Et nos amis grecs...

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05062011

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Et nos amis grecs...




Indignés: La censure de la révolution grecque à venir

En Grèce depuis maintenant plus de 10 jours les citoyens se rassemblent par centaines de milliers dans toutes les villes.
Ainsi, le 29 mai, plus de 100 000 grecs manifestaient devant le parlement pour exiger une démocratie réelle. Ils sont encore des dizaines de milliers à prendre la rue, à débattre et à construire un nouveau projet démocratique chaque soir.

On pourrait se dire que c'est banal puisque depuis le début de la crise en Grèce il y a très souvent des manifestations et des protestations contre les conséquences de la crise.

Il y-a pourtant une nouveauté: les grecs ne manifestent plus contre les conséquences, ils manifestent contre la cause des problèmes.

Avant, les grecs, encadrés par les syndicats se battaient contre les privatisations et les mesures d'austérité. Ils ont maintenant compris que le combat était vain. Ils ont compris que leur classe politique n'a en aucun cas les mêmes préoccupations que le peuple.

Nos systèmes politiques sont la cause des problèmes: en effet, en conférant tout le pouvoir à une minorité, ce qu'il n'a d'ailleurs par choisi, le peuple n'a que très peu de pouvoir: celui de choisir ses chefs, et cela avec une difficulté en plus: les manipulations médiatiques.

Ainsi, la majorité des mesures et des lois ne vont pas dans l'intérêt général, certaines empêchent la réquisition des logements vacants, d'autres interdisent les rassemblements spontanés...

Les libertés données au système financier ne le sont que grâces aux castes politiques, les guerres existantes ne le sont que par la volonté des oligarchies d'en découdre...

Le problème n'est même pas l'appartenance politique de la majorité des élus, qu'ils viennent du FNPA ou de l'UMPS, les élus forment une classe à part qui va se constituer ses propres intérêts. Ce ne sont donc pas les gens qui corrompent le système, c'est le système qui corrompt les gens, car le pouvoir est maudit.

Face aux dérives de la représentativité, qui sont d'ailleurs existantes dans toutes les "démocraties" au monde, les grecs revendiquent une réelle démocratie, sur le modèle du mouvement du 15 mai en Espagne, où par ailleurs le mouvement est encore très important et fait un gros travail de fond sur la légitimité de nos systèmes politiques.

On pourrait croire que le mouvement grec soit voué à l'échec, étant une répétition de manifestations pacifiques qui ne font rien changer.

Si les manifestations et les méthodes employées ne dévoilent pas directement leurs effets, le mouvement est très utile. En effet il permet aux citoyens d'occuper les consciences, en prenant place dans l'espace médiatique grec et en débattant dans la rue. Et ainsi la population grecque est amenée à réfléchir sur des choses inédites: la légitimité de nos systèmes politique, la signification de la démocratie et de l'oligarchie. Il ne faut pas les prendre pour des imbéciles, quand les critiques de la démocratie auront assez émaillé dans la population, quand les élus, le parlement et le régime oligarchique ne seront plus légitimes aux yeux de la population, alors les grecs feront dégager l'oligarchie.

Et je leur fait confiance pour, tout en restant dans la non-violence, faire des actions efficaces pour faire sauter le système politique.

Le peuple grec choisira aura alors le pouvoir et montrera l'exemple à toute l'humanité: voilà ce qu'est la démocratie.

En fait la grande majorité d'entre vous n'aura pas eu l'occasion d'avoir de tels raisonnements: le black-out sur le mouvement des "indignés" en Espagne et en Grèce est total.

Ainsi la couverture médiatique est très faible, on compte moins de 100 articles français couvrant les évenements en Grèce depuis le début du mouvement.

Pour comparer, on compte déjà en deux jours 400 articles sur la visite du pape en Croatie, ou encore 300 articles ont couvert l'évenement ponctuel qu'à été l'apéro géant organisé à Nantes sur facebook.

