Démocratie et marchés.

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01112011

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Re: Démocratie et marchés.




Référendum grec : les marchés sont-ils solubles dans la démocratie ?
LE PLUS. Le premier ministre grec a annoncé lundi que les Grecs décideraient s'ils étaient en faveur ou non du plan de sauvetage de leur pays. Une décision qui choque la communauté internationale, qui y voit un refus de réagir.

C'est un énorme doigt d'honneur que Georges Papandréou vient d'adresser à l'Europe et au monde. A deux jours de l'ouverture du G20 et une semaine après l'accord du Sommet européen sur la dette grecque, le Premier ministre de la Grèce annonce la tenue d'un référendum. Les citoyens voteront pour dire si oui ou non, ils acceptent le nouveau plan européen de renflouement du pays.
On peut se poser la question de la motivation de Papandréou à agir ainsi : baroud d'honneur en faveur de la démocratie, dernière tentative pour éviter des élections législatives anticipées alors que sa cote de popularité s'établit à 30% ou geste kamikaze irraisonné ?

Les politiques et les marchés choqués

Mais plus intéressant encore est d'observer les réactions, à la fois financières et politiques. Côté "marchés", la sanction est sans appel. Les Bourses ont été, tenez-vous bien, "choquées par cette annonce de Georges Papandréou".
Choquées se traduisant par un recul de 1,89% à l'ouverture de la Bourse de Paris, de 3,37% à Francfort, de 1,71% à Londres, de 2% à Madrid et de 3 % à Milan. Sans oublier Tokyo -1,70 % et Hong-Kong -2,49 %. Une heure après le début de la séance, toutes ces places financières accentuaient leur pertes.
Choqués aussi les politiques et les économistes. Pour Jacques Attali, "le référendum grec est un désastre". Partout, c'est "l'incompréhension", "la consternation", "la trahison" ; "totalement irresponsable" clame Christian Estrosi. Pas une voix ne s'élève avant midi pour défendre le référendum, une des représentations les plus simples de la démocratie.
C'est que bien sûr, ce vote "a de quoi inquiéter sérieusement les investisseurs" résume Christophe Weil, analyste de Commerzbank : "Que va-t-il se passer si le peuple dit 'Non'? Le risque est que la communauté internationale coupe l'arrivée d'argent et que le pays finisse par quitter l'euro".

Résumons. Les financiers et la totalité des personnalités politiques s'étant exprimées sur le sujet ce matin sont contre l'expression démocratique d'un peuple. Comme en 2005, les conséquences sont trop importantes. Laissez-nous sauver le monde, on verra après, ce n'est pas le bon moment.
Que les financiers réagissent ainsi peut, à la limite, se comprendre. Ils ne font que leur boulot. Mais que les politiques eux-mêmes, - qui se targuent d'appartenir à des démocraties et dont le mandat est confié par le peuple - se comportent pareillement est un désaveu total de leur raison d'être.

L'ironie du sort est que tout cela se passe en Grèce. Un petit rappel peut se révéler éclairant : au Ve siècle av. JC, la civilisation grecque était divisée en deux classes de citoyens : une aisée, possédant les terres et profitant du développement de la monnaie et des échanges commerciaux, et les travailleurs libres mais très pauvres dépendant des nobles – auxquels s'ajoutent les esclaves. L'invention de l'argent a déstabilisé les pauvres qui s'endettèrent, tandis qu'une partie s'enrichissaient. La classe inférieure finit par s'unir contre les nobles et Solon fut choisi comme arbitre ; ses réformes lui valurent la réputation d'être le père de la démocratie.

De là est née la démocratie athénienne, qui inspira bien des nations. Aujourd'hui, elle est formatée pour s'intégrer dans le système financier. Parce que les marchés, eux, seraient incapables de s'y conformer ?

