Pourquoi la Droite capitalise sur la crise du Capitalisme?

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02032011

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Pourquoi la Droite capitalise sur la crise du Capitalisme?




Extraits du livre «Voyage au bout de la droite»

Accès aux soins : la campagne doit retrouver la santé La contestation est-elle passée à droite ? Un imaginaire est-il en train d’en chasser un autre ? Pour le savoir, il nous faut partir à la rencontre des droites et comprendre comment les pays occidentaux ont pu, les uns après les autres, succomber à leur domination. Il est loin le temps où, du Quartier latin à Woodstock, de Mai 68 au Larzac, la contestation était de gauche. Même les « forums sociaux » de Porto Alegre font parfois pâle figure, comparés à la flambée droitière des Tea Parties états-uniens, des manifestations de la Ligue du Nord italienne ou aux percées extrémistes dans des pays aussi consensuels que les Pays-Bas ou la Suède. Depuis plus d’une décennie, les victoires électorales des forces de droite s’accumulent en Europe : Aznar en Espagne, Berlusconi en Italie, « grandes coalitions » en Allemagne et en Autriche…


En France, l’alternance s’est faite à droite en 2007, après que l’élection présidentielle de 2002 se soit jouée entre la droite et l’extrême droite. De l’autre côté de l’Atlantique, l’élection de Barack Obama a pu marquer une pause, mais l’apparition d’un « populisme conservateur » montre bien que rien n’est joué. Il nous semble qu’une raison majeure de ces victoires électorales réside dans le fait que la fausse conscience* de droite se nourrit du rejet de la bonne conscience de gauche et qu’une partie du personnel politique de gauche a de surcroît nourri la droitisation. Ce que nous appelons « droitisation » n’est pas la victoire des droites d’hier, mais un phénomène autre, nouveau, lié à la peur du déclassement de l’Occident, qu’il soit européen ou américain. Diffus, parfois contradictoire, ce phénomène a pris une ampleur toujours plus grande. Occidentalisme*, identitarisme, islamophobie en constituent des traits caractéristiques dont le degré de sophistication évolue évidemment selon les publics. La volonté de protéger un « mode de vie » est grande chez ceux qui, hier, aspiraient à dispenser les bienfaits de l’esprit de Mai 68. L’hédonisme sécuritaire est bien, en la matière, la dernière-née des fausses consciences* dextristes qui fleurissent sur les acquis « sociétaux » des baby-boomers vieillissants. Les enfants des soixante-huitards veulent, comme leurs parents, jouir sans entrave et demandent avec insistance que leur ordre moral soit placé sous la protection d’un appareil sécuritaire renforcé. Les libéraux-libertaires ont enfanté des hédonistes sécuritaires !

Les années 2000 ont ainsi vu la réémergence d’une expression tombée en désuétude dans le discours politique officiel : celle de « droite décomplexée ». Il serait trop simple de penser que, derrière cette expression, il n’y aurait qu’un rapport à l’argent et à son ostentation sans scrupule ni tabou, ou une libération de la parole du militant de droite qui dirait tout haut ce qu’il pensait naguère tout bas ; cela semblerait vouloir dire que la droite n’a changé que dans son type d’expression, visuelle ou verbale. Or, elle a beaucoup changé. La droite n’avait pas de complexe avec l’argent, elle le méprisait ! À l’image de ce qu’écrivaient ses jeunes plumes des années 1930, de Maurice Blanchot à Thierry Maulnier, ou bien les « hussards » des années 1950, la droite* n’aimait pas l’argent. Elle n’aimait pas non plus le « marché », elle se défiait de la passion technologique venue d’Amérique. Du Bernanos de La France contre les robots à l’Arnaud Dandieu du Cancer américain, le combat pour la civilisation française n’admettait pas le mythe d’un Occident unissant Europe et États-Unis dans une même adhésion à la civilisation de la technologie et du marché. On aurait cependant tort de penser que le « bling-bling » est l’essence de la droitisation. Il ne s’agit pas d’un style, il s’agit d’une vision du monde.

Historiquement, l’expression « droite décomplexée » est issue de la droite extrême. Sa reprise aujourd’hui par la droite dite républicaine révèle surtout un tournant dans la perception que la droite a d’elle-même. En effet, si le mot même de « droite » ne dérangeait pas ses membres quand l’expression ne revêtait qu’une acception parlementaire, soit de 1815 jusque dans les années 1890, il n’en fut plus de même tout au long du XXe siècle, où la droite ne revendiqua jamais explicitement ce terme (1). Fidèle en cela à son héritage holiste, elle refusait d’entériner une sorte de discorde structurelle et inhérente à la société démocratique. Seuls alors certains militants de droite extrême rappelaient la droite à elle-même pour tenter de l’arracher à son modérantisme bourgeois. Il a donc fallu attendre que la parenthèse gaulliste et sa répugnance pour la « droite » se referme et que le sinistrisme* de la vie politique s’estompe pour que la droite se revendique comme telle. En réalité, nous n’avons pas affaire à une « droite décomplexée », une droite qui serait entrée dans son âge adulte après les vexations et les inconforts de l’adolescence, mais à une droite revendiquée, qui ne correspond plus aux droites d’hier. On doit y voir à la fois un symptôme de son ouverture idéologique vers cette extrême droite longtemps maintenue derrière un cordon sanitaire sans nier qu’elle comporte quelques éléments d’une radicale nouveauté.