Et quand certains médias auront daignés parler des évenements et des manifestations en Grèce, tout sera bien sûr fait pour ne pas ébranler la légitimité de notre système politique.

Ainsi, les articles que l'on peut trouver sur Internet se nomment "Manifestation contre l'austérité" ou commencent par: Plusieurs milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées dimanche dans le centre-ville d'Athènes pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité prises par le gouvernement face à la crise de la dette du pays. Alors que c'est le système politique qui est visé.

Il y-a donc fort à parier que la censure et la désinformation médiatique qui sévit en France et dans toutes les "démocracies" du monde ne disparaîtrons pas. En effet, le sort de toutes les oligarchies sont liées, par similitude avec l'unicité de l'intérêt des peuples: la liberté et la démocratie, la vraie.

Pour la liberté du savoir et des peuples, combattons la censure et la désinformation!
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Mister Cyril

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Et nos amis grecs... :: Commentaires

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Message le Mer 15 Juin 2011 - 12:14 par Mister Cyril

À Athènes, les manifestants ne veulent pas entendre parler d'austérité

Les manifestants, qui ne décolèrent pas devant l'ampleur de la crise, ont prévu de bloquer ce mercredi l'accès au Parlement. Objectif : empêcher les députés de débattre des nouvelles mesures d'austérité que doit présenter le gouvernement. Administrations, transports et commerces étaient perturbés mercredi en Grèce, jour de grève générale contre un nouveau plan de rigueur préparé par le gouvernement, qui tente d'obtenir une deuxième aide financière de la zone euro et du FMI pour ce pays au bord de la faillite.


L'indignation des Grecs à la une des journaux héllenes

Après une première vague d'austérité en 2010 et sous la pression croisée des marchés, qui lui interdisent l'accès au refinancement, et de ses créanciers (UE et FMI) qui demandent des efforts d'austérité en échange de leur secours financier, le gouvernement socialiste de Georges Papandréou a décidé de poursuivre la rigueur.

Il a présenté au Parlement un projet de budget à moyen terme qui devrait entraîner des économies nouvelles de 28,4 milliards d'euros d'ici à 2015 et prévoit des privatisations massives.

Ce nouveau plan a mis le feu aux poudres dans le pays, plongé dans la récession pour la troisième année consécutive: les syndicats ont appelé à une grève générale, la troisième depuis le début de l'année. Le mouvement de protestation populaire des "indignés", lancé le 25 mai, ne cesse de se renforcer.

Tôt mercredi matin, des milliers d'indignés et de membre de groupes de gauche, mais aussi de droite nationaliste, affluaient sur la place centrale de Syntagma devant le parlement à Athènes, submergée par des drapeaux grecs et espagnols ainsi que des banderoles, dont plusieurs indiquaient "No pasaran" ("ils ne passeront pas", en espagnol) et "Résistez".

Campant sur la place Syntagma depuis trois semaines, les "indignés" grecs ont prévu de former une chaîne humaine et d'encercler le parlement, où doit commencer mercredi l'examen du projet de loi budgétaire comprenant un nouveau volet d'austérité d'ici à 2015.

La police a placé dans la nuit une barre de fer en travers de la rue, devant l'entrée du parlement. Des dizaines de fourgons de police sont stationnés afin de permettre l'accès aux députés et de freiner la foule.

Plusieurs artères autour du parlement ont été fermées à la circulation et aux piétons. Les rassemblements à l'appel du syndicat du privé (GSEE) et du public (Adedy) devaient commencer en fin de matinée.

Dans un climat de vive contestation sociale, le Parti socialiste grec (Pasok, au pouvoir depuis octobre 2009) se trouve dans l'embarras.

La démission mardi soir du député Georges Lianis de son groupe parlementaire, indiquant que la politique du gouvernement "avait échoué", réduit à 155 sièges sur 300 la majorité en vue du vote crucial, fin juin, du plan budgétaire.

Un autre député socialiste a récemment indiqué qu'il voterait contre le plan.

