Préparer l'après-Sarkozy

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18122010

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Préparer l'après-Sarkozy





par François Ruffin

Pendant que la droite câline DSK, les socialistes se répartissent déjà les maroquins. Et nous ? On s'entraîne à faire dérailler l'histoire.


« La droite se décompose autour de Sarkozy… sa présence à l’Elysée empêche son camp de se trouver un champion éligible en 2012… si Sarkozy garde ses partisans, ils ne sont plus les plus nombreux…un président, qui dans l’esprit de beaucoup d’électeurs, ne devrait plus l’être… »
Où lit-on ces lignes ?
Dans L’Humanité? Dans Politis?
Non : dans Valeurs actuelles, propriété de Dassault fils, plus à droite que Le Figaro magazine. Quand j’ai aperçu cette trahison, mon sang de « Jeune Pop » n’a fait qu’un tour. J’ai décroché le téléphone et contacté la rédaction de Valeurs actuelles, laissé des messages à la rédaction et envoyé un courriel :
« Bonjour.
Jeune militant de l’UMP, je viens de lire l’éditorial de Stéphane Denis. C’est ce qui s’appelle abandonner le navire en pleine tempête. Nicolas Sarkozy mène une politique courageuse contre vents et marées, il chasse les Roms, il réforme les retraites, il a contre lui les syndicats, la gauche, les droits-de-l’hommistes, et vous, plutôt que de le soutenir dans cette bataille, vous commencez à nous raconter qu’il va perdre, qu’il n’est plus populaire, etc. C’est le moment de se retrousser les manches et de soutenir le capitaine! Pas de pleurnicher !
Un peu déçu par votre attitude, mais cordialement quand même… »
Heureusement qu’on est là, parfois, pour leur remonter les bretelles. L’après-Sarkozy est ouvert, et même cette droite s’y prépare. Comment ? En optant pour la moins pire des solutions, pour le moins terrifiant des socialistes. « DSK, candidat fantôme » affichait en une la même édition de Valeurs actuelles (2 septembre)…

Les socialistes...

A Paris, dans un bistrot à côté de la gare de l’Est, je rapportais cet étonnant édito à un député européen socialiste. Lui revenait d’une session à Strasbourg, ses costumes dans un étui pendus au dos d’une chaise. « Même la droite dure ne croit plus à son candidat, je lui disais, et elle pressent la victoire de la gauche pour 2012. Mais quelle gauche ? – Qu’est-ce qui va se passer ?, il me souriait. On va avoir Pierre Moscovici ou François Hollande à Bercy, au ministère de l’économie, et ils vont mener un plan d’austérité. Ce sont les vieux, les cramés, qui vont revenir, les Lang, les Peillon… Ils se partagent déjà les portefeuilles. Ils se portent candidats aux primaires, mais pas vraiment pour la présidentielle : pour les ministères! Pour se montrer, pour exister et bien se placer dans la course aux maroquins. » J’avais lu ça, déjà, dans une brève du Canard. Notamment que Vincent Peillon lorgnait sur l’éducation. « L’aile gauche, elle, n’est pas mûre, Hamon est trop jeune, il n’est pas pris au sérieux. à la rigueur, ils lui fileront les Affaires sociales, et comme il se retrouvera sans un rond, on sera coincé. Et on perdra au prochain coup ! » On hériterait alors d’une gauche très raisonnable, qui mènerait une politique très raisonnable, sans souffle, sans ambition,
avec les félicitations de Bruxelles, du FMI, de Francfort.