La mutation culturelle des droites tient donc de la révolution copernicienne en politique. Pour en prendre la mesure, il suffit d’observer Éléments, la revue de la « Nouvelle Droite » d’Alain de Benoist, titrer son numéro de juillet-septembre 2010 sur cette interrogation : « La Nouvelle Droite est-elle de gauche ? », marquant ainsi l’exil intérieur dans lequel se trouvent nombre de penseurs des droites d’hier. La droitisation n’est en effet pas la réanimation des droites du passé, mais une réinvention complète de la droite en même temps qu’elle impose sa domination sur la société contemporaine. Si mutation et domination sont les caractéristiques des mouvements de droite actuels, la droitisation, elle, est propulsée par l’articulation des idées d’ouverture* et de rupture*.

Rien de spontané dans ce phénomène. Celui-ci résulte d’une mutation du procès de production* au niveau mondial. Dans de nombreux domaines, la droitisation n’est que l’affirmation d’une fausse conscience consubstantielle à la globalisation financière. La structure économique du monde a en effet été profondément transformée. Songeons qu’en 2007 les sociétés du CAC 40 réalisaient 70 % de leur chiffre d’affaires et 80 % de leurs bénéfices à l’étranger. Songeons que, de 2005 à aujourd’hui, les entreprises du CAC 40 n’ont créé aucun emploi en France. Le néolibéralisme a contribué, selon les termes employés par Ronald Reagan, à « libérer le taureau » de la finance. Les sociétés occidentales en ont été profondément changées. Les vieilles bourgeoisies liées à un capitalisme industriel fortement ancré dans le territoire national ont cédé la place à une bourgeoisie transnationale qui organise la gestion de son patrimoine à un niveau mondial : 44 % du capital des entreprises du CAC 40 est possédé par des non-résidents ; 26 % des administrateurs des entreprises françaises cotées en Bourse ne sont pas français. Plus de 20 % d’entre eux sont citoyens des États-Unis.


Nous avons assisté à la naissance d’une bourgeoisie financière transnationale coupée des préoccupations qui étaient celles de la bourgeoisie nationale industrielle. Et ce phénomène observable en France vaut pour toute l’Europe. Par conséquent, la géographie sociale de notre pays a elle aussi muté, mais c’est surtout au niveau des idées, des représentations collectives, des organisations politiques et de la vie intellectuelle que la mutation s’est fait sentir. En nous intéressant au mouvement des idées, ainsi qu’aux mouvements électoraux, en circulant dans le paysage politique européen et occidental, nous avons à cœur de comprendre le phénomène de droitisation qui semble opérer comme un maelström politique et toucher, les unes après les autres, toutes les sociétés occidentales. Qui a le plus pâti électoralement de la crise ? Les social-démocraties ! À peine la crise ouvre-t-elle une opportunité aux gauches occidentales que la contestation passe à droite !

Pour comprendre l’étonnant mouvement de droitisation des sociétés occidentales, et en particulier de la France, nul besoin de convoquer une improbable bataille de la « modernité » contre des ennemis incarnés par la « droite(2) ». Le phénomène ne se réduit pas à une « révolution conservatrice » au sens le plus traditionnel du terme. Ce n’est pas un affrontement entre le Bien et le Mal qui éclaire le problème. La droitisation est très efficacement liée à la « modernité capitaliste », et les forces électorales qui l’incarnent ont su se saisir de celle-ci pour attirer à elles le citoyen consommateur (3). Raffaele Simone voit souvent juste, notamment quand il dénonce à la fois le buonisme de la gauche et son incapacité à prendre des décisions « rigoristes(4) ». Simone propose quelques pistes, mais omet sans doute d’évoquer d’une part la grande peur de l’Occident, saisi de vertige devant les hauteurs béantes de la mondialisation, et d’autre part le rapatriement à droite de la contestation.

Pour analyser ce phénomène et en faire l’autopsie méticuleuse, il nous a évidemment fallu faire appel à l’histoire, aux traditionnels outils de la socio-histoire et de la sociologie politique, qu’elle s’intéresse aux aspects sociaux, électoraux ou aux organisations.

