Ca y est les dominos tombent...

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24032010

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Ca y est les dominos tombent...




Après la Grèce, le Portugal est-il en passe de devenir le nouveau "maillon faible de l'Europe ? L'agence de notation financière Fitch a annoncé, mercredi 24 mars, qu'elle abaissait d'un cran la note de la dette à long terme du Portugal, de "AA" à "AA-", faisant part de ses inquiétudes sur les déficits et la solvabilité du pays. En fin de matinée, la Bourse de Lisbonne a plongé de plus de 2,2 %.


Les faits Les fonctionnaires portugais dans la rue pour protester contre la rigueur
Edition abonnés Fiche pays : Portugal Ce changement de notation, qui survient à la veille du débat au Parlement portugais du programme de stabilité et de croissance du pays, "montre que le scénario de contagion en Europe, que l'on a beaucoup évoqué ces derniers mois, est en train de se matérialiser", souligne Marie de Vergès, du service Economie du "Monde", qui explique les fondements de cette décision et les conséquences qu'elle peut avoir : cliquez ici pour écouter

L'agence Fitch a justifié sa décision par la crainte "d'éventuelles conséquences de la crise sur l'économie portugaise et sur ses finances publiques à moyen terme, compte tenu de la fragilité structurelle du pays et de son fort endettement". "Même si le Portugal n'a pas été affecté outre mesure par la crise mondiale, les perspectives de reprise économique sont plus faibles que pour les 15 autres membres de la zone euro, ce qui va peser sur ses finances publiques à moyen terme", a développé dans le communiqué Douglas Renwick, un responsable de Fitch.

Cet abaissement reflète les contre-performances budgétaires du Portugal en 2009, avec un déficit de 9,3 % du PIB, contre 6,5 % prévu par Fitch en septembre. Le gouvernement portugais a réaffirmé son "ferme engagement" à redresser ses finances publiques.

"Dans la situation actuelle de nervosité et de volatilité des marchés financiers internationaux (…), il est fondamental que le Portugal démontre un ferme engagement politique dans la mise en œuvre du programme de stabilité et de croissance, en vue de redresser les comptes publics et réduire le déficit extérieur par une récupération de la compétitivité", a déclaré le ministère des finances dans un communiqué.
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Mister Cyril

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Ca y est les dominos tombent... :: Commentaires

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Message le Mer 9 Nov 2011 - 21:40 par brusyl

C'est la journée des records aujourd'hui !
comme ton article le dit mister, le taux obligataire de l'Italie a passé les 7% (j'ai lu que cela ne lui était pas arrivé depuis 1994) et autre performance, le différentiel du taux obligataire entre la France et l'Allemagne n'a jamais été si haut : 147 points (soit 1,47 de différence de taux)

Tu dis ailleurs qu'il n'a fallu que quelques jours à la finance pour jarter Berlusconnard mais tu vois, cela ne leur suffit même pas !(paraîtrait qu'ils voudraient que cela aille plus vite ! pôv choux !!!)

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Message le Mer 9 Nov 2011 - 18:29 par Mister Cyril

Donald11 a écrit:Tout ca, c'est la faute d'Hollande qui veut recruter des profs des son investiture putative ...
On est dans une meeeeeerde ...!!!!!!! j'vous dis pas.

Hé oh poupoune le moldave hein? La Dacie y a un moment que leur PIB a avalé la trompette alors un peu d'humilité hein? (analyse à la T.Rolland...), pour Flamby t'inquiète-pas puisque tout le monde dit qu'embaucher un prof en 2012 c'est plus possible, c'est comme ça mon gars, on est plus en 1881 quand même...archaïque va!

Bizz mon loulou palmé!

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Message le Mer 9 Nov 2011 - 17:06 par Donald11

Tout ca, c'est la faute d'Hollande qui veut recruter des profs des son investiture putative ...
On est dans une meeeeeerde ...!!!!!!! j'vous dis pas.

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Message le Mer 9 Nov 2011 - 15:41 par Mister Cyril

moua moua et qui est le domino suivant??? Quels sont les nouveaux pestiférés feignants sur lesquels on pourra se défouler...???

"L 'écart de taux entre la France et l'Allemagne a franchi un nouveau record historique mercredi après-midi, signe d'une méfiance accrue des investisseurs à l'égard de la dette française."

oh non alors là ça serait pas rigolo, les "traine à sous" du sud je veux bien voire les rouquinas de Dublin mais nous on est innocent...

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Message le Mer 9 Nov 2011 - 12:26 par Mister Cyril

La Bourse de Paris creuse ses pertes, le taux italien à 10 ans à 7% :


La Bourse de Paris creusait ses pertes mercredi en fin de matinée et perdait plus de 2%, peu après l'envolée du taux italien à 10 ans au-delà de la barre des 7%, signe d'une défiance accrue envers le pays malgré le départ prochain de Silvio Berlusconi.

A 11H28 (10H28 GMT), le CAC 40 perdait 2,27% à 3.072,08 points, dans un volume d'échanges de 1,111 milliard d'euros, après avoir débuté la séance dans le vert.

Le marché parisien a basculé dans le rouge en cours de matinée et ne cessait de s'enfoncer, au rythme de la hausse du taux d'emprunt italien qui dépassait désormais 7%.