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Mister Cyril

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Message le Sam 21 Jan 2012 - 13:10 par Mister Cyril

Lordon : « Le soulèvement ou la table rase par l'effondrement »

Le 15 janvier 2011, Frédéric Lordon, économiste hors sérail microcosmique, était invité à une conférence organisée par Attac et Mediapart sur le thème : « Quel remède à la crise démocratique européenne ? » Frédéric Lordon décida de répondre à cette question « sans circonvolutions inutiles » :

« Ma réponse, c'est : le soulèvement ou bien la table rase par l'effondrement financier. »

La « démocratie » des marchés
La démocratie représentative n'existe plus, pose Frédéric Lordon en citant le cas du référendum de 2005 et en pointant les pions Papademos et Monti avancés sans scrupules par la troïka financière (BCE, Commission européenne, FMI) au mépris de toute souveraineté populaire.

La loi des marchés (ces « tiers inclus au contrat social ») règne en maître. Les élus du peuple, les résultats de scrutins ne sont plus tolérés par ces nouveaux dominants que s'ils rentrent dans leur moule.

Citant la récente dégradation de la France, Frédéric Lordon relativise l'importance d'agences de notation parfaitement « périphériques » :

« Il n'y a aucun lieu de s'étonner qu'un univers comme les marchés de capitaux, qui fonctionnent fondamentalement à la croyance, à l'opinion et au jugement, sécrètent en leur sein des producteurs spécialisés de croyance, d'opinion et de jugement. »

S'attaquer à la structure d'ensemble
Ce n'est pas à ces « points focaux » épiphénomèniques (les agences de notation) qu'il convient de s'attaquer, mais à la structure d'ensemble qui les féconde.

Or, souligne l'iconoclaste économiste, les évènements en cours pourraient bien donner un sacré coup de main à ceux qui refusent la « monstruosité » d'un monde régi par « le corps informe des créanciers internationaux ».

Comme en 2007/2008, le secteur interbancaire est en voie de devenir « le nouvel épicentre d'un nouveau séisme ». Sans que les puissances publiques, désormais ruinées, puissent voler à son secours comme la fois précédente :

« Si donc nous voyons poindre la perspective de grand effondrement, alors oui, il y a plus que jamais matière à nous demander quoi reconstruire. Mais la toute première question étant bien sûr : à quelle échelle ? »

La reconstruction, mais avec qui ?
Sur ce point, l'ami Lordon est catégorique. La tendance va spontanément vers « une préférence a priori pour des ensembles les plus vastes possibles » (dit-il). Mais alors, « avec qui ? ».

Lordon expose ses doutes quant à une solution européenne dans une Union européenne ouvertement dominée par la rigueur monétaire imposée par l'Allemagne. Et par une « juridicisiation » des politiques publiques « directement attentatoire » à toute souveraineté populaire :

« Existe-t-il des intermédiaires viables entre les configurations nationales classiques et une Union européenne pleine et entière, je veux dire avec une intégration politique pleine et entière ?

Si la réponse était non, alors il ne faudrait pas hésiter à en revenir à la configuration nationale dont on sait avec certitude qu'elle satisfait pleinement le principe de la souveraineté populaire. »

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Message le Mar 6 Déc 2011 - 16:12 par Mister Cyril

Oh c'est quand même rare les testicules qui touchent le sol

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Message le Lun 5 Déc 2011 - 23:46 par Donald11

J'ai lu cet article.
La révolution est en marche !!!
En plus, il est maladroit car il a réussi à se cramer les poils d'une guibole ... Un peu plus et les bourses y passaient ...

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Message le Lun 5 Déc 2011 - 21:17 par Mister Cyril

Nu, un comédien simule une tentative d'immolation place de la Bourse à Paris
Un comédien suisse, Pascal Bongard, s'est dénudé et a mis le feu à des flaques d'essence autour de lui lundi matin place de la Bourse (IIème arrondissement) à Paris, en hurlant "Stop à New York, stop à la City, stop à Paris, stop aux Bourses!", a constaté une journaliste de l'AFP.