Et le principal parti de l'opposition, Nouvelle-Démocratie (droite), affirme jusqu'ici son opposition aux nouvelles mesures.

Selon le gouvernement, le vote par le Parlement du plan budgétaire est la condition pour le versement de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en 2010 par l'UE et le FMI, dont 53 milliards au total ont été versés à ce jour au pays.

Côtés créanciers, la zone euro s'est de nouveau penchée mardi sur le cas de la Grèce, mais les discussions peinent à aboutir en raison de divergences sur l'effort à demander aux banques privées créancières du pays, menacé de défaut de paiement, selon les agences de notation.

Mercredi, le quotidien progouvernemental Ta Néa appelait "à faire preuve de sang-froid". "Les manifestants qui veulent encercler le parlement ne doivent en aucun cas empêcher les députés de se déplacer ou qu'ils soient victimes de violence", a écrit l'éditorialiste du journal.

"Le Pasok a atteint ses limites", titrait Kathimérini (libéral) en faisant allusion à la défection du député socialiste mardi soir. Pour le quotidien Elefthérotypia (gauche) "le gouvernement tient à un fil".

M. Papandréou a annoncé qu'il allait rencontrer dans l'après-midi mercredi le chef de l'Etat grec,

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Message le Mar 14 Juin 2011 - 9:00 par Invité

Mister Cyril a écrit:

Vi mais comment et quand avant 30 ans???

Salutations et bonne semaine!

Le nouveau maître du monde de 2007, président du G20 et de l'Europe allait y mettre bon ordre, son calendrier a pris du retard en effet. Une tache noire de plus à son bilan alors que les médias français nous narrait le brio de ses présidences.

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 23:37 par Donald11

Mister Cyril a écrit:Salutations et bonne semaine!
Ce n'est pas toi qui parlait de dominos qui tombaient quelque part par ici ?

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 23:15 par Mister Cyril

Foulques Deletang a écrit: à liquider au plus vite!

Vi mais comment et quand avant 30 ans???

Salutations et bonne semaine!

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 22:48 par Invité

Trois crans d'un coup, ça sent le coup-fourré; je pense que les dirigeants de S&P ont passé un deal avec ce pourri de Goldman Sachs pour spéculer sur le non-remboursement de la dette grecque. Pour mémoire Goldman Sachs est cette banque qui a conseillé la Grèce pour cacher une grande partie de son déficit à Eurostat; c'est aussi celle qui conseillait à ses clients des CDS en spéculant sur leur écroulement. S&P , Goldman Sachs, et d'autres, à liquider au plus vite!

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 22:44 par Mister Cyril

Franz a écrit:Pour Lordon le défaut de la Grèce est inéluctable. Ca va pimenter la prochaine campagne électorale.

Ca va surtout pimenter la vie des grecs...puis des européens...

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 22:39 par Invité

Pour Lordon le défaut de la Grèce est inéluctable. Ca va pimenter la prochaine campagne électorale.

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 21:37 par Mister Cyril

brusyl a écrit:non, rien à voir avec le mouvement Cantona, pas protestataire mais trouillométrique.

Vi j'avais compris Bru que ce pauvre Canto n'y était pour rien mais que ça commençait à sentir le sapin...décidemment pas facile de percevoir le sens figuré avec ce mode de comm...
Bizz!

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 21:22 par brusyl

non, rien à voir avec le mouvement Cantona, pas protestataire mais trouillométrique.

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 21:09 par Mister Cyril

Bon je sais c'est la 42 ème fois qu'on leur abaisse leur note, ils vont finir en triple Z!!! C'est beaucoup moins Glamour que l'article de mélody (très intéressant, incroyable qu'il n' y ait pas plus de médias qui en parlent...je ne parle pas de la télé hein?)...mais si on ajoute une note de cancre, un mouvement populaire, et si l'info de Bru se confirme, Cantona qui serait écouté en Grèce...a va mal finir là-bas!