A moins que…

La droite prépare l’après-Sarkozy. Les socialistes également, à leur manière. Nous aussi… Certes, nous ne devons pas vendre la peau de cette bête politique avant de l’avoir tuée : l’homme du Fouquet’s a du ressort. Mais au-delà de cette mission, débarrasser la France de cette anomalie, pour nous, le plus difficile – et le plus stimulant – reste à faire : oeuvrer, dans nos syndicats, dans nos partis, dans nos entreprises, dans nos familles, pour qu’une éventuelle victoire
politique de la gauche, ou d’une gauche, débouche sur de véritables conquêtes sociales. Pour que les services publics, l’école et l’hôpital en premier lieu, aujourd’hui sacrifiés, redeviennent des vecteurs d’égalité. Pour que la justice fiscale s’impose, avec des impôts vraiment progressifs. Pour que l’écologie ne soit pas que le supplément l’âme de la croissance. Pour qu’un bras de fer soit entamé avec la Commission européenne, sur la libre circulation des capitaux, l’indépendance de la Banque centrale, la taxe carbone aux frontières, une dose de protectionnisme. Les chantiers à ouvrir sont nombreux, mais ils se ramènent tous à un seul : que notre pays sorte, pour de bon, d’une parenthèse libérale qui s’est ouverte
dans les années 80. Et pour cela, de « bonnes idées » ne suffiront pas : il faudra des forces organisées pour l’exiger.
Nous voilà bien sérieux : c’est que l’espoir renaît. Qu’on aperçoit le bout du tunnel sarkozyste. Et que nous reviennent alors des responsabilités. Faire dérailler l’histoire,un peu, ce pouvoir qu’ils se refilent devant un peuple silencieux, résigné.
Au boulot !

Encadré: L’équation politique du moment se résume, pour moi, en trois points.

1)Nous débarasserons-nous de Sarkozy et de sa clique par la rue?

Sauf basculement miracle (mais mieux vaut, etc.), non : qu’elle s’unisse déjà un peu, qu’elle cesse ses divisions stériles, qu’elle constitue un contrepoids à gauche du PS, qu’elle fasse élire quelques députés aux législatives, bref, qu’elle soit à la
hauteur de la situation historique, et ce sera déjà énorme. Alors, que ça nous plaise ou non, c’est le candidat socialiste qui, au second tour, représentera l’alternative.

2)La gauche de gauche sera-t-elle en état de l’emporter ?

Sauf basculement miracle (mais mieux vaut, etc.), non : qu’elle s’unisse déjà un peu, qu’elle cesse ses divisions stériles, qu’elle constitue un contrepoids à gauche du PS, qu’elle fasse élire quelques députés aux législatives, bref, qu’elle soit à la
hauteur de la situation historique, et ce sera déjà énorme. Alors, que ça nous plaise ou non, c’est le candidat socialiste qui, au second tour, représentera l’alternative.

3)Peut-on compter sur les socialistes?

Sauf illumination miracle (mais mieux vaut, etc.), on ne peut pas trop rêver de ça : que la bande à Aubry non seulement préservera nos acquis, mais nous accordera des conquêtes – sociales et écologiques. 1981, 1997, etc. nous l’ont appris,
une élection ne suffit pas. Cette méfiance est générale chez les militants du pays. Alors, dès leur entrée en fonction, la rue – par des grèves, des blocages – devra pousser les ministres aux fesses. Leur mettre, d’entrée, le couteau sous la gorge.


Je n’aperçois guère d’autres chemins vers un mouvement, pas seulement défensif, mais offensif, victorieux. Avec un peu de bonheur à la clé.

(article publié dans Fakir N°48, décembre 2010)

http://www.fakirpresse.info/articles/367/preparer-l-apres-sarkozy.html
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brusyl
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Préparer l'après-Sarkozy :: Commentaires

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 16:49 par brusyl

merci jean marc pour ce magnifique petit résumé in extenso de nos messages précédents... mais ce n'était point nécessaire, je les avais lus et incroyable, j'avais même rédigé le mien !

ta réponse est donc : "Pour moi point barre, le débat est plié, sur la base de faits vécus et chiffrés."
bon, d'accord, point barre...le débat est plié comme tu dis...

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 14:54 par Invité

Sylvie, ma puce, tu me cherches depuis cette histoire marie caron...!

Rappel donc sur ce que j'ai écris (voir le gras sur lequel tu as répondu) :

Il manque à mon avis dans l'équation proposée deux nécessaires prémisses :
1. Quelle catastrophe Sarkozy serait prête à exploiter voire provoquer pour se poser en homme fort face au malheur et remonter fortement sa popularité?
2. DSK sera t'il le candidat du PS?

Si 1., Sarkozy peut remporter les présidentielles, quel ue soit son adversaire au second tour.

Si pas 1., et si DSK pour PS, le PS sera probablement au deuxième tour, quelque soit le candidat de droite, et l'emportera.

Si ni 1. ni 2., là cela devient rock and roll.
On peut très bien avoir au deuxième tour Joly ou Le Pen face au candidat de droite.

