L’économie américaine ne se rétablira jamais comme elle était avant

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09022009

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L’économie américaine ne se rétablira jamais comme elle était avant




Par Dave Lindorff - CounterPunch, le 5 février 2009
article original : "The Ugly Truth : The American Economy is Not Coming Back"

http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Dave_Lindorff/economie_USA_Obama_verite_060209.htm

Le Président Barack Obama et son équipe économique font bien attention à la manière dont ils formulent tout ce qu’ils disent à propos des programmes de stimulation de l’économie et des subventions bancaires, en prévenant que le déclin de l’économie est grave et qu’il faudra beaucoup de temps pour qu’elle rebondisse.

Je me suis souvenu d’une expérience que j’ai eue avec la médecine chinoise lorsque je vivais à Shanghai en 1992. J’étais cloué par une vilaine grippe, alors que j’enseignais le journalisme à l’Université Fudan dans un programme scolaire « Fulbright » [programme qui offrait des bourses pour mener des recherches ou enseigner dans les pays post-socialistes]. Un collègue chinois m’a suggéré de me rendre à la clinique de l’université. Lorsque je lui ai dit que je n’y voyais pas beaucoup de raisons, puisque la médecine ne pouvait pas grand chose contre la grippe, en dehors de recommander de boire beaucoup et de rester au lit, il m’a répondu : « Ça, ce sont les médecins occidentaux. Tu pourrais consulter les docteurs qui pratiquent la médecine chinoise à la clinique. Ils peuvent t’aider. » Je me suis dit que je n’avais rien à perdre et nous y sommes allés. Le médecin m’a demandé des détails épouvantables sur ma maladie – à quoi ressemblaient les mouvements de mes intestins, la couleur du mucus sortant de mon nez, etc. Il ne m’a pas vraiment examiné physiquement. Ensuite, il m’a prescrit un nombre incroyable de pilules et d’infusions et m’a renvoyé chez moi avec un énorme sac de produits et des instructions pour les prendre à différents moments de la journée. J’ai suivi les instructions à la lettre et mon collègue est venu chaque jour me voir pour vérifier mon état. Au cinquième jour, alors que j’avais toujours de la fièvre et que je me sentais très mal, je lui ai dit que je ne pensais pas que la médecine chinoise marchait. Il m’a répondu avec assurance, « La médecine chinoise prend du temps pour agir. »

Cela m’a fait sourire. « Bien sûr », lui ai-je dit, « mais la grippe ne dure qu’une semaine environ et lorsque j’irai mieux, tu diras que c’est grâce à la médecine chinoise, non ? »

Il a souri et l’a reconnu : « Oui, tu as raison. »

Il est évident que l’administration d’Obama reconnaît qu’elle a besoin de maintenir son doigt accusateur pour l’effondrement économique actuel pointé en direction de l’administration Bush, ce qui est en grande partie justifié (bien que les dérégulations bancaires de l’administration Clinton aient joué une part majeure dans la crise financière et que son encouragement enthousiaste à la mondialisation ait commencé à déplacer massivement les emplois à l’étranger, creusant la capacité productive de la nation). Mais elle semble également reconnaître qu’elle ne peut pas dire l’effroyable vérité, c’est-à-dire que notre économie nationale ne « rebondira » jamais au niveau où elle se trouvait en 2007.

L’Amérique – et les Américains individuellement – ont vécu avec prodigalité pendant des années dans une économie irréelle, poussée par le crédit facile qui a gonflé la valeur des biens immobiliers à des niveaux incroyables et qui a conduit les gens à dépenser bien au-delà de leurs moyens. Les travailleurs de la classe-moyenne ont été encouragés à acheter des maisons surdimensionnées de façon obscène, avec une mise de départ de 5% - voire rien du tout. Ils ont été leurrés à acheter des voitures de la taille de camions, une pour chaque membre de la famille en âge de conduire (dans notre ville, tant de lycéens conduisent pour aller à l’école que les établissements scolaires sont à court de places de parking et que les bus jaunes, en grande partie vides sur leurs trajets, sont considérés par les étudiants comme le « train de la honte », embarrassant lorsque l’on est vu dedans). Ils ont installé des piscines individuelles dans leur jardin, refusant de partager l’eau avec leurs voisins dans les piscines communales. Des restaurants franchisés de toutes sortes – et ennuyeux – ont souillé le paysage et étaient remplis de familles trop stressées pour cuisiner, acceptant d’endurer soir après soir la cuisine trop salée, trop chère et sans goût, dans un décor criard en plastique.