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 21:04 par Mister Cyril

Une agence financière abaisse encore la note de la Grèce :


Des grecs manifestent devant le parlement grec, le 12 juin 2011 à Athènes

L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé lundi de trois crans la note de la dette à long terme de la Grèce, de "B" à "CCC", et l'a assortie d'une perspective négative, considérant que le risque de défaut du pays dans les douze mois s'est encore accru, dans un communiqué.

"La dégradation reflète notre opinion qu'il y a un risque encore plus élevé d'un ou de plusieurs défauts" de paiement, souligne l'agence, alors que le débat fait rage sur la possibilité de restructurer la dette publique de la Grèce.

Le 9 mai, l'agence avait déjà dégradé la note de la Grèce de deux crans, à "B" contre "BB-", dans la catégorie des emprunteurs peu fiables.

S&P juge que, dans le cadre d'une restructuration de la dette grecque, le secteur privé (banques, fonds d'investissement, assureurs), mis à contribution, se retrouverait face soit à un "échange de titres" soit à un "allongement des maturités".

De telles opérations seraient considérées "de facto comme un défaut" par l'agence de notation, et dans ce cas, elle pourrait attribuer à la Grèce une note encore plus basse, la reléguant dans une situation de défaut partiel.

Standard and Poor's souligne en revanche qu'elle pourrait stabiliser la note du pays à "CCC", si la zone euro trouvait une solution qui ne corresponde pas à un défaut selon ses critères, même en prenant en compte un risque de restructuration de la dette "sous forme d'une décote" d'ici 2013.

S&P rappelle également que la Grèce ne pourra pas aller sur les marchés financiers en 2012 et "probablement après", comme il était convenu dans le cadre du plan d'urgence de soutien de l'UE et du FMI pour le pays.

Lundi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a réaffirmé que toute restructuration de la dette grecque devrait être "volontaire" et ne pas déclencher un "événement de crédit" ou un défaut de paiement, qui auraient des conséquences très néfastes.

Un "événement de crédit" désigne toute action sur les emprunts d'un Etat qui conduirait les agences de notation à dégrader leur avis sur la solvabilité de ce pays, avec le risque de conséquences en chaîne catastrophiques et de très lourdes pertes pour les banques détentrices d'obligations de ce pays.

Plusieurs options sont actuellement débattues en Europe pour permettre à la Grèce d'alléger le fardeau du remboursement de sa dette, via une "restructuration" de celle-ci.

Un sommet européen est organisé les 23 et 24 juin à Bruxelles où sera notamment débattue la situation grecque.

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 20:41 par brusyl

petit élément supplémentaire, qui n'est pas relatif aux manifestations mais qui lui aussi va contribuer à précipiter la chute du gouvernement et du pays : les grecs font la queue aux guichets de leur banque pour retirer leur argent. Ce ne sont pas les gros épargnants (qui ont eux depuis belle lurette ont retiré leurs avoirs pour les placer en lieux plus sûrs) mais les petits , effarés par la perspective que la faillite du pays entraine leurs économies dans le gouffre (4 milliards retirés rien que pour le mois de mai)

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 19:49 par Invité

La marmite est en ébullition et le magma monte, monte.

Amicalement
Franz

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Message le Lun 13 Juin 2011 - 10:42 par Invité

Ca se corse chez les Grecs
article complet sur http://www.cadtm.org/Revolte-populaire-de-masse-en

Deux semaines après ses débuts, le mouvement des « Indignés » grecs fait déborder les places des villes du pays par des foules énormes criant leur colère, et fait trembler le gouvernement Papandreou et ses soutiens locaux et internationaux. Ce n’est plus ni une simple protestation ni même une mobilisation d’ampleur contre les mesures d’austérité. Désormais, c’est une véritable révolte populaire qui balaie la Grèce ! Une révolte qui crie haut et fort son refus de payer « leur crise » et « leur dette » tout en vomissant le bipartisme néolibéral sinon l’ensemble d’un personnel politique aux abois.