Ce niveau "augmente certainement la perspective d'un plan d'aide" au pays, souligne Manoj Ladwa, analyste chez ETX Capital, qui ajoute toutefois que l'Italie ne joue pas encore dans la même cour que la Grèce.

Le départ annoncé de Silvio Berlsuconi n'a pas suffi à soulager les marchés, qui doutaient toujours de la capacité de l'Italie à faire face à ses engagements budgétaires et à sa dette, d'autant que le pays a promis des mesures à l'Union européenne (UE).

"Le départ de Berlusconi était attendu mais le problème c'est que des élections anticipées sont réclamées ce qui pourrait retarder les nouvelles mesures", explique Dov Adjedj, vendeur d'actions chez Aurel BGC.


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Message le Mar 8 Nov 2011 - 22:03 par Mister Cyril

Une nouvelle réunion de l’Eurogroupe s’est terminée lundi soir et son chef de file sur le départ, Jean-Claude Juncker, a une fois encore tenté de masquer son échec : « Nous avons l’intention de finaliser les détails opérationnels des deux options d’ici à fin novembre, sous la forme de lignes directrices qui seront approuvées par l’Eurogroupe afin que l’entrée en vigueur [du FESF doté de moyens supplémentaires] puisse se faire en décembre ».

Quant à l’implication du FMI et des pays émergents, toujours aussi floue, Jean-Claude Juncker a annoncé qu’il faudrait attendre février de l’année prochaine. Maria Fekter, la ministre autrichienne des finances, a mangé le morceau en reconnaissant ce matin que l’Italie était trop grosse pour être aidée.

Dans ces conditions, cela surprend moins que les ministres des finances ne se soient toujours pas accordés sur les mesures à prendre, sauf en répétant leurs très grandes lignes déjà annoncées sans parvenir à les concrétiser. Dans le même temps, le taux des obligations italiennes à 10 ans dépassait mardi matin 6,73 %, un niveau qui a déjà successivement incité l’Irlande, la Grèce et le Portugal à demander à bénéficier d’un plan de sauvetage.

Les projecteurs sont braqués sur les tentatives de Silvio Berlusconi de rester au pouvoir, mais même sa chute ne changera plus rien à l’affaire : l’Italie est inexorablement entraînée dans la zone des tempêtes, en dépit de l’arrivée promise pour cette semaine de la mission de mise sous tutelle du gouvernement par le FMI, la BCE et l’Union européenne, qui a été décidée au G20. Il en est de même avec le suivi heure par heure des péripéties de la formation du gouvernement d’unité nationale grec : celui-ci mis en place, cela ne rendra pas l’État davantage solvable.

Il y a quelque chose de pathétique dans la situation actuelle, car rien ne réussi aux dirigeants européens, et pour cause…

On apprenait dans la même journée que le FESF avait du consentir pour son émission obligataire destinée au sauvetage financier de l’Irlande un taux très à la hausse par rapport à la précédente, la demande n’étant que très légèrement supérieure à l’offre. Et que la BCE avait doublé la semaine dernière le montant de ses achats obligataires sur le marché secondaire, afin de contenir la hausse des taux italiens en priorité.

Pendant ce temps là, Christine Lagarde se rendait à Moscou, dans le cadre d’une mission de bons offices, afin que les Russes confirment leur participation au sauvetage de l’Europe via le FMI. Arrivée à Lisbonne, laTroïka entamait sa deuxième mission d’évaluation des efforts accomplis par le gouvernement pour s’entendre dire par celui-ci qu’il souhaitait négocier des « ajustements » du plan de sauvetage du pays. Une perspective qui n’a pas manquée d’être également évoquée en Irlande.

La Hongrie, enfin, se révélait être sous le coup d’une prochaine baisse de sa notation, son secteur bancaire rencontrant de grandes difficultés et risquant de devoir faire face à une dévaluation du forint qui les accentueraient. Ce qui ne sera pas sans répercussions en Allemagne et en Autriche, les banques hongroises étant essentiellement des filiales des banques de ces deux pays.

Un véritable cri d’alarme était par ailleurs lancé par Josef Ackermann, PDG de la Deutsche Bank. « Assez, c’est assez ! », s’est-il écrié à propos de l’empilement des taxes et mesures de régulation auxquelles les banques européennes sont soumises. Elles ne pourront pas en supporter davantage, a-t-il affirmé, car « ces mesures nous mettent dans une situation difficile face à la concurrence internationale. Les banques américaines et asiatiques travaillent avec des ratios de fonds propres beaucoup plus bas».

Réponse du berger à la bergère ? Un article du Wall Street Journal se fondant sur une étude de l’Union des Banques Suisses, venait ce même jour rappeler la quantité faramineuse d’actifs douteux datant du début de la crise que les banques européennes – dont la Deutsche Bank – avaient encore à leur bilan. En émettant des doutes sur leur valorisation effective au prix du marché, pour estimer que la menace que ces actifs faisaient planer sur elles était probablement au moins aussi importante que celle que représentaient les obligations souveraines européennes.

Jusqu’ici tout va bien !