(...) Le processus de droitisation n’est ni unilinéaire ni uniforme. Au contraire, il semble polymorphe, empreint de différentes crises de croissance et soumis à d’importants soubresauts internes. S’il permet l’émergence de personnalités fortes qui le portent (Thatcher, Reagan, Aznar, Berlusconi, Fini, etc.), il ne dépend jamais uniquement d’elles et transcende les questions liées au leadership. La droitisation n’est pas, au sens propre, purement réactionnaire. Dans ce phénomène, il n’y a pas de restauration d’un ordre ancien. Bien au contraire, la droitisation déstabilise des fondements traditionnels des sociétés dites occidentales. Si, comme on l’a dit, la droitisation a partie liée avec la globalisation financière, il est évident qu’elle tire sa force de sa capacité à faire face, mieux que tout autre idéologie, aux effets réels de la mondialisation néolibérale sur ces mêmes sociétés. Sa fonction n’est-elle pas de donner une explication du monde à toutes les échelles politiques, du coin de la rue du petit bourg de nos campagnes au centre de Kaboul, qui rende acceptable le processus de globalisation financière ou qui le fasse passer au second plan ? En cela, l’étude de la droitisation se distingue du travail déjà effectué sur la percée des idées néolibérales ou sur l’intégration par certains secteurs de gauche de l’idéologie libérale. Elle prend en compte ces aspects dans une vision plus globale qui consiste à comprendre comment un imaginaire collectif en permanente évolution façonne les sociétés et particulièrement la société française. Ce voyage au bout de la droite nous fera traverser l’Atlantique, visiter les capitales de la « Vieille Europe », observer la révolte des vallées alpines, écouter le tumulte des mondes ouvriers, prêter l’oreille à la colère des perdants de la mondialisation ou rencontrer l’insurrection droitière des riches régions de notre continent.

En parcourant ce Gulf Stream idéologique que forme la droitisation, nous allons rencontrer ceux qui en ont été les initiateurs aussi bien que ses actuels acteurs, nous en saisirons les principales caractéristiques idéologiques et les ressorts de sa domination, voire de son hégémonie, pour nous intéresser à la réalité de la domination de cette droite new look sur la société française et ses classes populaires. Alliant conservation et contestation, monopolisant dans l’hémisphère droit de la vie publique l’essentiel du débat politique, la droitisation fait tache d’huile. Ce périple commence loin d’Europe et loin de France… pour mieux nous y ramener.


(1) Cf. Marcel Gauchet, « La droite et la gauche », dans Pierre Nora, Les Lieux de mémoire, Gallimard, coll. « Quarto », 1997, tome II, p. 2533-2600.

(2) Cf. Daniel Lindenberg, Le Procès des Lumières. Essai sur la mondialisation des idées, Le Seuil, 2009.

(3) Raffaele Simone, « Pourquoi l’Occident ne va pas à gauche », Le Débat, n°156, septembre-octobre 2009.

(4) Raffaele Simone, Le Monstre doux. L’Occident vire-t-il à droite ?, Gallimard, 2010.

(5) Antonio Gramsci, Cahiers de prison, Gallimard, 1978, tome 12, chap. 1, p. 1513-1520.


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Message le Dim 6 Mar 2011 - 13:07 par Invité

Bourdieu ne m'impressionne pas :)

Mon propos est simplissime, et non pas simpliste ; tu m'insultes! Le voilà résumé, une fois encore :
Il faut inventer de nouvelles voies.
Il faut intègrer des ruptures tells qu'internet comme élément structurant (j'ai bien dit intègrer, pas plus...).

La capacité à inventer et intégrer la nouveauté est liée à des propriétés liées à la "jeunesse" (chose qui n'a rien à voir avec le travail de sociologue de Bourdieu sur les populations, mais qui me semble plus convenir à celui des biologistes ou des spécialistes en organisation!) : souplesse, regard neuf, plasticité, adaptativité aux changements environnementaux, etc.

Je suis dans le contexte actuel qui nécessite d'inventer, je le répète, et d'intégrer les nouveautés de ruptures de manière créative (au service de principes tels que progrès démocratique par exemple), je le répète, un jeuniste convaincu.
Un jeuniste, ce qui n'a rien à voir avec un âgiste Country. Rien à voir.

