Occupons le vote

Page 3 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

24012012

Message 

Occupons le vote







Nous, Vacarme, déclarons que nos amis qui ne votent pas et s’en justifient, tout comme les défenseurs du vote blanc, sans parler des derniers tenants du « vote révolutionnaire », commencent à nous fatiguer sérieusement. Parce qu’ils accordent bien trop d’importance au vote, au fond le sacralisent autant que le principe de représentation, et nous obligent à y penser et à produire des contre-argumentations alors qu’on aimerait bien s’en débarrasser au plus vite et passer à des questions politiques plus sérieuses ou plus drôles. Voter dans nos démocraties malades est un acte politique faible, déritualisé, sans enjeux décisifs vu la proximité des politiques suivies par les deux grands partis susceptibles de gagner. Mais cela reste, malgré l’érosion de la participation, l’acte politique le mieux partagé. Car c’est bien souvent le dernier acte politique commun que l’on peut partager non seulement avec sa famille, ses voisins de palier, sa chef ou son boulanger, mais encore, pour parler comme J. D. Salinger, avec une grosse dame que l’on ne connaît pas et que l’on ne connaîtra jamais, qui habite au loin, qui est vieille et malade, regarde toute la journée les informations dans un fauteuil en osier, mais se lèvera pour aller voter et aux deux tours. Il y a là comme un parfum de fraternité invisible et insue sur laquelle on ne crachera jamais et que les débats trop savants sur la légitimité du vote nous gâchent un peu. Il y a aussi une forme de beauté dans l’idée simplement égalitaire qu’une voix compte autant qu’une autre. S’il est certain, comme le disait autrefois Gilles Deleuze, qu’à chaque élection le niveau de connerie collective monte, et particulièrement pour les élections présidentielles, écrasant toutes les distinctions subtiles sous une lutte des camps bien plus indigeste et mensongère que la lutte des classes et diluant toutes les propositions un peu novatrices sous une langue de bois, on ne peut pas refuser complètement a priori une telle diminution de la vie de l’esprit. Ernesto Laclau a sur ce point des arguments assez costauds : pas de politique démocratique sans simplification et populisme bien compris. Ce qu’on peut entendre très simplement : aimer la politique c’est assumer aussi un certain amour de la connerie, ou une certaine pitié pour les cons (y compris, et avant tout, tous ceux qu’on cache en soi), ou au moins une dialectique un peu plus subtile entre l’esprit de finesse et l’esprit de connerie. A contrario, ceux qui refusent tout le rituel électoral et méprisent la bêtise et l’inculture de notre personnel politique, certes incontestables aujourd’hui, risquent non seulement de finir par nous dépolitiser complètement à force de raisonnements intelligents mais par ne même pas parvenir à cacher leur propre sottise (parce que crier « tous les mêmes », en termes de simplisme et de populisme, ça se pose là aussi). Pour ces deux raisons, et pour tous ceux qui partagent la même fatigue, nous avons décidé d’écrire ce texte. Nous le faisons une fois. Et puis plus jamais.

merde à la morale

On connaît les arguments pour arrêter de voter. Ils sont souvent avancés par ceux qui sont aujourd’hui le plus constamment engagés sur le terrain, et ils ont de quoi ébranler. Le vrai geste libre serait de ne pas donner sa voix, de ne pas mettre son bulletin dans l’urne, et de faire de ce refus la pointe militante d’une critique.

Pourquoi voter quand la vraie démocratie se joue ailleurs, dans les marges du jeu institutionnel ? Quand sur la Puerta del Sol, chez les Indignés, dans les mouvements Occupy, dans les associations, chez certains chercheurs, se sont inventés et se pratiquent des formes de délibération, de prise de décision et de désignation des porte-parole qui apparaissent comme des critiques en acte de la logique aristocratique de l’élection ?

Pourquoi voter pour mettre un chef à la place d’un autre, dans un régime présidentialiste qui préfère l’amour d’un seul à la délibération du Parlement, sans même parler des quartiers et des entreprises, des conseils et des soviets comme on disait autrefois ?

Pourquoi voter quand cela revient à légitimer le grand barnum des campagnes : omniprésence des sondages d’opinion et de leurs commentaires, personnalisation à outrance, imposition des problématiques par les logiques médiatiques, etc. ?

Pourquoi voter quand les programmes, en raison de la logique électorale, ne se permettent plus la moindre ambition ? Il y a quelque chose de désespérant à comparer ce que produisent les laboratoires d’idées des partis de gauche et ce qui s’énonce dans les propositions des candidats.

Pourquoi voter tous les quatre ou cinq ans quand agences de notations et marché votent au jour le jour, imposant des politiques qui ne sont pas soumises à délibération, et, le cas échéant, font et défont les gouvernements ?

Pourquoi continuer d’aller voter au terme d’une décennie traumatique, dont le principal enseignement est que les politiques tiennent si peu compte des raisons qui les ont menés au pouvoir, et parfois même des résultats ? Qu’on se souvienne de Jacques Chirac, majoritairement élu par des voix de gauche le 5 mai 2002, et qui ne tira d’autre leçon du 21 avril que la nécessité d’opérer un franc virage à droite. Qu’on se rappelle la façon dont fut entendue la victoire du « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen (TCE) en 2005, avec l’interruption d’un processus de consultation populaire dans les autres pays d’Europe et l’adoption en 2007 d’un traité modificatif de Lisbonne qui institue, sans le moindre contrôle citoyen, ce qui avait motivé le refus du TCE deux ans auparavant. Et qu’on se rappelle plus encore la manière dont ce « non » est entendu aujourd’hui par les candidats à la présidentielle comme un appel à oublier l’Europe. À quoi bon voter quand les interprétations que ceux qui nous gouvernent ou aimeraient nous gouverner sont toujours les plus basses et les plus lâches ?

D’autant que face à de telles questions, il est insupportable de réentendre le vieux discours de la « gauche morale et responsable ». En particulier trois contre-arguments particulièrement culpabilisateurs. Celui qui rappelle que le vote est un droit acquis de haute lutte, « pour lequel beaucoup sont morts dans l’Histoire et continuent de mourir dans le monde ». Cet argument est infantilisant et revient, en gros, à dire à un môme de finir son assiette parce qu’il y a la faim dans le monde. Celui qui énonce doctement que le vote est un devoir. Parce que ce principe de morale républicaine se résume le plus souvent à une tautologie, « il faut voter parce qu’il faut voter », et exempte de s’interroger sur la désaffection du vote. Et le pire de tous, celui qui prétend que ne pas voter ou voter blanc c’est de facto voter Sarkozy, ou Hollande sinon Le Pen, en tout cas pour le vainqueur. Contre-argument d’allure sartrienne — ne pas vouloir choisir, c’est encore choisir, et acquiescer d’avance au choix majoritaire des autres — mais effectivement le plus culpabilisateur et surtout le plus bête : à raisonner comme Sartre on finit par dire que « même un enfant est responsable de la guerre » — et c’est plus que bête, c’est abject.

De surcroît, en raison même de leur moralisme culpabilisateur, ces contre-arguments sont triplement contre-productifs. Ils sont vains contre ceux qui ne votent pas pour des raisons morales : voter, sans pleine adhésion aux idées de celles et ceux pour qui on vote, sera toujours un geste impur, et on ne convainc pas des âmes morales, donc éperdues de pureté, en défendant un geste impur pour des raisons elles-mêmes morales. Ensuite, par définition, on ne convaincra pas, et même au contraire, ceux qui ne votent pas pour des raisons politiques, ne supportant plus depuis des lustres la petite morale des bien-votants comme on dit les bien-pensants. Enfin, on ne convaincra pas ceux qui ne votent pas parce qu’ils se foutent et de la morale et de la politique.

C’est pourquoi il faut en chercher d’autres, non plus moraux mais politiques. Arguments politiques contre les âmes morales qui ne votent pas : la politique n’est pas l’art de délibérer du bien mais de choisir le meilleur ou le moins pire (c’est exactement la même chose), et merde à la morale — on ne se damnera ni ne se sauvera en votant, alors arrêtons sur ce terrain. Arguments politiques contre les âmes politiques : dans quelle stratégie politique s’inscrit notre vote et dans quelle stratégie s’inscrit votre non-vote, comparons et que le meilleur convainque l’autre, c’est le jeu. Et arguments politiques contre les amoraux apolitiques parce que dans la politique, et non dans la morale, il y a toujours autre chose que de la politique et de la morale : du rire, du jeu, de la vie. Faire de la politique, c’est toujours aussi faire autre chose que de la politique. Y compris quand on vote.