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Message le Mer 2 Nov 2011 - 19:12 par Mister Cyril

Bein en fait c'était hier, alors que ce soit les tos, les ritals ou les espinguoins...on est pas très loind derrière, même qu'il parait que les méchantes agences de notation vont nous enlever le triple A malgré un nouveau plan de rigueur et tant d'autres à venir; peut être qu'un jour on leur dira merde comme ces sales grecs qui mettent tout le monde en colère parce qu'ils refusent les cadeaux qu'on leur donne...mais on va les obliger à les accepter nos présents hein? Sales gosses gâtés pourris et ingrats puisqu'on vous explique que c'est pour votre bien non mais!!!


Bizz mon palmipède (ce soir sur le chat?)

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Message le Mer 2 Nov 2011 - 18:18 par Donald11

D'accord, mais depuis le 24 mars 2010, il en a coule des euros sous les ponts boursiers ... et on en a sauve des grecs a la derive !!! Et puis, dans l'article, il y a une erreur fondamentale : celle d'avoir vu le Portugal suivre la Grece. L'Italie, c'est quand meme plus classe et il y a davantage a manger !

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Message le Mer 2 Nov 2011 - 12:03 par Mister Cyril

Oh il est temps de réactiver une de nos rubriques fétiches...

Tiens par exemple un petit tour chez nos amis transalpins...ça commence à sentir le sapin là-bas aussi!!!




"Silvio Berlusconi a promis mardi d'accélérer ses réformes structurelles, après l'annonce d'un référendum en Grèce, qui place de nouveau l'Italie surendettée en première ligne d'un risque de contagion de la crise de la dette et suscite l'alarme dans les milieux socio-politiques.

Dans un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement a promis des mesures financières "dans des temps rapides", avant même le G20 qui s'ouvre jeudi à Cannes. Rentré d'urgence de sa résidence milanaise à Rome, il a convoqué dans la soirée les ministres concernés.

De leur côté, les organisations patronales italiennes ont lancé un appel au ton dramatique, appelant le gouvernement à "agir immédiatement", faute de quoi il "portera une responsabilité historique à l'égard des Italiens et de toute la communauté internationale".

"La situation sur les marchés financiers se précipite et notre pays se trouve au centre des turbulences internationales. Nous ne pouvons pas courir le risque de perdre en quelques semaines ce que nous avons construit en décennies de travail", ont lancé ces organisations.

Le président de la République a appelé aussi le gouvernement "à agir d'urgence".

"Une des journées les plus dramatiques que l'Italie ait vécues"

"C'est une des journées les plus dramatiques que l'Italie ait vécues depuis cette crise financière", a estimé le chef du premier parti d'opposition (gauche), Pier Luigi Bersani.

Car moins d'une semaine après le satisfecit obtenu auprès de ses partenaires européens sur des promesses de réformes structurelles, censées alléger la dette colossale du pays (1900 milliards d'euros, soit environ 120% du PIB), l'Italie a connu mardi une journée noire.

Avec des valeurs bancaires en chute, la Bourse a plongé jusqu'à plus de 7% à la mi-journée pour terminer la séance à -6,80%, son pire résultat depuis le début de la crise financière en octobre 2008. De leur côté, les taux d'intérêt ont atteint des sommets, nettement au-dessus de 6%, seuil jugé dangereux par les experts.

Le référendum en Grèce risque d'anéantir les effets de l'accord conclu jeudi dernier à Bruxelles, qui prévoit de porter la force de frappe du fonds de soutien européen de 440 milliards à 1000 milliards environ pour éviter justement une contagion de la crise à la troisième économie de la zone euro.

L'écart de taux (spread), qui mesure la prime de risque entre les taux italien et allemand a atteint un nouveau record à 455 points de base, soit son plus haut niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro.

"Les Bourses tombent en enfer"

"Les taux d'intérêt montent au ciel, les Bourses tombent en enfer", résumait le site d'information financière italien firstonline.info, qui qualifiait de "catastrophe" la décision du Premier ministre grec Georges Papandréou d'organiser un référendum.

Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a dénoncé la décision grecque qui "pèse lourdement sur les échanges". "Il s'agit d'un choix inattendu qui génère des incertitudes après le Conseil européen et à la veille de l'importante rencontre du G20 à Cannes", a-t-il souligné.

Dès le matin, le Cavaliere a tenté de rassurer les marchés. Les mesures annoncées à Bruxelles seront "présentées aux partenaires du G20" et "les choix du gouvernement seront appliqués avec la détermination, la rigueur et la rapidité imposées par la situation", a-t-il assuré.

Selon des sources proches des marchés, la Banque centrale européenne a racheté de la dette obligataire italienne, au jour de l'entrée en fonctions de son nouveau directeur, l'Italien Mario Draghi.

"La situation est extrêmement grave. Nous savons tous que si nos taux d'intérêt s'approchent de 7%, le risque devient incontrôlable", a déclaré à la chaîne de télévision SkyTG24 Nicola Rossi, économiste et sénateur de l'opposition, estimant que "l'Italie est le maillon faible de la chaîne euro".

Si la décision grecque a eu un impact sur l'ensemble des Bourses européennes, l'Italie et l'Espagne ont été touchées en première ligne. "Ces pays ont des difficultés à se refinancer sur le marché car les investisseurs ont des craintes, sans doute exagérées", estime René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

"L'Italie n'est pas la Grèce. C'est un grand pays, industriel, avec l'un des excédents primaires les plus élevés de la zone euro", tempère-t-il, sans oublier toutefois les handicaps de la péninsule, notamment sa dette et une "croissance très faible".