Un pompier a rapidement éteint le feu au pied des marches du palais Brongniart à l'aide d'un extincteur, avant que le quinquagénaire se rhabille devant une dizaine de badauds témoins de la scène.

"Je suis l'exemple des Indignés espagnols et français, ou de ce jeune Tunisien qui s'est immolé et a déclenché le printemps arabe: je veux la chute du système bancaire international", a expliqué à l'AFP M. Bongard.

L'acteur, légèrement brûlé à la jambe, a été interpellé. Il a assuré à l'AFP et aux services de police qu'il s'agissait seulement d'une mise en scène et non d'une véritable tentative d'immolation.

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Message le Mer 23 Nov 2011 - 11:16 par Donald11

Si c'est un philosophe non marxiste qui le dit !!!

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Message le Mar 22 Nov 2011 - 21:52 par Mister Cyril

Europe : de la faillite politique à la dictature économique

Marx l'avait prédit : l'économie préside le politique. Poussée à son paroxysme, la loi des marchés est-elle en train de tuer la démocratie ?

Par Daniel Salvatore Schiffer philosophe

Je ne suis pas marxiste. Je ne l’ai jamais été et je ne le serai très certainement jamais. Mais s’il est une vérité qui demeure néanmoins incontestable, sur le plan de l’analyse philosophique, c’est bien celle que Marx énonça, secondé en cela par Engels, dans l’historique "Manifeste du parti communiste", publié en 1847, déjà. À savoir : ce sont les infrastructures économiques, autrement dit l’activité de production, qui conditionnent les superstructures politiques, y compris dans leur dimension morale.
Cet axiome, auquel le social-démocrate et européen convaincu que je suis reconnaît volontiers toute la pertinence conceptuelle, Marx le corrobora, dans ce même "Manifeste", par une formule restée célèbre tant elle frappa alors les esprits : "Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante."

C’est bien là, en effet, cette nouvelle loi (la loi du marché, serais-je tenté de dire ici) qui semble présider aujourd’hui et plus que jamais, au destin de bon nombre des pays de notre Europe, au premier rang de laquelle émergent bien évidemment, ainsi que nous venons de le voir tout récemment, la Grèce et, surtout, l’Italie.
Car que sont leurs nouveaux chefs de gouvernements, Lucas Papadémos (jadis gouverneur, de 1994 à 2002, de la Banque centrale de son pays) pour la Grèce et Mario Monti (autrefois conseiller international, en 2005, de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs) pour l’Italie, sinon de purs et simples économistes, eux-mêmes aux ordres d’un nouveau genre, mais non pour autant moins pernicieux, d’oligarchie ?

Goldman Sachs, le fil conducteur coupable

Davantage : le tout nouveau directeur de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, n’est-il pas, lui aussi, un ancien haut fonctionnaire de cette même Goldman Sachs ? C’est du reste là, cette très puissante institution financière, fleuron de Wall Street, ce qui relie, tel un discret mais efficace fil conducteur, ces trois récents dirigeants européens. Pour le moins paradoxal lorsque l’on sait que Goldman Sachs est sous le coup, depuis 2011, d’une plainte pour une gigantesque fraude fiscale : elle aurait vendu des produits dérivés - les fameux "swap" - permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine des États-Unis et serait donc, comme telle, à l’origine de la crise des "subprimes", c’est-à-dire, par ricochet, de notre crise financière elle-même !

L’arnaque, totale, serait magnifique dans son cynisme, si elle n’était à ce point, sur le plan éthique, honteuse. À moins, pire encore, que ces prétendus spécialistes ne soient, dans leur propre domaine, que d’illustres incompétents, quoi que le système veuille bien nous faire croire, puisqu’ils n’ont jamais pu endiguer auparavant, ni simplement prévenir (laissons-leur là le bénéfice du doute, outre celui de leur immense profit), cette même crise. Au contraire : ils en sont les premiers et vrais responsables.

