L'austérité dans la panique est un mauvais choix, selon l'OFCE

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09052010

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L'austérité dans la panique est un mauvais choix, selon l'OFCE




Véronique Tison, Le samedi 8 mai 2010, à 15h 12

http://fr.finance.yahoo.com/actualites/l-austrit-dans-la-panique-est-un-mauvais-choix-selon-l-ofce-reuters_molt-d148b1c8fc3f.html?x=0

L'effort d'austérité annoncé par le gouvernement français trahit un mouvement de panique face à la crise grecque qui risque de faire dérailler la reprise économique, juge Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE.

L'Observatoire français des conjonctures économiques, le centre de recherches de Sciences-Po, met en garde depuis des mois contre un tour de vis budgétaire trop rapide qui étoufferait dans l'oeuf la croissance alors que la hausse du chômage n'est pas encore enrayée.

Prenant de court tous les observateurs, le gouvernement français a annoncé jeudi un effort budgétaire sans précédent pour rétablir l'équilibre des finances publiques.

Au prix de mesures drastiques - gel des dépenses de l'Etat en valeur pendant trois ans, diminution de 10% des dépenses de fonctionnement des ministères, réduction des niches fiscales - le Premier ministre François Fillon entend atteindre l'objectif d'un déficit ramené à 3% du PIB en 2013, contre 8,0% prévu cette année.

L'objectif figurait déjà dans le programme de stabilité présenté en début d'année à la Commission européenne mais le gouvernement insistait à l'époque sur la condition d'une croissance de 2,5% à partir de 2011 pour y parvenir.

Le discours est à présent moins prudent.

"Je ne voudrais pas qu'on se trouve dans la situation où est la Grèce, je ne voudrais pas qu'on perde notre notation aujourd'hui qui est AAA", a dit la ministre de l'Economie Christine Lagarde, invitée jeudi soir de Canal+.

Pour Xavier Timbeau, ce discours marque une capitulation face à la pression des marchés.

"C'est un effet de panique suite à la crise grecque, à moins qu'il s'agisse de concessions faites aux Allemands qui imposent cette stratégie de dire: 'Il faut stabiliser vos finances publiques sinon la sanction des marchés viendra vous rattraper et les pires choses vous menacent'".

"Or s'en remettre au jugement des marchés sur la situation des Etats dans le monde, cela paraît vraiment se soumettre à la discipline du fou et il n'y a aucune raison de le faire", déclare l'économiste dans un entretien à Reuters.

STRATÉGIE EUROPÉENNE

Plus grave encore selon lui, cette précipitation occulte le vrai problème qui est la sortie de la crise.

"La crise n'est pas terminée, les taux de chômage culminent dans tous les pays développés, ce n'est pas parce qu'ils arrêtent de se dégrader qu'on peut dire qu'on est sortis de la crise. Et la situation des entreprises est catastrophique, on a perdu cinq points d'activité par rapport au début de l'année 2008 et les bilans sont très dégradés", constate-t-il.

Xavier Timbeau déplore encore qu'à la coordination des politiques économiques pour relancer l'activité en 2009 succède maintenant un chacun pour soi.

"On est en train de paniquer et pour de mauvaises raisons, sans réfléchir", dit-il.

"Chaque pays va vouloir rétablir la situation de ses finances publiques et pour ça espérer que le monde soit en reprise pendant qu'il fera sa rigueur budgétaire. Sauf que tout le monde fait pareil et, du coup, on va aggraver la crise économique, tomber dans une déflation comme au Japon dans les années 1990 et ne pas du tout rétablir les finances publiques.

"Au total on va obtenir exactement l'inverse de ce que l'on recherche parce qu'on aura regardé les choses par le petit bout de la lorgnette et qu'on aura cédé à cette panique irraisonnée face à la pression des marchés et face à la crise grecque."

Pour Xavier Timbeau, la solution consisterait à retrouver un discours crédible, au niveau européen, avec des objectifs atteignables plutôt que de s'enliser dans un interminable débat sur un gouvernement économique.

"Parce que l'Europe n'est pas capable de faire bloc, elle apparaît moins sûre que les Etats-Unis qui ont pourtant une situation budgétaire moins bonne.

"Aux Etats-Unis, le discours consiste à dire que dans dix ans les finances publiques seront rétablies et cet objectif sera tenu. S'engager à le faire en trois ans, ce n'est pas possible et ça ne veut rien dire, ou alors cela se fera au prix d'une catastrophe économique majeure", assène-t-il.