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Message le Lun 8 Aoû 2011 - 23:16 par brusyl

Salut mister !
chez les pommes ?

Désolée de ne pas rebondir sur ton article. Si toi t'es en vacances, moi c'est fini depuis un bail et je patauge donc dans le merdier actuel depuis un certain temps : j'ai lu tous les articles possibles et imaginables sur le sujet, y compris celui que tu mets ce soir. Tout le monde dit tout et son contraire, partagés entre la colique de panique qui leur pend au slip et les consignes qu'ils ont reçues de ne pas affoler le peuple (Le discours de Barouin est un modèle du genre !)
Alors, je viens ici pour parler d'autre chose... philosophie, apocalypse... cela fait un bien fou !
Pour le reste, suffit d'ouvrir grand ses esgourdes et ses mirettes pour contempler comment tout se casse la gueule et regarder ce petit monde des décideurs politiques et économiques s'agiter comme des poulets à qui on a coupé la tête.

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Message le Lun 8 Aoû 2011 - 21:45 par Mister Cyril

Avec mes mots à moi c'est qu'est ce que je vous explique depuis plus de 2 ans...ça va péter...hélas tout seul!

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Message le Lun 8 Aoû 2011 - 21:44 par Mister Cyril

Finance mondiale : la peur de l’engrenage
La dégradation de la note américaine par Standard & Poor’s alimente la crainte d’un krach sur les places boursières. Et un effet domino sur la crise de la dette des Etats.


Un saut dans l’inconnu. En dégradant, vendredi soir, la note de la dette publique américaine, passée de AAA à AA+, l’agence de notation Standard & Poor’s (S & P) a pris une décision historique, aux conséquences encore imprévisibles. Tous les regards seront braqués ce matin sur les places européennes, guettant une panique des marchés, après une semaine qui a déjà vu la plupart des bourses dévisser de 10% à 15%. A en croire les rares places ouvertes depuis l’annonce de S & P, le pire est à craindre : Riyad samedi et Tel-Aviv hier ont respectivement chuté de 5,46% et 6,99%.

Hystériques. Mais, plus que la chute des marchés d’actions - déjà très bas -, c’est une amplification de la crise de la dette en Europe qui est redoutée. Déjà malmenées par les marchés devenus hystériques, l’Espagne et l’Italie en seraient alors les premières victimes. La menace pourrait aussi s’étendre à la Belgique, le Royaume-Uni ou même la France (lire page 7). Un scénario catastrophe, qui conduirait à la paralysie, pour cause de dépréciation des différents actifs, du marché interbancaire. «On serait alors dans la même situation qu’en 2008, où les banques n’acceptaient plus de se prêter entre elles, provoquant un assèchement des liquidités permettant de financer l’économie», confie Nicolas Bouzou, directeur des études à la Law & Management School de Paris-II. Avec, comme conséquence ultime, une nouvelle récession mondiale, trois ans après celle de 2008.

C’est pour éviter ce sombre destin que banquiers et dirigeants des principales économies se sont agités, hier, multipliant réunions et échanges téléphoniques. Mais sans parvenir à de grandes décisions, et réussissant même à étaler, pour certains, leurs divisions. En fin de journée, Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont ainsi réitéré «leur engagement de mettre en œuvre pleinement» les mesures de l’accord du 21 juillet renforçant les prérogatives du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Un fonds doté de 440 milliards d’euros de prêts potentiels, et capable de racheter des titres de pays en difficulté. Sauf que ses pouvoirs élargis ne sont pas encore opérationnels, les Parlements nationaux devant les valider à la rentrée. Et son volume de fonds s’avère déjà insuffisant pour secourir, en cas de besoin, l’Italie ou l’Espagne.

Quant à la Banque centrale européenne (BCE), qui s’est reunie dans l’après-midi, elle devait décider, selon certaines sources, d’intervenir massivement sur le marché secondaire des titres des pays en difficulté, afin de détendre les taux sur leurs dettes souveraines. Mais sa position officielle, hier soir, n’avait pas encore été diffusée. «La BCE doit faire son travail et soutenir la stabilité sur les marchés de la dette», implorait hier la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, échaudée par les tergiversations du conseil de la banque centrale, dont la première intervention, en fin de semaine dernière, n’a en rien apaisé les marchés. La Commission européenne, de son côté, a subi les foudres de l’Allemagne : son président, José Manuel Barroso, s’est fait rembarré par le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rösler, qui a expliqué que «rouvrir le débat deux semaines après le sommet ne paraît pas la solution appropriée pour calmer les marchés»(lire aussi page 7). Une allusion aux déclarations de Barroso vendredi, estimant que le FESF nécessitait - déjà - d’être réévalué. Hier, du coup, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, s’est contenté de saluer «l’accélération par l’Italie de ses mesures pour réduire son déficit budgétaire». Chaude ambiance. Et rien, au final, de vraiment nouveau et de suffisamment fort permettant de calmer des marchés surexcités.

Responsabilités. Aux Etats-Unis, l’atmosphère n’était pas plus détendue. Après la tempête provoquée par la décision de S & P, démocrates et républicains s’attachaient surtout à se renvoyer la balle sur leurs responsabilités respectives - la baisse de leur note étant liée, selon S & P, à un problème de consensus politique (lire ci-dessous).