En Europe, l'économie prime sur la politique

Et, pourtant, ce sont bien ces louches technocrates de la haute finance qui, privés en outre de toute légitimité démocratique puisque ce ne sont pas les peuples qui les ont élus, se voient soudain propulsés, sans que nous n’ayons jamais été consultés sur la question, à la tête de nos gouvernements.
Autant dire, effectivement, que Marx a donc plus que jamais, fût-ce a posteriori, raison : c’est bien l’économie qui détermine aujourd’hui, au déni de toute démocratie, la politique !
Ce ne fut toutefois pas là la seule vérité que Karl Marx énonça, comme l’observèrent autrefois Louis Althusser (voir "Pour Marx") ou Jacques Derrida (voir "Spectres de Marx"), au sein de son œuvre philosophique. Ainsi écrivit-il également, dans "Le Capital" cette fois, cette autre sentence phare de sa critique du capitalisme : "La circulation des marchandises est le point de départ du capital."

Et, de fait, loin de se vouloir au départ une entité politique, encore moins sociale, c’est comme un espace uniquement économique fondé sur la libre circulation des marchandises et donc, comme tel, essentiellement capitaliste, que notre Union Européenne elle-même naquit en 1957, avec le traité de Rome. Preuve en est que cette actuelle UE se dénomma longtemps, jusqu’en 1992 (date de l’entrée en vigueur du plus politique traité de Maastricht), "Communauté Économique Européenne", appellation alors synthétisée sous le sigle de CEE.
Rien d’étonnant, en d’aussi bancales fondations, si, au bout de pareil processus logique, ce sont des banquiers, eux-mêmes issus de ce symbole du capitalisme le plus sauvage qu’est Goldman Sachs, qui, sans jamais rien nous demander de surcroît, prennent effectivement aujourd’hui la tête, fût-elle malade, de nos Etats. Motif, précisément, pour lequel les "indignés" ont raison de se révolter à l’heure de la mondialisation, sur les différentes places publiques, à défaut d’être financières, celles-là, des capitales européennes, quand ce ne sont pas, plus largement encore, les métropoles américaines, voire, bientôt, asiatiques.

La dictature de l'horreur

En résumé, c’est donc ce déficit politique de départ qui provoque à l’arrivée - c’est là son effet pervers le plus manifeste - cette dictature économique à laquelle nous assistons actuellement. De sorte que, paraphrasant à nouveau ici le Marx de la toute première phrase de son "Manifeste du parti communiste", nous pourrions aisément dire, à notre tour, qu’un spectre hante l’Europe contemporaine : la dictature financière, que la lucide Viviane Forrester, en 1996, baptisa très justement, reprenant là une formule de Rimbaud en ses "Illuminations", d'"horreur économique" !

Yves Charles Zarka, professeur de philosophie politique à la Sorbonne, expliqua parfaitement bien, lors du colloque qu’il vient d’y organiser autour de la pensée comme de la figure de Jürgen Habermas, ce danger qui nous guette : "Nous vivons un moment décisif dans l’histoire de l’Europe, celui dans lequel le projet d’une Union est mis en péril et risque de sombrer dans une dislocation périlleuse pour les États, c’est-à-dire les peuples qui la composent." Et de conclure cet important débat par cette réflexion aussi dramatique, elle aussi, que judicieuse : "Ce n’est pas seulement l’Union Européenne qui est en péril, mais aussi la civilisation dont elle est porteuse."

L'économie contre la démocratie

D’où, urgente, cette autre question, fondamentale, pour l’avenir de nos sociétés modernes : cette Union Européenne que nous avons nous-mêmes appelé de nos vœux se construirait-elle, à l’heure actuelle, sur la destruction, non seulement des États, mais, plus spécifiquement encore, de la souveraineté populaire et, donc, contre la démocratie elle-même ?
Si tel était le cas, le paradoxe, bien évidemment, ne serait pas des moindres : ce serait ses propres valeurs, son rêve humaniste, sa vision de la liberté et sa conception de la tolérance, que l’Europe, par cette nouvelle forme de dictature - la dictature économique, précisément, après les diverses dictatures, de par le monde, politiques, idéologiques, militaires ou religieuses -, nierait, ainsi, de la manière la plus hypocritement vile qui soit.

