommes s'entre-dévorer.




Bruno Levy pour le N. O.
Slavoj Zizek

Slavoj Zizek. - Soyons clair. Je n'attends nullement une grande révolution anticapitaliste. Qui serait assez stupide pour ça aujourd'hui ? Ce que je dis est très pragmatique. Le lien entre capitalisme et démocratie est partout en train de se rompre au niveau mondial. Le cas chinois est seulement précurseur à cet égard. Car le capitalisme parlementaire démocratique s'avère incapable de traiter un certain nombre de problèmes vitaux pour l'avenir. Le scandale de l'échec de Copenhague l'a montré. On sait que le futur de l'humanité est menacé, mais les Etats jugent urgent d'attendre, alors que, lors de la crise financière, en une semaine à peine, ils s'étaient tous précipités pour sauver le système bancaire. Tout ça montre que seules de nouvelles formes de mobilisation populaire pourront sauver un monde commun que le capitalisme et ses fondés de pouvoir étatiques sont en train de mener au désastre.


B.-H. Lévy. - Eh bien, peut-être suis-je finalement plus à gauche que vous. Pour moi, il n'y a jamais eu de lien nécessaire entre capitalisme et démocratie. Ce qui fait que le premier s'est humanisé, c'est ce truc tout bête qu'on appelle les conquêtes sociales, les luttes syndicales, le travail de la gauche en somme. Raison pour laquelle je suis justement si inquiet quand je vois les tenants de l'idée communiste, ceux qui sont regroupés dans ce collectif que vous venez de publier avec Badiou (1), s'installer dans une espèce de position de retrait utopique et hautain. Ca ne manque pas d'allure, ce que vous faites. Mais cela revient au bout du compte à ça : on fabrique notre hypothèse communiste dans notre coin, et que le monde se démerde. Pendant ce temps-là, la gauche poursuit sa régression. Elle recule sur le féminisme au nom du droit à la différence culturelle. Elle recule sur l'internationalisme au nom du souverainisme. Elle s'obstine à laisser le drapeau libéral à la droite comme une dépouille, un chien crevé.


S. Zizek. - Vous semblez considérer que seul le libéralisme peut sauver la gauche. Je crois au contraire que seule l'aide fraternelle d'une gauche plus radicale peut à long terme sauver ce à quoi vous tenez : l'universalisme, le féminisme et l'émancipation égalitaire en général. Car la tragédie, aujourd'hui, c'est que la seule force politique majeure qui soit prête à articuler le malaise engendré par la crise du capitalisme, c'est la droite fondamentaliste anti-immigrés. Observez ce qui se passe déjà en Norvège ou aux Pays-Bas. Walter Benjamin a dit une très belle chose à ce sujet : «Chaque fascisme est l'envers d'une révolution ratée.» Eh bien, c'est exactement ce qui nous menace aujourd'hui : la montée des droites identitaires, faute d'une alternative de gauche véritable.

L'avenir de la gauche et le retour de l'idée communiste
BHL et Slavoj Zizek : le débat (suite)
Par Aude Lancelin
[=> page 1] N. O. - A l'instant, Bernard-Henri Lévy, vous définissiez la gauche par ses conquêtes sociales, ses luttes parlementaires et syndicales Pourtant, on ne peut pas dire que la «question sociale» ait été très présente dans vos engagements publics, et ce depuis l'origine. En désertant ce terrain, les intellectuels de gauche comme vous n'ont-ils pas justement ouvert un boulevard à la réémergence de ces paradigmes progressistes radicaux que vous déplorez aujourd'hui ?


B.-H. Lévy. - Vous semblez de bonne foi, mais vous vous trompez. Quand, dans «Pièces d'identité», j'écris que la question fondamentale aujourd'hui c'est celle de la nouvelle misère, et que ce qui nous manque c'est un nouveau Coluche, est-ce que je ne m'occupe pas de la question sociale ? Quand, en 2005, au moment de la crise des banlieues, j'ai dit qu'on n'avait pas le droit de faire comme si c'était simplement une fièvre barbare sans signification politique, est-ce que je ne m'en soucie pas ? Est-ce que je n'ai pas dit cent fois, et dans ce livre encore, que la figure de Sartre sur son tonneau à la sortie d'une usine, cette image qui a été moquée par tous les imbéciles, est une figure, somme toute, assez magnifique ? Après, c'est vrai que le temps est compté et qu'on ne peut pas être sur tous les fronts. Et surtout, parler des massacres du Darfour, ou jadis de la guerre en Bosnie, ne me paraît pas moins crucial que de s'occuper des délocalisations.