C’est tout cela qu’il faut rappeler. Mais alors avec quels autres arguments, plus proprement et improprement politiques ?

communauté du non

Premier argument, le plus faible, mais le premier : votons en 2012 pour barrer la route à Sarkozy. Certes, c’est encore une fois voter contre. Mais ce vote contre aujourd’hui, cette sorte de vote noir, bilieux, atrabilaire, ce vote du pas-content-qui-ne-sourit-pas et qui s’opposerait au vote adulte, mature, engagé, réfléchi, le vote de celui qui a bien lu tous les programmes (et qui n’existe peut-être pas), ce vote dont il est coutume de se plaindre parce qu’il serait devenu le signe mélancolique de nos démocraties de masses occidentales, ce vote-là, en 2012, sera vivant. Ce président a érigé en gouvernement un système dont tout ou presque a déjà été dit. Il est temps néanmoins d’articuler nos griefs en raisons positives. Le racisme d’État qui est devenu la voix commune de tout un gouvernement, avant et après remaniement, construit un front de guerre qui a besoin de toutes les voix pour être vaincu et le vote contre se légitime alors doublement : parce qu’il articule le désir d’en finir avec une politique qui ne cesse de dresser les pauvres contre les pauvres en vertu d’une prétendue défense de la laïcité et en criminalisant sans cesse les populations issues de l’immigration, et parce qu’il veut aussi se faire l’écho de la décision historique du Sénat concernant le droit de vote des étrangers. Le vote du Sénat n’est pas seulement un vote symbolique : il programme à plus ou moins long terme au menu de la délibération parlementaire la discussion de cet enjeu dans l’histoire de la démocratie. Voter contre, c’est se donner la chance qu’une telle délibération advienne pleinement. Une autre raison de voter contre sans s’engager pleinement derrière un représentant plutôt qu’un autre : le démantèlement du service public. Si Sarkozy est réélu, en effet, c’est l’autoroute pour la mise en place durable et définitive d’un modèle néo-libéral, à la façon d’un Reagan ou d’une Thatcher auxquels le temps n’a pas manqué pour imposer un nouveau modèle de société, celui-là même que nous ne voulons pas. Sans parler du désir de se débarrasser de la république des petits chefs qui s’est insidieusement mise en place et qui gouverne les fonctionnaires à coup de mises à pied, de blâmes, de promesses de primes ou d’agitation du devoir de réserve. Enfin, la politique du fait-divers qui envahit l’espace public et qui revient à placer en criterium du politique le crime dégueulasse ou le viol immonde, nous voulons aussi, plus que tout, nous en débarrasser. Parce que nous sommes fatigués d’une clique raciste, xénophobe, autoritariste, nous prendrons donc avec joie le chemin du vote-sanction, comme l’appellent les journalistes. La criminalisation ouverte, affichée, successive de toutes les catégories les plus fragiles de la société, des mineurs transformés en délinquants aux fous transformés en déviants à enfermer, en passant par les Roms à évacuer, nous n’en voulons plus. Et d’abord pour des raisons politiques.

Car la seule question qui vaille n’est pas de savoir jusqu’à quel point le nouvel et innommé avatar de la gauche plurielle qu’on nous propose aujourd’hui contre Sarkozy pourra s’avérer réellement hermétique à la néo-libéralisation, continue depuis trente ans, du capitalisme d’aujourd’hui. La seule question est double. Elle est de savoir d’une part si, quelle que soit la forme que puisse prendre un gouvernement alternatif au sarkozysme, il pourrait s’avérer pire encore que l’actuel, et d’autre part de savoir si une politique du pire est aujourd’hui souhaitable ou non. Or, à la première question, la réponse est clairement non, ça ne peut pas être pire : quels que soient les compromis du PS avec les marchés et ses frilosités en termes de mœurs et de culture, quels que soient les absurdes calculs politiciens d’EELV et ses incompréhensibles querelles de chapelle, quels que soient les relents nationalistes douteux du mélenchonisme, ce ne peut pas être pire. De ce point de vue, peu importe pour qui l’on votera au premier tour, chacun peut faire les calculs qu’il estime justes car bien malin qui dira d’avance lesquels seront les plus justes ou les plus efficaces : l’essentiel est que s’en dégage une alternative crédible, aussi ténue soit-elle. Car à la seconde question il faut répondre non aussi. Les mouvements de contestation extra-gouvernementaux en Grèce, en Espagne, en Angleterre, se trouvent-ils mieux de faire face à des gouvernements explicitement néo-libéraux ? Qui peut le prétendre ? La question du (non)-vote du pire n’est pas une question absurde, c’est la question de l’influence du gouvernement sur les mouvements sociaux avant et après le vote. Après tout, on peut bien penser que les sept ans de giscardisme furent moins terribles que les années Mitterrand. Mais les temps ont changé et cette question nous semble exiger une réponse claire depuis trente ans : le néo-libéralisme est une nouvelle stratégie pour mettre à sac les mouvements sociaux, pour s’appuyer même dessus afin de les briser et d’aller un peu plus loin. Cette stratégie du choc et de la provocation frontale est déjà en soi une politique du pire : croire qu’on peut y résister en lui abandonnant tous les leviers institutionnels est une parfaite illusion. Il faut préférer aujourd’hui l’équipe B du capitalisme, sans aucun doute possible : non parce qu’elle serait meilleure en soi et à tous les niveaux, mais parce qu’on peut espérer davantage lui résister.

du contre au pour : des impôts et des écoles

Si l’on en croit les programmes de tous les candidats à la gauche de Bayrou, il y a au moins un point où le vote contre peut devenir un vote pour : l’impôt. Changer profondément la fiscalité française, c’est-à-dire reprendre la main sur ce qui a été abandonné par la gauche depuis les années 1990 dans tous les pays industrialisés ou presque. Nul doute que l’idée d’une révolution fiscale ne fait rêver personne, et pourtant, elle n’est rien moins que le cœur du problème de nos sociétés.

Au moins trois arguments le prouvent : d’abord, c’est l’abaissement des taux d’imposition des ménages les plus aisés qui a contribué à réduire substantiellement les recettes fiscales et a permis de justifier que la lutte contre les déficits publics rende presque non négociables les baisses des dépenses. Ensuite, c’est l’opacité du système fiscal qui mine le lien social en entretenant, voire en créant, une méfiance généralisée, un soupçon que l’autre est toujours mieux loti que soi, ou que l’autre n’a pas eu à payer ce qui nous coûte si cher. Or, cette méfiance est non seulement le terreau de l’extrême-droite mais apparaît aujourd’hui, même aux économistes (voir l’ouvrage remarqué de Yann Algan et Pierre Cahuc, La Société de défiance, 2006), comme un handicap majeur à l’innovation économique et plus globalement à la croissance. Enfin, ce sont les politiques fiscales qui différencient les gouvernements nationaux et manifestent les choix politiques des citoyens : face à une harmonisation à la baisse des taux d’impôt sur le revenu, face à la concurrence fiscale sur l’impôt sur les sociétés (Irlande en tête), face à la quasi-disparition des droits de succession (notamment dans l’Italie de Silvio Berlusconi) qui sont pourtant le principal moyen de réduire un peu les inégalités à la naissance, ou plutôt d’empêcher la formation d’aristocraties économiques figées, il est plus que temps de hurler.

Hurler que nous ne voulons plus que les plus riches voient leurs contributions diminuer quand la TVA pèse plus lourdement sur les plus pauvres. Hurler que nous savons aujourd’hui que l’impôt sur le revenu en France est régressif surtout pour les 0,1% les plus riches (qui en moyenne ont un taux d’imposition de 35% contre plus de 40% pour les 10% les plus démunis). Hurler que ce système inégalitaire est miné par les niches fiscales, les exemptions de taxation sur les hauts revenus et surtout par la moindre taxation des revenus du capital.

Car, après tout, ce n’est pas comme si nous ne savions pas où tout ceci nous mène : les États-Unis et la Grande-Bretagne nous ont montré la voie, et les résultats parlent d’eux-mêmes. Plus de 46 millions d’Américains vivent désormais sous le seuil de pauvreté (fixé à 22 000 dollars par an pour une famille de quatre personnes), « un record depuis 52 ans que le bureau de recensement comptabilise ces données » (selon Thomas Cantaloube, Mediapart, 15 septembre 2011). « En dollars constants, le revenu moyen d’un foyer a diminué de 7% depuis son apogée en 1999 et se retrouve au même niveau qu’en 1996 » ; et toujours depuis 1999, « les 10% de foyers les plus pauvres ont perdu 12,1% de leurs revenus […] alors que les 10% les plus riches perdaient seulement 1,5%. Quant aux 1% des foyers les plus riches des États-Unis, ils ont vu leurs revenus augmenter, et aujourd’hui, ils gagnent autant que la moitié la plus pauvre du pays ! ».

Quant au Royaume Uni, la dernière enquête de l’OCDE sur les inégalités estime qu’il est le quatrième pays (après le Mexique, les États-Unis et Israël) à avoir connu la plus forte progression des inégalités. Les 10% les plus riches y ont en effet vu leur revenu réel croître en moyenne de 2,5% du milieu des années 1980 à la fin des années 2000 alors que les 10% les plus pauvres n’ont vu le leur augmenter en moyenne que de 0,9% par an. C’est encore pire en Israël où le premier décile a connu une croissance moyenne de son revenu réel de 2,4% tandis que le dernier décile a subi une baisse du sien de 1,1% en moyenne par an. Plus généralement, dans la zone OCDE « le revenu moyen du décile le plus riche de la population est aujourd’hui environ neuf fois celui du décile le plus pauvre, soit un ratio de 9 à 1. Ce ratio est toutefois très variable d’un pays à l’autre. Il est très inférieur à la moyenne de l’OCDE dans les pays nordiques et dans de nombreux pays d’Europe continentale, mais monte à 10 en Corée, en Italie, au Japon et au Royaume Uni ; à 14 aux États-Unis, en Israël et en Turquie : et à 27 au Chili et au Mexique » (p. 3 du résumé du rapport de l’OCDE).

Or l’un des enseignements de ce rapport est le constat que jusqu’au milieu des années 1990 « les dispositifs fiscaux et sociaux de nombreux pays de l’OCDE compensaient plus de la moitié de la hausse des inégalités des revenus marchands. [Mais] alors que ces inégalités ont poursuivi leur progression après le milieu des années 1990, la plus grande part de l’effet de stabilisation des impôts et des prestations sur les inégalités de revenus des ménages a reculé » (p. 17). Ainsi, une refonte de la fiscalité visant à lui redonner, ainsi qu’à la politique sociale, les moyens de corriger beaucoup plus fortement les inégalités de revenus des ménages est bien indispensable, même l’OCDE le suggère ! Évidemment, une telle révolution fiscale ne saurait faire changer à elle seule le monde, mais nous défendons qu’elle en est un moyen incontournable, à mettre en œuvre immédiatement.