La semaine qui s’ouvre sera décisive. Mais, avant qu’Américains et Européens d’une part, et Européens entre eux d’autre part réussissent à innover (création d’eurobonds, renforcement du budget fédéral, encadrement des investissements…), les marchés ont tout le temps de faire des dégâts.

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Message le Mar 21 Juin 2011 - 22:08 par Mister Cyril

Le FMI publie un rapport alarmant sur l'économie espagnole

Alors que tous les pays de la zone euro sont au chevet de l'économie grecque, le Fonds monétaire international a exacerbé l'inquiétude, mardi 21 juin, en dressant un constat sévère de l'économie espagnole, qui salue les réformes menées, mais met en garde contre les "risques considérables" qui la menacent.


"Le [travail de] réparation de l'économie est incomplet et les risques sont considérables", écrit le FMI dans ses conclusions préliminaires d'une mission d'évaluation en Espagne. Le Fonds reconnaît que "la réponse politique aux défis économiques de l'Espagne au cours de l'année passée a été solide et ample, ce qui a aidé à renforcer la confiance des marchés".

Le gouvernement socialiste espagnol a réformé son marché du travail et son système bancaire, tout en reculant l'âge du départ à la retraite. Il a aussi appliqué de nombreuses mesures d'austérité pour réduire ses dépenses. "Cette amélioration de la confiance des marchés qui en a découlé a été décisive non seulement pour l'Espagne mais aussi, compte tenu de la taille systémique de l'Espagne, pour toute la zone euro dans son ensemble", écrit le FMI.

PLUS DE TRANSPARENCE

Néanmoins, "les risques baissiers dominent", avec à court terme une possible aggravation des conditions financières pour le pays et à long terme une croissance toujours faible et un chômage très élevé. Le pays affichait au premier trimestre le taux de 21,29 %, un record au sein de l'OCDE. "Pour atteindre les objectifs de réduction de déficit à moyen terme, il faudra certainement des mesures supplémentaire", estime le Fonds, comme de nouvelles mesures d'économie ou des privatisations.

Le gouvernement s'est fixé comme objectif prioritaire de réduire le déficit public à 6 % du PIB en 2011 et à 3 % en 2013, après 9,24 % en 2010. "Le plus gros risque pour 2011 est que certains gouvernements régionaux puissent encore rater leur objectif", s'inquiète le Fonds, alors que le ministère de l'économie a révélé récemment qu'au premier trimestre, seule la moitié des dix-sept régions autonomes présentait un déficit conforme à l'objectif.

L'organisme appelle à plus de transparence au niveau des finances régionales, avec une publication de leurs comptes tous les trimestres, et à une attitude plus stricte à leur égard de la part du gouvernement central, alors qu'elles bénéficient d'une grande autonomie.

POURSUIVRE LA RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL

"Certains des problèmes sous-jacents de l'économie espagnole, surtout la faible croissance de la productivité et le dysfonctionnement du marché du travail, doivent encore être réglés", note l'organisme, ajoutant que "cela signifie que les réformes menées doivent être renforcées". Il s'agit notamment de "rendre plus crédible la consolidation fiscale", de "boucler la réforme du secteur financier" et de "renforcer courageusement les réformes du marché du travail pour réduire fortement le chômage". Le FMI évoque la nécessité, selon lui, de rendre plus flexible la négociation collective, de renoncer à l'indexation des salaires sur l'inflation et de diminuer encore les indemnités de licenciement.

Ce constat intervient quelques jours après une manifestation, dimanche, de dizaines de milliers d'Espagnols à Madrid, pour protester contre la crise et les mesures d'austérité qu'elle entraîne. L'Espagne, qui a souffert de la crise et de l'éclatement de sa bulle immobilière, semble certes s'éloigner, aux yeux des analystes, du risque de devoir demander une aide, mais elle peine à renouer avec la croissance : après une forte baisse de son PIB en 2009, de 3,7 %, celui-ci a stagné en 2010 (-0,1 %). Au premier trimestre, il a crû de 0,3 %.


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Message le Mar 7 Juin 2011 - 21:46 par Mister Cyril

Espagne : 2,7 milliards d'euros potentiellement explosifs

Le grand déballage des comptes des régions espagnoles commence. L'agence Moody's vient de pointer du doigt la "capacité limitée du gouvernement central [espagnol] pour forcer les régions à une discipline budgétaire". En cause : le budget de la Catalogne, une des 17 communautés autonomes du pays, dont le déficit devrait atteindre 2,66% du PIB régional en fin d'année contre un plafond fixé à 1,30% par le pouvoir exécutif. Soit une différence de 2,7 milliards d'euros.

Les dettes des régions s'additionnant à celles de l'État central, le problème est donc national. Si le gouvernement de José Luis Zapatero souhaite honorer sa promesse d'une réduction du déficit public à 6% du PIB cette année, il devra économiser davantage que ce qu'il avait prévu, afin de compenser les manquements des communautés autonomes.

Mais en est-il seulement capable ? Au premier trimestre, le ministère de l'Économie a indiqué que seule la moitié des régions espagnoles affichaient un déficit en deçà de la limite imposée.