Bref : la mondialisation, cet autre et nouveau nom du totalitarisme à venir ?

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Message le Dim 13 Nov 2011 - 18:38 par Mister Cyril

Jouyet: les citoyens se révolteront contre la «dictature des marchés»
Selon le président de l'Autorité des marchés financiers, les marchés «ont fait pression sur le jeu démocratique».
Les citoyens finiront par se révolter contre la "dictature de fait" des marchés financiers qui s'exerce depuis le début de la crise de la dette en zone euro, a estimé le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, dans un entretien au Journal du dimanche.

"A terme, les citoyens se révolteront contre cette dictature de fait", a prévenu M. Jouyet, à la tête du gendarme français des marchés. M. Jouyet, qui a été secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes de Nicolas Sarkozy, est proche du candidat PS à l'élection présidentielle, François Hollande.

Les taux d'intérêts, «bulletins de vote» des marchés
Les marchés "ont fait pression sur le jeu démocratique", a-t-il expliqué, soulignant qu'avec le départ, samedi, du président du conseil italien, Silvio Berlusconi, "c'est le troisième gouvernement qui saute à leur initiative pour cause de dette excessive".

Avant le renoncement de M. Berlusconi, son homologue grec Georges Papandréou en avait fait de même, mercredi soir. En novembre 2010, le Premier ministre irlandais Brian Cowen avait été contraint d'annoncer son départ en février 2011, après la mise en place d'un plan d'aide d'urgence à son pays.

"Pour les marchés, Silvio Berlusconi n'était plus l'homme de la situation et l'envolée des taux d'intérêt de la dette italienne a été leur bulletin de vote", a analysé M. Jouyet, observant que "Nicolas Sarkozy, à l'inverse, est plutôt bien noté pour le moment".

Standard & Poor's sous surveillance
Interrogé sur l'envoi jeudi, par erreur, d'un avis de dégradation de la note de la France par l'agence Standard and Poor's, M. Jouyet a estimé que, pour les grandes agences de notation, "la dette souveraine est devenue un produit d'appel et de notoriété".

L'AMF a annoncé jeudi soir avoir ouvert une enquête sur l'erreur de Standard and Poor's. Le commissaire européen aux services financiers, Michel Barnier, a également invité l'ESMA, l'autorité européenne de surveillance des agences de notation, à "tirer les conséquences" de cet incident.

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Message le Mer 9 Nov 2011 - 15:49 par Mister Cyril

Tiens une fois n'est pas coutume, un article de Marianne, pour nourrir le débat (grâce à notre ami Reynié)

"Les partis dits « populistes » continuent de progresser sur le continent européen. Au point que le politologue Dominique Reynié nous alerte sur le fait qu'un peu partout, ces formations deviennent l'alternative à la droite conservatrice, au détriment de la social-démocratie.

En ces temps de crise et d’abstentionnisme, le national-populisme se pare de vertus enchanteresses et salvatrices. L’extrême droite prospère, et dans son sillage, les partis dits « populistes » cheminent partout en Europe, en siphonnant l’électorat déçu des gouvernements de droite comme de gauche. En Norvège, en Suisse, en Autriche, ces partis dépassent les 20% aux élections législatives. En Finlande, ils y sont presque et tournent autour de 15% au Danemark, en Hongrie, aux Pays-Bas, comme le note Yann Mens, le rédacteur en chef d’Alternatives internationales (voir encadré ci-dessous).