A présent, tout cela s’effondre. La valeur des propriétés est en chute-libre. Les ventes de voitures se sont complètement ramassées. Le chômage augmente à vitesse grand V (il approche à présent du taux officiel de 8%, mais si la méthodologie utilisée en 1980, avant que l’administration Reagan ne change les règles de calcul afin de masquer la profondeur de la récession d’alors, était appliquée, le taux serait de 17% aujourd’hui – soit un travailleur sur sept).

Le dégringolade économique finira par toucher le fond et l’économie entamera une lente remontée, comme dans toutes les récessions, mais il n’y aura pas de retour aux jours des lotissements McMansion à 500.000 dollars, des garages pour trois voitures et une nouvelle voiture tous les deux ou trois ans pour chacun des parents, plus une voiture pour chaque lycéen. Non seulement les banques ne seront plus capables d’offrir autant de prêts à leurs clients, mais les gens qui s’y seront frottés, ne seront pas enclins à emprunter autant. Les assurances médicales, les programmes de retraite ou autres programmes 401(k) proposés par les entreprises, qui ont été réduit en miettes durant ce retournement, ne seront pas restaurés lorsque l’économie repartira.

Au cours des vingt dernières années, l’Amérique a dégénéré en une nation de consommateurs, avec 72% de son PIB consacré à la consommation des ménages – essentiellement pour acheter des biens produits à l’étranger et importés aux Etats-Unis.

Ce n’est pas un modèle économique supportable et c’est un modèle qui vient juste d’encaisser ce qui est certainement un coup mortel.

Ce à quoi nous assistons est le début d’un ajustement inévitable vers le bas du niveau de vie des Américains pour se conformer à leur place réelle dans le monde. En tant que nation de consommateurs – et non pas de producteurs -, avec peu à offrir au reste du monde à part des matières premières, des récoltes agricoles, des équipements militaires et des mauvais films (aucune de ces industries n’emploient beaucoup de personnes), nous nous dirigeons vers un rétablissement qui ne ressemblera pas du tout à un rétablissement. La capacité de production finira par être restaurée, puisque des salaires plus bas aux Etats-Unis rendront à nouveau profitable de fabriquer un certain nombre de choses ici, mais, à l’instar des gens des années 30 qui regardaient avec nostalgie les années folles d’antan [les années 1920], nous allons regarder les deux dernières décennies comme une sorte de rêve.

Ce serait mieux si la nouvelle administration était honnête sur ce point, parce qu’avec de l’honnêteté, nous pourrions avoir un programme de redressement qui s’occuperait vraiment des questions réellement critiques auxquelles le pays est confronté – le déclin de notre système éducatif, l’irrationalité de l’encouragement officiel à devenir propriétaire coûte que coûte de son logement, qui a conduit à la prolifération, non seulement des banlieues, mais des banlieues résidentielles, à la sur-dépendance de l’automobile comme moyen de transport, au gaspillage sans précédent des ressources naturelles, au pillage de l’environnement, sans parler de la décimation du système de retraite et de la création d’un vaste complexe médico-industriel qui suce le sang des familles aussi bien que celui des entreprises.

A dire vrai, nous pourrions également voir en face les autres gros obstacles au redressement national – l’obsession de l’Amérique pour le militarisme et les guerres à l’étranger. La vraie vérité est que les Etats-Unis sont techniquement en faillite et dans un état de déclin chronique et, pourtant, la nation américaine persiste à dépenser des trillons de dollars chaque année en guerre et en préparation à la guerre, comme si l’Amérique était en danger mortel face à des ennemis étrangers.

La vérité est que nous ne sommes menacés sérieusement ni par le communisme, ni par les seigneurs de la drogue, ni par les Djihadistes musulmans. Nous sommes plutôt devenus nous-mêmes notre pire ennemi.

Cette administration pourrait commencer par nous dire tout cela directement, mais le problème est que la plupart d’entre nous ne veulent probablement pas l’entendre, ce qui explique pourquoi nous ne l’entendons pas. Cela explique également pourquoi nous sommes sur le point de flamber un autre trillion de dollars pour soutenir des banques en faillite, financer des autoroutes et des ponts sans intérêt et massacrer des paysans illettrés dans des endroits éloignés comme l’Afghanistan et le Pakistan.
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Message le Mer 30 Nov 2011 - 21:59 par Mister Cyril

Le déclin de l'exceptionnalisme americain?