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Message le Sam 5 Mar 2011 - 16:43 par country skinner

Brusyl a écrit:révolution permanente
Oui, on peut définir ca de cette façon. Ayant vécu de l'intérieur la création et la dissolution de communautés hippies et l'aventure du mouvement situationniste et son auto dissolution, je te confirme que l'apparition de "chefs" (reconnaissance d'une autorité économique, politique, intellectuelle, morale, spirituelle) marque le début de la "normalisation". On peut considérer ca comme une illustration en raccourci de la raison paranoiaque du mouvement de Francfort (trop hégélien à mon gout) ou comme la nécessité d'une réflexion critique permanente de toute organisation sociale et de ses présupposés idéologiques (mais c'est extrêmement fatigant à la longue j'en conviens)
N'oublions jamais qu'ils ne nous paraissent grands que parce que nous acceptons de vivre a genoux...

Pour ce qui se passe (au moins à Tunis ou je connais directement quelques "vieux" qui ont participé aux "émeutes"), et apparemment aussi dans le reste du pays à ce que je peux en lire sur les blogs locaux, la population (et pas seulement les jeunes diplomés) s'est organisée spontanément pour faire fonctionner des cellules économiques locales (alimentation, eau, énergie, sécurité) sur un mode communal (assemblées collectives, décisions par consensus collectif, désignation de responsables directs, délégation de représentants auprès des autres collectivités). C'est ce que j'évoquais, et non le mode insurrectionnel initial, porté effectivement par les couches les plus jeunes de la population.

Ceci dit, une fois admis par Jean Marc qu'il ne parle du potentiel révolutionnaire que "d'une partie" des "jeunes" (ce qui suppose par déduction d'une partie des "vieux" aussi), on retombe dans une réflexion d'une banalité affligeante (désolé - d'autant qu'autrefois j'ai aussi pratiqué l'opposition "vous les vieux vous pouvez pas nous comprendre nous les jeunes", mais j'avais l'excuse d'une réflexion adolescente balbutiante). Quant à évoquer la "jeunesse d'esprit" ca réduit plutôt à néant l'argument d'une classe démographique révolutionnaire par essence opposée à d'autres classes qui ne le seraient pas, non ?. Sur ce strict plan démographique, débat stérile donc.
Pour ce qui est de sa dimension socio-économico-politique, Bourdieu souligne à juste titre le caractère arbitraire de la division jeune-vieux, que les divisions entre ages ne sont pas prédéterminées (et qu'elles sont donc idéologiquement des enjeux de lutte de pouvoir) et que le fait de parler des jeunes comme d'une unité sociale constitue une manipulation intellectuelle : "C'est par un abus de langage formidable que l'on peut subsumer sous le même concept des univers sociaux qui n'ont pratiquement rien de commun". Répondre "jeunesse d'esprit" à une analyse de ce type apparait plutôt... primesautier. Les "jeunistes" seraient-ils les complices - à leur insu - d'une manoeuvre idéologique du pouvoir étatique ? Ca fait frémir... (faut savoir dire stop Oooooh Gaby)
Un exemple de ce glissement insidieux idéologique consisterait par exemple à penser que "ce sont bien plutôt les jeunes qui inventent des nouveaux modèles de vivre le collectif actuellement", ce qui pourrait avoir comme avantage de faire oublier que le nouveau modèle de vivre le collectif le plus répandu sociologiquement de nos jours réside dans les regroupements de riches dans des communautés protégées.

Quant au phénomène social (réel) de la révolte individuelle égotiste, il serait intéressant de l'analyser à la fois dans sa dimension sociologique, mais aussi comme un appareil idéologique (qui tient ce discours, d'où, appuyé sur quels arguments, à destination de qui, ...)
Je crois que c'est Louise Michel qui disait qu'elle ne pouvait pas se sentir réellement libre si les autres ne l'étaient pas aussi. J'aurais aimé connaitre cette nana, réellement...

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 21:30 par brusyl

non ce n'est pas plus intéressant...
mais je confirme, tu as bien compris ce que j'ai dit.

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 15:05 par Invité

Sylvie, ceci est bien plus intéressant non?

J'aimerai être certain de bien comprendre ce que tu dis à Country concernant les problèmes dans les collectifs. Je reformule, tu me corriges si je n'ai pas saisi.

Ton propos concerne les collectifs dits autogérés seulement.
Tu distingues deux problèmes dans ces collectifs.
Le premier est que quand quelqu'un possède quelque chose qui n'appartient pas au collectif cela entraine chez lui un comportement individuel qui le transforme en danger pour le collectif.
Le second est que quand quelqu'un fait plus que les autres cela entraine chez lui le sentiment d'avoir acquis une autorité supérieure aux autres membres du collectif qui ont moins fait.

C'est ça?