Par ailleurs, et parce que nous pensons, avec l’OCDE, que « toute stratégie visant à réduire la fracture croissante entre les riches et les pauvres devrait reposer sur trois grands piliers : un regain d’intensité des investissements dans le capital humain ; une politique solidaire en matière d’emploi ; et l’existence de politiques redistributives fiscales et sociales de qualité », il nous faut ajouter au moins une deuxième raison d’aller voter en avril prochain : l’éducation. En matière d’investissement en capital humain, l’Éducation nationale, ou l’éducation tout court, a été passablement laminée par le gouvernement de droite que nous subissons. Que la gauche fasse vraiment mieux n’est pas sûr. Mais elle pourrait difficilement faire pire. Et qu’elle annonce prendre enfin en compte, à juste titre, la maternelle et l’élémentaire, est un début qui nous intéresse — quand bien même ce ne serait qu’un début, ou un minimum.
avant, pendant, après : puissance de perturbation

Voter contre un pouvoir en place, voter pour une partie de programme, ne fait sauter personne de joie. Mais reste dans l’expression populaire qu’est le vote la possibilité d’une perturbation rappelant à ceux qui l’auraient oubliée que nos gouvernants préféreraient faire sans nous. Quand François Baroin, ministre de l’Économie et des Finances, explique à l’Assemblée Nationale que les socialistes sont arrivés au pouvoir en 1997 « par effraction », il nous donne l’agréable — et inquiétante il faut l’avouer — impression que certaines victoires électorales parfaitement régulières sont ressenties comme des cambriolages. Quand presque partout en Europe s’élèvent les protestations de responsables politiques contre l’idée saugrenue de l’ex-Premier Ministre grec Georges Papandréou de soumettre l’accord passé entre l’Union européenne et son pays à un référendum populaire, les masques tombent : aurait-il été si fou de demander aux Grecs leur avis ? Certes, ces ingrats de Grecs auraient pu refuser. Mais n’est-ce pas ce qu’on appelle la démocratie ? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, nos élus craignent le vote. Impossible alors de ne pas profiter de ce rare pouvoir qu’ils nous concèdent.

D’ailleurs, le refus de la droite d’étendre le droit de vote aux étrangers aux élections locales, et le peu d’empressement de la gauche à l’imposer, constituent une autre manifestation de son pouvoir perturbateur. Le vote des résidents extra-communautaires fait peur à la majorité gouvernementale, à l’image de Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, qui brandit la menace communautariste, les étrangers étant voués, selon lui, à choisir des non-Français pour représentants. Ce vote inquiète au-delà tous ceux qui considèrent que cette question n’est pas une priorité ou qui refusent de délier citoyenneté et nationalité aux élections locales, au point d’exclure environ deux millions d’individus de la communauté politique.

Les étrangers ne sont pas les seuls à être mis au ban. Les jeunes, les pauvres, les « nomades » et les détenus sont aussi tenus à l’écart. Nombre d’électeurs en effet ne se déplacent pas lors des élections, non par choix, mais parce qu’ils sont de fait écartés du vote. Aux obstacles dressés sur le chemin des nouveaux inscrits s’ajoutent les difficultés liées à la condition de domiciliation. Depuis la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, votée le 29 juillet 1998, les personnes sans domicile fixe peuvent, en principe, s’inscrire sur les listes en demandant le rattachement à un organisme d’accueil, mais faute de réelle campagne d’information, ce texte a peu d’effets. Les gens du voyage bénéficient, eux, d’un dispositif dérogatoire, qui se révèle plus discriminant qu’efficace : ils doivent justifier de trois ans d’installation dans une commune, contre six mois selon la règle générale. Parmi les détenus qui ne sont pas déchus de leurs droits civiques, rares sont ceux qui exercent leurs droits car ceux-ci sont largement subordonnés à la volonté défaillante de l’administration pénitentiaire. Le peu d’efforts consacrés par les responsables politiques à intégrer ces ignorés du vote devrait être considéré comme un autre signe de la capacité perturbatrice du vote.

Cette puissance du vote se lit aussi, en creux, dans les moments où les personnes au pouvoir ne l’ont pas pris en compte. Or ne pas vouloir prendre en compte l’expression de la volonté populaire exprimée dans les urnes est un très mauvais calcul. Ni les institutions européennes, ni les gouvernements nationaux ne se sont saisis des référendum français et hollandais sur la Constitution européenne, en 2005, pour mettre en œuvre une Europe plus démocratique. Et c’est aussi ce qui fragilise le projet européen aujourd’hui. La puissance du vote, c’est que son résultat, s’il peut être ignoré, n’est jamais sans conséquence.

De ce dernier point de vue, aussi important que le moment d’avant le vote, importe le moment d’après le vote. Or comment penser les stratégies sociales d’après vote sans penser au vote lui-même ? On ne peut que soutenir une conception pleinement pragmatique du vote parce qu’elle est paradoxalement un bon gage pour l’avenir : savoir que l’on vote pour se donner de meilleures conditions pour les luttes et résistances qui suivront, c’est se préserver d’avance de la déception et de la désillusion. Il faut se souvenir ici que les fers de lance des déçus du socialisme, du blairisme et de l’obamisme sont constitués très majoritairement à la fois par ceux qui n’avaient pas voté pour eux et par ceux qui n’avaient fait que voter pour eux.
merde aux croyants

Considérer que le vote est question moins d’espérance et de crainte que de calcul stratégique, c’est se prémunir d’avance contre ces postures boudeuses et infantiles. « Ah, Mitterrand, tu m’as bien déçu », c’est la rengaine chantée par ceux qui refusent de penser sincèrement le vote pour ce qu’il est : un simple moment dans un faisceau de stratégies politiques plus larges.

Défendre une conception pragmatique, non simplement de son vote, mais surtout du moment politique du vote, c’est renoncer d’avance à l’illusion qu’il puisse « changer la vie » et le détacher de ce qu’il trimbale encore de sacralité, de fétichisme et de croyance. Le vote que nous défendons n’est pas un vote de croyance : ce n’est pas le vote de ceux qui ne croient plus, ni le vote de ceux qui espèrent croire, c’est celui qui refuse la téléologie du vote, pour privilégier les pensées du possible.

Ce qui suppose de découpler le vote de l’idée de la représentation : si l’on observe l’offre politique actuelle, il faut beaucoup d’abnégation en effet pour espérer être représenté par les technocrates du PS, et beaucoup d’illusion pour envisager que sa voix puisse être seulement portée par eux. Il faut rien moins qu’une fiction, mais une fiction de celles qui ouvrent la porte à toutes les désillusions, et conduisent à dire que la gauche est, somme toute, pire que la droite, parce qu’elle déçoit toutes les espérances. Sauf que si c’était le cas, et suivant le principe rationnel, éminemment défendu par Spinoza, qu’entre deux maux il faut toujours choisir le moindre — y compris quand il s’agit d’une tristesse — il faudrait voter à droite.

Mais cela revient aussi à renoncer gaiement à l’idée d’un vote de confiance, fut-il conditionnel. Car il n’y a aucune raison de faire confiance à des gouvernants : les logiques de carrière politique, comme les jeux d’appareils, et sans parler même de ce qui est si souvent advenu des promesses électorales, n’inspirent ni ne justifient la moindre confiance. Mais il n’y a pas là de quoi renoncer au vote, et pas davantage de raisons de s’y rendre comme on va se pendre. Bien au contraire : car un vote allégé de sa confiance se voit affecté, en retour, d’une positivité stratégique. Il assume pleinement de n’être qu’un moment, parmi d’autres, de l’expression et du combat politique.

Vacarme a suffisamment soutenu que les mobilisations des gouvernés, loin de se limiter à l’expression d’une indignation, constituent pleinement une politique, pour savoir aussi que cette politique-là ne peut être indifférente à la sphère gouvernementale. Car la défiance dont elle procède à l’égard des gouvernements, et qui n’a nullement vocation à être résorbée, va de pair avec un travail constant pour leur imposer des formes de problématisation différentes et pour leur arracher de nouveaux droits, de nouvelles libertés, de nouvelles extensions du domaine de l’égalité. Or dans une telle perspective, la question de savoir qui occupe le pouvoir est cruciale. Ce n’est pas seulement une question de programme. C’est avant tout une question de marge de manœuvre. Voter, c’est choisir, parmi les candidats, ceux sur qui la critique des manières de gouverner, la mise en lumière du grand écart entre les pratiques et les principes dont elles s’autorisent, a le plus de chance de peser. C’est opter pour ceux que les mouvements de gouvernés sauront le mieux embarrasser. Et c’est aussi, par voie de conséquence, désigner des gouvernants sous le régime desquels de tels mouvements ont le plus de chances et de raisons d’advenir.