De cette montée en puissance du « populisme », c’est ainsi qu’en parlent journalistes et commentateurs politiques anxieux, le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste des nationalismes et extrémismes en Europe, distingue trois catégories : l’extrême droite traditionnelle (comme le FPÖ, Parti autrichien de la liberté), les partis issus de l’extrême droite qui se sont modernisés et qui ont réussi leur enracinement (comme le Front national en France ou le Vlaams Belang en Belgique) et enfin les droites populistes xénophobes radicalisées, enfantées par la droite conservatrice ou libérale (comme l’Union démocratique du centre (UDC) en Suisse, le Parti du peuple danois (DF) ou le Parti de la liberté (PVV) du néerlandais Geert Wilders, lequel compare le Coran à Mein Kampf).

Tous ces mouvements rejettent d’une même vocifération les élites politiques, la mondialisation et le multiculturalisme, avec pour principaux ennemis l’Europe et l’étranger – la première étant jugée responsable de l’« invasion » du second.


Défense du niveau de vie et du style de vie
Dans le dernier numéro de la revue Commentaire , le politologue Dominique Reynié interprète une étude sur l’état de la droite en Europe, réalisée par la Fondation pour l’innovation politique, créée en 2007 avec le soutien de l’UMP et dont il est le directeur général. La poussée populiste qui s’opère depuis le milieu des années 1990 résulte notamment, écrit Reynié, du basculement électoral des classes populaires, abandonnées par les partis socialistes et séduites aujourd’hui par un « ethno-socialisme » efficace, en clair la préférence nationale.

« Les partis populistes, argumente le politologue, articulent une proposition de défense du niveau de vie menacé par la globalisation – soit le patrimoine matériel – avec une proposition de défense du style de vie menacé par l’immigration et le multiculturalisme – soit le patrimoine immatériel. Ce sont les seuls à prendre ainsi en charge politiquement toutes les dimensions de l’existence. » Les gouvernements de droite et de gauche étant devenus purement matérialistes.

Considérant cette avancée, les partis de droite devraient-ils s'approprier les thèmes des populistes pour affaiblir leurs mouvements, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy en 2007, en reprenant les thèmes de prédilection de Jean-Marie Le Pen – la violence, l’immigration et l’identité nationale ? Surtout pas ! rétorque Dominique Reynié, qui alerte sur ce danger : « La conjonction d’une disparition de la social-démocratie et d’une montée en puissance du populisme a pour effet logique de recentrer la droite européenne. Il est donc inapproprié à la nouvelle situation politique de rapprocher la droite des partis populistes. »

Car oui, pour le politologue de droite, la gauche social-démocrate n’est plus une menace. Comme le communisme il y a vingt ans, elle est en passe de disparaître. Et ce pour « trois raisons historiques » : la globalisation met la pression sur les travailleurs, l’Etat-providence mine la puissance publique, alors que les thèmes de sécurité et d’immigration s’imposent du fait du vieillissement de la population, en proie à une déprise inquiète de son identité culturelle. « L’histoire ferme la porte du pouvoir à la gauche. La crise de la dette la ferme à double-tour », condamne Reynié.

Du Parti socialiste européen (PSE), jugé trop libéral, trop atlantiste, trop compromis, trop éloigné du peuple parce qu’embourgeoisé (jugent même certains), les électeurs n’attendent plus de réelles perspectives mais une alternance, à défaut d’une alternative au libéralisme économique et ses conséquences sociales – une alternance en dépit de velléités politiques réformistes, comme par exemple celles en France de Mélenchon, Montebourg et aujourd’hui Chevènement qui tentent de faire « bouger les lignes ».

De l’aveu même du porte-parole du PS français, Benoit Hamon, « une partie de la gauche européenne ne conteste plus qu’il faille, à l’instar de la droite européenne, sacrifier l’Etat-providence pour rétablir l’équilibre budgétaire et flatter les marchés. (…) Nous avons été en plusieurs lieux du globe un obstacle à la marche du progrès. Je ne m’y résigne pas (1) »…

Si la dépréciation de la gauche européenne participe inévitablement du déclin de l’Europe au profit des nouvelles forces populistes, doit-elle pour autant en être jugée responsable ? Dominique Reynié ne rappelle-t-il pas, dans son article, que dix-neuf des vingt-sept pays de l’Union européenne sont dirigés par la droite ?