Ainsi, comme nous le soulignions le 17 mai, l'arrivée au pouvoir de la droite dans 13 des 17 régions a ouvert la voie au grand déballage concernant la gestion des finances publiques par la gauche. Par exemple, le Parti populaire a accusé le Parti socialiste d'avoir laissé la région de Castille - La Manche en situation de "faillite totale", avec 7 milliards d'euros de dette et 2 milliards d'impayés, rapporte La Tribune.

Comme le redoute Moody's, la perspective que le gouvernement espagnol parvienne à assainir ses comptes publics devient de plus en plus illusoire. D'autant plus que les caisses d'épargne, les Cajas, sont toujours incapables de se financer autrement que par des injections de fonds publics.

Ajoutez à cela la crise du secteur immobilier et ses conséquences dramatiques sur les bilans des banques ? comme nous l'expliquons dans le numéro 135 de MoneyWeek ?, et la coupe est pleine.

Pour le moment, M. le Marché louche avec un oeil sur la Grèce et l'autre sur les Etats-Unis. Mais si la Grèce n'est pas le Lehmann Brothers de la crise du crédit souverain subprime, ce pourrait être l'Espagne.



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Message le Mar 7 Juin 2011 - 16:52 par Invité

En effet, avec Marine Lepen, le FN a adopté une grande partie des analyses des altermondialistes. Ceci montre bien qu'il ne suffit pas d'analyser juste pour exister en politique. Encore faut-il proposer des solutions. Depuis Viviane Forrester, on commence à bien comprendre les mécanismes de la mondialisation. Voilà dix ans que les Altermondialistes analysent, décortiquent, dénoncent. Le PC aussi a adopté ce point de vie et fait siennes ces considération. Les manifestants se rassemblement dans la rue, réforme après réforme.

Nous attendons toujours le commencement d'un projet. En ce qui concerne le FN, c'est là que ça se gâte sérieusement.

Amicalement
Franz

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 14:31 par Invité

brusyl a écrit:
Bizarre que ça sorte sur le rutube (youtube russe , vous avez dit la censure ?)
pour lui la solution était de laisser tomber les USA (critique très forte de l'impérialisme américain) et de se tourner vers une collaboration beaucoup plus rapprochée avec la Russie.
Tout front national qu'il était, son analyse m'avait paru assez intéressante.
Le Front National met peut-être déjà cette théorie de collaboration avec la Russie en pratique concernant Internet ?

Ceci m'avait également surpris de prime abord! m'étant demandé pourquoi, malgré leur anti-soviétisme viscéral, je l'ai mis sur le compte de l'isolationnisme. Le Fascisme pour tenter de s'imposer en un pays prône l'isolement d'avec le reste du monde anti-fasciste car le repli sur soi d'un état est de nature a exacerbé le réflexe nationaliste, donc d'abord il faut couper le lien avec l'Europe en abandonnant l'euro, puis couper le lien avec la démocratie incarnée par les USA en se liant facticement avec la Russie puis couper le lien russe (fin du pacte germano-soviétique). Les aberrations des bas du Front sont légion, quitte à revêtir provisoirement une image sociale avant de reprendre le soutien des grossse insdustrien au mépris du peuple. Le Front national est bien une copie du Nazisme Hitlérien, pour moi ça ne fait aucun doute et les promesses trompeuses seront reniées en temps utile sous n'importe quel prétexte. Je propose de Gazer préventivement tous les bas du Front.

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 12:56 par Donald11

brusyl a écrit:Cela me rappelle une analyse que j'ai lue d'un économiste du Front National : analyse très percutante et lucide du mur dans lequel la politique neo libérale allait nous entraîner (désolée ducky pour cet emprunt !)
Mais je t'en prie. Je n'ai pas encore déposé de copyright.

Et pour complèter avec une remarque d'un intervenant à propos de la vidéo que je partage :
Cela rime au fait, où en ces temps troublé, on peut se retrouver à partager le même avis sur certains sujet que des personnes avec qui nous pensions ne rien partager.
La réaction à avoir face à cela ? Je ne sais pas encore.
Dans ce cas précis, Fdesouche a posté cette vidéo sur Rutube et nous a donc permis de la voir. Je ne pense pas que la regarder nous obliges à adhérer à leurs idées.
Pour la question du logo.... Le marquage intempestif des vidéos est un problème mais dont fdesouche n’est pas le seul acteur. Et d’ailleurs je ne pense pas non plus que cela serve leur cause, au vu de votre réaction de rejet immédiat. D’un point vue personnel je trouve que cela gène la vision de la vidéo, leur logo, même transparent, prenant beaucoup trop de place.

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 12:05 par brusyl

Bizarre que ça sorte sur le rutube (youtube russe , vous avez dit la censure ?)

Tu as vu l'estampille sur la video ? Fdesouche ! donc mis en ligne par un site d'extrême droite.
Qui a du voir un certain nombre de ses vidéo censurées par youtube et qui préfère maintenant passer par un site russe. Faudrait vérifier si toutes les videos de fdesouche sont sur rutube.
Cela me rappelle une analyse que j'ai lue d'un économiste du Front National : analyse très percutante et lucide du mur dans lequel la politique neo libérale allait nous entraîner (désolée ducky pour cet emprunt !) et pour lui la solution était de laisser tomber les USA (critique très forte de l'impérialisme américain) et de se tourner vers une collaboration beaucoup plus rapprochée avec la Russie.
Tout front national qu'il était, son analyse m'avait paru assez intéressante.
Le Front National met peut-être déjà cette théorie de collaboration avec la Russie en pratique concernant Internet ?