Dès lors, renoncer à participer aux échéances électorales au motif qu’elles seraient sans commune mesure avec des modes d’expérimentation politique plus démocratiques, est aussi stérile que souscrire à l’idée, fondamentalement rousseauiste, que le tout de la démocratie se joue dans les urnes une fois tous les quatre ou cinq ans, comme voudraient le faire croire tant de politiques et de commentateurs professionnels. Le peuple a voté ! et il n’a plus qu’à se taire. Qu’on se souvienne des argumentaires sarkozystes au moment de la réforme de la retraite : « Dans le fond, vous avez voté pour ce président, aussi votre contestation n’est pas légitime ». C’est le propre des régimes démocratiques autoritaires que de centrer toute la liberté politique sur le vote à l’exclusion de toutes les autres pratiques, en tentant même de les opposer les unes aux autres : la manifestation, légitime certes, mais moins légitime que le vote présidentiel, la grève, légitime certes, etc.… Mais l’abandon du vote n’est que l’envers de sa sacralité piégeante. Il faut décidément cesser d’accorder trop d’importance à ce petit geste pragmatique : parions que ce ne sont pas les élections, mêmes présidentielles et avec des candidats guère florissants, qui empêchent le plus grand nombre de se révolter (hypothèse haute) ou de lire des revues et des livres (hypothèse basse). Bien au contraire. Car si l’on admet qu’une large partie des avancées sociales et politiques est le fruit d’une « bataille perpétuelle » (pour emprunter une formule de Michel Foucault) entre gouvernants et gouvernés, choisir ses gouvernants est bien un moment incontournable de cette bataille.

Mais, objectera-t-on, ne faudrait-il pas, selon cette logique, désigner le pire des gouvernements, c’est-à-dire aussi le plus susceptible de susciter contre lui des mobilisations ? On répondra que l’expérience des dernières années devrait avoir, pour l’heure, disqualifié le scénario, cent fois annoncé et toujours démenti, des troisièmes tours sociaux. Loin de favoriser les investissements militants et syndicaux, le durcissement continu de la droite a eu pour effet, au mieux, de les acculer dans des combats pour la conservation de ce qui pouvait encore être sauvé face à une entreprise systématique de restriction des libertés publiques et d’accroissement des inégalités, au pire de les décourager. On ne s’est plus battu, ces dernières années, pour arracher des droits, mais pour empêcher qu’ils soient restreints. On n’a plus lutté pour le droit de vote des étrangers, pour la liberté de circulation, pour repenser l’enseignement secondaire et supérieur, on s’est mobilisé au cas par cas pour empêcher telle ou telle expulsion, on a tenté de faire front contre la mise à bas des protections dont bénéficiaient les étrangers malades, pourtant gagnées de haute lutte à la fin des années 1990, on a résisté contre la loi Libertés et responsabilités des universités adoptée contre la presque totalité des communautés universitaires. Ces combats ont tous été perdus, épuisant souvent les forces de ceux qui s’y étaient engagés. Et la tendance, amorcée depuis 2002, à la criminalisation du militantisme s’est encore aggravée.

Faut-il rappeler que la France est l’un des pays démocratiques où le droit de manifester sur la place publique est le plus sévèrement contrôlé ? Les Indignés de la Défense le savent, qui se sont efforcés pendant quelques semaines de préserver leurs maigres campements contre des assauts musclés de la Police sous les yeux ahuris des compagnons de route espagnols ou américains de passage. Quant aux autres formes d’occupations de l’espace public, occupations des locaux, manifestations de sans-papiers, occupations des logements vides, distributions de tentes, elles sont presque toujours menacées du spectre de l’illégal !

Voter à gauche, fût-ce pour des candidats un peu désolants, c’est donc choisir de restaurer un climat propice à la conflictualité sociale et aux engagements citoyens. Historiquement, l’extension du suffrage s’est accompagnée d’autres modes d’expres​sion(développement des libertés publiques, rassemblements dans les rues, associations, théâtre militant critique). Jamais le suffrage — quand il a été pensé universel pour la seconde République — n’a été conçu seul, isolé des autres libertés. Par la suite, s’il demeure mais seulement détaché, coupé des autres libertés, alors la république ne se maintient plus que comme un spectre dont le coup de grâce est très vite donné par le coup d’État du 2 décembre puis par le plébiscite. On peut, par ailleurs, trouver parfois fatigante l’invocation incantatoire de 1936, comme si ce moment constituait le seul horizon de la gauche française, mais l’ampleur du mouvement de grèves qui suit immédiatement l’élection du Front populaire et prélude aux accords de Matignon, ainsi que l’augmentation considérable des adhésions syndicales qui s’ensuit, restent une référence. L’histoire, bien sûr, ne se répétera pas — impossible de croire aujourd’hui dans la conjonction de l’état de grâce et de l’ardeur militante qui caractérisa autrefois les débuts du Front populaire ; passée la joie d’en finir avec Sarkozy, il n’y aura pas d’état de grâce et ce sera très bien ainsi. Mais il faut travailler dès maintenant, dès avant le vote, pour qu’après le vote tous les mouvements sociaux encore vivants se saisissent de l’occasion pour empêcher que la brèche ouverte par la victoire électorale se referme trop vite : il y a aussi des Puerta del Sol et des Wall Street à occuper en France.

On aimerait croire, du reste, que les candidats actuels de la gauche comptent aussi sur ce scénario, qu’ils n’ont pas oublié le désastre de la gauche plurielle conduite par Lionel Jospin, dont l’accession au pouvoir doit beaucoup à l’énergie sociale et populaire de décembre 1995 ainsi qu’à celle des mobilisations des sans-papiers, des précaires, etc. qui animèrent les mois précédant l’élection : on sait comme elle s’appliqua aussitôt à éteindre cette énergie, réaffirmant la distinction entre gauche « politique » et gauche « sociale » et concédant hautainement à cette dernière quelques « guichets » où déposer des doléances renvoyées à leur « irréalisme ». Nous le payons encore aujourd’hui. Une fois au gouvernement, la gauche devra désormais savoir qu’elle a tout intérêt à trouver dans la rue, dans les syndicats, dans les mobilisations associatives, des contre-pouvoirs dont elle pourra s’autoriser pour secouer, notamment, le joug des marchés financiers, ou pour adopter des lois que la pusillanimité des candidats les font, au mieux, soutenir du bout des lèvres.

Si nous pensons en somme qu’il faut aller voter, c’est aussi pour obtenir que le moment du vote soit configuré autrement, en amont comme en aval. Car un peuple qui fait suffisamment peur pour qu’on ne se moque pas de lui, ce n’est pas un peuple qui dispose seulement du droit de vote mais un peuple « constamment délibérant ». C’est ainsi que les Thermidoriens avaient stigmatisé la période de l’an II, effrayante à leurs yeux car le peuple y était en effet sur le qui-vive, surveillant la qualité des lois qui se faisaient en son nom, surveillant la qualité des hommes qui agissaient en son nom, se réunissant très régulièrement pour ce faire dans des sections de quartier. C’est cette délibération qu’il s’agit de reconquérir et pour pouvoir lui donner forme, reconquérir des lieux. Nous sommes nombreux à avoir fait l’amère expérience de nous voir refuser une salle municipale pour avoir annoncé que l’enjeu de la réunion projetée n’était pas de faire du macramé mais bien de réfléchir collectivement et politiquement sans pour autant appartenir à un parti. La vie culturelle a été une manière de chasser la vie politique de proximité, celle où l’on noue les émotions et la raison dans la co-présence des corps. Et ce ne sont pas les conseils de quartier qui ne s’occupent que du quartier qui peuvent venir combler le manque, car la politique qui intéresse tout le monde dépasse bien sûr les bornes du quartier. Il faut voter pour réclamer que le vote ne soit plus tributaire d’un espace public confisqué aux simples quidams par les seuls partis et leur financement. Il faut voter pour arracher des lieux du politique. Pour pouvoir construire les rapports de force, les argumentaires, les outils, faire du vote un moment procédural et non l’alpha et l’oméga de la vie politique française, européenne, mondiale. Il faut entendre que si le vote n’est pas l’assurance d’une maturité démocratique, la capacité de tous à devenir des citoyens délibérant sur les affaires publiques passe par lui, a besoin de passer par lui.

« Il faut, disait Nicolas de Bonneville en 1791, que le peuple dont la liberté n’est pas imperturbablement affermie soit toujours sur le qui vive, il doit craindre le repos comme l’avant coureur de son indifférence pour le bien public et se faire une habitude de contredire et de disputer pour n’être pas la dupe de tant de vertus vraies ou affectées par lesquelles on pourrait le tromper. » Une telle vigilance ne sera possible en aval que parce qu’elle aura été réfléchie en amont. On ne construit pas des rapports de force seul devant son téléviseur le soir des élections, mais en affirmant qu’occuper le vote est déjà un bon prélude pour occuper le terrain. Car si l’espace public nous a été volé comme on nous vole notre temps, il nous appartient.

conclusion en forme de post-scriptum

Dans un esprit d’impartialité on voudrait rappeler pour finir que, s’il y a de mauvais arguments pour ne pas aller voter les 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin prochains, il y a pléthore de bons : être étranger et se voir refuser ses demandes de naturalisation depuis 15 ans ; avoir moins de 18 ans ; être déchu de ses droits civiques ; avoir perdu son emploi sous Mitterrand et sa maison sous Jospin ; se faire voler tous ses papiers le matin du vote ; partir le matin des élections vers son bureau de vote et se faire renverser par une voiture ; se faire renverser par une voiture la veille des élections, même l’avant-veille, même par une moto, même une semaine avant si le choc fut mortel ; plus généralement mourir avant le vote d’un accident quelconque, ou d’un cancer, d’une leucémie, d’une attaque cardio-vasculaire, de la grippe espagnole, du rhume (dans tous ces cas, vraiment, soyons justes, rien à redire) ; être dans le coma ; apprendre au moment de rentrer dans l’isoloir que son mari et ses sept enfants viennent de périr dans un incendie ; être interné pour crise mélancolique grave le matin du premier tour, même le matin du second tour ; oublier jusqu’à son propre nom le jour J et errer toute la journée dans les rues en se demandant tout du long pourquoi cette hâte et ce sentiment d’urgence inquiet ; souffrir d’un raptus amnésique et ne plus se souvenir que Nicolas Sarkozy est notre président depuis cinq ans et risque de le demeurer. Tout de même, il y aurait là l’embarras du choix.

http://www.vacarme.org/article2110.html
avatar
brusyl
Admin

Nombre de messages : 3110
Date d'inscription : 17/07/2008

Revenir en haut Aller en bas

- Sujets similaires
Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

Occupons le vote :: Commentaires

avatar

Message le Ven 23 Mar 2012 - 10:42 par Donald11

Augure a écrit:Cher Donald,

je ne suis pas sur d'avoir parlé de vote blanc, considérant, en effet, que vote blanc et abstention sont strictement et factuellement la même chose au delà du débat philosophique, mais tu fais bien de le rappeler, et j'en profite pour te saluer.
Il me semble que c'est Melody qui l'a évoque.
Amicales salutations.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Ven 23 Mar 2012 - 10:38 par Donald11

Ne confondons pas période électorale et pouvoir du Président ! Pour le moment, le but est de se faire élire. Pour les promesses, veuillez attendre le 6 mai (environ). Après, on pourra chanter ensemble :
Sarkhollande, nous voilà !
Devant toi, le sauveur de la France
Nous jurons, nous, tes gars
De servir et de suivre tes pas
Sarkhollande nous voilà !
Tu nous as redonné l'espérance
La Patrie renaîtra !
Sarkhollande, Sarkhollande, nous voilà !