En Europe, l'OFCE plaide pour une refonte du pacte de stabilité afin d'assigner des objectifs de rétablissement des finances publiques "clairs, crédibles, atteignables et acceptés par tous les pays", selon l'expression de Xavier Timbeau.

"Nul besoin d'être hyper ambitieux, il faut juste avoir une stratégie de rétablissement des finances publiques commune à l'Europe. On n'a pas besoin d'un gouvernement économique, bien sûr ce serait mieux si on l'avait mais il ne faut pas rêver", conclut l'économiste.
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Message le Jeu 13 Mai 2010 - 9:54 par country skinner

http://www.liberation.fr/economie/0101635019-la-croissance-francaise-patine

La France a subi une récession encore plus sévère que prévu l’an dernier et la reprise s’y annonce plus molle, avec une croissance freinée par une consommation des ménages au point mort et des investissements qui continuent de reculer.

Le produit intérieur brut (PIB) de la France n’a progressé que de 0,1% au premier trimestre, selon une première estimation publiée mercredi par l’Insee, qui a également revu en nette baisse les performances de l’économie hexagonale depuis l’éclatement de la crise internationale.

Selon ces chiffres révisés, la croissance française est limitée à 0,1% sur l’ensemble de 2008, contre +0,3% annoncé précédemment.
Récession plus sévère que prévu en 2009

Quant à la récession historique enregistrée en 2009, elle est encore plus sévère que prévu avec une chute du PIB de 2,5%.

Pour cette année, le gouvernement mise officiellement sur une croissance de 1,4%, une prévision en ligne avec celles du Fonds monétaire international (1,5%) et de la Commission européenne (1,3%).

Selon l’entourage de la ministre de l’Economie Christine Lagarde, cet objectif pour 2010, qui nécessite une croissance de 0,4% en moyenne sur les trois derniers trimestres, reste «prudent» et n’est pas remis en cause par la faible hausse du PIB au premier trimestre.

L’Insee tablait sur +0,2% et la Banque de France sur +0,4%.

«En moyenne, l’activité française augmente de +0,3% par trimestre depuis un an. C’est le signe que les politiques de relance ont permis à l’économie française de se redresser durablement», estime le ministère dans un communiqué.
«Douche froide»

L’Espagne enregistre elle aussi 0,1% de croissance sur les trois premiers mois de l’année mais sort seulement de la récession tandis que le PIB allemand gagne 0,2%, souligne-t-on de même source. L’Italie, 3e économie de la zone euro, enregistre +0,5%.

La croissance moyenne de la zone euro atteint 0,2% au 1er trimestre mais elle avait stagné au dernier trimestre 2009, alors que le PIB français avait progressé de 0,5%, dopé par les achats automobiles.

Pour l’économiste Alexander Law (Xerfi), le chiffre de la croissance française est toutefois «le signe d’une économie qui peine à sortir de la crise» tandis que Nicolas Bouzou (Asterès) le qualifie de «douche froide».

«Les ressorts internes de la croissance paraissent cassés: l’investissement des entreprises», qui chute pour le 8e trimestre consécutif, «poursuit son incroyable traversée du désert tandis que les ménages restreignent leurs dépenses», ajoute M. Law.
Pouvoir d'achat en baisse

Comme l’Insee l’anticipait, la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance en France, a calé, stagnant au début de l’année.

Même si le contrecoup de la suppression progressive de la «prime à la casse» qui avait dopé la consommation fin 2009 était inévitable et prévisible, «la consommation française est aujourd’hui en grand danger, pour la simple et bonne raison que le pouvoir d’achat est vraisemblablement en baisse depuis le début de l’année», analyse Alexander Law.

La faute à la fin des mesures de soutien gouvernementales, à la hausse du chômage qui pèse sur les salaires et au retour de l’inflation qui, à 1,7% en avril sur un an, atteint son plus haut niveau depuis 12 mois, ajoute M. Bouzou.

L’économiste s’inquiète également du recul continu de l’investissement public (-1,2% au 1er trimestre), qui n’a plus augmenté depuis le printemps 2009 malgré la mise en oeuvre du plan de relance.

Au total, la demande intérieure a retranché 0,1 point au PIB sur cette période, tandis que le commerce extérieur y contribuait pour 0,4 point.

(Source AFP)

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Message le Dim 9 Mai 2010 - 13:10 par Donald11

Je suis très étonné par le nombre d'éminents zéconomistes qu'on a au chevet dans notre pauvre pays au bord du dépot de bilan !!! Avec une telle armée "mexicaine", nous devrions rouler sur l'or !!!

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