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Message le Mar 7 Juin 2011 - 1:11 par Invité

Quand la vérité sort de la bouche d'un économiste sur le plateau d'i-télé...
=>clique
Bizarre que ça sorte sur le rutube (youtube russe , vous avez dit la censure ?)

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Message le Lun 6 Juin 2011 - 23:26 par Donald11

brusyl a écrit:Pour payer les intérêts de la dette, soldes à tous les étages. Tout doit disparaître. Aux prises avec une crise financière sans précédent depuis plus d’un an, la Grèce va devoir mettre en place un plan de privatisation plus draconien que jamais pour obtenir l’aide de ses créanciers : le FMI, l’UE et la Banque centrale européenne. Des arbitrages très attendus ont été rendus en ce sens vendredi 3 juin : d’ici 2015, les dépenses publiques devront être réduites de 22 milliards, en échange d’un nouveau prêt de 60 milliards d’euros.
On a pas attendu d'en être là en France pour brader les bijoux de famille : les autoroutes par exemple. Et quand on en sera arrivé au niveau grec, on n'aura plus rien à brader, à part le Louvre et l'Elysée peut-être !!!

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Message le Lun 6 Juin 2011 - 23:19 par Donald11

brusyl a écrit:Cela nous donne une petite idées des mesures de rétorsion auxquelles nous aurons droit si un jour par hasard nos dirigeants s'avisaient de s'écarter de la doxa libérale .. par exemple taxer les mouvements financiers...
DSK avait pas glisser un de ces doigts dans l'engrenage, par hasard ?
Et ne me traite pas de déesse-kyste !!!

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Message le Lun 6 Juin 2011 - 23:16 par Donald11

Foulques Deletang a écrit:Que n'a t-on déjà dit sur la faillite des PIGS!
Tu parles d'une cochonnerie !!! A propos, c'est quoi les "PIGS" ?
et font venir des roumains où les emplois trop sous-payés, la Roumanie compense en faisant venir des chinois pour remplacer les roumains manquants
Vous allez lâcher les baskets des Roumains et de la Roumanie, un peu ? Les salaires roumains sont si bas qu'il est tentant pour les plus performants (et téméraires) d'émigrer vers l'Europe de l'ouest. L'Allemagne n'a pas le privilège de cette émigration, l'Italie, l'Espagne et la France en accueillent un bon nombre, d'autant que le roumain est proche de l'italien, de l'espagnol, du portugais ... et du français. Et ces Roumains s'intègrent parfaitement dans nos sociétés occidentales "latines". Seul le cas des roms est particulier, mais c'est hors sujet. Quant aux Chinois qui envahissent la Roumanie, je me demande bien d'où vient cette légende. Y'a très très peu d'immigrés en Roumanie, ni noirs, ni gris, ni jaunes, ni rouges, et pour cause, le pays ne fait que sortir la tête de 40 ans de dictature. Pfffff la culture TF1 a encore frappé.

Pour le reste, je suis plutôt d'accord avec toi.

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Message le Lun 6 Juin 2011 - 21:54 par Invité

Il y a peu, les résultats d'Emporiki bank, banque détenue par Crédit Agricole sont tombés: résultats presque à l'équilibre mais surtout on annonce aux actionnaires de la 4ème banque grecque que les bénéfices seront de retour dès l'année prochaine, ce qui a permis au cours de Bourse du CA de reprendre de la hauteur...merci les grecs de votre dévouement et de votre générosité. Signé la Finance.

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Message le Lun 6 Juin 2011 - 21:39 par brusyl

Grèce : « Les dépouilles de la privatisation seront réparties entre les néo-colonisateurs »


Entretien. Un nouveau prêt a été accordé à la Grèce pour le remboursement de ses dettes sur les marchés financiers, au prix d’une cure d’austérité sans précédent. L’économiste grec Athanase Contargyris analyse les conséquences de cette « prise de pouvoir du financier sur le politique ».

Pour payer les intérêts de la dette, soldes à tous les étages. Tout doit disparaître. Aux prises avec une crise financière sans précédent depuis plus d’un an, la Grèce va devoir mettre en place un plan de privatisation plus draconien que jamais pour obtenir l’aide de ses créanciers : le FMI, l’UE et la Banque centrale européenne. Des arbitrages très attendus ont été rendus en ce sens vendredi 3 juin : d’ici 2015, les dépenses publiques devront être réduites de 22 milliards, en échange d’un nouveau prêt de 60 milliards d’euros.

Les perspectives sociales et économiques d’une telle cure sont inquiétantes, alors que la mobilisation des « indignés » et des syndicats hostiles au plan d’austérité progresse. 50 000 personnes étaient réunies dimanche 5 juin à Athènes selon la police.

Les explications d’Athanase Contargyris, économiste grec et membre d’Attac.

Politis.fr : Quelles seront les mesures du nouveau plan d’austérité ?