Enfin moi, je chante faux !

Revenir en haut Aller en bas

Message le Mer 21 Mar 2012 - 16:24 par Invité

Chère Mélody, je persiste...

Je ne vois pas de différences fondamentales entre Hollande et Sarkozy, tu dis que Hollande serait social démocrate... peux tu m'expliquer ce que ça veut dire ? Et pourrais tu me citer des réalisations de sociaux démocrates occidentaux (hors pays nordiques) qui ne soient pas dans le sens de l'ultra libéralisme ? Au hasard hein... je ne suis pas difficile... je ne sais pas, un truc de Blair, de Zapatero, de Papandréou ou je ne sais qui d'autre.

Hollande, qui passe son temps à changer d'avis au gré des lobbying est peut être plus dangereux que Sarkozy, et je ne vois pas, comment tu pourrais savoir les limites de ce qu'il est prêt à céder... D'ailleurs, la porte qu'il a laissé ouverte pour l'exploitation des gaz de schiste est la très claire démonstration que Hollande est un homme du système, et qu'il ne compte pas du tout s'y opposer, bien au contraire. Hollande n'est pas un homme de conviction, il se présente lui même comme un homme de compromis. Cela ne me gène pas en soi, sauf qu'entre conciliation et compromission il n'y a qu'un fil qu'il est très facile de franchir. Qui crois tu qui fasse le plus peur à Hollande, entre, le peuple et les instances internationales économiques ? Les banques et le système en entier mettent le couteau sous la gorge des gouvernants, crois tu que Hollande a la stature pour s'y opposer et crois tu qu'il en a la volonté, alors que tout dans son discours démontre son acceptation du système qu'il ne remet jamais en cause et cela notamment en prônant la croissance à tout prix ?

Par ailleurs... je ne vois pas ta réponse... si le second tour c'est Sarkozy vs Lepen tu vas faire quoi ?

Le doc de la TSR, je l'ai déjà vu, je sais très exactement ce qu'est Sarkozy et je sais ce qu'il fait et oui je suis d'accord pour dire que ce serait une catastrophe qu'il soit réélu (ce qui reste une probabilité sérieuse) ne crois pas que je sois un naïf et encore moins quelqu'un cultivant l'absolutisme, par nature je privilégie toujours la conciliation, simplement si tu me donnes une cuillère, et que tu me demandes de vider la mer en me disant que ça va permettre d'éviter les inondations, je tourne les talons et reviens dans mon hamac.

Tu dis que Sarkozy est un tyran en devenir, ok moi ça me convient comme description, sauf que je considère que le système est déjà lui même tyrannique, que la démocratie n'existe plus dans les pays occidentaux, et que l'hétéronomie économique devenue loi naturelle quasi divine est un danger plus grand que n'importe quel dictateur. La dictature n'est plus au sommet des gouvernements, mais dans les bureaux des organisations internationales et des entreprises industrielles et financières privées pour le compte desquelles les représentants nationaux sont des laquais.

Ah... et juste pour dire, concernant l'ACTA, je soulignerai que je l'avais évoqué dans notre échange le 1er mars... quant à Attali... je m'abstiendrai... (serait ce une répétition ???)

Comprenons nous bien... je trouve que tes arguments sont valides, simplement je trouve également qu'ils n'invalident pas les miens... Je suis d'accord avec ta description et tes craintes concernant Sarkozy, mais pour autant je ne vois pas en quoi cela qualifie Hollande... pour lequel, en ce qui me concerne, chaque jour qui passe et chaque déclaration qu'il fait, accroissent mon sentiment et rendent de plus en plus probable mon abstention.

Cher Donald,

je ne suis pas sur d'avoir parlé de vote blanc, considérant, en effet, que vote blanc et abstention sont strictement et factuellement la même chose au delà du débat philosophique, mais tu fais bien de le rappeler, et j'en profite pour te saluer.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Mer 21 Mar 2012 - 13:15 par Donald11

melody vers a écrit:Autant ton discours sur le vote blanc (car l'abstention ne remet pas en cause le système alors que le vote blanc exprime clairement le refus de choisir entre la peste et le choléra), j'y adhère en temps normal : d'ailleurs j'ai voté blanc au second tour Chirac/Le pen : que la droite xénophobe se démerde avec la droite fasciste entre elles, je ne cautionnerai aucune de deux ! Mais face au génie des Carpates il n'y pas d'alternative : cet individu a les capacités de nuisance d'un Staline, ne nous trompons pas de combat ! De Sarkozy et de sa nature dictatoriale ce sont les journalistes confrontés quotidiennement qui en parlent le mieux.
Je me permets de m'immiscer dans ce débat entre vous deux seulement pour rappeler que le vote blanc n'a aucune valeur en France.
Si notre nabot venait a gagner ces prochaines élections au premier tour, on pourrait penser soit que les votants sont des moutons et qu'il est logique de les tondre encore un peu plus, soit que les votants sont sado-maso et qu'ils aiment ça ! Et si notre nabot est réélu au 2eme tour, alors c'est a désespérer du genre humain. D'un autre cote, Flamby est aussi désespérant !!! Il faudra donc bien choisir entre la peste et le choléra !!! Ca c'est du vote citoyen !

Une petite précision : le génie des Carpates, c’était Ceaucescu. Comparer notre génial hongrois et ce génie-la n'a aucun sens. D'ailleurs Hongrois et Roumains se détestent ! C'est pour cette raison qu'on les expulse chez eux ces europeens !!!

Revenir en haut Aller en bas

Message le Dim 4 Mar 2012 - 17:42 par Invité

@tous
Voilà ce que veut nous refourguer Sarkozy et sa clique : ACTA qu'il s'est empressé de signer en notre nom !
En France seule Eva joly a dénoncé ACTA (il est où Mélenchon ?)

Voilà ce qu'en dit Jacques Attali (soutien de F.Hollande) :

Extrait de Alea ACTA est d’Attali

:“En particulier, généralisant au monde entier les principes des lois américaines SOPA et PIPA et allant bien au-delà d’Hadopi, l’ACTA considère tout échange sur internet comme une menace aussi grave qu’une contrefaçon. Il oblige les Etats signataires à imposer des sanctions pénales aux fournisseurs d’accès et de technologie qui refuseraient de surveiller et de censurer les communications en ligne ; son article 27 autorise même à prendre des « mesures rapides pour prévenir des infractions futures » sans passer par le juge et il confie à des acteurs privés le soin d’exercer des missions de police (surveillance et collection de preuves) et de justice (sanctions) ; ce même article, qui traite des « moyens de distribution massive de contrefaçon » permettrait même d’interdire les plateformes de blogs, les réseaux P2P et les logiciels libres. Enfin, plus incroyable encore, l’article 23 autoriserait un pays signataire à sanctionner pénalement des activités gratuites, parce qu’elles ne devraient être exercées, selon l’ACTA, qu’ « à une échelle commerciale » : on pourrait ainsi exiger de faire payer l’envoi d’email ou le partage de fichiers entre particuliers.
Tout le reste de l’accord est à l’avenant ; il pourrait en particulier conduire à considérer les médicaments génériques comme des contrefaçons, ce qui reviendrait à en interdire l’usage.
Enfin, et c’est peut-être le pire : une fois ratifié par les Parlements, cet accord échappera à tout contrôle démocratique. L’article 36 crée en effet un obscur « Comité ACTA » qui, selon l’article 42, aurait comme mission d’imposer le respect de cet accord par les pays non signataires ; et serait même autorisé à en modifier le contenu, sans contrôle des parlements nationaux !”
Alea jacta est, vraiment ?
http://blogs.lexpress.fr/attal.....-acta-est/

Revenir en haut Aller en bas

Message le Dim 4 Mar 2012 - 16:47 par Invité

@Augure
En quoi cela serait différent du cas espagnol puisque à l'arrivée on sera dans une situation identique ?
La différence tient à la personnalité de Sarkozy. Autant ton discours sur le vote blanc (car l'abstention ne remet pas en cause le système alors que le vote blanc exprime clairement le refus de choisir entre la peste et le choléra), j'y adhère en temps normal : d'ailleurs j'ai voté blanc au second tour Chirac/Le pen : que la droite xénophobe se démerde avec la droite fasciste entre elles, je ne cautionnerai aucune de deux ! Mais face au génie des Carpates il n'y pas d'alternative : cet individu a les capacités de nuisance d'un Staline, ne nous trompons pas de combat ! De Sarkozy et de sa nature dictatoriale ce sont les journalistes confrontés quotidiennement qui en parlent le mieux.
visionne un peu ce doc fait par la TSR et qui a été censuré en France :
http://www.bu2z.com/video/reportage-sarkozy-censure.html