Que les euroseptiques se rassurent : leur salut passera par la droite, persiste Dominique Reynié, puisqu'elle présente « un profil philosophique, idéologique et culturel plus en phase avec le monde qui s’impose : celui du marché, de l’entreprise, de l’Etat économe, des sociétés vieillissantes, de la préoccupation pour la sécurité… » C'est ainsi que la droite se défausse des responsabilités qui sont aussi et surtout les siennes, en taxant de « populisme » - mot désormais dévoyé - des personnalités nationalistes voire d'extrême droite. N'est-ce pas le meilleur moyen d'en faire les garants de la parole du peuple ? Aussi Dominique Reynié ne fait-il pas du « populisme » un mot-valise confortable, évitant ainsi d'évoquer les vraies raisons de son ascension, à savoir l'effondrement d'un système ?

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Message le Dim 6 Nov 2011 - 19:14 par brusyl

ah vouais, j'avais même pas remarqué que t'étais cité (ni moi non plus d'ailleurs faute d'avoir lu l'article) mais c'est bien payé remarque,compte tenu du nombre de posts que tu mets : un ? deux par semaine ? ... c'est un bon ratio !

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Message le Dim 6 Nov 2011 - 17:30 par Mister Cyril

Bien sûr moa je suis cité en tout petit alors que Madame Bru a droit à une police en gras pffffft quelle fayotte!!! Même pas jaloux...!!!


http://www.marianne2.fr/Grece-le-referendum-vu-par-les-mariannautes_a212256.html

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Message le Mer 2 Nov 2011 - 12:27 par brusyl

vouais, je l'ai regardé ce matin, et je me suis dit qu'il pédalait dans la choucroute, devait pas encore avoir bu son café du matin !

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Message le Mer 2 Nov 2011 - 11:56 par Mister Cyril

Pour ceux que ça intéresse...des nalyses hypothétiques sur les motivations de Papandréou (ça m'interpelle même si c'est de la sousoupe politique)

http://www.pauljorion.com/blog/?p=30372#more-30372

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Message le Mar 1 Nov 2011 - 21:16 par Mister Cyril

Séisme dans la zone euro après l'annonce d'un référendum en Grèce :

La zone euro a brutalement replongé dans l'instabilité mardi après l'annonce surprise d'un référendum en Grèce, un coup de poker qui menace le plan de sauvetage sur lequel les partenaires européens d'Athènes s'étaient laborieusement mis d'accord la semaine dernière.

Stupeur et indignation dominaient les réactions en Europe et dans le monde à l'annonce surprise, lundi soir, de ce référendum sur le plan de sauvetage par le Premier ministre grec Georges Papandréou. L'agence de notation Fitch a averti qu'un "non" des électeurs grecs menacerait la viabilité de toute la zone euro.

Le président Nicolas Sarkozy s'est entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel, à deux jours d'un sommet du G20 à Cannes (sud de la France) au cours duquel la zone euro espérait obtenir le soutien des autres grandes puissances à ses efforts pour sauver la Grèce.

Les deux dirigeants sont "déterminés à faire appliquer le plan de sauvetage.

Il est "la seule voie possible pour résoudre le problème de la dette grecque", a martelé Nicolas Sarkozy à l'issue d'une réunion interministérielle à l'Elysée.


Le message que les deux poids lourds de la zone euro doivent adresser mercredi à M. Papandréou est brutal, mais limpide. "Il a le droit de faire un référendum, mais avant Noël et uniquement pour poser la question de l'appartenance à la zone euro", a commenté une source proche du gouvernement français, "et s'ils disent +non+, eh bien qu'ils en sortent".

Les dirigeants allemand et français, ainsi que ceux de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, se réuniront dès mercredi à Cannes, avant de rencontrer M. Papandréou.