Athanase Contargyris : Nous prévoyons une baisse du Smic à 580 euros contre 680 euros avant la cure d’austérité. Un mois salaire sera supprimé pour tous les fonctionnaires et les retraités , en les ramenant à 11 mois payés sur 12 travaillés (contre 15 il y a quelques années).

Les importants gisements gaziers de la Crête devraient être vendus aux scandinaves à très bas prix. Les infrastructures portuaires et les réseaux ferrés seront aussi bradés dans les mois qui viennent.

En conséquence, les prix devraient augmenter. 20 à 30 % de hausse sont prévisibles dans l’énergie, comme dans les transports publics, où il y a déjà eu une augmentation de 40 % il y a deux mois.

Le doute a plané un moment sur le versement de la cinquième tranche de l’aide de l’UE et le FMI de 12 milliards d’euros. Que cela aurait-il signifié pour la Grèce ?

Sans ce prêt, la Grèce n’aurait pas eu les moyens de rembourser ses 60 milliards d’euros de dettes sur les marchés, d’ici 2012.

Le coût de l’emprunt est exorbitant avec la hausse des taux d’intérêts.

Une telle situation serait catastrophique pour l’Europe, car beaucoup de banques, surtout françaises et allemandes, seraient devant un risque de faillite, obligeant les États à les renflouer. Et si la Grèce avait fait défaut, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne auraient pu sombrer à leur tour. C’était du bluff.

La cure d’austérité était-elle évitable ?

Il était nécessaire de remettre au carré les finances, seulement il n’était pas obligatoire de faire subir le plan d’austérité aux classes défavorisées.

Il y a aussi une grosse marge en matière de fraude fiscale, car il y a un très grand pourcentage de gens qui sont à leur propre compte. Les efforts ont déjà été considérables : le déficit primaire, avant le paiement des intérêts de la dette, n’est plus que de 1 %. La Grèce n’a donc pas besoin d’emprunter pour fonctionner... elle emprunte pour rembourser ses créanciers.

Le rééchelonnement du remboursement était une alternative intéressante. Cela permettait à la Grèce de rétablir ses finances et le coût des intérêts aurait été moindre a posteriori. Seulement, une telle mesure aurait été considérée comme une forme de cessation de paiement et les banques françaises auraient trinqué.

La France s’est donc formellement opposée à cette option pour ne pas courir le risque d’une catastrophe financière à un an des présidentielles. Le nouvel emprunt annoncé vendredi était donc la seule solution. Mais les marchés savent que la dette est excessive et qu’il faudra forcément la rééchelonner ou envisager une remise. On repousse donc le problème et chacun essaie de gagner du temps. Nous pourrons résoudre véritablement le problème en 2013, lorsque les élections en France comme en Allemagne seront passées.

Comment le plan d’austérité est-il accueilli en Grèce ?

La mobilisation devient assez forte contre l’ensemble de la classe politique. Celle-ci est accusée de trahir le pays en ne tenant pas tête aux dirigeants européens qui seraient obligés de céder pour sauver la zone euro.

Le plus grave c’est que les privatisations seront gérées par les créanciers - la France et l’Allemagne essentiellement - qui décideront à qui nous pouvons vendre et à quel prix. Les télécoms seront vendus aux allemands, l’eau ira à Veolia... les dépouilles seront réparties entre les néo-colonisateurs.

Il y a une perte de démocratie pour les citoyens, conjuguée à un inévitable refrain néolibéral selon lequel la seule solution serait d’abaisser nos salaires au niveau des Chinois.

D’autant que la dette vient d’une politique menée lors d’une période de forte croissance, suivant le leitmotiv des financiers qui invitait les États à baisser leurs ressources pour stimuler la concurrence en se finançant par l’emprunt, profitant des taux d’intérêts bas. Les États, aujourd’hui, n’ont plus les recettes nécessaires pour fonctionner normalement.

Comment faudrait-il réformer le système pour qu’une telle situation ne se reproduise plus ?

Depuis toujours les États sont endettés, mais jamais personne dans l’histoire n’a osé mettre un pays dans une situation comme celle de la Grèce aujourd’hui.

Les pouvoirs financiers étaient toujours plus faibles que les pouvoirs politiques. Le rapport s’est aujourd’hui inversé.

Il s’agit donc pour les politiques de prendre leurs responsabilités et de trouver des solutions pour que la dette publique ne puisse pas aboutir à une perte de souveraineté pour les citoyens.

L’histoire de la Grèce est celle de toute la zone euro, voire même des États-Unis, qui peuvent un jour se retrouver à genou malgré leur puissance.

http://www.politis.fr/Grece-Les-depouilles-de-la,14414.html

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Message le Lun 6 Juin 2011 - 21:26 par Mister Cyril

Franz a écrit:En tous points d'accord, Foulque. Mais à contrario, la cessation de paiement n'entrainerait pas forcément la dislocation de l'Europe. L'obligation de trouver des solutions de rechange entrainerait des changement radicaux dans les autres pays. Et aurait sans doute une valeur d'exemple en libérant les populations et les énergies.

Je ne doute pas qu'il y ait des pots cassés. Mais ça ne peut pas être pire que ce qui nous attent.

Amicalement
Franz

Ah j'avais pas lu voilà qui résume bien un sentiment qui monte...

Salutations!

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