Imagine un peu son triomphe s'il gagne les élections, mesure le désespoir du peuple qui souffre au quotidien et pour lequel il n'aura aucune pitié ; crois-tu réellement qu'un peuple exhangue, avec toute l'artillerie médiatique sous les bottes d'un dictateur aura ne serait-ce le courage ou la force de descendre dans la rue pour le combattre ? Il a fallu 70 ans à l'Union Soviétique pour se débarrasser de la dictature (et encore avec l'aide active des USA et du pape JP II). Combien de temps es-tu prêt à subir le musellement total de toute opposition, sachant que le flicage d'internet est déjà opérationnel et que nous tous sommes déjà fichés ?
En votant Hollande au 2nd tour nous savons tous que nous aurons un candidat social-démocrate qui ne souhaite pas sortir du cadre, et pour le pousser hors du cadre il va falloir se mobiliser et le déborder sur sa gauche. Si nous sommes nombreux à le faire, cela fera boule de neige dans les autres pays de l'UE où les peuples sont tous soumis à la même austérité et au même TINA néolibéral qui veut sauver le système financier au prix de leurs peuples.
Face à Sarkozy, vu la répression des manifestants qui a déjà eu lieu sous son règne, je suis nettement moins enthousiaste que toi. Voilà la différence entre l'Espagne (Rajoy demande à la Commission UE de favoriser les mesures pour la croissance, la où Sarkozy n'aura qu'une volonté : celle de mater le peuple qui ne l'aime pas (il a pu s'en rendre compte récemment à Bayonne). Un président qui a peur de son peuple et qui ne sort qu'entouré d'un peloton de flics et barricade tout un quartier, qui terrorise et espionne les journalistes et qui s'assoit sur 3 millions de manifestants lors de la contre-réforme des retraites et dont le seul but est de détruire tous les filets sociaux est un dictateur : point barre ! Après va falloir faire le même sort à Draghi qui a déclaré que notre système de protection sociale est mort. Virons les dictateurs et combattons dans les urnes (vote au 1er tour, 2nd tour et lors des législatives) et dans la rue pour que les politiques fassent barrage à la finance internationale au lieu de la sauver !
Dans le cas Sarko/Hollande au 2nd tour, l'abstention est un piège à cons (ou aux idéalistes si tu préfères).

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 3 Mar 2012 - 23:09 par Mister Cyril

Vu

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 3 Mar 2012 - 16:27 par Donald11

Si ! Si, il y a d'autres voies possibles. Mais pour ca, il faut soit une vraie démocratie a l'islandaise, soit un génie des Carpathes avec une volonté de changer les choses, style tango argentin. Mais ça, ce n'est pas de nos professionnels de la politique, même pas défenseur de notre belle langue, qu'on peut attendre une quelconque évolution. Nabot ou Flamby, même combat !
Quant a penser que la jeunesse n'est pas assez engagée dans ce combat, c'est aussi son problème. Comme pour la langue française, c'est a elle de savoir quelles libertés elle choisit : nabot ou flamby ! Sans oublier qu'elle est la génération SIDA-chomage qui n'a connu ni conflit ni restriction.
Moi, qui suis tombé désormais dans la gamelle "vieux con retraité inutile", démocrate dans l’âme et jusqu'au fond des chaussettes, je laisse aux jeunes générations le plaisir de choisir leur avenir, et, pour le moment, je suis bien décidé a aller a la pêche pour les prochains scrutins. Ou a rester au coin du feu a soigner mes rhumatismes si le temps est mauvais.
Pour finir, je rappellerai simplement le score de nabot 1er aux élections de 2007 avec beaucoup de monde aux urnes : 53 % (et celui de Chirac au deuxième tour en 2002 : 70 %).

Revenir en haut Aller en bas

Message le Ven 2 Mar 2012 - 13:21 par Invité

Par nature je suis agnostique dans un sens très large, je cultive l'incertitude... donc tu peux être sûre que je ne suis sûr de rien :D ceci dit, bien évidemment je suis opposé au vote utile qui est une expression antidémocratique au possible. Mais il n'empêche qu'en suivant la logique que tu évoquais (tout sauf Sarko)... on en arrive là.

Tu me demandes mes arguments... bien.... mais d'abord tu dis :

Alors quel choix nous reste-t-il : bouder les élections par pureté démocratique en faisant repasser Sarko et sa clique (en Espagne c'est Rajoy qui gouverne en maître grâce à l'abstention massive des participants du mvt democracia real ya et cela ne lui pose aucun pb !) ou le virer illico, puis occuper les rues, les quartiers, discuter avec nos potes, au boulot etc... pour réveiller le peuple encore endormi ou résigné ?

Déjà je conteste le "bouder", la question n'est pas de faire un caprice mais de refuser farouchement de cautionner ce nouveau totalitarisme, ce n'est pas une crise enfantine, ensuite je conteste "pureté démocratique"... c'est démocratique ou ça ne l'est pas... la question n'est pas philosophique mais pratique et réelle, je défie quiconque de démontrer que la démocratie existe, j'ai quelques cartouches dans le sac no soucy (je suis en train de travailler un texte sur le sujet que je posterai prochainement). Tu dis qu'en Espagne Rajoy gouverne en maitre, mais tu dis également qu'une fois Sarko viré il faudra occuper les rues, ce qui implique une opposition directe systématique à celui/celle qui sera élu. En quoi cela serait différent du cas espagnol puisque à l'arrivée on sera dans une situation identique ? La différence est seulement que dans un cas on se compromet en cautionnant la dérive par le vote... :)

Donc pour en revenir sur mes arguments, comme j'ai déjà dit que je n'avais pas tranché pour moi même... c'est difificile de t'en donner plus... je ne comptais pas voter... ayant pour ma part exclu toutes possibilités de voter Eva Joly, bien qu'elle ait attiré mon attention et qu'elle m'apparaisse possiblement intègre, je suis vigoureusement opposé à pas mal de gens dans EELV et finalement à EELV en tant qu'entité. Par ailleurs, j'ai entendu quelques paroles de Mélenchon qui m'apparaissent cohérentes, ce qui fait que si je vais voter et c'est probable que je vote au premier tour, ce sera pour lui, bien que je n'ai pas plus confiance en lui que dans les autres, mais son discours est plus proche de ce vers quoi il faut tendre (selon moi) et de ce qui parle à mon coeur, qu'aucun des discours/programmes des autres participants.

Ceci étant dit, je ne vois pas de différences fondamentales entre Sarkozy et Hollande... pourquoi j'irai voter Hollande ? pour virer Sarkozy ? C'est une possibilité, bien évidemment, Sarkozy est moitié fou, mais c'est comme de dire, "quelle jambe veux tu que je t'ampute... la droite ou la gauche ???" n'importe comment c'est un membre en moins... donc je ne sais pas ce que je ferai au moment voulu.

Petite question, si par hasard la finale c'était Sarkozy vs MLP... ce sera quoi le vote "utile" de second tour ?

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 17:25 par Invité

Ah non Augure ! le vote utile je ne le pratique pas depuis 20 ans, le 1er tour c'est pour choisir celui qui est le plus proche de tes idées (pour moi c'est Eva), le 2nd on élimine (c'est débile mais tant qu'on sera sous la 5ème ripouxblique on n'a pas d'autre choix !).
Face à ton constat avec lequel je suis d'accord que proposes-tu ? moi je t'ai exposé mes arguments, mais les tiens à partt l'écoeurement qui saisit de plus en plus de monde, que proposes-tu ?
D'autre part es-tu sûr comme Mister qu'avec un 2nd mandat pour le génie des Carpates la rue renversera les choses au lieu de se faire massacrer ?
Quant au petit pas, le dernier en date se nomme Lisbonne (j'ai voté contre le TCE car comme toi j'ai estimé que c'était un petit pas de trop et qu'une grosse br...lée était plus que nécessaire). Mais pour quel résultat concret ? le tce est passé, le MES est passé, et la règle d'or va falloir se battre comme des diables.

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 15:26 par Invité

Alors quel choix nous reste-t-il : bouder les élections par pureté démocratique en faisant repasser Sarko et sa clique (en Espagne c'est Rajoy qui gouverne en maître grâce à l'abstention massive des participants du mvt democracia real ya et cela ne lui pose aucun pb !) ou le virer illico, puis occuper les rues,

j'en déduis que tu vas voter Hollande au premier tour donc ? Parce que si on suit ce raisonnement, pour être sur de virer Sarko il faut avoir un candidat au second tour, et comme on ne peut exclure totalement de trouver MLP en face de Sarko, c'est dès le premier tour qu'il faut choisir. En faisant cela, c'est à dire, en choisissant de ne pas exprimer son choix "réel"; EELV en ce qui te concerne si j'ai bien suivi, cela permettra d'assurer probablement la non réélection de Sarkozy.

On peut effectivement jeter le bébé avec l'eau du bain (c'est l'argument du dernier article de Lordon et Chèvenement) pour espérer construire qq chose de neuf et social (bref l'Europe dont rêvent tous les peuples européens) ou adopter la tactique des petits pas (stratégie du PS et EELV, Mélenchon je ne sais plus où il se situe ?).

J'aimerai connaitre le dernier petit pas qui ait été fait, par qui que ce soit, pour tendre vers un rétablissement de la démocratie, OU, pour mettre des limites au capitalisme financiarisé, OU, pour faire face à la détresse populaire...