Combien étaient-ils à la Place de Syntagma (place de la Constitution) au centre d’Athènes, juste en face du Parlement, le dimanche 5 juin 2011 ? Difficile a dire car une des particularités de ces rassemblements populaires est que, faute de discours central ou de concert, il y a un va et vient permanent de manifestants. Mais, en tenant compte des responsables du métro d’Athènes, qui savent comment calculer le nombre de leurs passagers, il y a eu un minimum de 250.000 personnes confluant à Syntagma à cette mémorable soirée ! En somme, plusieurs centaines des milliers si on y ajoute les foules « historiques » rassemblées aux places centrales des dizaines d’autres villes grecques.
A ce moment s’impose pourtant une interrogation : comment est-ce possible qu’un tel mouvement de masse qui, en plus est en train d’ébranler un gouvernement grec au centre de l’intérêt européen, soit passé sous un silence assourdissant par tous les medias occidentaux ? Pendant, ses 12 premiers jours, pratiquement pas un mot, pas une image de ces foules sans précédent hurlant leur colère contre le FMI, la Commission Européenne, la Troïka (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne) et aussi Mme Merkel et le gotha néolibéral international. Absolument rien. Sauf de temps en temps, quelques lignes sur « des centaines de manifestants » aux rues d’Athènes, a l’appel de la CGT grecque. Etrange prédilection pour les manifs squelettiques des bureaucrates syndicaux totalement déconsidérés au moment ou à quelques centaines de mètres plus loin d’énormes foules manifestent jusqu’à très tard après minuit depuis deux semaines…
Il s’agit bel et bien d’une censure aux dimensions inconnues jusqu’à aujourd’hui. D’une censure politique très organisée et méthodique, motivée par le souci de bloquer la contagion de ce mouvement grec, de l’empêcher de faire tache d’huile en Europe ! Face à cette nouvelle arme de la Sainte Alliance de temps modernes, il faudra qu’on réagisse tous ensemble, tant pour dénoncer ce scandale que pour trouver les moyens de contourner cette interdiction d’informer les opinions publiques, par le développement de la communication entre les mouvements sociaux de toute l’Europe et la création et le renforcement de nos propres medias alternatifs…

Revenant aux Indignés grecs (Aganaktismeni, en grec), il faut remarquer qu’il s’agit d’un mouvement de plus en plus populaire ou même plébéien, à l’image d’une société grecque façonnée par 25 ans de domination absolue de l’idéologie (néolibérale) cynique, patriotarde, raciste et individualiste qui a tout transformé en marchandises. C’est pourquoi l’image qui en émerge est souvent contradictoire, mêlant le meilleur et le pire dans les idées comme dans les actes de chacun des manifestants ! Comme par exemple, quand la même personne manifeste de façon ostentatoire un patriotisme grec aux allures racistes tout en brandissant un drapeau tunisien (ou espagnol, égyptien, portugais, irlandais et argentin) pour manifester sa solidarité… internationaliste aux peuples en lutte de ces pays.

Doit-on conclure alors qu’on est en présence d’une foule de manifestants schizophrènes ? Absolument pas. Comme il n’y a ni de miracles, ni de révoltes sociales politiquement « pures », le mouvement des Indignés grecs se radicalise à vue d’œil tout en étant marqué par ces 25 ans de désastre social et moral. Mais, attention : toutes ses « tares » se subordonnent à sa caractéristique principale qui est son rejet radical du Mémorandum, de la Troïka, de la dette publique, du gouvernement, de l’austérité, de la corruption, de cette démocratie parlementaire fictive, de la Commission Européenne, en somme du système dans son ensemble !

Ce n’est pas donc un hasard que les centaines des milliers d’Indignés grecs s’époumonent depuis 14 jours en répétant des mots d’ordre éloquents tels que « On ne doit rien, on ne vend rien, on ne paye rien », « On ne vend et on ne se vend pas », « Qu’ils s’aillent maintenant tous, Mémorandum, Troïka, gouvernement et dette » ou « Nous restons jusqu’à ce qu’ils s’aillent ». C’est un fait que des mots d’ordre de ce genre unissent tous les manifestants, comme d’ailleurs tout ce qui a trait au refus d’assumer et de payer la dette publique |1|. C’est d’ailleurs pourquoi la campagne de l’Initiative pour une Commission d’audit de la dette publique fait un réel tabac pratiquement dans tout le pays. Son stand en pleine Place de Syntagma est en permanence assiégé par une foule de gens voulant signer son appel |2| ou offrir leurs services comme volontaires…

D’abord presque totalement inorganisés, les Indignés de Syntagma se sont offert progressivement une organisation dont le summum est l’Assemblée populaire qui attire chaque soir à 21 h. plusieurs centaines de participants devant quelques milliers d’auditeurs très attentifs. Les débats sont souvent d’une grande qualité (p.ex. celui sur la dette publique), dépassant de loin tout ce qu’il y a de mieux sur les grandes chaines de télévision. Et tout ca malgré le bruit (on est en plein centre d’une ville de 4 millions d’habitants), le va-et-vient des dizaines des milliers de gens et surtout, la composition hétéroclite de ces auditoires monstres au milieu d’un campement permanent qui ressemble par moments à une vraie Tour de Babel.

Toutes ces vertus de la « Démocratie directe » expérimentée jour après jour à Syntagma, ne doivent pas nous faire oublier ses faiblesses, ses ambiguïtés ou ses tares comme p.ex. son allergie initiale à tout ce qui a trait aux partis, aux syndicats ou a toute collectivité établie. Si c’est indiscutable que cette aversion pour les « partis » est dominante dans les foules des Indignés grecs qui ont tendance à rejeter l’ensemble du monde politique sans distinction, il faut quand même noter l’évolution spectaculaire de l’Assemblée Populaire, tant à Athènes qu’à Salonique, qui est passé du rejet des syndicats à l’invitation de faire aboutir leurs manifestations à Syntagma afin que leurs travailleurs rejoignent les Indignés…

Evidemment, ce n’est pas un secret que, le temps passant, il y a eu une clarification du paysage politique de la Place de Syntagma, la droite et l’extrême droite populaire étant représentée parmi la foule en haut de la Place, juste devant le Parlement, et la gauche radicale et anarchisante occupant la Place elle-même et contrôlant l’Assemblée populaire et le campement permanent. Sans aucun doute, bien que cette gauche radicale donne le ton et laisse son empreinte sur toutes les activités et manifestations à Syntagma, les colorant d’un rouge profond, on ne peut pas conclure que les diverses nuances de la droite populiste, patriotarde, raciste ou même carrément néo-nazi vont cesser leurs tentatives d’influencer cet immense mouvement populaire. Elles vont persister et tout dépend, en dernière analyse, de la capacité de l’avant-garde du mouvement de l’enraciner profondément dans les quartiers, les lieux de travail et les écoles tout en le dotant d’objectifs clairs faisant le pont entre ses énormes besoins immédiats et sa rage vengeresse et anti système.

Assez différent de son homologue espagnol par ses dimensions, sa composition sociale, sa radicalité et son hétérogénéité politique, le Syntagma grec partage avec la Place Tahrir du Caire ou la Puerta del Sol de Madrid la même haine pour l’élite politique et économique qui accapare et vide de tout contenu la Démocratie parlementaire bourgeoise aux temps du néolibéralisme le plus arrogant et inhumain. En même temps, il est traversé par le même désir participatif, démocratique et non violent qui marque profondément toute révolte populaire en ce début du XXIème siècle.

Notre conclusion ne peut être que très provisoire : indépendamment de la suite des événements, qui s’annoncent déjà cataclysmiques, le mouvement actuel des Indignés grecs aura marqué un tournant dans l’histoire du pays. Désormais tout est possible et rien ne sera plus comme avant…

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Message le Sam 11 Juin 2011 - 12:14 par brusyl

Merci ! je n'oublie pas la réponse que je te dois sur démocratie et norme

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 23:51 par Invité

OK, je retire ce que j'ai dit Sylvie, vu qu'aujourd'hui tu t'es décarcassée. On va tâcher d'y revenir mais il faut que je baisse un peu de rythme.

Bises
Franz

Dernière édition par Franz le Dim 12 Juin 2011 - 10:55, édité 1 fois

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 23:16 par Invité

C'est pas faux, Cyril. Mais ne désespérons pas.

Amicalement
Franz

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 22:46 par brusyl


Eh oui, c'est ça qui est terrible. La démocratie ça fatigue ;°)))

Pas très sympa ce que tu écris là François.. D'autant plus que tu sais que par ma formation (droit constitutionnel) et par mes intérêts c'est un des grands sujets qui me tient vraiment au coeur.
Non parler de la démocratie ne m'a jamais fatiguée, essayer d'ouvrir les yeux des autres à cette démocrassouillerie dans laquelle nous pataugeons en ce moment non plus.
Et c'est bien toi non qui dans ce fil sur la "démocratie rapport de force" posais la question : " est ce que cela a réel intérêt " de savoir si l'on est ou non en démocratie ?
J'ai renvoyé mister à ce fil parce que ce n'est pas une question à laquelle on peut répondre en trois lignes, et que j'y avais largement développé ce que j'en pensais. rien de plus, je ne demande qu'à approfondir le débat.
Alors, mister, si le coeur t'en dit, rendez vous sur ce fil

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 22:34 par Mister Cyril

Franz a écrit:
brusyl a écrit:
vous pensez vraiment que l'on est en démocratie???

Euhh voir rubrique "la démocratie est un rapport de force" où je crois avoir tiré la substantifique moëlle de mon maigre cervelet sur le sujet... rien de plus à dire

Eh oui, c'est ça qui est terrible. La démocratie ça fatigue ;°)))

Bises
Franz

Non c'est l'impuissance politique qui fatigue...au sens impuissance (a priori de la majorité de la populaiton) à imposer des concepts politiques! (pour ne pas dire idéologique...non, non, j'ai pas dit!);
Salutations
Mister

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 22:14 par Invité

brusyl a écrit:
vous pensez vraiment que l'on est en démocratie???

Euhh voir rubrique "la démocratie est un rapport de force" où je crois avoir tiré la substantifique moëlle de mon maigre cervelet sur le sujet... rien de plus à dire

Eh oui, c'est ça qui est terrible. La démocratie ça fatigue ;°)))

Bises
Franz

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 21:50 par brusyl

vous pensez vraiment que l'on est en démocratie???

Euhh voir rubrique "la démocratie est un rapport de force" où je crois avoir tiré la substantifique moëlle de mon maigre cervelet sur le sujet... rien de plus à dire

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 21:46 par Mister Cyril

Vi mais perso ça m'étonne pas plus que ça...un petit peu quand même, il se cache de moins en moins avec une arrogance et un mépris des peuples, bien au-delà du supportable! Référendum ou pas, le peuple n'a effectivement plus le choix...sans faire dans le style brèves du comptoir...vous pensez vraiment que l'on est en démocratie???

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 12:37 par Invité

En effet. En plus tu t'es fendue d'un commentaire d'accompagnement. Je vais lire tout ça.

Bises
Franz

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 12:26 par brusyl

oui François j'ai crée un fil au sujet de ce documentaire, ici : http://cybermaquis.forumactif.org/t1667-debtocracy-le-documentaire-qui-secoue-la-grece
mais c'est très bien que tu bis repetitates, car il vaut vraiment la peine d'être vu

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Message le Ven 10 Juin 2011 - 11:48 par Invité

Voir ce file qui semble avoir pas mal de succès; Mais peut-être que ce lien a déjà été donné.
http://owni.fr/2011/06/09/debtocracy-documentaire-choc-grece/

Amicalement
Franz

Dernière édition par Franz le Ven 10 Juin 2011 - 12:35, édité 1 fois

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