De plus, je pense que les jeunes vont massivement s'abstenir. C'est à rentrer dans l'équation.

Tu réponds :

Je n'y crois pas du tout, car c'est prendre les français pour des cons. Quatre année de sarkozy ont ouvert les yeux de la grande majorité des français sur les techniques de gouvernance et de communication : par exemple, le discours de Grenoble a laissé des traces profondes.
Le roi est nu, tout ce qu'il pourra inventer comme nouveaux procédé pour refaire son image, et notamment son discours sécuritaire aura désormais une forte odeur de réchauffé.

Je te donne cette info :

Noter le pic en début de courbe et la date.
http://www.presidency.ucsb.edu/data/popularity.php?pres=43&sort=time&direct=DESC&Submit=DISPLAY

Pour moi point barre, le débat est plié, sur la base de faits vécus et chiffrés.
Une catastrophe accidentelle exploitable voire provoquée pour se poser en homme fort face au malheur et remonter fortement sa popularité suffit à gagner alors que tout semblait perdu.

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 14:45 par brusyl

nan tu n'as répondu en rien à mon "je ne crois pas" mais je viens de découvrir sur M2 que répondre à ce qu'on argumente par une pirouette tu aimes bien...Fais gaffe !! maintenant que j'ai remarqué cela je ne te louperai pas !

Une courbe une statistique ne prouvent rien du tout : j'ai remarqué que cela rassurait les mecs... cela doit être une reminiscence des lego que vous empiliez enfants pour faire de jolis blocs ou des meccano pour faire de belles machines: sur marianne2 , il y en a qui jouissent littéralement dès que l'on peut parler stats, chiffres, tableaux comptables.



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Message le Sam 18 Déc 2010 - 14:22 par Invité

Mon lien c'était juste pour répondre au "Je n'y crois pas du tout etc" de Sylvie.

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 14:12 par Mister Cyril

Nan pitié pas ici, pas les équations présidentielle à la July/Alexandre....allez fait péter la poire Bru!!!

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 13:50 par Donald11

Jean-marc a écrit:Croire, savoir...

Noter le pic en début de courbe et la date.
http://www.presidency.ucsb.edu/data/popularity.php?pres=43&sort=time&direct=DESC&Submit=DISPLAY

J'ai pas trouvé les courbes de notre nain, c'est normal ? Mécréant ignare je resterai ...

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 13:41 par Invité

Croire, savoir...

Noter le pic en début de courbe et la date.
http://www.presidency.ucsb.edu/data/popularity.php?pres=43&sort=time&direct=DESC&Submit=DISPLAY

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 12:32 par brusyl


Quelle catastrophe Sarkozy serait prête à exploiter voire provoquer pour se poser en homme fort face au malheur et remonter fortement sa popularité?

Je n'y crois pas du tout, car c'est prendre les français pour des cons. Quatre année de sarkozy ont ouvert les yeux de la grande majorité des français sur les techniques de gouvernance et de communication : par exemple, le discours de Grenoble a laissé des traces profondes.
Le roi est nu, tout ce qu'il pourra inventer comme nouveaux procédé pour refaire son image, et notamment son discours sécuritaire aura désormais une forte odeur de réchauffé.

C'est tout l'avantage de la personnalisation du pouvoir que nous subissons : communiquant sur tout, mettant son empreinte sur tout, il s'est révélé en tout aussi, il ne plus rien nous faire que nous ayions déjà connu avec lui.

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Message le Sam 18 Déc 2010 - 11:35 par Invité

Il manque à mon avis dans l'équation proposée deux nécessaires prémisses :
1. Quelle catastrophe Sarkozy serait prête à exploiter voire provoquer pour se poser en homme fort face au malheur et remonter fortement sa popularité?
2. DSK sera t'il le candidat du PS?

Si 1., Sarkozy peut remporter les présidentielles, quel ue soit son adversaire au second tour.

Si pas 1., et si DSK pour PS, le PS sera probablement au deuxième tour, quelque soit le candidat de droite, et l'emportera.

Si ni 1. ni 2., là cela devient rock and roll.
On peut très bien avoir au deuxième tour Joly ou Le Pen face au candidat de droite.

De plus, je pense que les jeunes vont massivement s'abstenir. C'est à rentrer dans l'équation.


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