Dans la zone euro, toutes les Bourses ont dévissé, les actions des banques subissant une descente aux enfers. A la clôture, Paris a lâché 5,38%, Francfort 5%, Milan 6,80%, Madrid 4,19%. Athènes a plongé de 6,92%.

Londres a terminé sur un recul de 2,21%, Wall Street creusait ses pertes à la mi-journée, et l'euro se dépréciait fortement face au dollar.

Le coup de poker de M. Papandréou a "pris les marchés par surprise et les a choqués", a estimé à Paris la société de courtage IG Market.

L'Italie, de plus en plus dans le collimateur des marchés, a vu ses taux sur le marché de la dette s'envoler. Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi s'est engagé auprès de Mme Merkel à prendre des mesures "dans de brefs délais", alors que Rome a promis à Bruxelles de présenter les grandes lignes d'un plan ambitieux de relance de la croissance d'ici au 15 novembre.


"Je ne peux pas exclure" une faillite de la Grèce en cas de non au référendum, a averti le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Il a confirmé que M. Papandréou avait "pris sa décision sans en informer ses collègues européens".

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a comparé le référendum à "un coup de dés"."Si cela échoue ce sera le bazar!", a-t-il mis en garde.

La Maison Blanche a réagi avec plus de prudence, le porte-parole du président américain Barack Obama se contentant de dire que cette annonce surprise "renforçait l'idée que les Européens doivent expliquer davantage et appliquer rapidement les décisions qu'ils ont prises la semaine dernière".

A Bruxelles, les présidents de l'UE Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne José Manuel Barroso, ont néanmoins dit avoir "pleine confiance" dans le respect par la Grèce de ses engagements à l'égard de la zone euro.

Dans un communiqué commun, les deux principaux dirigeants de l'UE ont estimé que le plan conclu à l'arraché dans la nuit du 26 au 27 octobre à Bruxelles, qui prévoit une recapitalisation des banques européennes afin qu'elles puissent réduire de 50% leurs créances sur la Grèce, était "le meilleur" pour Athènes.

L'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les grandes banques du monde, a fait savoir pour sa part qu'il s'en tenait à l'accord de Bruxelles et a "réaffirmé son intention d'aller de l'avant".

Le référendum en Grèce devrait avoir lieu en janvier et sera le premier dans le pays depuis celui qui avait aboli la monarchie en 1974. L'annonce a fragilisé davantage le gouvernement Papandréou, qui va demander la confiance du Parlement au cours d'un vote vendredi.

La fronde de plusieurs parlementaires socialistes, dont l'une a réclamé un gouvernement "de salut national" pour garantir l'exécution du plan de sauvetage, a réduit à 152 sur 300 le nombre de députés acquis à M. Papandréou.

Le Premier ministre grec, qui s'est entretenu avec Mme Merkel mardi matin, a réaffirmé que le référendum allait "renforcer le pays dans la zone euro". Il devait présider en fin d'après-midi un conseil ministériel de crise.

Le politologue grec Ilias Nikolapopoulos l'a accusé d'avoir pris une décision potentiellement "suicidaire pour le pays".

"Que va-t-il se passer si le peuple dit +non+? Le risque est que la communauté internationale coupe l'arrivée d'argent et que le pays finisse par quitter l'euro", après avoir fait défaut, a commenté à Francfort Christoph Weil, analyste à la Commerzbank.

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Message le Mar 1 Nov 2011 - 19:31 par Mister Cyril

Il y aura des articles plus intéressant que celui-là et je crois que cette farce va vite rentrer dans l'ordre (trop suspicieux, parano???) mais elle touche à tout ce qui m'interpelle en ce moment, crise, marché et pseudo démocratie avec référendum où un seul choix est possible...mais la levée de bouclier qu'elle provoque témoigne plus que bien que le peuple n'est rien à côté de la finance et que le vote n'est plus qu'un rituel archaïque, has been voire dangereux quand il sort des clous définis par les institutions légales (pour ne pas dire totalement vérouillé) et les élections traditionnelles...

On va se poiler...

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