L’Amérique est-elle encore cette "cité radieuse qui brille sur la montagne" selon la formule de Ronald Reagan, "ce peuple choisi par Dieu et désigné par l’histoire, pour être un modèle du monde" comme l’avait déclaré George Bush ? Longtemps, les américains en ont été convaincus. C’est le fameux "exceptionnalisme" américain, cette foi inébranlable d’appartenir à un peuple et à une culture à part, supérieurs aux autres. "Dieu n’a pas crée ce pays pour être une nation de suiveurs. L’Amérique doit diriger le monde, ou bien quelqu’un d’autre le fera", déclarait encore récemment le candidat républicain Mitt Romney. Mais ce discours triomphant trouve de moins en moins d’écho chez les américains.

La crise est passé par là, avec sa flambée du chômage, ces millions d’américains qui ont perdu leur maison, ces déficits budgétaires abyssaux….Et le doute s’installe.
D’après une étude publiée il y a quelques jours par l’institut Pew Research, lorsqu’on leur dit que "certes leur pays n'est pas parfait, mais que leur culture est tout de même supérieure aux autres", ils ne sont plus que 49% à le croire. Ils étaient 60% à répondre oui en 2002, la première fois que Pew Research a posé cette question, et 55% en 2007. Les moins de 30 ans sont les plus négatifs : seuls 37% d’entre eux voient l’Amérique comme un pays exceptionnel, contre 60% chez les plus de 50 ans.

Les jeunes allemands et les jeunes anglais, et même les espagnols, lorsqu’on leur pose la même question, croient d’avantage en leur pays. Parmi les grandes nations européennes, il n’y a guère que les Français, en queue de peloton, à être moins confiants ! C’est dire…

Un Américain sur trois en situation de précarité
Il fout avouer que les Americains ont en ce moment quelques raisons d'être minés. 64 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, un chiffre en augmentation constante depuis trois ans. Il faut y ajouter plus de 50 millions de "presque pauvres", ce nouveau concept en pleine expansion, qui fait grimper le nombre de personnes en situation précaire à 100 millions.
Ce ne sont pas des SDF, des chomeurs de longue durée, ni des cas sociaux, non. Juste des américains ordinaires, plutôt agés, des banlieusards qui faisaient partie d’une petite classe moyenne quand tout allait bien, qui ne bénéficient d’aucune aide sociale, et qui n’arrivent plus, aujourd’hui, à joindre les deux boûts. 100 millions, c’est un américain sur trois… C’est votre voisin, votre ami, votre parent…Vous, peut être, demain ? C’est la pauvreté, soudain, à votre porte.

Le début d’un processus de déclin de long terme

Il n’y a jamais eu, dans le pays, autant de personnes âgées obligées de travailler. Les banques alimentaires croulent sous la demande : d’après l’association "Feeding America", un réseau qui regroupe 200 banques alimentaires dans le pays, un américain sur 6 est confronté à la faim. Les organisations qui donnaient des colis à 50 familles en 2008, en gèrent 500 aujourd’hui.
Aujourd’hui encore, en une du "New York Times", l’augmentation considérable du nombre d’enfants bénéficiant de repas gratuits à l’école, 17% de plus en moyenne en 3 ans, 25% de plus dans certains états comme la Floride, le New Jersey, ou le Tennessee…Oui, il y a de quoi être miné.
D’après une enquête NBC/ "Wall Street Journal" publiée début novembre, la plupart des américains pensent que ce n’est pas un simple mauvais moment à passer, mais le début d’un processus de déclin de long terme. La "cité radieuse" n'éclaire plus le monde.

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Message le Lun 14 Nov 2011 - 19:25 par brusyl

Malgré les mesures de sécurité draconiennes déployées sur les plages d'Honolulu, un chanteur invité à se produire au dîner des chefs d'Etat est parvenu à interpréter une chanson de soutien aux manifestants anti-Wall Street. Apparemment sans que le couple Obama, accaparé par ses convives, ne s'aperçoive de rien.

Excellent !
Pour le reste, cela me semble "normal", les USA cherchent à élargir encore leur zone d'influence, privés qu'ils sont de leurs débouchés en Amérique Latine par le passage progressif des gouvernements de ce pays vers des économies socialiste et leur propre processus d'union (UNASUR etc...)

Ce qui m'inquiète, c'est le livre que vient de sortir Clinton "back to work" dans lequel il donne des conseils à Obama :


Un programme sur ce qu'il faudrait faire pour que les États-Unis retrouvent le rayonnement économique et politique qu'ils avaient encore il y a quelques années. Et par exemple sous sa présidence. "Beaucoup d'Américains, écrit-il, ne sont pas prêts à accepter que leur pays abandonne son leadership économique, politique, militaire."

Critique d'Obama

Une façon, évidemment, de critiquer en creux ce que Barack Obama n'a pas fait. Il reprend pour cela, mais sans jamais nommer le président, la critique faite par Steve Jobs selon laquelle Obama a les yeux beaucoup trop rivés sur les obstacles qui freinent les progrès à accomplir, et pas assez sur les progrès eux-mêmes.

Même sur le plan tactique, il regrette la raideur parfois dogmatique d'Obama. "Nous pouvons réinventer ce pays une fois encore et retrouver notre standing économique, écrit Clinton. Mais pour cela, il faut oublier l'idéologie et favoriser la coopération (avec les républicains) plutôt que le conflit." Et au risque de choquer beaucoup de ses amis démocrates, Bill Clinton reconnaît qu'il y a des éléments positifs dans le programme du Tea Party, ces extrémistes conservateurs qui veulent moins d'État et moins d'impôts.

Influence

D'ailleurs, pour relancer la machine américaine, avec ses 9 millions de chômeurs (le même pourcentage de la population qu'en France, mais avec moins d'amortisseurs sociaux), il propose deux mesures assurées d'être approuvées par les républicains : une diminution de 10 % de l'impôt sur les sociétés et un plafonnement à 5 % des fonds détenus par des Américains à l'étranger, qui viendraient se réinvestir dans l'économie américaine pour créer des emplois.

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Message le Lun 14 Nov 2011 - 11:48 par Donald11

Note du coin-coin : quant a l'Union Europeenne, qu'elle explose et n'emmerde plus la destinee de la grande amerique momentanement obamayenne ! Yes we can .... lui sucer encore la substantifique moelle qui reste collee au cadavre !!!

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Message le Lun 14 Nov 2011 - 11:44 par Donald11

L’économie américaine ne se rétablira jamais comme elle était avant. A moins que ....

Obama concrétise son projet de libre-échange au sommet Asie-Pacifique

Barack Obama est parvenu à faire décoller son projet de création de la plus grande zone de libre-échange du monde en réunissant dimanche à Honolulu le sommet de l'Asie-Pacifique, région appelée par le président américain à sauver la croissance mondiale.

M. Obama, natif d'Hawaii qui aime se présenter comme le premier président américain originaire du Pacifique, a obtenu dimanche le ralliement du Canada et du Mexique à ce projet de "Partenariat transpacifique" (TPP), après avoir déjà enregistré vendredi celui du Japon.

Cette zone de libre-échange, rassemblant près de 800 millions de consommateurs et près de 40% de l'économie mondiale, deviendra si elle voit le jour la plus grande union commerciale du monde, loin devant l'Union européenne qui ne produit que le quart de la richesse mondiale.

"Nous avons aujourd'hui la chance de progresser vers notre objectif ultime: une économie régionale sans entraves", a déclaré M. Obama en recevant ses 20 partenaires du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).

Le président américain avait annoncé samedi que neuf d'entre eux (Australie, Brunei, Chili, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam) s'étaient mis d'accord sur "les grandes lignes" du projet, qui doit aboutir selon lui l'an prochain à un premier "texte juridique".

Des experts doutent cependant de cette échéance, au vu des résistances qui se manifestent dans plusieurs pays, notamment au Japon, face à la perspective d'ouverture des frontières.

M. Obama compte désespérément sur une accélération de l'activité mondiale afin de réduire le chômage aux Etats-Unis, à un an de la prochaine présidentielle. Il cherche à profiter de la forte croissance asiatique au moment où celle de l'Europe est en berne.

Message répété dimanche: "La région Asie-Pacifique est absolument cruciale pour la croissance économique de l'Amérique. Nous pensons que c'est une priorité absolue", a-t-il lancé.

Comme en écho, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a déclaré aux participants que "tous les pays du monde doivent jouer leur rôle pour aider à rééquilibrer l'économie mondiale".

La Chine est la plus directement visée par ces appels, les occidentaux souhaitant qu'elle augmente la valeur de sa monnaie, afin d'accroitre ses importations. A ce sujet, M. Obama a jugé que la Chine n'en avait toujours pas fait "assez" en dépit d'une "légère amélioration".

En recevant en tête-à-tête son homologue chinois Hu Jintao, M. Obama a déclaré que les entrepreneurs américains étaient "énervés" envers la politique économique de Pékin mais s'est heurté à un mur à propos du yuan.

"Même si le yuan augmentait considérablement, cela ne réglerait pas les problèmes auxquels les Etats-Unis sont confrontés", lui a dit M. Hu, selon le ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine, a expliqué M. Hu, va continuer à assouplir son régime de change, mais seulement de façon progressive.

Pékin a cependant fait une concession en acceptant que l'Apec s'accorde sur une baisse des droits de douane sur les produits "verts", comme les panneaux solaires. Ces taxes à l'importation ne devront pas dépasser 5% à l'horizon 2015, mais les décisions de l'Apec ne sont pas juridiquement contraignantes.

Malgré les mesures de sécurité draconiennes déployées sur les plages d'Honolulu, un chanteur invité à se produire au dîner des chefs d'Etat est parvenu à interpréter une chanson de soutien aux manifestants anti-Wall Street. Apparemment sans que le couple Obama, accaparé par ses convives, ne s'aperçoive de rien.

La traditionnelle photo de famille s'est faite en costume de ville, M. Obama ayant renoncé à faire poser ses hôtes en tenue locale. Les chemisettes hawaïennes à fleurs sont restées dans les valises.

Obama concrétise son projet de libre-échange au sommet Asie-Pacifique

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Message le Lun 16 Mai 2011 - 15:52 par Donald11

brusyl a écrit:PS : naannn ducky, la piaule de DSK n'était pas à 2300 USD comme tu l'as écrit hier ou à 1300 euros.. mais à 3000 USD !
Ouais ben c'est un lapsus de l'index droit... 3000 USD, ça fait bien 2300 euros au cour du jour où je l'ai écrit ...
Et moi, je parle en euros, pas en dollars !!!
Bises ensolleillées ...

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Message le Lun 16 Mai 2011 - 11:39 par brusyl

Ouais, j'avais lu cet article : la menace de faillite de l'état américain n'est donc pas un fantasme... Républicains et démocrates trouveront sans doute un arrangement. Mais, j'ose l'espérer, pas dans le sens voulu par les républicain, de coupe des programmes sociaux et de santé. Obama, revigoré par le coup Ben Laden peut un peu mieux leur tenir tête.

PS : naannn ducky, la piaule de DSK n'était pas à 2300 USD comme tu l'as écrit hier ou à 1300 euros.. mais à 3000 USD !

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Message le Lun 16 Mai 2011 - 0:45 par Donald11

Les Etats-Unis pourraient se retrouver confrontés à une récession encore plus grave que celle dont ils sortent à peine si le Congrès ne relève pas la limite légale à l'endettement du pays, a averti le président Barack Obama selon des propos diffusés dimanche.

L'endettement de l'Etat fédéral doit atteindre lundi le plafond de 14.294 milliards de dollars, au-delà duquel Washington ne peut accroître sa dette nette sans autorisation du Congrès. Mais la majorité républicaine de la Chambre des représentants refuse de relever ce plafond sans que l'administration Obama s'engage à réduire considérablement les dépenses.

Dans un entretien à la chaîne de télévision CBS, M. Obama a averti que la perspective d'un blocage au Congrès risquait de faire redouter aux marchés financiers que les Etats-Unis n'honorent pas leur dette.

"Cela pourrait défaire le système financier tout entier", a mis en garde le président, lors de cet entretien enregistré la semaine dernière.

"Nous pourrions subir une récession encore plus grave que celle que nous venons de traverser. Un crise financière mondiale plus grave. Nous ne pouvons donc même pas nous permettre de songer à ne pas relever le plafond de la dette", a-t-il plaidé.

M. Obama s'est engagé à également réduire le déficit des finances publiques, mais a récusé tout "lien" entre cette question et celle du relèvement du plafond de la dette.

Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, interrogé en direct sur CBS, a assuré que son parti était prêt à un compromis immédiat sur le relèvement du plafond mais a insisté pour "répondre aux problèmes budgétaires à long terme" du pays.

"Nous arrivons à un moment tout trouvé pour agir. Car, si nous ne le faisons pas, les marchés le feront pour nous", a-t-il prévenu. "Je veux faire en sorte qu'il y ait de véritables réductions des dépenses et de vrais changements dans le processus budgétaire pour que ce genre de problème ne se reproduise pas", a-t-il ajouté.

Les républicains refusent l'idée du président Obama d'augmenter les impôts sur les plus hauts revenus afin de réduire le déficit budgétaire. L'administration quant à elle refuse de réduire les dépenses sur la protection médicale des pauvres et des personnes âgées, comme le suggèrent les républicains.

Pour le prix Nobel d'économie américain Paul Krugman, interrogé dimanche sur la chaîne ABC, si le plafond de la dette n'est pas relevé et que les Etats-Unis se retrouvent en situation de défaut sur une partie de leur dette, le pays "commencera à ressembler à une république bananière".

"Un bon du Trésor américain c'est l'étalon-or, à tel point que, au plus fort de la crise financière, il y a eu des intervalles pendant lesquels les bons du Trésor américains avaient des taux d'intérêt négatifs, parce que c'est" tout ce que les gens voulaient avoir en portefeuille, a-t-il ajouté.

"Alors si vous dites tout d'un coup, +oh (ces titres) ne sont pas sûrs parce que le gouvernement américain n'est qu'un tas d'enfants qui se chamaillent+, c'est une vraie catastrophe".

La présidente de l'autorité de garantie des dépôts bancaires (FDIC), Sheila Bair, s'est pour sa part dite, dans la même émission, "d'accord avec l'administration" Obama pour qualifier d'"irresponsable le fait même de laisser planer l'idée d'un défaut technique sur la dette publique" des Etats-Unis.

Dette américaine

Et pendant ce temps là, le directeur (déchu ?) du FMI se ferait "gâter" dans une turne à 2300 euros la nuit par une vieille femme de chambre de 32 ans !!!

Dernière édition par Donald11 le Lun 16 Mai 2011 - 15:50, édité 1 fois

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Message le Lun 9 Fév 2009 - 12:59 par country skinner

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/11/HALIMI/16457

Bras droit pendant dix-sept ans (1972-1989) du directeur éditorial du Wall Street Journal Robert Bartley, George Melloan racontait, il y a cinq ans, une histoire édifiante par les temps qui courent. Celle de financiers et de journalistes bien déterminés à sacrifier des populations entières à leurs principes : « Avant l’arrivée au pouvoir du président Reagan, Jimmy Carter avait nommé Paul Volcker président de la Réserve fédérale avec mission de tuer l’inflation. Peu après sa nomination, Paul [Volcker] nous invita Bob [Robert Bartley] (...) et moi à déjeuner au siège de la Réserve à New York. Il nous interrogea : “Quand il y aura du sang par terre [when there is blood all over the floor], est-ce que vous, les gars, vous me soutiendrez ?” J’ai répondu “oui” sans même attendre Bob, ce qui constituait une rupture avec l’étiquette. Le sang a coulé en effet quand les débiteurs latino-américains et les fermiers des Etats-Unis ont été pris au dépourvu par le retour à un dollar fort. Mais nous avons tenu bon (1). »

Les principes monétaristes prévalurent ainsi sur le souci d’atténuer les souffrances de tout un sous-continent et d’empêcher la vente aux enchères de milliers de fermes du Midwest. Mais pourquoi « George » et « Bob » auraient-ils donc refusé le concours que « Paul » leur demandait ? Le sang qui allait couler n’était pas le leur.

Ces derniers jours, ce sont les banquiers qui supplient qu’on les secoure. Et là, le Wall Street Journal craque... Adieu principes libéraux, haine de l’Etat et de l’impôt ; bonjour plans de sauvetage publics et mise sous tutelle des grands établissements financiers ! Les tourments du grand quotidien de New York qui, plus que quiconque, a inventé et promu le reaganisme ne doivent pourtant pas être pris à la légère. A la différence de nombre de périodiques français, capables de dire tout et son contraire avec un culot désarmant, le Wall Street Journal a vraiment la foi chevillée au corps. Alors, depuis quelques semaines, il souffre beaucoup.

Le 11 septembre, son éditorial, titré « Plan de sauvetage pour des milliardaires », impute encore au Congrès (à majorité démocrate) la création d’un ruineux « aléa moral (2) » au profit de Fannie Mae et Freddie Mac. Encore dans le camp du petit peuple conservateur, le Wall Street Journal tonne : « Nous espérons bien qu’un parlementaire demandera à M. [Henry] Paulson la liste des gagnants afin que les contribuables sachent qui s’enrichit à leurs dépens. »

Treize jours plus tard, le grand quotidien d’affaires demeure en colère. Pourtant, déjà, il s’est résigné car les « gagnants », il ne les déteste pas tant que ça, au fond : « A mesure que le coût de la panique devient plus clair, les Américains sont furieux et ils en ont le droit. Les classes financière et politique [sic] ont créé ce gâchis et à présent on demande aux contribuables de sauver la situation. Nous aimerions qu’il y ait une autre solution, mais le prix de ne rien faire tout de suite serait beaucoup plus élevé pour les contribuables et pour la cause des marchés libres. » C’est dit, le sang des marchés libres ne coulera pas. Et l’optimisme demeure de rigueur malgré tout : « Les Américains doivent savoir qu’en dépit de treize mois de tumultes financiers notre économie, résiliente, est toujours debout. »

Mais il va falloir boire le calice jusqu’à la lie. Le 27 septembre, les militants et les parlementaires républicains sont en effet déchaînés : conformément à la doctrine de leur parti, ils n’acceptent pas que l’Etat et le contribuable viennent secourir un secteur privé qui a failli. Eux prennent le libéralisme au sérieux. Le Wall Street Journal doit alors, franchement, douloureusement, brûler ce qu’il a patiemment construit puis adoré : « Nul n’a essayé plus que nous d’éviter d’en venir à ces expédients. Mais maintenant que nous y sommes, notre vote [sic] s’accorde avec l’idée que l’intervention de l’Etat est justifiée pour défendre le système. »

Le 20 janvier 1981, en prenant ses fonctions de président, Ronald Reagan déclarait : « L’Etat n’est pas la solution de nos problèmes, il en est la cause. » Une ère s’achève...

Serge Halimi.
État, Finance, Information, Libéralisme, États-Unis

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(1) George Melloan, « Some reflections on my 32 years with Bartley », The Wall Street Journal Europe, 16 décembre 2003. Cité dans Le Grand Bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde, Fayard, 2006, p. 226-227.

(2) Situation qui existe quand on prend d’autant plus de risques qu’on sait pouvoir compter sur un autre pour régler la note de leurs éventuelles conséquences.

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Message le Lun 9 Fév 2009 - 12:21 par country skinner

http://www.leplanb.org/numero-en-cours/une-bulle-immobiliere.-ou-ca-2.html

Les propriétaires de pavillons hypothéqués peuvent se rassurer en feuilletant la presse américaine : si le shérif les jette à la rue, ce sera (un peu) la faute des banques mais pas (du tout) celle des promoteurs immobiliers.Quand, l’été dernier, la bulle immobilière éclate à la figure de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux banques qui centralisent les crédits hypothécaires américains, la plupart des journalistes secouent la tête, abasourdis. Quoi, une bulle immobilière ? Elle enflait depuis 1995, mais aucun des journaux qui font bramer d’admiration les éditorialistes français n’a vu quoi que ce soit, alors qu’ils avaient tous le nez dessus.

Pas touche à mon promoteur !
Les grands médias et la petite coterie d’économistes qu’ils entretiennent ont réagi comme si « un ouragan avait emporté Fannie et Freddie », constate Dean Baker, codirecteur du Center for Economic and Policy Research (CEPR). Ce n’était pourtant pas faute de les avoir alertés. Dès l’été 2002, Baker et d’autres universitaires s’inquiétaient déjà de la flambée des prix de l’immobilier. Normalement, ces derniers évoluent au même rythme que les autres prix. S’ils divergent, c’est qu’une bulle spéculative se forme. Or, entre 1995 et 2005, l’indice des prix de l’immobilier a décollé de plus de 45 % de la courbe de l’inflation. L’effondrement était donc inévitable. C’est si facile à comprendre que même La Vie financière, réservée pourtant aux salles d’attente des cliniques de liposuccion tropéziennes, a eu vent du danger : « Le dégonflement du marché immobilier se diffusera plus profondément dans l’économie que le précédent krach boursier », avertissait-elle en 2004 sous la plume de James K. Galbraight (6.2.04).
L’immobilier aux États-Unis a perdu plus d’un quart de sa valeur depuis le début de 2007. Et la bulle n’a probablement pas fini d’expirer. Pour le Parti de la presse et du dollar (PPD), pas question cependant de prononcer la formule maudite. « Quelqu’un peut-il dire au Washington Post qu’il existe une bulle immobilière? » s’exclamait Dean Baker le 17 janvier sur le site Internet du CEPR. Un mois plus tôt, il épinglait le New York Times et le Wall Street Journal, qui n’avaient « toujours pas entendu parler de la bulle immobilière ».
Pourquoi tant de répugnance pour deux mots qui vont si bien ensemble ? Parce que les médias préfèrent se focaliser sur les crédits hypothécaires fourgués aux ménages pauvres, les désormais mondialement célèbres subprimes. L’intérêt est double : entretenir l’illusion que la crise cessera une fois les banques généreusement renflouées, tout en évitant d’accabler les marchands de biens qui ont fait fortune en vendant à prix d’or des maisonnettes aujourd’hui invendables. Difficile, avec près de 1 million d’Américains jetés à la rue en 2008, de sauver la réputation des banquiers ; mais on peut au moins épargner celle des promoteurs.
« La plupart des grands quotidiens couvrent l’immobilier dans des suppléments bourrés de publicités immobilières, note Matthew Yglesias, un éditeur lié au think tank démocrate Center for American Progress1. À moins d’être complètement idiots, les journalistes comprennent vite que leur job consiste à entretenir le boom. »