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 14:58 par brusyl

@ jean-marc

je reconnais qu'en évoquant mes enfants, j'avais bien conscience que j'étais en train de reproduire un travers qui m'agace aussi dans beaucoup de commentaires lus sur le net : des posteurs qui vous donnent leur expérience ou exemple personnels pour en tirer des généralités. Je sais bien qu'exemple n'est pas démonstration...
J'ai failli supprimer ce message parlant de mes enfants.. et puis je me suis dit que si, il était malgré tout intéressant à donner...car par eux je connais quantité de gens qui expérimentent un mode de vie à la marge, les agents de la métamorphose attendus par Morin... je peux donc en parler en toute connaissance..

cette incapacité à avoir noté (...) que oui ce sont bien plutôt les jeunes qui inventent des nouveaux modèles de vivre le collectif actuellement
Tu fais un contre sens total sur ce que j'ai écrit,
Ce ne sont pas des "contre exemples" comme tu veux me le faire dire... ils sont au contraire des exemple parfaits de ce refus du modèle actuel et donc d'inventeurs d'un autre possible...

La seule chose que j'essaie de montrer à partir de mon expérience est que leur modèle n'est pas exportable, parce qu'ils ne le veulent pas, ils ne le recherchent pas, ils ne croisent pas leur expériences, il n'éprouvent pas le besoin de faire savoir, de témoigner... je dirais-même au contraire ils souhaitent rester dans cette marge, pour ne pas se faire "récupérer"
Un peu comme le mouvement alternatif aux USA dans les années 70 : les vrais, les purs ont vécu dramatiquement la popularisation de leur pensée, de leur musique, de leur style, de leur habillement...
Tout cela pour dire... je répète moi aussi pour être bien sûre que tu ne dévies pas ma pensée : capacité d'inventer de nouveaux modèles, tout à fait d'accord avec toi.
Capacité à inspirer une nouvelle vision sociale et humaine et à terme une révolution ? pour le moment je ne vois pas cela, faute de structures collectives, actives, organisées et prosélytes... mais tu connais mon attachement à la notion de temps longs...je suis convaincue que ce temps viendra.. même si je ne le verrai probablement pas

enfin je ne me sens aucunement concernée par ton paragraphe "partie de"... j'ai le sentiment que tu parles à un quadrisomique atteint de sénilité...

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 12:59 par Mister Cyril

""Un bon truc pour paraître dix ans plus jeune, c'est de vieillir de dix ans quand tu dis ton âge". (R.I. Mogard in "Entretiens sur la jeunesse avec le philosophe J.C. Van Damme - Editions Mawashigeri)"

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 12:41 par Invité

Sylvie, j'aimerai être certain de bien comprendre ce que tu dis à Country concernant les problèmes dans les collectifs. Je reformule, tu me corriges si je n'ai pas saisi.

Ton propos concerne les collectifs dits autogérés seulement.
Tu distingues deux problèmes dans ces collectifs.
Le premier est que quand quelqu'un possède quelque chose qui n'appartient pas au collectif cela entraine chez lui un comportement individuel qui le transforme en danger pour le collectif.
Le second est que quand quelqu'un fait plus que les autres cela entraine chez lui le sentiment d'avoir acquis une autorité supérieure aux autres membres du collectif qui ont moins fait.

C'est ça?

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 12:27 par Invité

Il y a trois trucs qui me dérangent dans tes posts ma puce :

- cette croyance que je prends les autres pour des ignares imbéciles ; des "fénéants" à aborder les choses nouvelles qui viennent bousculer les acquis et les certitudes, cela arrive que je le dise, oui. :)

- cette incapacité à avoir noté malgré tes arguments d'autorité professeur + maman que oui ce sont bien plutôt les jeunes qui inventent des nouveaux modèles de vivre le collectif actuellement ; pas tous les jeunes, mais une part des jeunes. C'est cette part là qui pousse, qui est intéressante. Tu focalises toujours sur les contreexemples pour affirmer des généralités ensuite. Je ne fais que dire une partie des jeunes.
Toujours les choses nouvelles et intéressantes viennent de "une partie de". Et ce n'est pas parce qu'on a quelquechose, par exemple la jeunesse, sous les yeux tous les jours qu'on est capable d'en voir ce qui la traverse et qui est de rupture...

- ce biais logique perpétuel qui te fait lire de travers ; je n'ai pas écrit que le collectif était archaïque comme tu le dis, mais que la manière dont la gauche historique conceptualisait et vivait le collectif était archaïque, et que cette jeunesse soit disante individualiste invente des nouvelles façons de vivre le collectif. La différence est ENORME, aussi ENORME que ton biais de lecture interprétatif un peu trop souvent répété... :)

Sylvie,

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 10:49 par brusyl

Mais la jeunesse qui fait ce que les ainés ne font pas, c'est mieux.
Cherchez.

il y a un truc qui me dérange dans tes posts mon loulou, c'est cette tendance que tu as de considérer les autres comme des ignares imbéciles.

Ce que fait la jeunesse actuelle je le sais très bien, vu que l'on me paye pour les encadrer et surtout pour la bonne raison que j'ai quatre enfants, dont trois adultes maintenant, trois qui comme par hasard ont tous les trois à leur façon envoyé ballader le système marchand et la société de consommation : l'aînée après des années de voyages des communautés hippies en communautés auto-gérées revient juste de deux années au Pérou où elle partie vivre dans un village paumé de la forêt amazonienne. La seconde, artiste, est une habituée de la rue et des squats. Le troisième a envoyé bouler ses études de commerce (je ne veux pas passer ma vie à entuber les autres m'a-t'il donné pour raison) pour partir aux Etats-Unis, il est revenu maintenant et enchaîne des petits boulots en interim : il travaille quand il a besoin d'argent, il profite de la vie le reste du temps, ne voulant pas pour le moment enchaîner sa liberté dans une vie d'entreprise.
Donc, tu le vois, tous rebelles, chacun à leur façon. Je leur ai au moins transmis cela...Mais ce qui me désole chez eux, c'est qu'ils n'éprouvent pas le moindre besoin de faire connaitre leur expérience, de la politiser, de l'organiser... Les deux premières ont fuit ce système, le troisième en profite, mais c'est de façon individuelle, pour leur pomme. Il manque cette dimension collective, ce désir ou cet espoir de changer les règles du jeu...En fait la seule qui soit active est ma seconde car elle agit dans un groupuscule politique, qui donne sens à son engagement,à son rejet de la société et la motive pour agir.

Sans cette dimension collective que tu classes comme archaïque, aucune action possible...

@ country

la révolution prend fin dès que le peuple se donne des chefs

Il faut donc alors la révolution permanente ?

Je pourrais te citer une certain nombre d' exemples de communautés auto-gérées, fonctionnant sur les principes anarchistes : pas de propriété, auto-gestion, réunion avec tours de parole partagés, décision prises à l'unanimité, qui ont mal terminé. Ma fille ainée en a fait un certain nombre qui ont fonctionné un petit bout de temps avant d'exploser en vol, par le fait de mésententes irréductibles entre leurs membres.
D'après ce qu'elle m'a raconté, je vois deux raisons à ces échecs : l'une qui te donnera raison, est lorsque le sentiment de propriété l'emporte sur le collectif : une communauté agricole dans le Var a ainsi éclaté parce que le fondateur, qui était propriétaire à l'origine du terrain, et qui pourtant avait transmis cette propriété à la communauté sous formes de parts, a fini par se comporter comme un petit tyran et se faire éjecter par le groupe. La communauté essaie de se reconstituer sans lui, mais lui, frustré, aigri par ce rejet refuse de comprendre en quoi son attitude a provoqué son exclusion et cherche maintenant par tous les moyens à nuire à la communauté.
La deuxième raison que j'ai distinguée est plus profonde (et plus pessimiste sur l'avenir des relations humaines) et tient à la notion d'efficacité (telle que l'a définie Ellul) : ceux qui s'investissent plus que les autres dans ce projet, qui donnent plus de leur temps, de leur travail finissent toujours par se considérer comme les chefs de la communauté (j'ai beaucoup donné donc j'ai acquis le droit de décider pour tous). Je vois mal quel système collectif pourrait empêcher une telle évolution..

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 10:11 par Invité

On pourrait répondre à Bourdieu qui pense en sociologue en citant le beau discours de Mac Arthur sur la jeunesse "état d'esprit".
Ou en le mettant devant des faits tous simples : ce sont les classes d'âge inférieures, que l'on appelle communément Jeunesse, qui ont bousculé les régimes dans le monde arabe récemment.
Mais c'est sans grande importance.

Concernant les expressions, effectivement le style est imagé (et non pas symbolique).
Mais les réalités sont bien réelles, et opérationnalisables, même sous d'autres termes.
La polarité passé-avenir (ou avant-après, ou pré-post) est utilisée dans tous les domaines qui concernent la gestion de projet, donc, dans tous les domaines in fine.
Vie et élan eux sont les traductions de ce qu'on appelle dynamisme plasticité, capacité d'adaptation aux changements dans l'environnement, capacité d'évolution , etc
L'ensemble de ces termes au style imagé mais qui recouvrent des outils conceptuels pratiques pour penser sont essentiels pour penser projet, conduite du changement, organisation (entreprise, sociale, politique, etc).

Ils ne sont pas qu'une suite de déclamations de grands principes et de grandes valeurs consensuelles mais sans opérationnalité aucune, déclamations qui m'énervent.

Concernant le maghreb, oui et non. Car ce que veulent les initiateurs de cette forme d'organisation spontanée (la jeunesse) est à mon avis bien différent de ce que veulent les anar et les ex révolutionnaires.
Je crois que cette forme d'organisation n'est pas accidentelle et ponctuelle, qu'elle n'est pas comparable à l'anarchie, et qu'elle est un signe de plus de la révolution en cours (révolution au sens changement radical de forme de société, rien à voir avec les trucs que braillent les gens de la vraie gauche qu'elle est vraie :) ).



Dernière édition par Jean-marc le Ven 4 Mar 2011 - 13:28, édité 1 fois

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 6:58 par country skinner

Il suffit d'essayer de définir conceptuellement ce qu'est la "jeunesse" pour mesurer instantanément la vacuité de ce genre de débat. (Idem pour des notions comme "la vie, l'élan", la "polarité Passé-Avenir" . C'est de la réflexion par images, de la pensée symbolique...)
"La jeunesse n'est qu'un mot" (Bourdieu)
"Un bon truc pour paraître dix ans plus jeune, c'est de vieillir de dix ans quand tu dis ton âge". (R.I. Mogard in "Entretiens sur la jeunesse avec le philosophe J.C. Van Damme - Editions Mawashigeri)

Par contre, les révoltes du maghreb montrent surtout un mode spontané d'organisation "collective" justement (un concept que les anars - enfin ceux de gauche - prônent depuis deux siècles au moins) et que l'on retrouve historiquement à chaque renversement du pouvoir en place. Mais en général la révolution prend fin dès que le peuple se donne des chefs - même de "gauche".
"Aucune révolution ne sera désormais digne de ce nom si elle n'implique au moins l'élimination radicale de toute hiérarchie". R.Vaneigem (spéciale dédicace au poussin)

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 2:07 par Invité

Soyez plus constructifs!
La jeunesse dégoutée façon Dariamarx, ok.
Mais la jeunesse qui fait ce que les ainés ne font pas, c'est mieux.
Cherchez.
Les exemples se comptent par milliers, et certains sont éminemment constructifs.
Il manque cruellement le sens de la vie et de l'élan sur ce ce maquis. Tout y est vu en négatif.

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Message le Ven 4 Mar 2011 - 1:05 par Donald11

brusyl a écrit:Cet article devrait vous intéresser...sujet un peu différent mais en relation tout de même avec ce que tu dis JM, c'est à dire le quotidien de jeunes (cadres) dynamiques
http://dariamarx.com/2011/02/26/comment-je-me-suis-disputee-ma-vie-professionelle/
J'en ai vu passer quelques uns, de ces JCD-ci, dans mon bureau, bardés de diplômes et des dents si longues qu'ils en déchiraient la moquette. Pour les faire bouillir un peu plus, je leur balançais les règles et règlements écrits noir sur blanc par d'autres JCD dans d'autres bureaux de l'entreprise. J'étais alors le vieux con obstiné empêcheur d'avancements méritoires et mérités, qui tirait leur bonus variables vers le bas !!! Après quelques années, certains ont fini par comprendre. On a même pu sympathiser. Quant aux chefaillons qui les pilotaient, et les envoyaient en première ligne, ils sont partis en retraite.

Bravo à DariaMarx, très bel article.

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Message le Jeu 3 Mar 2011 - 20:36 par brusyl

Cet article devrait vous intéresser...sujet un peu différent mais en relation tout de même avec ce que tu dis JM, c'est à dire le quotidien de jeunes (cadres) dynamiques

http://dariamarx.com/2011/02/26/comment-je-me-suis-disputee-ma-vie-professionelle/

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Message le Jeu 3 Mar 2011 - 16:19 par Mister Cyril

Alors comment tu expliques que "ce qui crève les yeux "n'est perçu que par 1% de la population???

"Effectivement la polarité Passé-Avenir est très importante pour moi."
OK mais paradigme unique c'est beaucoup non?

"Et important de le rappeler sans cesse, sans cesse, sans cesse, .... :) "
Euh pédagogie visiblement inefficace voire contre-productive!

"ils sont portés par la jeunesse soit disant individualiste."
Ta 2ème fixette, perso je ne sais pas si LA JEUNESSE est plutôt individualiste ou collectiviste que le reste de la population qui ME SEMBLE (j'affirme rien) plutôt aller vers toujours plus d'individualisme, ce qui n'est ni étonnant, ni absurde vu les contextes socio-politiques! La révolte du monde arabe est aussi et peut être surtout (mais à quel niveau...) une revendication de jeunes diplômés (ou pas) qui veulent consommer comme tout le monde, bouffer, gaspiller, se payer du luxe comme les occidentaux...(et je ne me permettrai pas de les blamer).
Bref je lis, j'écoute, j'apprends...je n'ai pas que des certitudes et des anathèmes à écrire en boucle...

Bonne soirée!

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Message le Jeu 3 Mar 2011 - 15:15 par Invité

Effectivement la polarité Passé-Avenir est très importante pour moi.
Remarque, en tant de crise, quand il s'agit d'inventer dans le temps Présent de nouvelles voies, çà me semble pertinent comme polarité...!
Et important de le rappeler sans cesse, sans cesse, sans cesse, .... :)

Je répète :

Il n'y a qu'à se pencher avec un peu de sérieux sur les mouvements dans le monde arabe pour voir ce qui crève les yeux : l'idéologie collective façon gauche est totalement hors du coup, par contre de nouvelles façon de vivre le collectif, et l'action collective, montrent le nez ; ils sont portés par la jeunesse soit disant individualiste.

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Message le Jeu 3 Mar 2011 - 15:04 par Mister Cyril

putaing JM je peux prendre ton pseudo quand tu veux:
archaïque, dépassé...contre jeune et internet...de la politique aux mouvements sociaux, en passant par le football et le tricot on a toujours droit à la même rangaine...en tout cas ça ouvre pas les mirettes! C'est bon on a compris, si, si, has been mais j'ai compris je te jure!

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Message le Jeu 3 Mar 2011 - 14:59 par Mister Cyril

Vi je vais le lire chef (t'as des actions ou quoi?) mais pas de sui ,te là je viens d'acheter un roman...ça existe aussi!

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Message le Jeu 3 Mar 2011 - 13:25 par Invité

Ouille.
La manière dont la gauche historique concoit et vit la notion de collectif est à mon avis effectivement tout à fait archaïque.
Je m'oppose à cette idée que l'individualisme a gagné, je suis épuisé d'entendre ces laius sur l'individualisme maux de notre société. C'est un combat d'arrière garde. Simplement, l'engagement collectif archaïque façon "gauche" est mourant, et l'engagement collectif façon celui que portent les jeunes (et internet...) n'est qu'à peine naissant.
Il n'y a qu'à se pencher avec un peu de sérieux sur les mouvements dans le monde arabe pour voir ce qui crève les yeux : l'idéologie collective façon gauche est totalement hors du coup, par contre de nouvelles façon de vivre le collectif, et l'action collective, montrent le nez ; ils sont portés par la jeunesse soit disant individualiste.


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Message le Mer 2 Mar 2011 - 23:58 par brusyl

mister ... tu vas le lire Guillebaud ? ou faut-il que je l'envoie en recommandé ?

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Message le Mer 2 Mar 2011 - 21:17 par Donald11

P'tête un début de réponse :

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Message le Mer 2 Mar 2011 - 15:31 par Mister Cyril

Merci ma Bru, ton premier paragraphe est brillant, comme souvent (mais pas toujours faut y aller doucement avec la brosse à reluire!!!)

Bizz ma belle!

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Message le Mer 2 Mar 2011 - 15:24 par brusyl

je ne suis pas "une brillante experte" mais moi aussi cela me turlupine beaucoup : comment ces valeurs collectives (je ne dirais pas qu'elles sont typiquement de gauche.. une certaine droite chrétienne démocrate ou gaulliste les partageait aussi) ont pu ainsi disparaître de notre culture commune pour laisser le champ libre à cet "hédonisme" individuel de l'instant, revenu de toute croyance, de toute espérance, de tout projet et qui,dans l'indifférence la plus totale, laisse exploser les injustices et les inégalités et politiquement, se laisse déposséder du processus démocratique et avec lui des idées d'intérêt commun, de projets sur un temps long, et d'égalité entre les hommes, au risque d'aboutir à une société absurde (sans sens) et barbare .

tu me donnes mister une superbe occasion de revenir sur un auteur que j'aime beaucoup -j'en ai souvent parlé ici, mais tu ne t'en souviens pas- qui analyse exactement ce phénomène.... c'est Guillebaud dans sa trilogie : "la refondation du monde", la force de conviction "et son dernier (c'est celui que j'aime le moins) "le commencement d'un monde"
Il ne donne pas une seule raison... le phénomène est complexe mais analyse comment les idées de progrès, d'égalité, de raison, de justice, d'universalité ont été balayées par la propagande néo-libérale qui a réussi cette conversion des esprits faisant des valeurs "de gauche" ou collectives des notions conservatrices archaïques et du capitalisme néo-libéral la modernité.
Emmanuel Todd aussi m'a donné des éléments de réponse.
Pour Guillebaud, je te conseille au moins "la refondation du monde" en collection "points"

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Message le Mer 2 Mar 2011 - 14:11 par Mister Cyril

Article copié sur Marianne (c'est rare)...mais c'est vrai que c'est pour moi une question centrale et je n'ai pas encore trouvé l'argument qui tue; plein d'éléments mais je sens un manque de pertinence général??? Je sais pas, j'aimerais avoir l'avis des brillants experts de ce forum...

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