S. Zizek. - Ces nouvelles formes d'apartheid social que vous pointez à juste titre sont intrinsèquement liées au capitalisme global. Le problème, c'est que, comme la majeure partie de la gauche aujourd'hui, vous continuez à penser que ce fonctionnement ne doit pas être changé mais seulement corrigé. Au fond, votre horizon reste fukuyamiste : un «capitalisme à visage humain» comme formule enfin trouvée de la meilleure société possible.


B.-H. Lévy. - Certainement pas. La théorie de Fukuyama sur «la fin de l'histoire» est une aberration née dans l'euphorie de la chute du mur de Berlin. Maintenant, je n'en suis pas moins inquiet quand je vois renaître une gauche radicale, euphorique, qui nous promet qu'elle n'a peut-être pas aujourd'hui la solution définitive au drame des humains, mais qu'elle l'aura demain. Ca, c'est catastrophique. C'est le passeport pour tous les cauchemars totalitaires. Benjamin, que vous citiez tout à l'heure, a dit une autre chose essentielle. A l'alternative posée par Marx dans les «Thèses sur Feuerbach», transformer ou comprendre le monde, il oppose un troisième terme : réparer le monde. Hé oui. Juste réparer. C'est moins exaltant. Mais il n'y a pas de politique honorable sans cette part de mélancolie. L'idée que le monde est imparfait, qu'il le restera, qu'il faut se battre bien sûr, et de toutes ses forces, pour qu'il le soit un peu moins, mais que le pire advient quand on s'imagine qu'on va le changer à la racine.




Bruno Levy pour le N. O.
Bernard-Henri Lévy et Slavoj Zizek

S. Zizek. - Oui, le monde restera imparfait, mais parfois, quand même, les ruptures radicales s'imposent comme le seul chemin pour éviter sa destruction complète. Je suis un gauchiste tout ce qu'il y a de plus pessimiste, vous savez. Je crois même que le capitalisme autoritaire est hélas l'avenir qui nous attend. Vous faites cependant comme si le seul choix possible face à ça était de s'engager dans la réalité du capitalisme mondial... Ce n'est pas le cas à mes yeux. Non seulement je ne suis pas dans une position de retrait, mais je m'engage même pleinement en faveur des processus réformistes concrets qui vont à rebours de cet avenir catastrophique. Le combat d'Obama pour un système de protection sociale, voilà par exemple un événement de portée mondiale. Cela a perturbé le coeur même de l'idéologie américaine d'une façon extraordinairement positive. Je ne suis pas un adversaire de la démocratie parlementaire, je suis simplement assez lucide pour voir qu'elle ne sera pas de taille à affronter les conséquences du nouvel ordre global.


N. O. - Il y a cinq ans encore, on n'aurait pu imaginer un tel retour en grâce de l'idée communiste chez les intellectuels, ni qu'elle trouve un tel écho chez les plus jeunes. Comment expliquez-vous cette résurgence ?


B.-H. Lévy. - Tout d'abord je dois dire qu'elle m'épouvante. Je suis sidéré de voir des esprits parfois brillants nous refaire ce coup-là, étant donné tout ce que nous savons, tout ce qui a été dit. «Avez-vous déjà giflé un cadavre ?», demandaient les surréalistes. Eh bien voilà. Eux ressuscitent un mort. En même temps, j'ai toujours été convaincu que cette affaire reviendrait. Car, derrière tout ça, il y a des passions profondes - ce que j'appelle les «nombres premiers» de la raison politique. La passion du collectif, par exemple. Celle que Sartre décrit à son retour du stalag : l'ivresse de l'homme qui brusquement se sent faire corps avec une humanité collective. La passion de l'Histoire cassée en deux, aussi. L'idée que le monde est vieux et qu'il est temps de le rajeunir. Ou encore cette terrible volonté de pureté où je vois l'une des origines ultimes du désir totalitaire. C'est ce genre de passions fondamentales qui fait la source éternellement renaissante de l'illusion communiste. Et je la crois très dangereuse, vouée à produire des cataclysmes. Dans un entretien de 1976 que «le Nouvel Observateur» avait publié, Foucault me disait la chose suivante : «La question des âges anciens était : est-ce que la révolution est possible ? La question de l'âge moderne, c'est : est-ce que la révolution est désirable ?» Comme lui, je réponds que non.