Quels petits pas pourrait on faire face à un bulldozer ?

Comprend moi bien, je ne prends pas plaisir à contredire, simplement, comme pour beaucoup de français et il me semble probable que tout comme moi tu en fasses partie, cette élection plus que d'être un crève-coeur est dénuée de tout sens, que ce soit politique, éthique, ou moral.

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 14:35 par Invité


Pour en revenir au propos initial, je voulais juste souligner que dire que Hollande est un démocrate de manière certaine n'est pas un argument valide, puisqu'il a prouvé, par ses actes (voter OUI au traité de Lisbonne) qu'il n'en était pas un... c'est tout.... pour le reste chacun fait comme il veut... moi je n'ai pas encore décidé pour moi même ce que j'allais faire... participer à ce simulacre qui consiste à faire croire aux gens qu'ils vivent en démocratie, ou refuser de cautionner cette caricature.
Bien évidemment tes arguments sont justes dans l'absolu. Et si on avait des medias indépendants ils pourraient être entendus du plus grand nombre et triompher (=refuser ce simulacre de démocratie et dégager nos zélus soit-disant représentants du peuple pour mettre en place une démocratie directe). Mais l'internet n'est pas encore passé dans l'usage quotidien et la plupart de nos concitoyens ne s'informent qu'à la source tfcon et cie. Par conséquent nous sommes loin d'être majoritaires à être réveillés (regarde le succès phénoménal qu'a remporté le mouvement démocratie réelle en France !).
Alors quel choix nous reste-t-il : bouder les élections par pureté démocratique en faisant repasser Sarko et sa clique (en Espagne c'est Rajoy qui gouverne en maître grâce à l'abstention massive des participants du mvt democracia real ya et cela ne lui pose aucun pb !) ou le virer illico, puis occuper les rues, les quartiers, discuter avec nos potes, au boulot etc... pour réveiller le peuple encore endormi ou résigné ?


L'Europe fonctionne si bien, que sa parole est déjà engagée pour "L'ACTA" alors qu'il n'y a même pas eu de consultation du parlement européen et cela avant même qu'aucun des peuples d'Europe n'ait été au courant des tractations en cours. Si le parlement "dirige", comment se fait il que des personnes non élues, s'engagent en nos noms et place ? La démocratie européenne existe encore moins que notre "démocratie" française ce qui n'est pas peu dire...
Tu sais bien que le parlement UE n'a qu'un avis consultatif (même s'il y a un léger progrès depuis le traité de Lisbonne par rapport à Nice et Maastricht). Les élus ps et eelv eurolâtres ont voté pour uniquement à cause de cet argument. Tant que la Commission UE reste seul maître à bord (néolibéral vu sa composition), il n'y aura aucun changement. On peut effectivement jeter le bébé avec l'eau du bain (c'est l'argument du dernier article de Lordon et Chèvenement) pour espérer construire qq chose de neuf et social (bref l'Europe dont rêvent tous les peuples européens) ou adopter la tactique des petits pas (stratégie du PS et EELV, Mélenchon je ne sais plus où il se situe ?).
Le centre du débat étant bien sûr le clivage entre "le despotisme éclairé" prévalant au sein de la commission ue ou une europe démocratique que voudraient nos députés européens ps, eelv, fdg ?
La première chose à faire en tout état de cause c'est de réclamer le réferendum sur la règle d'or comme le font les irlandais puis manifester devant le siège de la commission pour demander un gouvernement légitime (donc élu par tous les citoyens de l'ue ou le parlement ue) pour gouverner l'UE.

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 13:41 par Invité

Oh mes arguments sont simples... il sera donc aisé de les qualifier de simplet...

Hollande a soutenu la campagne du OUI au TCE en compagnie de Sarkozy, je le répète, avec pléiade d'affiches sur lesquelles on voyait le duo souriant.

Quand le peuple à dit "NON"... qu'à fait Hollande ? Il a voté le traité de Lisbonne et l'a soutenu.

En ce qui me concerne j'appelle cela de la trahison et je considère que tous les élus ayant voté "OUI" au traité de Lisbonne alors que le peuple par voie référendaire avait dit "NON" devraient être immédiatement arrêtés pour crime de haute trahison conformément à la constitution qui dit très clairement que "Nul n'a le droit de déposséder le peuple de sa souveraineté".

Je n'ai pas voulu de cette Europe, et je doute que dans le peuple quiconque l'ait voulu, on a demandé à aucune des populations si elles étaient d'accord avec la politique de l'Europe... en quoi cela serait-il démocratique ? La démocratie représentative en dehors d'une limite stricte des champs législatifs et exécutifs n'est déjà pas une démocratie, mais alors quand les élus votent en sourdine loin de toutes considérations populaires, il me semble que la démonstration n'est pas à faire quant au caractère pour le moins aristocratique de cette forme de "pseudo-démocratie".

Pour en revenir au propos initial, je voulais juste souligner que dire que Hollande est un démocrate de manière certaine n'est pas un argument valide, puisqu'il a prouvé, par ses actes (voter OUI au traité de Lisbonne) qu'il n'en était pas un... c'est tout.... pour le reste chacun fait comme il veut... moi je n'ai pas encore décidé pour moi même ce que j'allais faire... participer à ce simulacre qui consiste à faire croire aux gens qu'ils vivent en démocratie, ou refuser de cautionner cette caricature.

L'Europe fonctionne si bien, que sa parole est déjà engagée pour "L'ACTA" alors qu'il n'y a même pas eu de consultation du parlement européen et cela avant même qu'aucun des peuples d'Europe n'ait été au courant des tractations en cours. Si le parlement "dirige", comment se fait il que des personnes non élues, s'engagent en nos noms et place ? La démocratie européenne existe encore moins que notre "démocratie" française ce qui n'est pas peu dire...

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 13:24 par Invité

Dans la série "la lutte ne fait que commencer" voici cet article de médiapart :

Mais la plus violente des secousses de la semaine est venue d'Irlande. En poste depuis moins d'un an, le premier ministre irlandais, Enda Kenny, a pris son premier vrai risque politique, en annonçant la tenue d'un référendum sur l'île sur le pacte budgétaire. Sans doute en mai, peut-être en juin. Jusqu'à présent, l'exécutif irlandais (une coalition de centre-droit et centre-gauche) avait tout fait pour y échapper, refroidi par les précédents «non» au traité de Nice, en 2001, et au traité de Lisbonne, en 2008.

Tous les élus eelv (y compris Cohn bendit) seront debout pour réclamer le réferendum sur la règle d'or ; Hollande devra sorir du bois et afficher son vrai visage : le PS va exploser en vol et c'est tant mieux !

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 13:18 par Invité

D'ailleurs a-t-il annoncé son opposition à l'ACTA ? A-t-il dit qu'il allait revenir sur LOPPSI II ?
j'en sais rien, je ne suis pas au PS. Eva Joly était la seule à dénoncer ces lois liberticides (sur son blog, les merdias n'ont pas repris). Mélenchon l'a peut-être aussi fait sur son blog.
Et surtout n'oublions pas les législatives car le gouvernement est issus de la majorité à l'Assemblée. De toute manière les élections les plus importantes sont maintenant les européennes, c'est ce que les français n'ont toujours pas compris car s'y abstiennent massivement (la plupart des lois sont votées au niveau UE, les gouvernements sont sommés ensuite de les appliquer, il en sera ainsi pour la règle d'or comme pour tout le reste).
J'aimerai bien que les foules se lèvent et aillent scander à bruxelles (devant le siège de la commission) que ce sont des dictateurs néolibéraus et qu'ils n'ont aucune légitimité ! Mais faut se rendre à l'évidence : la lutte ne fait que commencer... et la plupart moutonnent encore devant tfcon.

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 13:11 par Invité

@Augure
quant à la soit disante renégociation de la règle d'or, cela fait juste rire... comment donc compte-t-il faire cela... si tant est qu'il essaie réellement ?
Bien évidemment que seul et isolé (comme l'était la france en 1983) il n'y pourra rien et il se couchera devant la finance ! Sans rapport des forces (élections à gauche dans les autres pays de l'UE et des manifs monstres dans toute l'Europe) rien ne changera.
Je ne vais pas défendre Hollande car ce n'est pas ma tasse de thé, et j'entends tes arguments à propos du vote TCE et Lisbonne. Pour cela le vote au 1er tour est primordial (pour sanctionner le PS de ses dérives néolibérales). Mettre Hollande au 2ème tour pour moi c'est juste préserver le terrain pour les futures luttes (car il ne tirera pour sur la foule comme le fait Papademos en Grèce !). Après je ne crois pas à l'homme providentiel qui nous sauvera. On se sauvera nous mêmes en s'organisant ou on mourra à petit feu (un peu plus vite sous sarko que Hollande).

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 12:20 par Invité

Mea culpa, c'est vrai, il s'est opposé à l'introduction de la règle d'or dans la constitution... ceci dit sans en dénoncer le caractère fondamental...

Vous dites que le MES ne serait qu'une enveloppe... c'est très exactement ce que Delors disait du traité de Maastricht. On en mesure chaque jour le résultat, quant à la soit disante renégociation de la règle d'or, cela fait juste rire... comment donc compte-t-il faire cela... si tant est qu'il essaie réellement ?

Des billets intéressants sur la question du MES : ici et

Et pour ce qui est de "néolibéral"... je doute que des cocos soient invités au Bilderberg, mais Manuel Valls lui y était. Sachant qu'il est socialiste, que le parti qui a le plus privatisé est le parti socialiste (si on excepte la privatisation en cours mais non aboutie de l'éducation nationale) et qu'il soutient la campagne de Hollande...