Agences immobilières de presse
Pour assurer ce « job », les journalistes s’appuient sur une batterie d’experts à gages, fournis au tractopelle par le lobby du béton et de la banque. Une recherche effectuée en août 2007 par le CEPR établit que, au cours des années 2005 et 2006, Douglas Duncan, porte-parole de l’Association des sociétés de crédits hypothécaires (MBA), a été cité 397 fois dans la presse. Le factotum de l’Association nationale des promoteurs immobiliers (NAHB), David Seiders, a eu droit pour sa part à 652 citations durant la même période. Le grand prix d’Amérique revient toutefois à David Lereah, VRP de l’Association nationale des agents immobiliers (NAR) et auteur d’un ouvrage inoubliable intitulé Pourquoi le boom immobilier ne fera pas flop et comment vous pouvez en tirer profit: en deux ans, il s’est exprimé à 1 796 reprises dans les médias. À eux seuls, les trois majordomes du lobby ont disposé d’une surface médiatique trois fois plus importante que la totalité de leurs contradicteurs (852 citations). Encore ce calcul ne tient-il pas compte des autres experts mercenaires, ni de la prédisposition des journalistes à leur grattouiller le ventre.
La presse continue ainsi de présenter Alan Greenspan, le calamiteux ancien président de la Banque centrale américaine (FED), comme un grand sage doublé d’un orfèvre de la finance. Or le patron des banquiers a toujours nié l’existence de la bulle, et cela jusqu’au jour de son départ à la retraite, en 2006. Pas question non plus de rappeler que, dès la fin de 2001, Greenspan a fait chauffer les rotatives de la FED pour inonder l’économie américaine de billets verts tout chauds. Cette pluie de dollars s’est ensuite déversée dans l’immobilier, amplifiant l’explosion des prix.
Alors que la bulle se dégonfle, les journalistes en sont encore à chercher fébrilement la boîte à rustines. Geraldine Fabrikant, du New York Times, a cru faire bonne récolte en affirmant le 15 août dernier : « Peu d’experts s’attendent à ce que la crise soit aussi forte que celle de la faillite des caisses d’épargne [savings and loan] à la fin des années 1980. » Hélas, la plupart des observateurs estimaient au même moment que la crise actuelle serait au moins deux fois plus coûteuse que l’autre.
Quand l’évidence ne peut plus être niée, l’ultime recours du cancre consiste à proclamer après-coup qu’il avait tout prévu. Ainsi de James Cramer, gourou de l’investissement à la télévision et chroniqueur au New York Magazine, qui d’un tour de main remplaça son bonnet d’âne par une couronne de lauriers : « Cela fait plus d’un an que j’anticipe une forte baisse de l’immobilier », s’est-il congratulé (15.9.08).
Sur un point, cependant, la réactivité des médias n’a pas été prise en faute : le gavage des banquiers par une injection massive d’argent public, acclamée par la quasi-totalité des rédactions. Et malheur aux élus du Congrès qui renâclent à l’effort de solidarité nationale : ces mauvais patriotes se montrent « plus tentés de punir Wall Street que de sauver l’économie », gronde The New York Times. Punir Wall Street ? Ce serait presque aussi barbare que de fesser les médias…


Note :
1. « Busted Bubble », Extra !, novembre-décembre 2008. Les citations, sauf celles qui émanent de Dean Baker et de James Galbraight, sont issues de cette enquête.

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