S. Zizek. - A la question de savoir pourquoi le communisme intéresse à nouveau aujourd'hui, j'ai une réponse plus modeste. Quelles que soient ses naïvetés, celui-ci tente d'apporter une réponse aux antagonismes catastrophiques bien réels du capitalisme actuel. On peut en citer quelques-uns : la menace d'une destruction écologique globale, la ségrégation croissante entre inclus et exclus dans le monde entier, ou encore l'émergence de technologies biogénétiques qui font de la modification de la nature humaine elle-même une perspective tout à fait réaliste à court terme. Eh bien, cette privatisation, voire cette destruction de tout ce qui nous est commun, cette tentative d'extorsion de la substance même de notre être physique et social, tout cela suscite forcément le désir de voir émerger de nouvelles formes de décision collectives. N'abandonner le futur ni au marché ni à l'Etat, c'est ça, le communisme pour moi.


Propos recueillis par Aude Lancelin
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Mister Cyril

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2 mondes s'opposent :: Commentaires

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Message le Mer 10 Fév 2010 - 13:43 par Donald11

Mister Cyril a écrit:J'y crois pas ça fait 20 min que je tape et j'ai perdu le mess.....AAAAAAAAAAAh...résumé
Il faut toujours sauvegarder son oeuvre ... Sinon !!!

1 Canard merci pour ton analyse fine sur Zizek c'est imparable, ça remplit pas la gamelle...imparable
2 Pourtant ta brillante réponse à machin66 (public/privé)sur JFK démontrait bien que parfois il faut élever les débats pour le bon peuple...
Aurai-je pris une gamelle, là ?
J'ai parfois des éclairs de génie transcendés par des élans mystiques venus des ondes intersidérales nées des trous noirs de l'univers. Sur M2, ce sont plutôt des trous du cul qu'on croise et des adorateurs de nombril !!!

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Message le Sam 6 Fév 2010 - 14:32 par Mister Cyril

J'y crois pas ça fait 20 min que je tape et j'ai perdu le mess.....AAAAAAAAAAAh...résumé

1 Canard merci pour ton analyse fine sur Zizek c'est imparable, ça remplit pas la gamelle...imparable
2 Pourtant ta brillante réponse à machin66 (public/privé)sur JFK démontrait bien que parfois il faut élever les débats pour le bon peuple...
Bizz

@Country

1 Merci pour tes liens sur les conseillistes dont je partage bien sûr les analyses sur l'URSS et les troskars (+2 ou 3 vannes sur les chevelus anars)...signé un tout petit bourgeois même pas intello (par contre la citation de Louise je la connais par coeur et c'est ce que j'applique à Boulogne hé hé entrisme...°

Bon week mon "situ" préféré

@Bru
Ma mère spirituelle, tu m'avais en effet toi aussi citée "le lot en action" mais ça fait plus d'un an que je les suis (je suis quand même pas un poussin de l'année...non, non pas de l'année) mes ex-futurs-camarades...mais merci quand même...à quand le Poitou en action???
Bizz ma belle!

Aaaaaaaah!

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Message le Sam 6 Fév 2010 - 13:48 par country skinner

Le canard a écrit:Vaneigem retro, satanas
Vaneigem a toujours rendu hommage à la pensée de R.I. Mogard, qu'il considère comme le phare éclairant toute la démarche critique du siècle dernier...
Si si...

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Message le Sam 6 Fév 2010 - 9:43 par Donald11

BHL et Slavoj Zizek : le débat
Par Aude Lancelin
Le «nouveau philosophe» français et le marxiste slovène s'opposent ici sur l'avenir de la gauche et le retour de l'idée communiste.
Quel débat ! J'en suis tout retourné ... et éclairé d'une lumière à m'en faire mal aux yeux. Après ça, nos misères vont bientôt disparaître !!! Les deux mondes inconciliables vont se rencontrer, se sont déjà rencontrés !!! La révolution est en marche. Le communisme, le vrai, est de retour ... et Marchais fait des bonds sous sa pierre tombale.
Deux mondes, rien que ça ? Un noir, un blanc ! Deux mondes, par souci de simplification sans doute. Vous pourriez pas me les redéfinir un peu ces deux mondes, m'en tracer quelques contours, pour que je comprenne de quoi vous voulez parler. BHL, ce bourge réac médiatique, «nouveau philosophe» français ! Je pouffe. Quant à l'autre, rien que quand tu as fini de prononcer son nom, la salle est vide !!! Deux brillantes étoiles au firmament de la pensée, sans aucun doute.
Bon ben en attendant la révolution de ces deux mondes qui s'opposent, et alors que mon "panier de la ménagère" n'est pas encore tout à fait vide, je vais faire cuire mes légumes et préparer ma soupe.
Bon week-end.

Vaneigem retro, satanas !!!!

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Message le Sam 6 Fév 2010 - 7:32 par country skinner

Le poussin a écrit:il essaie encore de nous vendre Vaneigem
Il y a des figures intéressantes dans la "mouvance" du conseillisme ouvrier bien avant Vaneigem et Debord, sans remonter à Rosa Luxembourg, dont Anton Pannekoek, et aussi l'influence marquée des réflexions du groupe "Socialisme ou Barbarie"...

je crois toujours en la lutte des classes et en une organisation un minimum centralisée
Faut pas "croire" en la lutte des classes, c'est un fait socio-économique. Par contre la réussite d'une révolution par le biais d'une organisation un minimum centralisée, ca oui c'est un acte de foi (encore faudrait-il s'entendre sur ce minimum ? Avec ou sans commissaires du peuples ? avec ou sans Guépéou ?), tout comme d'ailleurs celle par le biais d'une auto organisation spontanée. Si je ne "crois" ni à l'une ni à l'autre, je pense seulement que lorsque la rue prendra le pouvoir, il faudra militer pour un certain nombre de règles "libertaires" d'organisation politique, comme les conseils de quartiers, les délégations par tirage au sort, des mandats de représentation révocables et non renouvelables...
Je t'aurais bien mis une citation de Vaneigem (Il s'agit d'organiser sans hiérarchiser, autrement dit de veiller à ce que le meneur de jeu ne devienne un chef. L'esprit ludique est la meilleure garantie contre la sclérose autoritaire), mais comme tu t'en méfies, je te colle plutôt celles de Louise Michel :
L'autorité d'un seul, c'est le crime. Etre chef c'est s'abaisser
Louise Michel qui disait aussi que la tache des instituteurs est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. T'as de l'ouvrage sur le métier mon pote...

Au delà du spontanéisme, la réflexion critique des conseillistes de l'époque portait il me semble surtout sur l'idée que seul le prolétariat avait une potentialité révolutionnaire, les "intellectuels" non "ouvriers" n'opérant qu'au niveau du spectaculaire (représentation dissociée de la réalité économique). J'avais compris ça à l'époque comme une sorte de radicalisation de la théorie de la praxis révolutionnaire de Marx (l'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes), qui pose certainement question aujourd'hui quand l'univers de production s'est fortement tertiarisé ? Mais moi je ne suis qu'un intellectuel bourgeois...

Dernière édition par country skinner le Sam 6 Fév 2010 - 13:46, édité 1 fois

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 22:42 par brusyl

le lot en action" (je viens de m'y abonner hé hé),

merci qui ???

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 22:24 par Mister Cyril

Mais non il essaie encore de nous vendre Vaneigem and co...pas besoin des situs pour analyser l'échec de l'URSS ou les méthodes périmées des troskos (avant-garde éclairée, entrisme...)
Pour l'organisation horizontale chère à Bru je te répondrai plus longuement plus tard, c'est séduisant mais assez inefficace, il y a justement un article dans la revue "le lot en action" (je viens de m'y abonner hé hé), mouvements séduisants médiatiquement parlant, qui remet justement en cause les syndicats et partis traditionnels (comme ton article) mais voués à l'échec...la médiatisation c'est bon pour vendre de la soupe, mais c'est pas 50 glambins genre les clows, jeudi noir ou les don quichotte qui vont remettre l'organisation économique en place. Mais qui alors?...j'en sais fichtrement rien, à part que je crois toujours en la lutte des classes et en une organisation un minimum centralisée. J'adore discuter avec les chevelus mais pour leur auto-libération je me marre Monsieur Country...
Bizz les 2 intellos !

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 22:11 par country skinner

Le conseillisme ouvrier, courant marxiste antiléniniste

http://wapedia.mobi/fr/Communisme_de_conseils

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 21:49 par brusyl

pffff, jargon interne country, j'y pompe que dalle !

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 16:18 par country skinner

Ca me rappelle furieusement la critique du trotskysme et de la théorie de "l'avant garde révolutionnaire" par les situationnistes et les conseillistes ouvrier à la fin des années soixante...

"Tout le pouvoir aux conseils ouvriers (un enragé). Tout le pouvoir aux conseils enragés (un ouvrier)."
"Ne me libère pas. Je m’en charge."

Deux slogans de 68...

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 15:04 par brusyl

Il est possible que tu aies posté ici une video d'un débat F/B (wouuuuuhhhhaaa tu sais donc poster une video ? et ton ordi lit les videos maintenant ???)
je parlais moi du texte du monde que j'ai posté (rubrique culture et société au mois de décembre)
"Finkielkraut-Badiou: le face-à-face"

a propos (oui je sais, j'insiste lourdement) que penses-tu du texte de CSP ?

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 14:36 par Mister Cyril

euh il me semble ma chère Bru que l'interview Badiou/Finkelkraut c'est mi qui l'avait importé car j'avais suivi le débat en direct...(peut être pas)...
Je comprends ton dernier article et l'intervention de Delajota (que je ne connais pas salut!) car on est au coeur du sujet...entre l'avant-garde éclairé des militants de Gauche et le néant idéologique...où est le juste milieu...et que dire de la très haute estime en effet de la plupart des Mariannautes et blogueur qui se prennent pour des tribuns érudits???

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 13:44 par brusyl

J'ai retrouvé le texte dont je parlais dans un précédent post...
Je le mets sans recherche de polémique mais avec une question ...
Qu'en pensez-vous (moi je ne peux pas en penser grand chose, n'ayant que peu évolué dans cette culture)....


En finir avec la "pédagogie"

Contrairement à une interprétation un peu hâtive, il ne sera pas question ici des débats concernant l'Éducation nationale et ses méthodes. Nous allons voir une autre forme de "pédagogie", possédant une signification spécifique à l'extrême-gauche, et dont il faut se débarrasser le plus vite possible si on veut qu'un jour nos idées gouvernent.

Ah, faire de la "pédagogie"...

Voyez-vous, quand on est militant de l'esstrèmgôche troskiss, il y a des mots comme ça qui ont un sens particulier quand ils sont employés, qui revoient à des corpus théoriques et à des moments de l'Histoire du mouvement ouvrier et qui quand ils sont utilisés par nous possèdent une signification légèrement différente de leur usage courant ; par exemple, "opportuniste". Qui se contente pour le lambda de vouloir dire "tourneur de veste", ou "qui s'adapte aux circonstances en dépit de toute considération morale". Et bien en français/trotskyste, "opportuniste" signifie également ça, mais en bien bien plus grave. Vraiment plus grave. Quelque chose comme "tourneur de veste sans morale qui trahit les intérêts objectifs du prolétariat et se fait partant le complice visqueux du Capital dans une optique de collaboration de classe déshonorante". Ah oui, c'est sérieux, là. Tu traite un trotskyste d'"opportuniste", ça peut finir très mal. Y compris physiquement, si si.

Et quand on est trotskyste, il faut absolument et à tout prix faire de la "pédagogie".
Voui.
À savoir : prendre le travailleur exploité et aliéné entre quatre yeux et s'adresser à sa faculté de raisonner pour qu'il comprenne que ses intérêts de classe ne peuvent que le pousser à rejoindre le camp de la révolution permanente, lui faisant ainsi tomber les écailles de yeux dans une prise de conscience d'à quel point avant que d'être pédagogisé, il était tout perdu et faisait n'importe quoi...
Sauf que maintenant il sait, vu qu'on a fait de la "pédagogie".

Je caricature ? À peine.

Curieusement, figurez-vous que ce genre de démarche n'a bizarrement jamais donné de résultats franchement probants...oui, on se demande pourquoi, hein ?...
Peut-être parce que ce faisant on se place dans une position de prof qui explique la vie à des élèves, oui, peut-être...à cette nuance près que dans une salle de classe, les élèves sont là pour ça, ils n'ont d'ailleurs pas le choix, et il leur est explicitement demandé d'écouter le prof vu qu'on va leur demander des comptes à la fin (examens).
Dans un autre contexte que celui-ci, cette démarche de "pédagogie" s'est contenté de fabriquer à la chaîne de ces fameux militants donneurs de leçons cassants et prétentieux que vous avez tous rencontré un jour, voire que vous avez été vous-même. Etonnerais-je mon monde en avouant que ce fut également mon cas ?

Ensuite, on se rend vite compte des limites de cette "pédagogie", et pour une raison simple : ça ne marche pas. Parce que personne n'a envie de se faire expliquer la vie par un semi-intellectuel qui se pose en détenteur d'un savoir élitiste et qui du coup se permet de prendre de haut le vécu, les expériences et les émotions de son interlocuteur...Démarche d'un rationalisme asséchant, la "pédagogie" a fait plus fuir qu'elle n'a convaincu, et le militant abandonné de se dire que décidément, les masses ne sont pas prêtes à recevoir son message...

Il faut en finir avec la "pédagogie". Elle est inefficace et n'est qu'une perte de temps et d'énergie. Uniquement basée sur de la démonstration logico-rationelle, c'est une forme de scientisme militant censé s'adresser à une rationalité présupposée de l'interlocuteur, et qui partant infère que les choix et les pensées de tout un chacun ne sont dictés que par des réflexions rationnelles, en occultant tout ce que l'être humain peut être d'irrationnel et d'affectif et en mettant de côté rien moins qu'une bonne moitié de ce qui le constitue. Comme si les choix effectués dans une vie n'étaient que le fruit de cogitations raisonnantes. Comme si il existait une séparation tranchée entre la raison et l'affect quand la simple expérience quotidienne de tous démontre que les deux sont sans cesse intriqués dans des relations d'influence mutuelles.

On me dira que j'exagère. Que je pousse le bouchon. Que ça fait quelque temps tout de même qu'à la LCR quand elle existait, on avait pris du champ par rapport à cette démarche. Certes et sans doute...
Vraiment ?
Lisez un exemplaire de Tout Est À Nous.

Et par pitié, ne venez pas me faire un procès d'intention en pleurant que puisque c'est comme ça, on a qu'à faire du sarkozysme et ne s'adresser que et uniquement à l'émotionnel voire au reptilien, qu'il faut abandonner toute démarche de Science et de Raison et patauger dans un irrationnel manipulé à coup de slogans démagogiques et de storytelling, non, ne venez pas me prendre la tête avec ce genre de conneries, voulez-vous ? Ce n'est pas ce que je dis.

Je dis qu'il faut arrêter d'avoir une vision tronquée de l'être humain en ne s'adressant qu'à sa seule intelligence. Qu'il faut continuer à solliciter là n'est pas la question. Mais en acceptant et en intégrant que l'humain se meut aussi, voire souvent par son imaginaire, par son émotionnel, et que tant que ces imaginaires et ces émotions seront colonisés par les idées de droite, on se heurtera à des murs.

Il faut en finir avec la "pédagogie" et la remplacer par ce qui pourra être une démarche d'éducation politique "horizontale", dans un langage clair et accessible, qui prendra en compte les vécus, les expériences, les désirs et les émotions de ceux auxquels on s'adresse, en partant d'un principe simple : toute volonté d'émancipation ne peut s'accomplir que quand une personne comprend, y compris intimement, que cette émancipation doit passer par une repolitisation de son espace public, certes, mais également une repolitisation du mental, de son espace privé, et que pour cela il lui faut des outils, des concepts, des connaissances. Et lui donner l'envie de se les approprier. Pas les lui donner tout prêts à l'emploi : lui donner envie de se les incorporer.

Chantier énorme si il en est, mais d'une urgence cruciale, puisque j'en suis de plus en plus convaincu : la reconquête politique des imaginaires est la mère de toutes les batailles.

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 8:42 par brusyl

Salut Delajota,
contente de te lire ici...

peut-être bien que tu as raison... il y a quelque chose de hautain dans le royaume des mariannautes.....
Mais peut-être le sens-tu comme cela par ce que tu arrives juste, peut-être aussi le ressentiras-tu autrement si tu pénètres un peu plus dans notre petit espace de discussion ?
cordialement

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Message le Ven 5 Fév 2010 - 6:51 par Invité

@ brusil,
04022010

Nouveau message
Re: 2 mondes s'opposent,

...Et l'utopie des mariannautes? Aurait elle quelque chose d'hautaine,elle?

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Message le Jeu 4 Fév 2010 - 10:13 par brusyl

Au fait il y a tout ce même une affirmation juste dite par le gôchiste caviardeux, la voici :
"je suis justement si inquiet quand je vois les tenants de l'idée communiste, ceux qui sont regroupés dans ce collectif que vous venez de publier avec Badiou (1), s'installer dans une espèce de position de retrait utopique et hautain"

Utopique, c'est vraiment bien , notre société a tellement besoin de rêver ! et depuis 40 ans, le TINA le lui interdit... et comme une dans une cocotte minute, ce besoin que l'on a mis sous pression explose aujourd'hui. J'adore cela

Hautain : ben il raison le lévy.. Cela m'avait profondément frappé dans l'échange Finkelkraut/Badiou que j'ai posté il n'y a pas si longtemps. Son dédain envers son interlocuteur, son arrogance va contre tout ce qu'il dit.
Alors que F. raisonne faux, à la fin de la lecture de l'entretien, on a l'impression que l'humanisme est de son côté... à la souffrance de F., Badiou oppose sa certitude glaciale.

J'ai lu sur CSP (Comité de Salut Public... plus NPA que lui tu meurs !) un excellent article sur ce sujet : ce besoin impératif que l'extrême-gauche a de ré-apprendre à communiquer.
Critique extrêmement dure.. et intéressante parce que venant de l'intérieur. Je ne l'avais pas postée ici parce que je pensais que cela me ferait sortir à coup de fusil d'ici.
Mais si je le retrouve , je vous le mets

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Message le Mer 3 Fév 2010 - 21:24 par Mister Cyril

C'est marrant que tu rebondisses sur cette dernière phrase car c'est la seule que je n'ai pas comprise tant elle est vaste et ne définit rien (mais à la question qu'est-ce-que le communisme? J'a pas plus de réponse). Sinon le crétin de salon résume quand même bien la social-démocratie-bobo totalement soluble dans le capitalisme, c'est quand même bien que celà soit dit ausi clairement!
bizz CAMARADE!!!

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Message le Mer 3 Fév 2010 - 18:56 par brusyl

Lumineux , je ne sais pas... chacun est dans son rôle
BHL dans celui de crétin de salon
Zizek, parle plutôt clairement, ce qui est tout à fait remarquable pour un psychanaliste, lacanien de surcroît....

je partage tout à fait son raisonnement lorsqu'il dit que l'analyse marxiste s'adapte à nouveau parfaitement à notre société actuelle : la lutte des classes est bien réapparue dans toute sa violence et c'est bien la classe capitaliste qui l'a rallumée.
Par contre il a une vision très personnelle du communisme lorsqu'il affirme : "N'abandonner le futur ni au marché ni à l'Etat, c'est ça, le communisme pour moi".

Dans ce cas moi aussi je suis communiste pur jus ! c'est la lutteu finaleu !

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Message le Mer 3 Fév 2010 - 18:18 par Mister Cyril

Tiens ce face à face ne semble pas avoir inspiré les troupes...c'est pourtant assez lumineux!

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Message le Ven 29 Jan 2010 - 21:58 par Mister Cyril

Un peu long...mais basique et fondamental!!!

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