Donc... comme je le disais précédemment, que l'on appelle à voter Hollande au nom du "tous sauf sarkozy", je peux le comprendre, mais pour le reste... Hollande ne fera rien de mieux. D'ailleurs a-t-il annoncé son opposition à l'ACTA ? A-t-il dit qu'il allait revenir sur LOPPSI II ?

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 12:14 par Invité

@Mister
A ce sujet je lance un appel à ceux qui passent ici sans laisser la moindre trace, que coller un sujet, faire un commentaire ou juste donner un salut, ça encourage les troupes actives (quel que soit les activités personnelles...).
Le fait est que souvent je n'arrive pas à me connecter à ce site (est-il déjà sous surveillance active des gendarmes du net que veut crééer Sarko). Aussi vous pouvez me joindre sur marianne2 ou sur médiapart dont je recommande vivement l'abonnement, on ne regrette pas ses 9 E par mois

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 12:07 par Invité

@Mister Cyril
Vi argument que j'entends beaucoup dans mes relations, ou même mélody l'autre fois qui disait qu'il n'oserait pas tirer sur la foule...tu parles d'un Espoir!
Je crois que le fait est que tu ne t'es jamais trouvé face à un canon, d'où tes arguties ! Il s'agit bien de préserver le terrain pour des luttes sociales radicales qui ne seront pas possibles avec Sarko au pouvoir.
Exemple, après les grèves contre la réforme de la retraite qui ont vu défiler 3 millions de citoyens le nabot s'est permis de dire que ces manifs n'avaient aucune légitimité vu qu'il avait été élu avec 53% de moutons ! Le résultats c'est que mes collègues ne veulent plus faire la moindre grève car pour elles ça ne sert à rien ! Reconduire le naboléon c'est donc nous condamner à la résignation et à subir des attaques de plus en plus virulentes de la droite décomplexée ! Ton abstention lors du second tour est surtout suicidaire !

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 11:30 par Invité

@Augure
En appelant à voter la règle d'or, Hollande, comme tous ceux qui veulent la mettre en place,
cher Augure, vous êtes victime d'hallucinations (lol) ? Hollande n'a jamais appelé à voter pour la règle d'or, au contraire il veut la rénégocier pour y adjoindre un volet "croissance" (je vous l'accorde terme fumeux et flou, mais n'est-ce pas pour mieux brouiller les pistes sinon il se ferait masacrer par les medias vendus aux oligarques?)
En ce qui concerne le MES, je me suis penchée sur les nombreux arguments (au sein d'EELV le débat a fait rage, voire l'article virulent de DCB adressé aux courageux élus verts qui ont voté contre). Celui-ci n'est qu'un cadre instaurant la solidarité entre les pays de l'UE (préalable aux eurobonds, je vous l'accorde tout cela ne sert à rien, mais nos politiques veulent sauver le cadre capitaliste, alors c'est ce qu'li faut faire comme l'a indiqué justement Jorion ; sinon on peut toujours pousser les politiciens à penser hors du cadre, mais manifestement cela ne rencontre que peu d'écho dans les medias (voir les scores de Mélenchon et Joly dans les sondages, On verra ce qu'il en est vraiment le jour des élections, car je n'accorde pas bcp de poids aux sondages qui ne sont que des outils de manipulation de l'opinion publique).
Le fait est que si les européens élisaient des partis de gauche, l'UE aurait un autre visage (le MES sera géré par les ministres des finances). Mais la réalité est que sur 27 pays de l'UE, 24 sont gouvernés à droite(mais de nombreuses élections ont lieu en 2012/2013 qui renverseront les gouvernements ayant conduit leur pays à la crise), en conséquence c'est pas le MES en lui-même qui est l'ennemi mais le MES aux mains des néolibéraux. Par conséquent, voter au 2nd tour contre les néolibéraux est un devoir civique en 2012 ! Mais cela ne nous exonerera pas de descendre dans la rue pour pousser nos politiques à adopter une réflexion hors cadre pour sortir de la crise par le haut.

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 10:16 par Invité

Chère Mélody,

je comprends et respecte l'argument, n'ayant moi même pas encore tranché de ce que sera ma position... pour l'instant je parais juste déterminé à aller voter au premier tour ce qui n'était déjà pas acquis (et qui me turlupine malgré tout). Je comprends et conçois l'argument du "tout sauf sarkozy"... mais pour autant je ne peux pas accepter l'argument qui dit : "je ne peux pas mettre dans le même sac Hollande qui, quoiqu'on en dise est un démocrate."

Pourquoi je ne peux l'accepter ? Mais parce que de toute évidence, et sans contestation possible, Hollande, comme l'immense majorité des politiciens n'est pas un démocrate.

En appelant à voter la règle d'or, Hollande, comme tous ceux qui veulent la mettre en place, signifie son désengagement démocratique. Ceci dit c'était déjà vrai quand il appela au coté de Sarkozy (on pouvait voir dans toute la France l'affiche où ils étaient côte à côte) à voter OUI au TCE, et ce l'était encore plus quand il votait OUI au traité de Lisbonne alors que le peuple avant dit NON... Je ne veux pas trop m'avancer, ayant en préparation un billet sur le sujet, mais je peux d'ors et déjà dire, que se soumettre à une hétéronomie, est l'exact opposé du processus démocratique, et confère tout au contraire au totalitarisme. De plus, Hollande est connu pour être "flottant", le plus souvent incapable de trancher, ménageant la chèvre et le choux, pour mieux se donner au loup (je ne fais que citer des témoignages dont on m'a fait part, de gens le connaissant personnellement et votant pour lui). Mais qui est le loup ??? Est ce le peuple ? Ou n'est ce pas plutôt la haute finance associée aux industriels transnationaux ?

Je ne suis bien sûr pas en train de dire qu'il ne faut pas voter Hollande, et je ne cherche pas non plus à "décourager", simplement je souligne que NON, il n'est pas un démocrate et si le reste de l'argument est recevable (il y a une différence entre Sarkozy et Hollande), celui ci (Hollande au contraire de Sarkozy serait démocrate) n'est pas valide.

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 9:57 par Invité

@brusyl
Il faut préférer aujourd’hui l’équipe B du capitalisme, sans aucun doute possible : non parce qu’elle serait meilleure en soi et à tous les niveaux, mais parce qu’on peut espérer davantage lui résister.
C'est exactement l'argument que j'ai développé si-dessus (je n'ai lu ton article qu'après).

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 1 Mar 2012 - 9:38 par Invité

@Mister Cyril
et surtout bouffé pour bouffé je préfère que ce soit par un ennemi avéré que par un social-traitre ou quelqu'un prétendu plus proche..
J'ai écouté hier une émission sur France Inter sur les luttes ouvrières en Savoie.
Vous pouvez la réecouter ici : http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-gilles-perret-et-henri-morandini
Ce que dit d'intéressant l'un des interviwées c'est que la génération de nos grands parents (ceux qui ont fait toutes ces luttes ouvrières pour obtenir des droits) n'ont pas appris à leurs enfants que le prédateur était toujours là à l'affût, et du coup notre génération a cru que ces acquis sociaux étaient acquis une fois pour toutes.
Dès l'éffondrement du bloc soviétique l'ennemi est sorti du bois et a corrompu une grante partie de la classe politique pour qu'elle vote les lois qui l'arrangent.
Aussi croire à un "sauveur" est devenu illusoire. C'est qu'il faut c'est à nouveau reprendre la lutte des classe, momentanément abandonnée.
Elire Sarkozy (en s'abstenant) au prétexte que le PS est un parti traître me paraît juste totalement irresponsable ! Il faut l'éliminer sans pitié (je voterai sans pb Mélenchon s'il passe au 2e tour, mais si c'est Hollande, je voterai pour lui mais ensuite il faudra pousser à la rue pour obliger Hollande à changer de cap ! Sans rapport des forces on n'obtiendra rien (comme en 36 Blum présentait un programme ridicule face aux avancées obtenues par les grèves générales qui ont suivi son élection).
si Sarko repasse, il n'y aura hélàs aucune possibilité de sortie de la crise par le haut : il s'agît d'un apprenti dictateur qui n'hésitera pas à tirer sur la foule (comme les lois qu'il a voté en catimini l'été dernier le lui permettent de le faire désormais au prétexte de désordre). Je ne peux pas mettre dans le même sac Hollande qui, quoiqu'on en dise est un démocrate. Alors entre 2 maux je choisirai le moindre, mais je pousserai à la révolte sociale, qui seule peut inverser le rapport des forces !

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Ven 27 Jan 2012 - 20:27 par Donald11

Aïe, aïe, aïe !!! La quarantaine, c'est un cap difficile à passer, une décennie où on se remet en cause et où on remet tout en cause. Et une fois qu'on a bien tout remis en cause, on s'aperçoit qu'on est arrivé à la soixantaine, et que rien n'a changé.
Enfin, je dis ça, je sais pas trop.

Putain que c'est bon l'hypocras !!!
A la bonne vôtre ...
Putaing cong, elle est bien morte la boutanche, hips !

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Jeu 26 Jan 2012 - 23:12 par Mister Cyril

Bein c'est là qu'on est pas d'accord, j'en ai plus que marre du "moins pire" et refuse ce chantage now et surtout bouffé pour bouffé je préfère que ce soit par un ennemi avéré que par un social-traitre ou quelqu'un prétendu plus proche...c'est peut être de la psychanalyse mais je ne supporte pas la trahison...après c'est 2 logiques opposées mais à 40 balais passé c'est fini pour moi le moins pire et le vote utile; de la conviction ou rien du tout!

Bizz darling!

Revenir en haut Aller en bas

Message  par Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum